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LA IIEGION DE CARCASSONNE

Dans l'ancienne sénéchaussée de Carcassonne tout se passe comme en Gascogne, comme en Quercy.

Au XV® et au xvi® siècles, c'est l'idiome local qui est seul employé, quand pour des commodités pratiques on veut éviter le latin : dans les coutumes (Fanjaux, xv® s.) (1), dans les actes municipaux (leudaire de Quillan, xv® siècle, ordonnances de Bram) (2) ; actes divers (cartulaire de l'abbaye de la Grasse ( 3); dénombrement des habitants à Saint-Martin-du-Puits (1538) ; vente au même lieu (1540) (4), etc.). En 1431, les coutumes d'Algonne sont traduites en roman (5). Cent ans après, en 1538, les consuls de Fenouillet (6) font un serment au prieur du collège de Saint-Martial (Toulouse), en roman, alors que les formules des années antérieures étaient en latin. La persistance du dialecte s'accuse ici comme partout.

Le français ne sert que rarement, et dans les affaires qui sont engagées avec l'autorité souveraine : c'est ainsi qu'en 1396 l'abbaye de la Grasse adresse au roi une pétition en français. De même en 1461, le serment (7) de fidélité prêté à Louis XI

(1) Mém. Soc. sciences, arts, Carcassonne (1889).

(2) 1505. Andrieu, Bram sous l'ancien régime. Cf. Caial. des mscr. de la Bibl. de Carcass., n° 293.

(3) Maiiul, Cartulaire et archii'es des communes de Vancien diocèse et l'arrondissement administratif de Carcassonne, t. II, p. 207 et sqq.

(4) Ibid., II, p. G15 et Inv. som. Arch. dép. Aude, série II. Fonds de l'abbaye de la Grasse.

(5) Mahul, op. cit., t. I, p. 17 sqq. « Et los dits articles son stats translatais dcldit instrument de lati en roman de mot a miot. »

(6) Mém. Soc. arch. du Midi, 1836-37, p. 337. Belhomme, Fenouillet et Gagnac.

(7) Maiiui., op. cit., t. V, p. 360.

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