‹ Recherches historiques sur la ville d'Orléans (volume 2)Chapitre 11 sur 25 · Contran , à la nouvelle de la mort de son frère Chilpé · texte numérisé non relu

Contran , à la nouvelle de la mort de son frère Chilpé

ric, se hâte de marcher sur Paris et s'empare de cette ville qu'il réunit momentanément à son royaume, ainsi qu'une partie de la Neustrie (43).

La tranquillité d'Orléans est troublée par un différent survenu entre les habitans de cette ville et ceux de Blois et de Ghâteaudun. Ils marchèrent en armes les uns contre les autres , pour soutenir certains droits , mais ils furent réconciliés par les comtes ou gouverneurs de ces provinces, qui parvinrent, non sans peine, à se rendre médiateurs (64).

• jiiiikt Mt. Contran fait son entrée dans cette ville ; il y est, à aon arrivée, harangué en langue hébraïque, syriaque et latine ; le lendemain , il donna un grand festin dans son palais royal du Châtelet, près de la rivière, où il avait invité plusieurs évêques, parmi lesquels ou distinguait Numance , évêque a Orléans, et les plus notables habitans. Il fut servi au roi des vins d'Orléans , qui étaient déjà renommés et fbrmaient une branche importante du commerce de cette TÎUe.

Le roi se rçndit si familier avec son peuple qu*on le rît même s'asseoir et manger à la table des simples bourgeois d'Orléans.

Ml Le roi d'Orléans Contran fait bâtir dans cette ville, au

nord-ouest, la chapelle de Saint-Symphorien, à laquelle il fit plusieurs dons et largesses : une sibbaye de religieux y fîit établie dans le même temps ( 80). « arptank SIS. Un assassiu s'approche de Contran , pendant qu il célébrait la fête de Saint-Marceau de cette ville; un couteau qui loi tomba des mains déf^nvrit son dessein , le criminel fut arrêté, mais le roi ne trouva pas à propos de le faire mourir, parce qu*il avait été arrêté dans une église (64)-

Numance , évêque d'Orléans , ambassadeur de Contran , près Varroch , comte de Breta^e ^ meurt dans son voyage. Son corps fut rapporte dans son diocèse et

inhumé dans lëglise de Saint-Aignan'de cette ville : il avait été évéque pendant i8 ans environ (64-80).

Orléans est ravagé par une maladie contagieuse nommée lues ingtiinaria ( peste ou plaie dai|s Taîne ) , laquelle se répandit par toute la province ( 6-43 ).

Gontran ordonne à un de ses chambellans et à un de wt. ses gardes-chasse , qui s'accusaient réciproquement d'avoir tué un buffle, de se battre en chamu-clos ; le cham«pion que le diambellan avait mis à sa place et le gardechasse ^entretuèrent tous deux : le chambellan étant convaincu du crime par la mort de son champion , fut attaché à un poteau et lapidé. Avant ce combat en champdos, on trouve peu de traces dans notre histoire' du duel ju<yciaire ainsi ordonné.

Mort de Gontran, à Ghâlons où il fiiisait sa résidence, » m mi. à TAgè de 68 ans, et sans enfims. (Tétait un prince doux et humain, mais timide, et qui n'eut pas le courage d'empêcher les vexations que fusaient .ses ministres, mais du reste, recommanoable par sa haute piété ; il fit de grandes mimônes aux pauvres, il aimait les lettres, et il était plein de respect pour tout ce qui touchait à la , religion (4^).

Ce roi est le premier qui prit pour ses armes un écu d'azur semé de cailloux d'or. Quelques auteurs prétendent que la ville d'Orléans aura conservé pour ses armes ces cailloux que son roi avait adoptés, lesquels auront été réduits au nombre de trois , et surmontés de fleurs de lis lors dé la réunion du royaume d'Orléans à la couronne (64). Nous ne partageons pas cet avis.

On rapporte de ce roi, qu'ayant trouvé dans les dépouilles du duc Mummol 34o marcs de vaisselle d'argent , il les fit briser afin de les distribuer en aumônes. «Je n'en ai réservé que deux plats, disait-il, et-c'est autant quil en fiiut pour ma table. » Il était si aimé à Orléans, que le peuple allait au-devant de lui avec les bannières en criant vive le roi, et én lui donnant le titre de saint; on ne l'appelait dans la ville que notre bon roi Gontran (64).

Qiildebert, roi d'Austrasie, succède à son oncle Gon- Amim tran dans son royaume d'Orléans (43).

Ghildebert , roi d'Orléans et d'Austrasie , meurt à l'âge de s «lobra »m. a5 ans, n'ayantété que deux ans, seul roi d'Orléans; il partagea son royaume entre ses deux enfiins, Thierry etThéodebert. Ge roi avait choisi la ville d'Orléans pour sa demeure.

Le jour même de la mort de ce roi dOrléaos , naquit Mahomet (3i).

orioitM 9M. Thierry , fils de Ghildebert, est élu roi d'Orléans et de Bourgogne à Tâge de 9 ans, sous la tutelle de Brunéhault , sa grand mère. Son frère Théodebert est nommé n» d*Austrasie (43)-

Brunéhault) grand mère de Thierry, roi d'Orléans, avait parmi ses amans un seigneur nommé Protade, de race romaine , qu elle vouFait élever à la charge de maire du palais; mais Landry, qui l'exerçait alors, le força de fiur, le poussa jusqu'à Orléans et fy asiégea (64-43).

Le roi Thierry, averti par sa mere, marche contre Landry , maire du palais, lui faàt lever le siège d'Orléans etlui livre bataille entre cette ville et Etampes; la plus grande |>artie des troupes de Landry fut taiUée en pièces.

n «f lii m. Mort du pape Giégoire-le-Grand. Cest ce pape qui cor» rigea l'ancien plain-cèant, et en composa un nouveau que Ton appela le chant grégorien qui se chante depuis cette époque dans toutes les églises de la chrétienté; c'est lui aussi qui institua la cérémonie des cendres, les pardons et les indulgences (43-53).

CM. Clotaire II, roi de Pàns, et frère de Thierry, roi d'Or-

léans, £iit assiéger une seconde fois ce^te ville par Landry, maire de son palais ; mais Thierry en fait lever le sié^, gagne une bâtai lie décisive sur Landry et le poursuit presque jusqu'à Paris (43).

Albom et Langide, sa femme, fondent un monastère d'hommes à quelques lieues à Test d'Orléans, lequel porta d'abord le nom cf abbaye de Fleury, et plus tard celui de Saint-Benoît-sur-Loire (6-80).

flou D'Austrin, évéque d'Orléans, meurt dans cette ville après avoir gouverné son église pendant environ 19 ans (21).

Mt. ' Thierry meurt à Metz. U fut le dernier roi d'Orléans, ce royaume ayant été réuni au royaume de Paris à la mort de Thierry (43^}.

Dans ce temps, les rois n'étaient pas sacrés: ils étaient tous des rois égaux ; celui de Paris n'avait point de prééminence sur ses frères, et le partage se faisait au sort; le nombre de leurs officiers était considérable , les principaux étaient les maires du palais, qui par suite s'emparèrent

(le toute la puissance royale, et finirent par se mettre la couronne sur la tête; les patrices , les ducs ou gouverneurs des provinces, les comtes ou gouverneurs des villes , et les yicomtes qui vaquaient aux affaires du gouvernement

Lëodebode, abbé du monastère de Saint-Aignan d'Or- 9»r, léans , se faisait remarquer par sa piété , son esprit et par ses richesses, qui étaient très-considérables (6).

Léodebode, abbé du monastère de Saint-Aignan , donne aux religieux de Fleury , qui existaient depuis 6o5 et dont il venait de nommer Mummol abbé ,>in terrain et des bâtimensqu il possédait au nord-est d'Orléans, près de St-Marc.

Ces religieux vinrent sj établir au nombre de lo ou 12; ils y élevèrent un prieure sous l'invocation de saint Gervais et de saint Protais (80),

Godin, maire du palais de Clotaire II, roi de France, vient à Orléans faire le serment de fidélité à ce prince dans l'église et sur les reliques de saint Aignan , qui étaient trèsrévérées par tout le royaume (36-64).

Dagobert i**" ayant eu un fils de Regnetrade la même •••• année qu'il l'avait épousée, il envoya prier son frère Aribert, roi d'Aquitaine, de vouloir le tenir sur les fonts; tous deux se rendirent à Orléans pour cette cérémonie qui se fit avec une grande pompe, et leni^t fut baptisé par l'évéque saint Amand, qui lui donna le nom de Sigebert(64).

Dagobert P'^, par un capitulaire relatif à l'appréciation tn. de divers objets qui se vendaient dans son royaume , en fixe ainsi le prix : un bœuf, a sous; une vache, i sou; un cheval, 6 sous; une jument, 3 sous; une bonne cuirasse, la sous; un bouclier avec une lance, a sous, etc. Par le même capitulaire, la livre numéraire est divisée en ao sous, et les ao sous en 80 liards ou a4o deniers (43).

Mort de saint Loup, archevêque de Sens, natif d*Or- vatHM. léans. Ses parens firent élever une chapelle dans le château dont ses ancêtres avaient été possesseurs, et où il était né ; i 1 était situé hors des murs de la ville, au soleil levant, à une certaine distance de la Porte-d*Orléans , et près de la Loire (64).

Leudégisile , évêque d'Orléans , îneurt dans cette ville , ^ après en avoir gouverné l'église pendant environ a 5 ans (ai).

» ianTiertsa. Mort du Toi Dagobert à- Espinay , près Paris, à l'âge de 38 ans. Sous le règne de ce roi , l'or et l'argent devin- . rent plus communs, ce qui fat occasionné par ses fréquentes expéditions en Italie. Le commerce qu'il établit ayec les nations du Levant, fit aussi entrer en France une grande quantité de pierreries , de vases précieux et d*or- ' nemens , ainsi que des soieriet-dont l'usage avait été apporté en Europe par deux moines missionnaires dans l'Inde; le luxe de la cour de France n'étut pas moindre que celui qui avait lieu à celle des empereurs. >M* Jean de Fleuiy fonde à Oriéans, au sud de Sainte- Croix, une petite cliapeUe ou oratoire qui fut dessertie par des chanoines, et à laquelle il donna le nom de Notre- Dame-de-Bonne-Nouvelle; il instibia pour abbé ùn nommé Fulcadus (6-7).

i>«t«iii;eii. La reiile Nan tille, veuve de Dagobert I^, mère de Glovis II, et régente du royaume , fait assembler les principaux lûbitans d'Orléans, qui était devenue la capitale du royaume de Bourgogne , pour nommer un maire du palais; elle leur recommanda Flaochat, son proche parent,

![ui, selon ses désirs, fut élevé 4 cette dignité éminente 49^4). ■ . . ; . "

••». Sixième concile assemblé à Orléans ; il avait pour but la destruction des erreurs répandues en France par les hérétiques monothélites (2 1-43).

êf^ Mort de Léodebode, abbé des moines de Saint- Aignan

d'Orléans. Il ordonna, par son testament, que de nouveaux bâtimens seraient faits à 1 église de son monastère, et donna à son abbaye plusieurs bourgs et villages, tant en Beauce quen Sologne , avec tous les hommes, femmes et en&ns qui les habitaient comme étant ses seif& (36) (^^.

Léger , évéque d'Orléans, meurt dans cette ville , après en avoir gouverné l'église pendant environ i3 ans (ai).

(*) Trésor de Saiù^Aignan. — Ex testaraento Leodebodi abbatis : M Dono igitxir anto dictxe Basilicoe Doinini Aniani , vel Monachis ibidem des j ruie ntiùus f vbi ad pra>seii8 dîuinitate propitia fiinguntur oflicio , et de iure meo in ins ante dicte Basilic» à die praesenti , transfiindo portio-

nés teiTulae infraagruin Nogroraetcnsemsitas , in tcrrilorio Biturico nunciipatis , Litiuaro cl Mariniaco , quasdc Âviana et Fi osporiana Ineniinis per iustruuicuta chartarum visus sum récépissé , cuni domiLui» , a:dificiis , mancipiis , qui à me non liberati fuerunt , ele.

» Anne iucarnationis dorninica: 646 , data mense junio , anno II domini Clodouei Francorum re^is filij Dagobcrti senioris SS Diooysij , nociorumque eiiis loci miriûci constructoris. m

Mort de Léger 1^', évê(jue d'Orléaus, après i3 ans de- 6*'-

pi SCO pat (21).

Audon , éveque d'Orléans, meurt dans cette ville, après wo. en avoir gouverné l'église pendant environ 3 ans.

Munlmol, deuxième abbé (hi monastère de Flcury, à «juiiuieas. l'est et à quelques lieues d Orléans , envoie au Mont-Cassin im de ses religieux nommé Aigulfe, qui eut la facilité d'enlever les reliques de saint Benoît, et de les rapporter à son supérieur, lequel les plaça dans son église c[ui prit dès-lors le nom de Saint-Benoît-sur- Loire (64).

Gaudon , évèque d Orléans, meurt dans cette ville, frjs. aprèsen avoirgouverné l'église pendant environ 1 5 ans(2 r\

Etats-généraux du royaume assemblés à Orléans, par ^m. ordre d'Ebroin, maire du palais sous Clotaire III , roi de France, la salle de ces états avait été disposée dans une grande maison du faubourg Saint-Marceau ('21-43).

Sigobert, éveque d'Orléans, donne au monastère deMixiles-Orléans ou Saint-Mesmin , la petite chapelle de Saint- Mesmin, située devant la porte de l'église de Saint-Aignan (l'ancienne). Cette chapelle, dont on voyait encore les vestiges dans le cloître, avait été bâtie par le prélat Sigobert à peu de distance des murs, au levant de la ville; il y fonda uu chapitre, et transféra dans cette nouvelle église les reliques de saint Mesmin et celles de plusieurs autres saints.

Sigobert meurt après environ 5 ans de siège (21).

Thierry, quinzième roi de France, succède à son frère «>74. Childéric II, à l âge de 23 ans. Ce roi mit, pour la seconde et dernière fois, tin au royaume d Orléans en le réunissant à celui de Paris. Ce royaume comprenait la Beauce, le Maine, l'Anjou, la Touraine, le Berry et même le Dauphiné, le Lyonnais et la Provence (43).

Ebroin, maire du palais de Thierry, roi de France , fait îia<'i«fci»iw. massacrer saint Léger, qui habitait Orléans, et jeter son corps dans un puits de cette ville; ce puits, qui prit alois le nom de Saint-Léger, fut par suite renfermé dans l'enclos du cimetière de St- Victor, et fut appelé Puits-de-St- Victor, nom qu'il porte présentement. Ses eaux avaient, disait-on , la vertu de guérir la fièvre et l'hydropisie (64).

Sévéric , éveque d Orléans, meurt dans cette ville, après ••7. en avoir gouverné l'église pendant environ 27 ans (21).

Baudac , éveque d Orléans, raeùrt après environ lo mois d épiscopat.

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^7 ocidbre W.

Il octobre 99S.

•Il féfrUr 733.

Adheniar, evéque d'Orléans, meurt après environ une

aniu'^e de siège.

Mort du pape Jean VII. Ce pape ordonna de construire des cimetières dans rintérieur des villes, avec défense d'enterrer sur les routes et chemins qui avoisinaient les cités , comme cela se pratiquait alors (53).

Léger II, évêque dOrléans, meurt dans cette ville, après en avoir gouverné l'église pendant environ 21 ans (21).

Charles-Martel, maire du palais de Thierry II, poursuivant les Sarrazins, peuple de l'Arabie, qui étaient entrés en France et qui avaient déjà dépassé Orléans, les atteint près de Tours, les défait et leur tue un nombre considérable de soldats; ce qui les força à retourner dans leur pays après une déroute complète (4o-43).

Savaric, évéque d Orléans , meurt après environ i'6 ans depiscopat ( 21 ).

Eucher, évèque d'Orléans, et natif de cette ville, ayant défendu trop courageusement les droits et les possessions de féglise , est relégué à Cologne par ordre de Cnarles-Martel, maire du palais (64)-

Saint Eucher meurt après avoir été pasteur de l'église de cette ville pendant 10 ans; c'est lui qui prétendit avoir vu brûler dans les flammes éternelles Charles- Martel , maire du palais, qui l'avait tait exiler à Cologne (21-43).

Bertin , évêque d'Orléans , meurt dans cette ville après

un épiscopat de 5 ans environ (21).

Childéric III , dit l'Insensé , 22^ roi de France , est dépossédé, tondu et relégué dans le monastère de Saint-Bertin , en Artois , sous le pontificat et de l'avis de Zacharie, pape. Les grands du royaume, sousl influence de Pépin, fils de celui qui avait été maire du palais sous Dagobert II, assemblent un parlement ou états-généraux qui.portaient ce nom , à Soissons, pour dégrader ce pauvre roi Childéric, dernier de la première race, laquelle avait duré 332 ans, sous 22 rois, en ne comptant que ceux de Paris, et 36, si l'on y ajoute ceux de Neustrie.) de Soissons et d'Orléans (43).

Sous cette première race, la férocité qui régnait dans les iiKviirs des prinrçs formait le caractère de la nation ; les meurtres, les parricides mêmes étaient un degré qui élevait aux premières charges j le mépris des lois fit toml>er

le» Fran^» dan» «ne espèce d'anaichie , et le royaume fut comme au pillage (43).

A I égara du caractère de la nation en particulier , le Françai»étahJ[a]oux de sa liberté et de son indépendance ; impétueux. Taillant, toujours prêt à revendiquer ses droit» à main armée; mais d'ailleurs généreux^ se piquant de prr^ité , plein d'-attachement et de fidélité pour letaf . Quant aux mœurs elles tenaient encore beaucoup du paganisme, même dq[>uis mie les Français avaient embrassé M christianisme; car le divorce, Imceste, la polygamie étaient toléré parmi eux (43).

On ne connaissait que deux sortes de biens : tes béné* fices et le» alleux ^ les bénéfices étaient les terres considérables que lesrois mérovingiens avaient acquises par leur» conquêtes; le» alleux ou terres safiques étaient ce que ïon tenait par succession de ses pères et celles que le propriétaire avait acquises.

Les armées n'étaient , comme nous Favons déjà dit, que de rinfimterie composée de divers corps que fournissait chaque province*

Les assemblées du mois de mars se tenaient en rase cam» pagne, le i^' de ce mois. Çétaient comme des états-£;énéraux ; on les appelait parlemens»Tous les sei^eurs^ ducs ^ comtes, évé^ues, et abbé» j étaient convoques ; le roi dan» ces assemblées était placé sur un siège sans dossier, revêtu de ses habits royaux et un sceptre de toute sa hauteur à la main ; on y nommait les tuteur» des rois et les régens du royaume ; on y fiiisait le procès aux seigneurs qui avaient manqué à leur» devoirs»

L'année commençait alors en France le i^' mars , à l'époque de ce» assemblées^

Sous cette première race , le roi et les princes portaient le» cheveux très-longs; le peuple était complètement rasé.

Pépin , dit le Bref ou le Petit, vingt; troisième roi de >»n7M. France , âgé de 38 ans , est élu par les États assemblés à Soissons, le i*^ marsw II fut le premier de la deuxième race dite des Gaiiovingiens, et le premier maire du palais qui porta le nom de roi , dont il avait le pouvoir depuis loDg-tempsw

L inauguration des rois de la première race, qui se faisait simplement en les élevant sur un pavois ou bouclier, et en les promenant autour du camp, fut changée sous le nouveau roi. Péj^in y njouia, comme Çlovis, fa cérémo-

nie du sacre, en se fiiisant oindre ou bénir d'une huife sainte, à la manière des Jui(5..Ge fut autant par politique que par religion. Des sens habiles lui firent entendre qu'il ' en serait plus vénérable, et que loin de le regarder comme un usurpateur, tous l'honoreraient après son sacre comme un prince donné de Dieu. Presque tous tes successeurs l'imitèrent à cet éeard. Pépin reçut donc cette onction dansla cathédrale de Soissons, des mains de Farchevéque de Mayence, qui le couronna en même temp que ses deux fils Charles et Carloman.

Ce fut aussi le premier qui se mit sur un trône pour tenir sa cour. Ce trone était placé sur un théAtre, à la vue de tout le monde; le prince 8*7 asseyait revêtu de l'habit royal , portant un sceptre à la main et une couronne sur la tête. Le trône ou siège du roi n'avait ni bras, ni dossier; l'habit royal était un manteau carré , bleu et blanc , long par devant jusqu'aux pieds, traînant beaucoup par derrière, et descendant sur lés côtés à peu-près jusqu'à la ceinture. Le sceptre ou bâton royal était une palme , la icouronue était un bonnet fiiit à peu-près comme une mitre , autour duquel le nom du roi éf^t écrit en gros caractères formés de petits clous d'or.

Pépin réunit toute la monarchie , et Orléans ne fut plus qu'une des principales villes du royaume. 7H, Adalin, evêque d'Orléans, meurt après environ 6 ans d'épiscopat (21).

» atrii m Mort du pape Etienne III, romain. Cest ce pape qui , le jour de son exaltation, se fit porter sur les épaules : cet usage s'est perpétué jusqu'à nos jours (3i-53).

Froid excessif et rigoureux : la mer Noire gela à une profondeur de 3o coudées sur une étendue de 100 milles.

Ttk. La reine Berthe , femme de Pépin , arrive à Orléans , où elle fut reçue avec une grande pompe. Cette princesse resta dans la ville quelques jours , y fît de grandes largesses , et en mirtit pour se rendre à son château de SuUj.

m. Constantin y , Copronyme , empereur d'Orient , envoie en présent au roi de France , Pépin , un buffet d'orgues : ce fut le premier connu en France (3i). '

m. Assemolée des états-généraux du royaume à Orléans , par ordre du roi Pépin qui y vint lui-même pour délibérer sur la suerre quil voulait entreprendi'e de nouveau contre Gaïire, duc d'Aquitaine , qu'il avait déjà combattu avec succès (21-4 3}.

La salle des états fut construite daiîs le faubourg Saint* Marceau , du côté sud de la Loire , à peu-près dans le même endroit où ils aYaient été tenus en 066 (64).

Saint Daniet , natif d*Orléans , meurt dans cette ville ; m w son corps fut emporté à Avigncm et enterré dans une église qui Dorta son nom (6^ .

Mort de Pépin , à 1 âge de 54 ans.- ai erpt. tus

Gharlemagne lui succède à Fâge de 3o ans (43)- ^ Les m<Hnes de Saint-Aignan s'étaient relâchés à un tel ^• point ou*ils sont supprimés par Nadatime, évèque de cette ville, aaprès favis cU Gharlemagne ; ils ftirent remplacés par des chanoines qui vivaient en communauté , et le lieu qu'ils habitaient était appelé monastère; cependant ils . n'étaient obligés à aucuns vœux ^36-64}*

Gharlemagne fait rebâtir l'égbse de Saint-Ai^an dOr- • léans, et lui donne en même temps toute justice sur les terres du domaine de l'église. Ce roi , selon la coutume qu'il availflorsqu'il fiiisait bâtir quelque église, donna aux âianoines qui la desservaient une lettre d'or ou médaille de la valeur de 100 liv. , où était inscrite l'année de sa fondation.

Gharlemagne autorise les chanoines de Saint-Aignan w. d*Orléans à être membres de l'Université de cette ville et à jouir des droits attachés à ce 'corps, qui dès-lors était en grande réputation.

Gharlemagne ordonne, par un capitulaire , que par tout ^* son royaume il ne fût plus chanté dans les églises que le plain-chant grégorien (43)*

Nadatime, évéque d'Orléans, meurt après 16 années de siège (21).

Gharlemagne est le premier roi de France qui , dans ses capitulaires, se soit occupé des levées et turcîes qui bordaient la Loire , et c'est de cette époque que datent les travaux qui ont été fidts à Orléans, tant du côté du Portereau que de la ville, pour contenir ce fleuve dans son lit.

Gharlemagne accorde à l'église de Saint-Aignan six vaisseaux ou grands bateaux sur la rivière de Loire et fleuves voisins , pour apporter de toutes parts les choses nécessaires pour la subsistance des chanoines, sans payer aucun tribut par toutes les terres de leiur obéissance (64).

Une femme d'Orléans ayant vendu sa liberté et celle de ^

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se& trois enfaos à Saint-Aignan, fit dans cétte église la cérémonie usitée en pareille circonstance : c*était de s'attacher le cou aux cordes des cloches en signe de servitude et pour marque de la tradition des personnes faite à Téglise (36) C). ^ ^

Gharlemaffne fieiit une ordonnance pour empêcher les personnes libres de s'abandonner, sans sa permission, à la servitude sous le prétexte de servir Fé^lise; ce qui avait encore lieu malgré la défense de ses prédécesseurs, lion pas tant par un motif de religion que pour éviter d'aller à la guerre (43).

779. Charlemagne vient par dévotion en Téglise de Saint-Aignan d'Orléans i pour obtenir (à ce que <£sent les anciennes chroniques) le pardon d'une fiiuie dont il ne voulait faire l'aveu à personne (64-8o).

Foulques fut le premier abbé-chanoine de Saint-Aienan d'Orléans connu sous le règne de Charlemagne. Cet aobé^ d'après la volonté du roi , nxa le nombre des chanoines à 669 ni plus ni moins (36-64)

Charlemagne donne à Fégme de Saint-AJgnan d'Orléans rîle qui est dans la rivière de Loire, vis-à-vis de Saint- Loup , qu'on appela depuis Ile-Charlemagne (64).

m Charlemagne, pour arrêter la hardiesse des faux monnoyeurs, supprime tous les hôtels des monnaies de France pour en établir un seul dans son propre palais : en conséquence, la ville d'Orléans, dans laquelle on battait monnaie depuis l'origine de la monarchie, vit supprimer celui qui y existait (4û-64)*

(*) Ex actis Monasterij f^indorinensis — « Noncrit omnis cœtus Cœnobij Vindocinensis quxM. Rainaldus Monachorum (amulus , cum esset vir ingemnis recognosoenf quod Mcmadionini fimnalatai à paero altns

(>tnutritu8 fuerat, et omnia quœ habebat sub coruni doiiiiiiio acquisierat obtulitDoo rt Sanctx Trinitati omnia sua , atquc semetipsuin ad seruum eligensmaj^is cssc scruus Dci quam liber scculi , lîrniitcr scicnsetcredcns , quod seraire Uco regnare est, suramaquc ingcnuitas sit, in qua scriiitu» comprobatur Christi , quod prins cpiidcni fccit in Capitule , ac di inrcps in Mouastcrio inuolucns luxUi raorem , coUum suum corda siyni , corainteslibus subscriptis, etc. Factura hoc anno 1036. 6. Idus Martis. »

{**) Ex tabxdario ecclesiœ SancH Aniani. — Charta KareU itagni. « KarolusG.D, R. F. et Longobai-dorum . ac Patricius Romanorura. Compcriat omnium (ideliura solertia, quia Fulco Abbas Monasterij S. Aniani, postulabat, vt stipendia et res prsefati Monasterij Qmonieiê attrilnitea, auctoritatis pnteepHo ipns Cammieiê perpétue possidendas et ordinanda» confirmarcmus. Ni/viern.s Cnnonirorum ciusdcm Monasterij vitra oilraque sexayeiiarium numcrum non progrcdiatur aut raiuuatur. m (Cette charte est sans date , et il parait seulement quehpics fragmeni de 'iccl. )

Sanson , duc d'Orléans , assiste Charlemagne dans lu 774guerre que ce monarque fait contre les Sarrazins qui étaient entrés pour la seconde fois en France^et que le roi vainquit près la ville d'Agen (64).

Ce Sanson épousa la sœur de Richard, duc de Normandie, lequel en mourant laissa deux fils, savoir : F^rnes, qui lui succéda au duché d'Orléans, et Kaho, qui fut qualifié du titre de comte de la même ville, par Charlemagne, quelque temps après, en 792 (38-64).

Le titre de duc qui existait dès la première race des rois de France, était de deux sortes sous Charlemagne: les nus tenaient les villes et terres, et étaient héréditaires comme celui d Orléans; les autres étaient des conmiandans de tout un royaume, tant pour les armes que pour la justice, comme ceux d'Aquitaine, de Bourgogne, etc. (38-64).

Charlemagne couronne Louis, son fils puîné ,' roi d Ans- tsi. trasie; mais comme cet enfant avait à peine 3 ans, il l'envoie à Orléans, sous la tutelle d'Arnould, gouverneur de cette ville (64).

Déothine , évêque d'Orléans , meurt dans cette ville , îml après en avoir gouverné l'église pendant environ 12 ans (21).

Guibert , évêque d'Orléans , meurt après environ • 5 années d'épiscopat.

Théodulfe, évêque d'Orléans, chasse du monastère de Saint-Mesmin, des séculiers qui s'y étaient établis lorsque ce monastère avait été pillé par les Visigots; il demanda des reliques à saint Benoît d'Arriane, qui lui en envoya et rétablit la régularité dans le monastère de Mixi-les- Orléans ou Saint-Mesmin (6-7).

Théodulfe , évêque d'Orléans , par un capitulai re 7*». adressé à tous les pasteurs de son diocèse, les exhorte à envoyer leurs neveux aux écoles de l'église de Sainte-Croix, à celle de Saint-Benoît, de Saint-Liphard , et à celle du monastère de Saint-Aignan et autres dont il était le directeur (64).

Il fit, pour l'instruction des gens de la campagne, un article particulier qui porte que les curés des bourgs, villages ou hameaux situés dans l'étendue de leurs paroisses, tiendront ou feront tenir des écoles, afin que les enfans puissent apprendre à lire et les premiers éiémensde la religion , sans aucune rétribution , mais uniquement par esprit de charité. 11 créa aussi un théologal chargé d'ensei-

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lOjallMtn.

Ml.

gner la science qui a Dieu pour objet , £t un scolastii^ue pour diriger les études.

llidio , comte d'Orléans, fils de Sanson , qui avait été duc d'Orléans, non apanagiste, est élevé à cette dignité de conjte par Gharlemagne, pour le récompenser des bons et loyaux services rendus à sa personne royale. Ce Kalio fut ennemi irréconciliable des moines de St-Benoît sur-Loire, qui l'excommunièrent diverses fois, sans en avoir l'autorisation du pape Adrien 1**^, auquel ils l'avaient demandée plusieurs fois inutilement (64-38).

Les chanoines de Sainte-Croix d Orléans cèdent à des religieuses qui se consacraient à l'éducation des jeunes filles , un emplacement au sud et près leur église , pour y bâtir une chapelle ou oratoire, sous le nom de Notre- Dame- des- Filles ( Sancta Maria Puellarum ) , parce qu'aux jours de la féte de la Vierge, les jeunes filles de la ville devaient s'assembler dans cette petite église pour y faire leurs dévotions et y faire chanter une ^rand'messe pendant laquelle elles offraient des pains à bénir.

Dès ce moment, le premier nom de Notre-Dame- de- Bonne-Nouvelle, que lui avait donné son fondateur en 64 1, fut changé, et l'oratoire qui avait été élevé à cette époque , fut relevé de ses ruines (64-8o).

Cet emplacement avait été acquis par les chanoines de Sainte-Croix à l'extinction de ceux de Bonne-Nouvelle , qui y avaient été établis dans Torigine (64-80-21).

Charlemagne, empereur et roi de France, fait bâtir a Orléans, pour les religieuses de Sainte-Marie-le-Puellier, un monastère près l'oratoire ou chapelle de Notre-Dame, qu'elles possédaient devant Sainte-Ooix, au sud (64-80).

En travaillant aux fondemens de ces nouveaux bàlimens, on découvrit les ruines d un ancien temple ou château romain (21).

Charlemagne reçoit du roi de Perse, Aaron , un superbe éléphant, appelé Abulabaz; c'était le premier qu'on eut vu vivant en France (3i\

Théodulfe , évèquc d Orléans, qui avait été abbé de Saint-Mesmin , ordonne aux ecclésiastiques de son diocèse de ne souffrir en leurs maisons aucune femme, pas même leurs mères ou leurs sœurs, d autant que les autres femmes, qui ne sont pas leurs parentes peuvent venir dans leurs maisons, soit pour les voir ou autres occasions, ce qui pour-

rait les altirer à pécher; il ne leur permet de se faire servir que par des huinmes âgés et non par de jeunes gens imberbes (64).

Il ordonne aussi que tous les prêtres aient à s'abstenir d aller aux tabagies pour boire et manger avec les premiers venus, comme cela avait eu lieu jusqu alors à Or- . léans.

Théodulfe est appelé à Aix-la-Chapelle par Tempe- aj«i»»icf 814. reur et roi Charlemagne, qui y était dangereusement malade, pour y signer avec 9 autres évêques de France, quelques abbés et plusieurs seigneurs de la cour , le testament de ce prince , par lequel il dispose de ses meubles en faveur de legliso , des pauvres, de ses enfans et serviteurs (6-43).

Mort de Charlemagne, empereur d'Occident et vingt- 28i*iUi*r su. quatrième roi de France, dans son palais d'Aix-la-Cha- ^ pelle (43).

Orléans doit à sa munificence la presque reconstruction de Saint-Aignan (la première église) et de plusieurs autres églises et couvens , ainsi que plusieurs privilèges et dons considérables accordés au clergé de cette ville (43).

Au milieu des ténèbres épaisses qui couvraient son empire, il voulut faire régner les arts et les sciences; il ramena de Rome, où il mt couronné empereur d*Occident, par le pape Léon III, en 800, des maîtres de grammaire et d'arithmétique; il les dispersa en difîérentes villes de son royaume , et il établit partout des écoles. •

Charlemagne recueillit bientôt le fruit de ses instructions, car les historiens remarquent qu'il était éloquent,

2uil s'exprimait «Yec fadlité , qu il parlait le latin aussi ien que le tudesque qui était sa langue naturelle, et qu'il entendait aussi bien le grec : il étabht dans son propre palais ime bibliothèque et une académie.

Lorsque Oiarleina^e monta sur le trône, le peuple de France était si adonne à Tivrognerie que ce monaroue fftt obligé d'ordonner qu'à l'avenir, ceux j[ui se prenoraient de Tm seraient excommuniés et réduits à boire de l'eau trois ou quatre fois par semaine.

Ce roi, par un gouvernement et des lois équitables, tira en quelque ^rte sa nation du chaos où elle se trouvait; c'est lui qui, à la fin de chaque assemblée du mois de mai^ en fit rédiger les décisions sous le nom de capitulaires» Qn

n des preuves indubitables que la puissance IçgislatiTe ré* ttdait alors 4ans le corps de la nation , et les capitulaires disent positivement aue la loi n*est autre chose que la volonté de la nation puoliée sous le nom du prince.

Sous ce roi il j avait une coutume bien extraordinaire qui se conserva encore long* temps après : c'est que les biens des églises entraient alors dans le commerce comme les biens de fiimille : on voit dans les cartulaires ou recueil de chartes , les vases d*églises , autels, les dpcbes, omemens, calices, croix, chasses et reliques en faire partie ; mariait-on une fille , on lui donnait une cure dont elle affermait les dîmes et le casueL

De ce temps , les autels furent <xmstruits en pierre , au lieu de bois simple ; ils furent ornés de sculptiwes recherchées dont le goût et les dessins avaient été apportés dltalie.

Gbarlemagne fîit le premier des rois de France qui parvint à ce que les grands consentissent à laisser en* trer le peuple dai^s le Cbamp-de-Mai qui, par là, devint une vmtable assemblée nationale; il régla que chaque comté députerait à ces états douze representans choisb parmi les citoyens les plus notables de chaque ville; il fit tous ses efforts pour rendre à ses sujets une partie des droits que ses prédécesseurs avaient eu la fidblesse de leur laisser enlever par les seigneura.

Ce règne doit être mis au rang des plus grandes époques de Thistoire de France. La prospérité des villes du royaume et le bien-être des habitans étaient dus aux lumières et à 1 amour de ce prince pour ses sujets.

FIH DB LA PRBMIÀBB ÉFOQVE.

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