VIS ▲FFICHÉ PAR TOUTES LES RUBS ET PLACES DE LA YILL
Mairie dOrUans, — Avis aux OfiéanaiM,
Ïa'. maire d'Orléans enga^'e tou^ >es concitoyens à apporter de suite à lliôtel de la man le tout i argent et argenterie qu'ils peuvent avoir en f eu r possession j cette mesure étant indispensable pour payci une somme de 600,000 fr. qui doit être remise, avant netit lieures du malin, à M. l ini( tifhmt-généi al du troisième corps de l'armée prussienne, (i après les ordres de S. A. le prince Blucher ; autrement h\ ville devra craindre une exécution militaire. Les som* mes qu'on apportera ne ^ont qu'un prêt , la répartition devant en être faite d'ici à quelques jours , suivant ia justice.
Fn l'IiAtel de ia mairie, ce ai juillet 181 5, à cinq heures du matin.
Le baron Crignon-Désoumealx, maire.
— Procès-verbal delà séance extraordinaire du conseil inuriu ijinl de la ville d'Orléans, relative aux moyens à
{)rendre |>(jur assurer le cautionneoient des signataires de a taxe dr j^uerre.
Aujourdluii, 21 juillet iBiS, six heures du soir, les membres du conseil municipal de la ville d Orléans se sont îéunis extraordinairement à l'hôtel de la mairie, lieu ordinaire de leurs séances, sur la convocation de M. le baron inaire d'Orléans.
M. le nînire a ouvert la séance, à laquelle étaient présens MM. de liilly , Laisné de Villevôque , R jguenault de Viéville , I^or< her, Ilènie-Lemnine , Mai ( ilU - Pelletier, de Cambray, Ciolas de Brouville, Colas Desfrancs, Barbot. Ligneaii-Grand( OUI , Relnn,de Marolles , Crignon-d' Aiizouei-, T(dian<'t, r,t'iiriei-L( normand , Lecauchoix, Fougeron If jt une v.l .Moreau, mt iubres du conseil ; Colas fie l anom;, Dulaur de Pibrac, adjoints à la mairie, et plusieurs notables de la ville.
M. le maire rend compte au conseil des événemensde la veille et de la nuit, et tait donner lecture du procès-verbal qui en a été dressé, et, sur-le-champ, il propose au conseil de prendre des mesures pour assurer aux signataires des traites faites sur des banquiers de Paris pour 1 acquit des 4«jo,ooo fr. faisant partie de l'impôt extraordinaire de guerre, frappé sur la ville au nom du piince-maréchal Blucher, par lin tendant-général du 3^ corps d nrmée prussienne, le rommissaire-ordonnateur Powlowàki, toute la garantit' qui doit leur être doTint'e.
IjO couseil , n[)iès avoir entendu plusieurs de ses tnembres , et la niauere mûrement délibérée et étant suffisanàxnent ëclaircie ,
Délibère que, pur le jiréseiU, le coâjseil donne aux sig^uata ire s des traites toutes les garanties de droit et de lait (ju il est ii(kessaire pour leur sûreté , déclarant que cette dette est celle de toute la ville, et les garantissant de tuut éveiieineiît et poursuites, de quelque nature qu'elles soient, qui pouriaieuL avoir trait à leur signature et être occa- " sionnéesà cause d élie, et arrête, en outre, que pour effectuer la rentrée des fonds , afin d'acquitter à leurs échéan- * ces lesdites traites, M. le préfet sera prié de faire dresser un rôle exécutoire sur tous les propriétaires de ta rive droite de la Loire , pour imposer la somme de 600,000 fr. ^ui a été demandée à cette partie du département par ) ordre de M. le prince-marécnal Bliidier 9 et œ dans uttc juste proportioD.
MàiS| néanmoins, le conseil, conudérant que ce moém de recouvrement doit nécessairement entraîner avec kn des longueurs qui ne peuvent pas permettre d'espérer que la rentrée de celte imposition puisse s'effectuer avant répoque de Téchéance oe ces traites, dont le paiement ne peut, sous aucun prétexte ,'étre retardé , et qui doit être garanti aux signataires de ces traites , . Arrête qu il sera fiiit, provisoirement ^ sur les .habitam deJa ville, au moyen d'un rôle , en raison des fSscultés de chacun, le recouvrement de la somme de 600,000 fr. imposée à la partie du département a droite de la Loire, et ce seulement provisoirement et à titre de prêt, pour pouvoir remplir les engagemens contractés, sauf ensuite fé-
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gularisation lors de la formation des rôles à dresser suivant le contingent qui sera assigné à la Tille par la répartilion, pour la partie du département qui doit supporter la taxe.
Le conseil , pour la forouitioB de ce rôle provisoire y nomme une commission présidée par M. le maire et composée de MM. Ciignon-d'Auzouer, Baguenault-Viérille, GefFrier-Leoormana, Colas de Brouville, Héme-Lemoine, Fou|[eron jeune. Porcher, Johanet, membres du conseil, et y adjoint M. Cailleau, notaire, dont les connaissances locales ont paru utiles au conaeiL
Cette coMuatioD a*ooci^era attr-le«lMunp de la forma» tion du rôle demandé ; elle se féanin à lliôlal de la mairie et ae tàmàn. eo peroMOience jusquà ce mie aoa tnralaoit terminé; le rcooiimment eo aéra confie an leeetenr de k caifie mnnicipnle , qui , sur les nrdm de le cononialion I fera paaser les fonda ans banyiîert acceptenii dea traitea.
Fait, etc., etc. (4 )
Extrait des procès- verbaux du conseil municipal de la ville d Orléans; nomination de députés au roi de France,
Surin demande de plusieurs membres, M. le maire pro* poae au conseil de nounner une dépatation qui aille à Ba* ris porter au pied du trône Texpression des sentiniena de respect, de cévouement et d'mTÎolaUe attachement de 3a ville d'Orléans pour lu personne sacrée et chérie de Sa Majesté , et en nAme temps lAereher les UMjens de parvenir auprès dea princes oea puissances alliées, pour leur exposer la situation filcheuse de k ville et solliciter de leur magnanimité un adoucissement dans sa position, et surtout faire rédi|ire k taxe ealsaoïdiQme oie finenc de 600,000 fr., qui vient d*étre imposée à la partie du département qui est située sur k rive droite de la Loire, en leur exposant combien déjà ce département a souffert par le passade de Farroée française.
Cette députation, nommée par le conseil, est composée de MM. Dimur de Ptbrac, adjoint j Lecauchoîx, Johanet,
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membres du conseil ; Bigot de La Touftoe, Couët de Montarand, Ge£frier de Neovy et Detahaje, notables habitans delaTÎlle.
Le conseil donne à cette dépntation tous les pouroirs dont e|ie peut avoir besoin pour réd'^er et présenter dés adresses soit à Sa Majesté le roi de France , soit à Lenrs Majestés les princes des puissances alliées , et l'engage à traiter, non -seulement les intérêts de la ville^ mais encore ceux de rarrondissement d'Orléans et de la pontie du département occupée par les troupes alliées*
Signé au registre : Gnianoif-DisoHMBAiiXy nsairCy président du conseil^ etc* (4*)
Ces députés étaient porteurs des deux pièces suivantes :
A Sa Majesté le roi de Prusse, Les notables hahitans de la ville d'Orléans et du département du Loiret, soussignés.
Sire,
L*accueil plein de bonté de S. A* R. le prince Guillaume, qui vient de nous honorer de sa présence (le i8 présent mois}, nous autorise à implorer les sentimens magnani* mes oe Votre Majesté en faveur de la ville d'Orléans et du département.
Les officiers municipaux et la garde nationale de cette ville se sont portés au-devant des troupes de Votre Majesté et les ont reçues comme les alliés de notre roi et les libérateurs de la France.
Ces braves militaires ont été traités avec la plus franche cordialité par les Orléanais^ qui se sont empressée de pourvoir à tous leurs besoins, et, par un juste retour, les généraux et ofEciers de votre victorieuse armée nous ont traités comme amis.
Dans cette position , nous étions disposés à tous les sacrifices que la reconnaissance commande en faveur des
fénéreux alliés du roi notre maître; mais nous étions loin e nous attendre au désarmement de notre garde nationale et à des contributions militaires qui surpassent tous nos moyens et qui ont été exigées avec une extrême rigueur par M. Pawlowskî , le commissaire des guerres, intendant du 'à^ corps de larmée de Votre Majesté.
3ia —
JNOtre ville, dé|a surcliar gce j)nr les subsistances a luurnir aux, corps |;iussiiius canLonues dans 1 aiTOudissenient d'Orléans, a encore élv forcée de payer à M. Pawlowski, daiis un délai de quelques heures, sous peine d'executioa militai rej à titre d'avance pour la partie du département du L[)iret occupée parles troupes prussiennes, une contri-
buiionde. 6oo,ooofi'.
L'intendant a de plus exigé , pour frais d administration, a p. o/o de cette taxe, montant à ia,ooo
M. rintendant irient encore d'exiger aujourd'hui une somme de 4O)00O fr. pour tenir lieu d'une réquisition de loo chevaux ,
ci •••• 4^}^^o
Enfin, M. Tintendant a tiré des caisses pu-
bKques une somme de 37,345 fr., ci 37,345
Totai 689,345 fr.
Cette dernière somme de 87,345 fi . tilait destinée au paiement des fournisseurs de l'armée prussienne, en exécuiion des marchés faits par nos administrateurs, ce qui réduit nos malheureux copcitoyens au désespoir par l'impossibilité où ils se trouvent de subvenir à des charges aussi accablantes.
Dans l'état de détresse où N s malheurs de la France nous ont réduits, nous n'avons pu payer que 200,000 fr. comptant sur la contribution de 600,000 fr., le reste a été payé en lettres de change à quinzejours, dont les fonds ne sont pas encore faits; nous remplirons cet engagement avec une peine extrême.
Nous supplions Votre Majesté, 1° d'ordonner la réintégration dans nos caisses publiques de la somme de 37,349 fr* destinée à pourvoir aux subsistances de votre; armée ;
a** De nous accorder une réduction sur la somme clc 400,000 francs restant à payer de la coatributiou de 600,000 fr. ;
3® D'exempter pour l'avenir notre ville et son arrondissement de toutes contributions militaires;
— di3 —
4** De faire teudre à nos concitoyens les ai ines qu'ils se sont empressés de déposer d*après l'ordre de M. le oonimandant prussien , et dont ils ne teront jamais d autre usage que de coucouiii , avec les troupes de Votre Majesté, au maintien de la sûreté publique contre les agitateurs , ennemis du roi notre maître et de ses augustes alliés.
Noussoninies , avec le plus profond respect, Sire, etc., etc. (4.)
5 2 juillet itM I 5. — La ville d'Orléans adresse à M. l'intcndant-général de l'armée prussienne les observations suivantes sur le service des vivres qu'elle fournit, et réclame auprès fie lui la liccliarge de ce qui reste à acquitter de la contribution en argent dont a été frappée la partie du départemctit du Loiict, sur la rive droite de la f^oirc.
Les vivres de toute espèce et les fourrages ont été fournis par Ions les hnhitnns, dans îcs premiers momens parce que rien n étant annoncé , aucuji jn eparatif n'était fait. 11 est vrai aussi que l'on ne pouvait rien préparer, parce que les afirninistraieurs de Buona[>arte s'en allant avec l armée, en emportant tous les magasins et toutes les caisses publiques, le préfet et les maires du roi arrivant avec l'ariut'f [irussienne , n'avaient aucun secours, ne trouvaient aucun fonds, et avaient même ])ieu de la peine a trouver des vivres dans la partie du tl( [) u temeint que l'année avait dégarnie, et dont elle avait même emmené grand nombre de clievaux et voitures.
Mais au bout de quelques join s tout fut arrange à force tle soins, a î aitle de marches avec des iournisseurs, envers lesquels la ville a souscrit des obligations Lrès-cousiilérables, et qui iont une grosse charge pour tous les habitans.
On se Uatte qu aucune plainte n'est élevée par l'armée prussienne pour les vivres, ni pour les fourrages^ ni pour les logemens.
Mais on doit dire que les campagnes qui produisent lés vivres ayant été fort inquiétées et dégarnies par l'armée française qui a passé tout entière dans le département du Loiret pour se rendre sur la gauciie de la Loire , il faut
beaucoup d'ordre. et d^économie pour ménager les vWres et fourrages, et assurer leur service exact. Ce serrice manquerait si toutes les ressources n'étaient pas bien con* serrées, et on s y Toil exposé.
Le nombre des troupes alliées est immense sur la rive droite de la Loire ^ui est du département du Loiret; leur mardie n'est jamais annoncée et leur circulation n est jamais connue. Les marches et moiivemens occasionnent souvent la prise par les uns de ce qui était destiné aux au* «très. Tous les frais sont perdus et les services compromis.
Xa Tille d'Orléans sollicite de la justice de M. TintendantgenéraL| un ordre de service qu elle puisse satisfoire, et elle le prie de considérer que cet ordre est d'autant plus nécessaire. pour cette ville, qu'elle est obligéé de fournir presque tous les cantonnemens de campagne.
Les frab de cette ville sont immenses ; elle ne sait comment y suffire. Le département n'avait aucun fonds au retour ^es agens du roi, et aujourd'hui les contributions annuelles ne lui rentrent pas , tous les fonds publics lui manquent , et il est partagé par la Loire.
Cependant M. Pawlovrsky , commissaire du 3* corps , a frappé au nom de S. A. le prince Blûcher, une contribution en argent de six cent mille francs sur la partie occupée du département, et ne pouvant l'obtenir du^fet, il en a exigé l'avance de la Yille, pour éviter l'exécution militaire.
Pour prouver sa bonne volonté, la Ville s'est épuisée; elle a fourni le ai juillet deux cent mille francs en numéraire et argenterie « et quatre traites de ehacune cent mille francs, payables dans Paris, à quinae jours de vue , ce <|ui la chargerait bien au-delà de ses moyens et l'expo- • serait i perdre tout crédit en manquant à ses en gagemens, si la justice de sa Majesté le roi de Prusse et de ses généraux et intendans ne l'en déchargeait.
La ville d'Orléans implore cette justice; elle espère être déchargée de toute obli^^tion, après avoir acquitté, le ai juillet , deux cent miUe francs en argent et argenterie.
Elle espère qu'une réquisition de a p. , pour frais •de transport de cette somme, et qu'une autre de cent
chevaus ou quaranie mille firancs ne sera ni fitippëè, ni eiiffée.
Cette ville , qui a si bien reçu les troupes des souverains alliés de son Roi» qui n*a tu en elles que des libérateurs et des amis, sera sans doute traitée avec la bonté qui caractérise sa Majesté le roi de Prusse; elle s*épuise pour satisfaire aux besoins réels, dan» un temps ou Buonaparte , qui lui portait la haine la plus prononcée ^ Ta surchargée tant qu'il a pu; où le passage de son armée entière lui a enlevé bien des ressources, où le commerce est entièrement anéanti et n'y ramène point de numéraire. Sa situation est d'autant plus critique, que le pays vignoble qui lentoure de tous cotés n a point récolté de vin en 1.8149 n'eui néceltera pas en 18 1 5 , les vignes étant gelées, et qu'il faut qu'elle fournisse les vivres et les fourrages que ce malheureux pays ne peut donner.
En quittant la rive droite de la Loire le 12 juillet , l'armée française avait totalement vidé les caisses publiques et les magasins de vivres et fourrages ; il ne restait ni blés, ni fiirines, ni avoines, ni fourrages; neuf cents francs seulement étaient dans la caisse publique.
L'armée prusienne suivait Tarrière-garde firançaise , et rien ne pouvant être préparé pour la recevoir, elle dut vivre de ce qu'elle trouvait.
£lle voulait tout avoir avant de parler, les habitans des campagnes ne sentirent que leurs coups, n'entenclirent point leur langage; il y eut beaucoup de pillages sur des villages et plusieurs châteaux.
L'effroi fut à peu près général; il y eut beaucoup de pertes et bien des ressources particulières se perdant, les ressources générales devinrent très-difficiles.
Le préfet du Loiret et tous les maires revinrent à leurs fonctions sans rien trouver, le maire d'Orléans et un conseiller de préfecture ne purent reprendre leurs.fonctioos que le 1 1 juillet 10 heures du soir.
LVntréf (les prussiens eut lieu à Orléans le i3, deux heures après-midi. Il en fut h la ville comme dans les campagnes, les habitans fourni ssaiout tout, mais les traitemens et l elfroi furent les mêmes: à peinte les habitans pouvaient-ils, en s épuisait, satisfaire I exigeance de leurs hôtes«
On fit les plus grands efforts pour former des magasins de vWres et fourrages^ riz, vins, etc., et le ai juillet les distrîbuUons de pain , viande, vin ai tîk commenoirent ; on avait déjà pourvu aux fourrages, mais livrés à la mercie des demandeurs, on a souvent fourni des fourrages bien au*delà des besoins: une fuis, par exemple, 5,600 mesures, d avoine au lieu de 600 ^ il est vrai que l'on offrit den revendre de suite une forte partie, mais il faU lait racheter sa chose.
Les caisses publiques étant vides « il fiillut des ressources extraordinaires en tout pays. Les campagnes faisaient des réquisitions sur les lieux, mais la ville d'Orléans lttt<Aligée, pour avoir et faire arriver chea elle^ de faire des marrhéa en payant les fournitures, et elle fit le 18 iuillet un emprunt de 5oo,ooo fir. , présumés suffire aux subsistances de i5 à 20 jours.
Mais le département est inondé de troupe» prussiennes oui arrivant et circulent perpétuellament sans aueun avis aonné au Préfet et au Maire; an softe que les plus grandes précautions ae trouvent toujours insuffisantes. La Ville est obligée de fournir à tous les cantonacmens de la camp^ne où les habitans ont été dépourvus de toutes leurs ressources. Il a fallu que cette ville d'Orléans fournit à Toury, à 10 lieues d'elle et hors de son département. Un magasin très-bien fait à Pîthiviers, par le département, a été pris par un corps inattendu qui en a chassé les agens.
Les partages et divisions des corps d'armées présentent à chaque instant des difficultés insurmontables ; les chefs militaires et les agens d administration n'instruisant jamais et demandant toujours.
La partie orientale du département, composée des arrondissemens de Montargis et Gien est occupée par près de cent mille Autrichiens et Bavarois. Elle est tellement épuisée, qu'à Gien il ne reate plus que le seigle, <Loin)é il y a huit jours, pour nourrir les hommes et les chevaux; le sous-préfet a quitte une administration impossible.
Outre les charges individuelles des officiers et soldats, que l'on ne peut réduire aux rations des magasins, quoique ces ratiotis st>ient doubles, comme vivres de campagne, outre le iouii$ de ;^oo,ooo francs emprunté le 18 juillet ,
M. Pawlowaky, c t>iiiitiissLiii e du y coi ps, a requis 6oo,(joof. ecus du dépai Lcaieut , pour qui est sur la rive droite de la Loire , et sur le refus de M. de Taliejrand, preiet , il l a fait prisonnier et l'a envoyé à , et de suite
il a assemblé la Ville pour lui intimer rordre, sous peine d'exécution militaire , d'avancer cette somme dans la nuit du ao au ai juillet. aoo,ooo fr. lui ont été comptés le ai à onse heuret, et 400,000 lui ont été founiift en traites sur banquiers de Paris, payables à i5 jours de Tue. On est à les nire accepter aous la garde d*un officier prussien.
he ai juillet, à deux beures, M» Pawtowsky a vidé la caisse des impositions du déiNirtement, et le maire d*Orléans y ayant puisé i4)000 fr., la Teille, pour lui en payer 2,000, il en a exigé laremise^ parce que, a-t-ildit|les impositions sont au souverain ; votre sauTerain est le roi de Prusse, demain peut-être ce sera le roi de France, mais il £iut tout au souverain sous lequel tous êtes.
La caisse du receveur de rarvondissement de Bfontai^s était sous le scellé, mais elle a été vidée par Tordre du cbef qui s'y trouve.
On lève les contributions par réquisitions d'argent dans toutes les autres parties.
Toutes les productions du département sont en vin , et il ny en a pas eu en i8i4 » ^ i8i3 , et la gelée a détruit tout espoir pour i8i5; en blé qui s*est vendu à vil
{>rix , UD tiers au-oessous du cours ordinaire, environ 7 fr. e quintal; et en bob qui ne se vendent pas. Le commerce est mort, toutes les ressources sont usées» La rive gauche occupée par les Français est devanue étrangère à tous les
Î>ropriétaires qui habitent sur la rive droite oœnpéepar es immenses armées aUiées.
Il est impossible que la ville d'Orléans et tout ce qui est du département, sur. la rive droite de la Loire , subviennent aux demandes des armées etde leurs agens. Tout ce qui existe réellement va être totalement épuisé. La crainte a dispersé un grand nombre d'habitans des campagnes; les réquisitions de voitures emploient tous les chevaux; à peine pourra*t-on récolter et serrer les blés et avoines; aucun fermier ne pourra payer son propriétaire;
tous les grains qui lui restaient oyant été enlevés et devant fournir sa récolte aussitôt quelle sera faite. '
Toutt'S les contributions ordinaires étant enlevées aussitôt que recouvrées, l aiiministration du département reste sans aucune ressource.
La ville d'Orléans n en a plus et son crédit n*ayant plus de base , va cesser. Elle craint de ne pouvoir remplir dans 1 5 joui s les traites de 400,000 fr, fournies à M. Paw^lov^'sky, pour éviter l'exécution militaire; elle ne sait comment remplir les 3oo,ooo fr. empruntés le 18 juillet, pour les subsistances de trois semaines. Les armées s'accroissent tous les jours, les besoins s'augmentent de la manière la plus effrayante. Aucune précaution ne peut être prise , parce que les généraux et les chefs qui ne tlonneni lù avis ni communication , exigent toujours impérativement , et que ce que l'on croit fait pour suffire à un service est aussitôt enlevé pour un autre.
Il est dont: indispensable que le Roi fasse administrer, établisse les in telli^^j-ences nécessaires avec le^ «énéraux et agens des armées alliées j sans cela les administrations locales, réduites à l'impossible et au désespoir, seront forcées de se retirer.
Ces malheureuses administrations ont fait tous leurs efforts pour obtenir des chefs des armées alliées une confiance que leur zèle, leur fidélité et leur dévofiment au Roi devaient leur mériter; mais tous ces efforts sont inutiles. On a non-aeulement désanne la garde nationale et la garde urbaine, mais on a enlerë toutes leurs armes, tous leurs ëquipemensmifitaires, toutes les armes de ebasse. On a aussi le ai juillet, enlevé tout le dépôt militaire gui était à la Préfecture, en habits, draps en pièces, armes , chaussures, bottes, etc., pour une valeur assez considérable. On exige la remise de toutes selles, brides, housses et autres â>jets qui peuvent servir à Téquipement militaire des chevaux , et on va hWe des visites domiciliaires pour assurer et effectuer le plus complet dénuement.
La ville d'Orléans peut-elle implorer la bonté, la générosité de Sa Majesté te roi de Prusse pour obtenir la remise ou dispense du paiement des 400,000 fr. de traites.
fiouruis à M.Pawlowsky, à Tordre de M. riDtendant-gÊné<ral de l'année ? Péul-elle espérer de la régularité dans la marche des troupes et dans leurs moyens de subsistances?
Sans doute les immenses dépenses de la ville d'Orléans asront couvertes en impôts ou charges générales; mais le service est aussi pressant qu impossible, et elle peut cpurir les plus grands, les plus imminens dangers. Elle a tout à redouter en même temps de l'attitude hostile de farmée de la rive gauche : des batteries formidables sont braquées à 200 toises, son pont est miné dans plusieurs arches et pilles, et les mesures prises pour le feire sauter d*une minute à l'autre en opéreraient la ruine entière et celle d*une partie de la ville. Les ponts de Beaugencj et de Blois , ceux du Loiret, à Saint*Mesmin et Olivet sont dans le même état. Toutes communications peuvent donc d*un instant à Tautre lui être coupées avec toute la France située au-delà de la Loire. CSe malheur ne serait pas pour elle seule , il serait aussi pour Paris et toute la France.
Cette Ville attend de la justice et de la bonté du roi, les secours que sa sagesse et celle de ses ministres leur suggérera ; mais elle croit pouvoir se permettre d'assurer que sans un secours actuel d'un million , son existence et celle du département est essentiellement et éminemment compromise et menacée.
Dans ce moment de crise et de danger , la ville , privée de son préfet, envoie vue députation qui a l'honneur d'exposer sa situation aux ministres de Sa Majesté. Elle y joint copie de l'acte de M. Pawlowskj et du procès-verbal de la séance de la nuit du ao au ai juillet.
22 inillet i8i5. — La couiiinssion qui avaitété nommée pour aviser aux moyens de réaliser la contribution militaire imposée à la vdle , et faire la repartition entre les habitans les plus riches, lait porter a domicile l'imprimé ci-après, désignant la cote -paî t de cliatun d'eux.
Copie de celui qui nous a ete adressé :
Oriéam, le 22 jaiU«t
Monsieur ,
Vous savez que nous venons d'être frappés d'une contribution militaire de 600,000 £r., dont nous n'avons pu
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payer que 200,000 fr., et, puur acquitter les 400,000 ir. restant , (|ui doivent être réalisés (tans les dw j<nirs, nous n'avDiii d autres ressources que de vous appeler a concourir à cette charge pour une soniaie de cinq cents francs, que nous vous requérons de verser entre les mains du caissier de la mairie ciaa^ le délai de cinq joins, soit en quittances du versement du 21 courant, soit en argent ou argenterie, soit cnha eu papier couiiinl sur Pans, a défaut de quoi nous sommes ohlig^és de vous i appeler, comme en notre prt^ceLleuLc du 21, cjue nou^ ienuiis uicvitaLlcnient atteinis par une exécution niilitaire; nous avons 1 honneur de vous prier d observer que cette taxe n'est que provisoire, et qu'elle sera définitivement réduite dans une proportion générale, lorsque nous connaîtrons le résultat du travail de répartition que fait dans ce moment la commission de notre département, pour la portion située sur la droite de la Loire, et a^rès cette répartition on pourra remettre à chacun ce qu il aura payé au-delà de sa contribution défiuidTe.
£n U salle de la commiaiioii de ré^rtition.
Le président de la commission, maire d'Orléans, Le baron Garoifoii-DisoHiiB^inc.
A Bf. Lottin, professeur de musique , 1 ue Bannieri n^ 4 > •
— Une partie de la caserne des Jacobins, sur 1 Etape, est disposée en hôpital militaire, pour y placer les soldats prussiens attaques de la gale , en les séparant de leurs autres malades; il y en fut placé un assez grand nombre.
23 juillet 181 5. — Arrête du préfet du Loiret, relatif à la con tribution militaire et forcée, imposée par le chef des troupes prussiennes sur les habitans de ce département , lequel est ainsi conçu ;
Le secrétaire-général de la préfecture du départemeiU du Loiret, faisant prf)visoirement les fonctions de préfet,
Vu la lettre du maire de la ville d Orléans , en date du ai de ce mois, et les pièces y annexées, concernant la réquisition de doo,ooo fr. frappée sur la partie du département située sur la rive droite de la Loire | exigée à tiue d'avance de ia ville d'Orléans ;
Considérant qu une iomme de aoo^aoo fir. seulement a pu être être pt^ée comptant , tant en nummire qnVn • vaisselle plate, et que pour les 400,000 fr. restant il a été délivré des lettres de change payables à Paris à quinze jours de Tue , et garanties par les signatures de MM. Doyen, Ci ignon«d Auaoaer » Tassin-Ba^uenault, Pilté, GrigQon-Désormeaux et Baguenault deVieville-
Considérant qu'il est instant d*assurer un fonds suffisant pour mettre en état de payer 'ladite somme de 400,000 fr. ;
Considérant que le généreux dévouement des membre? du conseil municipal et des notables de la ville d'Orléans, a évité au département les maux incalculables dune exécution militaire; Arrête ce qui suit :
Art. La contribution de guerre de 600,000 fr. exi* gëe à titre d'avance de la ville d'Orléans, est diéclarée une chaire de tous les habitans du département du Loiret,
Î)our être répartie de la manière dont il sera ordonné par: a suite.
Art. a. Cependant , comme il est instant de se procurer promptement les fonds nécessaires pour acquitter les 400,000 fr. restant à payer, et que la répartition à faire sur le département, ou même sur farrondissemcnt d'Orléans, entraînerait des délais incompatibles avec l'urgence du terme de paiement qui a été fixé, la mesure arrêtée dans la délibération du conseil municipal de la ville d'Orléans, du ai de ce mois, est approuvée; en conséquence, la commission nommée par ladite délibération s'occupera sans délai de la répartition provisoire de ladite somme sur les habitans de la ville, en raison des facultés de chacun.
Art. 3. Les états de répartition qui auront été arrêtés par celte commisston nous seront successivement transmis par le maire, pour être par nous rendus exécutoires.
Art. 4' Les sommes payées par les personnes taxées^ ne seront réputées qu'une avance faite par elles , et elles «erout remboursées avec les fonds à provenir de la réparti«> tion ordonnée dans l'arrondissement d Orléans par notre arrêté de ce jour.
Fait à .Orléans, les jour, mois et an que dessus.
Olivier i>£ Maisounxcvb.
— 3ai
— Une brigade d<$ cavalerie pruaaieoDe enlève d'Orléans et eooduit à Farta, en 6tage pour sûreté du paiement des 600,000 fr. imposés à la ville, trois des généreux citoyens cnii avaient souscrit les billets à ordre , nM. Pilté-Grenet, Doyen et Tassin^Baguenault.
Arrivés dans b capitale , ils furent conduits au générât Blûcher , qui les reçut dans sa cbanibre à ooucher, accroupi sur un tapb étendu sur le parquet, fumant sa pipe et à moitié ivre.
Après bien des instances, ils obtinrent la diminution de iôo,ooo fr. sur la contribution de guerre, à la condition, imposée par ce chef prussien , qail serait fait un petit cadeau de 40,000 fr, à Mm seeritaire partivitUen
Ils se présentèrent aussi chez le coaseiller d*État intendant-général des armées prussiennes, RiU»entrop, posses* setir des billets à ordre souscrits pa» eux , lui assurèreni le paiement de ces traites, en le priant d*ordoiiner à M. l'intendant du département du Loiret d^abandonner toute mesure rigoureuse, et de lui défendre de faire aucune réquisition, ce qu'il promit defiiiie et ce quil exécuta (*).
26 juUlet m&.
Lettre écrite à MM, les députés de ia mile d Orléans
à Paris*
Messieurs,
Conformément aux arrangemens que je viens de prendre avec vous au sujet du paiement de 400,000 h, imposés à la ville d*Orléans comme contribution extraordinaire de
fuerre, j'ai fait part a M. l'intendant du département du loiretdu paiement de cette somme, et je rai fortement engagé à abandonner sur-le*cbamp , si feit n'a déjà été, toute mesure rigoureuse qu'il aurait cru devoir adopter pour assurer l'exécution de ses premières dispositions.
Je l'ai en même ternes prévenu que , sans mon ordre exprès , aucune réquisition, de quelle nature qu'elle sosi, ae pourrait être niite , et que le département ne serait
(*) !! fut pnyéà M. T?sstn'B,i:::tienaall, poar lOB ▼ojngestcslal de ses coUàsu«», U «oniiufi de 1,762 fr. 6 c.
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taxé qu'à pourvoir a U subsistance jaurnalière des troupes.
Recevez, Messieurs^ l'assurance de ma très-parfaite considération,
Le coMeiller dEtat^ irUendatU-général des armées prussiennea^
RlBBKltTItOP.
27 juillet i8i5. — Les officiers français eu cantonnement sur la rive gauche rie la I.oire dans le département du Loiret, font passer à Orléans un parlementaire avec un sauf-conduit, pour demmder aux auforités de celte ville trente sacs de farine pour leur nourriture particulière, en alléguant l iriipossibilité de s'en procurer dans leurs cantounemens à prix d'argent. (4 '77*)
a8 juUl^ i8i5. ^ Départ d'Orléaosdfl lintendanft militaire prussien qui avait rançonné la ville*
i*^ août i8i5. — Publication faite à Orléans d uneordonnancedu roi Louis XVUI, portant que les promotions militaires qui ont été faites |)ar un <(()uvemement illégal, depuis le 20 mars i8i5 , sont d< clarées nulles de plein droit, et que ceux qui était nt en activité, n'importe dans quels grades , lors de son (iepart , et qui ont été destitués , reprennent le service comme avant, à dater de ce jour. (^4^')
1^^ août i8i5. — Le maréchal Davoust, commandant en chef les armées sur la rive droite de la Loiie, par un ordre du jour daté du chAteau de la Source, ou il avait établi son (^uartier-general , fait publier unf proclamation qui se terruinait ainsi : « C'est à vous, soldats, à « compléter cette soumission par votre obéissance : arbo- « rez la cocarde et le drapeau blancs. Je vous d( mande, « je le sais, un grand sacrifice; l'intércL de notre patrie « le couunaïuie; le soldat sert toujours sou pajs^uel que « soit le ^gouvernement ([u'on ait.
« L'arnue ne peut être délibérante; Tordre du chef « s'exécutera sans troubles, l'armée se résignera toujours. »
Nous croyons devoir offrir ici une notice sur les évèuemcns qui ont précédé cette proclamation j elle est due
aux souvenirs d'une pmoone que les circonsiances avaient appelée au quaitier-génénil de larmée de la Ivoire.
• L'armée de ki Loire, fonaée des débris de Tarmée de Napoléon vainene à Watetloo» se composait de 5o,ooo hommes dlnfuiterie , de 10,000 hommes de caTalerie et d'un fort pare d*arlîllerie : oonformémeni à la conveotion mililaire signée à Paris, le 3 juillet 18 1 4 > psr le maiédial DaTOUSt, eette année /éuit ralliée sur la me gauche de la Loire, entre Gîen et Tours. Le château de la Source, propriété de M. le baron de Horogues, était devenu l'habitation dn maréchal Dayoust et son quartiergénéral. Jjtt ponts d*Orléans et d'OlÎYet avaient été conireminés; le fwurg d'Otivet, centre des opérations militaires, ofirait alors Taspect le plus animé : toutes les maisons sises sur lesbordsdu Loiret étaientoccnpéespardesgénérauxou des officiers d'administration; une inscription à la craie indiqiiait sur la porte de diacune d'elles le logement des divers âiefs de service. Une de ces inseriptions tracée sur la porte d'un moulin voim delà Source annonçait q«e cette modeste demeure était devenue pour le moment l'habitation d'un lieutenant'général.
m Le maiéchal Davoust réunissait tous les jours à sa table un grand nombre d'officiers supérieurs : ces dernières illustrationsde l'empire descendaient ensuite en eaumntsoua les magnifiques ombrages des jardins de la Source : les préoccupations du présent, les incertitudes de Tavenir , des retours sur leur gloire passée étaient l'objet de leurs, conversations. Des résolutions énergiques surgissaient par* fois de ces entretiens intimes; mais l'idée aune guerre laite au pays par le pays venait bientôt tempérer ces élans d'un courage malheureux qui aurait tout osé sll ne se fÙt agi que de lui. Ce fut dans ces circonstances qu'arriva au quartier- général une prétendue lettre de Louis XYllI adressée à farmée , et dans laquelle des garanties étaient offertes à quiconque voudrait se soumettie. Le maréchal^ confiant dans cette lettre, qui fut, dit-on, reconnue plus tard pour avoir été rédigée par le duc d'Otrante et signée par un habile faussaire, convoqua sur-le*champ près de lui tous les officiers placés sous son commandement.
« Le maréchal venait souvent s'asseoir sur la terrasse du
château tl ou la vue embrasse le val si pittorest|ue compris entre le Loiret et la Loire. C'était sur le perron qui conduit des appartemens à cette terrasse qu il donnait habituellement ses audiences. Ce fui ia^ qu'entouré de plus de i5o officiers supérieurs de toutes armes, il lut la lettre de Louis XViU,âans qu'un iiiot ou un nmrmure vînt l'interrompre; mais ce silence était celui d une incrédulité respectueuse qui n'osait se manifester devant le chef de l'armée. Le maréchal avait à peine achevé cette lecture, que, remontant dans ses souvenirs jusqu'à la mémorable époque de 89, il rappela d une voix ferme tous les titres de Tarmée à la reconnaissance du pays. « Si la France déchirée à 1 intérieur pur l'anarchie et menacée au dehors par les nations coalisées était enfin parvenue à se donner des institutions, c'était grâce à 1 armée (jni, victorieuse à la frontière, lavait couverte de sa gloire, lu iati gable dans le combat, grande dans la victoire, généreuse après la conquête , 1 armée pouvait se glorifier encore de n'être jamais descendue dans l'arène de nos dissensions politiques. Sous la Conslltuaiite , sous la République, sous l'Empire l'armée obéissant au pouvoir qu avait proclame la France, avait toujours compris que sa tâche n'était point d'imposer tel ou tel ^gouvernement au pays, mais de faire respecter au dehors ce gouvernement, quel qu'il fût. Quand Napoléon , par une seconde abdication, avait lui*inéme ruiné totalement sa puissance, dans quel intérêt Fartnee soutiendrait elle désormais une lutte qui devait filtre peser sur la France tous les malheurs d*une guerre civile? L'armée si grande, si généreuse, sacrifierait-elle Tavenir de la patrie à ses ressentimenspersonnelsi à son déToûment à un chef qui, après unelbataille perdue, a'étaît réSapé aiUears que dans les rangs de ses soldats. L'année si dévouée qu elle dût être à mpoléon , devait Tétre encore davantage à la France,» Dans cette pensée et tout en niesurant Tétendue du sacrifice , le marecbalpro* posa de répondre aux ourertures faites par Louis SlVlIL Un projet de lettre d'adhésion aux propositions du pou* voir royal fil t ensuite l'objet d'une ciiscussion assez yive^ et lorsque la rédaction en fut arrêtée , les signatures se firent encore attendre.
« Malgré la répugnance de beaucoup de généraux, celte
liîttrp lut uiiariuiu ment sicjriée , tous les officiers de l'afriiee s étant solennellement juré de prendre une déterinination commune. Un général de division , à peine â«fé de 3<) an^ , et on nous a dit être le général Excelmans ^ fut un Je ceux qui s'opposa le plas TÏTement à cette soumission. Ce général, que cherchait à déterminer le général Vendamme, lui dit haiitemeot qu'il ne signerait pas par ce qu il connaissait assez le parti royaliste pour être sur que ce parti n'attendait pour se venger que finstant où Tarmée aurait mis bas les armes, et qu'on saurait couvrir Todieux de cette vengeance en en confiftst le soin aux puissances étrangères. Dms celte altercation Vendamme laissa échapper ces paroles: « SigiMS, signez, général, Henri IV, qui n'était pas plus chrétito que vouset iboî , a bieo entenau lamesfie.>VendaBUBeainsiqiietoiisle6aiitres, cédait, comme on le voit , à b foiee des <9reoasuinces.
■ Le «général Guilleniioeau , chef dVtat - major, à qui on rt'p[f)clinit enti autres choses d'avoir cantonné 10,000 hommes de cavalerie dans le vif^noble d'Olivet, était accusé par plusieurs i^'énéraux tl avoir négocié sa réconsiliation avec les hourhons. Que cela fût ou non, il n'assista pas au conseil de guerre, et le lendemain de ce conseil il y eut sur le perron même du château, une altercation très-vive entre lui et !e maréchal. Dans cette entrevue, le maréchal s'étaiit laissé aller a quelques paroles blessantes , le ^^éiieral Guilleinineau s'avaiica vers le prince en mettant la main sur la garde de son e[iee et en proférant ces pa^o^^^ ; «I^rince, nous sommes a deux doigts du jeu ' » Heureusement plusieurs généraux intervinrent à temps pour mettre fin à ce débat.
m Quelques personnes mal informées ont prétendu que le maréchal Davoust lui-même avait transige avec le pouvoir royal, avant la réception de la lettre attribuée à Louis XVIJI: le fait suivant, dontnousgfinwtissoDsrexftotitude, nous semble devoir détruire une telle assertion* Le maréchal, privé depuis plusieurs semaines des nouvelles de sa âimille, ayant fait remettre à M. de Talleyrand , préfet royaliste, une lettre ouverte en le priant de la faire tenir à madame la princesse d'Eckmulh , M. de Talleyrand répondit durement au messager du prince : « Reprenez
votre lettre, et dites au maréchal que ce n'est punit a moi à me mêler de ses afFaires. » Réponse que nous (tussions laissée dans Toubli si son inconvenance ne servait à prouver que le niai'échal Davoust ne s^était ménagé aucune in- (elligence avec le ffouvememeot des Bourbons. Lorsque le prince d^Eckmuln se déteroiina à arborer le drapeau blanc, il Tenait de parcoonr toute k ligne de troupes qui s*étendait d'Orléans à Tours; les liens de la discipline oomniençaient à se relâcher, et à la faveur de ces insubordinations « de graves dilapidations étaient commises; le commandement allait devenir impossible. Le maréchal sentant combien il importait de conserver à la France larmée et son riche matériel| transigea , non dans son intérêt privé , mais dans celui du pays. »
a août 18 1 5. — Â une heure du matin un mouvement extraordinaire eut lieu à Orléans parmi les troujies prussiennes ; leurs clairons sauvages sonnèrent l'alarme par toute la ville; les soldats « encore endormis et à inoitié vétusy se précipitaient des maisons où ils logeaient dans les rues et les places, craignant de n être pas assez tôt rémsis; les canons turent diargés , des pelotons nombreux furent distribués sur le Alartroi « le filarché-aux- Veaux, sur l'Ëtape, les cloîtres Ste»Croix et St*Aignan, me Ste-Gatherîne, rue de Recouvrance, sur les remparts, les mails, et à toutes les portes de ville; enfin, il y eut une alerte générale, une grande confusion , et tout cela pour un faux bruit qui annonçait que les Français de la rive gauche de la Loire se disposaient à passer le fleuve et à tomber sur larmée prussienne.
dette alarme fut si chaude, que, malgré la preuve que le inotit qui y avait donué lieu était taux, et lattitudt^ des Fiau<^ais daus leurs eaiiloimeuiens, où ils dormaient paisiblement, les Prussiens restèrent toute la journée sous les annes^t l lesclu fs les firent camper dansle manégede l'uncieiiGraud-Cimetière et les places publiques, plutôt que de les faire loger, comme par le passé, chez les habitaus • cet ordre donna lieu à Tavis ci-après que le maire Crignon-Désormeaux fît imprimer et publier par toute la ville (voir h date du 4 août.) (4-770
3 août 1 8 1 5. — Les officiers prussiens en garnison a Uiléans , célèbreofc l'anoiversaire de la naissance dé FréJérie- Guillaume Ilf, leur roi, né le 3 aoàt 1770. Cette fêle eut lieu a l'hôtel de la Boule«d'Or, rue des Minimes, ils étaient ▼ingt-six à table, et dépensèrent, pour leur déjeuner, la somme de 536, fr. 80 c. qu'ils reftiséreni de payer au sieur Martin, chef de celte maison; il TÎot fa réckuDer au corps municipal, qui la pa^a sur- le- diamp pour nos allies qui avaient bu à la santé de leur roi Gttilhiurae. M. le maire obligea les Bmsioiefis de la Tille à jouer à cette féie. (4-76-77.)
4 août 181 5. — Atîs du maire d'Orléans, relatif à la nourriture des troupes prussiennes, que le gener^il de liurf avait fait camper dans les rues et places, ne voulant plîis (|u elles logeassent chez les hal>itans depuis la terreur panique quelles avaient eue il y avait deux jours.
Orléanais,
MM* les cfae& du 4^ corps de rarmée pnusieiine en alatioa à Orléans , et campés dans la cour du manège , au Grand-Cimetière, aur le Martroi , etc., etc., ayant jugé à propos, pour le bien du service et sa régularité, décamper leurs soldats, ce qui évite à Thabilant lembarras àe les loger et coucher , il a ordonné qu à compter de demain samedi 5 août, chaque habitant qui recevra aujourdliiii l'ordre de porter, tous les jours aux bivouacs les portions nécessaires a six soldats , sera tenu de le fidre exactement aux heures indiquées ci-dessous, savoir:
Portion pour six soldats. '
LfC malin à six heures et demie, deux livres de pain pour chaque soldat, eu tout douze livres pour la journée; du fromage ou du beurre et une bouteille çTeau-de-vie pour six. A onze heures etdemie^du matin, la soupe et leboui/- Ion provenant de six livres de viande cuite , qui seront abondamment garnis de pois, haricots, choux, carottes, navets et pommes de terre; trois bouteilles de vin.
A six heures et demie du soir, la* soupe ou bouillon provenant de six livres de viande culte , garnie comme le matin, de légumes de toutes espèces; trois bouteilles de vin. Chaque habitant qui ne sera pas en état de fiiire ces
fournitures à ses frais, comme par le passe, pourra prendre le pain à la manutention des vivres, au Calvaire, où la distribution s'en fera tous les jours de quatre à six heures du soir à dater de ce jour j la viande chez M. Chambon , houcher , au Grand-Marché, ou la distiibutiou aura lit;u a la iiiénic heure, a dater de ce jour; le vin et leau-de-vie chez l etapier, place de l'Etape , ou hi diisLriluuion aura lieu à la même heure , a dater de ce jour; le beurre et le fromage contiuueron t. d'être fournis par lliabit.ant, ainsi que les légumes verts et tout ce qui CàL nécessaire a i assaisonnement.
Le maire d Orléans croii; devoir prévenir les hal)iLans, que le service doit se haire avec la plus grande exactitude, aux heures indiquées, pour prévenir toutes plaintes.
MM. les officiers prussiens sont porteurs de bons du double de chaque billet, portant le nom de Thabitant obligé de fournir , et le moindre retai'd lui attirerait les plus grands désagrémens.
Chaque habitant sera tenu de donner son récépissé à chaque fournisseur, ou étapier, de ce qu'il aura reçu j à cet efîet il le tiendra écrit d'avance.
Orléans, le 4 août 1 8 1 5.
Le baron Crignon-Désormeaux.
D'après cet ordre , les Orléanais étaient obligés d'aller eux-mêmes chercher les vivres, de les porter trois fois par jour aux bivouacs et d'attendre que ces messieurs eussent vidé leurs plats pour les remporter.
5 aoât i8i5. — Le préfet du Loiret exerce, pour la première fois^ m fonctions de directeur de la police dans son département^ par un arrêté ainsi conçu :
Arrêté du conseiller d'Etat honorairei préfet du département du Loiret 9 relatif à la haute police dont il est chargé dans son département , par lequel il ordonne à toutes les personnes qui se trouvent dans la partie du département située sur la rive droite de la Loire, et qui n'y sont Tenues que depuis le i^'mars dernier, de quitter le département dans les trois jours de raiEche du présent arrêté ; à tous ceux qui sont d'un département voisin, et qui ont des permis , de Tenir les renouveler tous les huit
JOUIS ; aux logeurs , aubergistes , taverniers et maîtres d hôteU , de venir sur-le-cbamp laire Ux déclaration des personnes qu'ils logent, à la police, dont le bureau est établi dans le cabinet particulier du préfet, sis à l'hôtel de la préfecture, et enfin, les conmiissaires de police sont autorisés à faire des descentes de jour et de nuit chez tous les babitans sans distinction.
Les maires et les chefs de la e;endarmoi ic soiit responsables de l'exécution du présent, publié, imprimé et aiiiché dans tout le département.
De Tai.l£¥jeland, preiet du Loiret. (3.)
<9 août 181 5. — Passage du duc d'Angouléine par Orléans. Ejtlrait du journal périodique de Daroaull-Haurant, împrinBeitr de cette ville.
• Sur les six heures du soir , le bruit se répand tout-àcoup dans la Tille que Monseigneur le duc d Angouléme arrive incognito; aussitôt le baron de Talleyrand, préfet, s*élanoe dans sa calèche et vole au-devant du prince. Digne interprète des sentimens de ses concitoyens, M. le maire, Crisnon^-Désormeaux, l'attend au-delà du pont: l'effet de l'éclair est moins prompt..... En un instant, les rues, les places sont remplies d'une affluence a laquelle elles suffi* sent à peine ; sans convocation , sans certitude , les membres des diverses autorités accourent de toutes parts ; la garde urbaine, toute privée quelle est de ses armes ^ui lui ont été enUçées par Css aUiées^ se presse et se précipite.....* La voiture du prince est aperçue... Soudain, mille et mille acclamations portent au ciel le cri de vive le Roi! les noms chéris d' Angouléme , des Bourbons , le nom céleste de Madame^ se répètent avec transport; le prince, oui avait daigné quitter sa voiture pour monter dans la calèche de M. le préfet, traversa Orléans au pas , et témoigna sa profonde sensibilité des caractères touchans de cette réception improvisée; à chaque pas, la foule, toujours croissante, redouble l'enthousiasme universel; on Toit avec attendrissement, à côté du prince, le magistrat chéri dont le roi Tient d'honorer le noble courage en l'appelant au conseil d'Etat, et qui, depuis peu de jours rendu à l'amour de ses administrés, a été accueilli à son retour aTec l'aban-
don de la plus vive et tendre reconnaissance; cependant, déjà S. A. K. est parvenue à la porte Bannier: U, après avoir de nouveau prodigué aux fidèles Orléanais les témoignages de sa bonté, elle remonte dans sa voiture et se dispose à continuer sa route; mais alors en vain la garde à cheval et la camlerie de la garnison prussienne^ accourues au grand galop pour rendre leurs horomages au prince, sem* blentfermer l'approche de sa voiture; les magistrats, les citoyens se font passage à travers les chevaux, s'attachent à la portière et ne. peuvent sen séparer; c'est au milieu de ces gages spontanés d'amour et de joie que le prince a pu enfin reprendre sa route, laissant cette ville, si récemment affligée, dans l'ivresse du bonheur.
■ Lorsqu'il n'a ^lus été possible de suivre le prince, la garde urbaine, précédée de sa musique et suivie aun concours immense, s'est rendue à la préfecture, en a inondé les appartemens et les cours^ y a formé des danses , et ne s'est enfin retirée qu'après avoir recueilli de nouveau, de la bouche de M. le préfet | tout ce que le prince lavait chargé de redire en son nom aux bons Orléanais; les flots du peuple , en se dissipant , faisaient encore retentir l'air des cris de "viue le Roi! et la journée , commencée sous un ciel orageux et chargé de pluie, a fini par la plus sereine et la plus riante des soirées. « (7.)
9 août 181 5, — Le général baron de Steinaecker, officier prussien qui avait commandé la place d'Orléans, quitte cette ville.
Le corps municipal lui fit le don d'une épée d'honneur, qui fht remplacée (à la demande de cet étranger) par un rouleau de vingt-cinq napoléons en or et un petit cadeau de 124 francs. (40
— Le général anglais Huptoin , trésorit i tle la division prussienne qui avait occupé Orléans, quitte ((tlo ville avec tous ses équipages et son train dç prince, pour suivre la colonne à laquelle il était aitaciié.
Ce général avait, pendant son séjour à Orléans, af iiclié un luxe extraordinaire, soit par son costnrne riche et brillant, ses é(juipages , sa garde ont scoi ic particulière, et le grand nombre de ses domestiques supérieurement cha-
mméê; il était aoiateur de musique et jouait même aaiez bien do violon ; il eut la fantaisie de travailler encore cet instrument et prit, par ostentation y pour profissseur M. Lottin, Orléanais; ce général prenait deux leçons par jour^ et laissait sur la cheminée de lartiste , à chacune d'elles^ une pièce de vingt francs en or, monnaie dltaUe , ce qui dura pendant environ quinze jours. Son instrument , sa musique étaient portés par des valets en livrée, galonné de la tête aux pieds, et son escorte,. composée de cinquante soldats et un officier, lesquels se rangeaient en haie so» les croisées du professeur , dont la demeure dans la rus Bannier, Tune des plus grandes de la ville, facilitait au milord fastueux le plaisir de satisfaire sa vanité. (77-76.)
10 août i8i5. ~~ Départ des troupes prussiennes qui uccu paient Orléans depuis vnij^t-sept jours et douze heures^ elles prirent la route de Blois.
Cette division dont le départ s'effectua lentement fit sa halte à la Madeleine. Deux vedettes furent laissées par elle à l'entrée du pont, près la rue Royale : nous pensons que c'était un piège tendu au peuple d'Orléans, pour avoir le droit de revenir sur la ville si ces soldats eussent été insultés.
A lappui de notre opinion nous donnons le récit de ce qui s*est passé en partie sous nos yeux.
Dans la soirée au 10 août les Prussiens détachèrent sur Orléans quelques hommes de cavalerie de lun de leurs corps de troupes placées aux environs de cette ville ; ce détachement, après avoir posé deux vedettes à Tentrée du pont se retira de suite.
Complètement isolés, abandonnés à eux-mêmes, ces deux étrangers furent bientôt ^posés aux insultes de la multitude justement irritée par le souvenir si récent des mauvais traitemens que la ville d*Orléans avait supportée
En manifestant liautentent l'intention de jeter les deux l'russlens dans la Loire , le peuple secofidaii peut-èLic, njais involontairement, le vceu secret tie ceux t|iii avaient pu consentir à isoler et à compromettre , d une manière aussi évidente, deux de leurs soldats j leur perte fournis-
sait un ample prétexte à la vengeance; il est difficile , au
(laient rien de leur profondeur et paraissaient déternunés à ne pas abandonner la place.
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sait un ample prétexte à la vengeance ; il est difficile , au surplus , d expliquer d'une manière satisfaisante l'abandon de deux vedettes placées à plus d'une lieue de distance du corps auquel elles appartenaient.
Des rnsseuiblemens nombreux étaient groupis autour des deux Prussiens; les cris de mort devenaiciu plus fréquens, lorsqu'un faible détacbement de six à sept ^^arcles nationaux à cheval, réunis en toute hâte et spontanément, commandé par M. Crignon de Montigny, après avoir traversé !a rue Royale, parvint à prendre position sur la demi-lune du pont.
MM. Edouard Denieux , Stanislas Denieux , de llocheplatte , Désormeaux-Vandebergue , Boulard- Deslandes , Charles Savart formaient 'ce détachement, que M. Ancest, alors officier du 6'*^ régiment de lanciers, avait dejii rejoint volontairement, et auquel se reunirent quatre à cinq gendarmes dont on regrette de ae pas pouvoir citer les noms.
M. Crignon de Montigny, après s être ouvert un passage jusqu'aux vedettes prussiennes , réussit à les de^Mger de la foule qui les menaçait. Ce [>reraier succès obtenu , il parvint ensuite à faire évacuer la demi-lune, autant par ses exhortations qu à l'aide du peu de ibrce dont il pouvait disposer.
C'est dans ce moment que M. de Rocheplatte, après avoir posé deux gendarmes près des deux étrangers, se dévoue en partant au grand galup, accompagné de M. Désornieaux-Wan(lel)ergue, pour se rendre à la Madeleine avertir les ofBciers qui commandaient la troupe stationnée à cet endroit, du danger de leurs vedettes.
Après avoir parcouru le trajet, non sans péril, plusieurs coups de pistolets ayant été tires sur eux, ils arrivèrent, parlèrent aux chefs du îîiotif de leur course; mais les réponses evasives et le refus de venir dégager leurs soldats prouva à ces messieurs que c'était un c«)up mou té avec intention ; ils revinrent donc à la ville rejoiiidi e leurs camarades et partacfer avec eux les dangt^ s de la soirée.
Touteiois, les i assenihleinens, quoiijue reloules, ne perdaient rien de leur profondeur et paraissaient déterminés a ne pas abandonner la place.
Ln grand mou vo meut , provoqua j)ar ( clul de la population, s'opérait déjà de l autre côté de la Loire parmi celles de nos troupes qui o( cupnient la rive gaucîie; il était donc important de les prévenir de \a fausse retraite des troupes prussiennes, de leur proximité, et de prémunir nos soldats contre le piège dans lequel, s'il existait ^ eux et la ville d'Orléans pouvaient tomber.
C'est ce que comprit M. Crignon de Montigny , qui, sans perdre un seul instant, après avoir placé son détachement de manière a contenir la foule, s'exposant à recevoir le teu des vedettes prussiennes comme celui de nos troupes, traversa le pont au galop pour atteindre la barrière de séparation qui y était étaldie: là s'étant fait reconnaître, il rendit compte en j)eu de mots à l'officier qui commandait de tout ce qui se passait sur la rive droite; ce devoir une fois accompli , il revint rejoindre le détachement qu il commandait, après avoir reçu de 1 othcier et des soldats français placés à la barrière laccueil et les remercîmens dus à son zèle.
A la suite de nouvelles et pressantes exhortations, M.Crignon de Montigny parvint enfin à opérer la retraite des rassemble m en s , retraite à laquelle contribua sans doute l'inaction des troupes de la rive gauche ^préveaues heureusement à temps.
Aiuâi se termina un mouvement populaire qui, sans le généreux dévouement de quelques-uns de nos concitoyens et l'active intelligence de leur chef, devait avoir de tunestes conséquences, et cependant pas un seul coup de sabre ne fut donné, pas un seul citoyen n'éprouva un acte de violence.
Quant aux Prussiens, ennuyés probablement de voir que leurs vedettes pouvaient désormais rester à leur place en toute sécurité, ils se déterminèrent enfin à les relever, après avoir rapproché leurs troupes de la vdle jusqu'à Tarrivt'e des Bavarois, qui ne se firent pas attendre.
La présence des Pi u^siens à Orléans facilita à plusieurs mauvais sujets les moyens de satisfaire leurs vengeances particulières , en désignant les maisons des citoyens qui n'étaient pas leurs amis, pour y envoyer loger les soldats les plus brutaux, lesquels vexèrent^ pillèrentef frappèrent
même des habitans paisibles qui leur avaient été desigués comme napolëonistcs.
Honte et mépris à ces misérables, que nous nous abstenons de nommer ! Puiss ^ notre silence prouver riniparlialite avec laquelle nousécrivuns ces Recherches !
lo août i8i5. — Distribution faite aux pauvres d'Orléans de dix huit cent vingt pains de quatre livres trèsrassis, qui reitaieiit au magasin des vivres du Calvaire, et que les Prussiens n'avaient pu consommer ni emporter avec eux, *
Chacun de et s soldats étrangers recevait par Jour un pain blanc de deux lîvres ; les soldats français, sur la rive gauche de la Loire, avaient pour ration de'deux jours un pain de munition pesant trois livres, (77,)
Relevé des dépenses Jaites par les troupes prussiennes pendant leur séjour à Orléans^ sait pour ta solde des officiers et soldats ^ soit pour leur nourriture^ habillement, équipement, etc., etc., soit enfin pour traites, argent comptant et contributions de guerre.