liures
Laudigatel i5 liiuNas.
Bouu 3o limes.
Carrouges lo litires lO soulx.
Louu 3o soûls.
Sainte Marie la Robert . . . y S soulx.
N. D. du Chasteliisret le Homme. . 1 5 liura.
Mesnil Fille ur % liures.
Saint Gerves de Messie . . • ^3 liures.
Saint Andrieux de Messie. . • ooliurea^
Saveam liures.
Chancelliers tauxé en Ëxmes. • »
F. FresnesleBuffard. . . . pliures.
Rouitemy 7 5 soulx. •
ChanceUièn tauxé en Exmes.
Vaulx leBaudril, Arg. etExmes. . 18 liures.
Merry 3i liures.
N. D. et St. Nicholas des Vignes. . 16 liures 10 soulx.
Perronnellon 60 soulx.
Saint Bartolomien des Houguettes. ai liures.
Brieux . 10 liures 10 soulx.
Géra Argenthen et Ëxraes. . . 38 liures 10 soulx.
MontabortauxëenExmes. . . Nonliiibh*
Beauuois tauxé en Exmes. • . /s^
HablouuUle tauxé en Exmes . Id,
Lacourbe , Argenthen et Exmes « 100 souk.
Eiigles Ghenilte , néant ... »
F. Foui;cheu 4 lîures 10 soulx.
S. Lambert, Argenthen et Exmes. 34 liures 10 soulx.
Pont Escreppin, Arg. et Exmes. 60 soulx.
Seffrie Fontaine. .... ao liures.
Laîande Saint Symeon . a3 liures.
(^Première colonne signée Dompibreb , avec paraphe,)
Mesnilage et Court illes tauxé en Exmes.
Millî 34 liures.
Ru Argenthen et Exnics . . . 10 liures.
lierre Fute Argenthen et Ëxmes. 4 liures 10 soulx.
Say 4 liures.
Goullet , Argenthen et Exmes. . 3 1 liures.
Montgueroui, argenthen et£xm*. 12 liures.
Guy 10 liures.
Moulins , Argenthen et Exmes. . ^3 liures.
Centilly. 7 liures.
Drou 18 liures.
Ners, néant »
Fontenoy tauxé en Exjnes. . . »»
La Gouppilliere 6 liures.
La sergerUerie de Trun,
Trun tauxé en Exmes . . " . ' •» •
Saint Pierre delà Riuiere. • • 1 1 liures 10 soulx.
Auemes , Argenthen et Ëxmes. . 1 6 liures 10 soulz.
Neauffle 6 liures.
Ligneris, Argenthen et Exmes. . 6 liures 10 souhc
Tournay, Argenthen et Exmes. . 4^ liures.
Fontaines les Basses tauxé en Ex*. »
Les Moussiers , Argent, et Exmes. 1 5 liures.
Bailleul 3a liures.
Champpeaux , ArgenAen et £xib\ la liures.
Mesnil Geuf£ray 12 liures.
Crouptes. 4 liures io*souUc*
Montgommery, Argent, et Exmes. . 34 liures.
Pont Dénie. , . .... » 100 soûls*
Camenbert 28 liures.
La Chapelle St. Egon , Arg. et Ex*. 6 liures.
Mesnilybert 4 liuras. %
Kegnouard, Argenthen et Exmes. 33 liures.
Bonmesnil^neant. . . . • »
Champposoultaitxé en Exmes. • i>
Aubeit en E&mois. .... 10 liures so scMifat.
FFresney le Sauxon ... . • 37 liures.
Teren tauxé enExmes. . ... »
Sainte Eugénie 4 liures 10 soulx.
S t . Geruesdes Sablons tauxé en Ex'. »
Le Marescey, Argenthen et Exm*. 60 soufau
Saint Legier des Anaceysy néant . , «
Sournies tauxé en Exmes. . • * «
Louuiers tauxé en Exmes. • . «
La vioomté éHExmês. La-sergenUriedEœmêf,
Exmes io5 liures,
Chargny 6 liures.
Court Mesnil 17 liures.
Argentin^ • 18 liures.
Saint Arnould • . • • » . 8 liure&T Villeburge . . • • • • • ' 7 liures.
FFel . . . a8 liures.
Mesnil Hubert . . • . . . 23 liures.
Anneperus » 25 liures lo soulï.
Champeauber et courgeron, . . 1 3 liures.
Auernes tauxé en Argenthen. » ' »
Gysnay 20 liures. .
Sourmes, Argenthen et Exmes. . 20 liures.
Saint Pierre de la Rivière. . . 27 liures. Chanipposoul, Argent, et Exmes. liures»
CHamppaulx tauxé en Argenthea. >•
NeaulSle 20 liures.
Chambon 4 3 liures.
Saint Anataize 17 liures.
Lepin lOosoulx.
(Seconde^ colonne signée Dompisees, ai^ec paraphe,)
Ville Adam. • » » - • • . 4^soulx»
Belestel. . . - • . . • 4^ures.
Lachelure • • • • . . . 100 soufau
Chauffour loliuiès»
S. Lambert tauxé en Aj^enthen. » -
Lebourg Saint Losnaid , • ^ 10 liures.
Saint Dws^ des Ys • • » • loosoukc
HcHumeel r • . ^ . • 100 souk»
AuerniUes 20 liures.
Nonnant 5o liures.
Meranuilliers 27 liures»
La Roclie de Nonnant. . » . 37 liures.
Mont Manon 10 lioreSi»
Sain t Germain de Glere Feuille» . 4^ liures»
Goduon. ...... 27 liures.
La Frenoc FrueL .... 1 4 Hures».
Mesnil Froffier . • » . . 28 liures»
Montrexuel. 10 liures.
Saint Legier des Armoye. . . 4 liures.
Grebert 4 HureSk.
Les Astelles^ néant .... »
Lamessoure» 6osoulx» .
La sergenterie Mesful.
Sanclouxr r . . • . . 28 liures»»
FFontenay, Argent, et fjLmes. 28 liures.
Tanques 25 liures.
Beneraulx 6 liures.
Gouliet tauxé en Argenthen . • »
Cuigny pliures.
Moulins taiixé en Argenthen. . »
Vaux le Bordel tauxé en Argent. • »
Ru tauxé en Argenthen ... »
Pommiuelle. 4 liures 10 soubu
Sarugny • 18 liures.
Silly.
Vieux Trou
Pierre Fute tauxé en Argenthen. • Aimon
Le Hammel de Chantellou. .
Mesnilage , Argenthen et £xjnes .
22 liures.
60 soulx.
3o liures.
6 liures.
3o soulx.
a8 liures.
Sogiis
Lacourbe tauxé en Argenthen . . »
Pont Esci epin tauxé en Argent. • »
Gummeaulx. . . . . . 7 liures.
Montgommery tauxé en Argent. . >»
Chanielhères^ Argent, et Ëxmes. 8 hures.
Lu sergentene Aubertotu
40 soulx.
pliures.
Murigny. .
MuTon.
Les Reppers.
Belffons.
Saint Ypolite.
F Francheuille La Lande Dermil.
Saint Ghristofe Saint Hahier .
Saint Père de Vugoy.
souk. «r
ii.liures.
60 soulx.
100 soulx.
4o liufes 10 soubu i5 liures.
9 liures.
.7 liures.
Saint Martin en Argent, et Exmes. . 3o liures.
La sergenterie de Montagne,
Collomers 21 liures.
Lhommay .*..... 20 liures.
Lapoterie 60 soulx.
Quesprey. . . . . . . 16 liures.
{Trois^tw colonne signée Dompisrrb , apec paraphe.)
F Fontaines les Basses, Arg. et Elx Louuicrs, Argenthen et Ëxmes.
Monstereul
Quatre Favoris ....
Lefouquereau ....
Les Ligneras tauxé en Argenthen Escroches et Yary , Vimoustiers. . *.
Crouptes
Renouard tauxé en Argenthen.
Montgiieroul tauxé en Argenthen
Guenielot
St. Gerves des Sahlons, Arç. et Ex La Chapelle Hastigon tauxeen Arg Le Marescq tauxé en Argenthen
La sergetUerie aux Bruns,
Ottaignes •••••• i^lîures,
Montabar. 17 liiires,
Tournay tauxé en Argenthen.
Teren, Argenthen et £unes • FFougie. .....
Grentes Mesnil . ..
i5 liures.
25 hures 10 sottlx.
6 liures.
12 liures.
60 souk. *
16 liures.
34 liures 10 soulx.
24 liures.
7 liures lo soulx.
7 hures 10 soulx.
5o soulx.
7 Hures, ao liures.
14 liures.
60 soulx.
28 liures.
18 liures.
45 soulx.
Nourcy 18 liures.
Abbeuille i4 liures.
Baron 18 liures.
Les Moustiers tauxé en Argenthen.
Semtilly
Mannoier
Beauuois, Argenthen et£xmes. •
Montcaut
Engles Cheville, Arg. et Exmes .
Mesnil Aize, néant .... »
Crcsy 100 so«dx.
Oiendon, néant . «... »
La HrgÊfnteriB de MamijpweoH.
Rerillon 60 souk.
Yandeloges ...... i a liures.
Louuaigny 17 lîuies.
Sort . 47 liures 10 soulx.
Pont près Sort 3o soulx.
Notre Dame de Fresnay . . iSUures.
flrierac— ni • Ihmt lo aMdx.
jHontpiMon^ iSlimet.
La^uille ^aouh.
Smite-Bnaiie. « 7 linm lo aoulx.
La sergerUerie de Hableuille.
Cini tauxé en Argentl^en. . » »
Beel. . a liures.
Hableuille , Axgenthen et Exmes. . a6 liures.
Im urgsnUnê de MdimxuUL
Le MelleraniL 4^ soulx.
Saint Losnard 4 liures 10 soulx.
LesOstrilyprèsleMerlle. • . pliures.
Gasprée. 4q soulx.
Sainte Collombe y liures.
Talloaaj. • 18 liures.
Gamètes y liures.
La^enjeuure. . . . • • ao liures. Samt Germain le vieil, néant, pour »
ce que ny demeure personne. . »
(Quatrième colonne signée Dompierbe , auec paraphe. — • Plus bas parait la place et une légère empreinte du sceau, j
Les procureurs de ville font détruire la grande cata- mmMM pnke ou baliste qui ^tait placée près le Ghàtefet : elle était ai considérable quon en retira vin^it-six arres (ycitures) , •qui furent faites par Boucbetot, TOiturier, du Ghàtelet , à aller à la chambre de ville qui était près la tour Sainte Samson (9-49*^0)-
Ordonnances de Henri VI, relatives à Tachât de Jeanne cTArc.
« Thomas Blouut) cheualier, trésorier, et gênerai gou- t4«eidM« ua^ uerneur des finances du Boy notre l^ie, ou paîs et duchié de Normandie, Pierre Surreau , receueur gênerai des di ttes * finanoe») acmnntissie le oontaau es lettres du Roy notre seigneur ausquelles ces présentes sont attachées, soubs notre signet, en faisant acheter des deniers de votre reeque au décence du Roy notre dit Seigneur la somme de deux mil six cent trente et six nobles d'or de deux soulx iing denier esterling, monnoie d'Angleterre, et en païant, baillant et deliurant icelle somme à Jehan Bruyse, escuyer, lourde des cofires du Roy notve ikt seigneur, tout ainxi
y<mr les causM tt pour la lounne et manière qm le Roy notre dit seigneur le veult et mande par^es^ttet lettre», et que contenu est en icelles.
« Donné à Rouen , le XXIY* jour d^octobre, Fan mil CCCC et trente.
« Ainsi signé : LUIIIER, ayec paraphe. •»
• ««•• « Sachent tous que je Jehan Bruyse, escuyer, garde des coffres du Roy notre Sîre, confesse auoir eu et receu de Pierre Surreau , receueur gênerai de Normandie, la somme de ungmil deux cent quarante neuf liures, dix neuf soulx, dix «deniers oboles tournois^ pour la pourpage et restitution de deux mil six cent trente six nobles d'or et de deux soulx cinq deniers esterlings, monnoie d'Angleterre, qui, parlectres du Roy notre dit Seigneur, données à Rouen, le XX* jour d octobre derrenier passé, expédiées par monsieur le trésorier de Normandie, m'ont esté ordonnés estre païés et restitués par ledit receueur, pour ce que par Tordonnance du Roy notre dit Seigneur, je les auoye baillés des deniers de ses dits coffres et trésor, pour emploïer en .certaines ses affaires, touchant les dix milles liures tournois païées par ledit Seigneur, pour auoir Jehanne qui se dit pucelle prisonnierre de guerre, lesquels ont esté eualués à la somme de VII (// est bien ainsi écrit Vil) mil deux cent quarante neuf liures dix neuf soulx dix deniers oboles tournois, de laquelle somme rie cinq mille deux cent quarante neuf liures dix neuf soulx dix deniers oboles tournois il moi paies comptant, c est assauoir: en deux cents nobles d'or et le demorant en monnoye. Je suis content et bien païé et en quicte par ces présentes le Roy notre dit Seigneur, ledit receueur et tous autres, et en tesmoing de ce j'ay signé ceste présente qui tance de mon seing manuel et scellée de mon signet, le VP jour de décembre, l'an mil CCCC trente.
• > AinsisignéJoiHif BRUYSE, ayec paraphe. »
^ {Le sceau est tombé)
SHcmtahi* iiott. Frauçois Brachet, intendant de la maison de la reine Isabelle d'Arragon, veuve de Louis d'Anjou , roi de Jérusalem , natif d Orléans , fait bâtir hors des murs de la ville, au nord de la porte Parisis, une grande maison qui porta le nom de Grand'Msuâon.;puis lorsqu'elle fut occupée par les
TOis, elle prit celui de Maison-Royale; enfin Tes intendansd'Orléans, avant qu'ils habitassent ceUe de l'Etape, l'ayant louée pour y fixer leur demeure, elle fut appelée intendance, et présentement elle porte la dénomination de- Vieille-Intendance (appartenant maintenant à. M. Dufc^ur de Pibrac) (21).
Le Maître Jehan , le brave coulevrinîer qui était^allé trouver Jeanne d'Arc et qui était entré dans la ville de Compiègne avec elle, revient à Orléans quelques mois après que cette héroïne avait été vendue aux Anglais (9-4-59). ,
Le jour de son arrivée à Orléans, il fut payé à Renault Brune , 4fi sous parisis , pour dépense faite par lui , pour donner à souper à Maître Jehan-le coulevrinîer, qui estait. Tenu de Compiègne..
Jeanne d*Arc, prisonnière ▼elld^e^aax Anglais, au lieu 04e«»»br« fkn» d'être respectée par ses ennemis, en lot traitée avec la dernière indignité; ils l'enfermèrent dans une cage de fer la conduisirent à Rouen dans ce» éM et comme e» triomphe. Elle aTait été d'abord renfermée dana lê -châtèau de Beaulieu pendant ouatse mois, puis dans celui de Beattieroki jpiès. de Gambray , du donjon duquel cettelaleurensenUo s'élança, pour édiapper. à une cnieUe dé^ tention. Les Anglais, eurent envers cette hérome uno conduite gui était contraire aux* lois^de llionnenr , de la^ guerre et du droit.des.gens (9*41)*
ArriTée à Boueny.âle rat eimrmée dana la Gtosse-^* Tour ; elle avait les piedajEetenus par des ceps de fer qui tenaient aux mura par une forte dtafne et au moyen d'uneaérrurè fermant à dé|. attachée à une grosse pièce de bois.
A la nouvelle que Jeanne d' Arc^ était enfermée à-Rouen au die avait été ramenée , Renaud de Chartres, chance^ Ker de France , le maréchal de Boussac et Poton de Xain^ treilles*,, résolurent daller dans^cette ville sur la foi d'une petit bergenst^ nommé Guillaume, qui ansait promiadolea j introduire; mais les Anglais en étant avertis, les com* battirent en lihemin, défirent leur treupe et la dispersèrent; ils firent même Poton de Xaintrailles prisonniei^ Le " bergéret Guillaume^ pris également par les ennemis , fut chargé de chaînes et promené de vtUe en ville par déri-^
sion(4i-43)- ' • , . .
Ce coiip de main mampié prouve- aUimoins ique les^é-
H^rtiix français , oompagnoos de la gloiro de kirîiérge de Veuoouleara, fiient letmeffiirts pour k mmr (43).
sinfi*ruM « Un captsiiie arragoimma » nommé François de Sur rienne, qui esloit an service des Anglois, surprit la TÎUa de Montargis de cette sorte : S*estant fiumliarisé avec une clamoiselle qui estoit amoureuse du barbier du gouver* neur, il iuy promit de grandes sommes d*ai^ent et bi 16 j de mariage , si elle introduisoit ses gen€s dans la place par ' sa maison , qui estoit joignante à la muraille, hà danioi«» selle ga^na le barbier parie désir de largent, sans lui par-* ■ 1er de 1 autre poînct , tous deux ajdèrent aux Anglois à planter les eschelles et à monter f mais la place prise ils furent mis dehors , de peur qu*îk ne£ssent un pareil mar^ ché avec les Français > et n'eurent que des mocquevîes et des reproches pour récompense (34). »
t|«Bvitri4M. Les Anglais forcèrent le lambràu d'Université de Paris , qui était resté sous l'influence de cesétrangeia, à présenter une requête au roi d'Angleterre, leur souverain, pour demanoer qu'il iùt Seât justice de la malheureuse Jeaono d'Arc, en Taccusant en cour d'église comme sordère » sé« (luctrice, hérétique, et ayant forfait à son honneur. Le roi d Angleterre donna des lettres patentes pour autoriser la mise en jugement de Jeanne dArc (4i).
Des quatre chefs d'accusation portés contre elle , un seul fut prouvé, savoir, ^u elle avait porté f habit dhomme et pris les armes ; ce qu ils lui imputaient à crime, parce que , disaient-ils, ce changement a habit blessait la pudeur de son sexe et violait la défense de Dieu (4i-43\
SffvrMritti. Pierre Gauchon , évêque de Beauvais, dans le diocèse duquel elle avait été prise, le vicaire de l'inquisition, quelques autres docteurs en théologie et en droit canon , au nombre de soixante, parmi lesquels on remarquait le chanoine Loiseleur, infâme délateur, furent désignés par le parlement de Paris et sous l'influence des Anglais, maîtres de cette capitale, pour être ses juges; le chapitre de Rouen leur permit de siéger sur son territoire.
" Mfm'd/*^*' Ce jour, à huit heures du matin, dans la chapelle du château de Rouen, eut lieu la première s<^ance du tribunal inique qui devait juger Jeanne d Arc. Elle fut interrog;ée par Cauchon , évéque de Beauvais, qui présidait ce tribunal (43-4 1).
Après plusieurs interrogatoires captieux , les juges
*lê Jeanne d Arc condamnèrent cette vertueuse fille à une prison perpétuelle , au pain de douleur , et à l'eau d'amertume (4i)-
Ordonnances de Henry VI, roi d'Angleterre, relatives sinnuat. au procès de Jeanne d Arc.
« Vénérables et discrettes personnes , nialstres Jehai» Beaupere, Jacques de Thouraine , Nicole Midi , Pierre M<y rice , Girard Fueillet, docteurs, et Thomas de GoarcelleSi; hachdier formé en théologie, confessent auoir eu et recea de honorable homme et sage Pierre Surreau, reoeueur gênerai des finances du Roy notre Sire , en Normandie, la somme de six vint liures tournois , oultre et par dessu» deux cent quarante liures tournois <{uils ont receué pour- XL jourSy en déduction et rabat de ce qu'il leur peut et pourra estre due à cause de certaine tauxation de XX*. tournois à eulx iaicte par le Roy notre Sire > pour dioscun d'ioeulxypoor chascun jour qu'ils affirmeront auoir vacqué ou procès ecclésiastique commencé contre celle femme qui se fai t appeler Jehanne la Puce 1 le , à compter du XYIii** jour de feurier derrenier passé inclusjusques à leur retour à Paris; ou quel procès ils ont affiitné auoir vacqué conti* nuellenient, depuis le dit XYIII^ Jour de feurier jusques au jour duy, et vacquent encore de jour en jour: de laquelle somme de six vint liures tournois les dits maistres et bachelier se tiennent pour bien paies et contens et en quictent le Roy notre dit Seigneur, icelluy receuer et tous autres tesmolngs. Le seing manuel de niov, Jehan Thiessard, notaire du Koy, le IX*^ jour d'auril, fan mil CCCG et trente ung après Pâques.
» Ainsi signé : TUIËSSAIID, avec paraphe. »
« Henry, par la grâce de Dieu, Roy de Fronce et d*An« u «wi iist. glerre , à notre ame et feal Thomas Blouut , cheuatier, tre- . sôrier et eeneral gouuemeur de toutes nos finances de noa pais et <£ichié de Normandie , salut et dilection. Noua voulons et tous mandons que par Taduis des gens de no» tre grant conseil estant à présent par deuers nous , que
Sar notre ame Pierre Surreau, receueur gênerai de noa ittes finances et des deniers de sa recepte faites ppier bailler et deliurer à notre chier et bien ame maistre Jehan Lemaîstre , prieur du couuent des frères Presclieurs de
Rouen, et vicaire, au dit lieu de l'inquisiteur de la foy, la somme de vint salus d'or, laquelle , nous, par l'aduis que dessus, lui auons, ordonnée et tauxëe; ordonnons et tauxons par ces présentes auoir et prendre de nous pour une fois , des deniers de nos diltes finances, pour ses peines, trauaulx et diligences d'auoir esté et assisté au procès qui s'est fait de Jehanne, qui se dit la Pucelle, accusée en la matière de la foy, auecques reucrend pere en Dieu notre ame et féal conseiller l'euesque de Beauuais, son juge ordinaire , et par rapportant auecques ces présentes quictance suffisante sur ce du dit vicaire de l'inquisiteur, nous voulons la ditte somme de XX salus estre alloue es comptes et rabatue de larecepte de notre dit receueur gênerai, par nos ames et feaulx les gens de nos comptes, auxquels nous mandons que ainsi le facent sans contredit ou aucune difficulté.
" Donné en notre ville de Rouen , soubs notre scel ordinaire, en absence du grand, le XI V*^ jour d'auril, après Pâques, l'an de grâce mil CCCG et trente ung et le IX* de notre règne. «
{^Au dessous est écrit : « Par le Roy, à la relation du grant conseil estant deuers lui. » Plus bas : « Si^rné CALOT, avec paraphe. " Le sceau est tombé.)
VI mit uJt. « Henry, par la grâce de Dieu , Roy de France et d'Angleterre , à notre ame et féal Thomas Blouui , trésorier et gênerai gouuerneur de toutes nos finances en Normandie, salut et dilection. Nous voulons et vous mandons que, à nos bien ames maistre Jehan Reaupere, maistre Jacques de Thouraine, frère mineur, maistre Nicole Midi et maistre Girart Feuillet, docteurs en théologie, lesquels vont présentement , de par nous, en notre bonne ville de Paris, par deuers notre très chier et très ame oncle le duc deBedford , les gens de notre grant conseil estant illec, et notre très chiere et très amée fille l'Uniuersité de Paris, exposer, dire et déclarer le procès et demne, touchant le fait de celle qui se dit Jehanne la Pucelle, et tout ce qui en ce5te partie a este fait par deca , afin que sur ce lesdits de l'Uniuersité reuoyent leur délibération et conclusion , et que se mestier est lesdits docteurs, pour ceste cause, retournent par deuers nous, à Rouen ou ailleurs ou nous serons, vous, des deniers de nos dittes finances de Normandie , faites, par notre bien ame Pierre Surreau, receueur
gênerai d icelles, païer et deliurer la somme de cent liures tournois pour une fois; c'est assauoir, à chacun d'eulx vint cinq Hures tournois. Laquelle somme de cent liures tournois pour aidier au dessus dits quatre docteurs à supporter les frais qu'il leur conuiendra faire , tant en allant en notre ditte ville de Paris si comme en retournant d'icelle par deuers nous, leur auons, par Taduis des gens de notre grant conseil estant à Paris par deuers nous tauxe et ordonne , tauxons et ordonnons par ces présentes et par rapportant auecques ces présentes quictance et suffisant sur ce de chacun des dits quatre docteurs, pour sa dite part et
f)ortion seulement, nous voulons laditte somme de cent iures tournois estre allouée es comptes de notre dit receueur gênerai et rabatue de sa recepte par nos ameset feaulx les gens de nos comptes, à Paris, auxquels nous mandons que ainsi le facent sans contredit.
» Donné en notre ville de Rouen , soubs notre scel ordinaire, en l'absence du grant, le XXI*' jour d'auril, l'an de grâce mil CGC G trente ung, et le IX*^ de notre règne, après Pâques. »
[Au dessous est écrit: '» Par le Roy, à la relation du grant conseil estant par deuers lui. » La signature et le sceau sont tombés.)
« Thomas Blouut, cheualier, trésorier et gênerai gou- m .rni hm. uerneur de toutes les finances du Roy notre Sire , en Normandie, à Pierre Surreau, receueur gênerai des dittes fi-' nances, salut. Veus par nous les lettres du Roy notre dit Seigneur , ausquelles ces présentes sont attachées , soubs notre signet, nous vous mandons et expressément enjoignons que vous païez, baillez etdeliurezà maistres Jehan Beaupere , Jacques de Thouraine, Nicole Midi et Girart Feuillet, docteurs en théologie, la somme de cent liures tournois : c'est assauoir, à chacun d'eulx XXV liures tournois pour aidier à supporter certains frais qu'il leur conuiendra faire tant en allant, séjournant que retournant ou voïageant; dont es dittes lettres est faite mencion, et tout pour les causes et par la forme et manière que le Roy notre dit seigneur le veult et mande par icelles lettres.
»• Donné à Rouen , soubs notre dit signet, le XXII* jour d'avril, l'an mil CGCG trente et ung.
• Ainsi signé: LUILUER, avec paraphe. » {Le sceau paraît cl moitié.)
Dig
tï mil 1481. « Thomas filauut, cheiialier, tmoder et ganeral goii-
uenieiur de toutes les finances du Roy notre Sire, en Normandie , à Pierre Surreau, receueur gênerai des dittes finances, saluL Yeues par nous les lettres du Roy notre dit Seigneur, ausquelles ces présentes sont attachées, soubs notre signet, nous vous mandons que les dittes lettres TOUS accomplisses de point en point, selon leur forme et teneur, én païant, baillant et deliurant à maistre Jehan LemaistFe, prieur du couuent des £rères Pvescheurs de Rouen , et vicaire audit lieu de l'inquisiteur de la foy , nommé en icelles, la somme de vint salus d*or, pour les causes et tout aind et par la forme et manière que le Boj notre dit Seigneur le veult et mande par icelles lettres.
» Donné à Rouen, le XXYU^ jour dauril, l'an mii CCCC et trente ung.
» Ainsi signé : LUILIIER, avec paraphe. »
(// re^ êiwiron le quart du geeam.)
r7iTfiM43i. Les Anglais, qui n'avaient pas été satisfaits da jugement joJïi'uTriiiité. atroce et injuste prononcé contre la Pucelle d'Orléans, pressèrent les juges de la condamner à mort; à cet effet, ils subornèrent de faux témoins qui déclarèrent qu'elle avait récidivé en reprenant les habits d'homme : ce qui effectivement avait eu lieu ; ils en avaient fait mettre dans sa prison, en place des siens, que Ton avait enlevés pen» dantson sommdLLeoomtedeWarvick, anglais, menaça même 1^ juges de sa colère , s'ils ne la condiimnaient pasàmort ^4i-43). • flSiMi 14M, Jeanne d'Arc est excommuniée, dédaiée sorcière, sé* duclrîce, hérétique, relapse, et condamnée à être brûlée vive ; sa sentence définitive lui fut lue par le misérable Gaudion , évéque de Beauvais , qui voulut avoir cet infiùne plaisir avant la mort de sa victime.
Copie de cette sentence :
« In no mine DomUiù Amen,
>» Nous, Pierre, par la misération (miséricorde) divine, humble évêque de Beauvais, et nousurère Jehan Magistri, vicaire de l'inquisi ti on de la Foi , juges compétens en cette partie comn^e loy, Jehanne, ditte la Pucelle après être par nous trouvée estre rechûe en divers erreurs et crimes^ de ydolatries, de innovation de dyablesy et plusieurs autres méfiais , et pour œs causses, par juste jugemei|t nous
te eussions déclarée telle, toutes foys pour ce (jue léglise ne cloyt (refuse) les bras à ceulx qui veulent retourner à elle, nous estimasmes que de pleines pensées et de foy non saincte tu te f eusses retirée de toutes telles erreurs aux qu elles tu avoys renoncé , voué , juré et promis publiquement de jamais ne rettc^o«> (retomber) en telles erreurs, ne en quelconques autres hérésies , mais demourer^àemewTev) en \ union catholique et communion de notre église , et de notre S. Père le pape , ainsi qu'il est en une cedule de ta propre main, toutes fois de rechef tu es reucheue (retombée) comme le chien qui a coutame de retourner de à son vomir ( ce qu'il a vomi ) ce que nous récytons à grande douleur, pour laquelle cause nous te déclarons avoir encourue les sentences d'excommunication es quelles tu estois premièrement encheue (tombée) et être reucheue (retombée) en tes erreurs précédentes , pourquoi te décla> rons hérétique , et par cette sentence séant ès siège, tribunal de justice en cest escript ( plusieurs mots non
lisibles) proférons (prononçons) comme membre pourry te avons débouté et rejette, de lunité de Téglise, et te avons déclaré à la justice séculière à laquelle nous prions, te traiter daulcemeni et humainement, soit en perditiuu de vie ou d'aucun membre (9-4-41)-
» Pierre CAUCHON, » Humble éuéque de Beauvais,
« Jehan MAGISTRI, « Vicuàre de tinquisUion de la Foy. »
La Tertueuse Jeanne d'Aic est livrée comme une vie- st mi tm. time au bras séculier , qui la fit brûler yive le 3o mai i43 1 , à onze heures du matin , dans le Vieux-Marché de la ville de Rouen; elle était vêtue dludnts de femme, montée dans un dKariot;à côté d'elle se placèrent son confesseur , frère Bftartin, Fadviseur et l'appariteur, Jehan Masson , ainsi que le frère Isâmbert , plus de 800 hommes d*armes anglais entouraient la voiture (9-4 1 -43).
Cest dans ce moment qu'elle fit paraître toute lagrandeur de son courage et la ferveur de sa piété j elle monta avec précipitation sur Fécha&ud (ait de plâtre et de moellons , qui avait été élevé avant le j ugement , vis-àvis de deux autres, ou ses juges assassins et les prélats se placèrent pendant Texécution (9-41-103).
Montée sur le Mcher , elle parla au peuple ayec Iranquiiyté et «ne modestie admirable ; elle pardonna à aes^ bourreaux , à ms juges iniquesi et assura que Dieu tenait le bras levé sur les Anglais , et que le moment approchait où ils sennent diassës de la France (9-4 1-43). ' On .ceignit sa tête de la mitre ignominieuse de rinquisîtion , sur laquelle étaient écrits les mots suivans : Éeréiique, mlapse, apoitate (io3).
Ceux-ci se lisaient sur un tableau, devant TéchaCtud :
• m Jehanne qui se fiât nommer la Pucelle , mentevesse^ pernicieuse, abuseresse du peuplci deuineresse, superstitieuse, blasphemeresse de Dieu, mal créant de la foy de Jhesus Christ, venteresse, idolastre, cruelle , dissolue, inuocatrice de dyables, schismatiqueet hérétique (io3}. »
* Deux bourreaux anglais rattachèrent avec rudesse sur le bûcher avec des duiines de fer, et ensuite j mirent le £eu.
Jeanne , Toyant la flamme venir à elle , pria son confesseur (le se placer au bas de 1 echafaud, d'élever devant elle la croix du Seigneur, afin qu'elle ne la jperdit pas de vue , jusqua son dernier soupir; ensuite répétant sans cesse le nom sacré de Jésus, elle attendit la mort d*un air serein ; le feu consuma ce qu'elle avait de terrestre; mais sans doute que la plus noble partie delle-méme, cette âme, quelle avait conservée pure et sans tache, alla se réunir aux esprits bienheureux que nous honorons en qualité de martyrs (4i-4^)-
Le cardinal d'Angleterre ordonna que les cendres, les os, et en un mot tout ce qui restait de cette fille vertueuse , fi\ssen t jetés dans la Seine : ce qui fut exécuté; mais avant, les Anglais avaienteu le soin, dans lacrainte qu'on ne dît qu'elle sVtuit évadée, d'ordonner aux bourreaux qu'ils écartassent le feu, afin ^u on la vît morte étant encore entière (4i)* - Ainsi pént cette vertueuse fille , à Tage de vingt ans neuf mois et quelques jours , sans que l'ingrat Charles VU u'elle avait sauvé et dont elle avait reconquis le royaume t une seule démarche pour la sauver (â-9-4x-4^)*
Que faisait-il , ton roi ? Plongt^ dans la moUetsef Tandis que Ir inalhcMir rcclaniait son appui , L'ingrat l il oubliait aux ^ieds d'une niaîtrc&sc Xa vierge qui moanit pour lut ! »
{Coêimir Movigne.) (76).
De quelqii'œil qu'on envisage cette fille extraordinaire , soit qu On croie qu'elle tint sa mission du Ci<>l, soit même qu'on veuille penser qu'elle fut mise en avant par \in coup d'adresse et de politique des grands et de Charles Vil, pour relever le courage des Français abattus , il n'est pas moins certain qu'elle fit des actions d'une valeur inouïe et au-dessus de son sexe , et que ses exploits seront toujours regardés comme miraculeux (47'9f 41-43 ).
Ord onnances de Henry Vf, roi d'Angleterre^ relatives êjinmwê.
au jugement de Jeanne d'Arc ^14);
« Henry, par la grâce de Dieu, roy de France et d'Angleterre, à notre ame et féal conseiller, Thomas Blouut, cheualicr, trésorier et gênerai gouuerneur de nos finances en Normandie , salut et dileclion. Sauoir vous faisons que nous considérons les grans peines, diligences, et labeurs fpie notre chier et bien ame maistre Guillaume Erard, docteur en théologie a prins par plusieurs jours pour vacquer et entendre auec autres maistres docteurs et clercs tant en théologie comme en droit canon, ou procès ecclésiastique de celle fenmie qui se faisait nommer Jehanne la Pucelle, nagueres condempnée comme errante en notre saincte foy catholique. Le voulant aucunement recompenser des charges, despenses et frais qu'il lui a conuenu foire à la cause dessus dicte à icellui , par l'aduis et délibération des gens de notre grant conseil estant par deuers nous, auons tauxé et ordonné ,. tauxons et ordonnons par ces présentes la somme de vint sols tournois pour chacun jour qu il a vacqué, besogné et entendu en la matière dessus dicte; si "vous mandons, commandons, enjoignons expressément que par notre bien ame Pierre Surreau, receueur gênerai de nos dictes finances de Normandie, vous faciez bailler et deliurer audit maistre Guillaume Erard la dicte somme de vint sols tournois, pour chacun jour qu'il affirmera auoir vacqué, besogné et entendu en iceile matière, et par rapportant ces présentes, au vidimus d'icelles fait soubs secl royal auec quit tance d'icellui maistre Guillaume, affîrmatoire des jours qull aura vacqué, besogné et entendu en ce que dit est, tout ce ({ue païé et baillé aura esté audit maisire Guillaume Erard , seia alloué, compté et rabattu de la recepte du dit Pierre Surreau, par nos ames et feauix les gens de nos comptes, à Paris, ausquels uou^
mandons que ainsi le facent sans contredit et difficulté aucune.
» Donné à Rouen, le VPjour de juing, l'an de grâce mil ce ce et trente ung, et de notre règne le neufviesme. »
( Au dessous est écrit : « Par le Roy, à la relation de son grant conseil estant par deuers lui. Ainsi signé : NËBMËL , avec paraphe. » Le sceau est tombé, )
« Thomas Blouut, cheualier, trésorier et |»neral gouueraeur des finances du Roy notre Sire , en rTormandie, Pierre Surreau, receueur gênerai des dittes finances, accomplisses le contenu es'lettres du Roy notre dit Seigneur ausquelles ces présentes sont atadîees soubs notre signet , en païant , baillant et deliurant, des deniers de votre recepte , à maistre Guillaume Erard, docteur en théologie , la somme de vint sols tournois pour chacun jour qu il aura vacqué ou procès ecclésiastique de celle femme qui se fiiisoit nommer Jehanne la Puoelle, na^eres, comme errant en la foy chrétienne , conderapnee, tout ainsi et par la forme et manière que le Roy notre dit Seigneur le veult et mande par ses dittes lettres.
» Bonne à Rouen , le VIII* jour de juin , Tan mil CC C G et trente ung.
» Ainsi signé : LUILIIER , auec paraphe. »
( // parait environ la moitié du sceau, ) (i4)»
« Je y Guillaume Erard, docteur en théologie, confesse auoir eu et receu de Pierre Surreau, recseueur gênerai de Normandie , la somme de trente une liures tournois que déue m'estait à cause de vint sols tournois à moy tauxés par le Roy notre Seigneur, pour chacun jour que j*ay va-
Siié et entendu auec autres seigneurs niaistres docteurs et ercs, tant en théologie comme en droit canon, ou fait et procès de celle femme qui se faisoit nommer Jehanne la Pucelle, nagueres condempnée comme errant en la foy chrétienne, auecque lesquels ie affirme auoir vacqué et entendu ou fait et procès dessus dit, en ceste ville de Rouen, par trente ung jours comnieneant le VF joiir de may derrenrer passé, et finit le jour de ce présent nioys dejuiug inclus, et encore y vacque et ay vacqué depuis lors jusques aujourd'huv. Ce paiement à moy fait j^ar ledit receueur, par vertu de& dittes lettres du Roy notre dit Sei-
gneur , données le Vl^ jour de ce preaent moys , expédiées par Monsieur le trésorier de Normandie, de laquelle somme de trente une liures tournois je suis content et bien paie et en quicte par ces présentes le Roy notre dit Seigneur, le dit receueur gênerai et tous autres tesmotngs.
» Mon seing manuel icy mis le ViiL* jour de juing y Tan mil G G ce et trente ung.
» Ainsi signé G. EVRARD, avec paraphe. > (i4)>
« Vénérables et discrettes personnes maistres Jehan ttinhimi. Beaupere, Nicole Midi , Pierre Morice, docteurs et Thomas de Gourcelles, bachelier formé en théologie, confessent auoîr eu et receu de honorable homme et sai^e Pierre Surreau receueur gênerai de toutes les finances au Roy notre Seigneur, en Normandie, la somme de cent deux liures tournois à eulx deue de reste à cause de la tauxation de XX sols tournois à eulx faicte par le Roy notre dit seigneur, pour chascun d*iceulx pour chascun jour qu'ils affirmeront auoir vacqué ou procès ecclesiasti-
S[ue iait a esté contre ceste femme qui se iaisoit appeler ehanne la Pucelle , ou quel procès les dessus dits ont af- ' firme et affirment auoir yacqué en la manière qui s'ensuit , c'est assauoir: le dit Beaupere, depuis le XVIIP jour de feurier M. GGGC XXX ung jusques au XXViU^* jour de may ensuiuant semblablement inclus ^ ou quel temps, a cent jours qui , à la ditte estimacion de XX sols tournois pour chascun desdits jours, montent à cent liures tournois, dont il a receue du dit receueur, en quatre parties, liliXX V liures tournois : ainsi reste à lui du XV liures tournois. Ledit Nicole Midi , depuis ledit XVIIP jour de feurier jusqu'au X* jour de juing ensuiuant, l'un et lautre inclus, ens son retour à Paris, ou quel temps, a cent treize jours ^ui à lestimacion dessus ditte valent G XIII liures tournois, sur quoi il a receu du dit reoeueur, en quatre parties, IIII ^ V liures tournois : ainsi reste à lui deu XXVIII liures tournois. Le dit Pierre Morice, depuis le dit XVill^ jour de feurier jusqu'au VU^ jour de juing en* ' suiuant, l'un et l'autre inclus , ou quel temps , a cent dix jours, dont sont à déduire douze jours qu*il a este absent pour ses propres besognes et af&ires; restent Ili [ XVJII jours qui a TestinuiGion dessus ditte montent à IIII » XVIII liures tournois , sur quoy il a receu du dit receueur, en
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quatre parties, C XXVI liures tournois : ainsi reste à lui cleu XXII liures tournois. Et le dit Thomas de Courcelles, depuis le dit XVHl" jour de feurier jusqu'au X^ jour de juing ensuiuant , l'un et l autre inclus, compris ens son retour, ou quel temps, à cent treize jours, qui à l'estimation dessus ditle montent à C XIII liures tournois , sur quoy il a reçu dudit receueur, en quatre parties, C XXVI liures tournois : ainsi reste à lui païer XXX\ II liures tournois; lesquels restes lont ensemble la ditte somme de cent deux, liures tournois; de laquelle somme lesdits niaistres se tiennent pour bien paies et contens et en (juictent le Roy notre dit seigneur, icelluy receueur et tous autres tesmoings.
» Le seing manuel de nioy Jehan Thiessard, notaire du Roy, cy mis , le Xii*'' jour de j uing , l'an mil (XCC et trente
» Ainsi signé : THIESSARD , avec paraphe (i4). »
Juin IS31. A la nouyelle du supplice de Jeanne d'Arc , les Orléanais furent dans une consternation inexprimable ; le souvenir des exploits de cette héroine était toujours présent à la mémoire des habitans reconnaissans (4-â>
Une assemblée générale est convoquée , et, une résolution unanime et spontanée , il est arrêté qu un service solennel sera célébré annuellement pour le repos de Tàme de Jeanne d'Arc, et aura lieu au jour de sa mort ; qu'une féte nationale et religieuse se fera aussi tous les ans au jour de la levée du siège de lu ville par les Anglais, à laquelle assisterdent le clergé , les magistrats, les compagnies, les corporations , la bourgeoisie, etc., enfin qu'une messe des morts sera célébrée pour les morts que cette délivrance avait coûtés (8-i4). îijuiiiitsi. Le pape Eugène IV confirme, par une bulle, la résignation que fit Jean Pelin, curé de l'église de Saint-Germain d'Orléans , de son église , au chapitre de Saint-Aignan dont elle dépendait de temps immémorial. Le motif de cette résignation fut que leglise de Saint-Aignan ayant été détruite depuis trois ans , lors du siège des Anglais , et ny ayant pas d'apparence quelle fut si tôt rebâtie, les chauoinjes ne sachant où célébrer leurs offices, avaient besoin d'une église, la chapelle de Sainl-Aignan ou Notre-Dame-du-Chemin , ayant été pareillement abat* tue en même temps que Saint-Aignan (o)»
Gétte église de Saînt-Gennaîn ëtaît situëe dans le quartier des luifs f qui ayaient eu une synagogue dans le voisinage, non loin de la rue Rodie-aux-Juin , supprimée et abattue en 1768. Sa place a augmenté le jardin actuel de la Préfecture (8).
Henri VI, roi d'Angleterre, âgé de neuf ans, &it son >^«««ii^um> entrée dans Paris : il y est couronné et sacré ayec de grandes cérémonies, dans 1 église de Notre-Dame, sous le titre de roi d!Anffleterre et de France (4 1-4
Ounois, bfttara d*Orléans, surprend la yille de Chartres parle moyen dunronlierqui ayaitfeint d'y voiturer des mar- , diandises ; pendant qu'il tenait le pont^leyis embarrassé de sa charrette chargée, il sortit 100 hommUes d*un endroit près de là, où on les ayait cachés la nuit; et, au signal qu'ils firent, Dunois et Ganoourt, qui ayait été gouverneur d'Orléans lors du siège, se présentent avec 3,ooo hommes ; la garnison, sans coup fcrir , s'enfuit à £vreux par une autre porte; quelques bourgeois firent résistance à l'exemple de leur évéque Jean de I^itigny , zélé Bourguignon ; il fut tué les armes à ta main, sur les degrés de la grande église de cette ville (43).
Première procession religieuse , civile et militaire pour • wil l'anniversaire de la délivrance d'Orléans, par la pucelie Jeanne d'Arc , conformément aux vœux des magistrats et des habitans de cette ville , et telle quelle avait été arrêtée Tannée d'avant (4-8).
A cette féte, il fut dressé le long des rues des écha&uds sur lesquels étaient placés des chanteurs qui faisaient entendre des hymnes et des motets en l'honneur de Jeanne d'Arc et con^-lesAnglais {*). On remarqua à cette féte une portion des vétemens de cette héroïne, qu'on avait pu se j^rocurer, qui furent ^rtés en triomphe, ainsi que son étendard qui avait été retrouvé.
Pour la première fois on célèbre dans l'église de Saint- 9 «« im