‹ Recherches historiques sur l'Abbaye de Doue [microform]: et sur les prieurés qui en dépendaientChapitre 65 sur 78 · LES ABBÉS : DE RACHAT-DESGRANGËS · texte numérisé non relu

LES ABBÉS : DE RACHAT-DESGRANGËS

modéré et trop solide pour être compris par des têtes exïtltées et qui se laissaient entraîner par l'esprit de vertige. L'assemblée du 22 décembre prit résolument parti contre l'administration :' trois cent seize de ses membres signèrent sans hésiter un arrêté concluant « à ce que Sa Majesté soit suppliée de vouloir bien recevoir les vœux réunis des trois Ordres du Velay, pour obtenir une administration moins onéreuse et plus conforme aux intérêts des habitants du Velay ».

L'abbé Desgranges fut profondément affligé de cet ■état de choses, mais ce qui le chagrina le plus^ ce fut de voir les prêtres les plus éminents et les plus dévoués à leur évêque diriger le rnouvement ou du moins le suivre avec une aveugle docilité. Néanmoins, s'il fut .contristé, il ne se laissa ébranler -ni par le découragement ni par l'entraînement général .

Battu dans la réunion du 22 décembre^ dit un de ses biographes (^), que nous allons suivre pas à pas en l'abrégeant ou en le complétant, l'abbé Desgranges eut dans l'assemblée électorale du 30 mars 1789 une éclatante revanche.

M. Dorlhac, curé de Saint-Pierre-du-Plôt, premier curé du diocèse ^y, prit la parole dès le début de la séance et prononça un discours pour demander la

(î) Semaine ^Ugieuse du Puy, VI, pages 272, 285., 300. (2) En signant l'arrêté du 22 décembre, M . Dorlhac avait ajouté à son nom ce prétentieux qualificatit.

réunion des trois Ordres en une assemblée générale, chargée de nommer les députés, à quelque Ordre qu'ils appartinssent, à la pluralité des suffrages. L'abbé Desgranges combattit la proposition que M. Dorlhac avait faite uniquement dans l'intérêt de sa candidature, et la fit rejeter a la majorité des voix~r M. Privât, curé de Craponne, fut élu député; il était et il se montra digne jusqu'à la fin du mandat dont ses confrères l'avaient honoré.

A cette même époque, l'abbé Desgranges fit partie d'une commission de douze membres nommée à l'effet de rédiger le cahier des doléances du clergé qui, au dire de M. Péala « honora beaucoup la commission qui le rédigea et l'assemblée qui l'approuva ».

Malgré ces succès éphémères, l'abbé de Doue, vicaire général de Mgr de Galard, ne se faisait, pas plus que son évêque, aucune illusion sur la gravité des malheurs qui menaçaient l'Eglise et la France. Dans cette prévision, ils parcouraient l'un et l'autre les paroisses et les communautés de la ville du Puy, afin de prémunir les fidèles contre les séductions des nouvelles doctrines, et de les exhorter à la persévérance et à la prière.

Joignant l'exemple aux conseils, l'évêque et soïi digne vicaire général furent les premiers à montrer une fermeté et un courage vraiment apostoliques ; ils refusèrent l'un et l'autre de prêter le serment schisma-

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