‹ Recherches historiques sur la ville d'Orléans (volume 2)Chapitre 9 sur 25 · OBSERVATION ESSENTIELLE · texte numérisé non relu

OBSERVATION ESSENTIELLE

Pour plus (Tuinfbnmté et de régularité dans les dates de cet ouvrage , nous avons cru nécessaire de les rapporter toutes à l'année et au calendrier Grégorien, attendu la diversité qui a existé dans la manière de compter les années chez divers peuples de la terre , et même en France.

Exemple :

I . Les Egyptiens et les Athéniens commençaient leur année à la nouvelle lune, après le solstice dëté.*-

Elle était partagée en dou»e mois qui avaient alteniati. vement 3o et 29 jours (4o^.

Chaque mois était divise en trois décades qui anticipaient (y 140)''' ""^^ 3o jours

f. Romulusrixa,d'aprèsiesLatins,rannéeà3o4 jours qui étaient partagés en 10 mois, dont le premier étolt mars, ce qui n était conforme ni au cours du soleil ni à ce-

lui de la lune.

3«». Numa Pompilius réçla l'année sur le cours de la lune, cette révolution est de 35oiours,8 heures, AS minutes, auxquels il ajouta un jour.

II forma deux autres mois dont l'un avait ao jours et 1 autre 28 , savoir: janvier et février (40-71).

L'année commençait par le mois de février (4o^i) 4". Jules-César, 1 an 708 de Rome, remit Tannée suivant Je cours du soleil. 11 ordonna qu elle fût de 365 jours et 6 heures, et que ces 6 heures, formant un jour tous les 4 ans on insérerait un jour de plus après le sixième des calendes (le mars ;4o-7i).

5^. Les premiers chrétiens comptèrent leun années comme les Romains (70}.

Digitizeû by LiOOglc

6°. Denis-le-Petit est le premier qui, en 5a5, établit Vère chrétienne et commen^ à compter de la naissance

de Jésus-Christ (4o).

7^. Sous les rois de France de la première et de la se* concîe i-ace, Tannée commençait à Noël (34-70).

8°. Du temps des premiers rois de France de la troisième race, l'année commençait à Pâques (4-34)*

9°. Charles IX, roi de France, en i565 , ordonna que lannée commencerait au premier janvieri au lieu de Pâr ques (40-43-70).

10°. Le pape Grégoire XIII, en iSSa, réforma le calendrier romain, en retranchant dix jours du mois d'octobre de cette année, qui n*eut que 21 jours au Heu de 3i (70).

1 1®. La Convention Nationale , en 1792 , ordonna que Tannée commencerait le 20 septembre | sous la dénomination d'année républicaine (5i-52).

Les mois étaient divisés par décades, et à la fin de Tannée, il y avait plus ou moins de jours complémentaires (5i-52).

12°. En 1806, Napoléon, par un décret , remit en vigueur le calendrier Grégorien : depuis, Tonnée commence en France au premier janvier (a4'^)-

riECHERCHES

[STOIUQU£&

LA VILLE DORLËANS5

SKOIP APùuui. VAN m, JOwrcH tm.

PREBOÊRE ÉPOQUK

DeFenq^ereur Aiiréli0[iO^4) à Charlemagne incIusiTemeiàt ^i4)

fous le pontificat duPapeFéïix I*^, ValerlusDomitius ANd* J.4:.s;4.

Aurelianus ou Aurëlien , trente-huitième empereur

romain , visitant les Gaules, séjourna quelques temps à Orléans, qui s*appelait alors Genabiim. Il fit reconstruire la ville qui avait été détruite par les guerres, la fit entourer de murailles et lui dounaaon nom. dont est dérivé celui d'Orléans (21-40-64 .

Cet empereur, né dans la Dacie, l'an 212 , d'une famille pauvre, surnommé l'Epée-à-la-Main, à cause de son inclination pour les armes et de sa valeur, général des arméCvS d'Illyrie et de Thrace, fut proclamé empereur dans le mois de mai 270 ^ a Sireneck (4o).

(*) Lorsque nous empruntons le récit fie quol{[ue fait à un des auteurs que nous avons consultés , nous avons cru devoir conserver son style ef ne rien cliangcr à ses cxprcssioiis quelles qu'elles» iiiiscnt ^ aiiu de ne jvis al térer la naïveté ct b simplicité qu^on aime a retrouver dans nos premiers historiens.

A cette époque , la langue romaine était en usage dans les Gaules depuis long-temps : Cësar, après la conquête, avait obligé les Gaulois à en faire usage, ne voulant pas que SCS ambassadeurs se servissent d'interprètes; nique les peuples qu'il avait vaincus plaidassent devant ses \)rcteurs ou ses lieutenans en leurs langues, disant qu'il était inconvenant à la majesté impériale d'apprendre les langues des nations qui lui étaient sujettes : l'empereur Antoiiin ordonna même aux Gaulois de chanter en leurs sacrifices, leurs hymnes en langue latine, ce qui leur rendit cette dernière si familière , qu'on la parlait en Gaule aussi purement qu'à Rome, que les actes étaient écrits en latin , et qu'il fallut une loi pour en interdire Tusage en France (4o).

L'enceinte de la ville formait un carré parfait dontcliacun des cotés avait à peu près deux cent cinquante toises de long; elle était fermée(2 1-54) :

Au midi, par la rivière qui baignait le pied de ses Uiurs (64) ;

Au levant, par une muraille qui partait de la Tour- Neuve et remontait jusqu'à la vieille porte Bourgogne, et suivait de là juscju'au coin de l Evêché (9-64) ;

Elle s'étendait, au nord, du coin de fEvcché à la porte Parisis, qui était placée entre I Hotel-Dieu et l'impasse des Barba cannes, et continuait Jusquà la poterne St'Samson , où est le collège (64) ;

Au couchant, de la poterne Saint-Samson à la porte Dunoise , qui était placée rue Sainte-Catherine, vis-à-vis la rue Faverie, et enfin de cette porte Dunoise à la rivière y près l'église Saint-Jacques (9-64).

Aurélien fut peu de temps à construire cette nouvelle clôture, et rendit par ces travaux Genabum une des pins fortes et des plus importantes villes des Gaules ; car tont(\s celles de ces peuples n étaient garnies que de palissades terrassées ou poutres de bois plantées de deux pieds en deux pieds; les intervalles étaient remplis de terre et de pierres en guise de murailles, sans chaux ni ciment , et bâties en forme d échiquier écartelé de pièces de bois et de quartiers de pierres de taille , ]pour empêcher que le feu ne prit facilement ; ces murs n avaient que dix ou douze coudées d'élévation (40-62-64).

La muraille dAuréiien était formée de trois rangs de

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htitpé» de 8 à 9 pouces de largeur, de ii à ladelong«e«p et de â d'épaisseur; ette avait 8 pieds 8 pouces d'épaîasoar, et était revêtue de ffros moellons et de cailloux en parpaings de tvoîâ rangs; la mnconnerie était faite aveodtâ «wrtier de chaux ^ de gras sable et de bnqiie pilée (^).

La ville était partagée en quatre carrés égaux , lormés far «ne nie qui partait de la vieille Porte-Bourgogne, au levant) jmqu à k Porte-Dunoise , au oeucfaaiit; et par une autre me allant de la Porte-Parisis, au nord à la Po^ t8iii»C9iéneaa , au sud.

£Ue nnvail; que qnatue p<»«es pt^neipeles> répondant aux quatre points ^eantom 5 delUK poiemes et quelques pichets (9).

A l est , la vieille Porte-Bourgogne ^u de Saint-Aignan ; Au nord, la Poite^BMÎns ou iMsie» conduisant à Paris (Lutece) ;

Au couchant , la Porte-Dunoisi ou du pa^ dunoiS| con- -dttisant à CMteaudun ;

Au sud) la porte ou Poterne-Chéneau sur la rivière. Plus tard, elle eut la Porte^Saint-JaeipAes ou du Chà-

telet , au couchant.

La Poterne-Sain t-Samson , au nord (64).

Les guichets de Saint-Benoît et celui des Bouchers , au sud. A cette époque, la ville était défendue par 3i tours , non comprises celles des portes ; toutes ces tours ont été abattues à diverses époques , et lors des accrues successives, moins la Tour-Blanche qui ^ûste encore entièM) près la rue de la Tour-Neuve.

La ville avait alors 70,000 toises superficie, renfermait de 12 à i5 mille habitans, à peu-près ôoo iîisttJL et de 1,000 à 1,200 maisons ( 34-54).

Mort d'Aurélien , fondateur d Orléans ; cet empereur ab4«j,4L«». fut assassiné après 5 ans de règne , entre Héraclée et Bysance , par ses généraux, et par la trahisqn de Menesthée^ son secrétaire (40). '

Constantin, empereur romain, embrasse le Chrlstîîi*' Juin mi. nisme et le répand dans les Gaules. Cet empereur qui portait le nom de C. Flavius Yaler Ant. Claudius Constantinus, était fils de Constance Chlore et d'Hélène, né à Naisse, en Dardanie, le 27 février 2j4; il fut proclamé Auguste à Yorck par f armée , le 25 juillet 6oë, Le premier

usage que GonstaDtin fitfdc son autorité, fut de tirer le Christianisme de l'oppression; Tan 3ii , dans le mois de juin, étant dans les Gaules et marchant à la téte de son armée, un peu avant midi, il crut aperoeToir au-dessous du soleil une croix lumineuse ayant cette forme^^ ' avec cette inscription : « Sois vainqueur par ce signe. » ^

Il fit graver la croix sur un étendard appelé lahamniy le confia à une garde particulière , et se crut invincible sous ce signe (4o).

A«d«j. «.an: Sous le pontificat du pape Silvestre , la religion catholique, que l'empereur Constantin-le-Grand avait embrassée en 3 1 1 , se repandit avec une rapidité miraculeuse dans les Gaules , et les habitans d'Orléans la reçurent avec ar^ deur à cette époque.

Deux églises furent construites dans cette ville : la première fut placée dans l'intérieur d'Orléans, et près les murs, au nord, sous le nom de Saint-Etienne ; Tautre , à l'extérieur des murailles, à l'est, sous l'invocation de Saint- Marc ; ces deux églises servaient à la réunion des nouveaux catholiques , et suffisaient alors (36).

Avant l'introduction du Ghristianisme^ les divinités révérées à Orléans étaient celles qm avaient été annoncées par les Druides. Ces Druides étaient les sa||es et les prétiês de la nation; ils habitaient les forêts outls trou* valent le guy de chêne (4o).

Le guy est une petite plante parasite quietoîl sur dilfé" ferens arbres, principalement sur les afbres fruitiers : il est extrêmement rare et même douteux qu'elle se montre sur le chê«e. £Ue d'à pas pjus de d|«x pieds , apj)orte un petit ftiut qui a l'odeur forte et le goiVt désagréable \ les Druides cueillaient le guy tous les ansaveo de grandes ce» lémonies,^ le eoupaient avec une serpe dor^ ils pratiquaient de cruek sacrifiées dont les hommes étaient les victimes. .

Les monumens ^ulois'qui existenfprésentement à Ver et à Feulardes , près Beaugçncy^ sont regardés par les savans antiquaires de TOrléanais, comme des autels ou tables ^ servaient à ces peuples pour fiôre leurs sacrifices hu-

*** Sainte Hélène, mère de Constantin-le-Grand,- ayant

trouvé la vraie croix à Jérusalem , l'église catholique , par

ordre du pape Silvestre, institua une féte en l'honneur de rinvention de la Croix, et Orléans la célébra comme toutes les autres villes de la chrétienté (8-3i).

Sous le pontificat de Jules l^' et sous Feinpire de Go|i»tant et Constantin, Diopet, qui était évèque dOrléans, fut obligé de bâtir une troisième église pour recevoir les fidèles aont le nombre s'était considérablement accru ; cette église fut construite hors la ville , au soleil levant , dans un champ ordinairement labouré par des boètt&; elle fut dédiée à saint Pierre , et désignée SOUS le nom de Saint-Pierre-aux-Bœu£s ^36).

Le même évêque, Diopet, institua aussi deux baptistaires,*un pour les hommes, appelé Saint-Pierre-aux- Hommes, sanctus Petrus ^virorum, plaeé au centre de la ville , et nommé après Saint-Pierre-Ëmpont , sanctus Petrus in punctocmtatiSf qui ywt dire au point ou centre de delavUle;

L'autre, pour les filles, au midi d'Orléans, près la Loire, nppolé Saint-Pierre-le-Puellier, sanetitê Petrus pueUamm^ Saint-Pierre-des-Filles (65-64).

Ces deux baptistaires devinrent depuis des monastères; celui de Saint- Pierre-Empont , pour des religieux; et celui de Saint-Pierre-le-Puellier, pour des religieuses (65).

Le nombre d'idolâtres qui embrassaient la religion catholique à cette époque, avait nécessité, dans plusieurs villes , l'établissement de ces édifices pour donner le baptême qui s'administrait par immersion, c'est-à-dire en plongeant dans une cuve pleine d*eau , et non en en répendant quelques gouttes sur la tète, comme à présent (4^>)'

Diopet, éveque d'Orléans, se trouve au concile do Sar- i5{nTierS«7. dique, tenu contre saint Athanase, et s'y fait remarquer parmi les prélats qui y étaient assemblés (21-64).

Diopet, évêque d'Orléans, établit un cimetière, près luwtersi?. l'église de Saint-Pierre-aux-Bœu& qu'il avait fait nouvellement élever à i est de la ville.

L'établissement de ce cimetière, le premier connu, et le seul pour toute la ville , explique pourquoi, en 1820, on trouva dans le cloître vSaint-Aignan , endroit où il avait été placé, des caveaux, des urnes funéraires, des cercueils, etc. (77).

FrTrier347. ^oi t (Ic Diopct, évéque U'Orléans, qui eut poux successeur Désinian (21).

luiaS». Mort de Desinian , ëvêque d'Orléans , qui avait succédé à Diopet , et qui mourut peu de mois après sa nomination

à l'épiscopat (21).

8I& Un sous-diacre de l'église de Rome , appelé Euvorte ,

arrive à Orléans pour délivrer ses deux frères, alors piisonniers dans les Gaules, et est logé chez le portier de Saint-Pierre-aux-Bœu£5^ qui lui avait offert généreusement l'hospitalité (36).

M8. Le siège épiscopal d'Orléans étant depuis plus d'une an-

née vacant par la mort de Désinian, son dernier évêque; les électeurs, qui avaient été divisés jusqu'alors, convoquèrent une nouvelle assemblée de tous les évèques de la province dans l'église de Saint-Etienne, qui était la cathédrale , pour lui élire un successeur. Ils ne purent encore s'accorder et étaient même près den venir aux mains, lorsque le sous-diacre Euverte , qui avait été sollicité d'assister à cette assemblée, se présente. A peine est-il entré dans l'église où les prélats étaient en prières , qu'il est désigné par le ciel d'une manière toute particulière , etpro- •clamé par l'assemblée évèque d'Orléans.

SIS. Le nouveau prélat est conduit dans l'église de St-Marc,

hors la ville, où il est fait Diacre ; ensuite ramené dans celle de St-Etienne pour y être ordonné prêtre ^t sacré évêque.

ts4. Saint Euverte voyant que les trois églises qui existaient

dans la ville, ne suffisaient plus pour contenir les hdèles dont le nombre s'était rapidement augmenté, résolut de bâtir un édifice plus vaste que tous ceux qui avaient été élevés jusqu'alors^ il était incertain du lieu qu'il devait choisir, lorsqu'il lui fut indiqué miraculeusement près des murs au nord de cette ville.

En travaillant aux fondemens de la nouvelle église que saint Euverte faisait bâtir, on trouva une quantité considérable de pièces d'or à l effigie de Néron ; ce qui , réuni avec les dons qu'il put obtenir , Taida à construire ce nouvel édifice.

UÊ, Saint Martin, disciple de Sulpice Sévère, ayant été

chassé de son monastère de Milan , par Auxence , évêque Arien, passe par Orléans pour se rendre à Poitiers auprès du grand saint Hilaire , par la permission duquel il bâtit im monastère hors la ville. 11 y assembla nombre de reli-

gîesx^ et- établit la discipline monastique quil avait le premier importée dltalie dans les Gaules (9).

Quelque temps après il fit bâtir près de Tours un autre monastère , qui fut l'abbaye célèbre «le Mannoutier, où il introduisit la même règle.

Saint Euver te , en mémoire de TlnventioB de la Sainte- siwaw. Croix dont la fête aTait lieu depuis 35 ans que sainte Hé^ lène l'avait tléoouTerte à li^usalem , crut devoir mettre sa nouvelle église' sous l'invocation de la vraie Croix , lui en donna le nom, et en fit la consécration k^icor même de la fête (36).

Saint Ai^n an^ , natif de Vienne en Dauphiné , frère aîné * de saint Leonian , ayant entendu parler des vertus de saint Euverte, évéque d'Orléans, voulut en être le témoin , il vint le tijouver dans cette ville et.se rang^ sous sa conduite(*).

Saint Euverte fiit si satisfait des vertus de son disciple SM. Aignan, qu'il lui donna Pordre de prêtrise dans une église qui avait été construite depuis quelque temps hors la ville, au soleil couchant, au milieu d*un champ planté. d'orges, et peu après il le Et abbé du monastère qui existait près cetteéguse , appelé Saint4;iaurent-des-0rgerils«

Saint Euverte , évêque-d'Orléans , sentant sa fin approcher, assemble le clergé et la noblesse de la ville , et leup dit que s'ils vouhâent élire un véritable pasteur pour le remplacer ils devaient jeter les yeux sur ^gnan, qui seut était digne de les 'gouverner (36-64).

Saint Euverte ayant eu le vœu du clergé, de la noblesse et^du peuple d'Orléans, etne doutant plus que cela ne fïit agréable à Dieu , consacra le noimd evéque et le déclara son successeur (36).

Mort de>saânt Euverte , dans un âge avancé. Il avait gou^» î Kpu m ▼emé réglise d'Orléans l'espace de 4o ^i^s* Saint Aignan lui rendit les derniers devoirs, accompagné de tout le peuple, et le fit inhumer solennellement hors des murs d'Orléans, au nord-est, dans l'héritage d'un patricien, nommé Tétradius , issu d'une famiUe romaine, et qui. s'était fait chrétien. ^

(*) SuMins Aaianin Vittnwmia cîoilati* oppido fiiit ex- parentibiu nobiUonS OlinndllS) cuius Gcrmanus sanctas Lconianiu etc.

{Manuscripto fragmentum vUa êancii Aniani :) ,

Le tombeau dé saint Euverte fut placé dans un petit oratoire, appelé Notre-Dame-du-Mont, parce que ce lieu dominait la Loire et la ville, et au même endroit où après, en ^5, il futoonstruitune églisequi portason nom.

Le terrain habité par ce Romain lui avait été donné par les gouverneurs des Gaules. Cétait un très-ancien lieu de sépulture ; ce qui le prouve , ce sont les découvertes récemment faites de tombeaux en pierres et autres objets funéraires qui furent trouvés à cet endroit, en 1829.

Saint Aignan , nouvel évéque , fait son entrée dans Orléans, et demande à Agrippin , gouverneur , qu'en faveur de son joyeux avènement, il lui accorde le droit de délivrer les prisonniers détenus dans les prisons de la ville; ce n'est qu'après plusieurs sollicitations et quelques services rendus personnellement par levéque au gouverneur que cette faveur lui est accordée.

On présume que c'est de cette époque que date le privîlés^e dont jouissaient les évêques d Orleuns , de délivrer les criminels qui se trouvaient dans les prisons de la ville le jour de leur entrée solennelle, aima Ml. Mort du pape Anastase I*"^, romain; c'est ce pape qui prescrivit que les manchots ne fussent pas admis aux ordres sacrés, et qui ordonna aux fidèles d entendre la messe debout, selon l'usage de la primitive église (3i).

Saint Aignan, qui suivait en tout les traces de saint Euverte, s<m prédécesseur, voulut rendre l ^^glise de Sainte- Croix digne del'état florissant où sélevait chaque jour le christianisme. Un architecte habile, nommé Melllus, fut chargé de la reconstuire sur un plan vaste, et de la décorer avec magnificence (*) (36).

Saint Paulin, évêque de Noie, No/a, ville d Italie, au royaume de Naples, fut le premier qui , pour appeler les fidèles, se servit de vases d'airain , sur lesquels on frappait avec une baguette ferrée ; ce qui fut imité par ses contemporains et ses successeurs y puis après donna l'idée des cloches (4o-3i).

(*)ln illo tcmporc, etc. Beatn ip;lfur Euiirrtio i^licibus niorifis nnlam Paradifti iam ingresso , sancto visum est Auiano , vt fàbricam ecclcâùe <|ii.iin ciut pnedeoesMr ibiidnient, dtiori cafauBe praMbent vt deeeiuit. Ad (Icciarandum i^tur viri sancUssimi ncribUi, ifilîlilin Mflllilis uomine, qui tarbas praeorat artinciim , etc....

(Manuscripto ecclesiœ tancti Aniani Aurel..,)

L'iirrésic d Arius s étant l épuiidue clans les Gaules et s'y étant iortifiée par l'arrivée des Vandales en cette année, saint Aignan fit tant par sa vigilance et par son habileté qu'il en garantit son diocèse (36).

Saint Germain, évêque d'Auxerre, passe par Orléans, .où il est reçu honorablement par saint Aignan et un grand concours de fidèles. Au lieu qu'il habitait pendant son séjour , il fut bâtit , peu de temps après , une église qui porta son nom de Saint-Germain ; elle était située au sud de Sainte-Croix.

Cette année fut remarquable par une grande éclipse de soleil qui causa beaucoup de frayeur et d'épouvante aux peuples (43).

Commencement du règne de Pharamond, roi des Francs; il voulut tenter la conquête des Gaules, mais il en fut repoussé par les Romains; ce monarque passe pour être fauteur cfe la loi salique , qui exclut les fenmies de la succession à la couronne de France.

Saint Aignan ayant appris qu'Attila, roi des Huns, était entré dans les Gaules avec une armée de 5oo,ooo hommes en dévastant tôut par le fer et la flamme , et qu'il se dirigeait sur Orléans, voulut prévenir cette tempête , et malgré son grand âge , il se rend en diligence à Arles et va trouver Aëtius, lieutenant-général de l'empereur Valenlinien III dans les Gaules, pour lui demander secours (36).

Saint Aignan, dans son voyage, s'arrête à Vienne en Dauphiné , sa ville natale , chez un homme de haute condition, nommé Mamert, qui fut depuis archevêque et ren- <lit son nom célèbre dans toute l'église par sa dévotion et surtout par l'institution des Rogations.

Saint Aignan arrive à Arles, où il est reçu par Aëtius avec consi lié ration. Le saint prélat obtient de lui l'assurance d'un prompt secours, et la permission de transférer de Nîmes à Orléans le corps de saint Baudele martyr, lequel avait été sous-diacre de saint Euverte, son prédécesseur (36).

Saint Aignan, de retour à Orléans avec le corps de saint Baudele, relève le courage des Orléanais par l'assurance d'un prompt secours. Cependant il s'entendit avec le gouverneur pour que la ville fut mise en bon état de défense , afin de soutenir le premier choc des ennemis qui en étaient peu éloignés ; ensuite il ordonna des prières pu-

bliques et une procession solennelle à laquelle il fit porter les saintes reli(j[ues par les rues, et sur les remparts de la ville.

*M. Attila, avec son armée, arrive sous le murs d Orléans ,

et fait tous ses eftbrl^s pour s'en rendre maître; déjà il avait renversé, du coté de l'orient, une partie des murailles* avec ses niucliines, et se préparait à donner un assaut général , lorsqu'il survint une pluie et un orage si horrible que, pendant trois jours qu'il dura, les barbares furent forcés de suspendre le siège ; presque tout leur camp fut noyé par les eaux , leurs tentes abattues par la fureur des veuts et plusieurs d'entre eux frappés de la foudre.

L'orage ayant cessé , Attila rallia ses troupes et en fit un gros corps pour donner un nouvel assaut; les habitans, qui ne voyaient pas arriver de secours, commencèrent à perdre courage, et obligèrent saint Aignan d aller trouver Attila pour lui rendre la place, à condition de leur sauver la vie et la liberté.

juin4&L Saint Aignan, se rend au camp de Hu^is, revêtu de ses habits sacerdotaux et se prosternant devant le prince barbare , lui dit que les habitans se confessaient vaincus et se rendaient volontairement à sa merci; mais qu'ils le suppliaient de ne pas employer les derniers efforts de sa puissance pour leur ôter la vie et la liberté, lesquelles ils pouvaient encore disputer courageusement.

Attila, loin d'avoir le cœur touclié des prières de saint Aignan et de son extrême vieillesse, répondit fièrement qu'il avait résolu de passerions les liubitans au fil de l'épée et de réduire la ville en cendres; mais qu'en considération^ de ce qu'ils se rendaient volontairement, il leur faisait grâce de la vie, et se contenterait de les emmener en captivité après avoir mis leui^ biens au pillage (36).

Saint Aignan revient dans la ville, apportant cette crueUe réponse aux habitans ; toutefois il les exhorta en même temps à mourir les armes à la main plutôt que de souf£rir une honteuse servitude sous le jou^ d'une nation barbare et infidèle. Mais la terreur avait tellement saisi les cœurs de ces pauvres ^ens , et l'image de la mort avait été si fort empremte dans leurs esprits qu*ils n étaient plus capables d'écouter ces généreux avis ; de sorte qu es^ tîmant il leur était plus avantageux d'abandonner leuta

biens et leur liberté pour consenrer leurs viet dont la jperte était infiiOlible, ib résolurent de se rendre aux conditions imposées par le vainqueur.

Les chefe de Tarmée d'Attila entrent dans Orléans avec u iai»48i« une partie de leurs troupes , et déjà ils commençaient à di- 'viser les quartiers pour les donner au pillage, lorsqu'ils eurent connaissance de l'arriTée des secours qui Tenaient délivrer la ville.

Aêtius ) général des Romains , Mérouée III , roi des Français , Sangiban , roi des Alains, Théodoric P', et son fils, roi des Yisigoths, qui avaient réuni leurs armées, cluurgent les barbares à Timproviste, et lorsqu'ils étaient en désordre ; ils pénétrent dans Orléans avant qu'ils aient pu se reconnaître, et en font un grand carnage; pas un de ceux qui étaient dans la ville n'échappa au glaive des vainqueurs et à la fureur des habitans qui avaient repris courage, d'autres furent faits prisonniers, et quelques-uns s étant précipités dans la Loire s'y noyèrent; le reste prit la fuite honteusement (*).

Aëtius mit dans Orléans une forte garnison sous les ordres de Sangiban , Roi des Alains.

Attila , qui avait réuni les débris de son armée, se reti- «m. rait en pillant le pays ; Aëtius rappelle d'Orléans le roi Sangiban et sa garnison, et réuni avec les mêmes rois Théodoric et son fils Mérouée , roi de Franee, et plusieurs autres étrangeis auxiliaires qui l'étaient venus joindre depuis la délivrance d'Orléans, il ^ursuivit Attila jusque dans les plaines de Champa^e, ou il le défit entièrement, et lui tua environ i5o,oDo hommes; mais Théodoric P', roi des Yisigoths, y trouva la mort.

Plusieurs auteurs prétendent qu Attila fut défait en So-, logne, près d'Odéans , in eampis iecalaunisis (43).

Attila, dés^péré et presque résolu de se donner la «as. mort , se retira en son pays avec peu de gens (36).

(*) H.vc prîrtrroa tonipeshite, Attila, rc\ Hnnnorum Gallias (Irpopulnturiis , aduenit jamque Metcnsi vrbe cxusta , Aurcliaiicnsein miuabatur ounertere duitatem : £rat tnnc S. AnianUs eiusdcm vrbis epîscopus, <^iiu pr( ( il)iis iniiifntus Aftius Ronianoriim Patrioiiis , ah Arelale Aurclianis propt rauit, et vnà cum Tlu'udoiic et Thorismodo, Thcudonis n j^is Gotliorum fîlio, Attilain iniiasit, et vrbcm imminenti periculo, quoiu iaia tenebat ob.sossain, libcrauit , etc. {^Extrait d'une Charte dê q&l* Mof mvterU d» la £ibUçthèqu« de saint yictar de Paris,)

43a. Altius, content de ses Tictinrefly ne le suivit pas davantage, et après avoir congédié Thortmond, fils de Théodoric I**^, roi des YisigothSi «j^ui avait perdu la vie en Champagne , et lui avoir fait présent d'un vase d*argen t du poids de 5oo liv. et enricni de diamans, il se sépara aussi de Mérouée, roi des Francs^ dont la trop grande puissance connnen^t à lui devenir suspecte; il s en retourna à Rome char^ de dépouilles et de butin.

Peu de temps après , ce brave général fut massacré par ordre de Fempereur Valentînien , sous le prétexte ^u il voulait lé détrôner et s'emparer de l'empire; ce qui était une calomnie des ennemis d Aëtius (4o).'

Ainsi finit le libérateur d'Orléans , qui méritait un sort plus heureux. Depuis cette époque jusqu'à la révolution , tous les ans au i4 juin , il était célébré une messe à son intention dans l'église de Sainte-Croix.

t7Mf(inbre4As. Mort dc sAint Aiguan, évèque d'Orléans, dans un âge trèf-avancé; il avait gouverné son église pendant 65 ans avec une grande vertu (21-36).

Il fut inhumé dans l'église de Saint-Laurcnt-des-Orgerils, située hors la ville , au soleil couchant , dont il avait été abbé avant sa nomination à l'épiscopat (36).

Succession (les évcrjiœs d' Orléans depuis Dio]>ety en 'i/fj, jusqu'à la mort de saint jàlgnan, arrivée le ij noijembre 453.

ZNopet , élu en • . mort au commencement de 34^- Désinian, élu {au commencement de 347 > après.

quelques jnois; 347*

Vacance du siège | du milieu de 347 ^'^4^9

mois.

Euverte, élu vers le milieu de 34Bj| mort le y septembre 388 , après 4p ans àf^ fiége.

. Aignan^ élu le 7 septembre de 388*, mort ïe 17 novembce^4^3, après 65 ans de siège.

Attila fit le siège d'Orléans et entra dans la ville le 14 juin 4S1 9 sous l'épiscopat de sai^t Aignan^rqui mouri^it 2 «ds après , en 453.

sBîimicriM Mort dc Prospcr, évéqùe d'Orléans, successeur de

nint Aîgnan, après enTuron 6 ans et lo noSs fTépIseopat(ai).

Mort de Magnus , évéque (fOrléans, afirès environ a Aaa^iM. ans d'episcopat. •

Mort de Fëbat, éréqoe d*OEléuis, après environ 5 ^* ans d*ëpiscopat(2i).

Gillon , général romain y maidie conive Frédéric ^ fireve vê» âe Théodoric II, roi des Yuigoths, rencontre Tarmée de ce dernier près Orléans, lui livre bataille entre) la Loire et le Loiret, le tue et faille son armée en pièces (38-4o).

• Mort de Gratien , év^ue d'Orléans, après environ 4

ans d'épiscopat (ai).

Gillon étant mort, le comte Pol prend le commandement de Farmée romaine et fortifie les îles de la Loire et les environs d'Orléans (38).

Chîldéric P', quatrième roi de France , et père de Clovis, franchit le Rhin et entre dans les Gaules en ravageant tout le pays jusqu'à Orléans , où il défait le comte Pol (43)-

Mort de Moniteur , évèque d' Orléans , après environ y 47». années de siège (21).

Ghildéric P% roi de France, poursuit le comte Pél jusqu*à Angers, où il entre de force, et le renverse mort sur k ptré, après l'avoir frappé de sa propre main (43-33-4o).

Peu de temps après, Ghildéric repassa le BJiin pour aller faire la ffuerre aux Allemands (43).

• Odoacre , duc des Saxons, étant entré dans la Francis, vint jusqua Orléans dont il fit sans succès le siège ; mais il se vengea sur la ville de Beaugencj, qull mit au pillage. Il f<Mti£e les bords de la Loire et s*empare d'Angers (47;-

Mort de Ghildéric V à Toumay , à Tâge de 45 ans (43).

Clovis I*' succède à son père Ghildéric I*'. Il passe le Khin à la tête d*une armée de Francs ou peuple de la Ger^ manie-bifimeure qui habitaient entre le Rhin et le Weser, espace compris entre la Franconie, la Thuringe , la Fnse et la Westphalie. Il entre dans les Gaules en ravageant tout le pays dont il put faire la conquête.

Mort de saint Flou , évêque dOrléans (21).

Le corps de saint Aignan , qui avait été inhumé dans réglise de Saint-Laurent-des-Orgerils dont il avait été abbé, est transféré, avec une grande pompe, de cette église dans celle de Saint-Pierre-aux-Bœu£s, située hors la ville , au so-

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