‹ Recherches historiques sur l'introduction du français dans les provinces du midiChapitre 3 sur 76 · XII PREFACE · texte numérisé non relu

XII PREFACE

qu'aux représentations dramatiques qui ne fourniront quelques éléments d'information. Et si toutes ces sources de provenances si diverses se corroborent au lieu de se contrarier, pour converger vers une seule et même conclusion, ces concordances n'autorisent-elles pas de hautes probabilités ? Et sera-t-il téméraire alors d'admettre que l'écriture peut porter l'empreinte de la langue vivante.

A ces considérations à priori, s'ajoutent des difficultés pratiques ; et d'abord l'impossibilité de dépouillements complets, d'une investigation exhaustive. On a dû y suppléer par une méthode de sondages, inévitable quand manquaient des séries continues de documents, inévitable également quand ceux-ci, pour une région donnée, surabondaient. Les vices d'un tel procédé ne sont pas à nier : c'est un principe qu'il faut « avoir tout vu ». Mais alors l'entreprise était interdite à un homme seul î Ici encore la concordance dans la multiplicité des données peut faire passer condamnation. Peut-être eût-il été préférable de restreindre le problème à une province, et d'épuiser la masse documentaire qui s'y offrait. En stricte méthode, oui ; — en fait, on s'exposait à de graves erreurs d'interprétation. Par exemple, ayant choisi la Provence, et constatant que le français y était une innovation du xvi^ siècle, on aurait admis, sans plus, que c'était un fait consécutif à la réunion (1481- 1486), — ce qui n'est pas inexact, — mais aurait-on aperçu que la cause profonde de cet événement était, non la réunion elle-même, mais cette circonstance spéciale que la réunion se produit au xv® siècle, à un tournant de notre histoire, et que la Provence participe en cela à une évolution commune et synchronique à tous les pays méridionaux ? Une enquête localisée eût appelé une explication localisée, et les caractères généraux. • — qui seuls importent — du phénomène, eussent échappé.

Faut-il dire un mot des difficultés d'exposition ? Aucun plan ne nous a paru satisfaisant ; ni les circonscriptions dialectales, ni la répartition féodale ou administrative du territoire ne pouvaient être adoptées comme cadre, d'une manière absolue, sans prêter le flanc à d'interminables controverses. On a préféré adapter le cadre à l'objet, et découper en trois secteurs (1)

(1) Ceci surtout est vrai ponr la partie centrale do notie ouvrage qui nous paraît être la plus importante.

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