INFANTERIE. — I*' BATAILLON
Grenadiers.
Olivier de Maisonneuvei capitaine; Albin Grignon, lieutenant; Papin-Mouton , i®' sous-lîeu tenant; Prévost-Geffrier, sous-lieutenant; Uubert-Pelletiery sergent-major; Héme-Viennery, fourrier.
Chasêeun» — t'^ compagnie^
N. Duhoulay-Desfîrancs , capitaine; Desfrancs aîné, lieutenant; Lochon-Grivot, sous-lieutenant; Tassin de Beaumont, a* sous-lieutenant ; Boisdron-Pichon , sergent» major; Bacbou-Blenet, fourrier.
Chasseurs. — 2^ compagnie.
S[iiiite-31;ine aîiie, capitaine; Malmiisse-Noras , lieutenant; Jourdan -ArgLiii t , i**" sous-licuienant; Baguenault (Charles), 2* sous - lieutenant ; Simon Daviot, sergentmajor; Loriou-Favisy fourrier*
Chasseurs^ 3^ eampoffw.
Foreber^llirétien, capitaine ; Moaton*PaiHn) lieatenant$
Demadières-Séguy, i'*' sous-lieutenant; Ganoon-MiroD, 2^ sous-lieutenant^ Franchetem, sergent-major; Laanetu de Latingy, fourrier.
9* B4TAlUiOIf •
Grenadiers,
Noury , capitaine j Daiuon (Auguste), lieutenant; Vignat-LaborcIe, i*"*" sous-lieiitennnt ; Deloyiirs de Gautray, 2^ SOU S- lieu tenant; Leiioux, sergeul-major; Bardon (Fros* per), iburrier.
Chasseurs, — i'* compagne.
De Gargilesse, capitaine ; N. Delojnesde Gautray, lieutenant; Lorrini i*' sous -lieutenant; Geffrier-Hubert | 3* sous-Ueutenant ; fieanard, notaire, sergent-major ; Pelierin» fourrier.
Chasseurs. — a*^ compagnie.
Michel-Morand y capitaine ; de Mauléon , lieutenant; Piyvé-Gable, i^' sous-lieutenant; Grenonillet-Pilté , a* sous-lieutenant; Dubreuil-Gailard , sergeot-major ; Deloynes, fourrier,
Chassêuts, 3* compagnie,
Hênie-Lemointî , capitaine; Maingre de Noras , lieutenant; Buulland fils, i^'^ sous-lieutenant; Dcquuy-Gaulier,
sous-lie uLcnant; Breton-Delanoc, sergent-major^ Porcher (Nicolas), fourrier.
Canonniers'Pompiers,
Pillé-Grenet, capitaine ; Damault^Maurant, lieutenant; Delpechi soufr>lieutenant; Grison ^ a* sotts«iieutenant ; Goisbault, sergent-major ; Henry , fourrier.
CÀYALËEIE.
De Cainbray , chef d^escadron , commandant ; N. Edouard de Guéret, aide-mnjor; Boulard-Deslandes , adjudant-sous-ofEciers; LouetrMainyiàlei porle-étendard.
!*• compagnie.
Desoiineaux-Crignon , capitaine; de Brouville iils , i**^ lieutenant; Lhuillier de Touchaillou, a^ lieutenant;
Mignon-BIainvilIdyTaflfliii deCharsonville, niaréchaux-Ueslogis.
a* compagnie.
De Hallot, capitaine ; Ci ignon de Mohtigny, Ueutenani; de Lockard, sous-lieutenaiit ; i5aguenaiilt de Viéville père, sous-lieutenant; Geffrier de Pully, Sanscot, maréchauides-logis.
A l'occasion de la nouTelle formation de oette garde nationale» il fut composé, et chanté par lea auteun^ lei deux chansons ci-apres:
A LA OAEDZ KATIONALS d'oELÉAVS U>K8 DB SA rOBMATlOS. A» t Brûlai dPanow «( partait pow U gocm,
Obi^vais, Garde Nationale, D'an bon aeoord formons nos batailloiis j llo^ons-nous sur notre capitale Pour soutenir le trône et les.BouRBOiis.
Louis et la Patrie î
Que ce cri nous rallio ; Armons dos bras pour maintenir l.t paix , C'est ie devoir de tous les bous Ir aucais.
Soyons remplb d'nne juste allégresse , Prétons serment, engageons notre foi,
Et jurons tous de surveiller sans cesse Les noirs projets des ennemis da Roi.
Louis , etc.
Ah ! s'il en est que ce serment afBige, Que pour jamais ils évitent nos rangs ^ L'honneur le veut et le devoir exige Que nous ayons les mêmes sentiments.
Louis , etc.
Le gaide foible , et non point infidèle, Pent se ranger sous nos brillants drapeans; Nous ne donnons le nom de vrai rebelle Qo*à Tennemi de notre doux repos»
Louis, etc.
HvHAiriTtfl reviens dans notre «site, Assez loDg-temps ta VuTtA» déserté î Fais que la France aujourd'hui plus tranquille Jouisse en paix de sa félicité I Louis y etc.
Soldats Français , vous êtes tous nos frères,
Soyez d'accord, avec nous réunis.
De nos IJoTTRBONs soyons amis sincères, jNous bravei cas toujours nos ennemis.
Louis , etc.
Vous cavaliers de notre noble Garde, Vous grenadiers, canonniers et chasseurs^ En reprenant notre antique cocarde, Que ce refram parte datons les cœurs.
Louis et la Patrie I
Que ce cri nous rallie , etc.
(Pkr un chatMw 4e la garde NatioMle de ia compagiue dtt 2* bataillon, deor BmmiMr» pemtqnter),
CHANSON D£à GAN01fNIBBS>GAIU>ES KATIONAUX. Air noaveaa.
Français, plus de cris de guerre,
La fatale ambition,
Assez loog-temps sur la terre ,
Patapan , rapatapon ,
A fait ronfler îe canon.
Pensons à chanter et boire,
Et pour une vaine gloire ,
Ne tirons pas les canons ,
Que les bons
Des bouchons , Soient notre seul bruit de guerre , I r vidons les flacons, A la santé des Bourbons.
Entrf rions plus de vengeance, Et si qîiel(|ii( s fnctions Viennent eticor trciibler la France , TaUpaii, lap.itapons, Faîsons^ronfler les canons.
Mais, si dans ces jours prospères , Tous les Français sont des frères , Ne tirons pas les canons j Que les bons etc.
Si queique Do Roii|Be
lyiaDatapoas»
Faisons ronfler les canons.
Mûfty si dans la France entière , L'on bénit un si bon père; Jîe tirons pas les canons.
Que les bons etc.
Si, jalouse de la France »
Jamais quelque Nation , Veut lui ravir sa puisiaooe»
Patapan , rapaUpon , Faisons rentier le canon.
Mais, si la fureur guerrière Respecte notre bMiMiMwnCf Ne tirons pas ks canons.
Que les bons
Des bouchons , Soient notre seul bruit de Et vidons les flacons , A la santé des Bouiboms.
(Ckmtf
4 novembre iBi5. — Le foî I^n» XVIII, par lettres patentes, réublit les anciennes armes de la ville d'Orléans, tout en conservant cependant quelqoes signes de celles données par Napoléon.
A trois cœurs de lis d'argent, au chef cousu d*azur chargé de trois fleurs de lis d'or ou de France, ayant pour support une Jeanne-d' Arc armée à dextre,et l'Abondance
à senestre; elles étaient crénelées et surmontées de drapeaux au milieu desquels se trouvait une ëpée antique soutenant sur sa pointe un casque. (4.)
i5 novembre i8i5, — Son excellence le comte Viennot de YaublaDO, ministre de rintérieur, par son arrêté de ce 101», a décerne des médailles d'encouragement à MM, Lanoix père, médecin à Orléans, Isabeau, chirurgien à Gien, et Pellieux, médecin à Beaugency , pour leur zèle à propager la vaccine dans le département du Loiret. (76.77.)
— Epoque des épurations les plus rigoureuses pour cause d opinion , faites daus les bureaux des diverses administrations d Orléans.
iS QovenilHre 1815.
SIGHBS PROSCRITS.
Extrait du regist re des arrêtés du conseiller d Etat ^préfet
du département du Loiret^
Le conseiller d*£tat, j^n£et du Loiret , Vu sa lettre du i5jum 18 14» ordonnant la de des drapeaux portant les emblèmes de la révuluiiuu et notamment ceux du dernier gouvernement ;
Considérant que dans la plupart des communes ces divers objets ont été conservés, et que cW' à cet oubli du devoir imposé aux maires que Ton doit attribuer la promptitude avec laquelle on a arboré les signes de la rébellion^ lors de l'invasion de l'usurpateur ; Arrête :
Art. i^* Tous les drapeaux et emblèmes de la révolution , notamment ceux relatifs au dernier gouvernement existant dans les diverses communes du département, seront, à la diligence des maires et adjoints, sous leurresponsabtlité personnelle et celle des membres des conseils municipaux , remis au sous-préfet de chaque arrondissement avant le 10 décembre au plus tard.
Seront également remis dans le même délai au souspréfet de chaque arrondissement ^ tous les timbres humi-
des ou secs employés dans chaque commune, sous les divers gouvernemens révolutionnaires, et notamment sous Je dernier.
Art. 2. L'allégalion de la iiou existence des objets désignés en l'article ci-dessus ne sera atluiise qu autant qu'elle sera appuyée d une déclaraiion arrêtée en conseil municipal , signée par tous les ni« mbres qui en font actuellement partie et par ie niiiire ci les adjoints.
Les conseils municipaux pouiront être rcunis parle maire pour délibérer à cet égard sans autre autorisation.
Art. 3. Les maires qui ne feiont point, avant ie lo décembre prochain, la leuiise des signes dont il s'agit, et les maires el adjuinis et les membres des conseils municipaux qui auront, iaiL une fausse déclaration, pourront être poursuivis comme coupables des délits contre la siureté de 1 Rtat et contre Fautorité royale , spéciliés par la loi du y novembre.
Art. 4- Les sous-préfets donneront aux maires un reçu des objets qui leur auront été remis; ils enverront les objets avec Tétat qu'ils en auront dressé , au préfet, le i5 décembre au plus tard.
Tous les signes dont il s'agit seront détruits.
Art. 5. Les sous-préfets enverront des commissaires spéciaux chez les maires en retard de remettre les objets spécifiés en l'article ci^dessus , ou de fournir la déclaration prescrite par Tart. a.
Ces commissaires seront aux frais des maires, conformément à notre arrêté du 24 août i8i4>
Art. 6. Les sous^préfets et les maires sont chargés, sous leur responsabilité personnelle, de faire disparaître tous les signes et emblèmes ostensibles rappelant les divers gouvernemens de la révolution : dans le cas où l'enlèvement prescrit ci-dessus exi£;eraît des travaux extraordinaires y les maires en feront leur rapport aux sous-préfets, qui nous en référeront^ s'il y a Keu.
Pour 1 al)sence de M. le conseiller d'Etat, préfet
du Loiret :
Le conseiller de préfecture^ délégué^
BABB1.USA1I,
a3 nommhre 18 1 5. — Le roi, par une ordonnance, rre'e des compao^nies départementales : elles se (Hstinguent en cinq classes : pour le régime inu i ienr , elle s sont soumises à rautorite immédiate de les |>i t iets; ces magistrats
exercent s!ir les oflGciers , sous - otiiciers et soldats la même antoi lté et les mêmes droits que MM. les colonels, sans qu'ils puissent néanmoins porter aucun e marque distinctive de ce grade.
La compagnie du département, qui renipiace celle qui avait existé sous la dénomination de compagnie de ré serve, est forte de 60 hommes, officiers compris, appartient a la 4*^ classe, et est casernée à la maison dite des Buttes, prèsTHopital-Général. (3.)
24 nouemhre i8i5. — M. de Gazes , mÎDÎstre de la police générale de France , pravient les autorités d'Orléans
Î[u'elles aient à arrêter le nommé Constant Desjardins, dît a Rosière, artiste musicien, comme suspect dans ses propos et ses opinions contraires à l'autorité du roi ; ce chanteur proscrit est arrêté par les espions d'Orléans, comme it dînait à l'hôtel du Lion-d' Argent. (4-77O
25 novembre 181 5. — Le vicomte Puyraveau , ex- lieutenant de la police de Marseille, étant proscrit, est sii;r»alé à la police d Orléans, pour être .n rèté à son pnssat^e dans cette ville , et envoyé de suite à Paris sous bonne et siire garde, ce qui eut lieu deux jours après, sans qu il soit descendu de voiture pour dîner à Orléans, tant la police d'alors était rigoureusement exercée. (4*770
27 noîfembre i8i5. — Par ordre du maire, la girouette aux trois couleurs qui avait été mise sur la pointe du clocher de la cathédrale d'Orléans, à la place du bonnet rouge qu'on y avait posé en 179a , est descendue et remplacée par une grande croix dorée, comme avant la révolution. Dans ce travail, l'architecte fit tendre une corde de l'extrémité du clocher à la tour nord de l'édifice, pour consolider autant que possible les charpentes supérieures, dont les oscillations, par les grands vents, rendaient réchaftaudage périlleux. La girouette de la tour de ville, qui était tricolore, fut peinte en blanc.
i6 décembre i8i5. — Proclamatiofi (îii maire d'OrléaiiSj publiée aux prùues dans les églises, plarardée et afBchée par toutes les mes et places, pour engager les habitans à venir déposer à la mairie les signes , gravures , cachets, bustes, poi Liaits , etc., etc., qui auraient quelques rapports à Napoléon, à sa famille et à son gouvernement.
MAIRIE D OALEAMS. SIGNES PAOSCHITS.
Le Maire d'Orléans 9 Vu Tarrété de M. le conseiller d*£lat , préfet de ce département, en date du i5 novembre dernier , concernant les signes et emblèmes de la révolution , et notamment ceux du dernier gouvernement ;
Vu également sa lettre du i a de ce mois, par laquelle , il lui fiût part de quelcpies observations de Son Excellence le ministre de la police générale (de Gazes), relatives au même objet ;
Considérant que la conservaLio[i de ces signes et emblèmes, ainsi que des poi traits et bustes de l usurpateur, qui peuvent encore exister dans les édifices ou établisse* mens publics, quoique dérobés à tous les regards, n*cn est pas moins un scandale qui peut eruretenir les espérances criminelles des ennemis du gouvernemeuL, servir de prétexte aux machinations perfides des malveillans, et d*alinieuta 1 esprit de parti ;
Considérant, enfin, que les mêmes raisons peuvent exister pour les bustes , portraits ou gravures qui sont entre les mains des particuliers ;
Arrête :
Art. 1^. Tous les cbefii d administrations , d^éubiisae* mens ou édifices publics , sont invités à déposer au secrétariat de ht mairie I avant le a5 de ce mois , tous les portraits, bustes et autres signes qui ont rapport au gouver^ nement de Tusurpateur Bonaparte y et qui seraient restés entre leurs mains.
Art. 9. Il est enjoint à tous les marchands de gravures ou estampes, à tous les plâtriers ou modeteursi de déposer au même bureau tous les portraits, gravures , bustes
quils peuvent avoir, ainsi que les planches^ moules ou modèles servant à la fabrication desdits objets*
Art* 3. Il est paiement enjoint à tous imprimears» li*braîres et fiibricans ou macohands de dominoteriei de déposer les armoieries polytjpées , vignettes, planches ^ poinçons, ayant les attributs de la révolution ou du dernier gouvernement y ainsi que les matrices des portraits, écussons de Bonaparte et de sa famille.
Art. 4* Même injonction est fiiite aux marchands de tableaux, cocardes, bouton.«, etc., etc.
Art. 5. Tous }e$ libraires, imprimeurs et marchands de Hvres seront tenus, aussitôt après la publication du présent, de faire cartonner dans tous les exemplaires qui leur sont restés du Catéchisme à Tusage des églises de France, le chapitre consacré aux devoirs et à rattachement alors ordonnés envers Napoléon.
Messieurs les maîtres de pensions et cheft d'institutions sont invités « sous leur responsabilité personnelle, à en &ire de même sur tous cenx qu'ils ont entre les mains, ou qni sont dons celles de leurs élèves.
Art. 6. Tous ceux qui, à Tépoque ci-dessus (2 5 courant) n'auraient pas remis les objets détaillés aux arilcles précedens , et ne se seraient pas conformés à larticle 5, seront surveillés par la police d'une manière toute parùculière.
Art. 7. Par les mêmes motifs (|iie ceux exposés ci-dessus, le luaire d'Orléans, connaissant le bon esprit qui anime les habitans de cette ville, et les sentimens d'attachement et tle (JévouenieriL a leur roi légitime, dont ils ont constamment donné des preuves, les invite à répondre aux. vues du gouvernement en reinellant eux-mêmes, au susdit dépôt , tous les si*»nes et objets qu'ils peuvent avoir conservés, qui retracent le souvenir des maux que nous avons souflei ts, et que notrc^ bon roi, dans sa sollicitude paternelle, prend tous le^ inojeus de nous faire oublier.
Art. 8. 11 croit devoir prévenir ses administrés que, s'il sen trouvait parnn eux qui fussent assez opposes à leurs intérêts pour conserver à dessein , et avec des intentions
perfides, les objets ci -dessus, et dont il pourrait avoir connaissance, soit|par les vbites qu'il pourra làîre faire, ou par toute autre Toie , il ne balancera pas , dans ce cas, h leur parler le langage de l'autorité et à prendre contre eux telles mesures que de droit.
Le baron GBiGNOH-DiisORiiEAm, maire.
ly décembre i8i5. — Le matin un imprimé séditieux, écrit par un napoleouiste , est trouve affiché dans plusieurs rués d'Orléans, et même sur la porlc âe Tliùtel de la mairie; ce placard, dont on ne put découvrir l auteur, malgré lesfechercheâ de la police, portait mot à motcequi suit :
Article supplémentaire à la proclamation du maire.
« Le maire , Grignon-Désormeaux , ex*baron de l'empire, n'a pas cm devoir mettre au rang des signes proa* crits les pièces de monnaie à*ot et d'argent, quoiqu'elles soient les plus recherchées , les plus caciiées et celles ipii
Ï présentent, d'une manière plus frappante , les traits de 'usurpateur Bonaparte , attendu qu'il sait pertinemmei^t, qu'après l'occupation de la ville par les chers aUiéS| le pil« lage fiait par ces étrangers, la contribution de guerre de 600,000 ir. donnée à leurchef, l'impôt forcé de 1,980,000 f, le paiement des contributions ordinaires de 2,868,176 fr«, les centimes additionnek, de plus ceux levés par le préfet de Talleyrand, etc., etc., il y a peu de ces signes séditieux entre les mains de ses administrés; d'ailleurs^ que le gouvernement peut, d'un seul coup, c'est-à-dire par le moyen d'une ordonnance assaisonnée de petites menaces de saisie, degamisaires ou d'exécution militaire, enlever, à son bon plaisir, le peu de ces signes argentins et proscrits qui reste encore en petit nombre dans les poches des Orléanais, ses chers, ses fidèles sujets quand bien même. » (76.)
2,0 décembre i8i5. — Ordonnance royale relative à la luruiulioii des cours prévôtales dans le royaume, destinées à juger sans appel tous les délits politiques: les condamnations étaient exécutées dans les vingt-quatre heures, du prononcé (40
Composition de la courprêpôtale à Orléans*
Président : M. Miron de l'Espinay, me Royale, n** 89.
Grand prévôt : M. le baron cTOberlia de Mittersback) colonel, rue des Carmélites, n° 6.
Juges : MM. Baschet-Conipain , rue des Carmes, n** 60; Fougeron jeune, rue des Grands Ciseaux» n*' i4î Cabart père, rue d'Escures, n° 5. ^
Assesseur: M. Darotte tiU, rue Baniiici, n° 58,
Procureur du roi : M. Moutier, rue <le Semoy, n° i.
Greffier ; M. Kagu» rue de i Ormerie, u^ 19* (77*)
décembre i8i5*-^ Le ministre de la police générale de France, de Gazes, écrit aux autorités d'Orléans de prendre les plus grandes précautions pour arrêter le di* recleur-général des postes pendant les CentJours, Lava» Jette , qui venait d*étre condamné à mort |^r la cour pré* vdtale de Paris, et qui était parvenu à s échapper par le dévouement héroïque de sa fêmme.
27décciiilirel8âS.
Conseil municipal d^ Orléans»
Le baron maire d'Orléans désirant consigner sur les registres de la mairie les lettres-patentes de confirmation de sa noblesse , et de son titre de baron obtenu de Sa Majesté, pour ses bons et loyaux services dans sa qualité de maire, les a remises pour qu'elles y soient transcrites en entier, afin d'en perpétuer le souvenir.
Fait en l'hôtel de la mairie , le lî j décembre 181 5.
CaiGIIOlC-DfiSORMSAUX.
Lettres- Patentes,
Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre , a tous présens et «î venir, salut.
Sur la demande qui nous a été présentée par notre amé le sieur Anloîne-Édouard Crignon-Désormeaux, né A Orléans, département du Loiret, le vingt-six octobre mil sept cent cinquante-six , maire de la ville d'Orléans, officier de la Légion-d'Uonneur, revêtu du titre de baron ,
par lettres - patentes à lui accordées le neuf septembre ini( huit cent dix, voulant lui donner un témoignage de notre Inenveillanoe et récompenser ses bons et loyaux services, nous lui avons, par notre ordonnance du vinst-deuxno» vembre mil huit cent quinze, accordé rhérédité de son titre de baron, sur quoi ledit Crignon-Désormeaux s*est pourvu par-devant notre garde des sceaux ministre secrétaire-detat au département de la justice, à l'effet d'obtenir nos lettres-patentes nécessaires pour jouir des effets de notre grâce , et sur la présentation à nous faite par notre garde des sceaux, des conclusions de notre commissaire , faisant près de la commission du sceau fonction du ministère public, et de lavis de notre dite commission;
A ces causes, nous avons de notre grâce spéciale, pleine, puissance et autorité royale, rendu et par ces présentes signées de notre main royale, rendons héréditaire dans la fami lie dudit sieur Antoine-Edouard Crignori-Désnrmeaux, à ses enfans et descendans mâles et à naître en légitime mariage et par ordre de progéniture, de prendre et signer ledit titre de baron en tous actes et en tous lieux, tant en jugement que dehors; voulons qu'ils jouissent des rangs et honneurs atiaehés à ce titre de baron , et qu ils soient inscrits comme tels au registre de la commission du sceau.
Voulons aussi qu'ils puissent porter les armoiries et timbres tels qu ils sont figurés et coloriés aux présentes et qui sont dazur à la fasce palée d'or^ et de queues de huit pièces accompagnées en chef dune étoile d argent et en pointe^ d'une ancre du méme^ fécu timàré dum couronne de h a f 071.
Mandons à nos ames et teaux conseillers en notre cour royale d'Orléans, dans l'arrondissement de laquelle ledit Crignon-Désormeaux est domicilié, de publier et enregistrer les présentes après avoir reçu de l impétrant le serment de fidélité à notre personne et obéissance aux lois du royaume , lequel serment sera consigné à la suite tle l'etu'egistr emciil lies lellres-patentes et d'en envoyer copie à n(ktre commission du sceau, car tel est notre bon [ilaisir et vouloir. Afin que ce soit chose ferme et stable a toujours, notre garde des sceaux y a fait apposer, par nos
ordres notre grand sceau ^ en présence de notre commission du sceau.
Donne à Paris , le 23*^ jour de décembre de Tan de grâce i8i5 , et de notre règne le ai^-
Louis.
Par le roi :
LiC garde des sceaux ^ Babbb-Maabois.
Au dos est écrit:
Enregistré à la conuuissiou du sceaU} R. 'ï,^f^ ^i.
La maiire des requêtes seerétain^gènéral du ministre de la justice et du sceau ,
Certifié conforme à loriginal , par nous baron , maire de la ville d'Orléans , les jouri mois et an que dessus,
GaiGifoiv-DBSoaMSAUx , maire.
( Volume des arrêtés du maire, i ^ )
décembre iPi5. — Jugement du tribunal de police correctionnelle d'Orléans, qui condamne à deux ans de prison le sieur Windolf, itigéiiifui" dans le cadastre, et la veuve Riez, rentière: !e premier, pour avoir conservé dans son armoire, et avec mauvaises intentions, sa cocarde tricolore et les aigles brodées aux basques de son habit d'uniforme; la seconde, pour avoir donné à lire à son lavandier une chansou faite en l'honneur de Napoléon et de son fils.
Ces malheureux condamnés furent comluits (îe l'ancien hôlel de ville , rue Ste-Catherine , où siégcitit ce tubunal, jusqu'à la prison des Ursulines, au milieu de deux rangs de torcenés qui semblaient s'être réunis avec inteiiLlunj et qui ne cessèrent, pendant tout le trajet, de les accabler de vociférations et des cris: A la guillotine! à la guillotine les bonapartistes! le tout entrémélé de ceux de vive le Roil vivent les Bourbons l (76*77.)
^ûdecembre i8i5* — - Par ordre da maire, et conformément à son arrêté du 16 présent mois , relatif à la remise des signes proscrits, les sieurs Deloynes, Hersant-Desmares et Gadot-Grammont, commissaires de police, vont faire des
descentes chez les hiiiaires, marchands d estampes et de tableaux, modeleurs, plâtriers, sculpteurs, bouquinistes et autres, pour s'assurer si les bustes, les portraits , les cbiffres ou devises de Napoléon et de sa famille, les armes, les alLi ibuls ou t iiil)lrîiies du gouvernement déchu avaient été remis exactetiirtit au secrétariat de la mairie, avec l'aulon^ation ; si ca iiv i émise n'avait pas été scrupuleuseiiieiit faite, de les rnh ^ ( 1, Ijusci, dechaer, arracher |>artout où ils pourraient les baibir. ^4-7^'77 )
27 décembre 18 15. — Les bâtimeDS de U maison de Si-Charles, au Portereau, après avoir été couTCOt de iilles, prison, hôpital militaife, sont enfin convertis en caserne u infanterie, pour y recevoir une portion de la garnison de la ville d'Orléans (*). (4*77*)
W décembre IRf 5.
Hignes proscrits de Vancicn gouvernement déposés au secrétariat delà mairie d' Orléans,
Du 18 décembre, M. Rouzeau-Montault^ imprimeur^ rue Royale , a déposé deux écussons aun armes de renier) Cette maison , à Tépoque où clic était liApital militaire < 1814 ) ,
fut témoin du dévorimcnt héroîc|iie de "M>f. Oiiinon-Désornianx . maîrp, Cofité Crigiion , Loction-Uuudouard , Dulaut de Pilirac , K<tbeUi'<tit , et Demadières père , administrateurs des hospices ( de MM. les médecins et des dnmes charilnbles nommés dans notre citation du 30 avril 1S14 , pape 200 ) , ainsi que des sncnrs de la Sn^ps*?^, qui , à la demande des «ndininistralcurs des liospices, vinrent soigner les malades et les blessés» précisément aux dépôts où la contagion était plus dangereuse , c*esC-Adire, ?i St-Cliaiîes , iuix Ca()ucins , à Sl-Mar< eau ; Irois ou qnatn* d'entre elles nioururenl on peu de temps victimes de leur cliarilé ; plnsinirs prêtres perdirent aus^i la vie ou contractèrent de graves maladie* en administrant les malade*.
(^' Fut dans ce moment calamitrnx qiip M. Coslé-Ciignon ne pouvant avec SCS cdUégues ordinaires , suttire à des soins si multipliés, alla trouver deux de ses amis , MM. Vandebei^ues de ViUters et Daudier, et leur demanda de venir aider À surveiller les hospices nouvellement formés où tont était h créer et où ninm-.iîcnt chaque jour tnnt fin mnlhenreux. Il était sûr que les chances Ue péril à courir seraient un motif de plus pour accepter la proposition qu'il faisait ; il oe s'était pas trompé, et cet deux messieurs , sans être administrateurs nommés, dénloyèrent un zèle au-desstis de tous les élo^res, en suivant l'exemple qui leur était donné par leur ami M. Costé - Crignon , qui depuis longues années rcmlait gratuitement de nombreux serviees anx pturres, dans cette plsce «in*il gaida jusqu'en IS30.
pire, une aigle éployée, polytypés, et un paquet tl épreuves de cîiffërcntes armoiries et signes proscrits.
M. Bouyonnet, libraire et relieur, un fer à dorer portant 1 empreinte d'une aigle.
MM. les membres de la chambre de commerce, un buste en plâtre de Bonaparte.
M. le bibliothécaire de la ville, un buste de Bonaparte en plâtre bronzé.
M. le professeur de Vécole de dessin de la ville, deux bustes en plâtre de Bonaparte.
Du 19 décembre , M. Moreau , maître de la poste aux chevaux, huit plaques de postillon et soixante-douze boutons à 1 ( iiipreinte de l'aigle.
M. Daniaull-Mauraîit , impruneur , deux écussons aux armes de l'empire, polyiA pes.
Le sieur Pierre ilouilly , montreur d'optiques, quatre estampes collées représentant Boiiapai Le.
Du 20 décembre , M. Ladainte, greltier de la police, trois cachets, deux à la figure de la Liberté et un à l'aigle.
Du 22 décemlrre, M. le maire, un tableau du portrait en pied de Bonaparte Gérard; un buste en marbre de Bonaparte, un autre, également en marbre, de Marie- Louise ; im autre en plâtre, grandeur naturelle , de Bonaparte, et sept gravures 5 une grande représentant Jîonapane dans les jardins de la Malmaison , une autre grande représentant Marie-Louise , la troisième représentant le couronnement de Napoléon, la quatrième Bonaparte à la bataille de Maren go , la cinquième le portrait de Bonaparte en buste, la sixième J()séf)hine, la septième et dernière Bonaparte général, et enfin vingt-deux cachets OU timbres secs , tant à la République qu'à l'aigle.
M. le maire personnellement , un buste en plâtre de Bonaparte, un autre, également en plâtre, de Marie- Louise; deux estampes , Tune représentant le couronnement de Bonaparte, et l'autre Bonaparte à la bataille de Marengo.
Tous ces objets furent envoyés à la préfecture le as décembre 181 5.
Du 26 décembre, M. le direcCeurdu spectacle, une aigle dorée.
M. Lebrun^ architecte-, deux bustes en plâtre de Bonaparte.
M* Morignj, notaire, deux écussons et deux cachets aux armes de l'erapire.
^ Du tky décembre, M. Du four, horloger , rue de l'Orme- ■rie, n° 4> trois petites aigles dorées. (4.)
janvier 1816. — Les bases de la répartition des con» Iributions de 18 16 sont les mêmes que celles de l'année précédente , au total de 2,868,176 fr., non compris les centime& additioniieU qui ont eu quelques TariatioDS.
— Le corps municipal d*Orléans met les boucs de la ville en entreprise pour douze années , et en fait radjudicaiiou à un sieur Lécuyer , moyennant la somme de 1,3 10 fr. de fermage par année. Cette mesure fit supprimer les âniers, qui, depuis un temps immémorial, parcouraient les rues de la yille avec des ânes porteurs de deux grands paniers ronds , ou avec une Toiture attelée par un de ces animaux. (4'77*)
8 Janvier 1816. — Arrêté du préfet du Loiret, relatif auxraoendies iréquens qui avaient lieu dans les communes rurales de son clépartement. Ge crime se répandit dans
Êlusieurs parties de.la France, sans qu'on ait su le Téritale motif des incendiaires , qui ne commettaient aocuii Toldans ces occasions, (d.)
iO jauvier iSiô.
Relevé du mouvement de la population d'Orléans pendant les douze années comprises dans ce volume.