‹ Recherches historiques sur l'introduction du français dans les provinces du midiChapitre 25 sur 76 · I. • — La résion de V Arinas.nac · texte numérisé non relu

I. • — La résion de V Arinas.nac

Entre la Garonne et les comtés pyrénéens, entre l'Albret et les Lannes à l'ouest, le Languedoc à l'est, les possessions de la maison d'Armagnac avec leurs annexes féodales : Lomagne, Pardiac, Fezensac, Magnoac, échappèrent longtemps à la royauté sous la suzeraineté ambitieuse de leurs comtes. Après les événements de 1472-1473, — prise de Lectoure, mort de Jean V, — elles furent confisquées, constituées en sénéchaussée royale et rattachées, au point de vue judiciaire, au Parlement de Toulouse (1).

C'est le cœur de la Gascogne, et jusqu'à la fin du xv^ siècle, l'idiome s'y maintient vivace. Les coutumes (Eauze, 1352 ; Gaujac, 1395 ; coutumes générales d'Armagnac et de Lomagne, 1428 ; de Castera-Bouzet, 1466) (2) ; les comptabilités (Hôpital de Fleurance, 1400 ; de Montréal, de Fezensaguet, 1460-1470) ; les serments (serment des gens de Lagraulet au baron de Montesquiou (3), 1473) ; les terriers (terrier de la région de Cadours (4), fin xv®) et les inscriptions (à Auch, 1473,

(1) L'histoire du comté d'Armagnac au xv^ siècle, est exposée in Samaiîan, La Maison d'Armagnac au A'V*^ siècle (Mém. et Doc. publiés par la Société Se l'Ecole des Chartes, Paris, Picard, 1908).

(2) Voir Im'. som. Arch. dép. du Gers, séries A, B. E.

(3) La plupart de ces documents ont fait l'objet de publications dans les revues locales, en particulier dans la Revue de Gascogne, les Arcliiies liistoriques de la Gascogne, etc. Voir aussi, Monti.ezun, IJist. de la Gascogne, t. VL

('i) Iîei>. Lang. Rom. (1911). Ce document se trouve à la Bildiothèque de Lvon.

à Lavit), des actes notariés très abondants, en fournissent d'irrécusables témoignages (1).

En regard, il n'y a guère trace d'infiltration française. La noblesse du pays commence peut-être à s'initier à la langue du Nord : c'est en français que Pierre des Voisins, seigneur de Montaut, près d'Auch, fait une relation d'un voyage accompli en 1491 à Jérusalem (2). Mais c'est un voyageur, et il doit sa connaissance du français à ses pérégrinations. C'est aussi le moment où commence l'exode des cadets de Gascogne, qui partent chercher fortune en pays de France, et l'on imagine qu'à leur retour, ils importaient le français dans leur gentilhommière natale, — à moins qu'ils ne fussent repris, jusqu'à la langue, par le terroir. Mais, d'après les textes, l'usage local se manifeste comme immuable : dans un procès contre Jean V, qui eut lieu à Paris vers 14G0, un bourgeois de Valence-sur-Baïse, dépose en gascon ; au moment de l'expédition de 1472, on chante dans le pays une chanson qui semble être en gascon (3).

Seuls étaient vraiment acquis à la culture et à la langue françaises, les membres de la famille comtale, et, si l'on veut leurs collatéraux. Encore au commencement du xv® siècle, leurs secrétaires n'emploient pourtant que le latin ou le gascon (4). Deux registres de 1425 à 1427 ne connaissent pas d'autre langue, et leur entourage immédiat ne parle encore que gascon. Jean de Batut (5), conseiller de Jean IV, archidiacre de Saint- Antonin-de-Rouergue, futur évêque de Mon-

(1) Inscription d'Auch : « L'an mil CCCCLXXVI en lo mes de may foc fondida la capera deu Sant Esperit », Rei>. de Gascogne (1881). Inscription de Lavit : « Lo VI jorn del mes de mars MCCCCLXXII Laytora foc combust. » Sa.haran, op. cit., ch. v. Cette inscription est daillenrs fréquemment citée.

(2) Signalé par Tamizey de Larrooue, d'après les minutes d'Asclager, not. à Auch, et publié en 1883 par la Société historique de Gascogne. Cf. JRev. de Gascogne, 1886, p. 533.

(3) Samaran, op. cit. 1° : chap. m, d'après Arch. nation. J. 859*, n° 12 ; 2" ch. IV.

(4) Samaran, op. cit., p. 31, Xotc sur la diplomatique des comtes d'Armagnac.

(5) Samaran, op. cit., ibid., d'après Officiai rorre.sporidence o( Tlwmas Bekynton, II, p. 206 [Reruni brilanriicarurn medii aevi scriplores), London,

l52 INTRODUCTION DU FRANÇAIS DANS LES PROVINCES DU MIDI

tauban, chargé par son maître de négociations diplomatiques avec les Anglais, leur écrit en français une première lettre (1442), puis une seconde en latin où il s'excuse comme suit : « quia, ut scitis, ydioma gaUicum non plene fari et minus scribere scio, idcirco vobis verbis latinis et communibus vobis hac vice scribere intendo, licet alias vobis gallicis verbis scripserim (1). » Voilà donc un personnage d'importance, destiné aux plus hautes fonctions de l'Église, qui, par son rôle de négociateur, est en conversation ou en correspondance avec des gens de langue française, et qui reconnaît lui-même n'en avoir qu'une vague teinture. Et pourtant ni l'occasion, ni la nécessité de l'apprendre ne lui manquaient ! On devine alors quelle devait être l'ignorance du commun peuple.

Aussi ni les comtes ni leur chancellerie ne se départiront de la pratique traditionnelle qui a été exposée plus haut, et qui fait appel, tour à tour, au latin, au gascon, au français, suivant la nature ou la destination des écrits qui émanent d'eux (2).

Pour les affaires de France, dans leur correspondance avec les officiers royaux ou avec le roi, le latin est bientôt exclu, au XV® siècle, et c'est le français qui seul est de règle : on le voit daiis un mémoire de 1445 des choses que devaient dire au roi deux représentants du comte, une instruction au sénéchal de 1465, une autre au sénéchal de Rodez pour ce qu'il « aura a besoigner devers le roi » en 1468 (3). Dans leurs relations entre eux ou avec les feudataires voisins, l'usage n'est pas aussi nettement fixé ; mais encore, en 1462, une donation de Jean V à sa sœur Isabelle est en gascon ; au contraire, en 1484, deux pièces passées entre Alain d'Albret et Charles d'Armagnac sont en français (4), Dans les services de l'administration domaniale, le gascon est pour longtemps de rigueur : inventaire de la Maison (1442), lettres des comtes (1425-1437), aux gens

(1) Samaran, op. cit., p. 31. Cf. également, Res'ue de Gascogne, 1901, p. 197, sq ; Samaran, Deux registres de la chancellerie du comte Jean I^^ d'Armagnac, notamment p. 200,

(2) Pour tout ce qui suit, sauf référence, voir l'/ni'. som. des Arch. du dép. du Tarn-et- Garonne, série A, fonds d'Armagnac (1910). Cf. aussi Montlézun,. op. cit., t. VI. Accord passé par Isabelle d'Armagnac (1470) gascon.

(3) Ini». som. des Archives du Tarn-et- Garonne, fonds d'Armagnac, A 43, A 45.

(4) Samaran, op. cit., pièces justificatives.

du pays, à leurs agents locaux ; lettre de Bernard d'Armagnac chargeant le sénéchal de Rouergue de recevoir les hommages et reconnaissances (1407), lettre à l'évêque de Rodez (1408) ; états des vassaux entre 1333 et 1462 ; comptabilité pour Casaubon et la baronnie de Mauléon, 1456, 1471-76 (les pièces de 1461 sont, par exception, en français) ; comptabilité de receveur du Fezensaguet (1463), celle de l'Eauzan (1463-66), celles de la comptabilité du Rouergue jusqu'en 1485-95. Ces pièces ne commencent à être rédigées en français qu'au xvi^ siècle et encore en Rouergue la tradition locale persiste assez tard (1).

Quant aux affaires qui dépassent le cadre de leurs services administratifs, et où les vassaux sont directement mêlés, le gascon est autant qu'au siècle passé, la langue des actes, accords, requêtes, etc. Les d'Armagnac continuent à considérer le gascon comme la langue officielle du domaine ; encore en 1498, Catherine de Foix Candale, qui a épousé en 1468 Charles d'Armagnac, écrit de Mauvezin aux consuls de Millau, une lettre gasconne (2) ; de même une autre de destination inconnue ; et c'est en gascon que les indigènes souscrivent les hommages, les reconnaissances (Castelnau-Magnoac, 1465 ; Lannepax, 1467 ; Lavit, 1468 ; Auvillars, 1^87). Les remontrances des États de la Gascogne adressées au comte sont en gascon encore en 1484, 1485, bien que l'influence du français y soit sensible. Et sans doute aux États, il y a des délégués et des notaires qui savent se servir de la langue royale, et ils l'emploient dans une requête de cette même année (1484), destinée au Parlement de Toulouse. Mais entre « nationaux », et parlant à leur seigneur sur ses terres, ils ne connaissent que le gascon (3 ).

Les comtes d'Armagnac ont beau être francisés depuis plus d'un siècle, leur exemple n'a que peu d'effet sur l'entourage, même après 1450, et aucun sur la population. JjC français conserve son rôle de langue diplomatique, pour le règlement des affaires étrangères au domaine, mais sur le domaine, ils se comportent en souverains méridionaux. Le prestige de la Maison est de nul effet pour la propagation du français, dont les progrès commenceront seulement après eux, fort peu d'années

(1) D'après \'Iru>. som. cité.

(2) Signalée par Samaran, op. cil. il //m'. T.-et-C, A 67.

(3) Pour CCS textes, voir Samahan, up. rit. Pièces justificatives.

INTUODUCriON DU FRANÇAIS DANS LliS l'KOVINCES DU MIDI

après leur eiïondremenl, comme un eiîet de la mainmise par le roi de France sur leurs possessions. On saisit ici nettement ■ce que l'on pressent, ailleurs, à de vagues indices : jusqu'à la fin du Moyen Age, le français, dans le Midi, reste l'apanage de la haute aristocratie ; il ne filtre guère au delà.

Il n'atteint même pas les seigneuries de second plan. A quel point il leur demeure étranger, on le voit à merveille dans les Documents historiques de la maison de Galard (1). Cette antique famille dont les divers rameaux ont des possessions en Agenais, à Aubiac, autour de Lectoure, à Terraube, à l'Isle-Bozon, puis à Brassac, près de Castres, et qui compte d'illustres personnages, n'emploie dans le particulier que le gascon. Voici des testaments de 1448, 1462, 1478, 1481, 1500, 1507, 1508, 1514, 1522 ; voici des actes de mariage, 1425, 1446, 1453, 1457, 1460, 1475, 1485, 1498 ; voici encore une donation (1454), un contrat (1470), une fondation de couvent à Terraube (1482), une quittance (1504). Le latin, certes, n'est pas exclu, mais le français n'apparaît pas, sauf dans quelques quittances remises au trésorier royal pour la guerre (1353-4) (2). A lire ces papiers, on a la sensation directe que le gascon est seul admis au château : quand une affaire se présente, dans la grand'salle, on discute en gascon, on se met d'accord en gascon, on libelle un projet en gascon, et cette rédaction est remise au notaire qui la transcrit telle quelle, dans son instrument latin [facta aliqua pacta et conventiones quae seriatim describuntur in çerbis ro-

manciis ; conventiones de çerho ad verhum in <,>erhis romanciis

declaratas) (3). Et comme ces pactes, en particulier les conventions matrimoniales, scellent des alliances entre les Galard et d'autres maisons de même rang, les Montesquiou, les d'Ysalguier, les de Rivière de Labatut, les de Voisins, les de Béarn, seigneurs de Saint- Maurice, au diocèse d'Aire, nous avons ici

(1) Publiés par Noulens, 5 vol. Paris, depuis 1871. Voir, au tome premier, des textes gascons du xi\e ; au t. II, p. 332, 349, 363, 374, 405,426, 437, 463,483, 505, 564, 574, 698, 702, 745 ; t. IV\ p. 201, 227, 249, 260 ; t. IV2, p. 1037, 1066, 1075, 1081, 1086, 1092.

(2) Ihid., II, p. 7 <'t sq.

(3) Ihid., l. II, p. 574. Ayssinet de Galard, seigneur de Terraube, fondation du couvent de la Trinité à Terraube, 1482. — T. IV', p. 260, 1488. Contratde mariage de Beraud de Voisins, avec Annette de Galard, fille de Jean, seigneur de Saint-Avit.

la preuve Iriéfulable qvie la gentilhommerie gasconne reste fidèlement attachée à son idiome, tout comme les bourgeois des villes, ou les manants et ruraux. Les distinctions sociales ne s'expriment pas par des différences dans l'usage linguistique. C'est après 1510 (1), et même après 1520, que cette noblesse se francise (testament de François de Galard, seigneur de Brassac (1533), quittance souscrite par Jean de Galard en faveur de Gilles Galard (1534), contrat de mariage de Jean de Galard, baron de l'Isle (1535), accord entre plusieurs membres de la famille (1534) ; puis après 1540, tous les documents sont français. C'est à la même heure, ni plus tôt ni plus tard, cjue le gascon disparaît, cjue le français se substitue à lui, dans les archives communales et chez les notaires. La haute société n'a pas devancé le mouvement.

Le français se révèle, en 1500, d'une façon inattendue, dans une bourgade du Condomois, à Montréal. Voici ce cju'on trouve dans les comptes communavix : les jurats décident qu'une copie sera faite en français « en frances » par un notaire, d'une information menée contre Peyronnet de Mercier, « per la guarda en la maysoun communau per tant que per temps advene se trobe ac^ui e sia memori (2). « Cette mention expresse en frances prouve qu'on a conscience d'une innovation ; le considérant qui suit prouve que le français est accepté comme la langue de l'avenir. Enfin on surprend là l'influence de la procédure.

Mais c'est dans les villes qu'on suit aisément la marche du phénomène.

A Condom (3), les jurades du xvi^ siècle sont d'abord en gascon. En 1526, commence la rédaction française, et le secrétaire (4) note cette nouveauté ; sauf un retour au gascon en

(1) Oïl sait (jui; la maison dAlbrcl préfère déjà le français. Le serment prêté par Jean de Galard à Alain d'Albret, en 150G, est en français [Ibid.. t. II, p. 706).

(2) Communication particulière de M. ral)l)é Lafîont, à Pompiac (Gers).

(3) Histoire de la seii^neurie de Condom, par J. Gardèhes, 1902.

(4) Revue de Gascoi^ne (1872), p. ^il'i et ibid., 1885, p. MO. Ce passage a

1530, le français persiste fortement dialectalisé d'abord, plus pur après 1540. Un acte communal sur le tarif des Ecoles, de 1529, est en français ; mais le cadastre de 1536 est en gascon et les comptes abandonnent le gascon seulement après 1540. Jje livre de la taille de 1541 est en français. Les serments des baillis en gascon corrompu en 1517, en 1530, sont en français en 1537. Ainsi le passage du gascon au français s'opère dans les écritures de la ville entre 1525 et 1540 (1).

A Lectoure, malgré des lacunes que présentent les séries conservées aux archives, on constate le maintien du dialecte jusqu'aux premières années du xvi® siècle : extraits de jurades, comptes, livre de rentes et revenus du chapitre (1477-1537). Mais celui-ci se contamine déjà (voir les statuts d'élections consulaires, 1507, et aussi un règlement pour les frais de justice, 1517) (2).

Après 1540, le français est seul employé, non seulement au greffe du présidial d'Armagnac dès 1544, mais dans les comptes de la ville et les actes de notaires.

Pour Auch, il n'est pas possible de donner une date catégorique, mais on entrevoit les deux termes de la période où la substitution s'est faite : en 1517, l'évêque est reçu solennellement et les harangues qu'on lui adresse sont en gascon (3) ; en 1547, pour la réception du cardinal de Tournon, elles sont en français [A). C'est entre ces deux dates que se produit l'avènement du français et l'éclipsé du gascon. Sont gascons, des cadastres non datés du xv^ et du xvi® siècles, les comptes d'un voyage de deux bourgeois à Paris, 1528 29 ;^5), une inscription

été signale par Lanusse, De l'influence du dialecte gascon sur la langue française, ouvrage dans lequel ont été recueillies quelques indications sur le sujet qui nous occupe (voir p. 114 et sqq.).

(1) En 1539, c'est encore du jargon : « Guarder bien les binhes et autres possessions... reveller la malafeyta si aucune en trouvent... » Voir d'autres exemples in Gardères, op. cit.

(2) Voir des textes in Druilhet, Archii'es de la ville de Lectoure, Coutumes.^ statuts et records du XIII^ au XVI^ siècle (1895), et Iin>. sorti. Arch. dép. Gers, série E.

(3) Revue de Gasc, 1872, p. 37. Il répond aussi en gascon, avec une phrase en français.

('i) MoNTLEzuN, Histoire de la Gascogne, t. IV. (5) Revue de Gasc. (1889), p. 485.

de 1513 (1), un honuuagc consulaire à Georges d'Armagnac,

En opposition après 1540, les ordonnances de police antérieurement gasconnes sont en français, de même les délibérations conservées depuis 1556, et les registres de catholicité depuis 1570 (2). Ainsi le français reste encore exceptionnel jusqu'en 1530 ; après 1540, on le trouve partout, sous l'effet visible de l'ordonnance ; mais le populaire, quoicjue docile à l'exemple des écrivains et des notaires, reste inhabile à manier le parler nouveau, on relève des phrases composites encore en 1561 : « une caisse de corrau ferrade, deux robes pour le corps de la dite dominga, l'une de drap mesla et novi, et l'autre de drap rouge » 1561).

A Vie Fezensac (3), les délibérations, depuis 1552, sont conservées et en français, l'inventaire de l'Église (1555) (4) aussi. Ainsi, partout, dans les villes, le français est substitué au gascon dès le milieu du xvi^ siècle.

Dans le pays d'Armagnac, tout se passe de même : on trouve en gascon ; des comptes, à Montréal, jusqu'en 1524 ; à Riscle, jusqu'en 1507 (5) ; des coutumes : Saint- Antoine-de-Pontd'Arratz (1493) ; Sarraquiza, en Astarac (1510) (6) ; des statuts de confrérie : confrérie de Saint- Eutrope, à Montescjuiou (1500) (7) ; archiconfrérie du Saint- Sacrement, à Toujet (8) (1536) ; des inscriptions à Gimont (1500), à Sariac (1523) ; une autre latine et gasconne, à Pompiac (1533) ; sans parler des actes notariés assez nombreux au milieu des registres latins (Mirande, 1516 ; Magnoac, 1524-1525 ; Cologne, 1525 ' Saint-Sauvy, 1539) (9).

(1) Lo XXV de iiiuN MV cens XIII fon acabades Itis prescns berines. Cf. Rev. des Langues Romanes (V, 1874, p. 27'i).

(2) Voir, in Histoire d'Aucli, par Lafforguk, des reproductions nombreuses de docuinenls. J'ai utilisé aussi une communication de M. Bcnétrix, archiviste-bibliothécaire d'Auch.

(3) Ini'. som. des Archives communales, Auch (1863). ('») Rev. de Gascogne (1883), p. 3'i.

(ô) Comptes consulaires de la ville de Riscle (14''il-1507) [Archives historiques de la Gascogne, 189C), publics par Pahfourv.

(6) Revue de Gascogne, passim ; notamment, 1862, 1895.

(7) Bull. Soc. archéol. du Midi (1897, n" 20).

(8) Rev. de Gascogne 1870.

(9) Ces divers textes sont signalés ou publiés dans les Revues locales, Revue de Gascogne et Bulletin de la Soc, archéol. du Gers.

158 INTitODlCTION DU FRANÇAIS DANS LES PROVINCES DU MIDI

Pour cette période, les pièces françaises sont rares, sauf celles qui sont d'ordre administratif ou judiciaire, l'ne lettre de rémission de 1522 (1), à l'occasion d'une rixe, reproduit les propos des antagonistes, la plupart en gascon, mais quelquesuns en français. Les Dudrot de Capdebosq (2) qui habitèrent primitivement Condom emploient le français dans leur livre de raison qui commence, on l'a déjà vu, en 1522. Mais il n'est pas encore entré dans l'usage familier, uiênie de ceux qui sembleraient qualifiés pour l'employer, puisque le contrat de mariage de Montluc (3), fait en 1524, à Saint-Pey-en-Gaure, après des préliminaires en français, reproduit en gascon les clauses proprement dites.

Mais, après 1540, le français est partout, dans les actes de notaires, à Auch (depuis 1545), à Gondrin (1550), à Saint- Sauvy (1553), à Valence, à Riquepeu. Dans la région de l'Isleen-Jourdain, les reconnaissances sont en français (4) ; aussi les délibérations d'Aubiet (1500) (5). L'ordonnance de Villers- Cotterets est ici appliquée docilement, même dans les localités les plus modestes, pour les écrits de toute nature, entraînant sans à-coup ni protestation, la déchéance du parler local.

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