LES ABBÉS : DE RACHAT-DESG RANGES 25 I
tique prescrit par la Constitution civile du Clergé, se résignant d'avance aux tristes conséquences qui devaient être l'injuste châtiment d'une résolution purement et simplement héroïque .
Etienne Delcher ayant été élu 1^ 22 février 179 1 évêque de la Haute-Loire^ Mgr de Gaîard n'attendit pas l'arrivée de Fintrus pour quitter sa ville épicopale. . L'abbé Desgranges l'accompagna dans son exil, à Monistrol d'abord, ensuite à Evian, ville frontière de la Savoie, où ils ne firent que passer, enfin en Suisse, à l'abbaye de Saint-Maurice en Valais, où ils devaient rester quelques années .
Mgr de Galard et son grand vicaire, dit l'auteur que nous analysons, étaient à peine intallés dans l'abbaye de Saint-Maurice que, à la demande de l'évêque, l'abbé Desgranges consentit à tenter un voyage en France. Il s'agissait de régler certaines affaires urgentes du diocèse^ de s'assurer des moyens d'existence sur la terre étrangère, enfin d'organiser un service de dépêches aussi prompt et aussi sûr que possible entre le premier pasteur et ses préposés, MM. de Rachat, de Mailhet et Privât. L'abbé Desgranges remplit sa mission au milieu- des plus grands dangers, et, après quelque temps de .séjour au Puy, il reprend le chemin de la Suisse en passant par Monistrol, Lyon, le Pont-de-Beauvoisin et la Savoie. Le 21 octobre 1792, il était auprès de son évêque et lui donnait les plus tristes nouvelles de la France, du
diocèse du Puy^ des communautés dispersées et des
■ prêtres persécutés .
Les lettres de l'abbé Desgranges font connaître sa vie et ses occupations sur la terre d'exil. Sans parler des longues heures qu'il consacrait au service « de son incomparable et immortel bienfaiteur », la prière,
• les exercices de piété, l'accomplissement de certaines fonctions du ministère paroissial,prenaient une grande partie de sa journée. L'étude de l'Ecriture-Sainte en particulier avait une large part dans la distribution de son temps. Enfin, quelquefois réunis en conseil épiscopal (!), l'évêque et le grand vicaire discutaient ensemble les questions soumises à leur, examen par les préposés du diocèse,, s'appliquaient à résoudre leurs doutes et à tracer aux prêtres et aux fidèles des règles de conduite pour ces temps malheureux, où tous les droits, toutes les vérités, tous les principes étaient indignement méconm^ et foulés aux pieds. Lorsque les abbés Issartel, Doutre, Brive, Menut, Robin, Chanal, Bay, Gérentes, Habouzit et quelques autres allèrent en Suisse demander à Mgr de Galard l'onction sacerdotale, l'abbé Desgranges fut chargé de les recevoir et de les présenter au prélat. Ce fut lui encore qui vérifia leurs papiers et remplit à rordination les fonctions de maître des cérémonies. De retour en France, les nouveaux prêtres ne tarissaient pas d'éloges sur le bon accueil qu'ils avaient reçu de l'évêque et de son vicaire général.