II. - — Ah sud de Bordeaux
La Région landaise. — Les plaines qui s'allongent jusqu'aux frontières du Béarn et de la Navarre, couvertes de landes, pauvres et malsaines, avec leurs agglomérations rares, sauf aux approches de l'Adour, sans capitale, sans communications commodes, morcelées en diverses seigneuries, dont la géographie seule fait l'unité, se présentent comme difficilement pénétrables aux influences du dehors ; une zone quasi désertique est un obstacle aussi puissant qu'une ligne de montagnes. Le français s'introduira ici un peu plus tard, et d'une allure plus ralentie que dans les régions plus accessibles que nous avons déjà parcourues.
Les documents subsistent rarement en séries continues ; c'est grâce aux pièces éparses servant de repère qu'il est possible d'y suivre la progression du français, et par une méthode négative, en étudiant la disparition du gascon, d'établir des conclusions positives.
Au xv^ siècle encore, le gascon, dans l'usage local n'est pas entamé. On trouvera, dans l'ouvrage de M. Millardet (2) un grand nombre de pièces qui l'attestent. Le Lii're Noir de Dax, codifié au xv^ siècle par un notaire, Jean de la Porte, les coutumes de Grenade (3) (1465) sont aussi en gascon.
(1) Plusieurs livres de raison postérieurs à 1550, édités par Tamizey de Larroque, le prouvent surabondamment.
(2) Recueil de textes des anciens dialectes landais (1910). Cf. Arcliiv. hisl^ de la Gironde, t. LXV, 1910, p. 1-270.
(3) Bulletin de la Société du Borda (1895).
Pourtant, dès le luilieii tlii siècle, on note l'introduction du français par voie administrative ; l'acte du souverain qui marque le plus nettement la prise de possession et la volonté de gouverner, est la création de la sénéchaussée des Lannes (1) : un agent du roi est momentanément attaché au pays. Il réunit des Etats. Et jusqu'alors la langue de ces assises fut le gascon ou le béarnais, — encore en 1443, dans un accord avec Gaston de Foix, lieutenant du roi ; mais la même année, une Commission du roi nommant Bernard de Béarn, sénéchal de Lannes, est en français, incluse, il est vrai, dans un instrument gascon. Sans parler d'autres pièces, le cahier des États de 1458, leurs doléances de 1549 sont rédigés en français (2). On voit ici la transformation s'opérer. En même temps, une supplique des habitants de Tartas aux commissaires royaux de Guyenne (1456) (3), la charte originellement gasconne de Mimizan (4), sont présentées par les intéressés en français. Un dossier (5) des Bénédictins de Saint-Sever a des pièces françaises (1469), mais elles se rattachent à un procès contre un évêque de Bayonne, lequel doit être porté devant le roi.
A l'action du roi s'ajoute celle de la seigneurie d'Albret qui, avec Alain le Grand (6), se développe en tous sens. Or, Alain est entouré, on l'a déjà vu, d'agents, de secrétaires, de comptables qui rédigent en français. Lui-même emploie cette langue dans sa vie privée, dans sa correspondance avec son fils Amanieu, par exemple, et fait plus rare dans les pays du Midi, pour les relations locales ; on en trouve des preuves nombreuses dans les archives du Limousin et du Périgord ; en 1487, il répond en français à une requête des habitants du Condomois. Par contre, les seigneurs de Béarn qui ont leur idiome pour langue officielle, ont, en raison de leur voisinage et de leurs droits féodaux, mainte occasion d'intervenir ici. Et les actes
(1) L. Cadieb, La sénéchaussée des Lannes sous Charles VIL
(2) Voir LÉON Cadier, op. cil. Pièces justificatives.
(3) Arch. hisl. Gironde, t. II.
(4) Comptes rendus de la Commission des mot}, et doc. hist. de la Gironde (1849).
(5) D'après communicat. de M. l'abbè Foix.
(6) LucHAiRE, Alain le Grand, sire d'Albret : on y verra des extraits relatifs à sa maison, comptes, inventaires, etc., qui prouvent que la francisation de cette famille est complète.
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à eux adressés ou émanant d'eux sont en parler local. Quand l'héritier d'Alain deviendra roi de ^savarre sous Henri II, il naîtra de là une situation politique très complexe cjui, sans contre-balancer les eiïets de la domination monarchique, ne laissera pas de gêner l'expansion du français. La Maison d'Albret, déjà francisée, aura à tenir compte de sa nouvelle grandeur et Henri II, dans son domaine béarnais et navarrais, sera tenu d'en respecter l'idiome. 11 prête serment en béarnais aux États de Béarn, en 1517 ; les habitants de Cazères-sur-Adour (1) prêtent, en gascon, serment de fidélité au lieutenant du roi de Navarre, en 1537 ; en 1557, Jeanne de Navarre (2) renouvelle en béarnais les privilèges de ses sujets du Marsan.
Aussi le français reste circonscrit aux pièces relatives aux affaires d'administration, et destinées aux corps constitués, Parlement, etc., il ne s'infiltre pas, dès l'abord, parmi la population.
Le gascon se maintient dans l'ensemble jusqu'au milieu du xvi^ siècle. Dans le Marsan, un péage, établi par l'autorité royale en 1510 (3), a un tarif gascon, et divers actes de Montde-Marsan sont rédigés de même jusqu'en 1546 (4) ; à Lencouaq il y en a un encore en 1550. Dans la région de Saint- Sever, le gascon assez usuel chez les notaires au xv^ siècle, est emplové dans une ordonnance de police de 1480, dans les délibérations de 1512, et les comptes de 1511 et 1519 ; il disparaît, en 1545, des archives des Bénédictins ; en 1566, un inventaire de marchand est en français (5). A Dax, le français est employé par Dumoraz, notaire des chanoines, à partir de 1551 ; c'est un des rares notaires dont on ait conservé des registres
(1) Aijl)é >[F.vnANC, Cazcres-mir-Adour, liull. soc. liurda (1894).
(2) Hatoui-et, Charles de Mont-de-Marsan . (y) Bull. soc. du Borda (1889), p. 248.
(4) Les renseignements qui suivent sont lires du Recueil de M. xMili.ardet. Nous emjjiuntons au même auteur, dans ses Etudes de dialectologie landaise, p. 496, la remarque suivante : le mot bile d'importation française se substitue dans les textes à la forme locale biele à partir de la fin du xv-e siècle : on le rencontre déjà en l'i95 et en l'i98 à Villeneuve, puis au xyi^? siècle à Monlde-Marsan, Tartas, Saint-Sever, à Minuzan ; cependant que biele est bientôt complètement éliminé. Ce menu détail corrobore les conclusions qui se digagent de l'histoire générale de la langue écrite.
(5) Re\>. Soc. sm:, 1882, p. 229 avec des formes gasconnes : " esplingues punie fine, malhele blangue ».
anciens ; la confrérie de Saint-Pierre-de-Vic-les-Dax a des statuts français en 1553. A Hagetmau, le livre des comptes de la collégiale est encore gascon en 1553, le français n'apparaît encore que dans les pièces de procédure et cela dès 1544 (1).
Pour l'Albret aucune pièce ; et pour la région de Born, un bail à fief de 1515 est gascon. Sont encore en gascon, à Mimizan, un acte de vente (153?:^), à Salles, un extrait de livre terrier (1538) ; à Soustons (1510), une charte aux archives de l'Eglise (2). A Tartas, le français est employé dans les premières délibérations (1577), et dans les premiers comptes (1545) ; mais le gascon persiste encore dans les « rolles et departemens de la taille » de 1573 et 1588, et bien que la pureté en soit fortement atteinte, c'est un des derniers spécimens qui en restent pour le pays (3).
Le caractère inhospitalier que les Landes tiennent de la géographie, a retardé l'expansion du français : jusqu'aux environs de 1550, il ne parvient pas à supplanter le gascon ; il n'est qu'une langue de bureaux ; en revanche, après 1550, il est adopté par les notaires et devient général dans l'écriture ; mais nulle part, faute de collections suivies, on ne peut fixer la date de la substitution. Il est probable, — si l'on juge par comparaison avec d'autres provinces, — que l'ordonnance de Yillers-Cotterets eut ici une action prépondérante, avec ou sans la connivence du public instruit. L'installation, dès le XV® siècle, d'officiers et d'institutions monarchiques, n'a pas suffi, comme en Périgord, en Bordelais, en Agenais, pour propager et imposer la langue du roi.
Bayonne, Labourd, Pays basques. ■ — Bayonne, dernière ville gasconne, au débouché du pays basque, maintient, jusqu'au XVI® siècle, l'usage du parler indigène, mais elle doit à son importance militaire et maritime de recevoir la visite fréquente des Français, soldats et marchands. Charles VII en fit le siège en 1451 et s'en empara ; elle devint la clef méridionale du royaume. Les affaires multiples qu'elle eut à régler de
(1) Communicaliou de M. ral>l)c Foix.
(2) Signalée par C. Jullian, Annales du Midi (1902), p. 205.
(3) L'inscription en français qui sert de légende aux tableaux représentant l'histoire de sainte Catherine, 1529, à Villeneuve-de-Marsan, est due sans doute à un artiste étranger à la région (Cf. Bull. Soc. archéol. du Midi, 1874, p. 27).
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bonne heure avec les autorités anglaises, puis avec les rois de France, la correspondance qui s'ensuivait, favorisèrent, dans les milieux administratifs de la cité, une vague infiltration du français (1), qui se reconnaît dans les documents ; mais l'ensemble de la population ne connaissait c|ue l'idiome du lieu, comme on en jugera aux inventaires, testaments et contrats nombreux en cette langue jusqu'au milieu du xvi^ siècle (2).
La municipalité bayonnaise n'a abandonné la tradition qu'aux environs de 1540, sans qu'on puisse fournir une date exacte, en raison d'une lacune qui existe dans ses délibérations entre 1530-15G5 (3). Toutefois un registre (FF. 528) semble contenir une suite de délibérations avec actes annexes de 1531 à 1538, et il est en gascon ; le français n'a dû apparaître, selon toute vraisemblance, qu'avec l'ordonnance de Villers-Coterets. Les comptes communaux sont encore en gascon en 1555, mais en français peu après. Les notaires conservent çà et là le gascon, entre 1540 et 1550, dans quelques actes isolés, mais ils usent couramment du français. Le livre des fondations de la cathédrale (4) (1544-1545), avec son dialecte contaminé, montre que le français a fait, dès lors, de notables progrès par la ville, et dans la seconde partie du siècle il élimine complètement le gascon ; on traduira alors dans la langue du roi les anciens actes de la cité.
On atteint ici les confins du royaume : dans la région que bornent au nord et à l'est les gaves béarnais, entre Mauléon et l'Atlantique, s'emploie parmi les populations, une langue à part, hétérogène, inassimilable, le basque. Dans quelle mesure le français parviendra-t-il à s'y implanter ? Quand il s'agit
(1) Hegistrci gascons de Bmjonne (2 vol.), 1896-1898. Cf. t. I, p. :j07. « Kt denunciade que es csladc ladite condcmnacion audit Jolian, cii présence de moss. le loctenent et conseih, lo medich Johan lauda la présent coudemacion et aquere compli de punt a punt, segond sa forme et ténor. » oct. 1^1 8'*.
(2) Ducéré en a fait connaître un grand nombre dans ses opuscules : Etudes sur la vie privée bayonnaise au commencement du A'F/*^ siècle, Inventaires gascons de Dayonne ; Bourgeoisie bayonnaise sous Vancien régime ; U artillerie et les arsenaux de la ville de Bayonne, etc.
(3) Inv. som. Arch. com. de Bayonne, 1883 ; Registres gascons de Bayonne, t. I. Introd., p. XXXVI.
('i) DuB.vn.\T, Le livre des fondations de la cathédrale de Ihiyonne [Arch, hist. de la Gascogne, 1913).
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d'évincer les dialectes romans, les difficultés peuvent être tenues pour négligeables ; il est naturel d'escompter une fusion progressive, précipitée par la pression des besoins, des circonstances, des organes administratifs. Avec un peuple aussi singulier, original, que les Basques, attachés à un idiome d'origine, qui sait ? proto-historique, le français aura du mal à prendre racine.
Il y avait, par hasard, dans le particularisme basque, une fissure : la langue se parlait, mais ne s'écrivait pas. Dans les actes publics, les procédures, etc., à défaut du latin, c'est le béarnais, qui, au Moyen Age, est d'emploi officiel. Le Labourd, la Soûle n'en connaissaient pas d'autre, et c'est la gloire, si l'on veut, de ce parler sans éclat, de s'être, grâce à la supériorité des institutions et au prestige des comtes souverains dans le pays de Béarn, imposé au delà des frontières féodales de son domaine, d'avoir été reçu comme langue officielle et diplomatique parmi tous les États pyrénéens. Les notaires de Mauléon aux XY^ et xvi^ siècles écrivent en béarnais. Un arbitrage entre les chanoines de Bayonne et ceux qui résident en Navarre ou en Castille, est libellé, non en latin, comme on l' attendrait pour des ecclésiastiques, mais en béarnais (1) (1418) ; les archives de Saint-Sébastien contiennent des textes nombreux en béarnais. Dans les procès, la sentence était rédigée en béarnais, puis lue en basque aux parties ; les avocats avaient licence de plaider en basque (2) : « segont la costume de Mauleon de Soûle, la demande et la défense si es demandât se deu far en basquoas. » Les actes officiels, comme la Coutume de Soûle établie en 1520, sont béarnais : elle ne sera traduite qu'en 170(3. Mais déjà l'intrusion monarchique se manifeste. Le « styl de la court de Lixarre » (près Mauléon). en 1509, est en français (3). Le notaire du lieu, Pierris de Casalivetery (Pierre de Casauvielh), sait le français, il recopie en cette langue les textes
(1) Bull. hist. et phil. (1898), p. 25 et sqq. Article de M. Dubarat. Cf. encore, ibid., 1896. Droits féodaux de la haronnie d'Uharl au XV^ siècle, par le même, p. 576 et sqq.
(2) Signalé par Jaurgain, Journal de Pierris de Casalivetery {Arch. hist. de la Gascogne, 1909). Iiiirod. d'après un texte, sans référence ni date, des Archives de Dax.
(3) Pour tout ceci, voir Jaurgain, op. cit., en particulier l'Introd., p. xi et sqq.
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Indispensables à l'exercice de sa fonction ; mais les notes de son journal personnel, lesquelles datent de 1539, sont en béarnais ; chaque idiome a son domaine respectif et réservé.
Ainsi, le problème n'a pas consisté à remplacer le basque par le français, mais à éliminer une langue en somme importée pour une autre également étrangère : c'est une opération ésotérique de bureaucrates, de scribes, de magistrats ; elle n'intéresse que les cadres et les services, ainsi que les gens de loi, elle n'atteint pas lamasse, quicontinueraà ignorer l'une comme elle faisait l'autre (1), et cette opération s'effectuera quand on voudra ; il suffit d'une ordonnance. « Il y a lieu de s'étonner, lit-on dans l'avertissement qui précède la Coutume de Soûle (édition de 1692) (2), de ce qu'ayant été dressée en 1520, temps auquel le pays de Soûle dépendait de la couronne de France et du Parlement de Bordeaux, on ne se servît point de la langue française ou de la basque qui est la langue vulgaire du pays, mais cet étonnement cessera, si on fait réflexion que, pour lors, tous les actes publics s'y passaient en béarnais, suivant un ancien usage... et que cet usage continua après qu'elle en fut distraite et réunie à la Couronne de France, jusqu'à la publication de l'ordonnance du roy François premier de 1539. »
Voilà comment, par acte législatif, la langue française s'introduisit en pays basque, sans coup férir, sans résistance, ni réclamation : c'est que le nouveau régime ne heurtait aucunement la masse populaire, puisque celle-ci y lesta étrangère ; le français ne dépassa pas de longtemps le cercle des gens qui tiennent une plume ou lisent un grimoire. On dut composer avec cet état de fait. Un exploit d'huissier (3), découvert près de Bayonne (1581 ou 1591), indique la procédure adoptée : '< leur ayant icelui donné a entendre en langage françois cl basque. » Encore en 1720^ un contrat, entre Charles de Larralde et les habitants de Villefranque, porte que le notaire a donné à entendre l'acte intelligiblement en langue basque. Ici donc la substitution ne fut opérante que pour les agents de l'autorité
(1) Car les Basques no parhnt pas plus le béarnais, que les Béarnais h basque.
(2) Cité par Jauiu;ain, op. rit. L'édition a élé procurée par Dnpoux, ;'i Pau.
(3) Reçue internationale (h.i Etudes basques, 1912, ]). 28,"). Emploi du hasijue dans les actes labowdins, par Lauiiouciie.
et les auxiliaires de la justice. Elle n'est pas le point de départ d'une nouvelle ère linguistique.
Il est même à noter que le basque, après l'avènement du français dans l'écriture, fut employé quelquefois à sa place, dans les délibérations de Bidart au xvii^ siècle, et à Ahetze au xviu® siècle (1). On imprima les poésies basques de Bernard d''Etchepare en 1545, et aussi un Nouveau testament, un catéchisme au moment de la Réforme et sous l'impulsion de Jeanne d'Albret (2). Il ne perdit rien à la révolution qui transforma les autres provinces du Midi. Garât (3), dans un Mémoire du 18 janvier 1789, rappelait à Necker que « les électeurs basques, la plupart des laboureurs qui ne savent pas le français, ne pourraient pas se concerter avec les Bayonnais qui ne savent pas le basque. » Et, sans doute, quelques éléments de ce peuple étaient dès lors francisés, mais tandis que les autres régions méridionales, même les plus réfractaires, comme le Béarn, avaient cédé à la culture française, à la langue française, le monde basque jusqu'à la Révolution était resté un monde fermé ; le français ne s'y développera qu'au xix® siècle, grâce à l'école, grâce au service obligatoire, grâce au tourisme.
Le cas du pays basque est donc à retenir. En raison de l'état linguistique, on aurait escompté une histoire fertile en incidents : d'incidents ou de difficultés, il n'y en a pas, parce que
(1) Inv. sont. Arch. dép. Basses-Pyrénées, série E, t. V, Bidart ; pour Ahetze, Bull. Soc. sciences, arts de Barjonne (1911). Com., de M. Dara>!atz,
(2) Voir notre travail complémentaire : L' introduclion du fiançais en Béarn et en Roussillon. Voir aussi Mémoires de la vie de M. de Thou, 1. TI, p. 87 (Amsterdam, 1713). « Ils y virent Jean de Licarrague, ministre de l'Eglise du lieu [la Bastide de Clarcnce], qui, par ordre de la reine Jeanne avait traduit le Catéchisme et le Nouveau Testament en langue biscayenne, et qui l'avait fait imprimer à la Rochelle par Pierre ilaultin. »
(3) Bull, de la Soc. des sciences et arts de Bayonne (1919). Le Lubourd à la fin du XVIII^ siècle, d'après les Archives du Contrôle général. Cf. p. 143. Le Mémoire n'a peut-être pas été rédigé par Garât, mais simplement remis par ses soins au ministre.
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le basque n'a jamais eu rang de langue officielle. Dans l'usage écrit, la substitution du français au béarnais ou au latin s'accomplit sans opposition, et cette réforme est une question purement administrative, limitée aux agents de l'autorité : elle n'a aucune répercussion sur le public et sur l'usage oral.