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CHAPITRE TROISIEME

La gloire d’opérer une réforme complète dans le traitement de la folie était réservée à un médecin français. Quand Pinel dirigea sa haute intelligence vers l’étude des aliénés, ils étaient tous en proie aux plus indignes violences ; ses travaux eurent un double but et préparèrent une double conquête. Doué d’un esprit lumineux et juste, aussi bien que d’un cœur compatissant et dévoué, il comprit du premier coup-d’œil qu’il fallait aux lésions de la pensée un traitement moral et qu’il n’y avait pas de traitement moral possible sans la suppression des violences corporelles. Laissons le parler (1 ) :

« La surveillance, l’ordre régulier du service, une sorte d’harmonie entre tous les objets de salubrité et l’heureuse application des remèdes moraux constituent bien plus proprement le vrai savoir que l’art recherché de faire des formules élégantes. Le médecin peut-il rester étranger à I histoiredes passions humaines, puisque ce sont là les causes les plus fréquentes de l’aliénation de l’esprit? et dès lors ne doit-il point étudier la vie^des hommes les plus célèbres par l’ambition de la gloire, les découvertes dans les sciences, l’enthousiasme des beaux-arts, les

(1) Traité médico-philosophique sur V aliénation mentale, 2' édition, Paris, J 809 , in- 8 .

suit LA FOLIE. I ig

austérités d’une vie solitaire, les écarts d’un amour malheureux? Pourra-t-il se rendre un compte sévère des faits sans nombre qui se passeront sous ses yeux, s’il se traîne servilement sur des routes battues et s’il est également dépourvu d’un jugement solide et d’un désir ardent de s'instruire. L’histoire de la manie n’est-elle point liée avec toutes les erreurs et les illusions d’une crédulité ignorante, les miracles, les prétendues possessions du démon, la divination, les oracles, les sortilèges? Rousseau, dans un accès d'humeur caustique, invoque la médecine, et lui dit devenir sans le médecin; il eut bien mieux servi l’humanité s’il eût fait tonner sa voix éloquente contre l’impéritie présomptueuse et en appelant le vrai talent à l’étude de la science qu’il importe le plus d’approfondir et de bien connaître.

« L’exercice de la médecine dans l’hospice de Bicêtre m’a fait vivement sentir la nécessité défaire faire quelques progrès à la doctrine de l’aliénation mentale. Des visites fréquentes, quelquefois pendant plusieurs heures du jour, m’aidèrent à me familiariser avec les écarts, les vociférations et les extravagances des maniaques les plus violents. Tout était propre à tourner presque exclusivement mes vues vers le traitement moral pour suppléer aux autres . désavantages du local et de la disposition de l’hospice: des loges semblables à des repairesd’animaux, la privation totale des bains malgré mes demandes réitérées; nul endroit spacieux et ombragé pour li-

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vrer les aliénés aux travaux de la culture ou à des exercices variés; impossibilité de les distribuer en diverses classes en les isolant, suivant les variétés et l’intensité de la manie.

L’usage des chaînes de fer pour contenir un grand nombre d’aliénés était encore dans toute sa vigueur, et comment distinguer alors l’exaspération qui en était la suite, des symptômes propres à la maladie? »

Telle était la situation des fous, tels furent les sentiments, la promptitude à reconnaître le mal et la ferme volonté de le combattre qui pénétrèrent Pinel et le soutinrent constamment dans sa tâche laborieuse. Le progrès qu’il sut imprimer à l’étude de l’aliénation fut dû à sa seule et propre force, et on aime à voir avec quelle modestie touchante il il fait l’évaluation de son œuvre. Uniquement occupé des bienfaits qui doivent en résulter pour son pays, et nullement de la moindre pensée d’orgueil individuel, attribuant à l’homme dévoué (1 ) qui le secondait dans ses travaux la plus grande part du succès, il craint qu’on ne lui accorde à lui-mème audelà de sonmérite, et ne paraît embarrassé que de ce qui excite chez les autres une si ardente convoitise.

«Le traitement moral de la manie, dit-il, est une des parties les plus importantes, et jusqu’ici les moins avancées de la médecine d'observation, et je cr is pouvoir revendiquer en faveur de la France

(1)M, Pussin, surveillant de Bicétre.

un bjet dont on fait un honneur presque exclusif à l’Angleterre. Un concours heureux de circonstances a amené ce résultat : d’un côté, les principes les plus purs de philantropie du citoyen Pussin , une assiduité infatigable dans sa surveillance , des connaissances acquises par une expérience réfléchie, une fermeté inébranlable , un courage raisonné et soutenu par des qualités physiques les plus propres à imposer. D’un autre côté , pénétré moi-même de j’ insuffisance des lumières qu’on peut puiser dans les livres sur le traitement de la manie , avide de m’instruire par l’examen attentif, et le rapproche • ment des faits, et oubliant profondément qu’un bonnet de docteur eût affublé ma tête , je mettais à profit le spectacle d’un grand rassemblement d’insensés soumis à un ordre régulier, les scènes mobiles et quelquefois bizarres que leur délire fait naître, l’habileté du surveillant à régulariser tous ces mou- V ements et à rétablir , dans des cas fréquents , une raison aliénée, par les seules voies de la douceur ou d'une répression énergique mais sage et humaine. Les lois constantes del’économie animale, considérées dans la manie comme dans d’autres maladies, me frappaient d’admiration par leur uniformité , et je voyais les ressources inattendues de’la nature livrée à elle- même ou sagement dirigée, ce qui me rendait de plus en plus sobre sur l’usage des^^médicaments que je finis’par ne plus employer que lorsque l’insuffisance des remèdes moraux m’était prouvée

Hommage nouveau rendu à cette maxime si sage et si profonde du docteur Grant : u qu’on ne peut guérir les maladies par les secours de l’art , si on neconnaîtauparavant leurs terminaisons lorsqu’elles sont abandonnées aux seuls efforts de la nature. » Quant au mérite de briser les fers qui chargeaient les membres des aliénés, de supprimer les châtiments corporels , la peine du fouet , qui transformaient leurs tristes demeures en un lieu de torture , de faire pénétrer l’air et le jour dans leurs cellules , sans doute , il faut reconnaître ce qui doit en revenir à l’esprit d’émancipation et de réforme de notre révolution française; mais c’est là encore que le caractère de Pinel s’éleva à toute la hauteur de son intelligence. Il fut l’un des ressorts du mouvement social qui travaillait la société tout entière. Il sut conseiller le bien pour le faire exécuter par d’autres et l’exécuter à son tour dés qu’on le lui faisait apercevoir. Voici en quels termes s’échappe le sentiment qu’il avait de son époque et le tribut qu’il aimait à lui payer : cf un ouvrage de médecine, publié en France à la fin du dix-huitième siècle, doit avoir un autre caractère que s’il avait été écrit à une époque antérieure ; un certain essor dans les idées, une liberté sage et l’esprit d’ordre et de recherches qui règne dans toutes les parties de l’histoire naturelle doivent le distinguer. Ce ne sont plus des vues particulières ou les écarts d’une imagination ardente qui doivent l’avoir dicté : c’est une

philantropie franche et pure ou plutôt le désir sincère de concourir à Tulilité publique. »

Les deux titres immortels de Pinel à la reconnaissance de la postérité sont : l’importance accordée par lui au traitement moral des aliénés et la part qu'il a prise à l’abolition des violences dont ils étaient l’objet.

Georget, son élève et celui de M. Esquirol, fut enlevéàla scienceà l’àgede33ans, après y avoir marqué sa place par ses travaux sur le système nerveux et par ses discussions médico-légales sur la monomanie homicide. Les mémoires qu’il a publiés sur plusieurs procès criminels ont encore un grand poids dans l’importante question de la liberté morale.

Cette revue historique^ qui ne doit , pour être fidèle «à son titre , relater que les travaux des hommes qui ne vivent plus , serait incomplète si l’on n’y parlait de deux esprits novateurs qui ont obtenu et mérité de nos jours l’attention et les hommages du monde savant.

Un exposé des idées anatomiques et physiologiques de Gall serait loin d’avoir ici la même utilité que l’examen des travaux anciens. Ces derniers étaient oubliés ; tous les hommes voués à l’étude des sciences naturelles connaissent ceux de Gall sur l’origine des nerfs et de l’encéphale, sur l’importance relative de la substance grise et de la substance blanche , sur le déplissement des circonvolutions cérébrales , enfin sur la localisation dans le

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cerveau et dans ses différentes parties , de toutes les facultés intellectuelles et instinctives.

Gall, médecin allemand , venu à Paris en 1 808 , y fut d’abord en butte aux sarcasmes des Fréron de la littérature impériale ; mais ses idées, répandues avec l’autorité d’un long savoir et d’une haute intelligence, ne tardèrent pas à être plus sérieusement examinées. Elles intéressaient et remuaient tout le monde moral. Il n’est pas jusqu’à la conscience qui n’ait craint un moment de ployer sous l’inflexible loi des facultés organiques. Toutefois cette crainte ne fut pas de longue durée. Gall imprima à l'anatomie du cerveau, à l’étude des formes et à la recherche des phénomènes matériels une activité prodigieuse; mais la philosophie a conservé son autorité ; la législation, l’éducation, les mœurs, le sentiment religieux n’ont reçu aucune atteinte des travaux de Gall ni de ceux de son disciple Spurzheim. Les travaux de ces anatomistes resteront comme un des plus dignes monuments élevés à la science ; mais leur système phrénologique avancera peu les grandes questions dont ils avaient annoncé la^solution.

Broussais appartient à la même école. Ses travaux ont été poursuivis dans la même voie. Personne n’a^oublié quelle rumeur causa en 1816 ce génie novateur. A cette époque le traitement de toutes les affections estimées les plus fréquentes, de presque toutes les fièvres dites bilieuses , putrides , était aussi uniformément tracé et suivi jour par jour

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que l’est le traitement empirique de la Charité pour la colique de plomb : un vomitif était administré , au début, à tous les malades présentant une langue blanche, puis un purgatif bientôt suivi de préparations toniques. Si la langue se desséchait et se couvrait d’un enduit noirâtre, les médicaments excitants étaient donnés à plus haute dose. Tel venait d’être le traitement de l’épidémie meurtrière qui avait désolé les débris de l’armée française, toutes les populations des bords du Rhin et d’une partie de l’intérieur de notre pays. Broussais attribua au traitement les progrès du mal. L’estomac d’abord irrité, dit-il, ne tarde pas à le devenir davantage par l’action médicamenteuse qui le fait vomir et sous l’influence des vomissements eux - mêmes ; les purgatifs mis en usage propagent l’irritation morbide sur toute la longueur du tube digestif ; les excitants de toute espèce ne font qu’accroître les symptômes locaux ou les communiquer au système nerveux. Cette faiblesse apparente, cette prostration qu’on cherche à relever par les médicaments toniques, n’est qu’extérieure ; elle n’est que le résultat du refoulement de toutes les forces au dedans vers les organes malades , et c’est sur ces tissus gorgés de sang et de sensibilité, dévorés par un excès de vie , déjà désorganisés quelquefois par

le progrès du mal qu’on porte les substances les plus propres à favoriser Taccroissement de ces phénomènes.

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Un pareil langage ne pouvait manquer d’exciter une grande attention. La question était trop grave, les intérêts qui s’y rattachaient trop importants pour qu’aucun médecin restât étranger à ce procès; car il ne s’agissait de rien moins que de savoir si la médecine, comme elle se faisait, n’était point plus meurtrière que guérissante.

Les phénomènes morbides, au lieu d’être considérés comme un état tout particulier, comme une exception complètement en dehors des phénomènes habituels de l’organisme, étaient présentés comme une simple modification de leurs lois physiologiques. Un organe qui devient malade était comparé à un organe monté à un trop haut degré d’activité. La différence ne consistait que dans l’intensité. L’action morbide de tous les viscères était expliquée et démontrée par ce qui se passe sur les parties de l’organisme accessibles à la vue et au toucher. Une membrane muqueuse rougissait et se tuméfiait comme la peau lorsqu’elle est le siège d’un érysipèle : la médecine, si long-temps qualifiée du nom de science conjecturale, revêtait, si ces assertions étaient fondées, la précision et la certitude de la chirurgie. Tout était simple , tout paraissait clair dans cet exposé et dans toutes ses conséquences.

En 1 828, Broussais appliqua sa doctrine de l’irritation à l’examen de la folie, et après avoir fait une si rude guerre à Pinel , dans l’examen des affectiohs gastriques, il le poursuivit avec la même véhémence

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jusque dans le domaine où l’ancien médecin de Bicètre avait conquis sa principale gloire. On a eu raison de réimprimer récemment le livre de Broussais sur l’irritation et la folie (1 j ; car c’est là surtout que son intelligence et son savoir se sont montrés dans toute leur puissance ; c’est là que ce chef contemporain de l’école matérialiste a donné à son talent son véritable essor, à l'expression de sa pensée sa brûlante énergie. Des hommes de cette taille honorent toujours la cause qu'ils défendent; car ils la défendent avec conscience, et tout noble et généreux effort , en quelque sens qu'il se fasse , pousse au bien et prépare tôt ou tard le triomphe de la vérité.

Broussais , malgré le combat à outrance qu’il livra à Pinel et à tous ceux qui voient dans la folie un phénomène nerveux, écrivit ces lignes dans son livre sur cette maladie :

« Les maniaques peuvent rester long-temps sans sommeil , sans aliment , sans sentir l’impression du froid, vociférant et blasphémant Jour et nuit, faisant effort pour briser leurs liens, et toujours très-dangereux s'il leur arrive d’y réussir. On ne saurait expliquer comment la vie peut tenir à une dépense d’innervation cérébrale et musculaire comme celle qui se fait parfois durant deux , trois, quatre mois de suite , quelquefois même durant plus d’un an

(1) De r irritation et de la folie, 2' édition augmentée, Paris 1889, 2 vol. îii-8.

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chez ces malheureux. On eu voit qui, bien qu’exténués par deux et trois mois d’abstinence volontaire, ^ jouissent encore d’une force musculaire correspondante à la fureur qui les transporte. C’est , à nos yeux, la plus étonnante de toutes les manies, à cause de l’immense déperdition de force nerveuse , ce qui suppose une réparation dont la source n’est pas appréciable. Comment concevoir qu'une femme grêle et qui ne prend rien de substantiel , puisse rester plusieurs semaines à demi- nue, dans le cœur de l’hiver, avec une faible impulsion du sang vers la peau , le pouls étant petit et concentré , sans contracter des rhumes ou des douleurs rhumatismales? C’est pourtant ce qu’on observe et ce qui ne peut être attribué qu’à une exaltation de la force nerveuse dont nous n’avons point l’explication première. » Broussais a raison de s’étonner, car ni la doctrine de l’irritation, ni aucune autre ne peuvent fournir l’explication matérielle de ces faits produits sans cause apparente. Une mystérieuse puissance , inaccessible à toute analyse , à toute recherche humaine se révéle jusque dans les phénomènes les plus vulgaires au premier aspect, et de quelque volonté que puisse s’armer l’observateur, quelqu’assuré qu’il soit contre l’erreur et contre le merveilleux, si sa main, quand elle tient le scalpel ou la balance, doit toujours être ferme, il faut bien que l’œil qui la suit s’abaisse quelquefois respectueusement devant des secrets impénétrables.

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La doctrine de l’irritation est loin d’étre une loi ; mais, proclamée à une époque moins laborieuse et moins exigeante que la nôtre, elle eût un plus long règne que l’humorisme dont la domination s’est maintenue quinze cents ans. Quelles que soient aujourd’hui les contradictions que reçoit cette doctrine , Broussais a eu la gloire de produire une révolution dans l’examen et dans le traitement des maladies, de faire sentir dans toute sa valeur l’importance du régime alimentaire et d’assigner aux affections intestinales la place qu’elles méritent d’occuper en pathologie (1). Ailleurs, dans le do-

(1) Ai'élce, au premier siècle de l’ère cliréticnne, avait trace, sans indication de traitement, il est vrai, dans le chapitre destomachi affectibus , une description admirable de la gaslro-cntcritc, et cette maladie n’est pas même indiquée dans les premières éditions delà nosographie de Pinel. La gastrite n’est mentionnée dans les éditions suivantes que comme suite de l’empoisonneraent.

(( Cuni stoniachus œgrolal , escas odit et ahominatur , non modo cittn offerunlur, verùm etiam sinon in conspcctum dentur sed eas menioria répétai; aut anxietate, aut madore stomachi aut ejus ostieli dolore percili, et salivant ejfundunt quidam et vomitibus lancinantur, corpiisque simul ab his vexatur. Quod si venlriculus istorum vaiiius est, dolorc/n quàin cibi suinptioncin faciliüs tolérât. Sin aulem inlerdum ad aliinentwn capiendtun accedere cogitur, id mullb pejus est.... , cte. » Arétée , éd. de Lausanne, 1772.

Il est Lien digne de remarque-qu’une maladie si t’réquenlc, décrite avec tant de fidélité et de chaleur par un auteur du premier siècle, ait pu être ensuite méconnue et mise en oubli pen-

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maine de la philosophie , il a exercé par son esprit positif, ami des faits, par son goût exclusif pour les phénomènes matériels, une active influence sur la direction à laquelle il s’était voué. Cette école a été utile, et l’on doit se bien garder, parce que l’esprit avancé de notre temps veut à la fois des recherches d’un autre ordre, de tenir en moins grande estime les laborieux efforts qu’elle a faits et les fruits qu’elle en a recueillis.

Il faut , en médecine, continuer avec la même persévérance et la même attention , l’observation des formes , des variétés de structure, des lésions cadavériques , mais il faut en même temps accorder au moral de la science ce qui lui est dû , suspendre, enregistrer toutes ses manifestations , et n’en jamais rejeter aucune. L’œil et la main les plus exercés cherchent souvent en vain quelque lumière sur la pierre des amphithéâtres. Interrogeons aussi la vie , causons et vivons avec l’aliéné pour essayer . de le guérir, au lieu de nous borner toujours à atten- ' dre sa mort pour en rechercher la cause. Ne perdons pas de vue que si le médecin matérialiste peut reprocher souvent au psychologiste d’accorder trop à son imagination , celui-ci peut lui répondre par cette sage pensée de Daquin (1 ) : «Plusieurs des lésions trouvées dans le cerveau des fous ne s’étant,

il.int près de 1800 .ms, cl qu’il ail fallu des eflbrfs inoiiis pour lui faire reprendre rang dans le cadre nosologi(|ue.

(1) Daquiii, Philosophie de la folie.

Sun l.A. FOLIIÎ.

selon toute apparence, formées que Vers les derniers temps de la vie, présentent plutôt les effets de la maladie que la cause elle-même. «

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