DU VIEUX PONT
Ce pont était construit entre la ville d'Orléans et le bourg iXAi^'enum, hors des murs de la ville, à l'ouest. La date de sa construction n'est pas connue, mais une chose certaine, c'est qu'il n'était point de construction romaine; lors de sa démolition , en 1760, on s'en est convaincu: la nature des matériaux, la manière dont ils étaient employés l'annonçaient également. Aucune médaille n'a été trouvée, ce qui est à remarquer, car s il eut été fait par les Romains, il en eût été rencontré indubitablement quelques-unes qui auraient indiqué l'époque de la construction (76-80).
Ce pont était étroit et sans trottoirs, il avait 182 toises de longueur, était composé de 19 arches ( comprise celle qui passait sous les tourelles) , partagé en deux parties à peu-près égales par une île ou motte, divisée elle-même
en (ieux portions par le pont: celle du levant portait le nom de MottfsSaint-Antoiiie, quelle tirait de la petite fcglise et de Ihospice qui y étaient placés; la portion à l'ouest s'appelait Motte-Poissonnière ou des Chalands-Perces, parce que les maisons qui y étaient construites étalent habitées par des pécheurs qui y avaient leurs bascules (48)« Il y avait sur ce pont, à droite, en entrant dans la ville, une croix en métal appelée la Belle-Croix , et un monument élevé en l'honneur de la Pucelle, en i458, selon les Uns par Charles Vif , selon les autres j)ar les habitans d'Orléans, du produit des dons et bijoux des dames et demoiselles de la ville (8-21-80).
Ce pont, qui partait en droite ligne de la ville, venait aboutir à la rive sud , après avoir traversé le fort des Tourelles; il ne tenait à la terre-lcrnie que par une arche de pierre et un pont-kvis ou barrière volante, sous lequel coulait une partie de la Loire. En avant de ce pont-levls, et sur le terre-plein existant devant les Augustins, étaient encore un boulevard fortifié et un ravelin entouré d eau avec un petit pont sur le côté est conimunii^uaiit au faubourg du Portereau ( 48-4 1 )•
Son entrée, du côté de la ville, était défendue par deux fortes tours, avec une porte au milieu appelée la porte Jacquin-Rousselet (48).
Il nous semble résulter de tous les renseignemens que nous venons de donner que ce dernier pont, que nous désignons sous le nom de vieux pont, ne saurait être celui qtii existait du temps des Gaulois et des Romains , pont clont parle César, dans ses commentaires; mais que celui qui existait alors ne pouvait être que celui dont nous avans indiqué plus haut la place , vis-à-vis Saint Pierre-Empcmt et la Poteme-Ghëneau, et auquel nous avons djpnné le nom 4c pont gaulois ( 77 ).