N*» IV
ProclamatiofL,
« Habitans du Loiret, « Une victoire décisive, qu^une inexplicable fatalité semble avoir arrachée de nos mains , suivie de l'abdication de Tempereur Napoléon en faveur de son auguste fils, phce la patrie dans une situation qui dévoue à son salut tous les cœurs français. La représentation nationale médite en ce moment les mesures qui doivent assurer l'indépendance de la France, son honneur, ses droits et le constant objet de ses vœux: la paix! Attendez avec confiance le résultat de ces grandes méditations , mais attendez-les aussi dans le calme qui servira si bien leur succès, et d'abord vos intérôts^ les |^us chers , la sûreté de vos.
familles et de vos propriétés. Tous leê ordres sont tlonnés par M. le marëchal-de-camp commandant ce départe ment, toutes les mesures sont prises par moi pour que les personnes soient partout respectées , pour que les agitateurs seuls, quels qu'ils soient, sentent le poids de l'autoriLe ; les militaires et les gardes nationales, unis de seiitiniens, le seront encore d'efforts pour le maintien de 1 ordre • les propriétaires , les ministres d ini culte essentiellement ami de la concorde, les honnêtes gens de toutes les classes seront les auxiliaires de la force et de l'autorité par leur conduite et leur langage. Habitans du Loiret , je me félicite de me trouver au milieu devons dans ces grandes circonstances; croyez-moi tout à votre tranquillité, à votre civique direction ; vous me verrez toujours , et inébranlabiement sur la ligne du magistrat amant de sa |Mitrie.
« tse Chevalier Fréfet du départewcnt du Loirei,
n Lbeoy. » (3*40
1 juillei i8i5. — L'évêque d'Orléans, M. lacoues Railton , quitte rëvéché et la TÎUe pour se retirer ilans son pays. Ge savant et vertueux prélat, laissa vacant le siège» qui fut administré par les sept vicaires^généraux qui
suivent :
MM. Mérault, vicaire-généraloffic. ; Demadières , Métivier , Barbazan , Fauvel , Jourdan y et Gallois à la résidence de Blois. (76-77.)
5 juillet t8i5. — Signature de la capitulation du gou* vernement provisoire de France avec les puissances alliées, dont les plénipotentiaires s'étaient rendus à Paris, pendant ue Louis XVlII et les troupes étrangères s'approchaient e la capitale de France. (i5-82.) Par un des articles de cette capitulation, il était dit que le troupes alliées occuperaient toute la partie de la France jusqu*à la rive droite cfe la Loire , et que les armées françaises passeraient sur la rive gauche de ce fleuve > que le maréchal Davoust serait chargé d'effectuer cette évacuation, dont les plus fortes colonnes furent, ainsi que la garde impériale, dirigées sur Orléans. (43.)
— C'est à cette époque que 1 on connut a Orléans la
fameuse chanson populaire adressée aux souTeraioséifangersy et dont le refrain était : RendeZ'tiOtts matrû vaibx dê Gand! rendez-muê notre père!
8 JaUiet i3 1 5* — Louis XYIII rentre pour la secondé fois dans Paris , après une absence de trois mois et Tinct jours : il était accompagné d*Alexandre I*', empereur oe Russie; de François II , beau- père de Napoléon, empereur d'Autriche ; de Frédéric^iruiUaume 111, roi de Prusse; des généraux Wellington, Blûcher et Bulow etc», etc., ainsi que de 3oo,ooo soldats étrangers de plusieurs ua* tions. (43.)
— Louis XVlll, par une ordonnance royale , la première connue à sa seconde rentrée , enjoint à tous les préfets des départemens , nommés par Napoléon , designé sous le nom de Buonaparte P Usurpateur^ ainsi qu'aux maires, aux adjoints et conseillers municipaux des communes du royaume, qu'ils aient à quitter sur-le-champ leur place : il enjoint à ceux qui les occupaient avant son départ de les reprendre de suite, ce qui eut lieu quelques jours après dans le département du Loiret. Dans le même mois, les iiH-nibres de lu cour royale, tous les juges reprennent leurs tondions comme avant l'arrivée de Napoléon en France. (S-^ô.)
— Passage par Orléans des premières colonnes de
l'armée française, qui , d'après les conventions arrêtées entre le gouvernement provisoire et les puissances alliées, le 5 juillet, devaient se retirer sur la rive gauche de la Loire. On vit, avec un sentiment pénible, ces légions, jadis maîtresses d'une partie de l'Europe, forcées, par amour pour la patrie , d'obtempérer aux décisions des étrangers qu'elles avaient si souvent et si long-temps vaincus j la garde impériale, qui en faisait partie , était encore admirable , malgré ses fatigues et ses malheurs j la population presqu'entière de la ville, et même des environs, s'était portée à la rencontre de ces braves, et, sans s'occuper sous quel maître, ni sous quels étendards ces valeureux soldats avaient marché, les Orléanais les reçurent comme des frères; la foule qui se pressait sur leur passage fut surtout vivement émue à la vue de ces drapeaux trico-
lûtes en lambeaux et teints du sang des braves qui les en» touraient. (76.)
— Un imprimeur de la ville, M. Jacob père, reçoit rinjorictinn de faire transporter, dans les vingt -quatre heures, sur la rive gauche de la Loire , une partie de son matériel ainsi que le personnel nécessaire })t)ur le mettre eu œuvre; la réquisition était signée du général Guilleniinot, chef d'état-major. Celte iaipi imerie quitta la ville sous l'escorte de deux gendarmes et fut installée dans le château de la Source.
g juillet 181 5. — Le chevalier Leroy , préfet du Loiret^ nommé par Napoléon lors de sa rentrée en France , excellent administrateur^ quitte ses fonctions et l'hôtel de la préfecture; il est de suite remplacé par M, Alexandre de Talleyrand, préfet avant lui.
M. Leroy passa sur la rive gauche de la Loire , avec Tarmée Française, et fut logé à St>Mesniîn , dans la maison de campagne de M. Benoist-Merât, d'où il correspondaitavec ses amis l'Orléans, par le moyen d'un marinier, nommé Jacques DardonTille, bon nageur, qui traversait la rivière à La Chapelle , puis après entrait dans la ville, déguisé en paysan y portant une hotte remplie de légumes et sa correspondance dans ses souliers feits à double-semelle. (3.)
— Le maire des Gent-Jours, le général Granjean , quitte sa place à Orléans , et est sur-le-champ remplacé par M, Grignon-Désormeaux, maire au moment de la rentrée de Napoléon en France.
Le maire Granjean n a pas voulu signer les arrêtés qu'il avait pris pendant son exercice. (4.) ^ L'exercice de ce maire des Cent-Jours n*est point consigné dans les volumes des délibérations municipales.
II juillet 181 5. — Nouvelle nomination du conseil de la préfecture du Loiret, qui fut ainsi composé, savoir : MM. Piahelieau, conservé^ et qui devint le doyen des
conseillers;
Belahaye, ex-député du Loiret, en remplacement de M. Brillardi avocat \
Colas (le La Noue père, en remplacement de M. Savart; Et M. Olivier Maison-Neuve, secrétaire.
— Arrivée à Orléans da maréchal Davoiist) doc d'Auerstadt, chargé du commandement des troupes françaises formant Tarmée dite de la Loire ; ce maréchal, à peine arrivé dans la ville , passe le fleuve en emportant avec lui toutes les caisses publiques et les magasins, &it commencer une forte tête de pont à la gtîlle du Portereau , fait préparer des fougasses ou mines, sous les deux premières arches du pont au sud, fait élever des palissades avec embrasures dans la demi-lune, près la rue Dauphine, ety place six canons de huit en batteries; il ordonna aussi d'enlever le pavé du pont dans la longueur de plusieurs toises, en avant de ses fortî6cattons , puis fît braquer des pièces d'artillerie qui enfilaient les rues de la Poterne^ de la Porte-du*Soleil, du Ghâtelet , de Ste^Catherine, du Puits- St-Christophe , du Gours-aux-Anes , de l'Ecu-d'Or et de Notre-Dame- dc'Recouvrance; il fit aussi réunir tous les bateaux, chargés ou vides, qui se trouvaient sur la Loire, depuis le château de l'Ile jusqu'au pont, cdté sud d'Orléans; après toutes ces précautions et ces moyens de défense ordonnés, le maréchal alla fixer son quartier-général dans le château de la Source du Loiret, où il plaça les bureaux de l'état-major de 1 armée française. (4*76-770
— Nouvelle formation des adjointsau maire d'Orléans, qui furent :
MM. Dufaur de Pybrac père, devenu le doyen, ayant été conservé ;
Bigot de Morogues, conservé;
Noury, en remplacement de M. Colas de La Noue , passé au conseil de préfecture. (3.)
— Les troupes françaises qui étaient logées par six, huit et plus, chez les habi tans d'Orléans , après deux jours de repos dans cette ville , traversent le fleuve pour prendre leurs cantonnemens sur la partie gauche de la Loire , ce
ui leur fit donner la dénomination d'armée de la Loire.
— Le préfet du Loiret, M. Alexandre de Talleyrand, envoie sur lu rive gauche de la Loire M. Rabelleau , le
doyen, des conseillers de préfecture, potir correspondre avec lui et lui faire passer les ordres qu'il recevrait pour l'armée française et cette partie de la France.
Cet envoyé fit placer ses bureaux dans la maison de M. de La Noue, rafflueur, rue St-Marceau^ où il fixa inomentanément son domicile.
— Le maire d'Orléans , M. Crignon Désormeaux , met en réquisition deux cents voitures pour porter des vivres î)ur la rive gauclie de la Loire, et y former des niagaslns de rauniiluns de bouche pour la portion de l'armée française qui était cantonnée dans cette partie du département du Loiret y au nombre de 3o à 35yOoo hommes environ. (4.)
— Le maire, M. Crj^uon-Désornieaux, voyant qu'il n'y avait plus de soldats français dans Orléans , ni sur la rive droite de la Loire, tii dans les environs de celte ville, fait monter au grenier le tableau en pied, ainsi que le buste en marbre de Napoléon , et enlever le drapeau tricolore du portail extérieur de l'hôtel de la mairie pour le remplacer par un drapeau blanc; depuis deux jours, le préfet Talleyrand avait fait ôter celui qui était à la porte de la préfecture, et ne le reujplaça qu'à cette date, qui fut celle où il mit à son chapeau la cocarde blanche, ainsi que le maire et les royalistes les plus dévoués, dont quelquesuns furent alors injuriés et poursuivis par la populace d'Orléans* (76-77.)
iliiiiUetlâlô.
PBOGLAMATIOll.
Le maire Orléans à ses concitoyens»
Habitans d Oi leans,
Le fléau de la l' r an ce avait osé reparaître, le ciel a confondu sa criminelle entreprise; loin de nous il est allé traîner les restes d'une vie lâche, honteuse et souillée de forfaits; avec lui le monstre hideux de la terreur et de l'anarchie a disparu , et ses vils sectateurs sont pour jamais voués au mépris le plus honteux.
Louis-le-Désiré nous est rendu j son entrée dans la capitale a été celle de 1 ami de son peuple, de l'ange de la paix.
d*un monarque yertueux, objet de nos regrets et de nos
Ce roi, yéritablement chéri par ceux qui ont encore une
nous comme un ange tulélaire, l^olÎTier à fa maÎB et le pardon dans le cœur.
Oublions le passé, réjouissons>nous du présent, et mettons notre confiance pour TaYenir dans la divine Providence qui, en veillant sur mitre monarque chéri et en nous le rendant, nous donne une nouvelle preuve de son éclatante protection.
Appelé par les erdresdu souverain à reprendre les rênes de ladministration municipale et paternelle que j'avais été obligé de quitter par violence, mon premier devoir, celui le plus cher à mon cœur, en Vous annonçant un événement si heureux pour toute la France et pour les bons Orléanais, toujours fidèles à leur légitimé souverain, est de vous avertir qu'il nous est enfin permis àé témoigner notre jme pas des signes édacans et non éqtilVo^es : livrons* nous sans réserve aux sentimens qui noiis animent, qu'Une gatté vive et décente acûomjpagùe n6li i^éunionâ, et qiie le père, entouré de ses enfkns , fasse retentir leS airs dé te cri ai oher aux bons Français : f^tpe le Roi!
Il y aura feu de joie, illumination générale, distribution de pain aux pauvres et fête cbàmi^tre sur le Grakïd-Mail.
12 Juillet 1 8i5. — Une forte colonne de troupes prussiennes pénètre dans le département du Loiret, avec ordre (le pousser jusqu'à Orléans pour Toccuperf les habitais , prévenus de l'arrivée de ces étrangers, cachent, comme lors de la présence des Cosaques, en i8i4, les ob jets les plus précieux de leur fortune, et les plus irrésolus se sauvent sur la rive gauché de la Loiré ; niais cependant en moins grande quantité que la première fois , espérant que les soldats alliés seraient moins pillards que les sauvages du nord de la Russie. (4"7^*77*)
— Nomination d'un commissaire spécial chargé de fcfùMït h la slibinslandè déà tronjpes étrangères.
vœux.
er
^ ago —
£éèttre adressée à M. Pers'm^ contrôleur de l'octroi
d'Orléans.
Monnear,
Je TOUS invite à yenir ce soir dans mon cabinet ^ à la préfecture, à six heures précises , pour objet de service public très-pressant.
fai rhonneur de vous saluer,
Pour le préiel du Loiret) Le conseiller de préfeclure délégué^
Baiixaed.
Extrait du registre des arrêtés du préfet du département du Loiret^ duii juillet i8i5.
Le préfet du Loiret ,
Considerarit la nécessité pressante de pourvoir à la subsistance des troupes al iiee s qui vont occuper la viiieetles environs d'Orléans,
Arrête que M. le maire d'Orléans demeure chargé de pourvoir à la subsistance de ces troupes par tous les moyens que 1 urgence de la position peut exiger j et qu'en conséquence il est autorisé à mettre en réquisition , dans laconuiiuiie d'Orléans et dans les conmiLincs environnantes, tout ce qui sera nécessaire, notamnient les ioiiis, pailles, sainfoins, trèfles , luzernes et avoines ; tous ces objets seront livrés aux magasins militaires d'Orléans, par les soins et sous la surveillance de M. Persin , commissaire nommé par l'arrêté du préfet en date d'hier.
Pour le préfet du département du Loiret^ Le conseiller de préfecture chargé de ^intérim ,
Baillard.
Sauf'ConduU, — Maine d'Orléans.
MM. les commandans des troupes alliées sont invités à
]«uer passer M. Persin, délégué ad hœ^ à Tefifel de faire des réquisitions de fourrages pour te besoin de la troupe. A la mairie d'Orléans, le i a juillet i8i5.
Le baron Maire d Orléans ,
GRIOHON-DisOaMEAUX (*).
AlfH AliBS MILITAIBXS.
Prospectus,
(Testa Napoléon que nous faisons la guerre et non pas aux Français: voilà ce que les. princes coalisés ont oit à l^urope, f^apoléon a abdiqué ; sa vie politique est finie , et les coalises sont en France , à la tete d*arniées nombreuses. Ils ne Toulaient pas , disaient-ils , se mêler de notre régime intérieur; ik neyoulaientque Féloignement de fermée à une distance convenue, pendant on s*occuperaît de régler les- conditions de la paix! L année a voulu
(*) £n vertu des pouvoirs qui lui avaient été délégués par M. le préfet 4a dèpaTtement ilu Loiret, M. Persin partit toMe-chainp poorae raidie soccessiTement dans les coniniunos de Chevilly, Trinay, Raan, Lion-en- Beauce, etc., etc., afia de reinplir riMWorairte et pèriUeeie miadon qsi lui était confiée.
Une grande partie de ces eonminnes était parconme par des détache-
mcns (le Cosaques, et les cullivatrur^; sn îroiivaii nl dans le plus grand découiaLn'inrnt. M. Persin fît comprendre a tous 1( s maires les dangers qu'ils auraient k courir, ainsi que les habitant de icms communes, si la ville d'Orléana n*était pas prompiement et convenablement approvisionnée dnns rcttr rîrrnnstance, afin de pourvoir aux bceoina d*aiie partie de l'armée prussienne qui arrivait dans ses murs.
MM. les maires se rendirent aux pressantes sollicitations du commisaaire qui lear était envoyé par M. le préfet, et, déa le 45 juillet, les approvisionnement arrivèrent à Orléans.
En traversant la Beauce , M. Persin fut arrêté par des Cosaques qui voulurent le faire prisonnier, le prenant pour un officier de l'armée françaiae, parce qu'il était alora revèln de son uniforme de garde urbain. Après lui avoir posé leurs lances sur la poitrine , ils le sommèrent «lèse rendre, et voulurent s'emparer de sa voilure et de son cheval : il fit bonne contenance, ne se lai»a paa intimider, et, leur montrant les papiers dont Il était porteur, lesqneb, pour la plupart, portaient l'empremte des cachetg de la prèfecfuredu Loiret et ne la manie d'Orlénn^, il parvint às'échapper de leurs mains et à continuer de remplir sa mission.
n ftit aaaes beorenx, dans celte oliconsiance ,.poiir contrif^oar k évijer^ à la ville d'Orléaps de très-grands malheurs.
sauver Paris des homun d'uo siège ; elle s*est retirée aur delà de laLoirei et son espérance est dé^e» Paris éproiifte tous les malheurs dont on araii cru le préserver pao cette fiitaie retraite ; ses ponts sont détruits, ses citoyens piUés ou massacrési ses édifices publics dévastés : toatela population tend aujourd'luii des bras supplians vers cette ar* mée qne naguère elle semblait crainare comme sa seule ennemie.
Foi pes aois, les.|^pies vont e^ftu te connaître l Cea peuples , mieux éclairés par Tinvasion des barbares que parles le^ns de la sagesse» vont apprendre ce que vaut la Gonseienee djçs prinees, el la raison piiMique vaseaiArir d'un siècle.
On assuré que deux des puissances coalisées.sq scint prononcées contre les horreurs quc^nous dénon^ns ànoa concitoyens. Si cela est Traii elles sauront elles-méQias.en fiiire justice» et une pais honorable peuteocore iieoir con* soler le monde.
Si, 9^ contralce» tous nos ennemis soni^d^iccord, qu'altendons-nous'pour prononcer nous-mêmes Tarrét inévitable de leur proscription ? Ces hommes que nous avona battas au milieu de toute leur puissance , ne sont-ils paa perdus si nous sompies unis? C|Boienfe-ila traversav Je finnoe chaïf^ de nos dépouilles, et ne rencontrer quune population mepte et imbécile? Non, ils sont etntourës. de Qpa£>rteresses, de nos fleuves et de quatre millions d'hora» mes libves. Qu'il n'y ait plus en France que des Français et des éinmgerf^ et la France sortira glorieuse de la orise que U» passions, ootmenee.
Jamais noua n*avona eu plus besoin de sagesse et d'union; jamais nous n'avons eu plus besoin de connaître les laits qui se passent , les mesures à prendre» etiiesiautea à éviter. Ce n'est pas des journalistes de Paris que nous devons attendre la vérité. Cest du milieu de Tarmée quenoua espérons la luce parrenîr à tous lea Français. Notre re» cueil ne sera pas un ouvrage de parti : nous ne sommes que Français; l'amour de la liberté est le seul point où toutes les combinaisons politiquct puissent honorablement se rallier.
Les Annales miUiaireâ paraîtroot» autant qu'il sera posr
sibl«i troift ftÙB par «ewine, à pavlir dhi i5 juillet présent iDOM* Nous y rappovteron» tous les éwémtmtm remarqua- Mas; nous signalerons toutes les entceprises c|ue les ennenus du nom français dirigeront scMt contre Pordreen.gé^ néral, soit contre la bonne discipline qui anime et continuera d*aninier Tarmée. MM. les che£» de corps sont instamment miéê de nous foire parvenir tous les &iu militaires qui honorent le courage des Français; et cette partie de notre travail adoucira pour nous le reste dis la tâche que nous entreprenons. Notre devise est Pairie ^ Honneur ei Concorde» oous cette bannière nous espérons rallier tout ce qui est Français. Nous appelons à nous toutes les lumières et tous les renseignemens dont peuvent disposer ceux qui voudront concourir au succès de notre entreprise civique*
On souscrit clîez tous les libraires et les directeurs dé la poste auK lettres de France» qui s'adresseront au grand quartier*général de Tarmée.
Le prix de Tabonnement (franc de port) est de 6 francs par mois.
RlOOMBE-BlZIII.
Cette piècO| dénoncée an procureur du roi M. Moutié, fournit aux réactionnaires de cette triste époq^e l'occasion de déployer un sèle d*autant plus ardent qu'ils avaient davanta^ à se faire pardonner ou à obtenir ; lea passions s'animèrent à ce point que, malgré l^intervention de personnages haut placés , malgré les ordres formels de JLottis XVIII lui-même^ un procès crimiod s'entama: M. Huet'Perdoux, imprimeur, fut emprisonné » puis traduit devant la cour dWises du Loiret , sous la prévention de complicité avec M. Rigomer-Bazin, auteur de Timprimé.
Leur cause, défendue avec un remarquable talent par M * Hennequin, et par Légier, avocat du barreau d'Orléans , qui €K>mmençait alors une carrière qu'il a suivie avec tant d'éclat ainsi que par M. Bazin lui-même, qui
(*) Quelques mois plus tard , et pour une aflkiire îniportanie, M. Henne(|uin, sollicité de venir plaidei- à Orléans, refusa ton ministère en disant aux soUicileiirs : « Messieurs, il était inutile de venir dans la capitale ciuraher nn délsnseur ; vous avcs dans votre ville, en la penonne de M* lïgicr , utt des me illeim avocals de France, a
fit preuve, en cette occasion, de beaucoup d'éloquence et d'énergie se termina par un verdict d'acquittement.
Nous ne saYons quel fut le sort de M. fiaztn après son acquittement.
Quant à M. Huet-Perdoux, l heureuse issue de ce procès ayait soulevé contre lui une telte animosité de la pan des puissans du jour, il se trouva en butte à tant de tracasseries irritantes , qu'il résolut de s expatrier pendant un cer* tain temps, afin de laisser à la fièvre morale qui affectait tant d'esprits , le loisir de se calmer.
En compagnie d*un Portugais établi à Orléans, M. Pereira, qui était son ami, et qui plusieurs fois déjà avait tenté avec succès la chance des sjpeculations commerciales au-delà des mers, il partit pour le Brésil avec une quantité assez considérable de marchandises.
Bicutùt ses affaires prospei ei ent , sa pacotille s*était avantagcuscnient placée, son cararteie tVaiic et loyal l'avait fait bien accueillir dans le pays; il venait d'être placé à la tèle de l liuprimerie du gouvernement a Rio-Janeiro, et il touc hait au moment du repos quand une maladie subite I cnleva, jeune encore, à sa nombreuse famille
la juUlei i8i5. — Le maréchal Davoust, commandant les troupes françaises sur la gauche de la Loire, par un ordre du jour , ordonne l'interruption de toute espèce de communications avec la rive droite du fleuve, et donne la consigne de faire feu sur toutes les personnes, militaires ou habitans, qui voudraient forcer le passage, principalement parle pont d'Orléans; cet ordre inattendu fit que les citoyens domiciliés au sud de la ville , qui, pour affoires, se trouvaient au nord, et par la même cause, ceux du nord qui se trouvaient au sud , furent forcés de rester en place et de se loger à l'auberge ou chez des amis.
Cet ordre avait été nécessité par l'arrivée des Prussiens,
3ui n'étaient plus qua une journée de marche de la place 'Orléans. (77.)
i3 juillet 181 5. — M. le chevalier de Morogues, adjoint au maire, et M. Jules Desfrancs^ se dévouent pour le salut d'Orléans, en se rendant à Aebrechien , près du générât
prussien ^ afin de s'entendre avec lui pour ^ue Tenlrée de ses troupes dans la yïWe se fil sans coup Ont.
— Adeux heures après midi, legfénéral prussien, de Bopcke, entre daiis la 'v ille d()rlc;uis par ki porte Bourgogne, à la tète de 7^'*^" lioiiinies d'iidaiiterie et 800 cavaliers, formant Tavant gatde d ua corps de 24,000 hommes d'infanterie et 6,900 ciievaux, debtiues à occuper le départenieiiL du Loiret.
Le général prussien , à cheval , fit son entrée dans la ville placé entre I\1M. le vicomte de Morogues et Jules Desfrancs, suivi du maire et d'une partie de la garde urbaine, qui étaierit ailes au devant des troupes étrangères pour éviter que ces soldats n'entras^eut dans Orléans comme dans une place coinjuise. •
Ces soldats turent logés par douzaines dans chaque nuiisou, dont ils vexèrent les hahitans en exigeant luut de suitCy tout de suite ce qu'ils demandaient avec menaces.
Le jour même de leur arrivée , ils eLablireiit une batterie de quati e canons de six, mêclie allumée, dans la rue Royale, à la hauteur d u Marel ie'au>;.- \ eau.\ , desti née à battre le pont et les lurtilications des français de l'autre rive ; ils LariiCadèitMit l'entrée du pont, au nord, de voitures renversées Tune sur l'autre , s'emparèrent de la garde des postes, placèrent des Lnouaes nombreux sur le Mai troi , sur la place de 11'. tape , dans le -M arclié-aux- Veaux , dans les cloîtres Ste-Croix , St-Aignan , Ir grand (.imetièi e, et firent circuler de fortes patrouilles par toute la vihe. (76-77.)
i4 juillet i8i5. — Le chirurgien-major de l'armée
Ï prussienne s'empare des bâtimens de T Hôtel-Dieu d'Orëaus, &it poi:ter les malades de la ville dans les salles basses et sombres, au sud, du côté des tours de la cathédrale, et place les siens dans les dortoirs du premier, qui ouvrent sur la rue de TEvédié et sur la cour de cet hospice.
La pharmacie de la maison est envahie par lui, ses jeunes élèves et ses domestiques; les sœurs de T hôpital ne quittèrent pas leur domicue et vécurent d'un bon accord et paisiblement avec ces nouveaux venus. (7-77.)
16 jmUH 181S. — Ordre dn Aru$flieti qui costmandait la place d'Oricms^ ^oblige les habitai» à fournir euxmêmes, à chacun des soldats de sa nation, et par jour, une livre de viande avec lé^mes, deux livres de pain, un verre d*eau^e-vie, beurre ou fromage pour déjeuner, le soir un ragoût avec nommes de terre et une bouteille de vin.
Pour les dievaux , un quart de boisseau d*avoine et six livres de foin par jour et par chaque bète.
Indépendamment des vivres ci-dessus^ W général de Borcke exigea que la ville pajât, à chaque soldat, i f. 90 c. par jour, ao fn a chaque officier, et 5o lr« à chaque mem* bre de l'état-major. Quant à lui, auxintendans, comnûs* saires des guerres, etc., etc., ils ne s'oublièrent pas, comme on le verra ci-après. (3*40
— Désarmement des habitans d'Orléans, par ordre du général pi ussif^n : les citoyens furent obliges dOhciraux volontc^s impéraiives de cet étranger , et de porter eiixmênu s leurs armes de toutes espèces à la mairie , où un sieur Deloynes, suniommé le Boiteux , garde-magasin des poudres et salpêtres , accent principal des étrangers, i\eXivrait des récépissés signés de lui , qui ne furent bons à rien. (40
17 jmUet 181 5. — La conduite vuxatoin des Prussiens envers les habitans d'Orléans de toutes les opinions, les vols qu'ils commettaient hardiment et impunément à k table même et en présence des personnes qui les avaient désirés, déterminèrent le préfet à engager, par la circa* laire qui suit, tous ses administrés à prendre patience»
Le préfA du Loiret aux kahkam du dépitriemait.
Habitans du Loiret, Les malheurs qui pèsent sur vous seront de courte durée; mais en ce moment, s'ils sont affreux, n'en accusez que la promptitude avec laquelle ils sont arrivés ; votre département, traversé par de nombreuses armées françaises, était épuisé , les armées alliées sont arrivées avant qu'dn ait pu organiser des magasins , des désordres inévitables s'en sont suivis ^ ils vont cesser ; une commission, nommée
par moi , s'occupe de pourvoir aux subsistances fies armées. Que h paix , Xarmtic , l'union , régnent eiilre les étrangers et vous , romme ils sont établis entre votre roi et leurs souverains. Si les princes alliés désirent la tranquillité, le roi la eommande; il verra danscette obéissance un moyen d'alléger plus promptement vos maux, et de parvenir à reparer vos désastres, Orléans, le i ^ juillet 1 8 1
lie préfet du département du Loiret| Baron de Taixeyrand.
1 8 juillet 1 8 1 5. — Le prince Guillaume de Prusse \êm^ par Orléans ; il est visité par les autorités civiles, qui reçurent de lui un accueil gracieux. (4*76*)
48 juUlet 4815.
Changemens survenus dans la magistr<atire d'Orléans
pendant les Cent-Jours,
î.e prince archi-ciiancelier de lempire , transmit, le 25 mars i8i5, à MM. les premiers présideTis et proeureurs-généraux , une circulaire qui renfei niaii les dispositions suivantes , relativement aux nominations faites par le roi dans l'ordre judiciaire :
« Aucun individu nommé par le chet du fkriiier gouvernement ne pourra continuer ses tondions qu au moyen d'une nouvelle nomination de l'empereur. Vous observerez que le décret du i3 mars, qui rappelle les magistrats déplacés par 1 < ttet de mesures arbitraires , ne disait point que leurs successeurs reprendront leurs fonctions s'ils en avaient : le décider ainsi serait donner à ce décret une extension qu'on ne peut se permeltre. Il faut donc que les individus dont il s'agit, dans quelque catégorie qu'ils se trouvent, obtienueni de 1 empereur une nouvelle nomination s'ils en sont juges dignes.
« Vous veillerez^ en conséquence, à ce que l'exercice de tous cesse le plus tôt possible, et vous me rendrez compte de vos diligences à cet effet.
« Enfin, vous [n'adresserez , sur cliacun des mêmes indiv idus, des notes sommairement enonciatives de /^t A'mUU à laquelle ils apparùenneutyde leur projesnon avant
que d'être nus en place, rie hurs moralité et cfijhinte, et de leur conduite poli tique., surtout dans ces derniers temps» »
Par une lettre en date du 3i mars, M. Petit-La fosse, alors prcfiiier président, donna connaissance de cette circulaii e aux magistrats qu'elle coiicernaît, et les prévint qu'ils devaie[)t imnit'ili.itrnient cesser leurs fonctions
Furent atteints par cette mesure ;
A la cour royale : MM. Boscheron-Desportes, président de chambre; Colas de La Noue et de Champvallins, conseillers j Perrot et Boyard, conseillers-auditeurs^ Gilbert- Boucher, substitut du pro<!ureur-géneral.
Au tribunal de première instance : MM. Miron de lElspinay, président ; Kphreni de La Taille, substitut.
Par décret impénal du 4 niai, MM. Colas de La Noue, de Champvallins, Perrot, Miron de TEspinay etEpbrem de La Taille, furent renonmiés aux fonctions qu'ils exerçaient; et, à l'exception de M. Perrot, aucun d'eux ne se présenta pour se faire installer et prêter serment, malgré l'avis qui leur en fut officiellement donné par lettres.
Le 22 juin, M. le baron Sezeur, procureur-général, leur fit faire, par exploit de Bourbon, huissier, une sommation dans le même but.
Voici la copie d'une de ces sommations :
« Le aa juin i8i5, moi, Jean -Baptiste-Joseph Bourbon, huissier-audiencier à la cour impériale d'Orléans, y reçu, demeurant à Orléans, rue Pomrae-de-Pin, n®35, patenté, pour i8»5, le i"mars, n** i68 , soussigné, à la réquisition de M. le procureur-général en la cour impériale d'Orléans, conformément aux instructions et ordres de S. A. S. Monseigneur le prince archi-cbancelier de l'empire ^ chargé du portefeuille du ministère de la justice, me suis transporté rue des Basses-Gouttières, n° lo, en la demeure de M. Duf^^ai^neau de Champvallins fils, nommé conseiller en la cour impériale dOrléans, par décret impérial du 4 mai dernier, où étant, parlant à la demoiselle Sophie, l'une de ses domestiques, j'ai invité, et au besoin interpellé inondit sieur de Champvallirjs de me déclarer, d'une manière formelle et positive, s il entend ou non se présenter devant la cour pour se faire recevoir dans les fonctions à lui conférées par le décret ^^usdaté , et prêter serioent
préalable à lieur ex«rcic6. J9 lui ai notifié que, fiiutepar luîde déférer à la présente interpellation, sa nomination aera considérée comme non<ayenae, confonnémAnt à la loi du 19 vendémiaire an s, et qu'il sera pourvu à son remplacement; à. laquelle interpellation il m*a été fait répoosci par ladite fille Sophie , qu elle ne pouvait rien répondrei et ma promis de remettre la présente copie à M. de Ghampvallins, qu'elle m*a déclaré être dans ses biem^ en Solugiie.
« Ce filit, j M , à mondit sieur Dugaigneau de Ghampvallins, parlant comme dessu3, laissé la présente copie» Le coût est d*un franc trente-cinq centimes.
« Bourbon. »
Cette soinrnaLÏoii ne fit pas changer de lesolution les magistrats qu'elle concernait; ils ne reprirent leurs fonctions qu'au retoui du roi ; il faut en excepter cependant MM. Gilberl-iiouchcr et Boyard, qui, dans les Cent>JourS| acceptèrent des places dans <] auttes ressuris.
Outre les mni^nstrats atteints pai' les mesures susrelatecs , plusieurs autres refusèrent de prêter ic serment prescrit par le décret impérial du 8 avril; ils furent réputés démissionnaires.
A la foui royale : MM. le baron Arthuis de Charnisay, président de chambre; Gouët de Mo n taraud , hoyièj de Laplace de i^lontevray, conseillers.
Au tribunal de première instance : MM. Colas de Brouville, Daro tte, juges j Moutié , procureur du roi, de Beauregard, substitut du procureur du roi.
Le parquet de ce tribunal se trouva ainsi totalement abandonné; mais M. de Beauregard, d'accord avec M. le procureur-général, consentit de continuer le service, ce qu'il fit, en effet, jusqu'au aa juin , jour auquel il lui fut rait, par exploit de Bourbon, huissier, sommation de prêter serment on de cesser l'exercice de ses fonctions; c'est ce dernier parti qu'il prit jusqu'au retour du roi, époque à laquelle il reprit sa place dans le parquet du tribunal.
Un seul conseiller fut nommé à la cour pendant les Cent- Jours, en remplacement de M. de Laplace , réputé démissionnaire.
— 3oo —
Le procureur impérial qui remplaça M. Moutié lut
M. Lessat.
Depuis !e i8 juillet i8i5, MM. Loyré, de Laplace, Colas de La Noue et de Champvallins, en exécution des ordonnances du roi des n et \'i juillet i8i5 , dont communication officielle leur fut donnée par AL le procureur-i^énéral, ont déclare au greffe de la cour qu'ils reprenaient leurs fonctions à compter de ce jour. MM. Colas de Broutille, Darottr, Motitié, de Beauregard et Ephrem de La Taille reprirent aussi les leur& près le tribunal de première instance d'Orléans.
19 juillet 181 5. — La commission nommée par M. le préfet, pour s'occuper des moyens de pourvoir aux subsistances du troisième corps cTarmée prussienne , arrête de foire un emprunt de Boo^ooo fr, présumé suffisant pour former des magasins , faire des marchés avec les habitans et assurer pour quinze à vingt jours les besoins de ces étrangers.
Cette délibération était ainsi conçue :
Les soussignés, convoqués par M. le maire dX)rléanS| à la réquisition de M. le préfet et du comité de suryeillance du dépa^ement, pour satisfaire, autant que possible, aux ordres et réquisitions notifiés par les chefs des troupes alliées, avec mencuies , en cas de refm , d^exécution militaire , délibérant sur les moyens de pouvoir aux drcons* tances et de fournir aux besoins qu'elles font naître pour la subsistance des troupes alliées, en attendant que le gouvernement ait , dans sa sagesse , déterminé un mode uniforme et régulier pour toute la France,
Ont arrêté ce qui suit :
Il est, par le présent, fourni un cautionnement jusquâ la concurrence de 3oo,ooo fr., pour le compte du dépar- j tement du Loiret, et sous lobligation soliciaire des sous* signés, pour être employé au paiement des achats et four* nitures <|^ui seront jugés nécessaires par une commission composée de MM. fiaguenault-Viéville , Crignon-d*Ouzouer, Geffrier-Lenormand , de Laplace de Stontevray, | Hême-Lemoyne , de Morogues et M. ternaire, lesquels ouvriront les crédits convenables sur les personnes qui
— 3oi —
voudront prêter les fonds avec soumission d'intérêts, les* quels commissaires se concerteront avec le comité des subsistances du département, autorisés à en fixer Teroploi au fur et a mesure des besoins.
Si le paiement ou remboursement n'est pas assuré par \e gouvernement, il^ra effectué par voie de contribution sur tout le département ou la ville, d'après toutes autorisations qui seront requises h cet effet, et qui paraissent garanties par le travail que prépare le gouvernement, et en cas ou, contre toute vraisemblance, le remboursement ne s'en ferait pas par Tun ou Fautre moyen, les soussignés s*en^gent solidairement h y pourvoir dans la juste pro* portion de leurs facultés au jugement arbitral d*une com* mission qui, en cas de besoin , sera nommée par les soussignés , sans néanmoins que cela puisse préjudicier à la solidarité envers les prêteurs.
Fait et arrêté le 19 juillet i8i5.
Signé :A\^w , d'Autroche , Bigot de Morogues, Boucher de Mézières, Boucher de Molandon , Baeuenault de Vié ville, Brossard-Nogent, Bignon fils aîné, de Brouville fils, Boulard-Gaillau, Benoîst des Hauts-Champs, Berranger, Bouhebent, Blanchard aîné, Crignon-Guinebault, GrigQon-Désormeaux , Crespin de Billy, Golas-Desfrancs jeune, Colas de La Noue, Golasde Brouville, Gouet f J.-J.), Corbin^curé de Ste-Croix;GrigoondeMontigny, Gahouet de Marolles, Gasteinaud de Casternaud, Gabart, juge; Ca* bart, notaire,' Darotte fils, Dufaur de Pibrac, de Lnplace de Montevray, Deboislandry (J.-H.), Doyen , Delaage-De-* meux (H,-â.), Demadières père , Desfrancs, Dumuys-Ravot, Fougeron jeune , Fourré, docteur-médecin; de Farville, Ferron-Diot, Geffricr (F.-Alex.), Grenouillet-Pilté , Gay (P.-H.), Gasselin de Bompart aîné, Hême-Lemoine- Montbrun, Hubert-Pelletier, Huet de Froberville, Hureau- Bachevjliiers,Isambert de S t- Aigna n, Johanet-Culambourg, Johanet, avocat; liCcauchois, Légier, Ligneau-Grandcour, Laisné de Villevéque, Lesourd-Luizi, Leroy-Boulardpère, de Lange (Auguste), Louvel (J -F.), Lochon-Dequoy, Lorion-Pavis, Michel de Grilleau, Marcille-Pelletier, Moutié, Miroii de Laiiiothe, Maurice (de Saint-), Miron de l'Espinay, MérauU, vicaire-général ; ISfouton, Michel aîné, MaU
— 3oa —
lelde Ghillj, Noury, Pîlté-Grefiet, Porcher, noltire; Pa-
Êin, Pajeo» docceur-inédeciii ; Petau-Gramlcour, Petitilliird 9 Patas de MesBers, Pompon, avocat; Pompon , iiégodaiit;Pellieux, de R<icliepUtle , Hobîllard-DagaeC, Rouzeau-Monlault, Roberi de Mas^, RaTot-Miron, Tasnn*Baguenault, Tatstn de Gourvilte, de Velard, Vignat aîné.
2Q juillet i8i5. — M. Pawlowski, commissaire du troisième corps prussien à Orléans, requiert la somme de 600, ouf) fr. à titre de contribution militaire. le préfet du Loiret ayant refusé d'obtempérer à cette demande, est enlevé de sou hôlel par ordre de ce coniuiissaire.
M. le baron de Moroffues était présent à cet enlèvement, fait sous les yeux d'un chef militaire qui, l'épée nue à la main, pressait brusquement le départ^ il dit au préfet : Mon anii^ je veux salure votre sort ^ et il s'avança pour liïuuter dans sa voiture.
Le commandaiii prussien repoussa M. de Morogue& et donna i ordre au pobtiUun de partir sur-le-champ.
ao juillet i8i5. Séance du vendredi, présens: MM, Brillard et Rabelleau.
Le vendredi, 20 juillet i8i5, dix heures du soir, les soussignéa, individueUemeot convoqués à fhôtel de la préfecture, se K»nt aussitôt rcndusdans le cabinet de M. le préfet y où ils ont trouvé M. le baron de Talleyrandy ac* compagne deM« Boula nd , son secrétaire particulier, et assis à un bureau un officier supérieur prussien, qui s*eat dit M. Pawlovsrski, intendant-général du troisième eorpa d'armée^près de lui un autre ofEcier prussien, tous deux armés; une sentinelle avait été placée à la porte de l'anti* chambre et une garde de plusieurs hommes à celle extérieure de la rue.
Les soussignés ont alors été instruits que M. le baron de Talleyrand , sur son refus de déférer à la réquisition de 600,000 fr., à lui faite sur le département du Loiret, avait été constitué prbonnier. Des chevaux de poste ont été demandés pour le transférer à une destination non dé^ ciarée.
Alors M. le prélel s*ett approché île son bureau et y a écrit quelques lignes qu'il a remises à son secrétaire par* ticulier : aussitôt Tofficier prussien s'est élancé sur ce dernier, fa saisi à la gorge et lui a arraché le papier qu'il te» nait à la main,
M. deTalleyrand s'est plaint avec dignité de cette vio« lence y et, au surplus, a demande la lecture de son écrit , qu'il a dit contenir une proclamation aux habitans d'Orléans pour les inviter à la tranquillité, à quoi Tin tendantgénéral a répondu qu il était inutile , et que la tranquillité était à la pointe des baïonnettes.
S'adressant ensuite à MM. les conseillers de préfecture^ il a demandé le plus ancien en réception , et Ta interpellé de se charger du porteteuille: M. Brillard, que regardait cette interpellation , a répondu qu'il ne le pouvait sans délégation. — Oui ou non^ a réparti M. lin tendant-général, ou partir avec M. le baron; sur quoi JM. BrUlard s'est réduit à demander le temps pour en délibérer, et s'est retiré sans opposition.
MM. Savard et Kabeiieau , aussi conseillers de préfecture, Tout suivi.
Les chevaux étant arrivés, M. de Taileyrand, escorté de lo£Bcier prussien , est monté dans sa voiture en présence des autres personnes et de M. le baron de Morogues , qui voulait le suivre ; un seul domestique accordé à M. de Talleyrand est monté sur le sîége de sa voitare, qui a aussi été entourée par un détachement de cavalerie , .Pordre donné au postillon a été ; Route de Paris , ^ite!
Pénétrés du plus vif sentiment d'attachement pour le premier magistrat qui emporte l'admiration et les regrets de tous ses administrés , disposés à imiter son profond dé- Touement pour lexécutton des ordres du roi, les soussignés se réunissent en ce moment pour constater les faits ci«dessus d'une manière exacte et authentique, et terminent le rapport en déposant au pied du trône l'hommage de leur amour et de leur fidélité pour la personne sacrée du roi et tous les princes du sang*
Fait en l*hôiel de la préfecture, le di juillet idi5, et
ont, toutes les pt^i^^unnes qui ont concouru à ce procèsverbal , signé au registre sur leur expresse réquisition.
DvGAlGHAULT» membre du conseil général; de Kbrmelec, sous-préfet de rarrondissement d'Orléans^ baron de Morogues , membre du conseil d arrondissement; Habbixbau, Bril- LàiDf conseillers; Boclaito, secrétaire particulier; le chevalier Olivier de Maisoit-Nbuvb, secrétaire^énéral. (i.)
-—Séance cxLi ^ordinaire tenue al Hulcl-rln- Ville cVOrléans, sur la lequision du coainiissairc prusMen résidaut à Orléans.
■ FroceS'Verbal de cette séance.
Aujourd'hui, ao juillet i8i5, onxe heures du soir, M. le maire, sur la réquisition de M* Pawlowski, ayant réuni les membres du conseil et plusieurs notables de la ville , dans les personnes de MM. Johanet, de Gritleau, Corbin, Pilté- Grenet, Darote , Noury, Foufferon le jeune, Geffrier-Le^» normand, Marcille-Pelletier, Miron (Augustin), Mérault, d'Autroche de la Porte , Mareau l'aîné , de Laplace de Montevray, Baguenault de Viéville, de Billy, Héme-Lemoine. Porcher, Moutié^ Legrand de Boislandry, Colas Desfrancs, Tassin-Baguenault, Brossard-Nogent, Doyen, Ligneau-Grandcour, ^isné de Yillevêque, Desfrancs, de Rocheplatte, de Veslard, Grignon*d*Auzouer, Germon- Miron , Colas de Brouville , de Mézières, Crignon-Guinebaud, Crignon-Désormeaux , de Morogues, CoUs de La Noue, Dufaur de Pibrac, Colas Desfrancs jeune, Johanet* Cttlambourg, Demadières et Miron-Lamothe.
Cette réunion formée, M. le maire a annoncé l'arrivée de M. le commissaire-intendant de Tarmée prussienne à rheure de minuit.
A minuit^ M, Pawlowski s'est présenté, et ayant pris la parole, il a dit en substance :
Que depuis quelques jours le département du Loiret était frappé d*une réquisition de 5oo,ooo fr. en argent, et de beaucoup d'objets en nature, que cette réquisition ayant été présentée à M. le baron de Talieyrand, préfet,
il séimi rmda à PàrtS) d où il était revenu ce malin , ilisaot que le comité des minietres des puiseanoes alUées n admettait pas de réquisition^ particulières; mais que les ordres de S. A. le maréchal prince Bliïcher, généralissime des armées prussiennes, étant absolus, il avait déclaré à M. le baron de Tallejrand qu'il fallait acquitter la réquisi* tion, et que, sur son refus, il avait été constitué prisonnier et était en route pour une forteresse de la Prusse ; qu'il avait appelé MM. les conseillers de préfecture en sa présence, et leur avait dit qu'il requerrait que, de suite, la ville . avançât , pour le département , sur la rive droite de la Loire, la somme de 5oo,ooo fr, en argent, et toOjOoo fr. pour tenir lieu de la réquisition en nature , qui ne serait plus exigée. Il a terminé en disant qu'il fallait payer les 600,000 fr. (le suite^ que telle était la volonté et les ordres de S. A. le prince Blùcher, <|u*il le fallait, et que rien n'en serait diminué, parce que c était pour le département, et (|ue la ville pouvait bien faire cette avance, pour éviter
I exécution militaire sur le département et sur la ville.
M, le maire et quelques membres de l'assemblée, bien instruits de Tenlèvement de M. le baron de Talleyrand, préfet, pénétrés de loccupation militaire de la ville et du département sur la rive droite , et des moyens de contrainte qui pouvaient soutenir et effectuer la réquisitién, ont adressé à M. Pavriowski toutes les observations et remontrances qui pouvaient venir à la décharge du département et de la ville , occupés par des troupes alliées et amies , qui avaient été reçues avec lous les égards et tous les procédés ^ui étaient dus à leur auguste souverain.
II lui a été observe que les ressources du département et de la ville ne permettaient un paiement si considérable et si prompt, surtout dans ces circonstances où les subsistances étaient un objet de fortes dépenses, pour lesquelles il fallait recourir à des crédits.
Après avoir entendu ces observations , M. Pawlowski a répondu que les ordres du prince étaient absolus, qu'il Allait 600,000 fr. d'ici à onze heures, et il a terminé en disant: Il le faut; M. le baron de Talleyrand est en chemin, je dois nVadresser à vous et prendre les moyens d'exé> cution militaire j il a cité plusieurs exemples de villes et
déjparleniens taxés; il a fini par consentir à recevoir des traites payables de suite pour 3oO|Ooo fr. écus ou arsen* tef ie i à onze heures, il a repoussé toutes les obsemtiona et supplications , 'a tiré sa moMtrg ét la consuUée plu» eieursfois pour indiquer lee minutée aceordéet pour ee déeider (*).
L'assendilée, pénétrée de 1 obligation absolue, indispensable de céder à la force et auz moyens déjà exercé» sur M. le préfet, et à tous ceux annoncés, considérant que la conservation dé la Tille et du département était une loi absolue, a adopté de se soumettre , et d*aYancer la somme de 600,000 fr., dont aoo,ooo payables à onze heures et 400,000 en traites sur Fans, à qumze joui» de Tue, dont le remboursement serait assttfé |Hir l'assemblée aus ^reurs, pour la répartition en être faite ensuite de la manière la plus convenable.
M* Pawlowski , ayant adopté ce mode de paiemens, et restant dans rassemblée poUr Êure réellement effectuer la réquisition, il a été de suite adressé des iuTitatîons pour réunir aoo,ooo fr. écus ou argenterie, et confectionner
âuatre traites de chacune 100,000 fr. sous les signaturea e HNL Doyen^ Crignon-d'Auzooer, Tassin-Baguenaultel eompUFnie, à Paris , valeur en réquisitions de guem, lesquefles ont été exigées par M. Pawlowski, lui être remises à l'instant , ce qui a été fiiit, et a déclaré qu à onze heures il prendrait les 3 00,000 fr. en numéraire ou ar*
(*) À peine celle sommation insolente ful-elle prononcée, qup M. le baron dê Bfotogaes , Tondes membres, se leva vivement et dit avw ua seeent très-aniniè: «ComnoMot, Hcaneors, serions-nons auer MNes « pom- craindre un chef étranger et pour lui obéir ! » Puis, se lournanl du côlé du général : « Si vous faites la moindre démarciie pour exécuter « votto menace, rarmée fhmçaiaequi est nir la rive gaucUe de la Loire, « et qui n'attend qn'un signe de nous , viendra vous chasser d'Orléans ! »
A ces mots, le chef étranger saisit son épée en jurant el se précipita sur M. le baron de Moroses, qui, deboul, immobile et la téle haute, dit sn MRnîanC de pitié : • Ce brave soldat ! qui , la main armée, vent assas- • sincf nn citoyen sans défense ? »
Tous les nipmbres se levèrent pour défendre leur collèg-iie, qrii ne quiila la séance qu'après avoir vu que ses «^servations étaient inutile, et le général prussien, furieux, resta étonné cependant da ooongo et da dévouement de M. le baron de Hsrasoes. ( âUfi^âm vâmmw, im Notice tur M, de Moto gués.)
geiitenej.il avait ete propose i]e.s gages en marchandises, mais il s'est refuse à ce mode , déclarant qu'il lui fallait aux mains les 600,000 fr.; il a exigé que les traites fussent portées €i l'acceptation, et sur le champ, par trois luembres de l'assemblée , ç/^i seraient accompagnés par un de ses officiers^ aux frais de la ville (*).
L*assenil)Iée a nommé pour comiiii$6aire& MM. Tassin-
Baguenault, Pilté-Grenet et Doyen.
Fait et rédigé quadruple audit hôtel, les jour, mois et an susdits. (Ecriture de M. Johauet, a?ocat.}
GaiGiroN-DisoaMVÂux et Pawi.owski.
%i jaiUet im, Clmilaite imprimée portée à domieiie, « Monsieur,
« D'après l«s ordres impératifs de rintendant-génëral à» l'armée prussienne, et la douleur que nous ressentons d avoir tu emmener, hier soir, M. le baron deTalleyrand en otage, cinquante notables de cette Tille se sont assemblés cette nuit, et ont souscrit l'engaeement de faire une somme de centmiUe/raneSf pour le paiement desquels il n'a été donné que jusqu'à ce malin neuf heures, (Seiute de quoi rexécution mihtaire aura lieu dans la ville; en consé* quence, vous êtes averti d'apporter aajo4ird'hut » avant huit heureê du matin^ la somme de..... (montant de la
(•) OHèa»s le 24 juillet 1815. Bon pour 1 OÙ, 000 fr.
A «piioze jeun de vue, veuillez (>ayer, par celte seule de < iiange, la somme de cent miHe finutos, à Tordre de l'intendanl-gtuéial Ue toutes les iwniét s prussiennes, ebevalier de plusieurs ordres, conseiller d*état, M. Ribbentrop, valeur en acquittement de contributions de nierre levées à Orléans, rive droite de la Loire, sur le département du Loiret.
A Mes^eure Hitfné : Tassik-Barttkwatti t . Crtcnoh-
ttaguenault et compagnie, »'Aqzovre , G&iGNOH-DssoaMKAvx ,
kinquien k Paris. C-F. JDmv, V.-Y. Garni et Pisrt,
BâevmiiiiT fjréres, d'Orléans. .
Visé poar valoir timbre, à Orléans, le 21 juillet iW, jpoar supplément d'effet excédant ringt mille francs, de la somme de qaaCre-vnigli. miUe francs. Ae^i 44 fr.
tax« j, dïj mairie, ou noii§ serons assemblés: a détaut, ?ous courez risque d'être traité riuliiaireiuent. « ^ous vous saluons,
« CfiiGif03f-D£softMfiAcx, maire. (4')