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CHAPITRE XII

Les pays divers qui, entre Massif central, Cévennes et Pyrénées, composent le bassin territorial dont Toulouse est le centre, Quercy, Albigeois, Carcassonnais, Gévaudan, Rouergue, ont subi, au xvi^ siècle, la même transformation rapide que la Ga cogne et le Toulousain, et le phénomène s'accompagne des mêmes circonstances : emploi exclusif du dialecte local jusqu'au début du xvi^ siècle ; traces clairsemées du français, entre 1520 et 1540 ; extension et généralisation du français dans les textes, par l'eiïet de l'ordonnance de Villers-Cotterets, avec élimination corrélative du languedocien : rares sont les témoignages qui ne cadrent pas avec ces données générales.

Le Quercy et la région de Montauhan

Le Quercy, — régions de Montauban et de Cahors (1), — fournit des documents abondants pour assurer que le languedocien, jusqu'au xvi® siècle, reste la langue parlée, la langue officielle des autorités locales, la langue généralement écrite, sauf concurrence du latin.

Ce sont d'abord les coutumes : Jjabastide de Penne (1495) ; Verlhac-Tescou (1473) ; Montbartier (1478) ; Florissac (1476) (2)

(1) A quoi on ajoutera la région de Gourdon.

(2) Voir Bull. Soc. arch. et hist. du Tarn-et- Garonne. Pottieii, Les chartes de coutumes (1889), p. 225, et aussi pour Montoartier, ibid. (1910, p. 178). Voir encore Moulenq, Corbarieu et ses seigneurs [Re^'. arch. et hist. du T.-et. Car,, 1880) ; signale une coutume de 1458 et une lettre en roman du xv® siècle-

les actes municipaux, à Figeac (xiv^ siècle) ; à Monlauban [Livre Rouge, Livre haillonat) ; à Cahors [Te I giiur) ; à ^toissac (cadastre de 1480) ; à Lacapelle-Livron (livre de la justice consulaire (1460-61) ; à Pique{Os, des règlements de police (1485) ; des actes de notaires où les clauses sont insérées en roman (1) ; des documents variés, recette médicale (1458 61), une consultation d'avocat (2) (1459) ; registre concernant l'historique de l'église de Gourdon (1304-1514) ; des inventaires, des testaments, etc. La diversité des textes, plus encore que leur nombre, est un argument. Toutes les classes, même la noblesse (3), toutes les professions, libérales ou marchandes, emploient uniquement le parler local, lequel sert même de langue littéraire, s'il est vrai que le traducteur du Voyage de Saint Patrice (4), vers 1466, est le doyen de Cayrac, ordre de Saint-Benoît. Recueils, registres, pièces détachées, c'est par centaines qu'on les compte au xv^ siècle, et au début du xvi^ ; ils émanent de tous les points du pays ; ils attestent, sans doute possible, la persistance du roman. Et ce roman n'a encore subi aucune altération sensible. M. Forestié en a fait la remarque en comparant le livre des frères Bonis (xiv® s.) et celui des Boisset (5) (xvi® s.). La même conclusion s'impose quand on compulse les archives des notaires ou des communes.

Rares en revanche sont les traces de français : une inscription à Saint-Pierre de Moissac (1476) (6) ; un notaire de Molières, qui a voyagé (1498), transcrit un « cami per anar a Roma » et y ajoute des proverbes français : « Paris sans per,

(1) La plupart de ces documents ont fait l'objet de publications Lien connues,, dans le Bulletin de la Soc. arch. et hist. du Tarn-et- Garonne, qu il convient de consulter page par page.

(2) Recueil de VAcad. du T.-et-G., 1902, p. 116 ; dans un registre de notaire, Arch. du T.-et-G., A, 238.

(3) Mobilier du château de Montbeton, 1496 ; inventaire de noble Jean, seigneur de Belcastel, 1490 ; testament d'Antoine de Montclar, I477j in Bull. Soc. arch. du Midi, 1906-7, n. 37, p. 150 et sq.

(4) Bull. Se. arch. T.-et-G., 1903. Le Voyage a été édité par Jeanroy et ViGNAux (Biblioth. mérid. Privât, Toulouse 1903).

(5) Bull. Soc. arch. T.-et-G. 1892. p. 1. Forestié, Les livres de comptes des frères Boisset (xvi^ s.) : comme exemple de roman pur au xv^ siècle, on lira la coutume de Montbartier, 1478, et un règlement pour la (orge (1499), ibid., 1910, p. 178 et sq.

(6) Ibid., 1902 p. 143.

Rouen la bonne ville, » etc., preuve que son pèlerinage l'a initié aux choses de France (i) ; en somme, des cas spéciaux, mis à part les ordonnances et lettres royales.

Au XVI® siècle, s'expriment, dans une profusion de textes, à la fois la vitalité du roman, à la veille de disparaître, et l'irruption quasi in tantanée du français, irruption simultanée, dans les cités importantes, dans les bourgades et les villages.

Montauban, malgré son importance, et malgré la proximité de Toulouse, conserve l'idiome jusqu'aux approches de 1540 ; à la fm du xv® siècle, un règlement sur les Ecoles est en rom.an, ainsi que le cadastre de 1498 ; au début du xvi® siècle les ordonnances consulaires, les traités passés par les consuls (traité pour la sonnerie des cloches (1525), statuts des bouchers (1536), statut général (1536), les comptes, les cadastres (1507, 1519), sont en roman (2). Mais une délibération de 1536-37 est déjà en français ; si l'ordonnance des consuls (1536) sur l'exécution de la justice est en roman, un inventaire des instruments de torture (1542) est en français (3). Dès lors, les textes consulaires n'emploient plus que cette langue. Parfois, comme dans le règlement sur les lépreux (1562) (4), le roman survit dans quelques formules : « que degun ou degune malade ne ayt a entrer dans la dite ville. » C'est entre 1530 et 1540 qu'il faut placer la date de la substitution à l'Hôtel de ville.

Les autres séries de documents conduisent à la même conclusion : une enquête faite par Gaillard de la Croix, viguier de Montauban, avec une requête des habitants et des dépositions, n'emploie que le français (5) (1527). L'Inventaire de Saint- Jacques de Montauban, en latin et roman pour l'année 1481,

(1) Bull. Soc. orch. T.-el-G. (1915- p. 29). Galabert, Loisirs de notaires.

(2) Lebret, Histoire de Montauban et Bull. Soc. arch du T.-el-G. (voir 1906j p, 318 ;1902, p. 245 et sqq.). Il manque un Inv. des archives communales de Montauban. Mais des indications générales sont données par l'ouvrage de Lebret. En 1507, un certain Guichard Bardon, marchand et consul, fait constituer à son usage un recueil de pièces sur Montauban ; les en-têtes des pièces recopiées sont en roman [Catalog. génùr. des mscr. des archives départementales, p. 288, Tarn-et-Garonne, n" 2).

(3) Devals, Etudes historiques et archéol. sur le dép. du T.-et-G. (1B6G. p. 178 et sqq.).

(4) Bull. Soc. archéol. T.-el-G. (1907, p. 101). Mathet, La lèpre, les lépreux, les léproseries.

(5) Recueil de l'Acad. de Montauban (1900, p. 152).

est en français légèrement infecté en 1542 (1). Un inventaire de la cathédrale, de 1516, est en roman, mais les délibérations du chapitre commencent en 1544 (2) et en français. Les titres de l'hôpital sont en français (1537). La confrérie de Saint- Martial a un inventaire de 1520 en roman, mais un procès- verbal d'enchères de 1535 est en français (3). Les Clarisses ont un livre gascon de comptabilité de 1408-1476, puis un en français de 1580 à 1591 (4). J^es registres de l'Etat civil commencent, en 1561, en français. Les notaires renoncent au latin et au roman après 1540. Enfin, en 1565, quand passa le roi Charles IX (5), on put trouver sans difficulté douze jeunes enfants « les quels saluarent le roy et luy prononcèrent des vers françois à sa louange ».

On constate ainsi, sans discordance, le remplacement du latin ou du roman par le français, dans toutes les collections de documents, aux alentours de 1540 ; mais la pénétration de la langue nouvelle travaille une partie de la population, avant qu'elle ne se déclare dans les textes écrits. A partir de 1520, on devine, à quelques indices, le changement prochain : les archives du couvent de Saint-Aignan conservent en français une enquête et un rapport d'expert (6) (1519). Le livre de raison de la famille Momyn, originaire de Mauvezin, et fixée à Montauban depuis peu, débute en français à la date de 1527 (7). En cette période de transition, il serait très important de connaître en quelle langue furentre présentés, en 1522, « La ystoria de Mossen sanct Jacques » et « La yt-toria de gendre humeyn » (8). Si le premier de ces mystères porte un titre en roman^ le second a l'air français, mais il est transcrit d'une manière si gauche qu'il dénote un francisant encore novice. Il serait présomptueux de conclure, sans autre indication, mais puisque les acteurs sont désignés comme hahitatores Montisalbani, on ima-

(1) Bull. Soc. archéol. T.-et-G. (1902, p. 279).

(2) Ibid. (1887), Iw. som. Arch. dép. T.-et-G., série G.

(3) Ibid. (1901, p. 273). Galabert, La confrérie de Saint-Martial

(4) //H', som. T.-et-G., série H.

(5) Bull. Soc. arch. Tarn-et- Garonne {iSll, p. 225).

(6) Inv. som. Arch. dép. Tarn-et- Garonne, série H.

(7) Recueil de l'Académie de Montauban (1894).

(8) Bull. Soc. archéol. Tarn-et- Garonne (1912, p. 290-300) ; H. de Fr\nce, Mystères célébrés à Montauban en 1522.

gine mal ceux-ci, récitant en français, devant un auditoire à peine exercé à les comprendre. De plus, le traité pour ces jeux, instrumenturn pro lusoribus, est en roman assez pur, malgré la présence de quelques mots français. On sent que le français va émerger, mais le roman prédomine encore, et nous sommes en 1522.

En résumé, le français pénètre peu après 1520 : il se multiplie et acquiert droit de cité avec l'ordonnance de Villers- Cotterets ; il y a un contraste singulièrement probant entre la rareté des textes français avant 1540, et la rareté des textes romans après cette même date.

Moissac (1) semble en avance sur Montauban. Les textes du xv^ siècle sont ici toujours en roman. Le chapitre abbatial a un cartulaire du xiii^ siècle avec des annotations romanes de 1498 ; la confrérie de Saint-Crespin, en 1491, a un règlement roman ; une pièce de procédure de 1494 contient des injures en roman. Au xvi^ siècle, le roman se prolonge jusque vers 1530. Les comptes communaux emploient le français, à partir de 1527, bien qu'on trouve du roman et du latin encore après. La confrérie des Pèlerins de Saint- Jacques a des statuts de 1523 en français ; les délibérations, à partir de 1525, sont aussi en français. Les notaires abandonnent le latin et le roman à partir de 1530. En 1574, l'un d'eux, G. Pelissié, tient son livre de raison en français (2). C'est donc entre 1520 et 1530, comme à Toulouse, que la langue du Nord a supplanté l'idiome local.

Cahors atteste par son Te igitur (3), recueil de textes très variés, que le roman n'est pas défaillant : à la fin du xv^ siècle^ les lettres royales en français sont enregistrées avec une formule en roman. Dans les Archives ecclésiastiques, celles des Chartreux, celles de l'hôpital Saint-Jacques (4), constatations analogues.

Au xvi^ siècle, le serment des consuls (1504), celui du viguier

(1) Sur Moissac, voir Bull. Soc. arch. du T.-et-Gar. (1900, p. 336). Voir encore (1893, p. 122), compte rendu du Congrès des Sociétés Savantes : communie, du chanoine Pottiek ; Lagrèze-Fossat, dans ses études sur Moissac, a publié un grand nombre de textes relatifs à cette ville.

(2) Bull. Soc. arch. T.-et-G. (1900), p. 32(i : signalé par Forestié.

(3) Le Te Igitur, publication de la Soc. des études littéraires, scientifiques et artistiques du Lot (Cahors, 1888).

('i) Irn'. sont. Arcli. dép. Loi, série JI.

(1531), sont en roman ; de même, une délibération des consuls concernant un envoi de vigne à Fontainebleau. Une affiche de 1517, proclamant un pardon pour tout le diocèse, au bénéfice des pauvres de l'Hôtel- Dieu de Paris, prouve qu'il est encore l'idiome populaire par le pays (1).

Mais après 1540, tout va changer. Un serment du Te I gitur (1544) est en français ; la liste des consuls, avec l'indication de leur profession, est mise en français, à partir de 1541. Les archives notariales renoncent au latin et au roman, en conséquence de l'ordonnance de \ illers-Cotterets. Enfin, conclusion naturelle de cette rapide transforiTiation, les privilèges de la ville, confirmés par Jean le Bon au xiv^ siècle, sont traduits en français en 15t8 (2).

Ces indications sont heureusement complétées et confirmées par un témoignage contemporain. Il nous vient de Guillaume Benedicti, qui fut professeur de droit civil et canonique entre 1486 et 1499. « Fuit tempus c[uod Tholose inter vulgares idioma gallicum vix intelligebatur et minus in hac patria caturcensi. Sed hodie bene intelligitur vibique, imo pueri jam gallice loquuntur. Et quod plus est, aliter non loquuntur literati viri qui, omisso latino, cjuod nobilius est, loquuntur gallicum et gallice scribunt fere in omnibus curiis temporalibus regni. Sicut lectores Aurelianenses qui in cathedra partiin latine et partim gallice locjuuntur... « (3).

Voilà enfin un témoin auriculaire et une constatation directe. Tant qu'on a recours aux textes écrits, si variés soient-ils, qu'ils proviennent des autorités locales ou des particuliers, un doute subsiste et une question reste posée : dans quelle mesure ceux-ci réflètent-ils la praticjue générale, dans quelle mesure avons- nous le droit d'en faire état ? Or, les affirmations de cet universitaire coïncident avec les suggestions des textes : le

(1) J'ai utilisé pour Cahors et pour Martel des dépouillements faits par mon collègue M, Paumes, professeur au Lycée de Cahors.

(2) Ibid. Communie, de M. Paumes.

(3) Repetitio G. Benedicti, Raynutius de Testamentis in partes très distinctay noi'issime ex ipsiiis auctoris lucubrationibus recognita, etc., Lyon, Anth. Vincent, 1552, fol. 132, n° 485. Il y eut de ce livre, qui est une indigeste compilation, une édition procurée par son fils Talabar qui lui succéda dans sa chaire en 1499 ; j'en ai vu une autre de 1543 éditée à Lyon (Bibliothèque universitaire d'Aix).

français à Cahors, à Toulouse, est, au xv^ siècle, une langue inconnue, il ne s'introduit qu'autour de 1500, et il se répand en tous lieux simultanément.

Et les souvenirs de cet écrivain projettent une lumière bienvenue sur un point délicat : ciuel rapport, quel intervalle y a-t-il, entre l'introduction du français dans l'usage écrit, et son adoption dans l'usage parlé ? Les textes semblent nous enseigner qu'il y a coïncidence approximative ; et Benedictus aussi. Sans tirer avantage de sa formule loquuntur gaUicurn et i^allice scrihunt, on peut se fier à son étonnement. Auparavant, ignorance du français ;*puis, sous ses yeux, fin xv^ siècle (1), le français s'insinue dans la population, les professeurs l'acceptent, en place du latin : c'est donc la génération qui vient à l'âge d'homme, vers 1520, à la maturité vers 1540, qui en est imprégnée dès l'enfance et qui s'emploie à là diiïusion ; c'est pour ses besoins que s'établit la dualité de langue dans les actes, c'est elle, et celle c[ui suit, cjui se trouve prête juste à point pour accepter et appliquer, sans malaise et avec une sorte de zèle, l'ordonnance de François I®^, ordonnance opportune, puisqu'elle vient juste à point, elle aussi, pour consacrer €t précipiter une transformation qui germe ; l'idiome local, qui a pour lui le privilège des premiers occupants, par cette convenance, cette convergence des lois et des mœurs, est chassé de l'emploi écrit au moment où il commence à déchoir dans l'usage parlé.

Ceci dit, il ne messied pas de critiquer ce témoignage : qu'à l'époque où écrit Benedicti, les enfants emploient le français, c'est possible, mais apparemment dans les milieux que fréquente ce maître notoire ; qu'on l'entendît partout, c'est ce qui paraît bien un peu prématuré. Benedicti a pu exagérer pour donner plus fortement l'impression d'une nouveauté. Admissible pour Cahors et pour Toulouse, son assertion est plus discutable pour le pays quercinol, lequel, on va le voir, fut plus tardif à subir l'invasion du français que les villes maîtresses ■de la région.

A Martel, autre ville importante, les délibérations consu-

(1) Il est difficile de dater ce It-moignagc, car je n'ai pu dé terminer la date de la rédaction de cet ouvrage : il me paraît dater de 1490 à 1520. Bau- DEL et Malinowski [L'Université de Cahors) semblent l'appliquer au temps de François I'^''.

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laires sont en roman de 1521 à 1537 ; après une lacune, elles reparaissent en français en 1577. Des comptes du xvi® siècle, un compte rendu fait par le trésorier (1529-1530), sont en roman ; mais les recettes de la ville débutent, en 1549, en français. C'est donc entre 1530 et 1550 que le français a dû s'établir (1).

Le livre de raison des Du Noyer (2) précise, pour Martel, les indications des archives publiques. Ce livre commence en 1522 ; le rédacteur emploie le roman, mais il insère des actes notariés qui sont au début en latin, mais après 1534, le plus souvent en français. Il sait donc le français, mais le parler maternel est pl'us maniable pour lui, et se sent d'ailleurs du voisinage du français : confirmation de ce que rapporte Benedicti, c'est la première génération du xvi® siècle qui se francise. Avec la seconde génération, le gascon va disparaître : la dernière mention est de 1552 (3) ; peu après, le rédacteur, Aymar du Noyer, meurt en 1557 ; son fils, Jean, qui lui succède, adopte délibérément le français. Et ceci est l'image typique de ce qui se passait dans la plupart des familles, au milieu de ce siècle.

A Castelsarrazin (4), un projet de réparation de Saint-Sauveur (xv® siècle) avec une expertise d'architecte de 1497, est en roman ; le cartulaire des titres de propriétés du bassin du purgatoire de Saint-Sauveur de Castelsarrazin est en latin et en roman (149G-1525), ainsi qu'une suite d'actes (1467, 1529), et même un testament de prêtre de 1547. Entre 1520 et 1540 on traduit en roman un bref du pape, continuant ainsi en plein XVI® siècle la vieille tradition du Moyen Age : il en reste une affiche imprimée (5) : la traduction émane d'un secrétaire qui,

(1) Il 5^ a donc quelque raison de penser avec A. Thomas que les mystères représentés en 1526 et 1536 dans cette ville étaient en langage du pays [Romania, 1884, p. 411 et sqq.). Le mystère de la Passioti à Martel.

(2) GuiBERT, Noui'eaux recueils de registres domestiques limousins et marchais, 1895. Martel, au point de vue géographique et dialectal appartient au Quercy ; au point de vue politique, elle relève de la vicomte de Turenne.

(3) « L'an mil V cinquana et dos et lo jor Sanct Miquial penultiesme de septembre, ay logat per vaylet, Blasy Galet, ...per ung an, commenssen al jour d'ucy et fmisscn a semblable jour... »

(4) Irn>. som. Arch, dép. T. -et- Garonne, série G, confréries ecclésiastiques. Citons encore un livre d'obits 1517-42 en roman.

(5) Bull. Soc. archéol. du T. -et- G. (t. I, 1869-70). Perdon de plenaria rémission a pena et colpa donat per nostre sanct payre lo Papa Clemens sep-

visiblement sait le français, mais la langue locale est encore admise comme l'interprète le plus commode des volontés souveraines, royales aussi bien que pontificales.

Si l'on passe la Garonne, on trouve à Beaumont-de-Lomagne un livre de comptes des marguilliers de l'Eglise (1) (1567-1616), qui est en français, mais les ouvriers qui travaillent pour la fabrique tiennent leurs écritures en français ou en roman, souvent aussi dans une langue hybride dont voici un exemple : « plus a Peiroton ]\ïontousin pour dus clefs a dus saralhes, une a l'armary et l'autre à la porte de la servestanaria et abe recostrat relhos, galîous barbelos et barrots, du tout ai payé la somme de vin sols », 1581. On reconnaît que le français a pénétré, même dans les classes les plus modestes, qui dans la conversation courante ne s'expriment à coup sûr qu'en roman, mais qui ont suffisamment entendu autour d'eux la langue nouvelle pour pouvoir s'en servir même d'une plume malhabile. A Auvillars (2), les obituaires (1511-15) sont en roman et en latin : le latin persiste jusqu'en 154(3. Le français qui apparaît après 1540, est général, quatre ans plus tard.

Aux abords de Montauban, les archives du chapitre de Saint- Etienne de Tescou (3) conservent des délibérations de 1512- 1513 en roman ; après lacune, elles reparaissent en 1G08, mais en français. Le roman est encore adopté pour le testament d'un prêtre (1512), dans les obits, les actes de propriétés, et dans un registre de compte de 1523 : rien n'annonce encore l'invasion du français qui est pourtant imminente : le registre de comptes de 1547 est français ; les actes de procédure (1539-40) sont en majorité français, aussi un livre de reconnaissances (1550-53). La démarcation se fixe autour de 1540.

A Montpezat de Quercy, les actes de nomination consulaire sont en roman jusqu'en 1539 ; ensuite, le français est généralement adopté. Les comptes de 1529 sont en roman, 'e cadastre de 1565 est encore dans une langue hybride où prévaut le roman. Le procès- verbal du serment des bouchers est rédigé en

tiesme. Voir encore Forestik, Ilist. de l'Imprimerie à Castelsarrazin [Recueil de l'Acad. des sciences, helles-letlres^ arls de Tarn-cl- Garonne, t. XVI, 1900).

(1) Bull. Soc. arch. T.-et-G., 1912, Frayssinet, L'administration du temporel d'une église aux A'K/^ et XV 11^ siècles (voir p. 205 et sciq.).

(2) Inv. som. Arch. dép. Tuin-et-Gar., série G.

(3) /m'., ibid.j série G.

LA POirriON CENTRALE DU DOMAINE MERIDIONAL

latin avec quelques phrases en roman, en 1537 ; en 1541, il est dans une langue mixte qui annonce l'apparition du français. Une protestation des consuls, de 1553, est en français, ainsi qu'une chronique de la ville (1563) (1). Au chapitre collégial, les comptes sont roman jusqu'en 1553, après quoi ils sont français. Les délibérations du chapitre commencent en 1563 et en français.

Peu de localités, peu de fonds d'archives, qui n'attestent par quelque témoignage la persistance du roinan, jusqu'aux environ de 1540. On trouve des coutumes à Asques (1512) (2), à Luzech (1534) (3), à Lapenche (1540), des actes municipaux à Montech (1507-1528) (4), des inscriptions à Thégra (^15ib), à Larrazet (1530) (5) ; des registres variés, livre des obits de l'église de Puylagarde (G) (1489-1571), lo libro de las reconneyssanses de N. D. d'Alem (7) (1517-1525), des acte° épars, à Aynac (1520), entre les seigneurs et les habitants (7 bis) ; à Larrazet (8), des contrats pour la construction de l'église et du château (1500-1530), à Caussade les privilèges du péage, à Parisot (9) un inventaire de reliques (1522), un autre à Montricoux (10) de 1541, etc. Plus tardivement, à Montbartier, la coutume de 1478 est encore transcrite sous sa forme romane dans une transaction française de 1565 (11) ; à Cazes-Montdenard, une confrérie de >s'otre-Dame de la Chandeleur a des procèsverbaux d'assemblée depuis 1555 qui commencent en roman,

(1) Pour rensemble de ces textes, cf. F. Galabert, Montpezat de Quercy, sa collégiale, ses seigneurs. Le même (Bull. soc. Arch. du Midi, 1905, p. 218. Extrait du livre des Mazels, HH.).

(2) Bull. arch. T.-et-G., 1898, p. 54. Dufaur, Coutumes d'Asques.

(3) Bull. Soc. élud. du Lot, 1873.

(4) Bull, archéol. T.-et-G. (1916, p. 66). Notes sur le livre des consuls de Montech ou liber consulorutn, qui contient des actes notariés latins et des délibérations en roman, 1509, 1510, 1513, 1516, 1525, 1528.

(5) Bull. arch. T.-et-G., 1888, p. 43-60, Potiier, Une journée en Gascogne.

(6) Inv. som. Arch. dép. T.-et-G., série G, confréries ecclésiastiques.

(7) Bull. arch. T.-et-G. (1911, p. 159-70). D^ BoÉ. Cet hôpital se trouve aux portes de Castelsarrazin.

(7 bis) Bull, phil. Corn., 1903 p. 169.

(8) Bull. arch. T.-et-G. (1883).

(9) GuiRONDET, Notes sur Parisot (Bull. Soc. aj-ch., 1878, p. 330).

(10) Bull. arch. T.-et-G., 1896, p. 29 et Devals, Montricoux.

(11) Bull. arch. T.-et-G. (1910, p. 178). Bourdes, Coutumes de Montharlier,

mais qui sont, peu après, écrits en français, ainsi que les statuts de la confrérie, en 1557 (1).

Le temps est venu, en efïet, où le français succède partout au roman. Les coutumes de Montricoux, celles d'Albias (2), celles de Saint-Paid del Bulgres (3) sont traduites ou rédigées en français. Le li^ re d'obits de Puylagarde passe au français en 1540, de même un registre analogue de Montauriol après 1544 (4).Bourret (5), qui emploie le roman dans une inscription de 1541, préfère le français en 1555. En français encore, un allivrement des habitants et consuls de Lacapelle-Livron (6) (155G), un dénombrement de la seigneurie de Montesquieu (7) (1540), un livre de reconnaissances de Notre-Dame du Temple à Montech (b) (1542), un terrier de reconnaissances de La Française (9).

Enumération fastidieuse (10) peut-être, mais instructive. Les textes en roman foisonnent, au milieu du latin... Les villes, aussi bien que les campagnes, les corps constitués, les administrations civiles et ecclésiastiques, les confréries, les particuliers ne connaissent visiblement que leur roman natal : on le voit par les statuts, les coutumes, les comptes et délibérations communales, les actes privés et notariés, ventes, achats, testaments, contrats de mariage, les inscriptions, les livres de raison. A feuilleter une collection comme le Bulletin de la Société archéologique, on est définitivement convaincu qu'entre le xin® siècle et le xvi^, le roman est dans tous les usages, et dans toute la force du terme la langue, la seule langue du pays, ({ue le français est la langue d'un pays étranger. L'apparition

(1) Butl. arch. T.-et-G., 1916, p. 100. Taillefer, Confrérie, etc.

(2) Bull. arch. T.-el-G. (1869). Moulenq, Alhias et ses coutumes.

(3) Publiées par Taillefer, Bull. arch. T.-et-G. (1903, p. 313-31).

(4) Ibid., 1911, M. DE France, Moniauriol, documents inédits.

(5) 1541, feito à Boret ; 1555, faite à Boret ; autre de 1588 [Bull. Soc arch. T.-et-G., 1888, p. 43-60). Pottier, Une journée en Gascogne.

(6) Perboscq, Monographie de Lacapelle-Livron.

(7) Bull. Soc. arch. T.-et-G. (1903).

(8) Jni^. sont. Arch. du Lot, série G.

(9) Devals, Etudes historiques et archéol. sur le T.-et-G., d'après les Arch. dép., série C, et Pottier, Monuments hist. du T.-et-G.

(10) Il y aurait un " Etat » intéressant à dresser des pièces d'archives et des recueils écrits en langue du pays, du xin^ au milieu du xvi^ siècle. La moisson serait riche.

d'officiers royaux, représenlanls soit des Capétiens, soit des Plantagenets, a été de nul elîet. J^e français ne pénètre pas. Il est d'un inanienicnt inconiinodej on l'a vu, au xiv^ pour Jean XXII (1), un Cahorsin ; au xv^, pour Jean de Batut, évêque de Montauban. Et quand on approche de 1500, on s'assure que rien n'est encore modifié dans le pays. Jean de Castelnau (2), commandeur de Lacapelle-Livron, fait son testament en roman ; une prieure de Clarisses (3) signe (1480) en roman ; un seigneur de Belcastel (4), comme les villageois environnants, n'emploie couramment que le parler maternel.

A partir de 1480, les grandes villes du Midi, Bordeaux, Agen, Périgueux, un demi-siècle après la guerre de Cent ans et la reconquête du royaume, — voient le français s'introduire dans leurs murs. Le témoignage de Benedicti laisserait entendre que cette invasion est rapide et générale dès ce moment. Passe pour Cahors, centre universitaire, qui réunit plusieurs milliers d'étudiants, parmi lesquels beaucoup d'étrangers ! Mais, à l'inspection des textes d'archives, l'innovation se manifeste plus tardivement. On écrit en roman pendant quarante années encore. On lit en roman : un inventaire du château de Montbeton (5) (1496) énumère dans la bibliothèque : « las Ystorias trojanas, religat,... ung petit libre cubert de vert sive Estrach, ung libre en romans..., ung autre libre en pargamen, Exposition de Avangelis, ung libre en romans, dit Melusina, ung autre libre en romans dit Fiersbras. » Le goût de la littérature méridionale n'est pas encore aboli dans la haute société. On parle roman ; les archives du château de Lauture (6) possèdent un cérémonial du mariage avec questions et réponses en roman. En 1512, un prêtre de Saint-Etienne-de-

(1) Bull. phil. et hisL du Comité (1903) ; Vidal, Le sire de Parthenay et l'Inquisition.

(2) Bull. Soc. arch. T. -et- G. (1899, p. 240).

(3) Ibid., 190'j, p. 121. Beatrix de Balaguier, abbadessa del vénérable coven de las sors Menorelas.

(4) Bull. arch. et hist. de la soc. T.-et-G., 1902, p. 28-40.

(5) Bull. Soc. arch. T.-et-G. (1894). Un mobilier seigneurial au xv^ siècle. Le mot « roman » désigne ici le parler du pays ; l'existence de ces ouvrages dans la littérature provençale est, d'autre part, assurée.

(6) Lacoste, Histoire du Quercy, t. IV, p. 267.

Tescou dicte son testament en roman (1) ; en 1520, un gentilhomme est condamné par le Parlement pour avoir juré « per cap et per las plagues de Diede (2) ». Les procédures relatent des dépositions en roman (3). On affiche des placards imprimés en roman, à Cahors et à Castelsarrazin. Jusqu'alors le parler reste très pur ; il ne s'altère qu'après 1520, et encore dans certains textes spéciaux comme l'affiche de Castelsarrazin, dont le rédacteur est, à coup sûr, francisé.

C'est que le français n'est encore, à l'aube du xvi^ siècle, que le privilège de quelques-uns. Nous avons déjà rencontré Géraud Boussac, notaire de Molières, qui a fait un voyage à Rome, en 1500. Un autre, Soldadery (4), de Puylarroque, essaye, dans un préambule trilingue de s'exprimer en français. Et si, d'une part, on raille Jean Raynal (5), notaire de Gourdon, « qui ne sceust parler, ne scripre un seul mot de françoys, » en d'autres lieux l'usage de la langue est si peu répandu qu'un notaire de Montricoux (C), en 1521, insérant dans une donation des clauses en français, déclare expressément que cette rédaction est l'œuvre « de Messieurs de Caramaing ». Il y a là une dérogation et une innovation qu'il souligne par son excuse (7).

Une enquête relative au château de Montbeton (8), non loin de Montauban (1507) montre comment la procédure et les autorités judiciaires servent de véhicule au français. Cette enquête, menée par un conseiller au Parlement de Toulouse^est en français, les dépositions recueillies sont reproduites en fran-

(1) Bull. Soc. arch. T.-et-G. (1901, p. 140). Daux, A travers testaments et obits.

(2) Jbid., 1895, p. 284.

(3) En voir une, par exemple, à Montdoumenc (Irn^. som. Arch. dép. T.-et-G. série G). Tous les témoins, même les prêtres, déposent en roman (1520).

(4) Daux, op. cit. : au nom de la sanctissime Trinité, Dieu paire, Dieu fils, Dieu Saint-Esprit, comme ainsi soit, que la primia delicta et inobedientia faites et comes per nostres premiers parens enhers Dieu au paradis terrestre, nostra crcatura humana ara esta totalament subiecta a la mort, et que y aga alcuna causa plus certaine que la mort..., etc.

(5) Bull. Soc. Lot (1898). Baulat, Quelques gentilshommes.

(6) Gai.aiîert, Les Ecoles, op. cit. (Bull. Soc. arch. T.-et-G., 1906, p. 77).

(7) A Toirac (Lot), un livre de notaire de 1515-1520 est en roman. Annales du Midi, 1916, p. 398.

(8) FoRESTiK, toc. cit. Un mobilier seigneurial au XV^ siècle. Bull. arch. T.-et-G., 189'i, cf. ibid., 1910, p. 57 ; deux emiuctes à Espancl (1505), par Galabert, faites en français par des commissaires.

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çais, mais avec beaucoup de termes locaux. Ainsi les témoins cités, pour s'aboucher avec l'enquêteur, ont eu à faire état du peu de français qu'ils connaissaient, si tant est que leurs propos n'aient pas été traduits par le greffier pour être ainsi présentés à la Cour souveraine. En tous cas, cette langue est ime nouveauté. Dix ans auparavant (1497) l'inventaire dudit château avait été dressé en roman, et le châtelain, on l'a vu plus haut, lisait des livres romans. Documents suggestifs qui révèlent la persistance du roman dans le monde quercynol jusqu'à la fin du xv^ siècle, et l'introduction du français peu après, importé par les officiers de justice.

Mais, sauf à Moissac, à Montauban, la primauté du parler local n'est aucunement menacée quand on arrive en 1540.

Et c'est 1540 qui est la date cruciale ; l'éducation des adultes est suffisamment francisée pour que les notaires puissent se conformer aux prescriptions de l'ordonnance. Ceux de Moissac n'ont pas attendu, et abandonnent latin et roman vers 1530 ; ceux de Montauban font de même en 1540. A Puylaroque (1) le notaire, Pierre Clerici, emploie le français à partir du 13 décembre 1539 ; à Puygaillard, le registre de Gasc (1540-1549) est tout entier en français, sauf quelques actes clairsemés où le roman persiste ; à Montech, Borelli emploie le latin en 1532 et le français en 1540 ; les années intermédiaires manquent. A Saint-Nicolas-de-la-Grave, à Saint- Nauphary, à Lauzerte, à Montauriol, à Bruniquel, les notaires de même n'emploient que le français après cette date. A La Capelle-Livron, les minutes de M® Tarraton, qui remontent à 1542, ont leur préambule tout au moins en français, mais la teneur des clauses est encore fortement imprégnée de roman ; après 1556, le français est de qualité meilleure et le gascon est éliminé (2).

L'impulsion des notaires fut-elle irrésistible? Toutes les classes de la société, sur tout le territoire, dans tous les cas où l'on recourt à l'écriture, adoptent le français. La décision du roi est secondée par le bon vouloir des populations. Dans les relations quotidiennes le roman se perpétue sans doute comme

(1) Communie, de M. Latouche, Arch. dép. du Tarn-et- Garonne, d'après les Archwes du T.-et-G., série E ; de même, sauf références contraires, pour ce qui suit.

(2) Communie, de M. Galabert, curé doyen de Montpczat.

langue parlée. Lors d'une agression dans le pays de Lauzerte un certain Charles de Gozon interpelle des « vilains » en français, lesquels répondent en roman (155Î)) (1). Dans un procès avec torture contre des habitants d'Albias en 1556, les paroles d'un inculpé sont en roman (2). Et nous avons vu de quel idiome barbare se servent les ouvriers de Beaumont-de-Lomagne. Ce qui est remarquable^ c'est moins les retards exceptionnels, — c'est plutôt la soudaineté, l'universalité de l'obéissance, — c'est de voir le parler maternel si promptement abandonné sans retour par tous ceux qui écrivent, et le français faire irruption dans un pays qui semble si bien défendu par une tradition intacte, et si mal préparé à une innovation.

L'ordonnance de Villers-Cotterets a été ici l'occasion d'une révolution véritable, qu'ont signalée les écrivains régionaux, familiers avec les archives locales. Lacoste (3) déclare qu'auparavant, « les notaires écrivaient en latin ou en vulgaire du pays... Depuis cette ordonnance on voit aussi écrits en fran- •çais les noms et les actes des consuls des différentes communes du Quercy. » Et Jean Cathala Couture (4) écrivait dans un manuscrit conservé à Montauban : « Les actes ou contrats publics commencèrent à être rédigés en langue française en vertu d'un édit de François I^'' en 1541 ; avant ils étaient rédigés en latin ou en langue vulgaire, ainsi que le rapporte Jean Vidal, avocat au Parlement suprême de Cahors, dans son histoire des évêques, barons et comtes. » Ces affirmations appelleraient (juelques correctifs : il y eut des recoins où le roman fut résistant et difficile à déloger. Mais les sentiments de tous ces érudits concordent pour donner toute sa valeur à la publication de l'Ordonnance. Si la francisation du Quercy est solidaire d'un mouvement général qui se développe à cette époque par tout le Midi, ici tout au moins c'est le résultat effectif et patent de l'initiative et de la voh)nté royales.

(1) Bull. Soc. arch. du Midi (1902, p. 126).

(2j Ihid. Galabert, Le procès d'Antoinette Cautié, 1899, p. 110.

(3) Histoire du Quercy, t. IV, p. 67.

Cl) En 1716, cité par Pottier, Bull, philol. et hist. du Comité (1893, p. 121).

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