‹ Recherches historiques sur l'Abbaye de Doue [microform]: et sur les prieurés qui en dépendaientChapitre 57 sur 78 · LES ABBES : R. DE VILERS DB LA BERCHERE 2O · texte numérisé non relu

LES ABBES : R. DE VILERS DB LA BERCHERE 2O

général de la vicairie d'Auvergne, Alexandre de Vilers^ prieur de Doue, Frères Pierre Maufin, Augustin Maltrait, Claude Tupigny et Claude Dumas, procureur, tous religieux profès, réunis en Chapitre, assencent à Antoine Pugnère, dit Macquataire, d'Orzilhac, une pièce herme et inculte, jadis vigne, au terroir de Maniaure, sous la censive annuelle de deux huminals de vin de Laval, du présent pays de Velay, mesure du Puy. L'acte est signé par un autre religieux de l'abbaye, N. Surrel, curé de Saint-Germain (^).

Dans le courant de la même année 17 19, Tabbé de Doue avait assigné devant le Grand Conseil M. Chomel, chanoine, en paiement des dîmes d'Oudinet et de Peyrard (2).

Le 4 février 1720, les religieux de Doue cèdent un chazal de maison qu'ils ont à Saint-Germain, servant de maison priorale à Georges Peyronnel, sous la rente annuelle de trente sols argent et une paire de poulets (5).

Le 6 juin de la même année, intervient entre l'abbé de Doue et les habitants de Sairit-Martin-de-Fugères une transaction portant abonnement de la dîme pour toute la paroisse. En vertu de ce traité, les habitants delà paroisse sont tenus à l'entretien et aux réparations

(t) Archives départementahs delà Haute-Loire.

(2) Inventaire de 1^82.

(3) ^Archives départementales^ Minutes de Faure.

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du chœur et du cancel de l'église à perpétuité ^^K Dans le cours de la même année, Joseph Chomel passe reconnaissance de son domaine d'Oùdinet. et du moulin de Peyrard à l'abbaye de Doue qui, en 1722, lui abandonne le droit qu'elle a de prendre l'eau au moulin pour le pré de l'abbé (^L

Au temps de Vilers de la Berchère, là paroisse de Saint-Germain-Laprade payait, comme elle l'avait fait de tout temps, la dîme à la gerbe à l'abbaye. La baronnie de Saint-Germain était elle-même soumise à la répartition de cette dîme, ainsi qu'il résulte d'un acte de reconnaissance consenti par Frédéric de Morgues, le 15 octobre 1722 <3).

Le 8 décembre suivant, Robert de Vilers, abbé, Alexandre de Vilers, prieur, Augustin Mal trait, François Irailh, Jean-Louis Genestet, Claude Tupigny et Claude Dumas, procureur, tous religieux, afferment le domaine de Doue à François Galland, de Couteaux, paroisse de Lantriac, moyennant vingt setiers seigle, douze setiers froment, six setiers fromentade, deux setiers orge, quatre cartons pois blancs, cent cinquante livres pour les foins, trente livres fromage et trente livres beurre, trois paires chapons, trois paires poulets et trois charretées de raves <^4) .

(i) Inventaire de iy82.

(2) Ibidem.

(3) Archives dép. de la Haute-Loire, f. de Doue,

(4) Archives de M. 'Bertrand de Doue.

LES ABBES : PIERRE-FRANÇOIS IRAILH 209

Le 13 décembre 1723, Glande Dumas, chanoine régulier, procureur-fondé de l'abbé et des autres religieux, emprunte à Gaspard Dugone, marchand du Puy, sous la rente annuelle de cent livres, la somme de deux mille livres, qui doit être employée à la subsistance de la Gommunauté, à payer la dépense de la refonte des cloches et les frais de divers procès (^).

Le II mai 1724, Tabbé lui-même emprunte au même autres mille livres, sous la rente annuelle de cinquante livres, et ce pour payer la capitation et faire face à d'urgentes affaires (2).

Il se démit de la charge abbatiale en 1726 (3).

Son successeur, Pierre -François Irailh, trentecinquième abbé^ était fils d'un marchand drapier qui habitait la rue Saint-Gilles, au Puy (4). JDéjà religieux Prémontré, il fut pourvu par le roi de l'abbaye de Doue, au mois de septembre 1726. La nouvelle de sa nomination, dit le Journal d'un bourgeois du Puy, arriva dans cette ville le 26 octobre suivant. Il reçut

(i) ^Archives départementales de la Haute-Loire^ Minutes de Faure.

(2) Ibidem.

(3) Tablettes historiques du Velay,ï, p. ^20 ; — Payrard, Nouveaux Mélanges historiques,!, 126.

(4) Sur la famille Irailh, voir G. Arsac, La Chartreuse 'K^.-D. du Puy, p. 51 ; ARNAUD, ffw^. du Velay,ll, p. 337, Tablettes hist. du Velay, IV, pages 84-90.

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la bénédiction abbatiale des mains de Mgr de Béringlien, le dimanche 4 juillet 1728 (^).

Sous Tabbé Irailh, le couvent de Doue ne comptait plus que quatre religieux, et ses revenus ne dépassaient pas 1.200 livres W, Cet abbé mourut le 4 août 1729 (^).

Jeak-Louis Genestet, trente-sixième abbé, qui le remplaça, appartenait aussi à une honorable famille de commerçants du Puy ; il était le fils cadet de Jean Genestet de Libot. Il fut nommé par le Roi à l'abbaye de Doue le 15 octobre 1729 ; la nouvelle de sa nomination parvint au Puy le 24 (4),

Nous avons fait remarquer, au commencement de cette histoire, que l'expédition des bulles confirmant l'élection d'un abbé, la cérémonie de sa bénédiction et l'achat de ses ornements entraînaient pour les abbayes des frais considérables. Notre assertion est admirablement confirmée par les deux pièces suivantes qui sont conservées aux archives de la fabrique de Saint-Germain-Laprade. Nous y voyons que l'élection de Jean-Louis-Genestet coûta quatre mille livres au couvent de Doue.

« I. L'an mil sept cent trente et le dixième jour du mois d'avril, pardevant nous Armand Bergonhon,

(i) Tablettes hist. du Velay, II, pages 56 et 125.

(2) TaUettes hist. du Velay, II, p. 265.

(3) IMdem, p. 128. .

(4) Ibidem, p. 136.

LES ABBES : JÊAN-LOUIS GËNESTET 21 î

avocat en Parlement et juge des terres deFabbaye dé Doue, les sieurs Religieux de ladite abbaye capitulairement assemblés au son de la cloche dans la salle du Chapitre^ Messire Jean-Louis Genestet^ prêtre religieux, a représenté aux autres religieux avoir été nommé par le Roi, abbé de ladite abbaye, par le décès de Messire Pier4-e-François Irailh, du Fuy^ le 15 octobre dernier, sans que depuis il aye pu trouver des fonds pour l'obtention de ses bulles, les revenus de ladite abbaye n'étant même pas suffisants pour payer les charges" ordinaires, comme décimes, dons gratuits, pensions des curés et vicaires, paye des sommes capitalles ou entretien des religieux ; que cependant il est à craindre que, à défaut d'obtenir les bulles, ladite abbaye ne soit conférée et que le pourveu à ladite abbaye n'oblige la communauté d'alliéner ou d'emprunter un fonds suffisant pour l'obtention desdites bulles^ ce qui ne pourrait être que très pernicieux, à quoi il est k propos de délibérer. Sur quoi^ nous Frère Jean-Louis Genestet, nommé par le Roi à ladite abbaye, F. Jean-Baptiste de Morgues, prieur de Pontempeyrat, F. Jean-André Lashermes, curé de Saint-Germain-Laprade, F. Jean Augustin Maltrait, curé deSaint-Martin-de-Fugères, F. Claude Tupigni^ tous religieux profès de ladite abbaye de Doue, Ordre des Prémontrés, diocèse du Puy, ont d'une voix et opinion unanimes, convenu qu'il n'y a aucun fonds dans l'abbaye.. . et nommé le

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sieur Jean-André Lashermes, pour et au nom de la communauté emprunter la somme de quatre mille livres tant pour l'obtention des Bulles, que pour les autres frais qu'il convient de faire. ConteroUé à Chapteuil, le 24 avril 1730.

« 2. L'an mil sept cent trente et le trente-unième jour du mois de juillet, par devant notaire royal de la ville du Puy, fut présent F. Jean-André Lashermes, curé de Saint-Germain-Laprade, religieux profès de l'abbaye de Doue, lequel, en suite des pouvoirs à lui donnés le dixième avril dernier, s'est déclaré débiteur du sieur Vidal Genestet, marchand de la ville du Puy, assisté de M^ Jean- André Barthélémy, procureur fiscal en la cour royalle et commune du Puy, son curateur ad lites, de la somme de quatre mille livres...laquelle somme ledit sieur Lashermes, en la qualité qu'il procède^ a promis et s'oblige à payer audit sieur Vidal Genestet, à la prochaine feste de Saint-Michel, pour l'assurance de laquelle il a affecté et hypothéqué tous et chacuns les biens de l'abbaye, et subrogé ledit sieur Vidal Genestet à l'hypothèque des Bulles de messire Jean- Louis Genestet, nommé à ladite abbaye... Fait et passé en notre étude au Puy, et collationné sur son original par nous, notaire retenu, Barthélémy. »

Jean-Louis Genestet reçut la bénédiction abbatiale^ le 26 novembre 1730, des mains de Mgr de Béringhen, évêque du Puy, dans l'église Saint- Georges. Voici le

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procès-verbal que dressa de cette cérémonie le scribe des insinuations ecclésiastiques :

« François de Beringhen, évêque et seigneur du Puy, par la grâce de Dieu, etc., à tous ceux qui verront les présentes lettres^ salut et bénédiction. Savoir faisons que le 26^ jour du mois de novembre dé l'an 1730, dans l'église collégiale et paroissiale des saints George et Agrève de cette ville du Puy, en présence et assisté de vénérables hommes M® Marcellin de Béget, docteur en théologie, doyen de notre église cathédrale et Fun de nos vicaires-généraux, et M^Reymond Nolhac, docteur en théologie et abbé de Sairit- Vosy, nous avons accordé la faveur de la bénédiction abbatiale à Révérend Père Jean-Louis Genestet, prêtre et religieux profès de Tordre des chanoines réguliers de Saint-Augustin, congrégation de Prémontré, en observant le rite ordinaire, après avoir constaté par les bulles apostoliques dont il s'est régulièrement nantie qu'il a été élu abbé du monastère vulgairement appelé de Doue et que son élection a été confirmée. — Donné au Puy sous notre seing et notre sceau, sous la signature aussi du. secrétaire de notre cour épiscopale, les jours et an que dessus. — Par mandement : Richer ^i^. »

En 1736, l'abbaye de Doue n'avait pu encore se

(i) Payrard, Nouveaux Mélanges lAstoriques,!, p. 127 et 128. TaUettes historiques du Velay yllj p 142^. .- , -

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libérer de la somme de quatre mille livres empruntée pour subvenir aux frais de l'élection de Jean-Louis Genestet. Comme le créancier réclamait cette somme, Tabbé de Doue lui remboursa trois mille livres qu'il emprunta au vénérable Chapitre du Puy et se reconnut toujours redevable envers son premier créancier de la somme de mille livres, ce dont témoignent les deux pièces qui suivent.

« I. L'an mil sept cent trente-six et le dixhuitième jour du mois de janvier, par devant nous, Antoine Barthélémy, avocat en Parlement et juge des terres de l'abbaye de Doue, les sieurs abbé et religieux de Doue capitulairement assemblés... Messire Jean-Louis Genestet, abbé de ladite abbaye, a représenté aux autres ses religieux que pour Texpédition de ses bulles, etc.... ledit sieur Jean-André Lashermes, curé de Saint-Germain-Laprade, emprunta la somme de quatre mille livres à sieur Vidal Genestet..., que ledit sieur a souvent prié ledit seigneur abbé de lui rembourser ladite somme, et comme la communauté n'est pas en état de le faire, pour éviter les frais que ledit sieur Genestet pourrait faire, il serait à propos de faire un emprunt de semblable somme de 4,000 livres pour le rembourser, à quoi il est à propos de délibérer à l'instant. Le F. Jean-Louis Genestet^ abbé ; le F. Jean-André Lashermes, curé de Saint-Germain; F. Guillaume Courmoul; F. Jean-François de Parand, prêtres ; J. de

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