‹ Recherches historiques sur l'Abbaye de Doue [microform]: et sur les prieurés qui en dépendaientChapitre 67 sur 78 · LES ABBES I DE RACHAT- DESGRANGES · texte numérisé non relu

LES ABBES I DE RACHAT- DESGRANGES

Ainsi s'écoulèrent à Saint-Maunce en Valais les sept premières années de leur exil. Mais un jour vint où ils né furent plus en sûreté dans cette modeste retraité ;■ ils se virent dans la triste nécessité de chercher ailleurs un nouvel asile contre les menaces de là persécution. Lorsque les .troupes françaises entrèrent en Suisse le 23 janvier 1798; ils prirent le parti,, à leur approche, de se retirer à Constance, ville de Souabe, appartenant à l'Autriche. Ils y restèrent.un an à peine, et passèrent à Ratisbonne.

Cependant l'horizon, commençait à devenir plus serein ; tout semblait annoncer que le calrrie allait enfin succéder à la tempête. Le Concordat^ après bien des négociations, avait été signé par les deux pouvoirs, et était devenu loi d'Etat. Mais^ à raison des circonstances exceptionnelles dans lesquelles la Révolution avait placé l'Eglise de France,, le Souverain-Pontife, mû par des motifs d'ordre supérieur dont il était seul juge sur la terre, demanda à tous les évoques français là démission de leurs sièges. Mgr de Galard, à l'exemple de beaucoup d'autres, déposa aux pieds du Souverain-Pontife de respectueuses observations et crut avoir de bonnes raisons pour ne pas démissionner. Comme on pouvait s"*)^ attendre, l'abbé Desgranges fut accusé au Puy de n'avoir pas été étranger à cette détermination ;■ ce qui n'avait pas peu contribué, lui écrivait un de ses frères, à lui aliéner certains esprits et à compromettre la grande popula-

rite dont il jouissait soit dans le clergé soit parmi les fidèles.

Mais rien ni dans sa correspondance ni ailleurs n'est de nature à justifier ces bruits et à confirmer ces allégations. Nous croirions plus volontiers qu'ils étaient l'œuvre d'une mesquine passion. Quelques personnes jalouses de Tinfluence si légitimement acquise et si chèrement achetée du grand vicaire sur son évêque, auraient vu à regret son retour et voulaient à tout prix le rendre impopulaire pour l'éloigner de Tadministration. On peut le conclure de quelques passages de ses lettres dans lesquels il laisse percer certains soupçons à ce sujet. Mais revenons à Ratisbonne.

Les pieux proscrits avaient passé cinq ans environ dans cette ville, quand les premiers symptômes de la longue maladie qui devait conduire Mgr de Galard au tombeau^ firent leur douloureuse apparition. L'amitié se fait facilement illusion. Par son dévouement croissant avec le danger, l'abbé Desgranges croyait conjurer a le malheur qu'il redoutait le plus ». Il faisait avec lui les lettres dans lesquelles l'inconsolable grand vicaire donne les détails de la maladie du vénérable prélat; il lui facilitait la récitation du bréviaire en le disant avec lui, célébrait la sainte messe dans sa chambre et lui rendait les mille petits services que nécessitait son état. Ses lettres nous apprennent avec quel courage et quelle résignation il se préparait au

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