LES ABBES : R. DE VILERS DE LA B5RCHERE
Sylvestre de Morgues était, à sa mort, le doyen, c'est-à-dire le plus âgé des abbés de l'Ordre de Prémontré. Il rendit son âme à Dieu dans son abbaye de Doue, le 20 août 17 14, en la fête de saint Bernard ; ses religieuxl'ensevelirentdansle caveau des prêtres(i).
Il eut pour successeur Robert de Vilers de LA Berchère, trente-quatrième abbé. Lorsque celui-ci fut promu à la dignité abbatiale, il était religieux profès de l'archimonastère de Prémontré, au diocèse de Laon. Comme son prédécesseur, il dut au Roi sa nomination qui lui fut signifiée le 30 octobre 17 14. Dom Luce^ abbé de Prémontré, lui donna la bénédiction dans la chapelle de l'abbaye de Saint- Antoine, à Paris, le 10 février 1715, etle 2 juin suivant il prit possession de Tabbaye (2).
Maintenant que nous savons d'où venait Robert de Vilers de la Berchère, nous comprenons parfaitement ce que le P. Hugo nous dit de lui dans les Annales de V Ordre de Prémontré" : « Tout ce que le jeune abbé de Doue, assez étranger à l'histoire du pays anicien, raconte de l'ancien état de son abbaye, mérite à peine créance, car il l'affirme sur la foi des témoignages et des traditions populaires (3^ » Le grand annaliste
{\) G allia ChrisHana, II, col, 773.
(2) Ibidem. — Sur la famille de cette abbé, voir Georges BoisiNEFOY, Histoire de V Administration civile dans la province d'Auvergne, I, p. 78.
(3) Voir plus haut, "Chapitre II.
2o6 l'abbaye de doue
Prémontré décrit ailleurs Tétat du monastère et des archives de Doue, à cette époque, dans les termes suivants : « L'aspect de ce monastère gouve:rné cependant par un abbé régulier est lamentable : grâce à l'incurie et à la négligence, les actes de fondations et les autres documents ont été dispersés ; il ne s'en trouve aucun dans les archives. L'abbé actuel nous écrit que tous les titres ont été communiqués par ses prédécesseurs à l'avocat chargé de soutenir un procès concernant le droit de pêche sur les deux rives de la Loire. Ce procès avait été intenté à Doue par le vicomte de Bouzols, qui violait ainsi les antiques privilèges de l'abbaye. L'abbé ajoute que le vicomte a été débouté de ses prétentions, mais, comme le monastère ne peut pas rembourser les sommes avancées par les hommes de loi pour soutenir sa cause, il leur a laissé ses archives en gage jusqu'à des temps meilleurs (î). »
Le 31 décembre 17 16, Charles Phélippe, prieur^ et Jacques Besson, chanoine et syndic, agissant en qualité de procureurs-fondés de Robert de Vilers de la Berchère passent transaction pour la dîme avec les habitants du Boussillon (2). »
Le 31 décembre 17 19, l'abbé de Vilers, alors vicaire
(i) Afin. Ordin. prient., I, col. 614, — Mandet a reproduit cette page dans son Histoire du Velay, t, V, p^ges 440 à 442.
(2) Archives départementales de la Haute-Loire^ Minutes de G, Faure. — Le Boussillon, paroisse de Saint-Germain,