‹ Recherches historiques sur l'exercice de la médecine dans les temples, chez les peuples de l'antiquité, suivies de considérations sur ... les guérisons ... à l'aide des songes, et le magnétisme animal, et sur l'origine des hôpitauxChapitre 11 sur 19 · livre où il relate les événements arrivés en · texte numérisé non relu

livre où il relate les événements arrivés en

Egypte antérieurement au siège de Troie. On voit par plusieurs passages des Livres de Moïse (2) et du prophète Isaïe (3) , que les peuplespaïens avec lesquels les J uifs avaient le plus de relation , observaient les songes

(1) Peut-être aussi était-ce là une de ces réponses telles que les donnaient les oracles, et dans lesquelles ils ne pouvaient jamais avoir tort. En effet, si Alexandre avait guéri sans être transporté dans le temple, les prêtres auraient eu raison de l’en tenir éloigné; s’il mourait, ils pouvaient dire que le dieu avait bien prévu l’issue funeste de la maladie.

(2) Deuteronom ,, c XVIII, v. 9, 10, 11, 12.

(3) C. LXY, v. 4.

• dès la plus haute antiquité , consultaient ]les devins et allaient dormir dans les tem- « pies de leurs dieux pour y songer. Ces peuiples ne peuvent être que les Phéniciens | et les Égyptiens. Un passage du Livre des IRois(i) paraît prouver en outre qu’au j temps de Samuel les Phéniciens , quand J ils obtenaient la guérison d’une maladie, lavaient la coutume de déposer dans leurs j temples des ex-voto en or, représentant la partie du corps qui avait souffert , ainsi qu’on le faisait plus tard en Grèce (2). Tous ces usages existant en Orient à une époque aussi reculée , nous font penser que c’est de l’Orient que les Grecs ont appris

(J) Béguin , lib. I, c. 6.

(2) On lit dans le Livre des Bois , que les Philistins ayant été atteints d’une maladie au fondement, en punition de ce qu’ils avaient enlevé l’Arche d’alliance, leurs prêtres et leurs devins leur conseillèrent de renvoyer l’Arche, et d’y enfermer cinq anus rl’or.

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à aller dormir dans les temples de leurs dieux pour y avoir des songes.

Chez les Juifs la médecine a été longtemps sacerdotale comme chez presque tous les anciens peuples ; les lévites étaient les seuls médecins. Ensuite on consulta aussi les prophètes pour la guérison des maladies. Mais les lois de Moïse défendaient expressément aux Israélites de consulter les devins , d’observer les songes et les augures et d’user de sortilèges et d’enchantements , ainsi que le faisaieut les peuples dont ils devaient conquérir le pays (i). Le prophète Isaïe (2) reproche aux gentils d’aller dormir dans les temples de leurs dieux pour y songer. Si quelquefois les Juifs en firent autant , ce fut dans les temps où ils abandonnaient le culte du vrai Dieu pour adorer Baal .3) ;

(1) Deulcronom , c. XVJII, v. 9, 10, 11, 12.

(2) c. LXY, v. 4.

(3; *C’est dans un temps où les Juifs venaient

c’est donc sans aucun fondement que Strabon (i) leur attribue cet usage; il a bien commis d’autres erreurs dans ce qu’il dit des Juifs. Comme la manière dont les lévites et les prophètes prati-

Iqu aient la médecine, diffère beaucoup de , celle des autres nations , nous n’en dirons : rien ici.

Chez les plus anciens peuples de l’Asie, tels que les Indiens et les Perses, l’art de guérir était également exercé par les prêtres; dans les Gaules il était entre les mains ; des druides (2) , mais nous possédons trop 1 peu de détails sur la médecine de ces peu-

d’embrasser l’idolâtrie que le prophète Zacharie (c. 10, v. 2) leur disait : Les idoles n’ont proféré que des paroles inutiles, les devins n’ont eu que des visions trompeuses, et les songeurs n’ont donné que des réponses vaines. Simulacra locuta sunt inutile et divini viderunt

mendacium et somniatores locuti sunt frustrà.

(1) Geograph., 1. XVI, c. 3.

(- ) Pline (/7m natur , lib. XXX, c. 1) appelle

pies pour en parler ici. Nous voyons par un passage de Slrabon (i), qu’il existait sur le bord de la mer Caspienne une ville appelée Narbacé , dans laquelle il y avait un oracle dont on recevait les réponses pendant le sommeil. Hérodote (2) parle de sauvages de l’Afrique , les Nasamons , qui allaient dormir sur le tombeau de leurs ancêtres pour y recevoir des songes , ainsi

les druides, celte sorte de devins et de médecins : hoc genus vatum meclicorumque. Il rapporte (Hist. nul ., lib. XVI, c. 44, lib XXIV, c. 11, et lib. XXV, c. 9) que les plantes auxquelles ils attribuaient le plus de vertus médicales étaient le guy de chêne, le selago et la verveine. Sprengel prétend ( Hist . de la mêdec , t. I, p. 212 ) que les druides ne donnent leurs instructions que dans des bois sacrés et des lieux écartés. César ( de Bello Gallico, lib. VI, c. 14) dit qu’ils ne communiquent point leurs mystères au vulgaire; il dit encore que les Gaulois croient qu’Apollon chasse les maladies.

(1) Geograph., 1. XI.

(2) Histor , l IV, c 172.

quelesDauniensle faisaient sur le tombeau de Podalyre. Il paraît d’après cela que cet usage a existé chez presque tous les peuples de l’antiquité , quoique les écrivains anciens n’en aient pas fait une mention expresse pour chacun d’eux.

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