‹ Recherches historiques sur la ville d'Orléans (volume 2)Chapitre 15 sur 25 · J. MILET · texte numérisé non relu

J. MILET

» Ausquelles lettres cy dessus transcriptes estoient atacliées unes lettres de Messeigneurs les Trésoriers et Gouverneurs Generaulx de toutes les finances du Roy notre Sire , en France et en Normandie. Soubz l'un de leurs signez, et en la marge d'embas, estoit plaqué sur cire vermeille ung autre de leurs signez contenant ceste forme :

« De par les Trésoriers et Gouverneurs Généraux de V toutes les finances du Roy notre Sire , en France et en w Normandie; Pierre Surreau , receveur gênerai desdites " finances de Normandie, par vertu des lettres du Roy, >. ausquelles ces présentes sont atachées, soubz l'un de » nos signez , nous vous mandons et enjoignons que le con-

tenu es dites lettres vous accomplissez ou faites accom- » plir de point en point, selon la teneur, par tous les offi- >» ciers prenant gaiges et pensions par votre main et par >. les vicontes et receveurs tant de domaine comme d'ai- « des et par les grenctiers des greniers à sel , et autres »» quelconques faisant fait de receptes ou païs de Nor- « mandie, et autres lieux dont auez la charge, tout ainsi >» et par la fourme et manière que le Roy notre dit Seif gneur veult et mande par ses dites lettres.

>» Donné à Paris , le dix septième jour de mars , l'an >' mil quatre cent vint et huit.

» Ainsi signé : N. de Bailly. »

» Et nous ad ce présent transcript auons mis le scel de ladite preuoste de Paris, l'an et jour premiers et devant diz.

« Ainsi signé : M. d'Auvergne , avec paraphe. » ( Sur le replis est écrit : Collation faite. — Le sceau est tombe) (i4)'

La ville de Montpellier envoie à celle dOrléans quatre Ma.; arbalètes d'une si grande dimension qu'elles pesaient chacune plus de loo livres ; et la voiture en fut payée à Jehan Martin, voiturier, 90 livres (9-59-60).

La même ville y ajouta aussi cinq balles de salpêtre et de soufre, pesant sept cents et demi (jSo livres); il fut payé pour chaque ceut un mouton d'or ( pièce de monnaie qui valait 44 sous) (4-6o).

Le comte de Salisbury, général anglais, qui marchait w.oatuM. sur Orléans , fait assaillir la petite ville de Janville , qui fut obligée de se rendre , malgré la belle résistance des habitans.

urufu 1428. ^ B«dfort , régent de France pour le roi d'An-

gleterre, qui possédait toute la partie-nord de Franœ^ envoie une portion de Fàmiée anglaise , sous les ordres de Salisbury, pour inquiéter les environs d'Orléans, danslmtention d en fiûre le siège sitôt que les renforts quil attendait seraient arrivés, voulant, par la prise decetle Tille^ s'emparer du midi dé la France (43).

swpiwuk. 1428. Raoul de Gauoourt, gouverneur d'Orléans, fiût fout disposer pour mettre la ville à même de résister aux Anglais , en complétant les moyens de défisose que l'on pré" parait déjà depuis plusieurs années.

U renouvela le dénombiement des hommes en état de porter les armes, comme cela avait été fait en i4i3> il parvint à réunir environ 5,ooo citoyens choisis ; mais il vit par la suite que les femmes, les vieillards, les enfans, les ecclésiastiques, les élèves de TUniversité , enfin toute la population d'Orléans, étaient animés d'un patriotisme si ardent, qu'il pouvait en attendre les plus éniinens secour» et les plus grands sacrifices (8- 1 3).

s Mpicn.. 1428. gouverneur Raoul de Gaucourt ordonne aa& habitans d'Orléans de faire des provisions dannes et de vivres; il renouvela les deux sentinelles placées sur les tours de Saint-Pierre-Empont et de Saint-Paul (l'ancienne), en leur adjoignant plusieurs aides pour veiller jour et nuit^ afin de découvrir ce qui se passait autour de la place.

4 '»pt luh. ua. Orléanais , d'après l'ordre qu'en avait donné

Charles VII, en avril i^ig, n'étant encore que Dauphin, sortent, sous la conduite de Raoul de Gaucourt, pour disposer les approches de la place et détruire encore une fois toutes les églises, les couvens, maisons ou autres conh structions qui pouvaient aider les ennemis à se loger près

de la ville; en conséquence, les éghses de Saint-Aignan, Saint-Euverte , Saint-Pierre-en-Sentelée, Saint-Laurent et toutes les autres qui étaient hors la ville furent détruites, et le terrain, h plus de deux cents toises des fortifications ^ fut garni de pieux et de chausse-trapes.

Les Orléanais s'imposent volontairement ; le clergé, les docteurs de l'Université et leurs élèves donnèrent de l'ar- .« gent. On permit aux marchands Xnppetissement sur les vi ns

et boissons, cest-à-dire la diminution d'un douzième sur la quantité, sans rien changer au prix ; on mit aussi un emprunt de deux sousporisis sur toutes les maisons couvertes

en ardoises ou en tuiles, et i sou parias sur ceHes qui 1 étaient en ehaumei il fut défendu au cabaretiers de * vendre d'autre vin que celui d'Orléans, et les boulangers forains , appelés bemassiers , eurent la permission de Tendre du pain sur le pont et dans les rues, avec promesses. d*aToir une prime , à leurs marchés étaient toujours bien, fournis (8-9-1 3).

Leshabitans de Meung^sur-Loire envoientvers lé comte s HytaHA. m». de Salîsbury, et ils liyrent le pont , le château et la ville aux Anglais. Cette trahison fut très-préjudiciable aux Orléanais, par Favantage que les ennemis en retirèrent, en faisant leur magasin général dans cette place.

Charles VII connaissant Timportance d*Orlëans , donne «icptak u(tKtordre au bâtard d'Orléans aaller se jeter dans cette place avec un convoi de vivi'es et plusieurs seigneurs de sa . cour {i'4^).

Jean , bâtard d*Orléans , était fih naturel de Louià dé France, duc d*Orléans, qui avait été assassiné dans Paris le 23 novembre 1407 , par ordre du duc de Bourgogne. Jamais en£intne donna de plus ^^ndes espérances, et lorsqu'à la mort sanglante de leur pere il parut avec ses frères légitimes , il les effiiça tous. Valentine de Milan, leur mère, n'avait pu s empêcher de dire que cet enfant serait^ celui qui saurait le mieux venger la mort de son père. Ce prince, qui avait à cette époque environ vingt-quatre ans, avait déjà fiiit huit campagnes, et aucune exécution hardie ne s était passée sans qu'il n y eût contribué (i3-43).

Les Orléanais volontaires et quelques troupes de la gar- tMpi«Mk. h». nison sortent de la ville par la porte Parisis , pour aller audevant d'un convoi qui leur arrivait ; mais ayant appris que les Anglais , dont une division rodait de ce côté , s en étaient emparés, ils sarrétèi-entà la Croix-Fleury, plus loin que leglise de Saint-Vincent-des-Yignes , et revinrent sur leurs pas (9-1 3).

Les habitans d*Qrléans font une sortie où ils furent re- ui^pir»: nu. poussés par les Anglais : le seigneur de Montpipeau, le sieur Dorval, Jean Strauie y fuirent tués, leurs corps furent rapportés dans la ville , et on leur fit un sentice dans Sa! n te-Croix.

Les religieuses de la communauté dé Voisins , près u«-piom. 14». d'Orléans, abandonnent leur couvent et parviennent à se réfugier dans la ville; elles allèrent habiter la maison

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quelles aTaîeni fisiit établir, cloître Saint-Pierre-Erapont , en i4'7» poui" leur servir de lieu de refuge (8-64).

UMpitn.im. Le connétable de Richemont s*étant retiré de la cour, attendu les di if e rends qu'il avait eus avec le roi , ce dernier cliarge le bâtard d'Orléans de marcher au secours de Montargis que les Anglais assiégeaient. H assembla tout ce qu'il pût trouver de gens de guerre, sans trop dégarnir les places exposées, et soutenu de Lu Hire, Poton de Xaintrailles et autres seigneurs, il attaqua le quartier du comte de Suifulk, le i5 septembre, tailla en pièces plus de i,5oo hommes; il délivra Montargis, ranima le courage des Français et se dirig^ea sur Orléans, comme il en avait reçu Tordre de Cbarles VIL C'était la première fois que le bâtard d Orléans commandait en chef. Parmi ceux qui suivaient le prince, un prêtre, nommé Cerquenceau , se distingua par sa bravoure. Cet ecclésiastique commandait un corps de troupes et se servait d'une massue en fer , avec laquelle il assommait ses adversaires, attendu que les lois de son état lui défendaient de répandre le sang humain (ï)4-i3).

i7MpiMi. I4S8. Les religieuses de Saint-Loup viennent se réfugier à Orléans, dans une maison qu'elles possédaient, en face de f église de Saint-Germain , où elles restèrent tout le temps du siège j)ar les Anglais (8-21-64V

L'église de Saint-Algnan ayant été détruite pour la troisième lois , les chanoines viennent célébrer leurs offices dans léglise de Saint-Germain, en ville (8-64-80).

i«r ocioive 1438. Le bâtard dOrli'ans, avant de faire son entrée dans Orléans, marche sur la ville de Châteaudun , qui avait été prise par les Anglais. 11 s empara de la ville, située dans le pays Dunois. Cette affaire, très-glorieuse pour ce jeune guerrier, lui fit donner, par le roi Charles Vil , le titre de comte de Dunois, qu'il conserva jusqu a sa mort et qui passa à sa famille f:>-4^V8).

a octobre uî8. .lean de la Poule, capitaine anglais, s empare du pont de Jargeau et fait battre la ville qui se rendit, la place étant très-fail)le (8-80^.

6 orioi.rr u.s là, il Se j)orte sur Châteauneuf, et s'en rend le

maître sans trop de résistance.

7oci«Lr«i4â^. Procession générale et solennelle faite à Orléans, pour implorer le secours du Ciel et la protection du saint patron de la ville. On offrit à saint Aignan , une rouelle de cire de iio livres pesant; le corps de ville nayant pu, vu ses excès-

•ives dépenses , acheter au-delà de 34 livres de cire , deux riches particuliers d'Orléans, Guyot de Mareau et Jehan Youlon f fournirent les 76 autres livres.

Cette rouelle faite en forme de pain-béni, était portée par des habitans ; il y ayait tout autour de petits cierges allumés, et au milieu deux étendards aux armes de la TÎUe. Cette procession sortie de Sainte-Croix, fit intérieurement le tour des murailles (9-1 3)*

Jean de la Poule se porte rapidement sur Saint-Martin- • «nd» tm. du^Loiret (Olivet) et y prend de force ses logemens, en repoussant la garnison sur Orléans (9-8-64).

Le comte de Salisbuiy, général anglais, étant revenu «s Miébi«i4i», d'Angleterre avec 6,000 hommes, rassemble une forte ar> niée, composée de plus de 10,000 soldats; il s'empare de plusieurs places et parcourait toute la partie sud de TOrléanais, lorsqu'il parut à la vue d'Orléans, le 12 octobre, sur la rive méridionale de la Loire (9-1 3-4 1).

Les Orléanais, à l'approche des Anglais, se retirent dans la forteresse du pont, au sud de la ville, appelée les Tourelles, après avoir mis le feu au couvent et à léf^^lise des Augustins , ainsi qu'au faubourg du Portcreau, dont les maisons en bois furent en peu de temps toutes eu flammes; par cette résolution, ils arrêtèrent les ennemis à une certaine distance et eurent le temps de compléter leurs moyens de défense.

Les Anglais sont forcés de sarrèter et de rester dans l'inaction à distance du faubourg pour attendre la fm de l'incendie \

Les Orléanais se bâtent d'achever le hoidounrd on avant des Tournelles. Ce boulevard était formé, selon J usage de ce temps , de fagots fortement liés les uns aux autres et soutenus par de gros pieux profondément enfoncés dans le sol; les intervalles étaient remplis de terre et de décombres entassés; la population entière de la ville, hommes, femmes, vieillards, enfans, travailla à ienvi, afin d aider la garnison, qui était alors à pc^ine de 2,000 hommes, nombre qu'elle conserva, à peu de chose près, pendant tout le temps du siège , les pertes et les secours se balacant (8.9-1:5-41).

Dunois lait son entrée dans Orléans. Il revenait de ChA- Uoctou* t43tr teaudun , d'où il avait chassé les Anglais : il arriva par la porte Renard. Il était suivi des prisonniers qu'il avait laits

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à Montargis, à Châteaudun et au Mans, de 800 hommes

d*armes, d'un convoi, et surtout des seigneurs français , Jean de Boussac, de Sainte-Sévère, Chabanne, La HirCi Lafayette, Poton de Xaintrailles, du prêtre Cerquenceau , et autres capitaines. 11 avait à peine vingt^cinq ans à cette époque (8-9- 1 3-4 1 -43).

Les bourgeois d'Orléans s'assemblent pour envoyer des députes à Paris, près le duc de Bedfort que le roi d Angleterre avait nommé régent du royaume de France , et lui représenter que les princes de la maison d'Orléans, qui étaient prisonniers en An gleterre,'n'avaient pu rien faire qui autorisât à les dépouiller de leurs places. Ils demandaient que la ville fut mise en séquestre entre les mains du duc de Bourgogne , allié de son roi> pendant toute la durée de la guerre (8- 1 3-4 1 -4 3).

Dunois permet à Poton de Xaintrailles de se joindre aux députés que les Orléanais envoyaient au duc de Bedfort, pour y appuyer la demande de ces zélés citoyens; il le charge de présenter ces députés au duc de Bourgogne (8-9.13-41.43).

Wa DM LA DZUXIÂIIS EPOQUE.'

TROISIÈxME ÉPOQUE.

I E comte de Salisbury ayan t j ugé que le manque de vî- u «ctoLn- u».

Très, plutôt que la force, le rendrait maître de la "«"^^

Willêf fit commencer les travaux de circonvallation , pour empêcher qu aucun conroi ni aucun secours pût y entrer: malgré les nombreuses sorties et les attaques des Orléanais j ces travaux furent exécutés (8-i3-4i}*

. Les Anglais établirent au Portereau une forteresse sur is onoiue a», les débris du couvent des Augustins, dont ils employèrent ^"^'^ les matfériaux à cet usage. Ce tort était devant le boulevard des Tourelles du pont , et n*en était alors séparé que par un chemin assez étroit (i3>).

Ils appelèrent cette forteresse des Augustins du nom de Londres (8-54-65-67).

Les Anglais s emparent du couvent de Saint-Loup , que les dames religieuses avaient abandonné pour se retirer dans la ville; ils y élevèrent une forteresse an milieu de laquelle ils laissèrent subsister 1 église de la communauté ; ils conservèrent à cette forteressele nom de Saint-Loup.

Les Anglais établirent une batterie de canons entre Saint-Jean-le-Blanc et le Portereau. Ces canons, appelés' passe^folant ^ lançaient des pierres du poids de 8o livres et plus: une délies tua une &mme, à la poterne Chénau , dautres endommagèrent plusieurs maisons voisines, ainsi que 1 église de Saint-Donatien (9-1 3).

ils mirent aussi en batterie des bombardes (canons

Luiuli*

courts) qui jetaient des pierres d'un volume extraordinaire qui pesaient 116^ i^i et même 180 livres (8-9-13). is.ictGbM U,», Les douze moulins à eau qui étaient placés près de la Tour-Neuve , sont détruits par les boulets en pierre que les Anglais lançaient de leurs batteries de Saint-Jean-le-Bianc : ce qui força les habitans d'Orléans à fabriquer des moulins à bras et à cbevaux , qui leur furent trè^utiles tout le temps du siège (8-9-13).

I9opiobroi428 Les Anglais portent des forces au couchant de la ville et détruisent entièrement le couvent des Grands-Carmes, hors des murailles, dont une partie avait été conservée par les Orléanais, lorsqu'ils avaient ruiné les ikubourgs de la place (3-9- 1 3-4 1).

Les Anglais terminent leur troisième grande forteresse sur les ruines de Saint-Laurent-des-Orgerils, au couchant d'Orléans, ils lui donnèrent le nom de Windsor. Cette construction compléta leur moyen d attaque, et en partie la ligne de circonvallation , qui consistait à cette date en trois grandes forteresses, cinq bastilles ou^ou/oi/or^^ et une batterie de canons ainsi placés :

Saint-Laurent, appelée Windsor (67).

Grandei finUnnes : \ Saint-Lo"P , feubourg Bour-

^ gogne (67). Les Augustins , appelée Londres (54-65-67).

A Saint-Privé.

Sur la petite île dé Charlemagne, devant la Madeleine.

Bastilles ûu boulonards :( A la Croix-Boîsee ou Buisée.

Au Champ-Tuiçin, route de

Chateaudun.

Du Pressoir -Ars, appelée Rouen.

Batteries de canons et i A Saint-Jean-le-Blanc , vis-àhombardes, \ vis la poterne Ghénau (43).

Tous ces boulevards, bastilles et forteresses étaient solidement faits en bois, en pierres ou en terre. Les troupes passaient de la forteresse Saint-Laurent à la bastille du Pressoir , appelée Rouen, à couvci i du ieu de la

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place , par le moyen des tranchées faites dans le terrain (8-9-i3-4i).

Les Anglais établissent un cimetière sur la place çjiù , « plus tard , porta le nom de Champ-Carré , au nord d Orléans, près de Saint-Vincent-des- Vignes. Nous pensons que le nom de Champ-Carré a été donné à cet endroit^ parce ^ue le lieu de sépulture des Anglais était entouré de barnères ou piquets qui fonnaient sans doute vn carré parfeît (8-9-77).

£b idSp, un autre dmetière avait déjà été étaW par eux dans 1 endroit où se trouvent présentement les fossés de la ville, vers Saint-Marc. ( F'oir page i56.)

Les Orléanais font une sortie par la porte Renard ; ils «MtoM* um; passent devant les ruines du couvent des JGrands-Garmes , ^"^^ pour aller déloger les Anglais de leur bastille de la Croix- Boiiée ou Buisée ; mais les ennemis ayant reçu des secours de leur forteresse de Saint-Laurent et des autres postes environnans, les Français lurent repoussés par les Anglais avec tant de vigueur, que plusieurs de ces derniers entrèrent péle-méle avec eux dans la ville et se cachèrent derrière la petite chapelle de Saint-Eufroj, non loin des murs : ils en furent bientôt délogés et &its prisonniers. Plusieurs qui voulurent faire résistance furent jetés dana le puits d'une maison de la rue du Tabourg qui alors avait le nom de Grand*Rue. Le puits porta la dénomination de London ou Loudon, à cause des Anglais qui y avaient été précipités (8-9-1 3-4 1).

Les Orléanais mettent en mouvement leur grande ba- si liste de Saint-Paul pour écraser les Anglais qui s approchaient, afin de se loger plus près de la porte Renard (8-9-13-59-60).

Le comte de Dunois , qui avait fait fondre un grand canon, par un nommé Jean Duisj, des matériaux que lui • avaient fourni avec empressement les Orléanais , le £ûc placer entre la porte Rçnard et la Loire, dans un endroit qu'on éleva sur les murailles; il fut si bien servi , que les assiégeans en éprouvèrent un grand dommage, et furent même obligés de retirer leur poste des Grands^ Carmes, pour se réfugier dans la forteresse de Saint- Laurent , laquelle fut même endommagée par cette arme meurtrière (8-9-13).

Ce canon avait l.e nom de Chisn. Ce qui fit dire aux

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«ssiégeans, lorsqu'ils voyaient une pièce dartiilerie qui portait loin : « C'est comme le Cfiien cT Orléans , il aboie de loirij y> pour dire elle porte loin , elle s'entend de fort loin. • Ce dicton est passé en proverbe jusqu'à nos jours (91 3).

Raoul de Gaucourt, gouverneur d'Orléans, établit dans une maison de la rue des Hôtelleries, une fabrique de poudre à canons et à bombardes (i3}.

ti oriobrf 1428. Lcs Auglais, qui avaient fait passer toutes leurs forces au ** Portereau, attaquent avec fureur les Tournelles du pont d'Orléans, lesquelles sont défendues avec une grande valeur par les babitans et la garnison , sous les ordres de Dunois. Les femmes apportaient de la ville des tuiles, des graisses bridantes, de la chaux , des cendres , de la poix, des cercles de fer rouge, des chausse-trappes, etc. Les ennemis, après quatre heures d'assaut, abandonnèrent leur entreprise, iis eurent plus de 200 honunes tués ou blessés (9-i3j).

Ils étaient parvenus à s'approcher des murs des Tourelles par le moyen de galeries couvertes, après aYoir fait <les tandis pour se loger dans le fossé.

On appelait taudis , des logeniens faits sur-le-champ avec des branchages, fagots, planches, claies €n osier, sacs à terre , balles de laine, etc. (8-9-1 3\

Ln nommé Jehan Courrover, surnommé le 3ïaître-

Jean, natif de Lorraine , c{ui était en garnison à Orléans, se fit remarquer à cette atïaire d une manière toute particulière, par son grand courage et son adresse extraordinaire à se servir dune coulevrine , avec laquelle il abattait toujours deux ou trois Anglais à la fois.

La coulevrine dont ce brave honnne se servait, était moins longue et moins pesante que celles des remparts; mais elle 1 était encore assez pour être portée sur un petit chariot : il la chargeait de plusieurs balles de plomb, de fer ou avec des cailloux.

M mtikn !428. Mort du brave capitaine français Pierre de La Chapelle, qui avait été blessé grièvement à la défense des Tourelles. Son corps fut portt* avec pompe à l'église de Sainte-Croix, où on lui fit un beau service (9-1 3).

Salisbury, général anglais, envoie un grand noml)re de ses soldats piller et dévaster iNotre-Dame de Cléry : ils profanèrent ce lieu saint et apportèrent à leur camp les vases sacrésj les ornemens qu'ils y avaient volés et surtout,

à ce que dit un historien y une beUe et grosse cibehe y^enle^ vëe dans les environs d'Orléans. (Cette cloche pouyaitétre celle donnée à Féglise de Glérjr .en i3o8, par Phili[^)e*le- Bel.) {Fpir page i33.)

Les Anglais y qui n avaient pu s'emparer des-Tourdles>dtt m oriAb«« iim. pont d'Orléans par escalade , se mirent à creuser une mine sous la porte et les boulevards de cette forteresse. Ils.réusairent dans cette entreprise (8-9-13).

• Les Français sont forcés d'abandonner les Tourelles du « octobre t^tt, pont^ dans t appréhension de l'explosion de la mine que les Anglais étaient .parvenus à faire malgré eux sons les murailles de cette forteresse. Ils ne firent cette retraite qu'après les avoir en partie ruinées , et ils vinrent se re* trancher prèsde lafielle-Croix placée vers lemilieu du pont et de la descente des îles ou mottes Saint-Antoine et Poissonnière , après avoir rompu une arche en.avMit,de ce retranchement (i 3).

Les. Anglais entrent dans les Tourelles, ils en réparent m wtobr. im. le& dégâts, y font de nouvelles constructions pour les rendre plus fortes , et rompent deux arches du pont (i3).

Le jour même de la prise de cette forteresse et vers la chute du jour, le comte de Salisbury,, général anglais, voulant contempler l'assiette de la ville par une croisée qui donnait de ce coté, eut la joue emportée et le crâne at^ teint d'un coup de pienieri dont il nKiurut peu de temps après à Meung^sur-Loîre où on l'avait transporté. Le comte de Suffolck lui succéda dans le conunandement des troupes anglaises (8-9-13*43).

Raoul de Gaucourt, gouverneur d'Orléans, établit un a ■•ftiuk t4» nouvel arsenal et un magasin de poudre dans une maison entre le Châtelet et St-Hilaire, près de la voûte et de la chambre louée en mai 1420 par les procureurs de ville qui y avaient déposé lesattiraiikde guerre depuis. ce temps (9-59-60-13).

Le gouverneur nomma un officier pour faire la distribution des armes et de la poudre qui étaient renfermées dans ce nouvel arsenal ( i3-6o).

Ordonnance de Henri VI , roi d'Angleierre , relative au 6 notfmb. «as. siège d'Orléans.

« Jehan Saluani, eheualier, bailli de Rouen et de Gisors, au vicomte cLe Kouen ou a son Lieutenant vsalul. Pour la paine^ voyage ,.d£speu& et sallaire de Adenet Grosse, mes-

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sager , d'èstre allé hasthrement a i^eval , par notre coinraandeiiieot , ée cette ville de Rouen a Oroec , porter certain notie mandement ezecntoiie des lettres du Roy notre Sire, au Vicomte dudit lieu, et lettres closes de par nous à notre Lieutenant de cappitaine audit lien d*Qniec, afin que ioelluy , Vicomte, fist ciyer en sa dicte ficonlé que tous nobles et autres tenans en fief qui ont aoonstume seruir et fréquenter les armes, incontinent et sans aucun debj se missent susen armes a tel nomlire de gens qui hastioement pourroient recouurer montez, armez en notre campai gnie en la ville de Chartres , derers Monsieur le Regent de France, duc de Bedfort , pour résister it Fentre*

f>rînse des aduenaires du Roj» notre dit Sei^eur, que on disoit estre assemblez à Blois , pour le lut du siège que Monsieur le conte de Salisbnry tenoit la ville àOrleans; et lesdittes lettres closes fiiisoient mention que nostre dit Lieutenant de cappitaine fust deuers nous en la ' ville de Louviers demance ou lundi au plus tart à tout le plus grand nombre de gens quil pourroit former'pour aller en notre compaignie devers mondit seigneur le Regent pour servir le Roi , notre dit Seigneur ; duquel voyage icelluy Gosse a vaqué, tant en allant , séjournant que retournant, par quatre jours, et parti lundi denam (mot non lisible) passé ; nous , àicelluyGosse, auons tauxé et tauxons par ces présentes la somme de quinze sols tournois pour chacun diceulx jours : si- vous mandons que des deniers de votre recepte , tous paiez et deliures audit Gosse la somme de soixante sols tournois pour les quatre jours dessus dit, et par rapportant ces présentes avecques quittance suffisante dicelui Gosse ladicte somme sera aloée en vos comptes et rabatue de votre recepte ainsi quil ap-x partiendni. r » Donné a Rouen , soubs le petit scel aux causes dudit bailliage, le samedi sixième jour de novembre. Tan mil quatre cent vin^buit.

» Ainsi signe : Dubust , avec paraphe. » {Le sceau est tombé.)

y^'Jill'^ lyilliers , brave capitaine français , vient au secours des Orléanais avec quelques soldats volontaires qu*il avait eu redresse de fiûre entrer avec lui dans la ville. Ces vait)ans hommes furent de ceux que 1 on remarquait dans les petites sorties qui avaient lieu presque tous les jours (9- 1 3).

Dimois fait pendre à un arbre dans le faubourg Bour-»i»M«ni>.uit. gogne deux soldats français accusés de la trahison des Tourelies ; leurs corps furent rendus à leurs parens quittaient dans Orléans , lesquels les firent enterrer à la place de l'exécution , et y firent élever une croix de bois , qui , souvent renouvellée, se voit encore aujourd'hui, en avant de la porte Bourgogne, sur la gaudie , en allant à Saini-Marc (8-9-13).

Talbot, général anglais, arrive aux Tourelles du V^^^^^fl^^^^* avec 3oo hommes de renfort. Il établit sur les levées de nouvelles batteries de iMHnbardes qui lançaient des pierres de 160 à 180 livres , qui firent beaucoup de mal (S-i3).

Les Orléanais font des taudis sur les mottes St-Antoine ^'^«'^j^*'*^ et Poissonnière, sous le pont, dans la maison de l'Aumône des pauvres voyageurs et dans celle occupée par Montmonicau , pour y locer ceux des leurs qui étaient chargés de défendre le boulevard de la Belle-Croix et celui du pont (8-9-13).

Raoul de Gaucourt , gouverneur d'Orléans, prévenu que ^^^î^^^^^^* les assiégeans voulaient fiiire une tentative sur la ville du côté du fiiubourg Bourgogne, y fit passer des secours et y accourt lui-même; mais il se déboîta le bras gauche, son cheval s'étant abattu devant St-Pierre-£nipont. Il fut porté aux étuves qui en étaient peu éloignées.

Les étuves étaientdes lieux hermétiquement fermés que Von échauf&it beaucoup et dans lesquels on plaçait les malades pour les fiiire suer, dans l'espérance de les guérir par la transpiration (70).

Il y avait plusieurs étuves à Orléans , savoir : deux pour les honunes et une pour les femmes. Celles des hommes étaient placées à la porte Parisb , et près de St-Donatien et St-Rogatien , rue du Petit-Puits ; celles des femmes, au vieux marché de l'anden bourg (ïjévenum^ marché aux Veaux actuel , près de l'Aumône St-Paul (8-9- 1 3).

A trois heures du matin, la cloche du bejfmy avertit les ssd « rriiih. MSI. habitans d'Orléans que les Auj^lab voulaient franchir le pont en avant des Tourelles quils occupaient, pour marcher sur la ville (9-1 3).

Trêve convenue entre les assiégés et les assiégeans, de isdécenib. tm. neuf heures du matin jus<^uà trois heures après midi, à gjjj];*^''^*'**'*^ cause de la solennité de la iéte de Noél.

La trêve expirée a trois heures, les Français se portent

VMKlr«<li.

Uert-reJi.

deyant le& Tourelles par le pont pour détruire les redoutes en terre que les Anglais y avaient construites pour franchir ledit pont (6-9-1 3).

Le maître Jehan se fit remarquer à cette action avec sa grosse coulevrine; il fei^ait de tomber mort, puis de se uiire porter en ville; il revenait quelques momens après se Êàire voir aux ennemis et se moquait d*eux en leur làchant la charge de sa coulevrine (9-1 3)*

Les Anglais se portent en masse à la porte Renard et aux Tourelles, à deux heures après midi, pour f\\ire croire à plusieurs àttaqueset diviser les forces des Orléanais qui surent pourvoir à tout et ne furent pas dupés de cette ruse de guerre.

s i»n« . r 1 )2t, Arrivée à Orléans de 954 porcs gras et de 400 moutons Lu..d.. assiégés parvinrent à feire entrer par la porte Ban-

nier, pendant qu'ils faisaient de grandes démonstrations par la porte Renard et par celle du faubourg Bourgogne. 5jantier 1429, Louis Deculan , maréchal de France , passe la Loire audessus du pon de St-Loup, alors au sud delà rivière , arec 200 hommes et parvient à entrer avec eux dkins la place d'Orléans.

• |Mi*Mr U2». Grande escarmouche contre les petits forts ou postes que les Anglais avaient établis de St-Laurent à St-Privé eu s'appuyant sur les grèves de la Loire et fermant le cours de la rivière. Pendant ce temps les Orléanais firent entrer dans la place et par une des portes opposées un convoi assez considérable de ])oudre à canon (8-9-13).

A la suite de Tescai inouclie du matin, un défi ou cartel est proposé par les Français aux Anglais qui assiégeaient Orléans : il fut accepté. Il devait avoir lieu entre six Français et six Anglais, devant la porte Baniiier. A Theure convenue les six Français sortent de la ville et attendent plus d'une heure leurs advei^aires qui n'y vinrent pas: les remparts de ce cùié d'Orléans étaient couverts de spectateurs. 9{aiiti«r H29, Gombat à l avantage des Anglais, entre la porte Renard et la petite rivière nommée Fhunbert , qui prenait sa source dans les collines situées au nord d Orléans, venait passera quelque distance des murs de ville en suivant la direction du nord au midi, et se jetait dans la rivière de Loire, vis-à-vis une petite île ou grève appelée la Barre- Flanibert, (|ui se trouvait à la hauteur de la rue de Recouvraiice actuelle (i3-8oj..

JmmU.

Vcudmli.

— aiD —

Plusieurs auteurs ne reconnaissent pas l'existence de cette petite rivière nommée Flambert, tout en indiquant le combat ci-dessus près de la porte Renard (9-6J).

L'abhe Cercpienceau fut blessé à ce combat où il se fit remarquer avec plusieurs autres ecclésiastiques, qui comme lui , faisaient partie de rarmée et se battaient avec une massue de fer (9-1 3).

La batterie de canons placée à la Belle-Croix sur le pont u jmtier iit9, dirigée par le maître Jelian le coulevrinier , fait sauter lu couverture et le comble des Tourelles, après avoir tué plusieurs Godons ( Anglais) qui l'occupaient (()-i3).

Dunois donne une alarme de nuit aux Anglais en allant tft{«ii«i»r 14s», attaqutîr leur poste de St-Laurent; mais ses gens n'ayant 8«M«ai. pas garde assez de silence, ils furent découverts et cette affaire u'eut pas tout le succès que Dunois en espérait (9->3).

Douze cents combattans, conduits par les chevalier Jean t6 janvier tlMi Fuscot, Anglais, arrivent à St Laurent et renforcent ce poste ennemi (i3).

Lahirc sort d Orléans avec trente hommes de bonne vo-a^ {«nvier 149». lonté pour aller à la découverte et rentre sans accident *^'"*** quelque temps après, ayant passé heureusement entre les forts et bastilles des Anglais (i3\

Plusieurs barques de vivres étaient sur le point d'entrer » jautic* 14», à Orléans, lorsque les liabitans de la Sologne en avertissent Glacidas, officier anglais, qui envoya des troupes au port de St-Louj), qui alors était de ce côte, pour s'opposer à leur passage. Les Orléanais sétant portés en avant se firent transporter sur une île qui en était voisine; mais malheureusement ils donnèrent dans une ambuscade et ils furent obligés de battre en retraite; plusieurs braves y périrent; le maître Jehan faillit se noyer, il perdit même sa grosse coulevrine et son petit chariot (9-1 3).

Les Anglais partagèient les vivres qu'ils venaient de prendre avec les traîtres de Sandilion qui les avaient avertis de leur passage.

Les Orléanais sortent par la porte Bannier et sont re- m {anrMr 1429, poussés par les Anglais. Lu poursuite fut si chaude que les "•""•^ ennemis vinrent planter leurs étendards sur le bord du fossé. Plusieurs Français furent tués par le canon de la place, tant la confusion était grande.

Cinq cents hommes de bataille, anglais, viennent atta-27 jwiTicr 142».

— ai6 —

quer, pour la première fois, en plein jour, à trois heures après midi , la porte Renard en fiûsant de grands cris. Le maréchal de Sainte-Sévère met ses troupes en ordre de bataille, sort de ses retranchemens et retoule les Anglais jusqu'à leur bastille fortifiée de St-Laurent. « i»mwt^fm. Les Anglais attaquent avec toutes leurs forces de la rive droite de la Loire la porte Renard à hait heures du matin; mais les gens de guerre et les Orléanais les reçurent si bien quils ne purent avoir aocun succès; ils y perdirent même un grand personnage qu ils enlevèrent avec beaucoup d*empressenient»

Le môme jour, Lahire, capitaine français et Lancelotde-VIle, officier anglais eurent une heurê de sâretépont le soir , afin de causer sans danger; mais en se séparant au moment de la fermeture des portes, l'Anglais fîit tué par un boulet de canon parti de la ville , qui lui enleva la tète ; cette action fut blâmée par Dunois et les autres officiers Français.

at jtmWr fil». Dunois, voulant aller lui-même au-devant des secours qu il attendait, sort d*Orléans au. milieu de la nuit par la porte Renard. Il faillit être pris par les Anglais qui 1 aperçurent; mais il poursuit heureusement sa route, fevonsé par l'obscurité.

M ftmitf vm. Les Anglais se répandent dans les environs ie St-Jeande-la-Ruelle pour enlever tous les échalas des vignes. Il en résultat un rude combat, dans lequel un l»ave Orléanais nommé Mîron de Beauzener fîit tué (9-1 3). t tMkrium, Plusieurs chevaliers français, conduits par Sainte-Sé- '"^ vère, sortent de la ville et courent jusqu au boulevard de la forteresse de St-Laurent , dans Fespoir de feire sortir les Anglais et de les attirer dans la plaine; mais ils furent forcés de rentrer à Orléans , saQs avoir pu les ùàre mettre en ligne (i3).

SjNriaruis, Samtc-Sévèrc, à la tête de aoo combattans dioisis, ~ " marche sur le petit poste de la Madeleine, s'en empare après avoir tué les Aiiglais qui le gardaient, y met le feu et rentre en ville.

it^iUr iiM, Theaulde de^Valperges et Jean Lescot, chevaliers gascons, arrivent à Orléans en annonçant la nouvelle a un secours envoyé par le roi.

FéfrWrUi». Charles Vll, instruit que les Anglais qui assiégeaient Orléans, gagna^ient, insensiblement du terrain et resser-

— ai7 —

raient de plus en plus la plaoe par le moyen des renforts qu'ils avaient reçus à diTerses époques, ce qui avait porté leurs forces jusqu'à 20,000 hommes, résolut de délivrer cette ville : il demanda de Tai^gent aux principales villes q ui lui restaient encot*e ; aucune n'en refusa (43).

Le chapitre de St-Aignan prêta 200 écus d'or vieux; les hahitansi malgré tous les sacrifices qu'ils araient déjà &its, se taxèrent eux-mêmes à une forte somme. Bourges donna 1,600 livres ; La Rochelle 400 livres, etc., etc. (Le marc d'argent valait à cette époque 5 livres 8 sous parisis ou 6 livres i5 sous tournois). De cet argent on leva des troupes pour les fidre passer dàns Orléans; mais un secours plus puissant et totft surnaturel ne devait pas tarder à venir changer le sort d'Orléans et les destins de la France.

Une jeune fille â^ée de près de dix-neuf ans, née en 7r^Tritr un. mars i4io, à Domremy , hameau près de Greux, prévôté d'Andeloty au haillage de Chaumont en Basdgny, élection de Langres, de Jacques dArc, laboureur, et d'Isabeau Rome, vivant honnêtement du trayail de leurs mains, quoique dans un étatToinn de la pauvreté; cette fille, la dernière de cmq enfiins , forte de stature et de santé, crut sentir une insmration qui l'appelait au secours d'Orléans» Persuadée que Dieu voulait se servir de son bras pour relev^ -la monarchie , elle fit part de son dessein à ses parens, qui s'opposèrent d'abord à ses résolutions, puis enfin lui permirent d'aller à Vaucouleurs, qui était peu éloigné de Domrémy, chez un de ses oncles nommé Henri, charron de son état; celui-ci, après beaucoup d'instances de la part de sa nièce, la conduisit enfin chez le seigneur Baudncourt , gouverneur de Vaucouieurs, auquel elle parla en ces termes :

« Capitaine messire, sachez que Dieu, depuis un temps en ca, m'a plusieurs fois fait à savoir que j'allasse devant le gentil dauphin , qui doit être et est vrai roi de France , et quil me baillât des gens d'armes, et que je lèverais le uége d'Orléans et le mènerais sacrer à Reims (i 3-4i -4^)- "

Cet officier la traita de folle, de visionnaire ; mais intérieurement frappé de la candeur <le son maintien et de l'assurance de ses réponses, il crut en devoir donner avis à la cour par un exprès.

Jeanne d'Arc revint le lendemain chez le gouverneur iist. Baudricourt et lui dit : « Au nom du ciel , vous mettez

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trop à ni'envoyer, car bientôt le gentil dauphin aura assez près d'Orléans un bien grand dommage, et sera-t-il encore taillé de lavoir plus ^prand à ne m'envoyez bien vite iters lui. »

Le gouverneur ne voulant pas lui rendre «ne réponse conforme à ses désirs , sans en avoir reçu lui-même une du roi , la renvoya encore , et Jeanne d'Arc fut obligée de retourner à son hameau , bien marrie de son refus, "ï'rti**** Mille combattans d'excellentes troupes, envoyés par le ' * roi et conduits par Guillaume Steurand , 900 sous la bannière de Guillaufqe d'Albert, et 120 autres attachés à la ibrtune de Labire, entrent dians Orléans pendant la nuit. • ïiiîîJ^' Lafayette , ligueur français, amène 3oo hommes ; le même jour, -Chabanes et 20 à e5 combattans voulant aller à Blois, sont rencontrés à leur sortie de la ville par des Anglais^ qui en firent plusieurs prisonniers. Chabanes et un autre chef furent assez heureux pour se sauver. ** ^uSi Dunois qui avaitétéà Chinon auprès du roi pour lui faire

connaître la détresse d'Orléans, revient dans cette ville où il trouve le secours qu'il avait demandé; mais il en repart tout de suite avec i,5oo hommes pour aller attaquer un convoi considérable^ que l'on savait élte parti de Paris et destiné aux Anglais.

i2fe«ri«rMa8, Baudricourt , gouverneur de Vau<x)uleurs , ayant reçu du roi Charles VII, par Cadet de Vienne son envoyé, réponse à la nouvelle de la visite de Jeanne d'Arc et l'ordre de lui envoyer tout de suite cette fille inspirée , en même temps que l'annonce de la détresse d'Orléans et des pertes éprouvées devant cette place, se hâte de faire revenir Jeanne près de lui , Uii prépare «n cheval qu'il paya, lui donna des habits d'homme, consistant en une robe, des bouines, et le reste des vêtemens particuliers au $exe dont elle adoptait le costume.

*3 ^iiiiîeiJjf*' Combat de Rouvray-St-Denis, appelé Journée des Harengs, parce que la plupart des chariots qui composaient Je convoi qui y donna lieu étaient chargés de cette sorte de poisson, destiné aux Anglais pendant le carême. Les Français ayant voulu l'enlever , ils furent battus. La division qui régna parmi les chefs fut cause de cet échec; beaucoup de seigneurs y furent tués, et Dunoisy fut blessé ainsi que plusieurs Orléanais qui l'avaient suivi dans cette expédition (i3-4i-4^7)»

Départ de Jeanne d'Arc de Vaucouleurs avec sa petiteescorte, Gompofiée de sept personnes , dont six de son pays , et le septième TenToyé du ros f

Savoir V

Noble homme Jean de NoYek>mpant, MetZ) chevalier^ demeurant à Vaucouleurs; noble homme Bertrand dte Poulingy, écuyer; Piem d'Are , troisième frère de Jieanne d'Arc ; Cadet «le Vienne^ messager qui avait été envoyé par le roi au gouverneur et qui s en retournait vers son maître; Richard , archer; Julien , valet de Poulingy; Jean de Hanneoottrt, serviteur de Jean de Metz.

Tous se rendent à Chinon on était Charles VU et sa cour (4 1)*

Rentrée à Orléans des'débris des troupes françaises qui te rev... . 14», avaient été battues à Rouvray-St-Denis par les Anglais. La vue des morts de distinction et de tous- les> blessés jeta la consternation dans la ville. Les corps des seigneurs tués lurent portés à ïéglise de Ste-Croix, ou un service pompeux eut lieu en leur honneur (i 3i),

Les Anglais qui avaient escorté et défendu le convoi des t? rénic. harengs, reviennent dans leur fort devant Orléans ; plusieurs se portant jusque sous les remparts de la ville narguèrent les Français en criant : A mes han$ngSy mesbiaux, mes hioÊUs harengs. Les Orléanais leur répondirent par quelques- coups de canon ^ qui en tuèrent plusieurs et fil'ent taire les autres. .

Le comte de Clermont quitte Orléans avec à-peu-pfès i8rë*ritrt&i9. 2,000 hommes^ disant qu'il voulait aller trouver le roi à Chinon^ Mnsi que Jean aeSt-Michel, éyèqvLe de cette ville, ce qui mécontenta l)eaucoup les Orléanais (i3).

Dunois.^ le maréchal de Ste-Sévère^ Poton de Xaintrailiesy restèrent ûdèle&à la mauvaise £ortune des Orléanais.

Les Anglais portent une de leurs divisions sur la ville MUmerim de Beaugency, et s en emparent après une £iible résis^ ^»mmàu tance (10-47).

Combat entre les Anglais des forteresses du nord- 20 réTri.r 1^29; ouestetles Orléanais, qui furent repoussé» jusqu'au champ Turpin, à un jet de pierre de la ville; mais^qui ne purent être poursuivis plus loin, soutenus par les secours quik reçurent de la place (i3).

Dunoi»et ses principaux officiers , craignant que les An- st ftnier^iti».

— aao —

glaîs qui paraîasaient paisibles ce jour-la ne cherçhassent à s approcher des murailles pour les renyeraer par la mine, fit pour la première fois l'usage du moyen .que le nommé Robert Carré lui avait propose pour s'en assurer (9).

Ce moyen donsistait à placer en avant des murailles et des fossés sur le terre-plein , plusieurs grands bassins en cuivre. Ces bassins étaient enfoncés à plusieurs pieds en terre , à fleur du terrain et de distance en distance, ensuite remplis d*eau jusqu au bord. On examinait si le liquide £rémissait ; car s*il en était ainsi , c'était une preuve quon travaillait sous terre; on n'avkit rien à craindre si la sur- &oe de Teau était calme.

Il fut payé 58 sous 8 deniers à Naudin-Bouchard, saintler ( fondeur )y pour un certain nombre de bassins à laver, et une accare (équère) pour s'assurer si les ennemis minaient et si les murs ne perdaient pas leur aplomb ( 8-9- 59-60).

ttttvricrti» capitaines anglais Talbot y Descalles et Suffolk , ad-

^''i* mirateurs du courage de Dunois qui défendait Orléans, lui envoyèrent par un nérault un plat de figues , de raisins et de dattes, en le priant de leur faire passer de la panne noire pour leur taire des robes ^ attendu la rigueur de la saison. Dunois se hâta de leur faire passer ce qu'ib demandaient (9-1 3).

«4f/.rier 1429, Jcaune d'Arc arrive avec son escorte à Chinon où était le roi Charles VII, après avoir fait i5o lieues en onze jours, sans accident et presque toujours dans un pays occupé par les ennemis. Jeanne d'Arc était à cette époque âgée de dix-neuf ans, d'une taille assez élevée, belle , forte et bien faite, sa voix était douce et son regard tendre et mélancolique ; elle était exempte de la plupart des faiblesses attachées à son sexe; habituée à une vie dure et frugale, elle supportait sans fatigue les exercices les plus pénibles et montait sans crainte le cheval le plus fougueux (4 1).

aj fîvrier ux», Lcs Anglais qui étaient devant Orléans s'emparent du Vtndredi. ^^^^ allait de 1 église de Saint-Loup au port de Saint-

Loup , de l'autre côté de la Loire , du coté de la Sologne, et se laissant aller en dêrwc ( deseendant le cours de la Loirt' ) ( liLTchaient à arriver sur le port de la Tour-Neuve ; mais ils en furent cnipèrhés par les Orléanais qui s'étaient aperçus de ce projet (9-1 3).

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Jeanne d'Arc, arrivée dès la veille à Chinon,est conduite dans une grande salle où le roi Charles VII était avec les seigneurs de sa cour. Elle lui parla avec tant de noblesse, d'esprit et de jugement que toute la cour en fut .dans Tadmiration (4i)*

. Arrivée de Villars et Jamet de Tillay à Orléans , pleins w ^ii-r «4». de l'enthousiasme que Jeanne d'Arc leur avait inspiré à '***'»^' Chinon d'où ils revenaient, ils racontent à Dunois tout ce qu'ils avaient vu de cette fille surprenante. Dunois fit assembler le peuple d'Orléans et la garnison ; il leur fait part de l'arrivée prochaine de celle qui s'annonçait comme leur libératrice

Grand débordement de la Loire : les eaux furent si» fc*rier ua», hautes qu elles s'élevaient à la hauteur des embrasures des forts que les Anglais avaient élevés sur l'île Charlemagne (la petite) et à St-Privé, ainsi que devant les Tourelles. Cela fit espérer aux Orléanais la destruction de tous leurs forts; mais les Anglais travaillèrent jour et nuit, et avec une telle activité, qu ils parvinrent à les sauver.

Le même jour, la bombarde placée au boulevard de la Belle-Croix abat un pan de la muraille des Tourelles.

Les Orléanais font une sortie pour empêcher les nouveaux travaux que les Anglais faisaient pour leurs tranchées qui communiquaient d'une bastille à l'autre du .côté <deSt-Laurent.

Le maître Jehan tua plusieurs ennemis, entre autres lord Gray, neveu de feu le comte de Salisbury.

Malgré quelques avantages , les Français furent repoussés jusque sous le canon des boulevards de la porte I5annier; s'étant jetés dans le fossé, il en fut tué plusieurs par les Orléanais, qui ne les reconnaissaient pas.

Les Anglais poursuivent plusieurs pauvres paysans de St-Jean-de-la-Ruelle qui étaient retournés travaillera leurs vignes et enlèvent leurs échalats pour se chautYer.

Arrivée à Orléans, et à plusieurs reprises dans la journée, de chevaux chargés de vivres, qui entrèrent furtivement dans la ville par les portes Bannier et Bourgogne, points le plus mal gardés.

Prise d une damoiselle anglaise et de six marchands qui se rendaient aux forts des ennemis du côté de Saint- Laurent.

Mort d'un chef anglais de marque, tué par un coup de -coulcvrine de la place ; les Orléanais ne surent pas son

3 iiiar»

4 mai» \ 'ilQ, Vciidrv^i.

5 nMii Bamcdi.

7 nom 1|i9,

nom; mais les ennemis niireui beaucoup de pompe à sesfunérailles.

8umt423. Lc cooite Dunois et le gouverneur Raoul de Gaucourt ****** sont avertis que l'on cherchait à faire entrer nuitamment les ennemis dans la ville. L'auteur de cette trahison était le supérieur des reUgieux desservant Finfirmerie des chanoines ( Hdtel^Dieu Ils se transportent à cet hospice, et virent effectivement qu'il avait été pratiqué un trou à pa^ S6r un homme par la muraille de la ville près de la porte Pterists» Ce trou communiquait par l'intérieur dans cette maison. Le supérieur, .averti à temps, se sauya par le fan** bomgPluisis, et échappa amsî à la fureur des-Osléamis. qui Toidaient le maMaerer.

15 «nn Le Bâtaxd de Lang^^es parvient avec peine à s*ialrodliûrè'

dans Orléans pendant la nuit, arec six chevaux cbaigiésde poudre à canon»

Lea Anglais* de la forteresse de St-Loup se déguisent ew lemmes, et, feignant de «amasser de petites bûchettes debois, s'approchent insensiblement des paysans qui travaillaient dans leurs vigfies de St-Marc ^ en piennent une douzaine qu'ils- traînent dans- leurs fiHrts,,etne Wielà» chent quajprèales.av4Mr vançonnésb

16 n>.î. 1429, Le maréchal de Ste-Sévère , obligé de quitter la ville-à ttemtiiu ]^ mort d'une de ses parentes dont il devait recueillir l'héritage, aj oute encore aux craintes des (klëanais, qui ne rayaient point arriver le terme de leurs malheurs ni la délivrance qu'on leur aanoncaitdepuisquelquetemps.

« m.rt «43». Le roi Charles YII avant laisie quelque temps de repos k Jeanne d'Arc, et voulant s'assurer encore plus»de la miasion de cette fille extraordinaire, la fidt conduire à Poi^ tiers pour la fiûre interroger par les membres et les dooteuis de son parlement qui y résidait alors (8-9-1 3-4 1)«

Le parlement nomma des matrones ^ présidées par la reine de Sicile, belle-mère de Qiarles VU, qui déclarèrent toutes qu elle était vierjO[e,,et lui en expédièrent des lettres patentes; de leur côlé & membres du parlement décidèrent qu'elle paraissait être envoyée de Dieu,

Mort d'Alain Dubay, prévôt d'Orléans, chéri par ses vertus et l'intégrité deses jugemens..On pensa que les malheurs de sa patrie avaient avancé ses joursv Ce citoyen es- • timable fut regretté de tous les Orléanais, qui lui firent un service public aux dépens de la ville (i 3).

it» nu» 1 ^29. Les Anglais , qui avaient été informés du départ du ma-

— âa3 —

Techal de Ste-Sévère et de raffaiblissement de la garnison, firent les plus grands efforts pour terminer au plutôt un siège si long et si meurtrier pour eux; en conséquence, toute leur artillerie^ canons et bombardes , commen^ dès le matin à £iire sur Orléans un feu terrible qui foudroya et écrasa les édifices de la TÎlIe et répandit par toute ia place la constemafîon etfépouTante.

TrèTe convenue entre ies assiégés et les assiégeans pour iweS ksolennitédela fttede P^uefrJ?leiun, jour des Rameaux. ^^uli""^

Les Orléanais et les gens de gnerre, animés par Fardeur » de se Tenger de Hiorrible lM>H»ardement de la surreille, «orient de la ville en grand nombre ; réunis avec les habitans de la campagne , ils lAtaquent avec fureur les nouveaux boulevaras ^e4es -ennemis venaient d'élever pendant le jour de trêve, à la droite de la grang^e Guivret, entre la porte Banoier et la porte Renard , d'où Ton lirait sans cesse sur Orléans.

Les An|;lais, cédant à l'impétuosité des assaillans , prennent la fuite et se réfiigièrent dans leur forteresse de Saint- Laurent; mais Sufifolck leur général les rallie; ils repoussent à leur tour les Orléanais lusqu à l'Aumône-St-Pouair, et la journée se passa en succès et en revers aliematift.

Un nouveau combat a lieu au cbamp Turpin ; les envi- « m-r* rons de la Groix-Morin et de StPouair en furent le tbéâtre. Un Anglais qui s'était trop avancé tomba dans un puits de campagne où il fot tué.

Une fausse attaque et des bruits de trahison forcèrent ^^'.^J^'^ les babîtans et la garnison d'Orléans d'étre«n armes jour et * '^"'^ Buit , pendant plus de quarante-huit heures sur les murs et les boulevards extérieurs.

. Grande distribution de vin et de blé faite à la garnison d'Orléans par maître Jehan Leprètre, prévôt de la ville, en présence de Jehan le Gaily, notaire au Ghâtelet d'Orléans, du consentement des bourgeois , manans et habitans ée la Tille (9-i3), savoir :

■ Aux Ecofsaisctant CD ireUe viU* S lonMAui 1/3 d« «!n , 8 muid* t/Sde blé i

A Moiit. igncur de UrafiUs 1 — 1/2 — t -> 1/2 ~. M»

A M»<lre ttramnio « ira . — 160

A Denii de CbaiUy.. • tooMau 1/S ~ t >. 1/3 ~ IM —

A Thibault de T«rmw Itiwtrtiil ■ — SnisM » — 8t *-

A MoBMiVMar deGoiiy...^... t — S-^» — 9ê

A liwwîtiwrJtCoMM*. t — v^S— ■ — Mm

A Mmmn TlÛuide 1 tonoMa t/fl « 1 Mid </« »•

A Meuire Crniaj 1 travertin ■ — • Q minel ■ — SiO — •

A foton de Xaii>triill«ii 1 tonneao ■ 10 — ■ — 160 —

AustoidaU de Sainie ScTcre. ... 2 — ■ — 2 muid* ■ — 320 —

..... ilOMMn t/i — • t ~ ffS — 2W —

On ¥oit par ce compte que la garnison , avant Tanivée de la Pucelle, montait à a^ooo hommes.

Le muid de blé était de douze mines; la mine pesait 5o livres; le tonneau de vin contenait deux traversins ou poinçons; le traversin ou poinçon contenait aïo pintes d'Orléans, équivalentes à a4o litres; la futaille était la moi- ' tié d un poinçon, ou le quart du tonneau (9). « Jeanne d'Arc revient à Ghinon auprès de Charles VU. Ce

monarque lui confia aussitôt la mission de secourir Orléans. La nouveauté de cet événement, qui s'était répandu par toute la France, attira sous ses étendards un grand nombre de soldats qui furent commandés,, ooncuremment avec la Pucelle, par des officiers expérimentés et sur qui le comte de Dunois et le maréchal de nieux avaient la grande

main (8-9-1 3-4-i43)<

Charles YII donne un é$ai à la Pucelle , c'est-à-dire une maison montée pour son service, et de plus un chapelain ou aumônier, nommé Jehan l^squerel, de Tordre des frères ermites de Saint- Augustin (4i).

17 nnii. \m. Trêve convenue entre les Orléanais et les Anglais , pour jou^Tri;;... la solennité de la fét^ de Pâaues (8i3).

Malgré cette suspension, les deux partis se préparaient à de nouvelles attaques; les Français, pour tenir jusqu'à l'arrivée des secours promis sous la conduite de Jeanne d'Arc, et les Anglais dans l'espérance de prendre la ville avant que cette nlle héroïque, dont ib avaient entendu parler, ftit en mesure de venir les attaquer (i 3). VVndleli^ Les assiégés et les assiégeans se présentent les uns devant les autres, à la hauteur dubomevard de la Grange^le- Cuiveret , entre les portes Bannier et Renard ; ils restèrent en présence , et se canonèrent une partie de la journée, en se tuant quelques hommes sans en venir aux mains. saTriiuv, Les Anglais sortent de Saint-Laurent, au nombre de 400 , et dej^loient deux étendards; lun portant leur couleur ordinaire; l'autre était 1 étendard de Saint-Geoi]|es , mi-parti de rouge et de blanc. Un Saint^Seorges y était peint avec une croix au milieu.

Les Français ^ s'étaient portés en avant, sont d'abord repoméa jusquà Saint- Mathurin (au milieu de la rue Bannier actuelle), et au champ Turpin, qui en était voisin, où ils furent ralliés parJjunois. Alors le combat devint terrible, sans que l'un ou l'autre parti eût Tavan* tage(i3).

Plusieurs canons sont montés sur des afïikts roulans et

conduits à différentesjplaces des remparts.

Il fut pa^é Ili liv. Il sous à Jehan Chaumart pour X VU journées îles diarpentiers cpii ont mis à point les affîkts roulans et les ont mis en place.

(Jusqu'alors, les canons n étaient point montés sur des affûts roulans, ils étaient placés sur des chevalets immobiles).

Combat de jeunes pages français et anglais, lesquels , après s être défiés mutuellement, en vinrent aux mains, après en avoir reçu l'autorisation de leurs chefs.

Le lieu choisi était entre les îles Saint-Laurent et le pont^ dans la petite île appelée Flamberi ou Barre-Flanà>ert. Ce combat, qui fut à l'avantage des pages fr^çais, eut lieu à la fronde et avec des pierres lancées à la main. Les oombattans avaient pour armes défensives des boucliers en osier. L'action eut lieu en présence de tous les gens de guerre de fun et de l'autre parti , qui n'y participèrent en aucune manière.

Les pages anglais reprirent leur revanche et eurent à leur tour l'avantage. Cependant il y eut des deux côtés plusieurs de ces jeunes gens tués et blessés par les pierres.

Quelques vivres envoyés de Chàteauneuf , entrent furtivement dans la place, et on apprend la nouvelle d'un succès remporté sur les Anglais par la garnison de cette petite ville.

Quarante Anglais, qui apportaient une forte somme d'argent aux troupes qui étaient devant Orléans, sont attaqués , pris et dépouillés.

Arrivée à Orléans de plusieurs sommes d'argent, lesquelles réunies à celles qui avaient été prises quelques jours avant aux Anglais, servirent à payer la garnison, et répandirent la joie et un peu d'abondance clans la ville.

Un petit convoi de nmnitions de guerre entre nuitamment dans la place par la porte Bourgogne.

Les Anglais , voyant que les Français faisaient souvent entrer des munitions de guerre et de bouche par les portes Bourgogne et Bannier, qui n'étaient pas assez gardées par eux, élèvent une belle et forte bastille, très-bien faite, à un jet de pierre, au nord de la porte Bannier, entre Saint-Pouair et Saint-Ladre, à laquelle ils donnèrent le nom de Paris.

3 airit Samedi.

3 iifiil 1(29.

Diuiatiehe.

k atrit 14i9.

5 atril t429,

9 atril

12 atril «429, Matdi.

IS avril 1429.

Mcrertdi.

15 avril 1429, Y«idKdi.

Pour élever cette forteresse , ils abattîreiit la petite église (le Saint-Pouair (où est Saint>Pa terne) et se servirent; (les matériaux pour rendre leur fort plus solide.

**s'mï«i!**'' Arrivée de subsistances envoyées de Blois : on parvint à les ûûre entrer dans la ville par la porte Parisis^ après avoir passé par le chemin de Fleurj > sans «pie les Anglais en eussent connaissance.

*'jw!ïif!î*' Poton de Xaintrailles revient à Orléans avec les autres députés -^ue les hahitnns de cette ville avaient envoyés à Paris, près de fiedford, régent de France, pour le. roi d'Angleterre. Ce régent leur avait dit que les Orléanais ne seraient reçus à traiter que sous la condition de se soumettre aux Anglais.

Cette décision révolta les Orléanais, qui jurèrent de se défendre jusqu'à la dernière extrémité.

Les députés ramenaient avec eux un trompette de la part du duc de Bourgogne , qui avait été touché des marques de confiance c{ue lui avaient donné les Orléanais en voulant remettre la ville entre ses mains, et était mécontent du duc de Bedfori, qui n'avait pas voulu y consentir. Ce trompette, accompagné d'un seigneur de la cour du duc de Bourgogne, appelé Baudet Mixy , était chargé de rappeler les troupes bourguignonnes au service des Anglais. Ce qui fit que Champenois , Picards et Bourguignons quittèrent les Anglais : ceux-ci en furent très-a£kajblîs (i3-4i).

Cet envoyé et son trompette furent bien reçus parkas habitans d Orléans , qui donnèrent au seigneur un présent de quatre écus d'or, valant 8 liv. 1 6 sous , et au trompette vingt salus ou sous d'or, valant 58 liv.; ils lurent, de plus, régalés chez un nommé Thévenon Yilledart, qui reçut pour la dépense et bonne chair laite en son hôtel y â2 liv, parisis (8-i3-4 i-59-f)o\

L'écu d'or valait 48 sous (le nouvel écu).

L'écu d or valait sous (l'écu vieux).

Le salus ou sous d'or valait 58 sous (^-Sp). "tuif*^* Orléanais et la garnison sortent la nuit , et sans

bruit, de la ville ci parviennent, à la faveur de l'ombre, à pénétrer jusquà portée du grand parc des Anglais, égorgent la garde et font un carnage horrible dans les cabannes où les soldats étaient endormis (9i3-4i).

Les Anglais se rallient, et faisant marcher un corps de

cavalerie, ils repoussèrent les Orléanais jusqu aux pieds deleurs remparts, après une vive résistance (i3).

Quoique la perte tut égale des deux côtés , elle fut trèssensible à Orléans par la mort d'un nombre considérable de citoyens dans cette malheureuse affaire (9-i3).

On se rendit de part et d'autre dans la journée et jours suivans , les restes mortels de tous ceux qui avaient péri, afin de leur faice des. funérailles dignes de leur courage.

Jeanne d Arc se trouvant prête- à partir de Cliinon et à 24 a*»» 14», quitter le roi, Charles Vil,' fait la revue de ses troupes; il " ^ *' s y trouva 7,000 hommes ; le maréchal de Kieux et Tamival de Culant lui servaient de lieutenans.

Le roi voulut lui donner une épée quelle refusa : elle désigna un endroit où il y en avait une qu elle désirait avoir (9-i3-4i).

Après qu'on la lui eut apportée, elle prit congé du roi et partit pour Blois, où était le rendez-vous des troupes

Quelques habitans déterminés d'Orléans passent la Loire en silence à deux heures du matin attachent leurs nefs au rivage de Saint-Jean-le-Blanc , décrivent un demicercle derrière les bastilles de la Sologne et arrivent jusqu'à 1 église de Saint-Marceau , où cinquante Anglais stétaient enfermés à leur approche ; ils en percent les murailles, s'emparent de leurs ennemis qu'ils ramènent prisonniers; dans la ville , après les avoir embarqués dans les mêmes. bateaux, qui leur avaient servi dans cette expédition aadadeuse^ Ils .ne perdirent, que deux, hommes. (9-1^. • •

Jeanne dPArc, après être restée quelques jours à Tours , » ««ni 1429. arrive à Blois pour se mettre à la tête de toute l'asmée réunie. Avant de quitter cette ville pour se rendre à Orl^anss» cette vertueuse fille chargea son aumônier^ lean Fas^uerel, de réunir un certain nombre de prêtres qui étaient rassemblés sous-une baiBnière particulière ; ils étaient destinés à marcher à k tête de 1 armée en chantant des hymnes en rhonaeur de la Sainte^ Vierge , et à recevoir à toutes les heures du jpur la confession de quiconque désirerait accomplir ce» acte religieux dont elle donnait souvent lexempte (9-41)-

' G*est dans.cette ville que Fon vi t , pour ht première fois ,

rhéroïque fille revêtue de Tarmure que Charles VU avait fait faire exprès pour elle.

Celte armure était composée d'un casque en fer poli , ayant la forme d'un œuf, sans panache, mais ciselé; d'une cuirasse à sa taille, aussi travaillée ; de brassards à écailles; d'une cotte d'armes sous laquelle était im petit jupon d'étoffe un peu plus long et découpé par le bas ; ses souliers étaient très-pointus, longs et rayés comme ceux des grands de la cour. INous donnons, ci-joint, une gravure faite sur un bas-relief du temps , représentant Charles Vil tenant conseil au milieu de ses généraux : l'héroïne j est ainsi représentée.

Cette lithographie est accompagnée de ce début d'une chronique du temps :

• Au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit, de la » glorieuse Vierge Marie, de Monseigneur Saint-Denis > « patron de France , et de toute la béatitude céleste. — » Cy commence la chronique du temps de très-sapient y> roi Charles septième de ce nom, roi de France, faite » et compilée par moi, Frère Jehan Chartier, religieux » et chantre ae l égiise , Monseigneur Saint Denis , en » France, député par le Roi mon Souverain Seigneur. >»

On y voit Charles VII en conseil sur son trône entouré du comte de Ilichemont, de Messire Bureau , de Joachim Rouau, de Messire de Bellay , du comte de Dunois, de Jeanne la pucelle , et autres généraux (49).

Jeanne d'Arc , avant de partir de Blois , (ait écrire une lettre au régent anglais, Bedfbrt, qui résidait à Paris, pour le sommer de restituer à Charles un royaume qui lui appartenait légitimement , sinon qu elle Yj contraindrait Lien par la force ; les Anglais se moquèrent de ses menaces, ils arrêtèrent son héraalt prisonnier et nésolurent, dès cette époque^ de la faire briuer comme sorcière (g-i2^4i)*

Jeanne d'Arc , qui ne savait pas écrire, ne fit que dicter la lettre, et la signa seulement par deux traits en croix (4 1). Mctrr«!tif^' E^'^ Orléans avec 5oo hommes d*élite , et un

convoi de vivres ; le reste de Farmée la suivait à peu de distance, poul* soutenir sa marche. A son insu, on lai fait prendre le chemin par la Sologne; ce quelle n'avait pas voulu. L'armée s'arrêta à la fin du jour et passa la nuit au milieu des champs (9-4 0* ; J^^» Jeanne d'Arc et toute l'armée arrivent aux environs

— 2àg —

ci'OiLaiis du côté du Loiret, et passeront encore cette mit sur le haut coteau de cette petite rivière, d'où cette 1:11e héroïque put contempler Orléans.

De grand matin, Tarmée se porte au-dessus de la bastille 29 ^tni usi». que les Anglais avaient élevée à la place de l'église de Saint-Jean-le-Btanc. On se hâta d'embarquer le convoi dans ûes nefs ou bateaux que les Orléanais avaient conduits au port de Saint-Loup ; mais la rivière étant très-basse , et le yent oontrairei il ne fut pas possible de faire passer les troupes sans léi exposer à une perte certaine , les Anglais ayant porté une grande partie ae leurs forces de oecôtë : alocs u fut dëd(& que l armée retournerait à pour revenir à Orléans par la Beauce , mais que leanne d'Arcs qui ne voulait pas rétrograder , paaaerait aree quelques troupes pour aller à Orléans.

Jeanne d'Arc s'embarqua dans une nef avec Dunois qui était venu au-devant d'elle. Elle ahorda de l'autre côté du fleuve avec aoo lances formant i,aoo hommes» tst fot lo« ger à CSiécjy chez Guy de Gailly, seigneur de ce petit endroit , lequel seigneur s'attacha à cette héroïne pendant tout'le temps du siège (4 1).

^ Le OQiivoi, qui avait été chargé sur des barques, n'arriva à Oiléiiis qu'avec des peines inouïes. L'armée se mit en marche pour retourner à B1<ms par le même chemin , sans être inquiétée par les ennemis , qui semblaient stupéfaits de ce qui se passait en leur présence.

Jeanne d'Ard, après plusieurs heures de repos, part de ty29^ Chécy le vendredi ao avril , après-midi y et vient se présen- •wil^u*'' ter à une porte de la ville , au levant, apj>elée la Porte Sourgogne (lancienne), comme elle en était convenue avec le comte de Dunois et le gouverneur Gaucourt. Les assiégés, dans l'intention de tromper les assiégeans, firent des sorties de tous les côtés de la place. Dunois , qui était rentré dans Orléans avec le premier convoi , vint au-devant délie pour favoriser son entrée. Jeanne d'Arc ne tarda pas à si^aler son courage; elle attaqua hardiment les Anglais qui voulurent s'opposer à sa marche : elle fit d abord entrer un second convoi dans la ville; ensuite elle y entra elle-même, à huit heures du soir, avec les soldats formant les deux cents lances qui avaient passé la Loire avec elle (9-13-4 1)*

Jeanne d'Arc , en entrant dans Orléans > tenait déployée

»oir.

sa bannière sur hujuelle ily avait deuximages peintes, Tune

flu Clirist, l'autre a une annonciation, avec les sacrés noms-

de Jésus et de Marie (9-i3^4i'43)*

Cette bannière fut commandée par elle : elle disait à ceux qui lui demandaient ce qu elleYOukdt en faire : « G'esB moi qui la porterai autant qu'il me sera possible , parce que je ne Teux pas me servir de mon ëpée, ni en percer personne ; et j'aime quarante fois^eux ma bannière que

monépëe(4i). ^

Fidèle à sa résolution, Jeanne d'Arc ne se servait de son ëpéequa la dernière extrémité ; et même , lorsqu ellese trouvait engagée dan» la mêlée, elle se contentait de re-^ pousser ses adversaires à coups de lance-ou de les écarter avec une petite hache quelle portait sui^ndue à son côté

Ce fut un vrai triomphe que Tentrée de Jeanne d'Arc dans Orléans: elle était montée Sur un cheval blanc ; le comte dfe Dunois et le maréchal de Rieux marchaient à sescôtés ; elle était suivie de son frère , des deux gentilshommes et de leurs valets, qui étaient venus avec elle du pays deBarrois. Le gouverneur, tous les braves qui arrivaient et ceux qui étaient dans la ville, fermaient le cortège avec leurs gens d'armes. Elle traversa une partie d Orléans pour aller à l'église de Sainte-Croix, à la lueur des torches que portait le peuple, et se mit à genoux devant l'autel principal, pour y rendre des actions de grâces à Dieu. Après sa prière , elle fut conduite près de la porte Renard, dans l'hôtel de Jacques Boucher, trésorier du duc d'Orléans, où elle logea. Tous les habitans poussaient des cris de joie et se mettaient à genoux devant elle en criant : « Voilà la libéra^ trice que le ciel nous envoie (8-9-1 3-4 1). "

« Arrivée chez son hôte, dit un historien contemporain , on lui avait fait appareiller à souper bien et honorablement, en présence de nobles personnes, niais elle lit seulement mettre du vin dans une tasse d'argent où elle mit moitié d'eau, et cinq ou six soupes dedans qu'elle mangea , et ne prit autre chose de tout le jour pour niangier ni boire ( cependant elle avait été tout le jour à cheval ) , puis s'alla coucher en la chambre qui lui avait été ordonnée, et avec elle étaient la temnit^ et la fille dudil trésorier, laquelle fille couchaavec ladite Jeatnie, sur le même coiicssdin (8-9-41)- ^

Les 200 lances qui entrèrent dans Orléans avec Jeanne

cTArc formaient un corps de 1,200 hommes : une lance était composée de six soldats , savoir : trois archers^ un coustUUery qui portait une coustHley c*es^à-dire une épée longue et étroite, ]*homme d'armes et son page quon appelait souvent son i^ariet (8-9).

Jeanne d'Arc, le lendemain de son arrivée, se présente so a*rii 143». sur le pont et y est insultée par les Anglais quLoccnpaient les Tourelles , et auxquels elles voulait parler (9-41)*

Elle se rend chez Dunois pour se concerter avec lui afin de faire revenir l'armée le plutôt possible de Blois (8-4 1)*

Dunois, D'Aulon , et qnd^fues autres seigneurs , sortent i^^». parla porte Renard pour aller chercher Tannée à Blois. Jeanne d'Arc, pour protéger leur voyage, sort aussi de la place avec les habitans et les gens d'armes (8-9-1 3-4 1 ) .

Le même jour^ Jeanne d'Arc parcourut les rues de la ville achevai, étant accompagnée de quelques seigneurs et écuyers; ensuite elle sortit «le la place par fa porte Renard, s'avança plus loin que les ruines du couvent des Grands- Carmes , à-peu-près à la Groix-^o;W^ (Buisée), dans Tintention de parler aux Anglais, qui 11 nsultèrent comme ils l'avaient fait la veille aux Tourelles (i 3-4 1).

Jacf|uet Leprétre , garde de la Prévôté d'Orléans, est charge de présenter à Jeanne d'Arc, au nom de la ville, sept pintes de vin à six deniers la pinte (59).

Jeanne dArc se &àt ouvrir les portes de la ville et va « m>; tm, ùàre une reconnaissance générale autour de toutes les foi"teresses et bastilles des Anglais : elle revient ensuite entendre les vêpres dans l'église de Sainte-Croix (8-9-i3-4i)*

Charles VU nomme M*^ Louis de Comte , seigneur des Yalins , près d'Orléans , pour être page de Jeanne d'Arc , et la servir en cette qualité pendant tout le temps qu'elle resterait dans cette ville (8-1 3).

Les garnisons de Montargis, Gien , Château-Renard , du sm*i«m, pays de Gàtinais, de Châteaudun , avec un grand nomhiv; ' de gens de pieds armés de traits et de^uisarraes, entrent dans Orléans , pour contribuer à sa défense.

Procession de la \ raie-Croix faite ce jour à Orléans. Jacquet Leprêtre est chargé de payer, à ceux qui portent les torches à cette cérémonie, deux sous parisis (59).

L'armée française, conduite par le comte de Dunois, quitte Blois et vient, après une marche forcée, passer la uuit à quelques lieues dOrléans (4i)«

Raoulet de Récdur» procureur de ville, est chargé de présenter à Jeanne d*Arc une belle alause Talose^. u r'»!df^* Jeanne d'Arc, aTertie de l'arrÎTée de lanueCi sort de très-grand matin de la ville avec une partie des Orléanais et de la garnison pour aller à sa rencontre (8-4i)*

L*armée était précédée par le corps de prêtres que Jeanne d*Arc avait formé avant son départ de Blois; l'un d'eux portait la bannière que lliérome de Vaucouleurs leur avait donnée; ce corps était sous la conduite de frère Jean Pasquerel, aumônier et confesseur de la jeune inspirée, et tous chantaient le Te Deum en marchant (4i).

Les Anglais, saisis d'étonnement, virent défiler cette armée sans linquiéter; Talbot ne pût les faire sortir de leurs retranchemens, tant ils étaient interdits (8-9-41).

Dans la même journée de l'arrivée de Tarmée , Jeanne d*Arc et le comte de Ounois, voulant profiter de la stupeur des Anglais , sortent de la ville avec i,5oo hommes, et vont attaquer la forteresse que les ennemis avaient élevée sur Teni pincement du couvent de Saint-Loup ; ils s'en emparent, la brûlent, la démolissent et reviennent dans Orléans avec 40 prisonniers, après avoir tué 114 Anglais, en avoir brûlé plus de 80 qui s'étaient réfugiés dans le clocher de l'église, et dispersé le reste (9-i3-4i)-

Plusieurs soldats anglais qui, pour s'échapper, s'étaient revêtus d'habillemens sacerdotaux, furent sauvés de la mort par Jeanne d'Arc, vu le grand re^ct qu'elle avait pour les choilès saintes (i3-4i)* 5 mil 142^. On assemble un conseil de guerre , présidé par le comte dmJÂoD. de Dunois : le gouverneur Raoul de Gauoourt , le connétable de Rieux, Jeanne d'Arc, les principaux che& de l'armée, et plusieurs halntans notables d'Orléans y asûstèrent (8-i3-4i).

L'avis de Jeanne était que l'on attaquât le fort que les Anglais avaient aux Augustins, le lendemain à quatre heures du matin ; ^lui des chefs fut d'en retarder l'attaque, tout en fedsant les préparatifs nécessaires (9-4^

Ce jour, Jeanne d Arc fait écrire, sous sa dictée, une seconde lettre aux Anglais; elle fit attacher cette lettre à une flèche , et pour la leur faire tenir, on la lança dans leur camp (9-1 34- 1).

La ville fuit faiie de grandes provisions d'huile d'olive

destinée à oindre lesfiagots pour Fassaut des Tourelles , et

d'autres matières ainsi qu'il suit (Sp) : » Huile d'olive, 98 liv. i/a pesant.

» Poix noire, 89 liv. id.

» Souffre, Sa liv. id.

» Poudre à canon, 10 liv. pesant, pour être jetée sur le taudis de fagots des Tourelles.

> Résine, i5 liv., et oing, pour oindre les fagots et pour engraisser les drappUmx pour mettre le feu aux boulevards

des Tourelles. »»

La poudre à canon était faite dans ce temps avec du salpêtre, du souffre , du charbon et du vinaigre; elle était renfermée dans des sacs de cuir ou dans des caques à harengs, pour la préserver de l'humidité (9-59-60).

Jeanne d'Arc, qui avait présidé toute la nuit aux prépa- 6 mai ratifs de cette journée, se présente dès le grand matin à la ^«"*'**'

Î)orte Bourgogne qu'on refuse d'abord de lui ouvrir; mais es soldats qui la gardaient la voyant suivie par un nombre assez considérable d'habitans de bonne volonté et remplis de respect et d'admiration pour cette guerrière, la laissent sortir après plusieurs sommations de sa part (9-41).

Jeanne d'Arc s'élance dans les bateaux qu'elle avait fait préparer. Dunois, La Hire , Poton de Xaintrailles , le connétable de Rieux, Lafayette et les autres chefs qui avaient été contre cette expédition , ayant été prévenus de la résolution de l'héroïne, changent subitement de décision, et se hâtent de sortir de la place, tenant à honneur d'être de cette attaque et d'en partager les dangers avec elle.

Ils abordent au nombre de 3,ooo sur une petite île appelée l'île aux Toiles, qui n'était séparée de la levée du Portereau que par un bras ou ruisseau. Dunois , suivi de ses braves, culbute les ennemis qui sont mis en déroute et poursuivis dans leur forteresse des Augustins dont les Français s'emparent (9-1 3-4 1)-

Tout ce qui s'y trouva fut passé au fil de l'épée , et sans les canons des Tourelles et les traits qui leur étaient envoyés par les crénaux , tous les Anglais qui se trouvaient de ce côté de la Loire auraient été anéantis (8-9-41).

Jeanne d'Arc, q:uoique blessée au talon |>ar une chaussetrape , voulait qu on attacniftt tout de suite les Tourelles du pont; mais Dunois fut a avis que Ton remît cette affaiiv au lendemain , afin de donner du repos aux troupes et de

faire entrer en ville les prisonniers qui avaient été faits ' dans cette mémorable journée. Elle coûta aux Anglais six cents prisonniers et plus de mille tués et blessés

(8-9.i:Mi>

Environ 200 Français pris pendant le siège furent délivrés : parmi eux se trouva le Hérault que Jeanne d'Arc avait envoyé avec une lettre au régent anglais, avant son départ de Blois. (9-i3-4i).

Le Maître Jehan retrouva sa coulevrine et son charriot qu'il avait perdus dans un combat. {Voir page 21 5.)

On pansa la petite blessure que Jeanne d'Arc avait au talon , laquelle lui avait été faite par la pointe d'une chausse-trape. On appelait chausse- trape , quatre pointes de fer disposées en triangles , de telle sorte qu il y en avait toujours trois qui portaient à terre et une qui demeurait en l'air; les plus petites avaient des pointes de trois pouces de long, et les plus grandes de cinq. On en semait les champs que devait parcourir la cavalerie, aûn que les chevaux en fussent encloués, et aussi sur les remparts et dans les fossés afin de blesser les assiégeans

Les généraux français laissèrent une forte division en

Ï>reseiice des fortifications des Tourelles, pour empêcher es Anglais de venir réparer la bastille des Augustîns et rentrent dans la ville avec les autres (4 1 ).

Les magistrats d*Orléalis se hâtent de faire passer des. vivres aux troupes restées au Ponereauf les Orléanais , à l'envi Fun de Tautre , passaient la rivière dans de petits bateaux pour leur porter des provisions. Les comptes de ville en fournissent la preuve ,* on y lit :

« Jehan Lignage , boulanger, fournit huit douzaines de gros pains chauds (59-60).

• Pilard, boulanger , sept douzaines de grands pains et un petit.

> Chariot Ltiillier, cinq tonneaux de vin, pour mener devant les Tourelles.

» Jean Morchoasme, huit pourceaux pour les gens d'armes devant les Tourelles.

. » Par le même, pour Tachât de quatre douzaines de tasses de Beauvais , envoyées devant les Tourelles. » • < L'attaque des Tourelles étant, arrêtée pour le lende*. main 7 mai, samedi, les procureurs de vdle ordonnent

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de Ibuniir aux Ivoupes tout ce dont elîes pourraient ùroîr besoin pour celte anaire (41-59-60).

«.Jehan Martin, ii/t//Zwr( armurier fournit deux douzaines de fusées incendiaires pour bailler à Maître Jehan ^ le coutevrinier, pour fiiire sauter et brûler le pont des» Tourelles (59-60).

» Jehan de Yonîes donna quatorze peaux de mouton> pour faire les lances et fusées données à Jehan le coule- Tnnier (p-Sg-ôo). .

» GuiUeman , le charron , fut chargé de fournir vingt-^ deux grandes lances pour aller faire le siège des Tourelles.

» Jehan le Camus fournit deux crocs pour porter à l'attaque des Tourelles (9-59).

> £mery,le Jevre (le serrurier), donna deux pinces de fer pesant ensemble 54 liv.^ pour être portées devant le» Tourelles (9-59-60). »^

Les fusées incendiaires étaient déjà connues à cette époque; nous n*aTons pu nous procurer des renseîgnemens certains sur leur forme, et leur composition ainsi que sur les moyens de s*en servir: nous savons seulement qu'elles étaient recouvertes de peau de mouton pour les préserver de l'humidité, et quelles étaient quelquefois attachées à une flèche ou fer très-aigu qui les fiixait sur les. objets qu'elles atteignaient (9).

Le Maître Jehan , auquel elles furent remises , était cet habile et brave soldat qui se fit si souvent remarquer au siège. Des auteurs* prétendent qu'il était du pays de Jeanne d'Arc ; d autres en doutent, parce que la vierge de Vaucouleurs ne lui fit pas plus d'accueil qu'aux autres soldats de la garnison. Cet homme de cœur fut chargé de détruire , avec ses fusées incendiaires, le pont des Tourelles, seul endroit par où les Anglais pouvaient se sauver.

Les lances fournies aux soldats français étaient destinées à écarter les ennemis qui voudraient défendre les approches du fossé.

Les crocs et lespincesde fer devaient servir pour ébrajDtler et renverser les piquet» qui soutenaient les palisr sades.

Jehan Hilaire, procureur et receveur des deniers, con> muns appartenant à la ville d'Orléans, paie et ])uille des deniers de sa récepte à Monseigneur le Bastard d'Orléans

(DuDois) , la somme de 5oo liv. totirnob pour i4>ooo traits qu'il avait fait Tenir de Blois (g-Sp). Copie de la quittance qu'il donna au payeur : « NouSy Jehan, hastart d'Orléans , comte de Porcieu, et de Martaing, grant chambellan de France , et lieutenant de Monseigneur le Roi sur le fait de la guerre et «ifiicÀié' d'Orléans, contez deBioiSyCtdeDunois, confessons avoir eu et réceu des bourgeois , manans et habitans de la ville d Orléans par la main de Jehan Hilaire, receveur des deniers appartenant à icelle ville la somme de V G livres tournois à nous deue pour quatorze milliers de traits à arhalestres ou environ, que avons fait mener de la ville de Blois en teste dite ville d'Orléans en ung tonneau, trois traversains et deux casses (caisses') pour bailler aux gens de traits estant en icelle ville pour lever le. sié^e des Anglais est ans devant , de laquelle somme de VC liv. tournois , nous, nous tenons à contend et en quietons ladite ville, ledit receveur j et tous autres tesmoings , nos scel et saùig^ manuel ci mis le sixième jour de may

» Le Boêtmrt d'Orléans (9^41-^)- *

Jeanne d'Arc , secondée par Dunois , le connétable de Rieux , et toutes les troupes qui la veille avaient attaqué la forteresse des Augustins, passe la rivière à la pointe du jour, suivie de plusieurs habitans volontaires; les soldats se forment en colonne et tombent à six heures du matin sur le fort des Tourelles, au bout du pont^ du côté du faubourg du Portereau. Ce fort était défendu par Glacidas , un des plus vailhins capitaines de son temps, et 1,200 hommes de garnison (9-i3-4i).

Il y avait déjà huit heures que l'attaque durait sans résultat, Duiiois fit sonner la retraite; Jeanne d'Arc, étonnée de cet ordre, voulait ne pas quitter l'assaut; vaincue par les observations des chefs , elle consent à ce que les troupes prennent un peu de repos et des alimens; pour elle, se retirant dans un lieu écarté, elle se mit en prières (40*

Quelques instans après , elle revint disposer les troupes pour renouveler l'assaut ; la première, elle descend dans le fossé (|ui était en avant des Tourelles et du pont-levis; la première aussi elle s'empare d'une échelle et y monte \ son exemple est suivi des troupes électrisées par son courage et animées par sa voix qui leur criait d'un ton inspire :

«A moi, mes amîs, ils sont à nous, entrons dans IWfoywe.» Alors rien n'arrête les Français , Uis armes des Anglais, les pierres énormes qu'on roulait sur eux,, les maillets de plomb , les massues avec lesquelles on les i^^nmiait^ ne nrent que redoubler leur ardeur (9-1 3-4 1)-

Les Orléanais arrivent en masse par le pont; mais arrê^ tés par la rupture des arches en avant des redoutes de la Belle-Croix, ils se mirent à traîner, à force de bras, de^ poutres, des solives; elles se trouvent trop courtes, un charpentier ajoute à la plus longue une autre pièce de bois le plus solidement possible; on pousse en avant ce pont chancelant et il va se joindre à l'autre bord; on . .

place un étai dessous. Le frère Nicolas de Giresme, commandeur de l'ordre des chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem, et Charles de Martres y passèrent les preoiiers^ t. (9-41). "«^

D'autres apportent des échelles, des planches et même les gouttières des maisons de la ville voisines du pont; alors le boulevard du nord des Tourelles se trouve assiégé en même temps que les Tourelles au sud (9-i3-4i).

Il y avait dt'jà quatorze heures que le combat durait f les Français avaient été repoussés jusqu'à quatre fois, autant de luis Jeanne d'Arc les avait ramenés à la charge, en se signalant par des actions de valeur qui remplissaient» d'admiration les deux partis. Enfin le fort des tourelles est pris d assaut , et la Pucelle d'Orléans qui était montée une des premières sur les crénaux, y planta son étendard : les soldats qui la suivaient et les habitans d'Orléans le saluèrent de leurs cris d'allégresse^ Six cents Anglais furent taillés en pièces , plus de deux cents se noyèrent en voulant repasser avec trop de précipitation le jK>nt-leTis qui com^ muniq uait aux Tourelles ^ et ^uî avait été en partie ébranlé et brûlé par les fuséea incendiaires de Maître {ehan le cou^ levrinier (9-40-59).

Le capitaine Anglais Glacidas trouva la mort dans les flots de la Loire , par la rupture de ce pont. Jeanne d'Arc^. ayant feit recueillir son corps, le renais à ses coinpatrio^ tes (8-9- 1 3-4 1).

La. Pucelle fut blessée d*un coup de flèche, entre le cou et répaule, au-dessus du sein gauche. Elle rentra en triomphe dans Orléans^ en passant par le pont dont on avait complètement rétabli la conmiunication à h Belle-^

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Croix } par le moyen d*im grand nombre de solives et de planches qu on ayait apportées de la ville : arrivée à son logement de la porte Renard , elle fit panser sa blessure sur laquelle on appliqua de Thuile et du lard (9-41)*

Un Orléanais, brave soldat et excellent capitaine ^ nommé Lebourg de Labar, fait prisonnier de Jean Talbot , depuis quelques jours , fut confié à un moine Augustin y anglais de nation, qui, pour s'assurer de son captif, lui avait fait mettre les fers aux pieds. Le religieux, ne sachant pas, à la porte Bannier où il était, ce qui se passait sur le pont, voulait remettre son captif aux Anglais qu'il croyait encore maîtres de la bastille de Saint-Pouair, nommée Paris; mais' le prisonnier, plus au fait des événemens, saisit le moment, se jette brusquement sur l'Augustin en lui serrant fortement la gorge; il ne lui acoordU grâce que sous la condition qu il le porterait sur ses épaules jusqu'au imlieu d'Orléans. Sa présence d'esprit rendit un service d'autant plus i^rand, que le religieux ^ captif à son tour, donna sur l'armée anglaise les détails les plus importans (9-1 3).

Les procureurs de ville (échevins) font distribuer de l'argent aux soldats blessés pour se faire panser par les gens de l'art (9-59-60) : au nombre de ces soldats était Berthault Coulon , homme d'armes de la compagnie Audin de Boissy, lequel avait été blessé d'un coup de canon, à Fassaut du boulevard duPortercau d'Orléans (9-59) ;

« A Raouiet de Récour, procureur , pour remettre à Klt^ homme qui a été blessé aux Tourelles ;

» A Jehan Mahy, pour donnera trois Escossois (soldats écossais) qui estaient blessés, pour leur aider à vivre (9-5o). « ^ . ^ ^

Il paraît qu'à cette époque il n'y avait point d'hôpitaux militaires , et que lorsqu'un soldat élait blessé, on lui don» nait de l argent pour se faire panser (9-5o).

Jehan Hillaire, procureur de ville et receveur des deniers communs , tait payer les personnes qui pansaient les blessés et les malades , savoir :

« Thomas Curogier, pour son salaire (\ iï\o\r appareille (pansé) les hommes d'armes qui ont été blessés, par l'ordonnance des procureurs (9-^)9).

» Jehan Pichoré, barbier, pour avoir visité les blcciez fblessés) en ladite ville et o^^are/V/c (pansé), par l'ordon-^ iiaiice des procui'curs»

» Au même, pourcequil a revisité des gens d'armes bléciez (blessés) devant le siège des Tourelles (9-59-60). »

Les paiemens faits par les procureurs de ville, comme il est détaillé ci-dessus, prouvent qu'indépendamment de Vargent qu'on distribuait aux soldats blessés pour se faire panser eux-mêmes, il y avait des gens de l'art qui étaient salariés par les procureurs (9-59).

Les Anglais, voyant que leurs principaux forts étaient » miUV. pris , ainsi que les Tourelles, et que les vivres et les munilions de guerre pouvaient entrer facilement dans Orléans, se décident à se retirer, c e jour, 8 mai 1429 , dès le matin, après un siège de six mois et vingt-six jours , ayant commencé du 12 au i3 octobre 1428. Ils avaient perdu de 5 à 6,000 hommes, de l'artillerie, des munitions, des effets de campement, d'habillement et des sommes immenses; leurs dépenses ayant été évaluées à 4o,ooo livres par mois, ce qui fait environ i,333 livres par jour > somme énorme pour l'époque (8-9-i3-4i).

La levée de ce siège, le plus fameux qu'on ait soutenu de puis le commencement de la monarchie française, fit regarder Jeanne d'Arc comme l'ange tutélaire de la France, et lui acquit le glorieux surnom de Pucelle d Orléans (9-1 3-43).

La ville était une des plus fortes de l'Europe ; le Bâtard d'Orléans, Poton de Xaiiitrailles, La llire, Dorval, Thouars , Chabanncs, LLifayette , le maréchal de Rieux, et tout ce que la France avait de plus vaillans hommes sy étaient renfermés ; le roi y avait envoyé le peu de soldats qui lui restai( u t , lesquels furent puissamment soutenus par les habitaiis, hommes, femmes, enfans, élèves de l'Université, et surtout par Raoul de Gaucourt, gouverneur, qui s'y acquit une grande réputation de conduite et de courage (9-i3-4i)'

Pour fêter avec pompe la levée du siège par les Anglais, et en rendre des actions de grâces à Dieu , Jeanne d'Arc ordonna qu'on apportât une table en avant de la porte Renard, et à la vue des ennemis qui se retiraient par Châteaudun, elle fit décorer cette table desomemens religieux, et se prosternant humblement à genoux, avec toute Tarmée fraîiiçaise et les Orléanais , rangés en bataille devant cef autel élevé à la Êice du ciel , au milieu des champs, entré, la ville et les Anglab , on j célébra deux messes que cette mîiUîtude armée entendit avec une attention respectueuse, et dans le plus profond silence : les Anglais, eux-mêmes,'

en ae retirant , n osèrent troubler cette auguste et imposante cérémonie (9-4 1)* Mta* Hw. T»rt Une procession générale est faite, de l'église de Sainte- ' Croix à celle de Notre-Dame-dés-Miracles, à laquelle assista une grande partie des Orléanais, le clergé, les reli* gteux de tous les ordres, les magistrats, les militaires, et surtout la Pucelle d'Orléans, portant son étendard vîctorieuX) le plus bel ornement de cette première fête (9-41)* Les procureurs de ville , au nom des Orléanais , font plusieurs présens à Jeanne d*ÂTC, et chargent lun d eux , • Jehan Hilaire, receveur des deniers communs, de les payer et de les Êdre présenter à cette héroïque fille (9-59). Il paya :

« A Jacquet Compaing, pour demy aulnes de ver» (étoffe), achestés pour faire les orties (ornemens ou broderies représentant des plantes nommées orties) des robes de la Pucelle Jehanne, le Jour du lievement du siéjge d'Orléans, Vr pari si s.

« A Massot Bariant, pour avoir tiré à clert un tonneau de vin prins chez Jh. Morchoasme, pour donner à Jehanne le jour du lievement du siège d'Orléans, VP parisis.

«• A. Jh. Lebrun , sellier, pour l'achat d'un g bast à bahu (selle arrondie sur le dessus), et pour ung bahu (coffre dont le couvercle est arrondi et couvert de clous de cuivre'i serrures , courroys, sangles, et pour touailles (toile) pour le guernir par dedans avec couverture pour donner à Jehanne la pucelle , pour le tout, LXXYP parisis.

>» A Jh. Morchoasme, pour argent baillé pour l'achat de VI chapons, IX perdrix, XII congnins (lapins) et ung fésan présenté à Jehanne la pucelle, YI Uv. XU^ III deniers parisis. »

Dunois ne fut pas oublié par les Orléanais qui lui firent présent (parles mains de leurs procureurs) de plusieurs choses.

« Jehan Leberche, est chargé de l'achat d'un luz (poisson) ung bar (barbillon) et autres poissons pour être présentés à M. le bastard d'Orléans, comte de Dunois.

» Jacquet Lepresire est chargé de faire faire deux cents mestiers d'oubliés (sortes de petites tartelettes sucrées de l'épaisseur d'une oublie ) pour M*", le bastard d'Orléans.

Les Orléanais, reconnaissans des services rendus pendant le siège de leur ville par les diverses capitaines et

ft

gens de guerre qui étaient dans la place , chargent leurs magistrats de leur payer et répartir la somme de 2,400 liv. En conséquence, le payeur des deniers communs de la ville remit à M. le bastard a Orléans la somme de 2,400 liv. parisis , valant 3,ooo liv. tournois de la monnaie qui avait cours au mois de mai 1429 , à 20 liv. tournois le marc d'argent; laquelle somme, les gens déglise, bourgeois, manans et habitans de la ville d Orliens accordirent audit mois de may païer et bailler pour payer les cappitaines et gens de guerre estant en ceste ville , ad ce que vers le temps où fut mis le siège devant la ville de Jargeau (9-59). »

Plusieurs Orléanais et des soldats de la garnison sortent de la ville au nombre de cent cinquante environ, sous la conduite de La Hire, et suivent les Anglais pendant plusieurs lieuês, pour s'assurer si c'était bien par Châteaudun qu'ils se retiraient (9-i3-4i).

Les Orléanais se répandent en foule, ce jour et les sui- Hém» iour «t vans, dans toutes les bastilles , forts et batteries abandonnés par les Anglais, renversent tout, et rentrent dans la ville avec les vivres, les munitions de guerre, les bombardes , les gros canons que les ennemis n'avaient pu emporter dans leur fuite (9-4 1;«

Un historien dit qu'ils retrouvèrent une grosse et belle cloche que les Anglais avaient enlevée dans les environs.

Cette cloche, que les Anglais n'avaient sans doute pas eu le temps de fondre, était peut-être celle donnée à 1 église de Cléry, par Philippe-le-Bel, en iZo^, (J^oir page i33 et 210) (8-79). ' • ^

Jeanne d'Arc quitte Orléans qu elle avait habité pendant 9mii dix jours (du 29 avril au 9 mai). Elle avait lo^é tout ce temps, ainsi que son frère Pierre d'Arc, près la porte . Renard, dans l'hôtel de Jacques Bouchier, trésorier du duc d'Orléans j appelé aujourd'hui la maison de l'Annonciade. Elle mangeait chez lui d'une manière si frugale que, par le compte arrêté plus tard par les ëcheyins et le trésorier Bouchier, sa dépense personnelle en son hôtel , celle de son frère, de son aumônier, de son écuyer, de son page et de trois dievaux , pendant dix jours, ne s*éleva qu'à vingt livres parisis. Elle couchait dans la chambre de la femme de son hôte , dans le même lit que sa fille, au rez-de-chaussée : cette chambre se voit encore présentement (8-9- 1 3- 4i-49-5o).

A son départ , les Orléanais lui témoignèrent leur admiration et leur reconnaissance : plusieurs se mettaient à ses genoux et baisaient ses habits en criant : « Voilà notre libératrice !» Elle sortit de la ville par la porte Renard , et conduisit à Chinon les troupes qui avaient défendu Orléans , étant toujours accompagnée par le comte de Danois (9-i3-4i).

C'est depuis le siège d'Orléansque lesurnonide chiensîwt donné aux habitans de cette ville par les Français. Otte épithète, loin d'être injurieuse, comme elle pourrait le paraître au premier abord, n'a rien au contraire que d'honorable : le chien est le symbole de la fidélité , et la fidélité des Orléanais, pour leur patrie et leur roi, venait d'éclater au plus haut degré. Indépendamment de leur service personnel, ils se taxèrent volontairement à des sommes énormes. vSoixante-dix pièces de bombardes, canons ou coulevrines furent fondues en partie à leurs frais et les matériaux fournis par eux ; les catapultes, les engins, les arbalètes, les traits, les autres attirails de guerre, payés de leurs deniers; les munitions de bouche, les armes, la poudre, en presque totalité, louriiies par eux ; enfin les soldats de la garnison étaient logés chez les habitans qui, à tour de rôle , les reçurent à leurs loyers , comme leurs frères, pendant tout le siège. Lors du séj<jiir de Jeanne d'Arc, leitr nombre s'élevait de 6,000 à 6,5oo (8-9-1 3-4 ï-49)«

Etat nominatif et alphabétique des principaux habitans d'Orléans qui se distinguèrent pendant le siège de cette ville, par leur courage, leurs sacrifices ou leur patriotisme, recueilli aux archives de la Mairie et à la bibliothèque publique, sur les manuscrits de cette époque (4~9)*

Acarie (^Guillaume). Boilleau (J.) âgé de 57 ans.

Acarie (Pierre). Bonneval (Jehan de).

Anquetil (Sandrin). Brunet (Perrin).

Allais (Jehan des). Beauharnaîs (Guillaume).

Aubelin (Jehan). Boillevache (Pierre).

Baudry (r.ouîs).

Boillève (Girard). Barbier (Domaînguin).

Boillève (Guyot). Barantin (Pierre).

Boilleau (Girard), Brune (Louis).

Boilleau (Ciuyot). Brune (Renault).

Boilleau ( Aubery). Bouchier (Jacq*), trésorier.

Boilleau (J.), âgé de ^o.iins. Bouché (Pasquier).

Berruyei (Guillauine le), Blois (Jehan de).

Bezarcl (Guillot).

Boissy (Tliomas de).

Barbeau (Etienne).

Bruneau (Jehan).

Bourges (Etienne de).

Bordier (Jehan).

Bec (Â. du), prévôt d'Orl.

Bourdon O.) , seign' de File* Bourdon ^erre).

Boulard (Philippon).

Baguenault (Guillaume).

Gony (Cosmede). Ghef-de-VîHe (Jehan).

Champeaux (Jehan de).

Ghampeaux (Fouquet de).

Goulons ^Jehan de).

Gouions (Guillaume de).

Ghauyreux (Girard).

Ghenu (Guillaume).

GhartresYJehan de).

Ghartres (Pierre de).

Gompaing (Jehan).

Gompaing (Jacquet).

GhauveaU (Guillot).

Gharles (Philippon).

Ghartier (Jacquet).

Ghartier (Raoul).

Ghapellier poulet le).

Gangj (Denis de).

Gormereau (Jacquet).

Gomfereau (Pierre).

Gaba (Innocent).

Gaba (Gentien).

Golas (Guillot).

Comte (Antoine de).

Dureau (Jehan).

Durant (Guillaume)' Durant (Jehan).

Dumuys (Jehan ).

Daviau (Jehan).

Doucet (Guillaume).

Deloynes (Jacquet).

Delistelle (Regnault).

Filleul (Simon).

Filleul (Michelet).

Faubert (ThomaMÎn}.

Faure (Simon le).

Framberge (Pierre).

Fossé rSimon du).

Fossé (Guyon du).

Gauthier (Robin).

Girault (Guillaume).

Godin (Grervaîse).

Gault(Pcrrin).

Garnier (Jehan).

Guitry (Michau).

Gastellier (Perrinet le).

Hueret (Jehan).

Hatte (Jehan).

Hue (Jehan).

Hue (Perrinet).

Janvier (Jehan).

Julian (Guillaume).

Jaquet (Girard).

Luillier (Jehan).

Luillier (Jacques).

LuilUer r Chariot;.

Leclerc (Jehan).

L'homme (Jacquet de).

Lelong (Chariot).

Legier (Jehan).

Legier (Pierre).

Legier (Drouet).

Langlois (Jehan).

Largentier (Jacquet).

Langevin (Jehan).

- aV» -

Ladmirault (Etienne).

Lallemand (Jehan).

Lallemand (Bernard).

Laurent THervé) , iieut.-gën.

Lemaire (Gui 1 lau nie).

Leprestre (Jehan').

Lefebvre (Robin).

Lefebvre (Raoulet). Lefebvre (Etienne).

Laureau (Guillaume).

Leiievre (Macé).

Lecharpentier (Jehan).

Legrand (J.), âgé de 60 ans.

Legrand( J. ) , âgé de 48 ans.

Lamy (Perrin).

Lestrahy (Jacquet).

Lecharron (Jehan).

Lecharron (G ui 1 laume).

Lecamus (Jehan).

Leprinoe (Pierre).

Langlols (Grégoire).

Mahy (Colin).

Mahy (J.), âgé de 69 ans.

Mahy (J.), âgé de 5o ans.

Moreau( Henry).

Mareau (Perrinet).

Mareau (Henry).

Mareau (Guyot).

Mareau (Robin).

Martin (Jehan), tailleur.

Martin (Jehan), coutellier.

Mesmin (Gille de Saint).

Mesmin (Ai^nan de Saint).

Mariette (Vincent).

Milet (Pierre).

Monceau (Jehan).

Merlin (Guilhiume).

Monsire (Jehan).

Morchoasme (Jehan).

Malier (Huguet).

Mango (Etienne).

Maillard (Jehan).

Ménager (Jehan).

Miron (Gmude-Jehan).

Nicolas (Denis).

Nicolas (Estienne).

Nolet (Cohn).

Nolet (Pilippot).

Ogicr (Jehan).

Odeau(GiUet).

Petit (J.) , place St-Sulpice.

Petit (J.) , rue Ste-Gatherine.

Prévost f Jehan) , tanneur.

Prévost (Jehan) , fèvre.

Pillos (Jehan) , de Viallon.

Petit-Bois (Jehan), Paré (Jehan).

Papin (Jehan).

Pencoreille [i/L^ Guillaume), Potier (Guillaume).

Pinurier (Samson).

Planche {ly des) , châtelain.

Pâris (Philippe).

Renvoisel (J. le) , d'Orbec.

Roiche (Jehan de la).

Rousseau (Guillaume).

Rousseau (Colin).

Rivière (Thomas de la).

Rome (J. de la) , âgé de 2oatis.

Rome (J . de la) , âgé de4o ans. ^ Renier (Etien ne).

Regnault (Jehan).

Regnault (Henry).

Regnault (Pierre), Rose (Jehan).

Rose (Fouque).

Rou (Jehan).

Renard (Rcrtbicr).

Recour (Raoul de).

Simon (Jehan). Thaumestières (Bernard de).

Simon (Guyon). Triquoys (Jehan).

Simon ^aulder). Thou (Semestre de).

Saget (Gilet). Tassin (Roillard).

Sancerre (Jacques de).

Salraon (Jehan). Yille-en-Desert (Jehan).

Saunier (Estienne). Volant (Jehan).

Soulaire (Jehan). Vincent (Noël).

Sevin (Jehan). Villedard (Estienne).

Sevin (Thonion ). Vellier (Jacques de).

Sevin (Berthault).

Souldan (Philhppot), Ytasse (J.) , âgé de 20 ans.

Ytasse (Jehan), rue au lin.

Troyes (Jehan de). Ysembert (Jehan).

On Toit qu'en 1428 ^ Tusage était de ne donner à chaque personne qu'un seul nom de haptéme (4-9)-

Lorsque deux personnes portaient le même nom de fa« mille et le même nom de baptême 1 on les distinguait par leurs professions ou la me de leurs domiciles, ou enfin par leur âge.

On Toit encore au*à cette époque plus d'un tiers des Orléanais portaient le nom de Jehan; puisque sur les ao5 noms ci-dessus il 7 en a 76 ayant ce prénom.

Jeanne d'Arc arrive à Blois , le roi Charles VU , qui était m » dans cette ville, la reçut ainsi que le comte Dunoîs , ayec les témoignages de la plus vive reconnaissance ; il appela la Pucelle le sauveur de l'état; il Fanoblit, ainsi que son père} ses trois frères, et toute leur postérité , même féminine; changea le nom de leur race, qui était d'Arc, en celui du Lis, et leur donna pour armes ùn écu d'azur à l'épée mise en pal , ayant la croisée et le pommeau d'or, accotté de deux fleurs de )is , et soutenant une couronne de même sur la pointe. Elle reçut ces honneurs avec là modestie qui accompagnait toutes ses actions; en même tem^ elle déclara à ce prince que le premier objet de sa mission avait été de délivrer Orléans, et que le second était de le mener à Reims pour y être sacré {Ai-A^y

Le roi Charles VII , résolu de se mettre à la tête de son hiî ua$. armée , prend le parti de profiter de la consternation des Anglais pour balayer tout le pays qui environnait Orléans , avant que de se rendre à Reims; la chose étant de difficile exécution , parce qu il fallait traverser 40 lieues

tle pu}i> occupe pai les ennemis , on fit d'abonl marcher des troupes sur la petite ville dv Jargeau, dans l'Orléanais, et Jeanne d'Arc fut chargée de cette expédition (9-41-4^)ter {ttin im Jacquemin ou Jacques d'Arc , frère aîné de Tcanne d'Arc , arrive à Blois pour partager les travaux de sa sœur et de son frère Pierre, qui n avait pas quitté la Pucelle (B-9).

7 {Hiii im Charles VII fait partir Jeanne d'Arc et le duc d'Alençon de Blois , avec ordre de se rendre à Jargeau , pour en chasser les Anglais qui occupaient celte ville , que Jean de la Poule , un & leurs capitaines, avait prise avant le siège d*0rléaii8. Les deux frères de la Pucelle , Jacques et Pierre d'Arc, furent de cette expédition ^9-41)*

Sinio liit. : Les procureurs de ville font faire deux sangs pour signer rpoinçonner) les pioches, pies , pelles et autres attirails de guerre appartenant à la ville , et qu'on lui avait donné ordre de tenir prêts pour le siège de Jargeau , afin de ne pas les confondre avec les autres (59-60).

Jehan d'Orléans, le hérault de la ville, va crier par toutes les places et carrefours que le lendemain , jour de la Fête-Dieu, on porterait le corpus Domùu, et que les gens d'église seraient nu-pieds (9-59).

Le hérault de ville était une espèce d'officier qui portait une robe , sur laquelle étaient peintes, devant et derrière, les armes de la vflle; il avait dans sa main droite une masse et sur sa tête une toque ; ses fonctions étaient d'annoncer ' par la ville les ordres du coi])s des procureurs (échevins) ainsi que les fêtes civiles et religieuses. On l'appelait aussi cteur de lis, à cause des armes de la ville où se trouve le pistil de cette fleur. Dans certaines occasions de ses fonctions , il portait encore la dénomination de poursuivant , parce qu'il était chargé de poursuivre ceux qui n'obéissaient pas à ses ordres et les citait à là chambre de la ville (9-59).

• * JJ? Grande procession de la Fête-Dieu , où fut porté le corpus Domini (Saint-Sacrement) , remarquable parce que les &sns d'église furent nu-pîeds, et par les chapeaux de neurs ou couronnes qui étaient sur la tête des procureurs de ville , qui portèrent le ciel ou dais sur leurs épaules.

Ces chapeaux de fleurs, qui furent achetés par Jacquet Leprestres, étaient faits en forme de couronne, avec des bandes qui se réunissaient en pointe au-dessus de la tête.

Jeanne d'Arc arrive à Orléans, en allant à Targeau pour en faire le siège. Elle tut reçue comme en triomphe et saluée des acclamations et des bénédictions des babitans de

cette ville (9-40-

Jeanne d'Arc quitte Orléans pour se porter sur Jargeau ii iuiDia». avec les troupes qui étaient sous ses ordres et plusieurs braves Orléanais qui la suivirent dans cette ex|)édition , pomposée d'environ 8,000 combattans (4i)-

Le Maître Jehan , le valeureux coule vrinier, qui s'était fait remarquer au siège d'Orléans, voulut aussi participer , à ce siège, auquel il se rendit avec sa grosse coulevrine, son petit chariot et ses ^'ar/e^J (9-13).

Les procureurs de ville paient par les mains de Jehan Morchoasme, l'un d'eux, à Thevenon Villedart, la dépense que ont faicte en son hostel les frères de la PuceLle pendant leur séjour dans Orléans ^9-59).

Jehan Morchoasme, procureur de ville , est chargé de bailler aiixdits frères de la Pucelle pour don à eulx fait trois écus dor qui ont coustc chacun 6/\ sons parisis. ^

Chariot le Long, par ordonnance des procureurs , fournit aux frères de la Pucelle, trois paires de houscaux (guêtres en cuir qui s'attachaient ^ivec une broche en fer en place de boutonnières) et aussi trois paires de souliers.

Prise de lu ville de Jargeau, laquelle fut saccagée : les as- Ujuin 1429. siégéssont passés au fil de l'épée. Jean ne d'Arc étant montée à l'escalade une des premières , fut renversée dans le fossé par un Anglais qui lui jeta sur la tête un gros caillou , et sur le point d'être prise , lorsque le Maître Jehan vint à son secours avec sa grosse coulevrine; il tuait tous les ennemis qui s'approchaient d'elle, et parvint à la sauver (4i)«

Le frère du comte de Suffolck est fait prisonnier à Jargeau et envoyé à Orléans pour y rester sur parole jusqu à ce qu i 1 eut payé sa rançon.

La ville de Meung est assiégée par une division de 1 ar- isjuiuUift. mée du roi Charles VII ; mais la garnison anglaise, intimidée par ce qui s'était passé à Jargeau, se rendit à la première sommation (43).

Le siège est mis devant la ville de Beangency , les An- 29 Uiuiuiv glais qui l'avaient fortifiée fiieiit voir qu'ils voulaient la défendre avec opiniàlreti'. Le roi Charles VU confia à Dunois et à Jeanne d'Arc, qui étaient revenus près de lui, le soin de réduire cette place (43-4 ï)«

Le coniuka])lc cK^ lUchemont, lâché de n'avoir point de part à ce retour de fortune pour la France , et se dissimulant à lui-même l'aversion que le roi avait pour lui , assemble un corps de 2,000 hommes de pied et de 1,200 chevaux, et vient offrir ses services à Charles VU, qui les accepta avec joie (4 1-4^)-

Son armée se joij^nit à celle du roi, et la prise de Beaugency fut le résultat de cette réunion , malgré la résistance des Anglais. Jeanne d'Arc s j fit remarquer par son intrépidité.

*Tutii<S^' Anglais qui ignoraient la prise de Beaugenry, qu'il»

croyaient pouvoir résister long-temps, se mirent en marclie pour en faire lever le siège, et Ton comprit bientôt qu'on ne pouvait éviter une bataille : on fit d'abord retirer le roi pour ne pas expo.«er sa personne dans un combat douteux.

Les Anglais étaient campés au bourg de Patay , en Beauce, près d Orléans, au n()nd)re de 5,395 hommes. Le connétable de Richemont , auquel le roi avait donné le commandement de toute l'armée française , résolut de les surprendre, d'après l'avis de Jeanne d'Arc qui lui avait assuré le gain de la bataille ; il les attaqua à la pointe du jour et dans le temps qu'ils n'étaient pas préparés au combat ; Talbot qui les commandait fit la plus vive résistance, mais ses troupes furent enfoncées, il fut fait prisonnier avec 1,200 soldats , et les Français remportèrent une vic^ toire complète (9-41-43).

SAjaiiiUia. L'armée victorieuse arrive à Orléans pour se renforcer de toutes les troupes qui se rendaient dans cette ville (4*)- «Mjwjj^JJ». Jeanne d Arc revint pour la troisième fois à Orléans ;

elle fit tirer par devers le roi tous les gens d'armes avec habillemens et charroy. A mesure que de nouvelles troupes arrivaient dans la ville, elle les passait en rerue dans la place du marché et les dirigeait sur Gien où étsât le i^ndez-vous général de l'armée. Elle se donnait Beaucoup de peine pour hâter l'armement et l'envoi des troupes , et ne se permettait aucun repos (9-4 1 ) •

Mininitt», Jeanne d*Arc quitte Orléans pour se rendre à Sully où '-"'^ était le roi Charles VII; elle fat escortée pendant plusieurs lieues par une grande partie des Orléanais , qui ne 'pouvaient se ksser de la Toir et de lui témoi^er leur reconnaissance , pressentant qtt*ils ne la reverraient plus.

A la nouvelle des victoires de Charles VII , qui se ré- i«r luUkt wtK. pandit rapidement, toute la noblesse de France accourut à l'armée du roi , et le retour de la fortune ramena au monarque la plupart des seigneurs que son adversité avait écartés. Louis III , roi de Sicile , frère de la reine , y vint aussi , amenant avec lui un escadron de TaiUans honunes (4i-43).

Le roi de France quitte Gien, où il était venu camper, et s'avance à la tête de son armée , qui se montait à environ 12,000 hommes, vers la ville de Reims, où la Pucelle le pressait de sa rendre pour accomplir le second point de sa mission.

Charles VII fait son entrée triomphante dans la ville de 14 i«uk* im Reims , ayant à ses côtés le roi de Sicile , son beau-frère , et derrière lui la Pucelle, portant son étendard déployé; le comte deDunois, le connétable de Richemont, le maréchal de Rieux , Lahire , Xaintrailles ^ La£ajette et une Ibule d'autres capitaines.

Jean de Saint-Michel, évêque d'Orléans, part de cette ville pour se rendre à Reims, où il avait été appelé par Charles VII , pour assister à son sacre en qualité de pair ecclésiastique (21).

Charles VII est sacré à Reims avec toute la pompe qui « Mwt ua», convient à cette cérémonie. Jeanne d'Arc, placée dans un '^•"•^*** lieu apparent, tenant toujours son étendard , était le plus bel ornement de cette fête, en partie son ouvrage; elle s'agenouilla devant le roi , et l embrassant par les jambes, lui dit : « Gentil roi , or est exécuté le plaisir de Dieu qui voulait que je levasse le siège àOrliens^ et vous menasse en cette cité recevoir votre saint sacrement (9-40-4 1-43)- *•

La cérémonie étant terminée , la vierge de Vaucouleurs exposa au roi que sa mission était finie et le pria de lui permettre de se retirer dans son pays ; le roi s'y opposa et TOulut quelle continuât de l'aider de sa valeur (4i-43).

Charles VII nomme Pierre d'Arc, le plus jeune des frères de la Pucelle , celui qui était venu avec elle à Chinon et qui ne l'avait jamais quittée, prévôt de Vaucouleurs, en récompense des services de sa sœur. Pierre quitta Jeanne d'Arc pour aller prendre possession de sa nouvelle charge , et tut suivi de Jacques, son frère aiaé, qui était venu les trouver à Blois (4i)-

Charles part de Reims , et est reçu dans toutes les villet i«r mai wt^

devant lesquelles U se prtfsenle: Senlis, Beaiivais , Compiègne et plusieurs autres villes lui ouvrirent leurs portes et lui firent (les offres (43).

tioâtua. Fameuse journée de Mont-Piloër, où, depuis le lever jusqu'au coucher du soleil , les guerriers les plus vaillansde France et d'Angleterre combattirent par groupes détachés, à la manière des héros d'Homère , firent à l'envi des prodiges de valeur, et ne purent toutefois s'enlever la victoire ; Jeanne d'Arc se fit remarquer par son courage, ainsi que Suffolck, et Talbot, qui ayant été fait prisonnier a la bataille de Pataj, était parvenu à payer sa rançon (Al)-

«s» moût ik». (Charles VII réunit toutes ses forces, et sous la conduite de Jt arine d Arc et de ses autres généraux, prend Saint-Denis et campe ii Montmartre dans le dessein de se rendre maître de Paris {4i-4^)-

s Mrpiem. 14». Les procureurs tle la ville d Orléans font réparer les Tourelles du pont et le pont lui-même, dont les arches avaient été endommagées, lesquels ouvrages furent faits hâtivement par ordre du prince (jp-ôo).

9 ■^lein 14S9, Charles VU fait attaquer le faubourg St-Honoré de Paris , Tcwdrtdi. Jeanne d'Arc et le comte de Dunois, qui la quittait rarement dans ses expéditions ; mais leurs troupes y furent battues, la Pooelle j fut blessée et renversée dans les fossés; on la tira du milieu des morts. Le roi voyant quil serait trop difficile de se rendre maître de la capitale, retourna à Bourges en Berry , où Jeanne d'Arc fut transportée pour y rester en conyalescence (4i-4^)*

13 oetobr» 14A Procession générale pour lanniversaire du siège que les Anglais avaient mis devant Orléans, le la octobre i4a8

Les procureurs de ville font payer 4 sous pansis par

Jacquet Leprestre, l'un d*eux, à ung pauvre homme

qui avait 6te un cheval mort qui e^ait devant fhostel de

Marescot , pour cause de la procession générale fidte le

douzième jour doclobre , pour mémoire du jour que les

Godons (Anglais) mesdrent (mirent) le siège devant

/ie/i«( Orléans).

SI •etubrr tim Bombachellier, paveur d*Orléans , est <^argé de réparer le pavé du pont de cette ville, dans la longueur de quarante-huit toises et demie, à Tendroit du boulevard de ja. . 9elle-Groix ; lesdits travaux estimés 8 livres (4*59-60).

— aSi —

Fin de l'assemblée des trois états à Orléans; les députés 29«.iobr» 1429. de la ville furent les citoyens Girard ^ Boyleve , Etienne Luilier, maître Raoul, maître Philippe, Guillaume Compaing, Jehan Mignai , et Tlievenet de Bourges. On paya leur nourriture pendant la tenue des états, depuis le 21 jusqu'au 29 octobre; mais on ne paya pas leur nourriture le samedi 24 et le dimanche ^5 y parce qu'il n'y eût point de séance ces jours là (4-^9)*

• Destruction de la catapulte ou grand, couiilard de la otiobn lut tour de SùintrPol, les bois sont portés en la chambre de iriUe (4-9-59)-

Les procureurs de Tilhr chargent Jehan y charretier, de nmasser les tabliers et de lés ardre (bn\ler).

Nous présumons qu'on appelait tabliers , de» registres eu des tarife qui nestaient conMmment sur les tables de l'octroi, lesquels étaient toujours à. la. disposition du pu»> blic qui Toulai^ les consulter. Les placeras se mettaient aux coins des rues, places et earretouKS>.les tabliers restaient sur les tables. L'on disait alors : Donnez-moi le tablier,, pour dire : Donneo-moi le registre ou le livre qui reste sur la table ; ce qui peut donner quelque poids à cette opinion , c'est que dans plusieurs ordonnances des rois de France relatives au tarif des vins , notammentdans eelle de L'année i3a4 9 le nom de tablier est donné au. bu*

reau de l'octroi luinnème (4).

On appelaitaussi tablier desenèces de nappes en grosse toile qui se mettaient sur les tables , lesquelles avaient des Ijamitures. ou p«ndans en toile plus fine qui servaient à 9 essuyer les mains et la bouebe, les serviettes n'étant pas encore en usa^..

Raoul Beaupigné|, charron d'Orléans, est chargé de fidre YeteAi0'aultàSâânte^roiXy pour ^ brûler lestamiersy et de fournir plusieurs étantièreg^ ( pièces de bois) pour fiiire \edit eschaffault qui brftkiit avec les registres.

Jeau VII de Saint-Michel , évéque dOriéans, meurt dans vatk cette ville après en avoir gouverné Féglise pendant environ six ans : ce prélat était écossais (3i-o4}«

Charles VII exempte les Orléanais, pour tout le temps de sa vie , de tailles i subsides, taxes > aides , ban .et arrièreban , et de logement militaire , pour les récompenser desservices rendus à sa personne et à- son royaume, pendant le siège de leur ville et ses guerres avec les Anglais. Lesi

régens, les docteurs et les élèves de l Université furent également exemptés de plusieurs charges et eurent des privilèges, en récompense de leur conduite pendant le siège

ifr Mmcr list. Les procureurs de la ville dOrléans chargent Jehan Mahy d'acheter neuf cents de hareng , à ao sous parisis le cent; 6 mines de pois, à 1 2 sous pansis; 6 mesures Quille , à 4 sous parisis la mesure, pour être présentés et donnés aux quatre ordres mandiens iTOrUens pour le Karesme

it ■ffta 148t. Frère Richart, prêcheur ( prédicateur ) de la ville, ayant

prêché le Karesme à Orléans, est payé par les procureurs

et reçoit des présens; il est défrayé de sa dépense pendant

son séjour dans cette ville.

Guillaume Grelier, hosteiHer^ est payé 9 livres 6 sous

parisis pour toute la dépense ïsâte par frère Richart,

ekêur de la ville, en son hostelet celui de son père, depuis

la veille de Pâques-Fleuri jusqu'au mercredi daprèa la qua-»

ainodo.

Jehan Moreau, libraire^ est chargé de relier lê Iwre à frété Richart , prêcheur de la ville, dont il a bcUllé Sês par* tit$,

Phihppot é^Oriiens reçoit des procureurs de ville 108 tous pansis , pour avoir taillé umgJehtus en eoevre (Christ en cuiTre) pour frère 'Bàûixsl ^ prêcheur. Cette somme lui avait ëté payée en six sabu d*or ayant coûté chacun dixbuit aous parisis.

s »ai MM Les écfaevins de la ville d*Orléans donnent 48 sous pari^ •îa à monseigneur Xmreediacre ( ardiidîacre) de Beaugency , .pour payer les sonneurs qui sonnèrent à Sainte-Croix le jour é» la procession foite le 7 mai , et ausit lea chantres qui y asiiatèrent.

BÎien ne dit si cette procession a été £ttte pour Fanniversaire de la délivrance d*Orléana ou pour un autre motif ^ le fiiit est q[u'elle a eu lieu.

La Yilie donne 4B sous pariais à Jacquet, pour bailler à cmdx qui portèrent les châsses de wmuseignéar aaint Aignan , de monsieur sain t Mesmin , de messieurs saint Benoist^ saint Eloi, et autres corps saints, ainsi que pour payer quatre sergens qui furent à la dicU procession , pour arranger le peuple, et pour payer ce# (ceux) qui portèrent les eschieleties (cloches).

La reine de France , Marie, fille de Louis XI , duc d'An- Mmiitm. jou et roi de Naples, passe par Orléans où elle est reçue avec pompe. Les Orléanais, par les mains de leurs procureurs, donnèrent à Jehan Lecler, orfèvre i\Orliens\ i65 livres i8 sousparisis pour l'achat de six graïuies tasses d'argent pesant dix-neuf marcs six onces achactées chacun marc sept royaux d'or, valant six-vingt dix-huit livres ou cent trente-huit réaux et un quart, qui ont cousté chacun réau 24 sous parisis.

Charles Vil donne des lettres d'anoblissement à Guyot it»MttM. de Mareau , bourgeois de cette ville et procureur (échevin) d'Orléans, en récompense de sa conduite pendant le siège

Charles VU revient a Orléans quelques mois après son sacre et le siège de Paris, avec les princes, les seigneurs de la cour et ses officiers ; il ne fit que passer par la ville et se rendit de suite à Jargeau, où il tint ses Grands-Jours et son conseil : il y appela Guillaume Charrier, évéque d'Orléans (4i)-

Jeanne d'Arc ne put s y trouver, étant restée à Bourges, pour se guérir des blessures qu elle avait reçues à Paris

Par une ordonnance datée de Jargeau, Charles VII accorde aux habitans d'Orléans quelques indemnités pour réparer les murailles de leur ville , ainsi quau chapitre de Saiiit*Aignan , pour relever son église (4).

Charles, duc d'Orléans , quoique prisonnier en Angleterre, gouvernait l'Orléanais par ses officiers, qui lui faisaient passer ses revenus et recevaient ses ordres. Une ordonnance, parvenue d'Angleterre en France, renouvelle le droit qué l'exécuteur de la haute-justice d'Orléans avait de faire payer annuellement une certaine somme d'argent aux filles de mauvaise vie qui demeuraient alors dans la rue Rebouche-Penil ou rue Saint - Flou. Ce droit ayant été suspendu par l'effet du siège de cette ville , fut renouvelé par cette ordonnance , en vertu de celle de 1 409 (4-^)-

leatine d'Arc , à peine guérie des blessures qu elle avait « •»»»« reçues au sié|;e de Paris, se rend à Gompiègne avec Poton de XaintrailleSy pour défendre cette ville assiégée par les troupes du duc de Bourgogne, qui, depuis peu , avait

2uitté le parti du roi pour reprendre celui des Anglais. Ile arrt<7a devant la ville avant le jour et y entra à Finsu

des ennemis : elle prépara tous les moyens de résistance , et fit voir autant de prudence et- de courage à ce siège qu à celui d^Orlëans (43-4 1).

Jeanne d*Arc, ne pouvant renoncer à Fe^ioir de faire lever le siéffe au duc de Bourgogne , fait une sortie avec une partie delà garnison de Gompiègne, et pénétraq t jusqu aux retranchemens des assiegeans, y met le désordre. Toute l'armée ennemie étant tombée sur elle^ elle fit sa retraite avec la plus grande présence d esprit; mais, comptant rentrer dans la ville, elle trouva les portes fermées. Quelques historiens croient que ce fut par une horrible trahison de Flavy , gouverneur de la place : ils prétendent que , par une basse jalousie contre cette héroïne , il avait résolu de la fiiire périr ; il avait la réputation d*un vaillant homme de guerre, mais il était cruel et sans mœurs (9-4 1'43)*

La Pucelle, ayant eu son cheval tué sous elle , tombée par terre ^épuisée de fatigue, entourée d*ennemis quelle combattait encore avec courage , est enfin accablée par le nombre : elle est forcée de se rendre prisonnière de guerre (9-41-43).

S7niti UML Les Anglais, en apprenant la prise de Jeanne d*Arc, firent des feux de joie : les soldats anglais accouraient en foule pour considérer cette fille qui avait vingt ans à peine accomplis, dont le nom seul, depuis une année, portait^ la terreur jusque dans leurs rangs. Leur camp retentissait de cris d'allégresse : jamais les victoires de Créçy , de Poitiers et d*Azincourt n'avaient excité de pareils transports; ils allaient jusqu'à l'ivresse. Ils n'eurent point de repos qu'ils ne vissent entre leurs mains la Pucelle d'Orléansqui leur avait fiût tant de maL Le comte de Ligny, du parti bourguignon, la leur vendit pour une somme de dix mille livres tournois comptant (évaluée soixante-six mille francs de notre monnaie actuelle) et une rente annuelle de cinq cents livres tournois (*).

Ordonnance de Henri VI, roi d'Angleterre relative au procès de Jeanne d'Arc, datée du i^*^ mars i43o.

« Thomas Blouut, cheualier, trésorier et gênerai gou-

{*) Les hiâloricns tic Jb rancc semblent s'être copUs Fun Tautre en dcri- «ant qoe Jeanne d'Arc a «të priae le Vf mai 4430 , et ne pas avoir connu

les ordonnances de Henri \i, roi d'Angletf'rre , relatives à la Pucelle. Ces pièces donnent i.« preuve fjiie celle hcroïne fui prise en mars 1430^ è'est-à-dirc deux mois avant l'epoqne inditiuce par eux.

{f^oir lo preuve dan» hs eivennancee jn» suivent.) '

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verneiir des finances du Roy notre Sire ou ( au) païs et duchié de Normandie; Pierre Surreau , receiicur gênerai des dittes finances, veu par nous les lettres du Roy notre dit Seigneur, ausquelles ces présentes sont attachées, soubs notre signet, nous vous mandons que, des deniers de votre recepte , vous païez, baillez et deliurez à mnistres Jehan Beaupere , Jacques de Tbouraine, INicolc Midi , Pierre Morice, Girard Fucellet, docteurs, et à Thomas de Courcelles, bachelier formé en théologie, à chacun d iceulx, la sonmie de vint sols tournois, pour chacun jour qu'ils afhrmeront auoirvacqué en la matière déclarée es dittes lettres royaux, tout ainsi pour les causes et par la forme et manière que le Roy notre dit Seigneur le veult et mande par ses dittes lettres, et que contenu est en icelles.

* Donné à Rouen, le premier jour de mars mil GCGC €t trente.

• Ainsi signé : LUILIER, auec paraphe. «

*< Vénérables et discrettes personnes, maistres Jehan Beaupere, Jacques de Tbouraine, Nicole Midi, Pierre Morice , Girard Fucellet, docteurs, et Thomas de Courcelles , bachelier formé en théologie , confessent auoir eu et reçue de honorable homme et sage Pierre Surreau, receueur gênerai des finances du Roy notre Sire, en Normandie, la somme de six vint liures tournois^ en déduction et rabat de ce qu'il leur peut et pourra estre due à cause de certaine tauxation à eulx faicte par le Roy notre dit Seigneur ; c'est assauoir de XX soulx tournois pour chascun d'iceulx maistres et bachelier y pour c^ascun jour qu ils affirmeront vact^uer ou aaoir vacqué au procès ecclésiastique commence contre celle femme qui se fait appeller Jehanne la Pocelle , à compter du X vlll* jour de fearier derrenier passé isseluy, jusques à leur retour à Ptois, de laquelle somme de VI " livres tournois les dits maistres et tiachelier se tiennent pour bien paiez et contens et en quictent le Roy 9 notre ait Seigneur, icelluy re-' ceueur et tous autres temoings. Le seinf manuel de moy Jehan Thiessart, notaire du fioy, icy nus le IV* jour de mars mil G G GG et trente.

» Ainsi signé : THI1£SSART, auec paraphe. »

Ordonnance de Henri VI , roi d* Angleterre relative à» f achat de Jeanne d* Arc.

« Assiete faicte par nous Edouard Appatuel, escui<^r es leuz d'Argenthen (*), £xines, Dampfront et Sainct-Silrem, l'an mil CCCC trente, le XX* jour de septembre ; presans ad ce et appelles, Gilles Brochart, lieutenant gênerai du bailli dAllaicon, Mace Delahaye, lieutenantgênerai du Tieomte if Ai^;entheii et £unes, Guillaume Millet et Jehan de Pierres, procureur et aduocat du Roy notre Sire, les sersens et autres notable^ personnes, de la somme de III M. v I. G. XXX liures tournois sur les communs et hafaitans des villes et paroisses de ladite ^oomte d'Argenthen et d'Ëzmes. Icelle assiete fiiicte par vertu des lettres dont la teneur ensuit ; Thomas Blouut , cheualier , trésorier et gênerai gouuemeur des finanoes du Roy notre Sire, en Normandie, et Pierre Surreau, receneur général des dittes finances , commissaires du Rot notre dit Seigneur en ceste partie , aux es leuz, sur le mit des aides, à Argenthen et EÛnes, et au vicomte du dit lieu ou à leurs lieuxtenans, salut. Reçues par nous les lettre^ du Roy notre dit Seigneur, données à Rouen, le second jour de ce preêM moys de septembre , par lesquelles nous est mandé et commis : asseoir, &ire cueillir et lever et rc»cepuoir de dans le derrenier jour d'iceluy moys la somme oe miatre vint mil liures pour' le premier paiement de Taide de VI" mil liures tournois octroier au Roy notre dit Seigneur, par les gens des trois estas du ducliië de 'Normandie et paîs de conqoeste faicte par feu de bonne mémoire son feu Seigneur et Pere dont Dieu ait Tame, en rassemblée faicte à Rouen , ou moys d'aoust derrenier passe , pour tourner et conuertir, c est assauoir : dix mil liures tournois au paiement de l'achat de Jefaanne la Pucelle , aue l'on dit estre sorcière personne de guerre conduisant tes ostz du Daulphin; dix mil liures tournois on fût du siège de Louuiers, ou Bons Moulins, se sans siège Louuiers se peult deliurer^ et le demeurant ou paiement des gaiges des cappitaines et souldoyers du dict duchié de Normandie et paîs de conqueste, du quartier d'an fini à la Sainct Jehan , et de ce présent quartier finant à la Sainct Michel prouchain venant, et auecques la ditte somme de lY milUures tournois nous est mande asseoir sut les dits bourgeois, nmeans

{*) Argentan ( Argent lionium ) , ville de France dans b Basse-Normandie , dcpartement de TOrne , diocèse de Séez. Son commerce est considérable : Hle est vJtfJuk à S liéuet de Séei , S lieues 4/2 de Fdmte et 44 lieues de Paris.

et habiuins la somme de dix mil tiares tournois, pour tourner et conuertîr ou paiement de plus grant nombre de gens que des cent lances quiauoient esté auec eux pour ledit siège, et entendu du second moys d*icelui, nous, en sur ce l'adtda et deliberatîcm de plusieurs des conseillers et offîders du Roy notre dit Seigneur , auons ordonné et ordonnons par ces présentes estre assîz, cueilli et leué sur les habitans des mttes villes et vicomtes d'Argenthen et Exmes, pour leur cotte part et portion dlcelles sommes la somme de trois mil deux cent soixante et une tiures, et par assîetes par vous &ictes sur chacune des villes et paroisses d*iceUe vicomte ^ non comprens en ce les gens aeglise , nobles , viuans noblement , frequentans les armes , ou qui par impotence du corps en sont excusez, et mise-' rables personnes lesqueles le Roy notre dit Seigneur en exempte par ses dittes lettres. Si vous mandons, et paf pouuoir à nous donné, commetons que tantost et sans de^ lay appeliez auecques vous les conseil et procureur du Roy aux dits Heux d'Ai^enthen et Exmes, les sergens d'icelle vicomte et autres personnes notables, en nombre suffisant, vous Êiicte assiete bonne et lo^alle de la ditte somme de trois mil deux cent soixante anq liurés tour^ nois par sergenterie, et sur chacune des villes et paroisses d'icefte vicomte, selon la puissance des habitans aicelles^ au mieulx et plus'loyalement et également que &ire sè pourra; et icelle assiete fidcte, labailUez ou mites bailler aux habitans dicelles villes et paroisses, particuKerement soubs vos seings manuels, pour leur portion asseoir sur eulx , et à cueillir, leuer et apporter par deuers vous Jehan Duual, vicomte du dit lieu d'Argenthen, lequel nous auons commis et, par ces présentes, commettons à icellè somme recepuoir nastement, telement que dedans le dit derrenier jour de ce dit présent moys de septembre elles puissent estre paiées , defiurées et apportées mndbiement, entièrement et sans aucune diminution par deuers nous Pierres Surreau, receueur gênerai de lïormandie dessus dit, pour les conuertir et employer es choses dessus dittes, de toutes lesquelles choses leurs circonstances et deppendances fiiire et accomplir donnons pouuoir à vous, au dit vicomte et à chacun de vous; si comme à lui appartiendra^ mandons à tous les officiers et subgiës d'icelui Seigneur,

à TOUS 6t à TOB commis et doutez, sur ce fidsant, obéissent et entendent diligamment.

» Donné à Rouen^ le tien jours de «eptembre. Tan jttflGGCGet trente.

• Ainsi signe V. FABRK

« Item ensuit la tenneur d unes lettres closes enuoyés par messire Thomas Blouut , cheualier, trésorier, et Pierre Surreau, receueur gênerai de Normandie •

« Chiers et bons amis , » n nous a présentement, par le Roy notre Seigneur, » et par ses lettres patentes données cejourd'hui , este or- » donné et mandé asseoir et faire cueillir et leuer en du- »' cilié de Normandie et païs de conqueste,la somme de » dix mil liures tournois oultre et par dessus l'impost que » vous a derrenierement esté enuoïé, pour conuertir ou *» paiement de certa'ui nombre de gens d'armes et de trais de » creue aduisez estre nécessaires pour le siège que Ton met » présentement deuant Louuicrs; si vous mandons et es- » troictement enjoignons, par vertu du pouuoir à nous » donné et commis par icelui seigneur, que incontinent » et sans delay, vous asseoiez , cueillez et feuez sur les lia-

• bitans de votre vicomte , auecque l'impost dessus dit par » dessus icelui , et tout par un assis, la somme de trois cent » soixante et une liures tournois, pour votre part et porp tion de la ditte somme de deux mil liures tournois ; et « icelle assiete fiiicte, tous, TÎcomte, conseillers et re-

• cepueur, telement et se diligamment ^e dedans le der- » renier jour de ce présent moys elle soit par tous appor- » tée ou enuoyée par deuers nous, en la TUlè de Gaen , sur » paine d'encourir findignation du Roy et priuation de » Totre office, si gardez que en ce n*ait &ulte, et de la re- » ception de ces lettres nous certifiez par cest message , no- » tre Sdgneur soit &;ardé de tous escript.

• A Rouen , le XiV^ jour de septembre, l'an mil GCGG » et trente. »

» Et en la marge est escript : Thomas Blouut , cheualier, trésorier et Pierre Surreau, receueur gênerai de Norman- .die , et aigné V. Fabre ; et auecque ce y est assb la somme de dix liyres dix soulx tournois, pour les coustages et despenses de la ditte assiete baillée à honorable homme et sage Jehan Duual, yicomte de la ditte yicomté, pour en foire

— aSg —

recepte aoubs notre signet et seing manuel de Jehan de Dompierre, clerc de la ditie eslection. Les parties par sergenleries ensuiuent; elles sont sur quatre colonnes ^ signées, au bas de- chaque colonne : DoMPiuui&y ui^ec paraphe.

> La vicomté dAr^nthen, — LueergentenedArgeni^n^

St-Germain et S^Manm d'Argen* 9-ao fiiires».

Mannonuille . • . » » 30 liures.

CoUandon . aoliiiresi

LftGnuiMiilie. ». ». » 6oaoiilx..

Boissay. 33 liures*.

Saint Ghristofe 7 liures.

Juurguj. ^ . . » . 1 3 liures^

La sergenteriè de Lange,

Garni Esios .

Liemy .

Atiban le PàntouC Anneuille .

Guanneselle • .

Lisorres . .

Labeurrière ^ * Mesnil Durant .

4 liures 10 80u£u 19 liures 1.0 soubh.

10 liures*.

a4 liures.

la. liures.

Zo liures..

i5 liuresv 18 liures».

39 liures.

Saint Glore 7 liures zo soulàu

Notre Dame de Victe.

Saint Michel de linet. ^ Romille. ... • , Les ËscolLes Argenthen etExmes ^' lil Bacquille ....

LasergenJtene dEscauchie.

i5 liures»

i3 liures 10 soulz^ ai liures.

Ôosoulz.

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