‹ Recherches historiques sur la ville d'OrléansChapitre 21 sur 33 · Chapitre I · texte numérisé non relu

Chapitre I

Pour la table des officiers de Vétat-mt^'er.

Mémoires des cafetiers , pour liqueurs et café , fr • 2,2 18 95

M, des aubergistes , pour nourriture. • , . , 5,369 »

Id. des traiteurs 10,81)2 10

Pour vins fournis par MM. Ligueau et Gaulliier.. 1^882 15

Officiers d*état-major, fr 20,362 20

Cette dépense de 20,362 fr. 20 cent a été faite d'après uu arrangement arrêté entre M. le maire d'Orléans et l'intendantgénéral des troupes prussiennes, et ainsi fixés

fCafé le matin , fir. . • 8 \ Sixdéjeunersà5fr. 30 \ par jour. 134 fr. Douze dîners à 8 fr. 96 j Pour deux généraux qui viendront tOtts les huit jours

qu'où peut calculer à 1 6 fr. par jour, ci, pour les deux . 32 Pour l'iulendant-général et ses domestiques , par jour.. . 100 Commandant de f Café le matin, fr 6 x

place. i Q"^^^cdejeun.à4fr. 16 } par jour. 58 * \ Six dîners à 6 fr. .. 36 )

J, reporter , , 324

Report 324 fr.

Un colonel, même tabïe 58

Cinq conimandans divers, à 48 fr. par jour 240

Un coiiiniaudaiit d*artillerie. 48

Dôme capitaines , à 36 fr. chaque 432

Un commissaire des g uerres , par jour* , 60

Trois adjoints da commissaire, à 18 fr. ciiaqae 54

Viugt-six lieuC^nans, à 18 fr. chaque 468

Cinq adjudans sons-officiers, à S fr. chaque. 40

Total par jour. 1»724 fr.

s MÉMOIRE PARTICULIER.

Premier mémoire de Brunei, traiteur, pour le dîner donné h. l'hôtel de la Mairie, le 15 juillet, A M. le gêner .il Borelle et à son état-major, fr. . « 547 70

Second mémoire de Brunei , traiteur» pour le dioer dooné par le général Thielman, cbezM. Gauthier, où il était logé le 17 joSlet, fr $21 40

Troisième mémoire de Brunet, traiteur, pour les dîners et autres repas servis à M. le général Borelle et à son état -major, chez M. Guuhier, fr 923 .»

Quatrième mémoire de Brunei, traiteur, pour même cause rL jioiu l'intendant, lojïé à rÉvéché, du 22 juillet au 28, jour de son départ, fr 1,120 »

Premier mémoire du sieur Gautray, aubergiste , pour la nourriture de l'officier et des militaires qm ont été de garde à Thôtel de ta Mairie, fr 594 20

Second mémoire du sieur Gautray^ pour mêmes causes. 494 »

limier mémoire de madame Dupuy, limonadière , pour diverses fournitures aux officiers de l'armée prussienne, fr 55

Second mémoire de madame Dupuy, pour même

cause, fr 161 2G

Mémoire du sieur Chevalier, limonadier^ pour même cause, fr r.. 113 20

Mémoire de* M. lieneau-Grandcour, fournitures de diverses espèces de vin bu dans les diifêrens repas pris par les officiers de l'armée prussienne, fr. « . • !?B2 50

Mémoire de M. Gauthier, pour même cause, fr. . . . 1,211 »

Mémoire de M. Sautelet, brasseur, pour bière bue

par les offiriers prussicijs, fr 274 »

Payé à des employés exti aordiiiaires , pour le logement des troupes alliées, fr 174 »

A«eompte payé au sieur Wolf Halphen, interprète, fr. 60 »

Total 6,635 75

CiHAfirilfi II.

Solde det troiêpeê*

Dfluse officiers cl*état>major à 50 fr. par jour» pour

27 jours , fr 16*200 »

Cent ofliciei s divers a 20 fr. par jour, pour 27

jours, fr., . ♦ 54,000 »

Sept mille cinq cents hommes d'infanterie à 1 f. 90 C.

chaque par jour, pour 27 jours, fr 384,750 »

Huit cents hommes de cavalerie à 1 fr. 90 cent.

chaque par jour, pour 27 jours, fr 41,040 >»

Total....: 495,990 (*)

Ghapitab III.

Fournitures par réquisitions,

1207 veltes d*eau-de-vie H , 270

520 oaètres de 4iaps de diverses couleurs.». . 5,818 50

100 paires de semelles 260 »>

2 8 tom bereaux de charbon de ter re 1,141 90

119Î fers à cheval 799 10

25032 clous à fers 8,010 24

5000 hvres de sel 994 »

22 sacs de sel 44 »

3529 kilos de tabac fournis par ta régie 18, 1 84 80

11750 kilos de ris. 5»879 »

Kizen sacs. 12^ »

Légumes divers • 695 40

Savon noir 13 70

Imprimés et fournitures (le biii eau 282 »

Un timbre sec pour rétat-major. ........ 30 »

Pour les galeux a l hôpital <!( s Jacobins.. . . 52 00

Blanchissage de linge au général , 77 54

Nourriture pour le poste du Gr.* Cimetière. 144 05

Vingt-cinq lÎTies de pointes 41 50

Pour cbandelles 100 »

A reporter 53^961 33

(*) Le cominiasaire qui venait tous les jours prendre avee ses commis la paie des troupes , mettait chaque fois 200 fr. dans ses poches, disant à M. Grîgnon de BeUevue» receveur municipal, que c'était pour la peine qu*il 99 donnaU à «Mfr prfitrfr* u ar<jent.

Jl<r/N^.. 63,961 33

Iroyer de remise 120 »

Travaux à la tète du pool 2,678 68

Voitures et chevaux requis 500 »

Pour un cheval tué par mauvais Uaiteraens. 300 »

Fouraituresde méoîcanieiis. ;v 700 »

Artistes vélérinaires 380 »

Capval I phiffmaden \ . 73 >

MoreaOy maître de la poste aux chevaiiz. • 25 4 53

Léon, pour Téclairage des écuries 1 56 86

Potier, entrepreneur, pour réparation 842 43

Gelin I.avij^ne, pour éclairage te jour de la

fête du roi de Prusse 138 »

Triau-Morin , loyer de meubles 590 >»

Mûutuu, coutelier, trois bandages 36 »

lieboo , pour tomneauv et baquets 47 »

Pécantin , pour fusils volés chea lui ^ d96 »

200 sacs d'orge t y * . . 22S >

Total des fournitures par réquisitions, fr. . • . • 61,39b 43

Ghjlpitbb IV.

Dépenses panieuUères*

Voyage de M. Petit-Sémonville à Étampes. 88 >

Id. de MM. Tassiu , Bag uenaultet autres députés

àParis 1,762 06

Présent de l'épée d'honneur au général. 600 ) .n^

Pédt cadeau au même 124 '

Persin , frais de tournées 10 »

Wolf-Halphen, interprète, pour solde 232 •

Total des dépenses particulières. 2,816 06

Cbapitab y.

TrtiUes par ordonmanees,

21 juillet l'* ordonnance, fr 200,000 \

24 id, T id. fr 40,000 /

22» id. 3*^ id. fr 12,000 }. 458,000 »

Traite sur M. Baguenaull , de Paris . I Of; ,000 \

Traite sur M. Périgaux, de Paris . . 100,000 )

Pour différence Au prix de l'argent 280 94

Bruère- Cour tin, pour négociations. 40 80

Traites par ordonnances 458,321 74

Grapitrb VI.

Barder eau. des fnnds en traites , espèces , et en pièces d^argen^ terie remis par la ville d'Orléans à M, Patvlowsky»

Quatre traites de 100»000 fr. chacone , payables à Paris, à 15 jours de vue, et souscrites par MM. Doyen, Crîgnon-d'Auzouer,Ta8sin'Bague-

nault, Piiié-ûrenet et Crignon-Désormeaux. « 400,000 »

nr asràcEs:

Uo tonoeaa conteiiaDt 40 sacs, formant ensemble . 40,000 •

Un tonneau contenant 50 éacs, formant ensemble. SO,000 »

Un tonneau contenant 50 sacs, formant ensemble . 50,000 • Un tonneay contenant , savoir: '

En argent blanc, 35 sacs, Élisant. . 49,501 50 ) 701 k(\

En or, un sac, faisant...^ 7,200 • j

EH pcftcES D'AmOBimniE :

Un tonneau contenant 64 marcs 6 onces, à 52 fr.

le marc 3,346 24

Taxe... 600,047 74

Chapitke vu.

Sommes exigées par l'intendant miikaire , en sus de la taxe de

gaerre. ■

1^ 2 pour cent de ladite somme, pour finds d'administration. • ••«•• • 12,000 »

2® Somme qu'il a retirée du receveur-général da Loiret, sur sa simple quittauce, quoique cette çonime fôt destinée à payer les approvisionnemens de l'armée prussienne 22,510 52

3® Somme qu'il a tirée de la caisse municipale. . . l4,8dd 62

4 " La somme représentant une réquisition de cent chevaux dont il a fixé lui-même, et de son autorité, le prix à 400 fr. chaque 40,000 »

Pour les cinq futailles contenant l'argent et l'argenterie, à 5 fr. pièce 25 »

Pour l'encaissement et mise dû cachet prussien sur

les tonneaux .••.•...«..• 36 »

Sommes en sus de la taxe 89,410 1^

AiLivé aillât»

. ^ i Pour table des olBc. de Tétit-maj. 20,362 20

1 *-«^'^ jiénioire particulier pour repas. 6,635 75

2' — Solde des troupes 495,990 »

3" » Fourdtnresparréquintîoiis. 61,398 43

4*^ — Dépenses particulières 2,816 06

6* — Traites par ordonnaoces 458,321 74

6' — Taxe de guerre 600,047 74

7* — En sus de la taxe de guerre, . 89,410 14

TovAL «Mmal ]»734,982 06

iSaeûtISifi.

Lettre du maire au gênerai jjrusmen.

Monsieur le général,

Tai reçu la lettre que vous m'avez faii Ikioniieur de ni*écrire ce jour. Le rapport fait à Paris demande une explication que je vais avoir Thonneur de vous donner.

Les troupes prussiennes stationnées à Orléans, que vous commandez si honorablement, et dont nous respectons et estimons MM. les chefs , se sont peut-être livrées à quelques désordres, mais c'est individuel de la part du soldat, et non pas en mnsse; votre arrivée dans nos murs a été celle (Pamis et d alliés. J'ai eu l'honneur d'aller au-devaol de vous, et vous m'avez accueilli avec bonté; les portes de la ville vous ont étc o u vertes ^ oon-seulement aana ré« distance, niais avec ( (jrdlalité.

Les logemens qui n étaient pas préparés, puisque la veille nous ne savions pas recevoir un corps de sept mille hommes, ont été faits avec précipitation Les magasins n'étant point fournis, l'habitant a été oblige de nourrir. Le côté gauche de la Loire étant occupé par l'armée de Davoust, n'a pu contribuer au logement; il s'en est suivi une surcharge : un seul habitant logeait neuf soldats et les nourrissait. Le citoyen ne sachant ce qu'il avait à donner ( t le soldat ce qu'il pouvaitexiger, il s'en est suivi quelques d(>mandes outrées, des plaintes, et le mal litïurcux a donu'même son nécessaire, souvent la diiierence des iangues en a été la cause. Mais il n'y a eu aucune exaction: les maisons ont été respectées, les propriétés et le mobilier de méme^

et je D*ai en aucune plainte à ce sujet, et s*il s*eat trouTe des maisons désertes, cest par la mauvaise volonté de l*habitant, et il n'est point à ma connaissance qu'il y en ait eu une livrée à vos soldats » ni dévastée par eux. Je me plais à démentir ce &it.

Depuis que le service est organisé , que les magasins sont approvisionnés, que de nouveaux logemens communs avec les fiuboufgs ont été faits, avec justice et discernement, aucun habitant n'ayant plus la charge de la nourriture^ ne peut ni ne doit se plaindre. J'ai accueilli toutes les représentations qui m ont été faites, et MM* vos officiers mont aidé à connaître Texacte vérité et à rendre justice, notamment M. le haron Steinaedker, commandant de la place, dont le zèle pour le bien du service et la tranquillité a été au-dessus de tout éloge ; les rapports que j'ai eu rhonneur d'avoir avec tut m ayant permis d*apprécier ses talens civils et militaires.

Je rends avec plaisir hommage à la vérité en certifiant que MM. les officiers ont maintenu l'ordre, quils ont bien voulu écouter avec bonté nos représentations, et que je leur ai de grandes obligations. Commandés par un digne et respeclables chef, ils ont tâché d'adoucir nos malheurs, et ont suivi en cela vos intentions; je vous prie même d'accueillir avec bonté les sentimens de reconnaissance et de graii tilde pour lesquels tous les habitans d'Orléans m'ont chargé d'être leur organe auprès de vous.

Je ne dois cependant pas vous cacher, Monsieur le général, que plusieurs communes des environs d'Orléans ont éprouvé de grandes pertes, de grands malheurs, peutêtre même quelques vexations ; mais n'étant pas sous mon administration, je ne puis vous donner aucun détail ni certitude, c'est auprès de M. le sous-préfet que vous connaîtrez l'exacte vérité.

Devant vous dire toute la vérité, je ne vous cacherai pas ' que la ville d'Orléans semble avoir droit de se plaindre de M. le commissaire des guerres , intendant-général, Pawlowski. La rigidité, la dureté, les menaces violentes qu'il a employées dans les réquisitions exorbitantes qu'il a faites , sans vouloir exhiber aucun ordre , avait réduit mes concitoyens au désespoir. Les bons habitans d'Orléans , fidèlesi

à leur roi, nmis tle ses allies, ont passé tle Lien douloureux momcus peiitiant quatre jours , et leur soumission , leur empressement à faire ce que leur demandait M. l irueri- <1ant ne les a point mis à l'abri des meiiact s les plus violentes et les plus terribles , comme incendie qui ne devait pas s'éteindre de long-temps, etc., etc.

Quant à moi, traité avec mépris, sans respect pour mes fonctions, j'ai dévoré tous ces chagrins dans ! amertume de mon âme, parce que mon repos, ma tranquillité et ma YÎe appartenaient à mes concitoyens, et qu'aucun sacri* fice ne m'a coûtë pour écarter Forage dont on nous menaçait.

La présence d'un prince qui est digne du respect , de la ▼énération et de l'amour de ses sujets, et a versé le baume de consolation sur nos malheurs; tous daignez aussi y prendre part, c'est le seul moyen de nous les mire tous oublier , et il ne nous reste que le souvenir bien agréable de vos bontés, et l'espoir de pouvoir en tout temps vous témoigner les sentimens de haute considération avec les* quels j ai l'honneur d*étre, etc.

12 août i8i5. — Arrivée à Orléans d'une division de trouj)es bavaroises forte de 4,000 hommes.

Ces soldats, en pai lle la^és cIrz les Iiabitans et en partie bivouaques dans les places de la ville, occupèrent les mêmes postes que les Pi u^siens , et se couipui lèrent avec la brutalité et l'exigence de leurs prédécesseurs.

La première action de ces nouveaux venus fui de frapper la ville d'Orléans d'une fourniture de drap, toile, bottes, souliers, etc., etc., que l'on peut évaluer ;i 460,000 fr., comme on le verra ci-après; fourniture qui, heureusement, n'eut pas lieu, par la fermeté de M. de Kermelec, sous-préfet. (Voir page 352.)

i6 août 1816.

Publication d*une ordonnance royale portant la leuée dune somme de 1 00^000,000 de francs comme réquisition de guerre,

LOUIS, par la gràee de Dieu . roi de France et de Navarre^ àtous ceux qui les présentes verront, salut.

Digitizeo lj vjOOgle

L^attentat commis sur la Fraace a forcé tes puissances étrangères à y iaîre entrer leurs armées pour atteindre fennemi de leur sûreté ; ellesoccupent notre territoire ; ces maux auraient été prévus si notre Toix eût été mieux écoutée ; mais loin de notre cœur toute récrimination l les souffrances de nos peuples ne nous permettent de songer quà les adoucir^ en attendant le moment, peu éloigné, qui doit y mettre un terme. Les circonstances sont telles que nous n*aTons pas le choix des moyens ; nous avons où nous arrêter à celui qui nous a présenté le moins d^jnconvéniensi et le plus prompt.

A ces causes, nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit:

Art i^Mlsera levé extraordinairement, etversé au trésor ro3ral4 comme réquisition de guerre , une somme de 100)000,000 de francs sur les départemens , et dans les proportions déterminées par l'état de répartition.

Art. 2. Il sera ajouté , en outre, au contingent de chaque département un fonds de non-valeur de lo centimes par franc, au moyen duquel la totalité de ce contingent devra rentrer au trésor.

Articles 3, 4» ^> ^» 7» ^) 9» ^ > relatifs au mode de recouvrement.

Art* 12. Les sommesdevront être payées du 1 5 septembre au i5 novembre prochain.

Art. i3. Le recouvrement sera poursuivi par voie de contrainte et de garnisaire.

Donné au château des Tuileries le 16^ jour du mois d'août, l'an d« grâce i8i5, et de notre règne le a 1 ^.

Louis.

Par le roi :

Le ministre et secréudre tTEtat des finances^

Le baron Louis.

D'après l'état de répartition de la présente contribution extraordinaire, le département du LoircL iuL taxé à la somme de 1,800,000 fr., non compris les 10 cenlimes en sus par franc, qui se houi élevés à 180,000 ii. ce qui iit

uij total de 1,980,000 fr. ( 3-4.)

22 août 181 5. — Convocation du collège électoral du département du Loiret, sous la présidence de M. le vi-

comte (le Chateaubriand, a I effet de nommer les députés à la nouvelle chambre convoquée par le rai Louis XVIII. Furent nommés , Pour Orléans: le baron de Talleyrand, préfet 5 Crignond*Anzniier.

Pour Gien : M. Henri de Longuève, ancien législateur. Pour Montargis: M. de Baerl.

Pour Pitliiviers : M. de Vilievèipie.

Cette deputaiion fit partie de la chambre connue sous le nom de chambre de 181 5. (4*77*)

JOiscours prononcé par Son Excellence Moneeigneur le vicomte de Chateaubriand , pair de France , ministre dEtaty ambassadeur de S, M, 71 C près la cour de Suède^ président du caUége électoral du département du Ijoirety à fouverture de la séance du aoz2r*i8i5.

'« Messieurs,

Lorsque Louis XYI, de sainte et douloureuse mémoire, convoqua les états-généraux, il voulut remédier à un mal que la France regardait alors comme insupportable , mais qui nous paraît bien léger , aujourd'hui que l'expérience nous a rendus meilleurs juges de Tadversité. Comme il arrive presque toujours aox médecins peu habiles, d'une blessure facile à guérir nous fîmes une plaie incurable. L'assemblée constituante eut des intentioDS sages , mais le siècle Tentraîna. Avec moins de talent et plus d'audace, rassemblée législative attaqua la monarchie , ^ua la convention renversa. Les deux conseils se détruisirent par leurs propres factions. Sous le tyran le peuple se tut, et ne retrouva la voix que sous le roi légitime. Âu retour de Buonaparte la Convention sembla sortir avec lui du tombeau : les deux fantômes viennent de rentrer ensemble dans Tabîme, laissant en témoignage de leur apparition . des calamités sans nombre et six cent mille étrangers sur le sol de la France.

Si Ion ne considérait » Messieurs , que les résultats de ces assemblées, on pourrait se sentir découragé : mais nos fautes dmvent nous servir de leçons. Le moment est veou d*employer à raffermissement de la monarcbie, cette même force populaire qui a servi à Fébranler. Jamais les

cléputéfl de la nation n'ont été rassemblés dans des circonstances plus graves : le roi a voulu ks avertir Ini-méme de rimportance des fonctions qu'ils auront à remplir, en rap

Srochant le peuple du trône, en confiant quelques collégea ectorauz au noble patronage des princes de son sang. Mais, il ne faut pas vous le dissimuler. Messieurs, tout dépend des choix que la France va fiûre. De même que nous pouvons trouver dans la nouvelle Chambre des Dé-

λutés le salut final « nous y pouvona rencontrer le nauirage. L'Europe nous attend à cette dernière expérience : elle est venue, pour ainsi dire, se placer au milieu de noua afin d'assister à des résolutions qui décideront de son repos autant que du nôtre. Le peuple français va voir des rois à la tribune de ses conseils : après avoir jugé les princes de la terre , il sera jugé par eux à son tour. Il saeit de savoir si nous serons déclarés incapables de nous fixer à ces institutions que nous avons cherchées à travers tant d'orages , si nos succès seront regardés comme un jeu de la fortune, nos calamités comme un châtiment mérité^ ou si, nous renfermant dans une liberté sage, nous conserverons l'éclat de notre gloire et la dignité de nos malheurs*

Que faut-il faire , Messieurs , pour arriver à ce dernier but? Cne chose facile ; choisir les bons , écarter les mé* chans,cesserde croire que l'esprit, le talent, Vénergiesont le partage exclusif de quiconque a manqué à ses devoirs, et qu'il n'y a d'habile que le pervers. Que la France appelle à son secours les gens de bien , et la France sera sauvée^ L'Europe ne se sentira complètement rassurée que quand elle entendra nos orateurs, trop long-temps égarés par des doctrines funestes , professer ces principes de justice et de religion, fondement de toute société : nousnereprendrons notre poids dans la balance politîqiie qu*en reprenant notre rang dans l'ordre moral.

Permettez, Messieurs, que je vo^is parle avec la franchise du pays où je suis né : ce n'est plus le moment de garder des ménagemens qui pourraient devenir funestes. Sans doute il faut éteindre les divisions, cicatâcer les blessures, jeter sur les fautes de nos frères Iç voile de la duirité chrétienne, nous interdire tout reproche, toute récrî-

miaaiioo, toute Tenpeancei et^à Texemple de notre roi, pàrdoniiér le mal qu on noujt a fait. Mais il y a loin, Messieurs, de cette indulgence nécessaire , à cette impartialité criminelle qui^ obligée de faire un choix, le laisserait tom* ber également sur le bon ôu sur le mauvais citoyen , ne mettrait aucune différence entre les principes et les opinions, les actions et les paroles. Si, en dernier résultat , il était égal d avoir commis ou de n avoir pas commis de crime, d'avoir gardé ou davoir violé son serment; si, lorsque Torage est passé , on traite de la même sorte et celui qui a produit cet orage et celui qui Ta conjuré; si Tun et 1 autre jouissent du même degré de confiance, de la même part de dignités et d'honneurs, Fhonnête homme, Mes* steurs, ne serait-il pas ttop découragé? Ne rendons pas le devoir si difficile. Youlons-nouà réparer les désastres de b patrie? ne laissons plus dire à ceux qui profitaient de nos revers, que la vertu est un métier de dupe : exprèssion dérisoire qui échappe quelquefois à la lassitude du malheur, comme à Tinsolence de la prospérité» £nrichis* sons-la, cette vertu, de notre estime et denos&veurs; elle nous rendra nos dons avec usure.

Laisser à l écart les artisans de nos troubles, c'est justice. La justice n est point une réaction , l'oubli nest point une ven^eance^ Il ne faut pas qu'un homme se croie puni, parce qu'il n'est pas récompensé du mal qu'il a fait. Ceux qui ont amené dans vos murs ces étran|;ers que le bras de vos idleux arrêta jadis à vos portes, meriteraient-iU d'obtenir vos suffrages? Toutefois, si de tels hommes se fussent rencontrés parmi vous, vous auriez pu les voir se présenter, et même avec un front serein ; car dans ce siècle le vice a •à candeur comme la vertu, et la corruption sa naïveté <90mme l'innocence.

Mais, grâce à l'excellent esprit de ce département, vous ne serez point , Messieurs , réduits à faire ces distinctions pénibles: on ne compte ici que des sujets dévoués à leur roi. Déjà vos collègues d'arrondissemens présentent à votre élection des candidats aussi distingués par leurs talens que parleur conduite courageuse et leur noble caractère. Heureux embarrns des richesses , qui ne vous laissera que le regret de ne pouvoir tout nommer et tout choisir ! La

fidélité au iràne de mnt Louis est du» lea Orlëanaii une vertu héréditaire : ils conservèrent leura remparts pour Chartes-le-Victorieux , comme ils ont gardé ieura oaurs pour Louis-LB-DisiBjL Qui ne sait^ Mesaieura ^ que votre ville, pendant nos tempêtes» fut le refuge de tous les Français persécutés? Le prêtre fugitif y trouva un aulel, le serviteur du roi un asile , pour y prier leur Dieu» pour y pieu* rer leur maître ? N*est-ce pas vous encore qui les premiers demandâtes la liberté de l'illustre orpheline , aiijourd'hui r orgueil et la gloire de la France ?

Pour moi , Messieurs, je regarderai comme un des plus beaux jours de ma vie celui où j'ai été appelé à présider votre collège électoral. Le roi » qui tient compte à ses fidèles sujets même de leur zèle » a trop payé par cet honneur, mes faibles services. Tai du moins quelque titre à votre bienveillance j car j'oae croire quil ny a point d'homme ^ui entre mieux que moi dans vos sentîmens^ ui apprécie davantage votre toyauté. Comme vous, je onnerais mille fois ma vie pour le meilleur des princes; et mon cœur a toujours battu, mes yeux se sont toujours remplis de larmes nu cri damour et desalut» aucri Fran* çais de VIVE L£ ROI!

aS aaii i8i5. ^ Pto ordre du préfet du Loiret , chef de la haute police dans ce département , les feuilles de papier timbré servant aux fouroaux du département du Loiret, devront, à dater de ce jour, être revêtues de la signa*^ ture du sieur Lagorse ^ receveur de l'enregistrement des actes judiciaires à Orléans, rue Maret.

S5 août 1815.

râTE DE SAlNT-LOUIS, CÉLÉBRÉE AVEC POMPE A OELÉàNS, PAR LES CORPS CONSTITUES, LES EMPLOYES DU GOWBXIIB- MBNT ET LES HABITANS, SUIVANT LE PROGRAMXS ET LA CIRCULAIRE DATÉS DU i 2 PRÉSENT MOIS.

Arrêté,

Le préfet du î.oirnt arrête :

Art. i". MM. les sous-préfels et MM. les maires et ad joints du département du Loiret se rendront le jour de la

fête Saint-Louis, 25 août, à TofTice divin qui sera célébré, et nti Te Deum qui sera chanté dans toutes Jes paroisses du département.

Art. 2. Les sous-préfets et les maires se concerteront avec MM. le curés pour donner à cette cérémonie religieuse toute la solennité dont elle est susceptible.

Fait à Orléans^ lesjour, mois et an que dessus.

Le consoler d'Etat honoraire ^ Baron de TAiimEA.HD.

Le conseiller iVEtat honoraire ^préfet du l/ùret^ àees

administrée,

Habitans d u Lo i ret ,

Qu'au jour de la fête de notre roi , de ce père de tous Jes Français, toutes les familles se réunissent, que tous les âges viennent déposer aux pieds des autels leurs prières, leurs vœux et 1 expression de leur reconnaissance pour le bienfaiteur de son rovnume.

Le roi, malheureux de vos suuffi aru es , ne veut pus que le jour de sa fête vous rappelle les pi ivations que les circonstances vous ont imposées; Tallegresse de vos enfans, la vôtre a tons, l'expression de votre joie , de votr e confiance i'iï lui, sont les témoignages d'affection dont son cœur esi I(« plus touché; il ne veut vous occasionner aucune dépense; vous aimer, vous chérir, être vénéré commet un |)ère, tel est son désir, tels sontse.s souhaits, et je ne doute pas que, persuadés de votre bonheur, vous ne vous empressiez à répondre à l'appel rehgieux qui vous sera fait.

OrléanS) le la août tBi5«

Le conseiller d'Etat f Baron de Tallbtband.

27 août mô.

BESTITUTIOII DB M. BB KBBMBLBC , S01JS*PBBPBT A OBLBANS»

Précis des faits ^ui ont donné Heu à cette destitution. Les Prussiens , après avoir forcé le préfet du Loiret f

M. de Talieyrnnd , de quitter Orléans, s ciaient fait payer

par la ville 600,000 t'r.

Les Bavarois Detartlèieiu pas a l empiacer les Prussiens, l'exemple que ceux-ci avaient donné était bon a suivre : aussi, à peine arrivés, les Bavarois frappèrent à leur tour la ville d'Orléans d'une fourniture en drap, toile, souliers, objets d'équipement, etc., etc., que l'on peut évaluer au inoins a 4^0,000 Ir. (Voir l'elat ei-après.)

Ces ordres, émanés de M. l ordonnateur en chef de l'armée bavaroise, iuieul adressés, dès le 11 août, à M. de Kernielec.

La situation de M. de Kt rmelec était des plus embarrassantes; M. le haicjii de ralleyrand venait de nouveau de quitter Oi-léans ; le.^ ehefs de i artiiee bavaroise ne l'ignoraient pas, car ^J. de Kei intdec .s'était autorisé des instructions qu'il disaitavoii reçues pour refuser ces énormes réquisitions. Lu geneial de tlivision PreystMiig, après Ta voir fait sommer le 21 août, parle major L(oprocbteii)g, en ces termes : < Je vous déclare que si demain matin à « onze heures et den.ie, vous ne fournissez pas l'état que ■ nous vous avons demandé, je mets chez vous l'exécution «'militaire la plus rigoureuse, je connais mes devoirs, « j'ai reçu des ordres et j'ai l'intention de les exécuter « stricteiueiit. »

Le a4 il h" écrivait : « Les ordres que vous pouvez « avoir reçu doivent cesser d'autant plus que te préfet a m déclaré lui-même que ses fonctions cessaient et qvCUa « quitté Orléans, » C'est, ajoute le comte de Preyseioff, une raison de plus pour que je ne tienne qu'à voîre smw personne»

Âyant de partir, M. de Talleyrand avait pris un arrêté d'après lequel il avait déclaré que toute autorité royale était suspendue dans le département du Loiret, A t abri de cet arrêté, M. de Kennelec pouvait se tenir tranquille et déposer ses fonctions. Cependant il crut , non sans raison, que la ville d'Orléans deviendrait la proie des Bavarois, qui , ne trouvant plus d'obstacles, l'aecableraîent de réquisitions de tous les genres; il demeura donc à son poste, malgré les ordres formels du préfet, et en fit con* naître les motifs au ministre; il fit plus, il expédia un

courrier extraordinaire au prince de Wrede, commandant en chef de Tarmée baTaroise , et lot exposa vivement les malheurs dont les hafaitans d*Oriéans étaient menacés , et les actes de désespoir auxquels ils pourraient se porter.

Le 37 août I le ministre de rintérieur lui répondit : « J'approuve la conduite ^e vous avex tenue dans cette « circonstance , elle, est conformé ans irutntetlons que « j'avais transmises à M. le préfet, et dont il vous aura « sansdouiBdoméeoimaUêanee. «

Quoi qu'il en soit , dès le %6 aoèt une garnison militaire de six hommes commandé par un sous-oificier« s'é* tait emparée du domicile de M. deKermelec. « le vous pré-

• viens, lui écrivait, le d6, le commandant, baron Léo- « prechteing, que jai donné des ordres pour que six « hommes et un caporal soient placés chez tous à titre

• d'exécution miUtaire; vous aurez à payer à chaque mili- « taire, indépendamment de la nourriture, cinq francs « par tète; si demain vous n'avez pas rempli les intentions « de S. E., l'exécution sera doublée^ et augmentera ainsi « chaque jour, »

Le même jour, a6 au soir, nouvelle lettre du même ^ pour qu'un bon souper f&t donné aux militaires et pour qu'on leur payât la contribution imposée; « Demain , répète-t-il, cette exécution sera doublée, » Mais, malgré les vexations Je tous genres dont il était personnellement lobjet, M. de Kermelec pensa que ce qu'il j avait de mieux à &ire dans cette difficile situation , était de gagner du temps; le minislre approuva sa pmévérance, et le 29 il lui éciivit: « Vous pouvez même&ire valoir auprès deux « de légères concessions; si vous gagnez du temps vous « aureifi pria le meilleur parti et atteint le but ; vous devez « compter sur les elForts du gouTemement du roi pour

• faire alléger vos maux autant que possible ; je ne puis, « au reste , que donner des éloges à la conduite que vous « avez tenue dans cette circonstance. »

Le a5 août, jourdelaféte du roi, pour faire voir à Tarmée bavaroise que toute autorité du roi n'avait pas cessé dans le département , M. de Kermelec s était présenté en costume de sous-préfel à 1 église de Ste-Croix.

Mais de Paris, où il s'était retiré, M. de Talleyrand lança

contre M. de Kermelec un arrêté de destitution sous la date du 27 août. « Considérant, porte cet arrêté, que M. le m sous-préfet d'Orléans n continué ses fonctions, notam- « ment a la cérémonie du i^^et a compromis Vaiitorité du « î'oi devant les troupes étrangères, par une lettre que, « depuis la suspension de toute autorité royale dnns cédé' « parte ment, il a écrite comme sous-préfet à S. A. le phDce « de Wrede. »

M. de Kermelec fut destitué le 27 par M. de Talleyraud, et le 3 1 du même mois le ministre de i intérieur lui écrivait: « Votre conduite sage et ferme mérite mes élo- « ges, et je vous engagea y persister^ vous mériterez ainsi • la bienveillance du roi et la reconnaissance des habitans « de votre arrondissement. .

Cependant I pressé également par le gouvernement , le prince de Wrede donna des ordres de retirer les réquisitions dont la ville d'Orléans avait été illégalement firappée par des troupes qui se disaient les alliées du roi de France.

M. de Kermelec , qui avait forcément abandonné son domicile» était loeé chez M. Gapitan , qui lui avait géné> reusement donnéTIiospitalité ; c'est chez ce dernier qu*un commissaire des guerres bavarois vint lui annoncer les ordres du prince de Wrede, qui annulaient la réquisition demandée, et lui demanda la pièce qui contenait le montant des réquisitions^ mais M. de Kermelec crut devoir la lui refuser, comme pièce appartenant à l'adimntstratîon.

Après le départ des troupes bavaroises d'Orléans , le sieur Gautré , aubergiste , reclama à M. de Kermelec , le montant de la dépense fiiile chez lui par les soldats

étrangers.

Ce dernier lui écrivit la lettre suivante :

A ikf. Gauiréy tenant V hôtel de fEperpier^ à Orléans*

< En conséquence de votre lettre du 3 de ce mois, je « viens décrire à M. le maire d'Orléans en lui rappelant « que la dépense dont vous réclamez le paiement a été

i* iaite au coinpie du lu ville et le prie de vouseniuiie « reniboursei.

« J ai 1 honneur de vous saluer,

« De K£iiMJiL£C. »

« Savenaj, ce ^ octobre 1816. •

Lettre de M* le maire dOrUcuu à MM, tes membres de la

commission de liquidation»

« J'ai Ihonneur de vous transmettre le mémoire de M. Gautré, aubergiste à Orléans, montant à i63 fr. 4 c, pour nourriture de soldats hnvarois placés chez M. le sous-préfet à titre d'execuiion militaire, pour refus d'optempérer à une réquisition en nature frappée sur la ville d'Orléans par les cbe£& de ladite armée, et évaluée de 3 à 4oOyOOO fr.

« J ai Thouneur d être, etc., etc.

Copie de la rcquùition d'habUlcment , équipement , etc., eU\ , faite par les chefs de Formée bavaroise ^ et refusée par M. de Kermeiec.

5520 paires de souliers.

1450 paires de bottes ordinaires.

20 pnircs de bottrs pour les dragons.

3800 paires de semelles coraplètes.

700 aunes de Berlin, de drap blen-cîel. 1200 aunes de Berlin, de drap bleu ordinaire. 960 aunes de Berlin , de drap gris.

100 ames de Borlin, de drap noir.

50 aunes de Beriio, de diap vert.

50 aunes de Berlin, de drap rouge.

30 aunes de Berlin, de drap blanc.

6200 aunes de toile grise.

15100 pairrs de fers pour les chevaux, 120800 paires de clous pour les fers des chevaux.

900 paires de pantalons avec du cuir, pour la cavalerie. 100 peaux (le cuir noir brillant.

30 Wres de peaux de veanz.

8 boiB de sàles»

120 élctlles.

120 brosses à chevaux* 120 peignes à chevaux.

120 couvertures pour chevaux.

300 aunes de sangles pour surfaix.

60 livres de graisse pour le cuir.

Le commiiHm du corps d'armée baparaù€p

Baron de Rkistees.

Orléans Je 1 1 aoât 1815.

septembre iBiS, — M. le préfet du Loiret annonce^ par une circulaire adressée à ses administrés, son retour à Orléans n le résultat de son TOja^ à Paris, pour réclamer contre de nouvelles chaires qu on voulait leur imposer; cette droulaire , afGchée et publiée dans tout le département, portait ce qui suit :

Le comeiller dEtat^ préfet du Lainêp à eee administrée*

Habitans du I^iret ,

Les événemens m'ont forcé une seconde fois à m'éloicner de vousj mon premier soin a été de me rendre auprès du roi, de peindre aux ministres vos peines, vos malheurs et les nouvelles charges qu'on voulait vous imposer; un arrangement a été signé : la nourriture seule des troupes restera charge départementale ; tout autre réquisition est nulle, et ne peut avoir de suite.

Mais, pour assurer cet heureux résultat, il faut quej*aie encore recours à votre patriotisme ; il faut que, par votre zèle et votre empressement a vous acquitter Je vos impôts, vous donniez à votre roi les moyens de remplir les engagemens qu'il a pris pour alléger vos maux: vous fournir une occasion de prouver votre attachement au roi , c'est, j'en suis certain, vous faire en quelque sorte plaisir ; aucun sacrifice pour ce but ne vous coûtera, et c'est dans cette conviction que j*aicru devoir vous donner cet avis, persuadé que vous répondrez à cet appel de votre magistral et à la confiance qu'a le roi dans votre devouenieut.

MM. les sous-préfets, les maires , les directeurs et chefs d'administrations , les receveurs généraux et particuliers, les payeurs, et généralement tous les agens de l'adminis- Uation^ doivent reprendre de suite toutes leurs foQCtioaS|

comme par le passe , et ne recevoir de direciion que de iadminislmlion frao^ise.

Ijâ conseiller dtEtat^ préfet du Loiret^ Baron de Tallethard. (3.)

Depuishuit joursles chefs des troupes bavaroises avaient suspendu tou^ les fonctionnaires publics , et ils administraient le département au nom. du roi de Bavière.

9 septembre i8i5. — M. le comte de Tristan est nommé sous-préfet d*Orléans, en remplacement de Rerroelec, passe à la sous-préfecttire de Savenay.

A cette époque , M. de Tristan , membre de plusieurs sociétés savantes , avait déjà publié les ouvrages ci-après : i8o!i. Mémoire sur les sources du Loiret. 1804. Mémoire sur les bulbes.

1808. Notice sur un crustacé renfermé dans quelques

schistes.

1809. Mémoire sur quelques insectes crustacés trouvé»

sur les cdtes du Poitou.

i8io* ménoire sur levure Pinus de Linnée; Mémoire sur le Pinguicula Lusitanica ; Mémoire sur la si* tuation botanique de TOrléanais et sur les ca« lactères de la Flore orléanaisej Note sur la géo* logie du Gatinais ; Mémoire sur les aigrettes des fleurs composées et sur les caractères du genre Zinnia.

181 1. Mémoire sur les affinités du genre réséda : ce mémoire a été cité plusieurs fois par le célèbre botaniste anglais R. Brown, qui adonné le nom de Tristania à un ge nre d*arbre de la Nouvelle-Hollande; Note sur une maladie du pin maritime; Mémoire sur les anomalies que présentent certains lichens; Note sur une monstruosité du saule Marsaule.

i8ia. Observation sur la foliation des pins, etsurl'uredo qui attaque les pins maritimes.

i8iS. Mémoire sur les développemens des bou]ng;eons; Mémoire sur les organes caulinaires des asperges.

M. de Coucy, de Paris, secrétaire particulier del'ei^ roi de Naples (Muraty beau-frère de Napoléon, qui venait d'être fusillé), passe par Orléans et descend à rhotel de la Boule^d'Or, rue des Minimes; mais à peine est-il sorti de la voiture, qu'il est placé entre les mains de la police secrète delà ville; des espions sont mis à ses trousses. Ce jeune homme, amateur de musique et de pyrotechnie, passait son temps à jouer du violon et à fiure des fusées volantes et des pétards; ce qjui intrigua tellement les surveillans de ses actions , qu'un d*eux eut l'imprudence de se faire découvrir maladroitement) en l'approchant de si près, ue ce jeune homme élaily en notre pféseneei sur le point e lui passer son «pée au ferarers du corps, si nous ne noua fussions pas mia entre eux deux. (77.)

9 septembre i8i5.

Arrêté du préfet^ relut if a la subsistance des troupes alliées encore dans la partie nord-est du département.

Le préfet du Loiret, oonaaller, ete*,

Considérant que la nécesntë de pourvoir à la subsistance des troupes alliées , encore cantonnées dans le département du Loiret, est une charge pour tout le dépar* tement, *

Arrête qu'il sera de suite nus en recouvrement, è titrede réquintion,6o centimes par franc, additionnels au rôle des contributions personnelle et mobilière , de celle des portes et fenêtres, et celle des patentes de Tannée 181 5, et que le tout soit acquitté dans trente-cinq jours au plus tard, et par quart.

Baron de TAUATaAHD, préfet.

\o septembre i8i5. — Etablissement d une missiuii à Orléans: distribution d nu recueil de Cantujues spirituels et d'une notice sur la Confi^régatioii établie dans cette ville pendant la tlur^îe de ladite mission , imprimée chei llou- /eau-Montaut , Iniprimeur du roi, deievèchéet de la mairie, rue royale, n° ^8.

Ce lui [«our la première fois (|ue M. I\Qu/.eau - Moutaut prit le titi e d'imprinieur du ilui.

Il y eul a cette époque a. Orléans un pharmacien (^ui fit

peindre ce titre en lettres dor sur son enseigne; il fit placer, au-dessus de cette enseigne, deux tableaux qui représentaient des lis dans des pots de fiûence ; on y voyait dâian|^6s avec ceintures blanches , qui, en voltîgeaiit f ré» pandaient de Teau pour ks arroter* (7-76.)

to septembre iSi5* — Ordonnance ro^Ie aui désigne la gendarmerie du Loiret pour fiiire partie de la première inspection de la deuxième légion y second escadron, divisée en quatre brigades , Oriéins , HontagiSi Pithiviers et Gien. (4.)

\Z septembre 181 5. — Les trois frères Carron, dont 1 un avait été le secrétaire du sieur Bonnemain , trésorier de l'ex-garde impériale , sont arrêtés à Orléans , comme ils descendaient de voiture aux Trois-Maures, hôtel situé sur le Martroi j ces trois prpcrits f urent reconduits de suite à Paris, d'où ils arrivaient, par ordre de la police générale j le plus jeune de ces frères aTait enTÎron quatorze ans. (4*)

ao sepiemhre i8i5. — M. le préfet du Loiret^ par une circttlaiîre imprfanëe et affichée , remensie les éledeurs dVrIéans de Tawir nommé à ki cbambre des députés , leur lait part de son absencei et les prévient qu'il a imoisi le doyen des conseillers depréfecture^ M, RabeHeau.poiir le remplacer pendant tout te temps de son séjour à rais.

MiipMlieiaiS.

Copie dune affiche incendiaire trouvée collée sur lea murs

de la ville d Orléans,

« Vive à jamais lempereur des Français! la famille « royale est indigne de yivre 1 sojous donc le soutien du » fier Napoléon T ■

« Eglise, Louis XVIII à pendre, la graissedes Bourbons • pour éclairer le retour de Napoléon. »

Pour copie conforme: trouvée ce jour, 26 septembrCi afiicliée sur les murs d'une rue de la ville.

CaiGNOR-D^ORMEAux, maire.

i^' octobre iSib. — Ia ville d'Orléans , oim que la ooniRiune, «ont divisées en trois purlâes de peroeptioD des contributions, savoir :

M. Geffrier-Desiles, percepteur.

L'arrondissement de la première division comprend !a partie nord-est de la ville, limitée par le Martroî, les rues Bannier, Barillerie, de l'Aiguillehe, Porte-Dunoise, Pomrae-de-Pin, l'Ornierie, St-Sauveur,St-Liphard, Villeneuve, Bourgogne , les remparts St-£uverte et le mail, plus le faubourg St-Marceau.

a^ Dwision*

M» Victor Geffrier, percepteur*

La seconde division oomraend la partie nord-ouest de la ville , limitée par la rue Dannier jus^^au Blartnii , les rues Barillerie , de l'Aiguillerie, Favene, du Taboure, le Petit-Marché I la rue des Carmes , la rue Porte-St4ean jusqu'à la porte, et le rempart jusqu'à la porte Bannier,

iilus les faubourgs Bannier , St-Jean , St-Laurent , M adeeine, Bourgogne et St*Vinoent.

M. Duhergier, percepteur.

La troisième division comprend la partie méridionale, limitée par !a porte Bourgogne, les rues Bourgogne, Villeneuve, Sl-Liptiard, St-Sauveur, Ormerie , Pomme-de-Pin, Porte-Dunoise, les rues Faverie, du Tabonrg, le Petit- Marché, les rues des Carmes , de la Porle-St-Jean jusqu'à cette porte, et le rempart jusqu'à la grille St-Laurent, tous les quais jusqu a la filature de coton ^ plus le faubourg St- Marc (3.)

ao ocÊohre i8i5. — Il est affiché, dans la commune d*OrlëanS} un imprimé ainsi conçu :

Marie cl Orléans. — Avis*

Le baron , maire d'Orléans , vu l'arrêté de M. Je préfet de ce département, en date du 5 mars dernier, et en conformité de ses lettres des 1 8 et 2^2 de ce mois, donne avis à ses ooncitoyeus , qu'à partir du jour du départ des

troupes fatTarcMses stationnées en cette ville , le service de la place sera lait concurremment entre les citoyens et les militaires ; qu*à dé&ut, par les premiers^ de &ire leur service ou de se faire valablement représenter , les délînquans seront punis, conformément à Tarrdté susdit ^ à la loi, savoir: de a Ir., valeur de deux journées de travail| la première fois; plus des arrêts pour désobéissancci en cas de récidive; ce qui ne les dispenserait, dans aucun cas^ - d'être commandés de nouveau sans intervalle. Fait en l'hôtel de la mairie, le ao octobre 1 8 1 5.

GaiGNoa-DBSORMBiLvz, maire»

22 octobre i8i5. — Départ des troupes bavaroises d'Orléans, après une résidence de deux mois et dix jours.

Relevé des dépenses jaitcs par les troupes bavaroises pendant

teur séjour h Oriéans.

5915 fers à cheval à (iO cent, le fer 3,549 »

31512 clous pesant 372 liv. 1/2 à 65 £i. le cent. 242 12

400 eloas de Milfier. 2 »

100 clous à emballer. 1 »

2 barres de fer pesant 160k*^% à ^4 fir. les

100 kilos ^ 102 40

165 livres de crin à I fr. ôO cent. 247 50

3Î72 b'vres de cuirs divers 6,070 45

3Û0 paires de semelles 780 »

32 mètres de grosse toile. « 50 »

2065 moiceaux de Lerre de pipe 37 40

106 livres de cire à giberne 831 67

5 tombereaux de diarbon de,terre 202 50

48 livres de ficelle.» 77 »

240 boucles de fer. ^ • 10 »

91 G veltes 1/2 d*eau-de-vie 8,857 08

'2005 kilos de tnbac fourni parla régie. ••••• 13,460 »>

Draps divers pour l'hnbiUement 1,753 30

Impressions et fournitures de bureau. « 734 70

Cuillers, fourchettes , chandeliers , etc., etc 132 20

Ustensiles d*écurie, éponges, peignes, etc..*, . 758 60

Timbre gravé pour Tétat-major. • 65 »

Peinture pour Vartillerie • . • 710 »

Repassage des tranchets et couteaux 6 »

J reporter 38,179 92

Digitizeo lj

hcport 38,179 92

Savon et graisse 1G4 80

Bougies. 82 50

Huile d*oliye 150 »

Côavertures de laîne* 4,514 »

Toile de Açon 1,447 20

Planches pour beraques • 4,525 09

Vins ordinnires, justifié par vingt mémoires. . . . 26^871 20 Dépenses diverses chez les traiL* ars, aubergistes,

cafetiers, par mémf;ircs justificatifs 12,825 g6

Journées de cordomuers, pour bottes et souliers. 6,850 45

Journées de cordonniers cnez les maîtres 531 50

Journéesdeoordonmersetfotirnitttres de cuirs.. « 1,403 70

Journées de sdfiers. • 531 »

Fournitures diverses Êdtes par les selliers de la ville. 1 ,500 » Fournitures diverses fidtes par les cordonniers de

la ville 2,009 »

Fournitures diverses £iites par les charrons de la

ville 1,507 »

LarousM , luthici poun accommodace d*inslrumen8 78 75

Pécantm, pour réparatious d'aimea. 1,100 70

Merceries diverses. 195 »

Médicanieiis ches les pharmaciens^ •••« 300 »

Hatbîeuy j^ur toile à paillasses et oreillers 1,447 40

Artistes vétérinaires • . . 400 »

Voitures et conducteurs requis de force. 351 »

ToTiu. des fournitures 106,966 17

Relevé des dépenses faites par les troupes étrangères pendant

leur présence à Orléans*

Armrp prussienne. •••••• 1,734,982 06

Armée bavaroise. 106,966 1 7

ToTAt. 1,841,948 23

Un miltion huit cent quarante et un mille neuf cent quarante-huit francs vingt-trois centimes, non compris le tom^ la paille, le son et Favoine, dont nous n'avons trouvd que les fournitures sans en connaître le prix.

Ajoutez à toutes ces dépenses celles qui furent faites par les habitans qui, pendant plusieurs jours , ont nourri à leurs frais ces étrangers, lesquels ont, pour prix de tous

ces sftcrificeSi insulté, frappé et volé les faabitans du départemeiiti sans distînclion de ceux qui les maudissaienl d'avec ceux qui les aTatent demanda» Parmi ces dernîeis» on cite M. le comte de qui avait invité plusieurs che& prussiens à un mnd dîner donné à sa campagoe, située sur les bords de m Loire, près Orléans, en réjouissance de rentrée des alliés en France et de leur présence à Orléans.

Placé entre deux de ces messieurs, il fit les honneurs avec une affabilité et une grâce remarquables. Pendant le repas un grand nombre de toasts furent portés aux souverains alliés, au roi de France, etc., etc.

Au moment du dessert, alors que la gaîté la plus bruyante animait les convives , l'offiici^îr placé à la droite de M. le comte de *** demanda 1 heure qu'il était. Ce dernier tire avec empressement sa montre et la présente au demandeur, lequel, saisissant ce bijou parla chaîne en or, garnie de breloques du même métal, se mità la tourner et retourner avec satisfaction , en disant dans son mauvais langage : <9/ 6! il est piencholic la hetite horloge^ chc feux V emboî ter dans le bays a moi bour le soujenir le fous ^ OUI, oui, leaoufenlr de foui^ et en même temps il met la montre dans son gousset,

Uofficier de gauche ayant vu Tescamotage de son camarade, et l'exemple étant bon à suivre^ il met la main sur la tabatière en or que IVf. le comte avait, par ostentation, laissée sur la table dès le commencement du repas, et prenant une prise de tabac en examinant f objet avec convoi* tise, il dit textuellement : « Le betit covre il est pien peau, ot moi aussi che feux afoir guelgue chose à fous bour tonner à matante, àPerlin, » et en prenant affectueusement la mdndu possesseur, il ajouta : « C'est la folonté à fous , c^est bour matame , à Perliu ; elle sera peaucoup condende, » et au même instant le petit coffire passa dans la poche de Thonnéte étranger.

Le repas fini, les convives se levèrent tumultueusement en fredonnant des airs allemands pour passer au jardin, prendre le café et la liqueur, à la santé de M. le comte de qui, étourdi de ce qui venait de lui arriver, n*osa pas ouvrir la bouche pour réclamer ses bijoux, et eut

mènm la boiiiionimie de rire de l'ayenture qui venait d'arriver au salon.

Le soir, sesdoniesliques lui rapportèrent que les valets de MM. les alliés nvnient aussi escamoté de leurcAtë^et que plusieurs couverts en argent qui avaient servi ne se retrouvaient plus.

C'est à cette époque que l'on chanta à Orléans ^ comme par toute la France» une chanson populaire dont voici le premier couplet :

Bon verrage»

Nos chers amis, 11 en est temps, pliez, pUea bagage,

Bon voyage,

Nos chers amis.

Allez vous-eii, vous nous l'avez pioiuis. Pour pous punir d'avoir su nous défendre, Vous avec pris si bien tous nos bijoux, Que maintenant il ne vous reste à prendre Que les chemins qui conduisent ches vous.

Bon voyage, eta

23 octobre i8if». — Commencement des travaux pour le rétablissement du pont ti'Orléans , dans les piles et les voûtes duquel on avajt fait, au sud, des fougasses pour le faire sauter; les réparations mirent à découvert les voûtes creuses et en lui nie de caves, dont la construction avait été ordonnée, en 1^55, par ringt nieur en chef Hupeau, afin d'alléger la maçonnerie qui s eîait affaissée.

Descendu avec peine dans ces Yoù les , pour en examiner l'intérieur, nous les avons trouvées aussi belles, aussi fraîches que si elles venaient d'être terminées ; le carrelis, fait de grandes dalles de pierre dure, forment au centre une rigole pour l'écoulement des eaux pluviales qui

I>ourraienty pénétrer par le haut, ou pour celles duiieuve ors des grandes crues.

A la même époque , le pavage du pont fut rétabli, les palissades, les madriers et les sacs à terre qui avaient sei vi à la construction d'une téte de pont du côté du Poriei eau, sont enlevés et la circulation est rétablie sur les deux rives; ce qui fit dire atnt Orléanais qui se rendaient sur la gauche du fleuve ; Alions en France^ voir nos compatriotes !

car tout le temps que leur ville lut occupée par les Prussiens et les Bavarrois, ib se considéraient comme en pays étranger. (76-77.)

novembre i8i5. — Ordonnance royale portant la réorganisation de toutes les gardes nationales de France*

Formation de ta garde nationale d'Orléans, d'après an scrutin ëpuraioire et les renseignemens les plus minutieux sur les opinions individuelles de chacun des chefe ci-après :

Le duc de Civrac , maréchal de camp, inspecteur des Hardes nationales du département du Loiret.

EtauMafoK

M. de Bizcmont (Adrien), chef de légion ; Deloynes de Milbcrt, de Billy, chefs de bataillon j Boulet, Raimhault- Desroclu s, aides-majors ; Auvray-Fedou, N. Fecîiiu aîné, adjudans majors ; Jourdan (Alexandre), quartier-maître; Piuzt Daguet, porte-drapeau jHersant-Grelet, Champion- Marteau, adjuclants-sous-officiers; Coignet-Rondonneau, chef de musique; Payen, Lhuillier-Bidault, chirurgiens.

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