‹ Recherches historiques sur la ville d'OrléansChapitre 5 sur 33 · L. un de vos abonnés · texte numérisé non relu

L. un de vos abonnés

^ Orléans y de 1* imprimer îe de Darnault-Maurand,

mai i8o$. — Renouvellement des adjoints au maire d*Ortéans : Golas-Delanoue, réélu; Dufiiur-Pibrac , en remplacement de Dufresné aîné, serrurier; Tassin-

Nonueville, en remplacement de Delaloge-Ligny , chamoiseur. (4.)

3 mai 1808. — Arrêté du maire d*Orléans , relatif aux passeports des voyageurs. Les. principaux articles de cet arrêté portaient la défense aux lhaîtres de poste aux chCTauxetaux directeurs des diligences , de recevoir des voyageurs sans leur faire représenter leurs passeports et s'être assurés s'ils avaient été visés à la mairie de celte ville. (4.)

3 med 1808. — Aignan , de Beaugency , fait paraître son liiade traduite en vers français ^ ouvi:age qui nt honneur a son auteur. (77.)

6 mcti 1808. — M. Jacol) aniû , inipi lineur do la préfecture à Orléans, fait paraître une épître iniprinKH* à la louange du préfet du Loiret , Pieyre , ])ar M. Chaiidruc, sous-préfet: cette pièce devers fiançais fut critiquée par M. Boinvilliers, cetiseur des étude.-» au lycée d'Orléans, non pour les louanges outrées adressées au préfet, mais à cause de la versification.

Cette sentence, juste sans doute, mais sévèi e peut-être d*un aristarque redotitablc, par ses fonctions mêmes, bouleversa tout le parnasse Orléanais. Çà-yy.)

6 mai 1808. Le corps municipal d'Orléans reçoit de Paris le portrait en pied de l'empereur, dans son costume impérial, peint par Gérard : il coulait 10,000 fr. Ce pré-> cieux tableau fut soustrait à tous les regards , pour n être .découvert que le jour de son inauguration , fixé au 8 de ee mois, jour de la fête de Ville, ou de Jeanne d'Arc. (4.)

S mai 1808. — Célébration de la fête delà délivrance d*Orléans; le panégyrique de Jeanne d*Arc fiit prononcé par M. Gorbin , curé de Sainte-Groix , dans l'église de St-Pîerre- (76,)

Après la procession, eut lieu , dans la grande salle de la mâirie, l'inauguration solennelle du portrait en pied de l'empereur, et pour rendre plus remarquable cette double fête, la journée finit par un erand balâ onné par le maire à la salle de spectacle, lequel coûta à la ville la somme de 1,800 fr. (4.)

Proeès'Verbal de T inauguration du portrait de Sa Majesté

V empereur et roi , dans ï hôtel de la mairie d'Orléans.

Aujourd'hui, huit mai mil huit cent huit, à une heure après midi, à la suite de la procession qui a lieu chaque année, pour célébrer la fête de lu délivrance d'Orléans par Jeanne d*Ârc, lesautorités judiciaires, administratives, religieuses et militaires, accompagnées de la garde d'honneur de Sa Majesté l'empereur et roi, se sont rendues à l'hôtel de la mairie; elles avaient été invitées à y venir prendre part, à la cérémonie de l inauguration du portrait de Sa Majesté l'empereur, que le maire d'Orléans et le cor[)s municipal ont été autorisés à placer dans l'une des salles de cet hôtel.

Admises dans la salle des audiences, et placées dans l'ordre des préséances que la loi attribue à chacune d'elles, on leva le voile qui couvrait l'auguste effigie : elle resta exposée aux regards impatiens de l'assemblée, qui ne put contenir les acclaiii;uions de la joie et de renthousiasme.

Les témoignages d allégresse avant cessé, M. le préfet , M. revenue, M. le maire et M. \c. président de la chambre de çomrijc rce, ont, dans des discours nii?si éloquens que remplis tle respect et d'admiration , développé tous les sentiniens de reconnaissance qu'inspire le grand homme, l'homme incomparable qui gouverne l'empire français.

Ces discours, successivemeni couverts d'applaudissemens, ont été terminés aux cris mille fois répètes de v'we V Empereur ! vwe Napoléon IVi'w ers morceaux de musique analogues à la circonstance, exécutés par les musiciens de la garde nationale, ont couronné cette cérémonie attendrissante.

La féte de la Pucelle d'Orléans, ainsi tlevenue doublement chère aux Orléanais, a été terminée par une réunion de tous les fonctionnaires publics à l'hôtel de la mairie: l'allégresse et le plaisir ont fait tous les frais de ce banquel.

Le présent procès-verbal, dressé eu 1 hùtel de la mairie, les jour, mois eL an jne dessus, pour être consigné au registre des arrêtés du maire.

Caignon-Désuamsaux, maire* (4'77*)

DISCOURS PRONONCÉS LE 8 MAI 1808, JOUR DE LA PETE DE LA PUGBLLE d'oRLÉANS , A l'oCCASION DE LINAU* GU RATION DU PORTRAIT DB L EMPEREUR.

Diseourê de M* Pieyre^ préfiH du Loiret* « Messieurs,

« Lorsque le retour de cette solennité, si chère à nos tondtoyensi, lesréunît chaque année dans le temple sacré, ils y entrent pénétrés à la fois de la reconnaissance due au héros, restaurateur de tout ce qui est noble et grand , qui . a rétabli parmi nous cette fête honorable, du juste sentiment d*orgaeil que leur inspire la gloire dont se sont couverts leurs ateux, à Tépoque où vivait Théroîne libéra* trice que nous célébrons aujourd'hui, et de la louable émulation de se dévouer , comme eux, à la défense et à la prospérité de la patrie; ce jour, consacre' par la joie publique à jamais mémorable pour les Orléanais | sera toujours un précieux monument de leur fidélité au souverain, de leur courage contre les ennemis de l État , et de leur admiration pour celle fille guerrière, que Tordre des destins mit à la téte de ses défenseurs, pour délivrer la France de rinvasion et de la fureur des An|;lais; ces souvenirs sont glorieux sans doute, et dignes d exciter en nous une généreuse fierté; car lesvilles^ comme les familles, ont leur patrimoine de vertu et dlionneur, et ne doivent pas ôtre moins jalouses de le conserver intact et pur , et de Fimniortaliser par leur gratitude.

« Mais, Messieurs, jamais cette belle journée ne s^offirit à nous accompagnée de circonstances aussi touchantes , aussi susceptibles de donner une nouvelle énergie à tous ces sentimCns; un mois s*est à peine écoulé depuis le moment heureux où nous avons pu voir dans nos murs le fondateur, le sauveur, le législateur de Tempire, et lau^ guste et bienfÎEiîSante compagne de ses hautes destinées ; nos cœurs sont encore remplis des témoignages d'intérêt que la bienveillance de nos souverains a dimnés à la ville d'Orléans : larbitre de r£urope a daigné écouter avec complaisance l'expression de nos vœux, et sourire à la vue du bien qui pouvait être répandu sur cette contrée ; une

céleste bonté s*est plu à ajouter encore ^ par lu grâce inex* primable qui sembleétre son exclusif apanage, uu noureau cbarme aux gages précieux de cette protection toute-puifr» santé; et Tespérance quîls nous ont laissée d*un passage moins rapide à leur retour, fait, depuis, notre plus douce jouissance. Alors pourront se signaler» avec plus d*éclat, et notre joie et notre sensibilité profonde; alors le premier magistrat de cette cité pourra faire entendre , en votre nom, un langage digne des sentimens qui vous animent; alors cette jeunesse , dont le xèle a obtenu sa plus digne récompense par lapprobation que Leurs Majestés ont donnée à 1 empressement qui Ta consacrée à leur service per* sonnel, pourra déployer , avec plus de liberté et d*ardeur, le dévouement qui la caractérise; alors, Messieurs, nous verrons se réaliser notre plus cher désir, et nous jouirons tous d^un bonheur vraiment complet.

•I Puisse ce jour de faveur luire bientôt pour nous , et

Sue du moins celui*ci , où nous trouvons tant de charmes, ans Texpression de nos hommages , proclame ensemble et nos vœux et nos espérances !

«I En considérant la hauteur des conceptions du grand . liomrae qui nous gouverne, l'importance de ses innom« brables bienfaits, la multiplicité de ses victoires, la magnanimité de son ftme, et rimtnensité de cette influence qu'il exerce sur le monde politique, pour la prospérité des nations , ne vous senible-t-il pas , Messieurs , assister à ces temps héroïques conservés jusques à nous, à laide d*une tradition devenu^ plus imposante par la vague obscurité qui lenvironne, ces temps où quelques mortels extraordinaires, intrépides protecteurs de Thumanité , obtinrent d'être élevés, par la reconnaissance, 'au rang idéal des demi-dieux; à la suite des siècles accumulés, les actions qui fondèrent ces renommées avaient fini par ne plus offrir à la raison que l'empreinte dëvénemens fabuleux, fruit de fimagination des poètes, pour enflammer les cœurs de Tamour sacré de la gloire et de la patrie. Napoléon paraît et leur rend toute la vra'semblance de l'histoire. Mais en accordant quelque réalité a Texistence d'un Thésée,d'un Hercule, la pensée s*arréte à croire que lorgneil des peuples qui l'ont consacl'ée a fait couronner une seule tête du

prix mérité par plttsieurs. Ainii, une succession de héros rot déshéritée pour exalter en un seul toutes leurs vertus réunies, et toutes les merveilles de leurs travaux , tandis que, par un effet contraire, la lointaine postérité admirant les hauts faits de Napoléon , sera forcée, quelque jour, de supposer qu'une foule de grands hommes ont rassemblé I éclat de leur gloire pour former le spectacle éblouissant de la sienne.

« Pontifes, magistrats, guerriers dont les vertus, les talens et la valeur ont utilement servi TEtat, qu'un noble dévouement anime sans cesse , et que Taînour pour votre souverain réunit niijourd'hui dans les mêmes rangs , vous tous, nos concitoytMis de toutes les classes, comme de tous les âges, que la fidélité et h; z«"^le ont rassemblés ici en foule, vous venez y poi ter , aux pieds de Napoléon , de nouveaux tnbutsde respect, d'admiration et de gratitude. Eh bien î favorisés par la plus douce illusion , vous le voyez devant vous, ce père de la patrie , ce lieros toujours triomphant, ce génie sans cesse occupé de donner à lu félicité publique des !)ases inébranlables , ce conquérant pacificateur, ce vengeur du droit des nations, et de l'oppression des mersj son image, placée sous vos yeux, au milieu de nous, est Tun de ses plus chers bienfaits; là, nous viendrons chaque jour, en contemplant ce li ont auguste , ces traits oi^sont si vivement empreintes et la majesté des rois et la sollicitude d un pere, électriser nos âmes au feu de Tamour de ia palne j nous y viendrons, avec transport, renouveler nos sermens de fidélité à sa personne sacrée, et d'obéissance tà ces lois imposantes et prospèi es que dicte sa sa(,M's-e pour le bonheur de l'Europe et de l Ëmpire. Ah! SI une main savante a unité, pour nous, avec tant de succès 1 œuvre visible de la Divinité, dont il est l'image, cette iuKige est encore bien plus intimement gravée dans nos cœurs ; oui , malgré tous ses prodiges, l'art sera toujours moi us heureux que le sentiment dont les pinceaux sont diriges par 1 amour et la reconnaissance.

• Pleins du passé, du présent et de l'avenir, que les époques d'une gloire déjà antique, de notre félicité actuelleet de la lu i liante perspective qui s'ouvre devaninous, confondues dans notre imagmaiion et dans lame de nos

«nfiiiiS|aitestent aux générations les plus reculées, aux Ages qui vont dater de 4a gloire de notre immortel souverain, tous les sentimens qu'il nous inspire. Que la religion les fortifie et les consacre, et que tous les ans nos compatriotes, nos successeurs, rassemblés comme nous dans cette enceinte, autour de Vauguste représentation du premier de leurs empereurs, prosternés aux pieds des autels, devant le Dieu qui y réside, puissent, avec une noble confiance , se dire, et jurera leurs maîtres, qu'ils n'ont pas cessé un instant d'être, et les Orléanais du temps de la Pucelle, et ceux du siècle de r^apolëon-le-Grand ! (4*76*) *

Discours (le M, Véi^éque d'Orléans^ Rousseau*

« Messieurs,

« C'est (lu pied tl(^s autels, perpétuels témoms des vœux qui d heure en lieuie s'élèvent jusqu'au trône de l'Eternel, pour lui demander de prolonger, bien au-delà du terme ordinaire de la vie, celle du héros, Torgueil do la France, l'arbitre du continent , et bientôt, grâce à son génie , le libérateur des mers, que nous venûiis consacrer, par notre présence , la solennelle inauguration de son auguste image.

« O sublime accord du christianisme avec le plus noble mouvement des plus belles âmes , la reconnaissance! on dirait que c'est de la religion seule qu'elle reçoit tout son développement, toute son énergie, et particulièrement le car.K tère d éternité qui la fait surnager aux orages politiques, la rend indépendante des applaudissemens fugitifs «le la multitude , de la constante iluclualion des opinions humaines, et même de l'empire du temps.

• Combien, Messieurs , le nouveau témoignage de fidélité, de respect et d'amour que vous olïrez à Napoléon , réuni aujourd'hui , à l'anniversaire delà mémorable délivrance de votre ville, délivrance opérée par un prodige d làéroïsme inuui jusqualors, s'embellit des souvenirs du passé , des merveilles du présent et des magnifiques espérances de l avenii .

« Vous avez vu, Messieurs , dans vos murs, l'empereur •et roi couvert de tou^ le^ genres de gloire, les seuls qu'il

semble possible à 1 homme de conquérir : eh bien ! au moment où vous en étiez le plus frappés, au moment où vous sortiez d'auprès de sa personne sacrée , partagés entre la sensibilité et l étonnement d'avoir trouvé tant de manières stmple.s et rassurantes , tant de sollicitud(' [laiernelle, tant de détails de bien partictdicr , comme de bien public-, daîis le premier souverain du iiioiidc , et tout-à- lafois le K'^ailateur de 1 état social, peut être la divine Providence (|Ui, depuis plus de quatorze ans, se plaît à renouveler sur son front I irrésistible empreinte qui le prc'sente à l'univers comme Tinstrument de ses unpenétrables desseins, peut èii t; la divine Providence lui préparait, lui ménageait aux liuntières d'Espagne....

u Ici, Messie liis , je m arrête, loin de nous l idée téméraire de tenter de lever, dune niain indiscrète, le voile, j'ai pensé dire religieux, qui couvre a nos tail)les regards les magnanimes dispositions de l empereur ; altiMuluus avec le reste de l'Europe^ attendons dans un respectueux silence qu*il daigne le» manifester.

« Mais, Messieurs, dès aujourd'hui nous pouvons le dire, et nous le dirons , avec toute l assurance que nous donne la grande âme de Napoléon , s'il revient dans cette vaste cité, où Tappellent tous les cœurs , où nos divers éuibltssemens invoquent sa sagesse autant qu'ils réclament son œil, cet œil toujours, suivant les circonstances, créateur ou réparateur, il offrira, n'en doutez pas, il otirira de nouveaux, objets a l adiiui ation, de nouveaux titres à la reconnaissance, et à l'bistoire unepai(e inaueudue.

« C'est au milieu de ces brillantes idées que nous ai mon.s a unus livi er à l'espoir que, bientôt, nous seroTis associes au bonheur dont les heureux habitans de Bordeaux ont \u prolonger pour eux la jouissance; du moins aujourd hui et désormais nous pourrons tempérer notre vive, notre trop vive impatience , en venant LOuLenipler, dans la maison cummune les traits augustes du monarque qui embrasse dans sa pensée l'universalité de ses sujets.

« Vos concitoyens. Monsieur le maire , vous doivent cette inappréciable faveur; vous avez transmis leurs vœux au ministre (le ministre de l'intérieur) de Sa Majesté, et,

dans sa liaute bienveillance , l'empereur a daigné s'y rendre. La ville d'Orléans continuera de justifier cet acte de bonté par un ardent patriotisme , par une inviolable fidélité à Napoléon et a sa dynastie, par tous les sacrifices tjue commande la coiiqnète de la paix.

• Si, de la hauteur des grands objets dont je viens, Messieurs, de vous parler, il m'était permis de descendre jusques à moi , je profiterais de l'événement qui nous ras* semble pour vous exprimer combien, dans les journées du a et du 6 avril, les deux plus belles de ma vie , j'ai été tou* ché de Toîr les habitans de ma résidence se montrer aussi sensibles qu Us ont paru l'être, à l'honneur quereceyait leur évéquei et à la considération qui en rejaillit sur son niinistère ^ en possédant successiTement dans le palais épiscopal S. M. Venipereur et roi , et S. M. rimpéraince et reine. » (4-17.)

Discours du maire d'Orléans^ Crignon-Désormeaux, « Messieurs,

« Les tableaux que la mémoire ou rimaginatton retra* cent dans nos âmes, y laissent, par leur mobilité, je ne sais quel vague qui irrite nos affections les plus tendres sans les satisfaire c'est afin de suppléer à leur imperfection , que la reconnaissance, Tamour, Tadmiration ont employé le secours des arts, pour fixer l'image des héros bienfaiteurs du genre humain: leurs traits , retracés sur le mar* bre ou sur la toile, soutiennent, élèvent, échauffent Tâme de celui qui les considère : vertus, gloire, talens, tout se présente dans le même cadre , et semble y avoir été tracé par le pinceau.

» J'en appelle à votre expérience, Messieurs, la simple effigie des grands hommes de l'antiquité ne vous a-t-elle pas saisis, au premier coup-d'œil , d'un sentiment de vénération, par Taperçu rapide de tout le bien qu'ils ont fait? L'image chérie des Français, la statue du bon, du grand Henri ne vous retraçait-elle pas son cœur noble et géné^reux, son courage intrépide, son amour pour son peuple et ses vues profondes pour le bonheur général, qu'un héros, digne de Lui succéder, devait réaliser un jour P... Dans

l'effigie tie I hei uiae a laquelle nous payons aujourd'hui le tribut anniversaire de notre reconnaissance, vous trouvez, indépendamment de la scène historique, la réunion , sous un seul point de vue, de tout ce qu elle a fait pour son pays, pour son roi et pour vous, dont les aïeux se sont couverts de gloire en partageant ses succès.

• Grâces immortelles vous soient donc rendues ^ au-

Soste restaurateur de la gloire de notre patrie , qui ares aigné consentir que notre cité prolongeât, par la yue de cette image , le bonheur cjnelle a eu et qu*eile espèro voir renouveler, de vous posséder dans son enceinte ! Ce monument précieux nous retracera les traits de votre per* sonne sacrée, et plus vivement encore tout ce que nous vous devons d*amour et de reconnaissance.

« Ne vous semble-t-il pas en effets Messieurs, voir sous les pieds du héros les débris hideux de Tanarchie et du vandalisme irreligieux qui ont désolé si long*temps le sein de notre malheureuse patrie? ne voyez-vous pas, à ses càxésf la France régénérée, la religion rétablie sur ses autels, la justice assise sur son tribunal , le commerce re«

{>laGé sur les bases de la bonne foi et des lois , les sciences, es arts encouragés et honorés, l'éducation publique marchant avec rapidité vers le perfectionnement des études, et la restauration des mœurs et de Tesprit public ? ne vojez> vous pas, Messieurs, sur la tâte du héros , cette couronne de gloire où le laurier s'enlace si heureusement avec le symbole de la paix? ne distinguez-vous pas quelques rayons de lumière qui , s élançant de cette couronne, vont éclairer dans le lointain les ruines des coalitions sur les champs de Marengo, d'Âusterlitz, d'iéna et sur les rives du Niémen? et , par suite de tous ces prodiges, vous n*ét6S plus étonnés de voir les alliés de notre éternelle ennemie désabusés ou détrônés, les amis de la France agrandis, récompensés et couronnés, le sceptre des mers échappant des mains du tyran , et sa puissance ébranlée par la chute de ses voisins, devenus les tristes victimes de sa perfidie?

« Il nous est donc permis d'entrevoir dans un heureux avenir TEurope pacifiée, les haines éteintes, le commerce vivifié et la terre n'ouvrant plus son sein trop souvent

abreuve de sang) que pour épancher sur nou$ les richesses

' c|u*elle renferme.

« Braves enfans cle la victoire , vous que rimmortel Na*

' polëon a signalés à Testime et à la reconnaissance deâ Français, par les distinctions honorables qui Vous décorent, vous savez combien il a de droits à notre amour;pourquoi ne m W-il pas donné de vous peindre , danstoute son énergie , celui que nous lui portons ? Veuillez , Messieurs, vous pénétrer de cette scène attendrissante, et, lorsque vous approcherez du ^rand pi-ince qui en est le héros , dites-lui que nous rivalisons de zèle e( de dévouement avec ses braves compagnons d*armes ; dites -lui, Messieurs, que dans une cérémonie que vous décorez de votre présence, tous nos cœurs br&laient d'une même affection ; qu'un pontife sacré que nous regardons comme un présent du ciel, et qui sait si bien allier les vertus sac^dotaies et le talent prédeux de la persuasion , les principes les plus purs de la religion et la morale du citoyen, s'est joint à nous pour célébrer ce beau moment; dites-lui que sur ce front vénérable , et sur celui de ses dipies collalM>rateurs dans la carrière évangélique, se peignaient tour-à*tour Tattendrissement, l'admiration et une pieuse allégresse; diteslui que les ministres de la justice , présidés par un chef dont la vertu et la science ont acquis une maturité pa^ faite à fâge où d'autres en font encore Tappren tissage, se sont empressés de concourir à la fête municipale dont il est Tobjet ; que le calme austère que l'habitude de Tiiiipassibilité a dessiné sur leurs fronts a cédé au mouvement de l'enthousiasme et de la joie j vous lui ajouterez,. Messieurs , que le chef de l'administration de ce département , flatté de présider l'inauguration de rimage auguste que nous plaçons au milieu de nous, a su , avec son éloquence accoutumée , ajouter au monument de la reconnaissance , les décorations du talent et des louanges aussi délicates que méritées; assurez-le, Messieurs , que cette brave jeunesse , à qui notre ri té a délégué le soin de veiller à la garde de sa personne sacrée, ne contenait qu'avec peine les élans de son zèle et de son amour pour lui.

« imageauguste, nos neveux nous envieront le bonheur que nous avons d'être les témoins des prodiges qui , dans

un intenralle si court, viennent de replacer noire patrie au premier rang des nations; mais ils ne pourront nous refuser quelques sentiinens de i*econ naissance du soin que nous avons pris d*assurer voire présence au milieu d*eus ; comme vous serez le monument de notre gratîtudei vous serez aussi la^'leçondu dévouement et de ramourquils devront eux-mêmes à Napoléon-le-Grand et aux princes dé sa dynastie : puisse-t-elle gouverner cet empire aussi long-temps que durera la gloire de son chef! > {4'7^')

Discours de M. Lochoti'Houdouardypt'ésulent de la chambre

de commerce d* Orléans,

« Messieurs,

« Au nom (le la chaïubre de commerce et de tous les iiégocîans d'Orléans, je vietis aussi apporter un tribut d'hommages que toute la France doit au héros qui en fait la gloire.

« Il ne nous appartient pas, il est au-dessus de nos forces d'essayer I éloge de tout ce que Napoléon a fait de

frand^soit dans la guerre, où tous ses combats ont été es victoires , soit dans la politique, par laquelle il a ramené toutes les cours de TEurope au système général de proscription contre l'ennemi du monde; soit dans Tadininistration intérieure, par ces lois sages qui assurent le repos de ses sujets et deviennent succ^ ssivement, par le vœu des peuples , celles d'une grande partie de l'Europe; mais nous nous bornerons à pai ler, avec l'admiration qu'elles méritent , de ces grandes conceptions qui touchent plus particulièrement le commerce.

« Sans chercher à pénétrer la profondeur de son étonnante politique, les [légocians reconnaissent que lous les travaux auxquels se livre ce grand homme , les fatigues, les dnn^^crs mêmes auxquels il s expose , ont pour un de leurs pi iiu ipanx objets celui d écraser l'implacable rival du commerce français et l éternel tyran des mers.

« En effet , Messieurs, le système oppressi ur du gouvernement anglais n'a-t-il pasété, depuis trente ans, d'entraver dabord, d'étouffer totalement ensuite Imdustrie entière des manufactures, les relations^ la concurrence et

— So-

les débouchés des productions francises dans i|ue1qtte pays que ce soit?

« Les Anglais y par l'iininensilé de leurs relations coloniales, le nombre prodigieux de leurs vaisseauZ| leur des* potisme maritime, ont-ils laissé aucun moyen au commerce français de rivaliser avec eux? ont-ils accédé à aucune des propositions pacifiques qui pouvaient nous rendre la liberté commeraale? tout ce que le droit naturel, tout ce que la raison pouvait offrir de motils de paix» n*a-t-il pas fait qu accroître au contraire leur tyrannie maritime, et imposer un joug plus pesant qu'ils ont étendu même sur toutes les nalions coninierçantes?

m Qu*afait Napoléon? il a isolé du reste de l'Europe ces destructeurs du repos du monde; il leur a enlevé ces alliés dont ils étaient si fiers, qu^ils n ont jamais aidés réellement que par de lâches subsides ; il leur aôté ces débouchés si étendus par lesquels ils faisaient rentrer chez eux, si facilement) le montant de leurs vils secours; il les a encombrés d'une masse de denrées qui , en leur devenant inutilesaujourd'hui, porte un préjudice incalculable aux planteurs de leurs colonies , aux intérêts de leurs capitalistes, aux spéculations de leurs négocians,et surtout à l'industrie et à 1 existence de leurs populeuses manufactures.

« Voilà, Messieurs, le erand acte de politique que personne ne peut se dissimuler, et que le n^ociant surtout sent mieux que tout autre avec admiration.

« Il voit que cette lutte, qui nepeutrélre longue , doit finir par ta liberté des mers« par fa renaissance du com> merce et des manufactures en France, par la création de nouveaux moyens qui donneront une plus grande activité au génie naturellement industrieux des Français, par faire valoir tout ce que Theureuse utuation de cet empire, sa féconde agriculture, ses facilités dans la circulation intérieure, ses ports si vastes et si multipliés qui dominent les deux mers, peuvent lui procurer d'avantages et porter sa prospérité à un point de grandeur qui n'a encore été atteint sous aucun de nos souverains.

« Les sacrifices que nous avons fa i ts, ceux que nous devons faire encore, sont donc bien faciles à supporter, si nous

considérons qu'ils nous associent en quelque sorte aux travaux, aux soins, aux inquiétudes du grand lionime, que leur réeoiupeuse sera den recueillir les plus riches fruits, et de partae^^er , comme Français, la gloire du héros dont lis seront i Ouvin^e.

« Les négocians de cette ville se font un devou de proclamer, à cet égard , que leur dévoueiuent est aussi entier que leur respect et leur fitlélité sont inviolables pour Sa Majesté impériale et royale ; ils aspirent au bonheur qu'il leur a fait espérer de le revoir, et à celui de lui confier, comme à un père, et leurs senti mens d'amour, et les bénédictions de ceux qu il se plaît à noamier ses eiifans. >•

Le portrait de 1 (Muperem iota dans 1 une des salles de la mairie , dilt^ des AbcLlUn , jusqu'aux désastres de l'empire ; a cette e[)oquc, cette précieuse peinture, id)jct de tau L d hommages respectiieux , fut portée sur le bûcher qui la réduisit eu cendres , par Les mêmes hommes qui l uvaient encensée. (76-77.)

i3 mai 1808. — Levêque d'Orléans, M. Rousseau, accompa^iié de JVIM. Borras de Gamanson , de Blanbisson , Demadières, Métivier, Mérault, Barbazan, Fauvel, ses vicaires-généraux, visite le Ijoée.

JM. Gentj, proviseur t à la tête de tous les membres de réuiblisfieaient, préseote ses élèves à cet éloquent et vertueux prélat, en lui adressant le discours suivant :

« Monseigneur , €*est avec les sentimens de la joie ta plus vive, que j ai vu arriver le moment de vous présenter ' ma famille adoptive; oette fiiible , mais intéressante portion du nombreux troupeau que vous gouvernez avec tant de sagesse et de gloire. A TeKemple du divin modèle de tous Tes pasteurs , vous voulez auê Us étions viennent à vous. Ces enfens de la patrie , Monseigneur, ils sont aussi les vôtres: depuis votre avènement au siège d'Orléans, vous n*ave» cessé de leur donner des marques d*une sollicitude vraiment paternelle»

• Vous daigntz applaudir a leurs travaux ; vous vous informez surtout de leur avancement dans la sagesse et la piété. Vous voulez qu'ils assistent à vos solennités, à vos instructions pastoraiesi qu'ils reçoivent de vous-même les

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