‹ Recherches historiques sur la ville d'OrléansChapitre 3 sur 33 · OT · texte numérisé non relu

OT

janvier iBo^, — Décret impérial qui fixe ainsi les appoînteniens des juges des divers tribunaux d'Orléans,

Savoir:

1®, Pour le président de ta cour d appel, 10,000 fr.

2'^, Procureur gênerai, 8,000. fr.

3", Président de la cour criniinelle, 10,000.

4*^*, Procureur de la cour criminelle, 0,000.

5°, Procureur impérial de 1'*^^ instance, 3,6oo.

6**, Président de i^^ instartce , 3, 600.

7°> Juges en i*"* instance, 1,800. (3.)

Janvier 1807. — Dominique Latour, docteur en médecine à Orléans , est appelé Louis Bonaparte , rot de Hollande et frère de iVapoleon^ pottr être son médecin en chef,* il quitta de suite Orléans pour se rendre à Lahaye» uis à Amsterdam, où il resta plusieurs années: ilsutpro* ter de cette faveur de la fortune , et trouva 4mis« ce royaume honneurs et riche&ses. (76*770

- 8 février 1807. Fête des bouchers d*Orléans y et promenade du bœuf gros dans oétte ville. Un énorme animal, couvert d'une housse écatiate, les comes'omées de fleurs et de rubans, portant sur son dos uli joli enfant de six ans vêtu en amour , ayant un arc à la main et un carquois sur le dos» était suivi par plus de cinquante garçons bouchers proprement vêtus , en vestes , bonnets tet tabliers blancs , partie à cheval et partie à pied; le cortège parcourut une bonne portion de la ville en faisant écbter sa joie bru^nte et s arrêtant devant la demeure des principaux habitans d'Orléans /ainsi qu'à la po^e des -meilleures pratiques , dont les générosités servirent à ûiire un gala splendide qui termina cette fête. (77.)

g février 1807. — M. Payen , chirurgien et très-habile opérateur, né à Orléans, fait paraître un excellent ouvrage de lui, portant pour titre : Dissertation sur la complicité des plaies des artères, (77.)

17 février 1807. — La jolie petite église des Bénédictins, qui avait servi à divers usages depuis sa suppression , est enfin démolie pour faire la cour actuelle de i'hâtel de la préfecture , où l'on éleva le portail qui se voit aujourdliui , d'après les dessins de M. Pagot, architecte de la ville. (3-70-77.)

t8 Jéprier 1807. — Te I^wnchamté en musique et avec grande pompe , dans la cathédrale d^Orléans, en ao-

lion Je giùces du gain de la bataille d Eyleaii, gagnée par lesFrauçais sur les Russes, le jo du présent mois. (4>)

3 mars i8oy. — Lettre du conseiller d'Etat^ Montalivet, directeur de l'instruction publique ^ écrite au préfet du Loiret, Pieyre, pour qu'il ait à faire nommer, dans son département, une commission chargée d'examiner les jeunes gens qui, doués d'une belle voix, se destineraient à Part musical, en eiéoution du décret du 3 mars i8o6, relatif au Gonser?atoire de Paris. (3.)

^^mars 1807. — Par ordre des quatre vicaires gêné* raux MM.de Gamanson, Mérault. de Blanbisson, et Demadières^ le siège vacant par la mort de Tevéque Bernier, il est ordonné une quête pour le grand sémi* naîre d'Orléans, laquelle fut faite par les curés des pa» roisaes du diocèse : la recette fut considérable , on cite surtout la paroisse de St-Paterne, qui, seule, avait recueilli la somme de 6,000 francs pendant la grande messe. (76-

Cette quéte.avait été annoncée aux fidèles pendant plus de quinze jours à l'avance , par des prédicateurs choisis.

^çril 1807* — La tour Bourbon , au levant de la porta Sl-Yincent, vis-à-vis les venelles de St-Marc, est disposée pour servir de magasin à poudre: un petit jardin est disposé sur sa sommité par le gardien. (77.)

8 tnai 1807. — Fête de la dclivranco d Orléans ou de la Pucelle, kmikii qLia])le par le changertiont du tour de la procession et ^ar uu bai brillant duuné dans la salle de spectacle.

Le cortège, sorti de hi {::itht'<lrale par ki porte latéral au sud , passa par la rue de Seiiiov, (■elle des Grands-Ciseaux, le Grand-Marché, le mareVic a la Volaille, le quai du CluiLekt, le pont, la rue St-Marceau • une station eut lieu comme à l'ordinaire dans l'église; au retour, la rue Daupliine, le pont, la rue Royale, la place du Martroi, station dans 1 église de St-Pierre-en-Sentelée , la rue d'Escures, la place de l'Etape , la rue de l Evéché , puis on rentra dans Ste-Croix par la porte latérale nord.

L'orateur fut M. Desnoues, vicaire de St-Paul.

Cette fête se fît encore sans le petit représentant de Jeanne-d'Arc.

Il parut assez extraordinaire que le bal donné pour cette féte le fut à la salle de spectaele: la dépense 8*éleirai à la somme de a|000 fr. (4.)

jtdn 1807. — Arrivée de Napoléon à Oantzick, M* Jousselin^de Blob, inspecteur des ponts-et-chaussées^ depu» ingénieur à Orléans, fit des travaux extraordinaires pour la défense de cette place: ils lui acquil^nt une grande léputatîoa d'activité , de bravoure et de science. (4a.)

* 3 juin 1807. — • M*^* Raucourt fait racquisition du château de la Chapelle , près d'Orléans : elle se fît chérir dans cette charmante demeure, quelle embellit par de nombreux travaux. (77.)

4 juin 1807. — La recette municipale est sépare'e de la perception des contributions de FËtat. Elle est donnée à M. Crignon de Bellevue. (38.)

10 Juin iSoy, — Une administration des pompes funèbres, ou convois funéraires, est établie à Orléans, et une adjudication eut lieu à cet effet dans la chambre du conseil municipal pour la nomination de l'entrepreneur.

Le sieur Bobée obtint la ferme moyennant la somme de i5,ooo fr. par an, pendant l'espace de neuf années consé* cutives, et fut tenu à des réglemens particuliers dont voici lesprincipaiîx articles:

Les porteurs seront an nombre de cinq, dont quatre pour le corps et un pour la tête;

Ces porteurs seront revêtus d'un costume particulier, habit gris mélangé de noir, boutons, collet et paremens noirs; veste, culotte ou pantalon et bas noirs , chapeau rond garni d'un crêpe.

La rétribution pour le transport d'un corps à l'église et de l'église au cimelière est fixé amsi qu'il suit, savoir:

Pour le porteur de la tête, 3 fr. ■ pour chacun des quatre autres porteurs , 2 fr. 3.5 c. • pour le porteur d'un enfant de quatre ans jusqu'à sept, 2 fr. 5o c; pour le por» tcur d'un (îniant de quatre ans et au-dessous, i fr. 5o c.

Le prix de chaque bierre en sapin, on en bois blanc, est fixé, pour les dcu edes de dix-iuiit ans et au-dessus, à 9 fr. ; de douze à dix huit, 6 fr. j de huit à douze, 4 fr.i audessous de huit ans, 2 ù\

Elles seront ùàtes par l'cntreprenenr, qui devra en faire prendre la mesure ^ la porter au domicile et j laire dépo* ser et renfermer le corps.

L'entrepreneur sera obligé de faire gratuitement le transport des corps des indigens dont rindigence est constatée et de leur faire un cercueil et fournir un drap mortuaire décent, etc., etc.

A la suite était un arrêté définitif du conseil municipal relatif à la taxe des fournitures pour les couTois funé* raires.

Le tarif, divisé en pluâeurs chapitres, détaillait les frais :

Des corbillards plus ou moins décorés de franges et glands; ,

Du nombre de chevaux qui y seraient attelés;

Des voitures de deuil $

Des billets d enterrement et des porteurs ;

Des maîtres de cérémonies et de leurs divers costumes ;

Des habits de deuil à fournir à lojer;

Pour la fourniture del'aigenterie;

Pour les divers draps mortuaires avec garnitures différentes;

Pour cata&lques , ou charpentes , à la porte du décédé, etc., etc.

Ce règlement ne fut mis à exécution qn*à la St Jean de 1 809, attendu la confection des objets formant le matériel de cette nouvelle entr^rise et le choix des hommes

Îiorteurs des corps, auxipiels les Orléanais donnèrent e nom de Croquemorts, comme en s45o, ils avaient celui de Coriieauz. (4-3o.)

ig Juin tSoy. — Six mille hommes de troupes délite espagnoles passent par Orléans povii se rendre eu Aliemagiie, près de Napoléon; ces soldats étaient vêtus de petits habits-vestes bruns, culottes courtes de même couleur, guêtres en forme de bas sans pieds, chaussés de sandales découvertes avec des cothurnes rouges ornés de rubans verts. Ils marchaient d'un pas accéléré et précipité, même eu défilant la parade.

^6 Juin 1 807. Arrêté du préfet du Loiret, relatif

aux tourbisseurs, armuriers cl autres , qui font le coni> merce ou 1 échange des armes, lesquels étaient obligés ^ par les principaiu; articles;

1% lyaYoir un registre timbré et paraphé^ destiné à ina» crire , jour par jour , la quantité d'armes vendues et leur espèce;

De désigner , par leurs noms et surnoms , les personnes qui en feraient l'acquisition ;

3**, D'observer les mêmes formalités pour les armes dont ils feraient eux.- niLnies 1 acquisition ;

4**, L'interdiction expresse , formelle et punissable , de fabriquer, vendre ou acheter des fusils ou pistolets à vent, de tonne nouvelle ou semblables aux premiers faits en 1^47» époque de leur invention, (3.)

15 août iSoy. — Célébration de la première fête de St-Napoléon à Orléans : cette féte fut d'autant plus brillante et remarquable , que la publication de la paix de Tilsitt fut faite en même temps.

Le même jour que toutes ces réjouissances avaient lieu à Orléans , l'empereur Napoléon , en grand cortège , va à Notre-Dame de Paris, entendre un Te Deuni en actions de grâces de la paix de Tilsitt : en sortant de cette catliéorale, il se rend, avec tout son cortège , sur la place Vendôme, et Y l'Ose, avec de grandes eérr tn ouies, la première pierre de la colonne triomphale, élevée par lui à la gloire des armées françaises. (4^*)

La colonne de la grande armée, faite à l'imitation de la colonne Trajane^ a 1 33 pieds de hauteur; le lùta i a pieds d« diamètre.

Ce monument , élevé en pierre, est revêtu de bronze dans toute sa hauteur^ formé de plaques de 3 pieds de large sur 3 pieds 8 pouces de haut, fondu avecTairain conquis sur les ennemis pendant la guerre d*Allemagne, en i8o5, guerre qui fut terminée en trois mois. (43.)

16 aoiit 1807. — A Toccasion de cette fête et de la publication de In paix de Tilsilt , il v ^ui à la mairie d'Orléans un souper spleudide dont lu noie suit.

NOTE DU flOUPBE AHftBTB AVBG LB 8IB1IB BBVIIBT , TRÂITEVK|,

POUR LA F£T£ DE LA PAIX , LE l6 AOUT luOJ.

Table de 60 couverts.

Huit potages à la Julienne et au riz à la purée « à

4fr 3afr.

Un saumon. . • • • 3o

Une mère carpe 3o

Un brochet. * • • • • ^4

Un barbillon ao

Un ouartier de mouton au cbeTreuil. i4

Un filet de bœuf. • ••«•« i4

Déux jambons de neuf livres, à a fr« 36

Quatre plats de Bayonnaise de volaille, à 4 fr. t6

Une hure de sanglier ao

Un dinde à la gelée* i4

Un pâté de perdreaux ou dindonneaux la

Deux dindonneaux rôtis, sur cresson « zo

Six perdreaux r6tis , en deux plats 13

Quatre pigeons de volière, en deux plats. » 4

Deux pâtés chauds aux légumes. 8

Quatre buissons d'écrevisses 3o

Quatre salades avec œufs durs. «' • 8

Quatre salades d'olives» • 8

Trois d'artichauts à la Mérigoule. • • • 8

Trois de petits pois. 0

Deux de choux*fleurs • 5

Trois d*épinards • 8

Deux de concombres au jus 5

Trois d*œufs au jus 7

Quatre de crème • • • 16

Deux croquantes i 8

Deux nougats • • • • • i5

Deux biscuits de Savoie. . « . • • • • . • 16

Deux grosses brioches 16

Deux Bans aux pommes de terre et chariotés. 16 '

Total 471

Report delaj^ table. • . 47 1 Table de 20 couverts.

Quatre potages , 16

Un iilet de bœuf i4

Un pâté chaud aux lëgunies i4

Deux Bayonnaises à la volaille., i4

Un de deux perdreaux rôtis 4

Un de deux poulets rôtis. 4

Un jambon

Un buisson d'écrevisses 3

Deux salades. 4

Quatre de loornmes, artichauts , œufsaujuSf

épinaids, liaricuts...

Un brochet » 20

Un saumon 3q

Un biscuit de Savoie , 5

Un nougat g

Total des deux tables 639

Giaquante-ais assiettes da dessert pour les

deux tables • 100

Douze asûettes montées et douze cristaux. • aa

Cent-cinquante bouteilles de vin. 90

Pain • . . .

Transport du tout. 100

Total générai • • • lyOaS

Prix fait à neuf cent quarante francs. (4.)

19 août 1807, — Séuatus-consulte qui supprime le tri* bunat, un des trois corps de l'Etat : dès-lors, il ne resta plus que le sénat et le corps législatif, et Orléans , ou pour mieux dire, le département du Loiret , qui avait six députés I n'en eut plus que cinq , savoir : un au sénat , et quatre au corps législatifi qui étaient:

Dupiessîs, au sénat ^ Bouchet, ingénieur, Delahaje, Souque et Fongeroux, au corps législatif.

Le député sortant fut Je tribun Gillet de laJaqueminière. (3.)

ao août 1807. — Ouyerturade la nouvelle bibliothèque publique d'Orléans, dans T^lise du Bon-Pasteur (actud* iement rue Pavée)* Cette éghse avait servi, depuis la suppression du couvent dont elle dépendait, à divers usages: d*abord, de local pour la section de Brutus, Tune des onze de la ville, puis de magasin de fourrages , ensuite de temple décadaire pour la célébration des mariages civils; enfin, elle fut remise à l'évéque Bemier, qui la céda à la ville pour y placer la bibliothèque publique et les écoles de dessin et ci architecture.

Cette précieuse collection delivreset de manuscrits était originairement placée dans le couvent des Bénédictins, et un religieux de cet ordre en avait toujours été le biblio* thécaire.

A la Révolution, les livres et les manuscrits furent jetés comme pêle-mêle dans Téglise des Bénédictins, et Von donna k ce local le nom de dépôt littéraire.

Plus tard , Tadministration eut le bon esprit de charger M. l'abbé Septier, de mettre les livres en ordre, avec le titre de bibliothécaire.

B eut la douleur de voir, d après les catalogues, que de nombreuses soustractions avaient été laites, et nonobstant ses observations, on vendit à l'encan et à vil prix des milliers de volumes destinés de nouveau à la

Soussière, à l'oubli, ou à des usages souvent indignes es veilles, des recherches et de l'érudition des auteurs. De nouveaux réglemens pour la police intérieure de la bibliothèque furent mis à exécution.

Parmi les articles de ce règlement , il y en avait un qui ordonnait qu'elle serait ouverte les lundi , mardi , mercredi , vendredi et samedi de chaque semaine, depuis dix heures jusqu'à deux heures , et qu'elle serait fermée depuis le i^' septembre jusqu'au i^' novembre de chaque année. (7.)

3 septembre 1807. — Promulgation de la loi portant que le Code civil des Français portera le titre de Gode Naj^oléon. (3.)

16 septembre 1807. — Le maire fait dresser par M. Pagot , architecte de la ville, un nouveau plan d'Orléans. Ce travail ayant donné au dessinateur l'idée d^ tracer

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remplacement el la direction d'une grainlo rue, projetée depuis long-temps, le corps municipal s ( inpara île cette idée, pour demander au gouvernenunt et aux habitans, les moyens d eftectuer ce |)i t)iet si avantaf^oux pour Orléans, sous le rapport de rutilito t i de l'agicinent, el qui vient d'être enfin mia a ex.eciiLioii en 1840. ^40

1% septembre 1807. — Napoléon, par un de ( rec impérial, accorde à l'évêché d'Orléans, poui le séminaire de cette ville, douze bourses entières et vingt-quatre demîbourses, payet s par le trésor public, à raison de 4oo ^< par bourse , et 200 fr. par demi-bourse. (4.)

Par le nit me décret , le monarque accorde In même faveur au lycée d Orléans, pour les enfans des militaires retraités et peu ricbes, et pour les enfans des veuves dont les maris étaient morts à son service, peu importe dans quelle carrière. (43.)

20 septembre 1807. — Conformément à la loi du i4 présent mois, le tribunal de commerce d'Orléans est installé dans l'ancienne salle de TApsallette, cloître sud de Sainte- Croix , pour y tenir ses audiences les mercredi et samedi • de chaque semaine. Les juges de ce tribunal furent nommés par les commerrans de la ville assemblés , approuvés par le préfet et le nnnistre de l'intérieur : ils étaient au nombre de cmq, dont le préi5ident était M, Lochon-Houdouart) de plus six suppleans. (7.)

22 septembre 180^. — Arrêté du gouvernemeni qui autorise, dans le département du Loiret, l'établissement de deux oratoires, ou prêches, pour le culte protestant, dont l'un fut placé à Orléans, église et presbytère de St-Pierre- Lentitt, Tautre à Patay. ( i5-a8-38.)

Le ooatume des ministres protestans est Tbabit noir à ia françaue, le itibat et le manteau court. (43. )

lonovembre x8o7* — Publication de la bulle d'institution canonique de Glaude-I^ouis Rousseau , évéque de Coutances, nommé à 1 eyêché dOrléans.

Peu de temps après cette publication , ce prélat vint prendre ponession de son siège, apostolique.

4 décembre 1807. — CambaoérèSi archi-chancelier de leropice , passe par Orléans en se rendant à Bôrdeaux; il

fut reçu dans cette ville avec plus de pompe encore qu'à spn premier voyage, en 1801 j il coudia à I evéchë avec sa suite, après avoir reçu tous les honneurs dus à son rang; le lendemain, ses frères, les fnnice-niacons du grand Orient, lui donnent un dîner magnifique dans leur belle salle construite dans^lancienne église des Carmélites, rue des Anglaises. (76-77»)

12 décembre 1807. — Le colonel Chipaull, Orléanais, fils d'un chirurgien de ce nom, est reçu à Paris par l'empereur et l'impératrice, qui le félicitent des égards qu'il avait prodigués au pape Pie VI, lorsqu'il avait été chargé, en 1799, de conduire sa sainteté à Valence. Napoléon lui fit présent d*un sabre d'honneur et d'une riche tabatière avec son portrait. (76-77.)

3i décembre 1 80 1. — Le préfet du Loiret, Pieyre, ayant été prévenu, par le ministre de l'intci ieur, que l'empereur Napoléon passerait par Orléans pour se rendre à Bordeaux, en donne avis au maire de cette ville, qui s'occupa sur-le-champ des pré|)aratifs nécessaires pour recevoir l'empereur. (4-76.)

Une garde d'honneur est organisée en peu de jours. (4.)

Copie de rinvitation imprimée et affichée , pour la formation de la garde dlionneur orlëanaise pour sa majesté Fempereur et roi, faite par 4e maire d'Orléans, le 3i décemore 1*807.

Le maire d'Orléans a ses concitoyens,

« L'espérance très-fondée de recevoir dans nos murs le liéros à qui la France doit son bonheur et sa gloire, vient de donner l'impulsion à tous nos jeunes concitoyens j déjà un grand nombre est venu solliciter notre consentement pour se former en garde à cheval, et partager Thonneur

de garder la personne sacrée de S. M. l'empereur et roi. . Getle démarche spontanée était trop flatteuse pour nous, elle provoquait des encouragemens, et nous nous sommes empressé cfe les donner ; dès Fiastant , nous avons ouvert un registre pour y inscrire les noms de ceux que leur situation mettait à portée de se dévouer à ce service hooo» rable.

« Ils doivent savoir qu'en tout genre la marche de notre héros est un vol rapide , qu'il est difficile de le prévenir, qu'un seul moment perdu dans le cas présent serait irrépaiable.

" Une garde d honneur a pied pourra aussi t Lre formée de jeunes gens qui n'ont point de chevaux pour se monter, et à qui la fortune permet de se procuier , à itîurs frais, Tuniforme arrêté par la garde à cheval»

« Â défaut d'un nombre suffisant dé jeunes gens Inscrits spontanément pour former une garde d'honneur à pied , nous oommaiMerons et requerrons . pour le service de la garde nationale , tous ceux munis de f uniforme dé cette gaide, ou que la nolwiriécé publique désigne comme pouvant en supporter les frais.

« Fait à Thôtel de la mairie, le ji deccnibre 1807.

< .Grignon-D£sorm£a.iiic, maire. " (4.)

Uniforme de la garde dhonneur à pied.

Habit l)laijc galonné en oraux boutonnières j revers verts, veste et culottes blanches , chapeau clai|ue , plumet vert, cocarde aux trois couleurs, et guêtres noires.

Cai^alerie,

Habit vert, revers roses, pantalon blanc , veste blanche galonnée en argent , chapeau claque, plumet blanc, cocarde aux trois couleurs, trèfles et aiguillettes en argent.

4 jctfti'ier i8o8. — Le conseil municipal d'Orkans , sur la demande du maire, arrête de supprimer le nom de rue Pavée, que portait hi petite vwv. ouest qui conduit a la bibliothèque publique, et de lui donner celui du préiet, M. Pieyre. (4.)

5 février iBoB. — Les maineloucks de la ^ai de impériale arrivent à Orléans pour se rendre a bordeaux: leur revue eût lieu dans 1 ancien grand cimetière. (77O

^féi^rier 1808. — Commencement du passage de la garde impériale, qui se rendait en Espagne : cette troupe, composée de cuirassiers, de dragons, de hussards, d'artillerie volante ) de grenadiers à pied et à cheval , de voltigeurs , d'un corps de marins k pied , de plusieurs trains d'artillerie de quatre, de fourgons, équipages, etc., etc., défila pendant les quinze premiers jours ae ce mois. Cette armée, qui avait déjà fait la conquête d'une partie de l'Europe, excita l'admiration des Orléanais, (76-77.)

16 février 1808. — Mort d'Antoine*François Lottin, notre père, habile coutelier , graveur et mécanicien , ftgé de 67 antf. Ce vertueux citoyen , né à Paris, ne devait son talent qu*à lui seul : il avait été employé à la monnaie d'Orléans pour j graver les carrés, lors de la refonte des pièces, en 1783 , et fit preuve d*une |prande habileté dans cet emploi. Pendant la tourmente révolutionnaire, étant occupé au club de cette ville en qualité de trésorier-archiviste, il rendit de très^grands services à nombre de personnes incarcérées, qui ne surent jamais que c'était à lui qu ils devaient leur élargissement, soit par les renseignemens quil donnait secrètement à leurs familles, soit par Tenlèvement , aux archives de cette société , des pièces qui les compromettaient.

C'est lui qui enleva et brûla le procès-verbal de la séance où se trouvait Tadresse et le nom des signataires de la pétition à la convention nationale, pour demander la mise en jugement de Louis XVI.

11 livra nux liiimmes le procès-verbal de Tacceptalion du gouvernemeiiî; républicain , ainsi que l'adresse de fëîici talion à la convention âur la mort du tyran, signée par 1^43 Orléanais. (77.)

Cest lui, aussi, qui lacéra et brûla la copie authentique delà trop tameuse prùtloû signée par 2107 Orléanais, pour demander la mort du petit Capet (le fils de Louis X.Y1), ainsi que le procès-verbal original portant par numéro le nom de chaque signataire.

47 février 4806.

Cérémonie de la remise et bénédiction des drapeaux donnés par M. le maire d'Orléans aux citoy^ens réunis pour solliciter de Sa Majttté impériale et royale la Jaçeur de faire auprès de sa personne sacrée le service de garde d^ honneur lors de son passage à Orléans, *

L'espérance qu'on a fait concevoir aux habitans d'Orléans d y jouir à leur tour de la présence de leur auguste souverain, avait élccUisc toutes les âmes ; mais on sentait que les témoignages d'amour et de dévouement qu'on désirait lui présenter , resteraient inévitablement au-dessous de l'énergie désaffections dont on élait transporté. Calmes et respectueux, les pères chercliaic m, proposaient, rejetaient, proposaient encore de nouveaux moyens, lorsqu'une jeunesse brillante s'élance spontanément, sollicite la permission de se réunir, de s'organiser en compagnies, et de se former, par des exercices militaires, au service hoiioi ahle dont ils prétendaient solliciter la faveur auprès du souveiaiu Uu-même.

Flatté de n'avoir à donner que des éloges et des témoignages de reconnaissance, le maire d'Orléans conçut le projet d'imprimer à ce noble tlcvouemeul un caïai Lertî plus solennel; il voulut que la cite entière adoptât comme ses délégués les l)i'aves qui se chargeaient du soin de la représente! auprès deSa AJaj(\si(; impériale et royale. Pour atteindre ce but, il proposa a M. le préfetdu département d autoriser les habitant d Orléans, par l'intermédiaire de leur chef municipal, à donner, en signe de délégation , un drapeau a chacune des deux compagnies. La propo-

silioji devait être et l'ut en effet accueillie par le premier magistrat avec la cliaieur Uu ï^èle patriotique qui le distingue.

On ne s'occupa plus que de l'exécution , et la ville entière attendait avec impatience le jour indiquti pourl'inauguration des drapeaux. Il était attendu connue un jour de Fête, et jamais attente ne fut mieux l ealisëe.

Le 17 février 1808 , jour marque pour la cérémonie, la population entière de la ville était dès le matin réunie sur les avenues de 1 luMol de la mairie. Les deux corps, distin<^ues par un ututurmc nulitaire d'une simplicité élégante, et analogue à leur arme respective, y parvinrent dans le plus bel ordre, au milieu des accl imations de la joie publique, et des ciis mille fois répéter de F'iue Empereur! Ils furent reçus et introduits dans la salle des audiences.

M. le préfet, accompagné de M. le secrétaire général du département, les j avait précédés. Ce magistrat, cédant aux pressantes sollicitations de M. le maire, n'avait pu se défendre de ^présider la séance.

M. le général Cfaanèz, environné de Tétat-major de U place^ de MM. les majors-colonels et commandant de« bataillons provisoires cantonnés à Orléans, tous invités et présens, ajoutaient au caractère militaire cie la fête, et la rendaient plus imposante.

Elle devait être aussi celle des jennes élèves que le gouvernement a réunis dans le lycée, et l'à-propoa n avait pas échappé à la sagacité du chef munioipaL Ce corps y fut Invité, et ajouta par sa présence un nouveau degré d'intérêt à la cérémonie , qui en devint plus touchante.

M. le préfet annonça d'abord aux. deux compagnies que Son Excellence le ministre de l'intérieur , à qui il avait transmis leur demande tendante à obtemr la laveur de faire auprès de Sa Majesté impériale et royale le service de garde d'honneur, lui témoigne, dans une lettre sur cette affaire, qu'il applaudit à leur zèle, et qu'il en mettra Texpresslon sous les yeux de l'empereur, puis il dit:

« Messieurs,

'« La circonstance qui nous rassemble dans ce lieu où Miége raulorilé municipale, tsl bien propre à exciter un

vif intérêt et une douce satisfaction. Au premier signal de la plus flatteuse des espérances, celle de voir dans ces murs notre auguste souverain, une jeunesse brillante, spontanément réunie sous l'œil de ses magistrats , vient leur offrir le spectacle précieux du zèle patriotique qui l'anime, et recevoir de leurs mains ces étendards , ou les sentimens de nos concitoyens, retracés , attestent et l'honneur de la mission que vous vous êtes chargés de remplir, et le dévonrmeut fidèle qui nous attache à jamais au héros chef suprême de ce vaste empire qu'il a sauvé.

« Vos vœux lui ont été transmis, Messieurs j espérons de sa bonté qu'ils seront favorablement accueillis. Puissiez- ▼otts jouir bientôt de la flatteuse prérogative que votre louable empressement vous a méritée ! Songez qu'en entourant la personne sacrée de Napoléon-le-Grand, c'est cette antique et loyale cité tout entière que vous représenterez auprès d'elle ; que cette députation honorable va lui peindre la tendresse ardente et respectueuse dont tous ses habitans sont pénétrés pour le père de la patrie, qui, dans sa vaste et infatigable sollicitude, ne voit qu'une grande famille dans ses sujets, et ne veut régner sur eux que pour leur assurer une inébranlable félicité. Que Sa Majesté lise dans vos yeux tout répanchement de notre profonde reconnaissance, et qu'elle y puise la certitude que notre existence sera toujours consacrée à la servir, et à suivre ses glorieuses lois. Nous ne jouirons de sa présence que quelques niomens p<Mit-être, mais les regards du génie, comme ceux fie la Divinité, pénètrent les cœurs d un seul trait, et ces rapides instans, si vivement désirés, et flnnt le souvenir sera le charme de votre vie, peuvent suffire aussi pour emltc llu les destinées de votre ville natale. Quelle graliiude n avez-vous pas à attendre. Messieurs, du service que vous lui aurez rendu ! et qu'elle doit se féliciter de voir le dépôt de ses sentimeus et de ses intérêts en desmuius aussi généreuses ! Vous appartenez, Messieurs, à toutes les classes des citoyens les plus recomniandables que cette cité s'honore de renfermer dans son sein, et qui s'empressent ici autour de vous pour applaudir à votre zèle. Le commerce et l intlustrie , qui feront toujours sa renommée , et qui ont fiait long-temps sa spleu-

(leur, sans doute dans peu renaissante sous 1 égide du libérateur des mers; l'agriculture, qui compte aujourd'liiii, pour la guider et l'éclairer, les plus considérables propriétaires; les arts, qui répandent au loin les lumières , et préparent le perfectionnement successif des sociétés, sont représentés par votre intéressante nssocintion ; vt si vos magistrats avaient eu à la former poiii le but ]jti portant qu elle s'est proposé, ils n'iiurnient pu désigner que ceux-là menu s qui en se l alli int autour d eux par un mouvement volontaire , om donne de nouveaux gages des hautes qualités qui les distinguent.

« Le ciioix que vous avez fait de vos officiers , Messieurs, ne porte pas moins l'empreinte du bon esprit qui vous dirige, que de la juste appréciation que vous savez faire du mérite. Ils ont reeu de vous ce témoignage flatteur du suffrage de i opinion publique, quil est si doux d'obtenir par la voix même de ses concitoyens.

« Agréez tous, Messieurs, l'expression de la joie qu'éprouveiiL aujourd'hui les autorités ici réunies en vous proclamant Iclite de la jeunesse orléanaise. Ce titre vous suivra partout: vous l'avez acquis par l'élan des vertus civiques; et sans doute elle a droit de vous le décerner, cette assemblée devenue plus imposante par la réunion de ces braves qui ont participé aux riches uioissons de lauriers, prix des plus étoimantes campagnes dont l'histoire puisse perpétuer le souvenir , et par la présence d un général dont le nom est consacré par 1 honneur d'une belle carrière mîliiaiie , comme par la considération due à de nobles et constans services.

« Je sens, Messieurs, que c'est de la bouche du premier magistrat de cette cilé , et qui jouit du bien légitime orgueil de voir l'un de ses fils dans vos rangs, quil eût été plus satisfaisant poui vous de recevoir ces distinctions et ces applaudisseniens : oui , c'était à lui qu il appartenait de vous les adresser; mais lorsqu'une délicate et généreuse déférence i a iaiL insister auprès de moi pour me céder l'avantage de vous exprimer le premier des seutimens dont nous sonnnes également animes, j iU trop dignement apprécié cette faveur, pour ne pas laccepter avec transport.

« Parmi les douces obligations qu elle ni impose, je me plais a compter celle de me rendre ici et voire organe et celui de la ville confiée à son administration , pour le remercier de ses soins vigilans à lui assurer tout ce qui peut concourir à son éclat et à sa prospérité : nous lui en devons tous, Messieurs , ane juste reconnaissance , et lui en offrir rhommage au milieu de cetle cérémonie solennelle» c'est peut-être y attacher un nouveau prix.

« Én formant le vœu de vous rallier sous ces drapeaux dévoués à llionneur, que vous allez recevoir de sa main , vous y avez joint celui de les voir consacrer par la reli'* Çion 'y et un prélat aussi recommandable par sa brillante eloqucvice que par son dévouement à la patrie , va tout-â- I*heure appeler sur eux les bénédictions divines. Cet hommage rendu à la piété publique achèvera de combler la joie & nos concitoyens; il répand sur vous, Messieurs, un nouvel éclat qui vous honore. Vous avez senti qu*en offirant au héros de i empire le gage de notre amour et de notre reconnaissance, le cœur ne serait point pleinement ^atis&it, s*il ne portait en même temps au pied des autels / un tribu t d'action de grâces pour l'inestimable présent que le cieJ a fait à la France, en lui donnant pour la gouveroer et le plus étonnant des génies et le meilleur des souverains.

« Allez, jeunesse chérie qu accompagnent tous nos vœux, allez , au sortir de ces touchantes cérémonies , continuer, sous vos estimables chefs, ces exercices de la guerre, destinés à seconder la valeur par les lois de la discipline et de (a tactique : votre zèle est le garant de vos succès. Qu'en approchant de notre auguste empereur., votre grâce belliqueuse lui montre en vous de digues Français jaloux de défendre, au besoin , et l'Ftat et vos foyers. Que votre seul aspect, en lui rapptîlant ces preux qui de ces mêmes murailles chassèrent , il y a quatre cents ans, les éternels ennemis et les impuissans rivaux de notre gloire, lui fasse connaître qu'il y trouvera toujours une pépinière de sujets fidèles et de courageux soldats. »

Les cris de 7>a'e t Empereur! furent répètes avec un nouvel enthousiasme, huit de l'éloquence brûlante de lorateur.

M. le maire, environna de MM. le» adjoinu» du éecrétaire de la mairie et du conseil municipal^ remit alors à chacun de» deux corps le dcapeau qui lui était destiné f et dit:

« MeincuiSi

« Ce n'est point pour tous rappeler des def otrs , que xêà étendards flotteront dans tos rangs. Que serait le langage muet de ces symboles, nrès des afl^ctîons brûlantes qui Yous dévouent à la garde de la personne sacl^e dû plus grand des héros ? Peuvent-ils parler plus énergt- ^uement à vos cœurs qué cet amour que tous porter au,

S ère de ta patrie » au restauratèur de la France, au génie Ont lesconceptionà vastes assurent le repos de l'ËuropeP « Ce sont 9 Messieurs , ces vastes conceptions qui ont placé notre patrie au premier rang des nations, en couvrant nos droits de I égide d*un Gode immortel , en défen* dant notre indépendance contre l'éternel ennemi da repos et de la prospérité du monde, et en rejetant sur cet insolent usurpateur de Tempire des mers les entraves avilissantes dont il a osé menacer le commerce et l'indus- •trie des peuples.

« Gravés au fond de vos âmes, ces senti mens seront pour vous le cri de ralliement. Mais si rien ne peut les remplacer oa les suppléer, si ces étendards que je m'honore de vous otïrir au nom de cette cite, ne sont pas destinés à vous rappeler à vos rangs, qu ils soient, Messieurs, qu'ils soient au milieu de vous le monument impérissable Je la reconnaissance de nos concitoyens ; qu^ils vous rappellent qu'ils sont de ma part le gage de ma gratitude et de mon altachement personnels. Rappelez-vous qu'ils vous turent remis en présence de ces braves militaires qui, volant de victoire en victoire, ne cesseront de (ueillir des lauriers que lorsque la paix sera rendue au monde entier: rappelez-vous qu'ils vous furent remis en présence du magistrat éloquent qui sut, comme un père au milieu de ses enfans, vous donner des éloges sur ce que vous avez déjà fait, et vous diriger avec la même grâce sur ce qui vous reste à faire.

« Que ces étendards deviennent d'âge en âge le monument de votre zèle et de votre dévouement. Que nos

arrière-neveux , en les voyant, appreruiént que leurs pères , pour rendre hommage au héros dont ils ont eu le ix^nheur d'être contemporains, se sont arrachés à des occupations paiiiib tes pour obtenin l'honneur d*environner sa personne auguste de leurs armes; que des braves illustres par des services distingués dans la carrière militaire, ont été enti aînés par un élan siaiuUané j (qu'ils ont voulu, partager et ont consenti à commander un service qui , s'il pas environné d^ dangjers , n-'en est pas moins hono* rable par la grandeur du prince qui en est l*objet. C'est ainsi, Messieurs, que vos noms se rdHîeront , dans les âges âmirs , à Tépoque glorieuse o« la ville d*Méans pos^ • ièdUra dans eon mm fhoMie extmoidiiuive que boms. portons ions dm p«i eoom* C'est Ainsi que loi Momi» mm» qui îmmortalisfMl dune nos murs k lîlM$irati9ce 4'0r* Uan*! fetracenf dm moê fines ^ofgu^lttes la méaunm 4e nof brayes aiSHVx, qui, ao^is la <y>ndi9t« d» «eifta Ufôinet «oniMNiruDant^ a» brisant eontra Ms.fBmpafis l^Mipieil ifAlbioft^, a* isAiMisseaDeiit de leur mi y randi* mt la Fffançt à alle-mlBaie ^ ^et acelUlseva /à% îem sang la liiberté la g|«»ii« de noirapttriaL. Gaflune ils soni iros «MilèlaSvVaiuabaefe»▼a4flS-nlMaadl^m Comasa «pasi^DsiM Ias4èumliew fonçais qui tous ont devancés dans fat carrière de llionneur, ils. mettnofal toute leur Hloiaa à hanaaar la daaae de leur pensde^à aimer la patrie^ ai à servir avec amour dévouement les princes d*iina dynasfie dont leurs pères aunottt aime le chef immortel autant ^'iisi'out^dmiré. »

Ce discours fut aturi par de nouvaUes acclamations , qiii fureitt biaulât apiràs répétées au-dekors avec un anlàiousiasme universel par ceux des habitans que les vastes aalles de TMtel n'avaient pu contenir.

C'est au milieu de ces mnsports de l'allagresse publique mm les deux aoUipaguiaSi proclamées solennellement léUu-de la jeunesse orUanaîse par M. le préfet , suivies 4as autorités civiles et militaires, se dirigèrent vers régUse cathédrale ) ou le ponitfe devait consacrer leurs drapeaux par une cérémonie religieuse*

L'allégresse bruyante qui avait accompagné jusqu'alors cette fête patriotique, céda tout-à-GOup la plâtre à des.

affections plus calmes et plus profondes. Les âmes s'ouvraient (l'avance h toutes les impressions pieuses. On attendait: avec une impatience respectueuse que le prélat, qui sait exprimer avec autant de talent que de chaleur les élans d'un patriotisme pur et éclairé, comme il sait émouvoir les affections les plus sublimes de la reliffion , développât avec cette éloquence de sentiment qui lui est propre , l'esprit et le but clc la cérémonie. Il surpassa tout ce que l'auditoire attendait, par le discours suivant :

« Messieurs ,

« Sans doute il était dig^ne des généraux de nos invincibles phalanges de renouveler , sous le règne du héros restaurateur de l'antique religion de nos pères , le solennel hommage qu'aux plus belles époques de la monarchie française, les Duguesclin, les Bayard, les Turenne, les Luxembourg se glorifiaient de lui rendre , lorsqu'à la veille de rentrer dans les champs de l'honneur, on les voyait venir abaisser aux pieds des autels leurs irorUs ceints des lauriers de la victoire, y porter, avec la confiance de nouveaux triomphes, les drapeaux de leurs armées, et demander au pontife que par ses prières élevées jusques au ciel il fît descendre sur eux les Denédictions du Dieu des combats, • •

« Messieurs, si les étendards que vous nous présentex ne sont point appelés à Thonnear de .marcher , à côté des aigles de Napoléon , dans* les lignes toujours vietorieuses de la grande armée ^ du moins ils attestent à ces braves

fuerriers Q couverts de glorieu8es.blessttres, et sur qui on se plaît à voir briller les récompenses de leur intré- - pide valeur, ils attestent Théroique disposidon où vous seriez , si une impérieuse nécessité le commandait, de courir, ainsi que le fidsaient vos ancêtres, à la défense du trône, et du souverain qui a si bien su le rendre le premier trône de Vunîvers.

« Avec quelle joie le sage, le paternel administrateur de ce département f le loyal , le vigilant magistrat de

(*) L'éiat-msjor des troupes de ligne alors à Orléans. M. Fleyre , préfet du Loiret.

cette vaste cite (*), et votre évêque, si nous avons le bonheur, de posséder Tempereur dans nos murs , et qu'il nous soit permis de nous faire entendre , avec quelle joie nous lui dirons que la fidélité et le respect, l'amour et la reconnaissance pour sa personne sacrée sont ici le perpétuel exemple des pères et la vertu chérie des enfans !

« Nous lui dirons que Napoléon peut d'autant plus compter sur la vérité , sur la durée ue ces sentimens , que dans cette ville surtout ils sont fortitiés de tout l'empire des principes religieux.

« Ce langage , Messieurs , vous nous donnez le droit de le parler, parle pieux, le noble empressement que vous avez mis à venir solliciter de votre preutier pasteur l'exercice de son saint ministère.

« Nous allons donc répondre à votre vœu , plein de la douce certitude qu*en le remplissant nous ac(piittons tout à la lois et la dette d'évêque et celle de Français. »

Les élèves du lycée avaient été appelés par M. le préfet et M. le maire a la bénédiction des drapeaux : M. l'évéque, au nionient où il venait de la terminer, leur a parlé en ces termes :

« Jeunes élèves de la nation , sente/ tout le pnx de la distinction dont vous jouissez aujourd liui , celle d'avoir été appelés à l'auguste cérémonie qui nous rassemble dans cette superbe basilique. Nous aimons à croire qu'elle aura parlé à votre âme autant qu'à vos yeux. Conservez-eu le souyenir; que sans cesse il donne une nouvelle énergie à ▼otre émufatîoii , pour répondre dignement , sons tous les rapports , au bienfait inappréciable de Téducation que T9U8 devez à la générosité vraiment royale de notre magnanime empereur. »

Les deux corps ^ après la bénédiction des drapeaux , conduisirent jusqu'à ihôtel.de la mairie le corps municipal^ et présentèrent à. son chef leurs remerciemena avec toute Tenusion de la sensibilité et de la reconnaissance.

19 février 1808. — Formation à Orléans d'une, compagnie dite de réserve , pour le service particulier du préfet du Loiret, qui en fut le colonel. Cette compagnie , nabil<

O M. Grigoon-Désoraieiux^ maiiv d'Orléans.

Me en gris , paremens, revers et collets rouges , peniaioii bleu 9 armée d*un fusil « (i*uû sebre^briquel , et ooilBfe d'un chapeau à trois contes , était composée de soiiante ha/m* mes, sous-officiers compris, d*un colooel i^i ae pouftait étreoue le préfet, un chef-de^mtaiUoiiy un hemenant, un sous4ieutenant , ua sergent*major quartietvmaitre. GMe troupe iat logée à la caserne des Buttes , ainsi que les officiers, et ne fournissait qu'un poste a l'bètelde la peé» lecture. (3.)

ai février t8o8« — Le prince Murai, beau-frère de Kapoieon , grand duc de Berg et de Glèves , passe inco' giiUo par Onéans, k neuf heures et demie du soir; tt fut vu par nous et par quelques personnes , au moment oii. s* voiture relayait à TbAtel du Loiret. (76.)

ai février 1808. ■ — ■ Publication du Uibleau de la population du département du Loiret, divisé par arroudissemens de sous-préfectures et par justices de paix^ il avait été arrêté au i*' janvier dernier 1808. (a8.)

La population du département du Loiret se montait, à cette époque, à a89,766 âmes, et celle de la commune d'Orléans à 4a,65i. (3-4.1

Le même jour fut publié le tableau des mutations ou du mouvement de la population de la commune d'Orléans pendant Tannée 1817, arrêté le janvier 1808: il était ainsi divise :

Naissances,

Mâles i,o3a) ^

FemeUes 974]

Décès. Pertes | . • 397

Mile*. 1,335^ , o

Femelles i.oySr'**»"*

22 février 1808. — Adjudication des réparations des routes du département du Loiret et des bâtimens civils , faite à la préfecture du Loiret , à MM. Lebrun , architecte, Vincent Caillaixl , Hubert Gaillard, l>()yer, tous quatre d'Orléans, et à M. Moreau, de Briaie. ( 5.)

37 février 1808. — La gendarmerie d'Orléans quitte la taserne qu'elle occupait place du Vieux-Maixlié, ou

Mareh^Hnix-Veaux y amâeiilocalde rAumône, ou Hospice des FiHeft de Sl-P)iul , pour aller habiter le nouveau b&timeni qui lui aTait été préparé dans le couyent des Oralorieae , rue de là Brelonnerie : on fit r^curie de 1 église , qui ataii d^à aerri de magasin de fournées. (77.)

II mon 1808. — PubliGation fiiite à Crions do sénatus<mnsnlte du i^ de ce mms, portant création de titres impériaux I teb que duc» comte , baron et dievalier. (3.)

a avril 1808. — J/empereur part de Paris pour se rendre à Bordeaux. (i5«83.)

a avril 1808. — L empereur Napoléon arrive à Orléausi par la porte Baonier, à huit heures du soir; il est kçu dans cette ville avec un enthousiasme extraordinaire par le peuple Orléanais; il était escortépar la garde d'honneur qui s'était formée depuis un mois. Ce corps brillant ^ composé de la jeunesse d Orléans, avait été au-deyaot du monarque , ayant le préfet Pieyre , et le maire , Grignon- Désormeaux à leur téte , à une lieue en avant de la porte de la ville.

L*empereur descendit au palais épiscopal : l'évêque , M. Rousseau, le reçut sur le çerron comme huit heures sonnaient à î'iiorloge de Ste-Croix. Après les hommages qui lui furent rendus avec empressement par tout le clergé réuni dans le vestibule, avec les principaux chefs des diverses administrations et les fonctionnnires civils et militaires, l'empereur soupa de deux ailes de bécasse, d'un petit paquet d'asperges, de deux grosses poires, et de deux verres de vin de Bordeaux avec de l'eau ; il ne fut qu'une demi-heure à table. Il reçut les autorites constituées debout, une main dans son sein et l autre derrière ses reins. Il s'informa de tout ce qui regardait Orléans et le département (^). Il devait remonter en voiture à neuf

(*") Napol(''on ayant adressé la parole à l'un dns mcniljres du conseil municipal , lui demanda à combien s'élevait la population de la ville : — Sire, répoiidil-il , à envîtoii quataotc à cinquante mille. — Vous n'en èlM doac pM «Ar ? — Non , Sire. — Quel «M le chiffre des rtrenot de la commune? Sire, jt n'en sais rien; mais M. Pelil-Senjonviîle , notre secrétaire , est ici ; je vais aller le lui demander. — ^ion , non , rendit TEmpereur en souriant , ce sera pour une autre Arts*

heures; les chevaux étaient attelés ; mais , par altention pour son manieluck malade , il consentit a passer la nuit. 11 accepta la chambre de Févêque. La garde d lionnciu lit le service de l'hôtel et même de sa chambre à coucher. Cette faveur fat reooe avec enthousiasme et aux cns de ni»e l'Empereur!

Z avril 1808. — L'empereur part d'Orléans à quatre heures du matin, en disant qui! n'avait jamais si bien dormi; le préfet, le maire étaient encore dans leur lit; il n'y eut que l'évêque, M. iloubseau, qui lui fit seul ses adieux.

Comme cinq heures moins un quart sonnaient, la voilure de Napoléon passait sous la grille du pont; il était escorté de la garde d'honneur orléanaise en masse ^ suivie d'une quinzaine de g^endarmes et d'une partie de la population de laville. Beaucoup de monde avait passé la nuit sur la place de FEtapeetdans la ruedeTETéché, craignant de manquer l'occasion de saluer de leurs acclamations l'empereur , qui y répondait par des saluts affectueux. (76-77.)

L empereur était accompagné , dans la même voiture , du prince de Neuft-luUel Ijermier), et du grand-maréchal du palais ( Duroc) ; sa suite se composait seulement de trois domestiques et d'un courrier.

La veille de son départ, l'empereur ayant demandé à M. le maire quelle somme se trouvait disponible dans la caisse munieij>ale, M. Désormeaux répondit: Sire, il y a environ 2 5o,ooo fr.; et bien! dit Napoléon, je les retiens, et vous les remettrez à la personne qui vous les demandera de ma part.

Quelques jours après, le ministre du trésor public , fit prendre les a5o,ooo fr.

On a prétendu que cette remise a valu à M. le maire les faveurs et le titre de baron de l'empire , dont il fut gradfië.

Napoléon s'adressaiit a un ^Moupe de personnes qui l'entourait , demanda à quelle distance de la ville se trouvait Tembouchure du canal d*Orléans ; à celte question , on ne loi donna aucune réponse po«tUve : les uns lui dirent à la distance d'une deaii4ieae t d'aalrei à une lien» et trois quarts i personne ne fut d'accord.

5 açril 1808. — L'impératrice*, sume de son grandécuyer et de plusieurs de ses daines d'honneur , arrive à Orléans à neuf heures du soir , se rendant à Bayonne pour rejoindre Pempereur. Elle descendit au palais épiscopal ; elle habita la même chambre que Napoléon , et eut la même garde d'honneur. Le préfet , Pieyre , le maire , Crignoîi-Désormeaux , madame de Tascher, sa parente, M. et M"*" Auguste de Talleyrand et M. Lhuillier de Saugeville lui furent présentés par l evêque.

La ville fut spontanément illuminée, et les cris de F'ive V Impératrice Joséphine! Vive t Empereur] se firent entendre dans toutes les rues; une pièce de vers, relative à son voyage de Bayotme, faite par INI. Boinvilliers , membre correspondant de l'Institut , et censeur des études au Ijcéc d'Orléans, lui fut présentée par l'auteur. (4"77')

6 avril 1808. — L'impératrice Joséphine (qui avait épousé en premières noces un Beauharnais, originaire d'Orléans), qmue cette ville après un séjour de douze heures ; comme à son arrivée , elle fut saluée des acclamations des Orléanais. (76.)

il avril I80S.

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