MARIE-LOUISE ▲ LA VIERGE
Hymne pour l'anniversaire de la naissance du roi de- Home»
L*hiver laissait enfin respirer la nature,»'
Et range du printemps , le front ocînt de verdure ,
Ramenait la jonraée où , nouveau Saanël »
Un enfant-roi naquit pour un autre Israël. A peine de ses feux l'aube à demi- vermeille , Blanchit le marbre obsrtir éu palnis qui soipmeiUe, Louise , dont les vœux appelaient ce beau jour, Vole au bcK < a u du fils objet de son amour , L*admire , et k entourant de la plus douce étreinte , Porte un si cher Êirdean vers fa chapelle sainte , Oik nos rois, à genoux devant le Koî des deui , Courbent la majesté d*im front religieux. L*image du Seigneur ^ et la Vierge modeste , De ses pieuses mains pressant la croix céleste,
Et renfant endormi qui nous révèle un Dieu L'auguste sainteté , le silence du lieu, Tout jette dans son âme un trouble involontaire. La reine , s'approchant de l'autel solitaire , Se prosterne , et sa voix , en timides acceiià , Vers la mère du Cflurist s'élève avec l'enoens :
« Pour ma mère, autrefois votre bonté fidèle^
« Sourit à mes vœux accueillis ; « Vierge sainte ! à vos pieds un autre soin m*appeUe^ « Je viens vous puer pour uu iils l
« Aimable et faiMe enfant f il est le premier gage « D'un hymen béni par les cîeux ;
« Ses traits, où d'un héros revît la nol>le image > « Le rendent plus cher à mes yeux.
• Tels étaient les transports de votre faenreose ivresse^
« Gbasie épouse die rEtemd »
« Lorsque da Cnrist naissant la première caresse « Charma votre ccenr roatemei.
« O vous ! dont je reçus le doux nota de Marie.»
<( Du haut de l'immortel séjour , m Abaisseï sur mon ffls , Vierge aaguste et chérie ,
« Un regard de paix et d'amour!
« Qu'il grandisse , Tespoîr et Torguei! de la France ^
« Puisse» sous l'aile du Seigneur, « Aucun souffle Ciiuenii n'altérer l'innocence
« De celte aimable et tendre ileur I
• Que mon fila aux vertus ouvre son cceur dodlè,
• Et que sa bienfoisante main ,
« Doux appui de !r\ veuve et du vieillard débile^ « Sèche les pleurs de l'orphelin.
« Quand pour sa jeune ardeur la gloire aura des charmes ^
« Veillei snr lui dam les combats ; « Qn'il imite son père, et, calmant mes alarmes,
« Revole vamqncur en mes bras I
« Et moî, lorsque de Mars r.'i m ore [)rmtanièrc
« Ramènera cet heureux jour , « Je viendrai, pour un hls élevant ma prière ,
« O Vierge 1 implorer votre amour. »-
£lle dit f et trois fois son front royal s*incline : Présage fortuné de la faveur divine!
La Vierge semble émue, et sur ses traits chéris Repose avec douceur des regards attendris ;
Tandis que, balançant For de sa tète blonde , Le fib de Dieu sourit au fils du roi du monde.
O prodige? trois fois un rnvon lumineux , De l'entant endormi couronne les cheveux , Les touche mollement, et la flamme expirante S'exhala dans les airs en vapeur odorante.
29 Janvier 18 121. — MouYement de ta population dans la oomiDune d*Orléana pendant l'année loii :
Naissances •••••• i«63a ) ^ . 21
Décès i|588r«'"--- ^<
12 février 18 12. — Pronuilgation faite a Orléans, d'un décret impi'rîal relatif aux poids et mesures, qui statue qu'il ne sera Irtit aucun changement dans le système métrique, qui est conservé dans son mtégrité; mais que les noms anciens pourront être adaptés aux nouveaux, quoique ces premiers aient été changes par la loi du 10 décembre i799-.(4.)
Ces poids ne pourront être construits qu'en fer ou en cuivre , et toutes les autres matières sont interdites. (3.)
i5 février 181 a. — Les élèves de Técole ecclésiastique du petit séminaire d'Orléans sont obligés de se rendre aux classes du lycée de cette Tille , comme tous ceux des pen* sions. Ce surcroît d'élèves obligea de doubler les cours de cet établissement , qui comptait alors 499 écoliers. (77.)
1^^ mars 1812. — Hyacinthe Tabau 11 de La Touche , élevé à Orléans, lait jouer sur le tlicàtre de cette ville une pièce de sa composition, intitulée les Projets de sagesse. Cette production eut un succès brillant et mérite j il la présenta à Paris aux directeurs du théâtre de l'impératrice^ qui la recurent avec empressement. (77.)
4 mars 1812. — Etablissement d'une fabrique de char* bon animai , fait arec des os brûlés et réduits en poudre pour être employés au raffinage du sucre. Cette £ibrique
fut élevée par le sieur Beaucheton ^ sur Tile ArrauU, près la Loire ; un petit moulin à eau fut placé sur le fleuve , et destiné à broyer les os brûlés. (77.)
1 4 mco's 1 8 1 a. — La France est divisée en 1 00 cohortes de garde nationale; un appet des 88 premières de ces cohortes est fait; Orléans, qui fiiisait partie de celle de Paris , envoya dans cette ville 409 hommes , qui lui étaient .demandés pour la défense du territoire français , pendant que les troupes de Tempire se portaient en Russie. (3.)
i4 mars 181 2. — Napoléon , pour encourager la fabrication du sucre de betteraves , destiné à remplacer celui de cannes, délivre plusieurs licences aux principaux négocians des villes de fempire pour cette sorte de fabrication : quatre raffineurs d'Orléans , les sieurs Rime aîné , Crignon- Bon valet, Âllard aîné et Robert Golas-Desfrancs, lurent gratifiés de cette autorisation.
Le pr^et du Loiret , Pieyre , fit afficher et publier dans tout te département du Loiret une drculaire pour inviter les cultivateurs à semer de la graine de betterave , en leur £iisant espérer un grand avantage pour la vente^ et en leur indiquant le moyen de prouver leur attachement à la jpatrie 9 en secondant les vues de Tempereur , qui avait 1 ratention de détruire la prospérité du commerce anglais | en empèdiant la vente de leurs denrées coloniales. (3.)
18 mars 1812. — Arrêté du maire d'Orléans, qui défend de vendre du poisson vivant, mort ou salé, autre pari que dans la halle appelée la Grande-Poissonnerie, située place du Grand-Marche. (4 )
Mars 1812. — Puits artésien commencé sur la place de l Etape, vis-à-vis la rue de l'Evêché , à viu^i, pietls en avant des bâtimens de la mairie ; les travaux en furent pousses avec activité , et , malgré la grande profondeur à laquelle on était parveiiu , les résultats n en furent pas heureux; les travaux furent discontinués, le puits fut bouché, et la dépense de 4 à 5,ooo fr. qui avait été faite, resta en pure perte , au regret des iiabitans, qui auraient vu avec plaisir une fontaine s'élever dans leur ville. (4-)
7 «^71812. — Publication faite à Orléans d'un décret impérial portant formation dune garde d'honneur à clie-
Vftl 9 pour le service particulier de Napoléon. Les soldats de cette garde furent pris dans chaque départementi parmi les jeunes gens les plus riches | et au sort ; chaque cavalier était obligé de s'habiller , s'armer, s*équiper et se monter à ses frais. Le département du Loiret , peu de temps après cette publication , fit partir vingt-cinq cavaliers qui lui avaient été demandés , et contribua alors, par son contingent, à la formation de cette belle garde, composée de deux mille sept cents cavaliers de la plus brillante jeunesse de la France, (ii.)
^SfWrU 1812. — Mort de M. Macarel, conseiller à la cour impériale d'Orléans, père de M. Macarel , ancien élève distingué du lycée de cette ville , depuis avocat et . conseiller d'état, auteur de plusieurs ouvrages estimés de droit administratif. (76-77.)
H mai i8ia* — Fête de la Ville, comme Tannée précédente } toujours sans petit puceau , représentant de Jeanne d'Arc; orateur , M. Ladureau , chanoine.
Mimai i8ia. — Mort, à Pâge de 68 ans, de M. Fabbë Gallard, natif d*Artenay près Orléans, auteur de t éloge de M. de Beauvais, évéque de Senez.^(77.)
iS août i8ai. — Anniversaire de la fête de Napoléon , empereur , célébrée à Orléans avec les mêmes cérémonies qu'aux années précédentes, mais cette fois-ci remarquable parles distributions de vivres faites aux indigens de cette ville.
Le maire d'Orléans, pai une proclamation nffirhée et placardée dans les mes et places de cette vilh ., avait indiqué le jour (le la lèLe et les distributions qui s'y feraient} ladite proclaiiiation était ainsi conçue :
Mairie d'Orléans.
FXTB DB SAINT NAPOLiON.
Le maire d*OrléanSy baron de Tempire, officier de la LégioD-dfHonneur ,
vu la lettre de M. le baron, préfet du Loiret, qui lui rappelle l'approche de la £ète de Sa Majesté , qui doit être célébrée dans tout l'empire le 1 5 de ce mois;
Ck>n8idârant qu'on ne peut donner à notre auguste sou-
D igitized by C □ o 1 c ■
•verain une marque plus certaine de notre amour et de notre reconnaissance , et célébrer plus dignement le jour de la naissance du liéios, dont la sollicitude paternelle est sans cesse occupée des moyens de soulager la classe indit^enle de son jh"li|jIc , qu'(Mi le secondant par la distribulioii de nOLiveaux seconis aux malheureux , surtout dans le manient où nous éprouvons encore les eiïets de la cherté extraordinaire du blé ^
Arrête que le 1 5 de ce mois, à deux heures après midi, il sera , place du Martroi et rue porte Madeleine , dans les locaux où sont distribuées les soupes à WRumfort^ donné à touft les îndigensf ordinairement soulagés par le bureau de bxenfabance, du pain sur les bons particuliers -quils recevront de MM. les curés et desserrans des paroisses et succursales de cette ville.
Fait en l'iiotel de la mairie d'Orléans, le 12 août r8i2.
Crig.non Désormeaux, maire. (4.)
\ "6 août 1812. — Mort, au co(uljat de Valoutina,en Russie, route de Moskou, du brave Gudin, né dans le département du Loiret , f^énéml de division dans la grande armée qui était en Ilussie. il était parti d'Orléans en 179a, commandant du premier bataillon du Loiret, composé de jeunes gens de ce département. (43.)
5 septembre 181 2. — A la suite d'une disette qui avait duré plusieurs mois, il arriva une si grande quantité de blé au marché d'Orléans, que le pain de huit livres, qui était à 40 sous, fut diminué le lendemain, dimanche, de 18 sous y ce qui ne s était peut-ôtre jamais vu à Orléans.
Voici l'explication de ce fait:
Dans cette pénurie exlrcnie, M. le maire était parvenu, par ses instances, à obtenir, par souscriptions, et en moins de deux heures, un prêt en argent avec lequel il acheta des blt-s en Belgique.
Cetteacquisitionsemonlaà lasommede 341,184 i 70 c., les dépenses furent de 333,584 fr. 02 , et il y eut un boni 2,600 fr. 18 qui lurent verses daus la caisse des hospices de la ville.
M« Baguenault, banquier à Paris ^ np voulut pas rece-
voir les signatures des souscripteurs pour lesquels il aTaît avancé les fonds, en disant à M. le maire : « Je m en rap- « porte à Thonneur des Orléanais, mes concitoyens, et « vous les remercierez de m'avoir procuré Toccasion « d*imiter leur généreux dévouement, en offrant pour « ma part 5u,ooafr. comptant. »
6 octobre 1812. — Te Deum chanté dans l'église de Ste- Groix , en action de grâces du succès de la bataille de la Moskowa. Cette cérémonie fut pompeuse et brillante, malgré la dispute de préséance entre le maire et tes membres de Tacadémie d'Orléans : les deux parties firent passer leur réclamation au ministre , dont la décision fut fevorable au maire de cette ville , qui , par suite, prit le pas sur le l'ecteur, (4.)
1 1 octobre i8ia. — ITe Deum chanté dans la cathédrale d'Orléans , en présence de tous les corps civils , ecclésiàs* tiques, judiciaires et militaires, pour remercier le ciel des succès des armées françaises en Russie et de leur entrée dans Moskou, (40
i3 octobre 18 12. — Arrêté du luaire d'Orléans , relatif à la pi'ol(>rig;iLuii la iou'e d Orléans , dite iuirc du Muil, laquellt^ lut fixc'e à quinze jours, au lieu de huit quelle
durait avauL. >^4')
6 décembre 181 2. - - Féte anniversan e du couronnement de l'empereur Napoléon, célébrée à Orlénns avec pompe, et suivant le programme qui suit, publie et afEché dans les rues et places de la ville le i3 novembre.
Mairie d' Orléans,
▲UNIVSRSAIAS bu COVROnraMBlfT os SA. MAJBSTS IMFJiRIALS St ROT4I*B4
JLe maire Orléans à ses concitoyens,
« Citoyens ,
« L'anniversaire de la fête du couronnement, en nous rappelant la grande époque qui a fixé les bases de la gloire et de la prospérité de la France, nous rappelle nos devoirs envers le héros réparateur qui nous a replacés au T. 18.
frexKAer rang des nations, dette immenae qui s*accroit chaque jour par les sacrifices sans nombre qu*il fait à la tranquillité de son peuple.
« Ëli ! vers quel autre but , en effet , pourraient tendre les efforts de cette grande âme? la gloire! Depuis longtempS) ce héros du siècle a atteint la première place^ les héros anciens el modernes la lui ont cédée.
« Pour la conserver , il eût sufE d attendre les ennemis aux pieds des forteresses qui bordent le sol français sur tous les points; était-il nécessaire de franchir les Alpes, et, de leurs sommets glacés, de fondre avec la rapidité deJ'éclair sur un ennemi surpris et déconcerté?
« Pour conjurer l'orage qui grondait dans le nord , fallait-il, dans un délai qui suffirait n peine à un voyageur isolé , voler des bords de la Manche aux pieds des remparts d'Ulm?
« Quand un roi imprudent amenait à une ruine inevitahle toute sn puissance militaire , était-il nécessnire de le prévenir par une niarche inattendue , et de le contraindre à mettre sa couronne au hasard d une bataille au sein même de ses états?
« P^tait-il indispensable , pour remporter de nouvelles victoires sur un souverain abusé, qui s'abaisse à devenir le vil instrument des vengeances et de IV goisme perfide du tyran d*"sniers, était-il indispensable d aller braver, à 4'extrémite du monde , jusqu'aux glaces de la Unssie?
« Nous ne saurions nous y méprendre: tant de tiavaux 'et d'efforts ne tendaient qu'à éloigner de nous le lleau de la guerre; repos, santé, jouissances domestiques, cojupagne adorée , tendre fruit d'une union si chère, touta été sacrifié au repos d un peuple qu'il aime.
« Puisse donc une paix solide et durable ramener à ce peuple qui 1 adore, le père de la patrie! puissent ses ennemis sentir enlui tout ce qu'ils ont à perdre dans la lutte politique qu'ils sopiniâtrenl à soutenir contre lui ! puissions-nous le voir libre enfin des travaux de la guerre , jouir en paix de la reconnaissance et de ra<lmiralion des Français , concentrer ses hautes conceptions sur le maintien àes lois, la prospérité du commerce, les progrès de i agriculture ! puissent les premièi es pensées , les premières
affections de rauguâfi rejeton de sa race se diriger sur les iraits d'un si grand modèiei vers le bonheur d'un peuple qui sait si bien aimer ! Il saura , un jour , cet enfant auguste» que nous avons prévenu les retour» de sa bienTeillance par nos affections les plus tendres pour sa personne sacrée , par un dévouement sans bornes à son service , et surtout par un attachement inviolable à ses droits héréditaires. Pourra-t-il jamais refuser ces justes retours aux enfans que son auguste père daigne chérir avec tant de bontéj quil compte au nombre des journées pecduea pour son-bonheur celles qu'il passe loin d'eux?
« D après ces considérations, le maire d'Orléans-, baronr>de l'empire , officier de la Légion-d'Honneur,, Arrête :
« Art. i*"". Le dimanche 6 décembre prochain , jour de Tanniversaire du couronnement de Sa Majesté impé* linle et royale, à six heures du matin , le son de la cloche annonc era la fête , et elle sera entendue d'heure en heure^ pendant ie reste du jour.
« Art, 2. A neuf heures et demie, la fille dotée par la caisse municipale, d'après Tin tentiou de Sa Majesté , sera mariée en l'hôtel de la mairie.
« Art. 3. Le corps municipal, acconipai^nan t Us nouveaux mariés, se rendra à onze heures à l'egiise catliédrale pour assister à la bénédiction nuptiale, et au Te Denni qui doit être clianté en action de grâces du couronnement Je Sa Majesté.
« Art. 4» A. six heures du soir, il y aura spectacle gratis f où assisteront les nouveaux mariés et leurs fa.milles, dans une place qui leur sera préparée.
<« Art. 5. Dans la soirée, réunion a la mairie (grand dîner pour les corps constitués).
« Art. 6. Les habitans seront tenus de faire illuminer le devant de leurs maisons pendant toute la soirée; il est enjoint an^ commissaires de police de veiller à la stricte exécution de cette disposition.
* Art. y. Tous les établissemens publics seront également liiuiiiinés.
« Art. 8. Le présent sera préalablement soumis à Tappiobation de M. le préfet de ce département.
« Fait en l*hôiel de la mairie d'Orléaiia, le 12 novembre xSxa.
• GftiGnoR-Diso&MBAOK ) maire. «
Cette féte fui la dernière célébrée à Orléans. (4'770
'jy décembre 1812. — Le duc d Orléans, Louis-Philippe, étant en Espagne, est chargé par le gouvernement de celte nation du coniinandeinent de Tarragonne et de Tortonne; mais le duc de Yellington engage ce gouvernement à le renvoyer. Voulant avant toutes choses rester généralissime et crai^uaiit que le commandement ne fût donné à ce prince fi ançais, il écriviL une lettre a Duiuouner contre le ducd'Orl(^ans(*). (43.)
décembre i8ia. — Barré de la Bussiére, professeur de physique au lycée d'Orléans, fait paraître une dissertation inuit'ssaiite sur les pierres tom])ées du ciel depuis quelquesjours danslesenvirons de Patay :ces pierres,aont une a été en notre possession, étaient d'une nature graveleuse, d une surface irrégulière, ohscure et comme brûlée par le feu; frottée par nous et (/rattée avec un couteau, elle avait une odeur souffrée et désagréable. (77.)
3i décembre 1812. — Suppression de la rue des Mou- Jins, située an sud de St-Aignan, ahu d'élargir le quai du lortAlleaume. La cleinolilion du vieux mur de ville qui renfermait cette rue au sud, comme la terrasse de Saint- Aignan au nord, fut faite par travaux de charité. Cette rue, fort étroite, était remarquable parce que le passage, pour les gens de pied, avaitéte établi a hauteur, sur l'épaisseur du mur de clôture , et celui des voitures dans le bas de la rue qui n'était point pavée.
Son nom de rue des Moidlns lui venait de ce que, trèsanciennement , elle conduisait à des moulins à eau qui étaient placés vis-à-vis dans la Loire* c'est aussi à cette époque (jne les ruines du fort AUeaume, bâti en iSyOf furent totalement rasées. (77.)
Décembre 181 a. — Orléans fut, pendant une partie de cette année y affligé d'une disette extraordinaire; les habi* tans ne se nournssaient quavec des pommes de terre; la
<•) HittHrê 4$ FhnutB, pu l'sbbé MMlgiilliff^^
eàinpa|^e fut encore plus malheureuse : les paysans se virent réduits à manger des herbes , des racines , ce qui en fit mourir un grand nombre dans le département. L hiver fut aussi très-rigoureux et excessivement froid et long, le thermomètre descendit de i6 à 17 degrés an-dessous de glace; il fut très-mémorable par les désastres de l'armée française en Russie.
Dans ce temps de calamité , on mit en usage les soupes dites à la Aumfort ^ du nom de lïnTenteur , lesquelles se faisaient avec des pois mis en purée, de la graisse et peu de pain.
On fit aussi une nourriture ainsi préparée, appelée économique : on faisait eréver une livre de. riz dans trois pintes d'eau, que Ton remuait fortement pendant la ouîs« son ; on 7 joignait une pinte de lait dont on réservait une partie sur ta fin de la cuisson , pour délayer trois oncea de farine assaisonnées avec une once et demie de sel; ce ris, ainsji préparé, présentait une nourriture saine et suffisante pour alimenter douze personnes. (76-77.)
1 1 foiwier i8x3. — Promulgation d'un décret impérial portant la levée de aSo^ooo hommes en France; le aépar*^ tement du Loiret fut désijgrné pour fournir un continj^ent de a,oi5 conscrits, qui nirent levés, habillés , armes et équipés en un mois de temps. (3.)
1 1 Janvier 1 8 1 S. — Les jeunes gens mariés étant, par la l^oi de la conscription , exempts de partir pourVarmée , nous avons nons-méme compté, sur les tableaux qui couvraient les deux portes de lliôtel de la mairie d*Orléans, à l'extérieur, soixantenlix mariages affichés pour la même semaine, dont la plupart étaient contractés par des enfiins de ly, 18 et 19 ans, qui voulaient profiter du bénéfice de la lot avant la promulgation dti décret. (77.)
i5 jani^ier 18 13. — Le 1 01 ps iminicipa! d Orléans offre à l'empereur ij chevaux pour la remonte de sa cavalerie
iL^à —
perdue en Russie; cette offrande fut imitée par ks babitaris de Montargis, Gien et Pithiviera, qui donnèrent, en eux trois, cheyaux , ce qui fit 44 pour le département, savoir:
x^, Orléans , i5 chevaux tout harnachés* • x5
a*^, Montargis, lA idem la
3^, Gien, xo idem xo
4% Pithiviers, 7 idem,, 7
1 7 Janvier x8i3. — Des écrits incendiaires et très-violens contre Napoléon sont placardés pendant la nuit du 17 au X 8 dans aivers endroits d'Orléans, notamment dans les rues d'Escures et de la Bretonnerie; les allarmistes de la ville se donnent beaucoup de mouvement; les royalistes lèvent la tête ; les jacobins semblent vouloir ressusciter; les administrateurs craignent le retour des calamités publiques. (76.) •
18 janvier i8i3. - — Fixation définitive de la base de la réparution des contributions de i8i3, comme celle de l'année précédente.
Le contingent du département, à la contribution foncière de iSi3 , est porté en principal à a,33o,ooo fr. (3-4-38.)
Son contingent à la contribution personnelle, sonip^ tuaire et niobiliaire de la même année est de 373,000 fr. Pour les centimes additionnels, comme en x8ia. (3.)
ao Janvier i8i3. — Mouvement de la population de la commune d*Orléans pendant Tannée iSia:
Naissances i ,3q8 ) n ^
Décès. ifilor^'^
février i8i3. — Eclipse de soleil visible à Orléans ,
laquelle commença à 7 heures ao minutes du matin. (38-
16 mars 181 3. — Mort, à 79 ans, de l'abbé Delafosse, poète et orateur Orléanais, ancien chanoine de la oatliédrale d*Orléans. {76.)
Digitizeo lj
17 mats 181 3. — Les curés et deaservaiM des ^lises du dëpariement du Loiret sont assujettis aux logemens militaires par décision du préfet. (3-3o«)
LeUre du préfet relative aux logemens militaires,
« Les curéi et desservans sont exempts du logement des gens de guerre, hors les cas de presse qui exigeât lem* placement de toutes les habitations, en conformité de Tor^ donnance royale du 98 décembre 1768, qui porte que les ecclésiastiques ne sont sujets aux logemens des gardes, pour les maisons qu'ils occupent personnellement , que dans le cas d*une nécessité indispensable ; le préfet du Loiret, tu le grand nombre de troupes qui traversent et qui vont encore traverser ce département , déclare qu*il y a presse et nécessité indispensable, qui exigent remplace-* ment de routes les habitations sans exception aucune. (3.)
a ai^rii 1 8 1 3. — Napoléon se tlisposaiil a partir pour se raettreà la tete de ses ai tuées, institue 1 impératrice Marie- Louise épouse, régente de I Knipire. (15-82-85.)
20 flm7i8i3. — Mort de Rouet (Slrnou-Alexis), vigneron de la paroisse de St-Marc, auteur de plusieurs lettres édifiantes dédiées au pape Pie VII. (77.)
8 mai 18 1 3. — - Féte de la ville d'Orléansou de la Pucelle, comme les autres années, et encore sans le petit Puceau, représentant de Jeanne d'Arc.
Orateur à Ste-Croix, M. Pisseau , curé de Meung-sur- Loire.
II mai 181 3. — L'impératrice et régente de France^ Marie-Louise, ordonne des fêtes par tout l'empire en réjouissance des victoires remportées en Saxe par les armées françaises, dans les batailles de Lutzen, ae Botzen, de Wurtzen, et autres gagnées sur les Russes et les alliés de cette puissance qui marchaient sur la France.
LBTTBE HE S. M. I«'lMP£RATAlCB-RBlBrS XT BBfiBHTB A MONSIEUR LBVÉQUB d'oBLBAHS.
Au nom de V empereur^ timperatrice^reine et régente^ à Monsieur tevêque d Orléans,
Monsieur l'évêque d'Orléans, layictoire remportée aux champs ^de Lulzen par S. M. Tempereur et roi^ notre
très-dier époux et souverain , ne iloit être considérée que comme un acte spécial de la protection divine. Nous déairons qu au reçu de la présente, tous vous coocertiea avec
3ui de droit pour £iire chanter un TeDeum et adresser es actions de grâces au Dieu des armées, et que vous y ajoutiez les prières que vous jugerez le plus convenables pour attirer la protection divine sur nos armes , et sur* tout pouT la conservation de la personne sacrée de S» M« l'empereur et roi , notre très-cher époux et souverain. Que Dieu le préserve de tout danger 1 Sa conservation est aussi nécessaire au bonheur de lempire qu'au bien de l'Europe et à la religion, qu'il a relevée, et qu'il est appelé a raffermir : il en est le plus sincère et le plus vrai protecteur. (]ette lettre n'étant à autre fin , nous prions Dieu qu'il vous ait, IMonsieur IVvèq^ur , en sa sainte garde.
Donné en uotre palais impérial de Saint-Gloud» le iimaii8i3.
Ma IlIE-LoiISE.
Par rimpératrice-régente, £te ministre d* Etat secrétaire de fa t^gence^
Duc D£ Cadobs.
Pour copie conforme :
Le miniêtre des cultes^ comte de tempire^ Bigot db PRiÂMXroii.
Par le ministre :
U auditeur au conseil dEtai^ secrétaire-génirtU^
Jaitzb.
Mandement de M» Raillon^ nommé évêqae d'Orléans ^ administrateur capitalaire le siège ^vacant , taron de Vempire^ membre de la Légion^ é^Honmur^ portant que le Te Deum sera chanté solennellement dans l église cathédrale et dans toutes les églites du diocèse^ en action de gréées pour la victoire remportée à Lutzen ie a mai i8i3 , sur les Russes et les Prussiens^ par Far-mée française^ sous le commandement immédiat de S, M* V empereur et rai.
Jacques Raillo», nommé évéque d Orléans , administra-
leur capltuiaire le siège vacaiit , baron (le.i'empire , meiu; bredc la Légion-d ilunneur.
Au clergé et aux fiUèlcb du diucèse, salut ea notie Seigneur Jésus-Christ.
Que les desseins de Dieu sont impénétrables, nos trèschers frères, et quil est au-dessus de notre faible intelligence d*en sondor la profondeur I Qui de nous eût pensé, il y a cinq mois, quand nous gémissions d'une calamité jusque-là sans exemple dans notre histoire, que si peu de temps aprèsces accablans rerers, toute la terre dût encore retentir du bruit de nos triomphes? Adorons cette main puissante et miséricordieuse qui abat et qui relève ; cette main divine toujours fiivorable à la France» et qui, en la soumettant à une si rude épreuve , semble n'avoir voulu que lut faire connaître tpute 1 étendue de ses forces, et apprendre au reste du monde, par un mémorable exemple , que cette valeureuse nation, comme le peuple le plus célèbre de Tantiquité, ne montre pas moins de courage à souffrir, qu'à faire de grandes choses et que tout lui est possible, excepté de se laisser vaincre*
Quel avantage immense ce triomphe des élémens n eût* il pas donné à nos ennemis contre tout autre peuple ! Vouâ savez aussi jusqu'où il avait élevé leurtt espérances. A peine s'attendaient-ils à trouver encore des obstacles , lorsque, pleins de confiance, comme autrefois ces ennemis du peuple d'Israël , dans la multitude de leurs chars et de leurs ohevaux.(^), ils s'avan^ient sur les terres de nos alliés, et menaçaient de loin ces belles contrées du midi de TËurope, qu une protection si marquée du ciel a toujours préservées, dans ces derniers temps , du malheur d'être le théâtre de la guerre. Gomme si Dieu eût voulu que tout conlribuât à accroître encore l'illusion qui les flattait, il a permis qu'à l'aspect d'une puissance en apparence si formidable , les peuples et les rois, séduits ou épouvantés, cherchassent un houteux refuge dans la protection de ces mêmes armées dont l'approche ne leur était annoncée que par des ravages.
(*) Êt faeêre êt pati fSHia Romanunt est. TU. liv. lib. t, 12.
(**) m in curribus et hi in e^U, nos ùutsm i» nsmiuê DomiMDsi MJlrt invocahiiitus, fs. 19,8*
Vous ïïfèz TU cette Prusse ^ toujours si variable dans sa faible ^litique, s'associer par un pacte monstrueux à ses ennemis naturels y et se détacher de Talliance du prince magnanime à qui seul elle avait dù , il y a peu d'années , de rester encore au nombre des nations et de conserver un trftne.
De quelle joie cruelle les menaces de tant d'ennemis réunis contre nous ne transportaient pas cette île fatale d'où furent lancés sur le continent les premiers brandons qui allumèrent ce vaste incendie! Déjà elle morcelait en 'idée cet antique empire des Gaul«s , dont la destinée fut toujours de ne dépendre , après Dieu , que de lui-même : déjà elle en proposait les plus belles provinces comme le prix de la défection des souverains* On eàt dit, à enten*dre les calculs de sa haine et ses relations mensongères-! que la France n'était plus qu'un grand arbre déjà coupé dans ses racines, qui allait tomber avec fracas, et dont tout le voisinage était appelé à se partager les branches.
Quand lorgueil des hommes est monté à son comble , c'est alors que l'arbitre suprême qui régit l'univers, tonne du plus haut des cieux (*), et fait évanouir comme un songe les fausses idées de grandeur qui les abusaient. On dirait fju'uue voix secrète avertit le héros de la France que le moment est venu de s art achcr, non pas aux douceurs du repos, sa grande âme les (onnaît-elîe? mais aux soins laborieux de l'intérieur de son empire, pour aller se mettre à la téte de ses braves. Il part : la rapidité de iaigle lui fut donnée , aussi bien que la force du lion ; et seize jours après qu'il a quitté sa capitale, le triomphe de Lut zen met hn à nos anxiétés, et aux rêves ambitieux nos ennemis.
Mémorable journée! Qui pourrait en calculer les suites heureuses? Nos derniers neveux en recueilleront encore les fruits. Mais pourquoi nous borner à la France? C'est du sort de l'Europe qu'il s'agissait à Lutzen.
Goûtez donc , nos très-chers frères, les doux fruits des sacrifices que vous avez faits avec tant de zèle pour la patrie , et un dévouement si tendre pour le monarque au-
(*) Intonuit de cœlo Dominus, Eccli. 46, 20.
guste qui lait votre sûreté aussi bien que votre gloire. Ne songeons plus à des pertes qui ont appris à nos ennemis que pour un empire si fécond en ressources, et pour un peuple d'un si grand caractère , il n'en est point d'irré*
parables.
Aurons-nous jamais de plus beau sujet d actions de grâces? Venez, nos très-chers frères; que vos chants et vos prières fassent retentir les voûtes de nos tempîesj l'auguste régente vous y invite elle-même. Qu'il est consolant pour les âmes vraiment chrétiennes, qui sont en si grand nombre dans ce diocèse, de lui voir commencer l'usage de l'autorité souveraine par l'acte solennel d'une pieté si tendre! Comme toutes les vertus de cet ange de paix se peignent dans cette lettre que nous avons reçue avec des respects S! profonds ! Quel tendre intérêt elle y montre pour ce peu[)le français, qui est devenu son peuple ! Quelle vive et touchante piété! Quels vcbux ardens pour ia conservation du héros dont elle fait le bonheur comme il fait sa gloire! Que Dieu le préserve de tout fiarigerÇ^) ! s' écrïe-telle avec une émoiion qui a pénétré toutes lésâmes. Princesse aut^uste, ce cri de foi, de ])ieté et d'amour sera répété d'une extrémité de l'empire à l'autre : de timtes les bouches, ou plutôt de tous les cœurs, il va s élever vers le trône de celui qui tient dans ses mains les destinées des héros, et qui leur donne la victoire.
Grand Dieu, toute la France est en ce moment prosternée devant vous. Exauce» les prières de ce peuple qui vous fut toujours cher , et qui vous demande avec larmes, Hen plus vivement encore que de nouveaox triomphes, la conservation dug^d prince que tous avez protégé jusqu'ici d'une manière si.visible dans les oombats^ Maintenez cette force et cette vigueur que vous avez pris plaisir à proportionner à l'ardeur de son génie, et oue semblent accroître encore les fiitigoes de la guerre. Faites plus , Seigneur , mettezfin aux oangersoù s'expose depuis si long-temps une tête si prëdeuser Accordez la paix à nos vœux .: elle iest le l^remier besoin du monde* Donnezruoas paix sur paix, comme parlent vos Prophètes afin que n ayant plus
(*) Lettre de Sa Mnjesté rimpciaUice-ieinc et régente.
(**) Servabis pacem , pacem qvin in te speravtmus. isaï , cap. 26, 3. ,
rien k craindre des ennemis du dehors , il ne iiou$ reste & combattre que ces ennemis de notre salut que nous'por» tons en nous-mémeS| et avec lesquels nous ne pouvons jamais espérer d^aToir ioi*bas unejpaix entière.
A ces causes, pour nous conformer aux religieuses intentions de S. M. Timpératrioe-reine et régente, et après en avoir délibéré avec les personnies vénérables qui composent notre conseil , nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :
En action de gnices de la victoire remportée à Lut* ten le a m.ai, sur les Eusses et les Prussiens , par larmée française, sous le commandement immédiat de S. M. l'empereur et roi, le Te Deum sera chanté solennellement dimanche prochain a3 du même mois , dans l'église cathédrale. On y joindra comme prière spédale , pour demander & Dieu la conservation de S. M. l'empereur et roi, le psaume JExaudiat^ le verset Fiat manus tua^ le verset J^vmine , salvum fac^ etc,^ l oraison pro gratiarum adionef et roraison pro Impcratore ;
2°, Les inemes actions de grâces seront célébrées dans toutes les églises du diocèse , le dimanche qui suivra imniédiatetuent la réception du présent mandement, lequel sera lu au prune de la messe paroissiale.
Donné à Orléans, au palais cinsrojial , sons notre seing et le coutre-seing de notre secrétaire , le 20 mai iÔi3.
J. Raii r ON.
par mandement y CoNSTANS, chanoiue-chevecier, secrétaire.
j juillet 181 3. — Plusieurs centaines de prisonn^rs anglais, qui venaient du dépôt de Verdun, arrivent à Orléans et sont logés àSt-Charîes ; rapproche désarmées étrangères vers les frontières de l^Vance , avait nécessité l'évacuation de ces prisonniers dans l'intérieur de l'empire. (4*)
127 juillet i S — Le marédial Jourdan, qui se rendait à fiayonne, arrive à Orléans; mais à peine est-il descendu de sa chaise de poste pour dîner à lliotel des Trois-Empereurs, rue fiannier, qu'il est arrêté par ordre supérieur, sans que nous en ayons su le véritable motif, malgré nos investigations les plus scrupuleuses. (77*)
juillet 1 S i^^ — Joseph Bonaparte, roi d'Espagne |
qui ayait quitté son royaume pour retourner à Paris, passe par Orléans avec une très-faible suite après lui; il traversa la ville, qui ne lui 01; aucun honneur ni réception .
ifkooûiiSiZ,^ Eclipse de lune visible à Orléans à une heure dnquante minutes du matin.
i4 août 181 3. — Arrêté du maire d'Orléans relatif au pavage aux frais des propriétaires , en face de leurs mai'» sons ; cet arrêté, qui avait été pris le 25 juillet de la même année, ne fut affiché et placardé qu*à cette époque dans les rues d*Orléans. (4.)
19 octobre iSi3. — Le corps municipal d Orléans, réuni en assemblée générale, arrête à la majorité d'envoyer une députation extraordinaire et une adresse à Marlc-Louise, impératrice et régente, laquelle contenait l'expression du dévouement le plus absolu aux volontés de Napoléon , leur empereur et souverain , et les vœux les plus sincères pour la prospérité de ses armes et lu perte des ennemis de la France, qui étaient aussi les siens. (4-)
La ville cf Orléans à Sa Majesté V impératrice-reine
et régente.
« Madame,
« Le troue et la couronne que vous partagez avec le héros réparateur de l'empire français, seront transmis sans tache à la postérité de Votre Majesté impériale et royale, s'il ne faut, pour en conserver lu gloire , cjui' lu vie et la fortune du peuple auquel vous venez de donner des gages si solennels de votre attachement et de votre estime ; il en sent le pi ix , et il sacrifiera tout pour justifier à la face du monde eiuitîr un témoignage si glorieux pour lui.
« Notre empereur , la patrie et l'honneur nous appellent, avc/-vous (lit, iMadauie, et c'est vous qui nous transuieLLuz eu cri de guerre ; nous ne uous laisserons pas devancer en dévouement par le peuple honj^rois , et nous saurons faire un rempart de nos pei hoiiiies a la lille auguste de Marie-Thérèse, à lepouse du grand Napoléon, à la mère tendre de Tenfant chéri , l'espoir Je l'empire , et, disons-le, à la femme forte qui vient de proclamer, avec
tant de courage , l'adoption solennelle de ses nouveaux enfiiDs.
m Daignez, Madame, agréer Thommase de fidélité , de reconnaissance et de respect que la ville d*0r1éans nous
(Autographe de M. l'abbé Septier, bibliothécaire de la ville).
Fu ren t nommés députés pour porter l'adresse ci-dessus : MM. Grignon*Désormeaux, maire^
Moreau , membre du conseil «wnicipal d'OrléanSf
Lebrun, idem,
9 novembre 1 81 3. ^ Allocation ordonnée par Son Excellence le ministre de l'intérieur, suivant sa décision de ce jour, en faveur de MM. les députés auprès de Sa Majesté impériale et royale, à raison de 3ofr. chaque par jour de séjour, et 6fr. par poste.
M. Gri^on-Désormeaux, maire , président de la dépu* tation, suivant lallocation de Son Ebicellence : 16 postes i;4 d'Orléans à Paris, pour aller f 16 postes If 4 de Paris à Orléans, pour revenir;
3a postes i/a, à 6 fr. 1 gS fr. \
Frais de séjour , du jeudi a 1 octo- j bre, jour du départ, au novem- \ 555
bre, jour d'arrivée à Orléans, douze 1
jours, à 3ofr. chaque, 36o y
M. Moreau, avocat , membre du conseil municipal, pour 3a postes i;a et douze jours de séjour 555
diarge de dé
M. Lebrun, architecte, pour idem
j 7 novembre i8i3. — Promiilgatioîî faite h Orléans du décret impérial qui niubilise 160,000 hommes de gardes nationales,' cette ville, ainsi que le département du Loiret, fut désignée sur le tableau de répartitiou pour iournir 1,200 hommes. (3.)
O Manuscrit de M« le maire.
i^janpiertBi4» — Les bases de la répartition des contributions de 1 8i 4 sont fixées comme celtes de l'année précédente i8i 3»
Le contingent du département, à la contribution Ion* cière de i8i4) est porte en principal à a^33o,ooo fr.
Son contingent à la -contribution personnelle, somptuaire et mobiliaire delà même année est de 373,100 fir.
Il est imposé , en sus du principal de Tune et Taulre de ces contributions, des centimes additionnels , comme les autres années. (3.)
i^' janvier 181 4* — L'armée russe et prussienne, forte de 70,000 hommes, passe le Rhin et entre en France.
4 jamier x 8i4* Le prince Schawartzemberg , à la tète d*une armée de lao^ooo hommes de plusieurs nations, entre en France par la Suisse.
l^Ja/H'icr 181 /[. — Association a Ot'leaus sous le nom de Péniieiis clc iNinive ; l<j nombre en était limité , mais il y avait des sous-frcres eu ^rand nombre. Cette association , qui avait des prières particulières , des stations à jour fixe à St*Aiçnan, avait, sous une dénomination religieuse, un but politique et royaliste contraire au gouvernement impérial. (76.)
16 janvier 1 8 14^ — Le maire d'Orléans fait placarder et afficher dans cette ville, une proclamation pleine de sentimens patriotiques et de dévouement à Napoléon, pour engager les jeunes getis d'Orléans à s'armer et à marcher à la aéiense de la i lauce , qui venait d'être eavaiùe pur les étrangers. (4.)
21 janvier i8i4» — On ressentit ce jour, à Oj Icaiis, vers sept heures un quart du matin, (|ue!i|ues petites secousses de lreinl)lcnient de terre; le temps alors était nébuleux, le vent sud-est, et le thermomètre de Kéaumur à 3 degrés 1 1 3 au-dessus de zéro.
28 janvier 18 14. — Conformément à la lettre ciaprès, M. Haillon, nommé évêque d'Orléans, publie un mandement pour implorer les secours du ciel sur les armes de Napoléon et la délivrance de la patrie envahie par les troupes étrangères.
Lettre de JH. Vempereur et roi à Monsieur Véveque
dOrléam.
Monsieur révêque d'Orléans, au nioment ou nous allons nous mettre à la liXc de nos armées pour repousser l'invasion des enueiuis de la France et en diMlvrer notre territoire, notre première pensée est de recourir à la protection de Dieu, pour qu'il daigne bénir nos armes, et rénergie de l'honneur trançais dans la défense de la patrie. Nous désirons donc qu'à la réception de la présente, vous reunissiez les fidc les dans les temples de votre diocèse, pour adresser au ciel les prières cunsacrées par l Eglise, et que vous leur retraciez, avec les sentimens que la religion inspire , les devoirs qu'elle impose dans ces circonstances à tout citoyen Irancais. La présente n'étant a autre fin , nous prions Dieu, Monsieur révéque d'Orléans, qu'il vous ait en sa sainte garde.
Donné en notre palais impérial des Tuileries, le a4 janvier i8i4<
Napoléon.. Par l'empereur.
Le ministre secrétaire d*Etat ,
Le duc DE Bassano.
Pour expédition conforme:
Le ministre des cultes ^
Le comte Bxoor db PsiAMBirBiJ.
Par le ministre :
Vauditeur au conseil d^Etat, secréteUre-général ,
Mandement de M. RaUlony nommé é»éqae dOfiéans^ administrateur capitulaire le siège vaeani^ baron de Vempire^ membre de la Légion^ Honneur^ qui ordonne que des prières publiques auront lieu dans toutes les églises du diocèse, pour demander à Dieu de bénir les armes de S, M, l'empereur et roL
Jacques Bâillon, itomnié évèque ci Orléans, administrateur capitulaire le siège vacant, baron de 1 empire , membre de taLëgion-d'Uonneur,
Au clergé et aux fidèles du diocèse^ salut en Notre Sei- ' gneur Jésus*<ibrist.
Accourez dans les temples, nos très-chers frères; que tout ce qui a conservé des prindpes de foi lève vers le del des mains suppliantes. La guerre | ce fléau dont nous n'aTons cessé de déplorer les rayages, même au milieu de nos plus beaux triomphes ; la guerre , que toutes les chan* ces de la fortune semblaient devoir tenir éloignée de nous, quelques mois ont sufBt pour la ramener du fond des contrées du nord sur les anciennes limites de nos Gaules* Exemple mémorable à ajouter à tant d'autres que Dieu s'est plu à donner au monde, de rinstabiiité des prospérités les plus étonnantes !
Oui, nos très-clieis frères , cet empire si constamment protégé du ciel, cette France naguère encore si reduutee , et qui sans donte n'a pas entièrement cessé de l'être , réduite aujourd iiui à combattre, non plus seulement pour les intérêts de sa gloire, mais pour son indépendance, entend de toutes parts l'insulte et la menace de 1 ennemi qui frémit à ses portes. T. es peuples qu elle a protégés s'unissent contre elle aux peuples qu'elle a vaincus : tlu nord au midi et du couchant à I aurore, dans sa vaste étendue ils 1 entourent , ils la serrent comme une effroyable ceinture de maux , et déjà la dévastation est entrée avec eux sur quelques points de son territoire.
Ah! sans doute il fallait qu'il fut dans les desseins de Dieu de nous mettre à cette rude épreuve , puisque ni le génie si fécond en ressource d'un grand monarcpje, ni la valeur toujours indomptable de nos légions, n'ont pu retenir plus long-temps cette horrible calamité loin de nos provinces.
C'est dans ces graves circousLauces,nos très-chei s frères, que la religion et la patrie se réunissent pour imposer les mêmes devoirs. Quel cœur demeurerait fermé , quand le cri de la foi , quand le cri de l'honneur , quand le cri de l'intérêt propre de chaque citoyen se fait entendre P
Que notre première pensée, nos très-chers frères, et c'est le Yosu religieux qu'exprime notre auguste empereur en nous annbn^nt son départ pour âler se mettre à la téte de ses braves , que notre première pensée soit
de recourir à la protection de ce Dieu puissant qui tieat dans ses mains le sort des peuples ei dt^s empires. Mais en levant les veux vers la mnrUagiie sainte d'où les âmes fidèles attendent leur secours, pénétrons - nous de cette idée, que nos prières ne peuvent être exaucées ni agréables à Dieu qu autant que nous ferons nous-mêmes pour la patrie tout ce que les dangers qui la pressent la mettent en droit d'exiger de ses enfans, et que nous nous prêterons , non-seulement sans résistance et sans murmure, mais avec résignation et avec zèle , à tous les sacrifices que les besoins de 1 Etat auront rendus nécessaires. Eh î quels sacrifices pourraient paraître peniLles a un peuple qui combat pour ses propres foyers, et à qui tous les nobles sentimensqui ont action sur le cœur de l'homme font un besoin comme un devoir d'éloigner l'ennemi de se» demeures ?
Suivons, nos très-chers frères, l'exemple de dévouement qui nous est donné dabautdu trône. Ce grand prince que nous avons vu aussi ferme dans les revers qu'il a toujours paru calme et sanis orguôl dans les triomphes , s'élance de ses palais , tout ému des eémissemens de nos provinces envahies qui l'imolorent. Il part j il va exposer pour nous à de nouTeatuL daneers celte tète auguste, el celte vie précieuse qu'il semble ne compter pour rien dès qu'il s'agit du salut de ses peuples.
Ënflammoas^nous du même zèle, nos très-chert frères; ayons pour la patrie y menacée de tant dé périls , les sentimens qui conyiennentàdesFrani^a* Loin dune si grande nation I l'abattement qui accroît les maux parce qu*il trouble la sagesse même, et c|u'en obscurcissant les lumières il empêche d'apercevoir les ressources. Si l'esprit du christianisme est un esprit de résignation et de paix, il est aussi un esprit de confiance et de force. Ouvres les livres saints, ouvres, les fastes de l'église , vous y verrez que le découragement n'entra jamais dans une ême vraiment chrétienne.
Mettons Dieu dans nos intérêts, nos très-chers frères | voilà ce qui importe au salut de l'Etat, aussi bien quau salut de nos âmes. £n quelquo nombre que soient nos ennemis, que peul*il nous rester à craindre , si nous avons
pour nous celui qui commande aax Tents et aux tempêtes |. et qui n a besoin que d'un souffle pour briser les cèdres
du Liban ?
Quel motif de sécurité pour nous , nos très-chers frères, de songer que ce Dieu de bonté n'a point cessé de regarder d'un œi! favorable les heureuses contrées que nous habitons! Car a quelle autre canse pourrions-nous attribuer le calme dont nous jj)iiissoris encore P (Continuons à nous reposer du soin de notre tranquillité intérieure sur sa protection sainte, et après elle, sur le zèle des sages magistrats à qui sa providence a contié le bonheur des provinces qui composent ce (.llocèse.
Nous en avons 1 espérance , nos très-chers frères ; si la paix , don t nous rroyons entrevoir l'aurore même à travers je ieu des combats , était reiusee aux vomix du monde entier qui l'attenil , qui la veut , qui i appelle , le retour des anciennes iaveurs du ciel, qui ont si long-temps illustré nos arnieSi en accélérerait pour la France le moment souhaité.
C'est dans cette ferme confiance, c'est dans ces sentimens de piété et de foi que nos prières et nos cœurs vont s*élever vers le iiùne du Tout-Puissant, d'où dépendent également et la paix et la guerre.
A ces causes, j)our nous couiormer aux religieuses intentions de Sa Majesté 1 ciiij>ereur et roi, et après en avoir delitjereavec les personnes vénérables qui composent notre conseil , nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit :
I**, Dimanche prochain, 3o janvier, a l'issue de la
frand' messe , le Miserere sera chanté dans l'église calhérale , sous Tantienne Parce y Domine , avec l'oraison pro tempore belli. On y ajoutera le verset Domine, sahum fac^ et l'oraison Pro imperatore»
a**, Il y aura dans la même égUse exposition du Saint- BMrement pendant trois jours consëcuti£s, à commencer lundi 3i du même mois. On dira au salut les prières ^(^^ , "verum ; Domine « non iecuruBun ; le Miserere , et Tan tienne Parce , Domine; le Sidf tuum; lantienne pour la paix ; la prière pour Tenipereur $ les oraisons , i du St-Sacrement ; a**, Deitâcujus proprium eH misereris 3**, Pro pace ; 4°, Deus fui saiutU eÊftemm ; Pro Imperatore.
3**, Les mêmes prières des Quarante-Heures se feront successivement dans les autres églises paroissiales de l'intérieur de la ville, selon l'ordre qu'elles ont coutuine d'ob* server entre elles.
4**, Elles auront lieu de la même manière dans les églises des villes chefs-lieux d arrondisseniens , et dans celles dont la population est de plus de 3,ooo ànies.
5**, Dans les autres églises du diocèse , elles se feront pendant trois (linianches consécutifs, immédiatement après la réception du présent mandement.
6% A. toutes les messes on dira la collecte , la secrète et ]a post-communion Pro tempore ^«//t, jusqu'à la paix.
Et sera notre présent mandement , lu et publié le dimanche qui suivra immédiatement sa réception.
Donné à Orléans , an palais épiseopal, sous notre seing et le contre-seiug de notre secrétaire, le i8 janvier i8i4*
J. Kaillon.
Par mandement y CoNSTANS, chanoine-chevecier, seerétaiie.
— Mouvement de la population dans la commune d'Orléans pendant Tannée x8i3 :
Naissances ^^^"^^l Perte 3on
Décès 1,646)^^'^^ ^""'^
3o janvier x8i4* — Le pape Pie VU, qui Tenait de quitter 5a résidence de Fontainebleau pour retourner à Bdome, passe par Orléans en poste à six chevaux pour sa berline, et vingt-deux en tout pour sa suite; il donna, sans descendre de voiture, trois bénédictions papales , une à la porte Bourgogne , à quelques ecclésiastiques qui s'y étaient rendus avec Tabbé RoiAain-Gallard , et qui la reçurent à genoux; la seconde sur le Martroi, aux habitans qui s'y trouvaient rassemblés et qui la reçuren t debou t, seulemen t découverts; la troisième à l'entrée du pont, aux personnes qui y étaient arrêtées , dont plusieurs restèrent couvertes et debout. (76-77-)
La présence du pape à Orléans fut une faveur accordée aux habitans par considération de S» S., qui voulut bien rendre cette route de Fontaîndi>leau à Lyon pour visiter e troupeau de l'évêque Beroier qu*il avait vu à RomCi et
avec lequel il avait eu des conférences pour arrêter le concordat. (7*76-80.)
6 février 1814.
yirrèt de la conr impériale d Orléans ^ portant enregistrement des lettres- patentes qui confèrent a Sa M.ajesté timpércUrice^ Marie-Mtouise , le titre de régente.
Ce jour 9 la cour, réunie en audience publique et extraordinaire, toutes les chambres assemblées , d après l'indication donnée par M* le premier préûdenty à 1 audience d'hier,
M. le procureur-général a présenté à la cour le bulletin des lois ^ n° 556, contenant les lettres-patentes données par Sa Majesté l'enîpereur et roi , au palais des Tuileries, le janvier i8i4, pour contérer à Sa Majesté rimpératrice et reine , Marie-Louise , le titre de régente de l'empire ; puis il a dit:
« Messieurs,
« Il est encore présent à votre pensée , le moment où , dans cette ( ticeinte, je retraçais les avantages de notre organisation sociale.
« Fort de celte organisation , qui assurait la tranquillité à 1 intérieur, et confiant dans ralliance et dans la bonne foi de souverains dont l'empereur avait élevé, agrandi ou consolide les trônes , Sa Majesté entreprit une guerre nécessaire à l'honneur du pavillon et à la prospérité du coinnierce de son empire.
« Un hiver anticipe a trompé tous les calculs de la prévoyance , et affaibli les armées; le génie de l'empereur les a subitement réorganisées, et conduites de nouveau à la victoire.
« Ce que l'intempérie n'avait qu'ébauché, la trahison Ta consoiniué: des alliés ont déchiré les traités; ils ont tourné contre la France les armes qu'ils avaient prises de concert avec elle; maintenant Us lueiiaceut notre patrie de subversion, ils sont sur notre territoire ; ils y sont «utrés avec des projets de [>illnge , de dévastation.
« Les insensés ! ignoreni-ils que Napoléon , grand dans
la pmpérité, est supérieur à luraéine dans Tadversité lenorent-ils combien est forle une nation qui combat chez elle, dans son intérêt et pour sa propre conservation ?
« Français, ralliez-TOUS à ses aigles ! Napoléon , que la Providence a suscité pour le salut de la France ; Napoléon qui, en Fan iv, a garanti la capitale d'une guerre civile; Napoléon qui, en l'an Tin, au milieu des flottes anglaises, a su traverser les mers pour retirer f Etat du gouffre dans lequel il était sur le point d'être englouti ; Napoléon qui , après avoir tout recréé , a constamment marché à la victoire, saura surmonter les désastres des élémens et de la trahison ; l'empereur vaincra toutes les coalitions, il purgera l'empire de la présence des coalisés.
« Déjà sont réunis autour de lui des guerriers dont les revers n'ont fait qu'enflammer le courage ; six cent mille nouveaux combattons prennent les armes ; chaque citoyen devient soldat, et veut concourir à conserver intact l honneur national; il sera conservé! Sans recherchti dans l'histoire, ni dans le événemeii s pnssés , ce que peut le courage joint ail génie des Français , nous avons pour garant de notre salut les défaites (ju éprouve (K^à l'ennemi. Dès que rcnijioreur a paru à la tête de ses troupes , des succès ont LUI 11 once sa présence; encore quelques jours , et on ne connaîtra la foi ce des alliés que par le nombre des mort$ et des prisonniers qu'ils auront laisses sur notre sol.
" L'cniienii ne pourrait avoir de force que dans notre désunion ; restons donc unis.
« Il cherche à inspirer de la sécurité ; c est une perfidie ; quel est son intérêt dans nos affaires ? ii ne peut nous gouverner.
« Il ne pénètre que dans les villes où on ne lui oppose aucune résistance. Un seul coup de fusil tiré sous les tnurs de Montargis Ten a éloigné; armons-nous, combattons.
« Deâ proclamations fallacieuses le précèdent j qu'elles soient déchirées î
« Les rapines , le viol, l'assassinat, l'incendie marquent son passage; il est au pouvoir des Français d'éviter ces fléaux De l'énergie , de l'intrépidité !
«« Les habitans du Loiret, fiers des victoires de leurs ancêtres y prouveront ù l'univers qu'ils n'ont pas dégénéré
de leurs aïeux; comme eux, ils défendront leur territoire; comme eux, ils seront vainqueurs.
« Magistrats et citoyens, fidèles au serment que nous avons prêté, donnons dans et moment de crise I exemple pour tous les sacrifices que les circonstances exigent ! Dévoués au succès de la cause coninuuie , inspirons ce dévouement aux Français par des vertus , de la moralité , et
parnotre attachement au chet de r£tâ(;. Que nos
actions, nos discours soient tous dirigés vers l'accomplissement de ses f^nands desseins; secondons-les de notre autorité; aidons, de liniluence que nous donnent nos fonctions, lauguste compagne que, pour le bonheur de l'Etat, Tordre et le maintien des lois, Sa Majesté l'empereur a associée h son noijvcîrnement ; concourons tous ù asseoir et a rendre staijle leur dynastie.
« Le Français aime ses magistrats; jamais il ne fut sourd à leur voix; les grands corps de magistrature ont fait entendre utilement la leur dans tous les orages politiques: vous remplacez ces corps ; imitez-les, donnez le signal et l'exemple ; vous l'avez solennellement juré dans une de vos dcmières assemblées ; j en ai rendu compte au gouvernement; vos justiciables le sauioni^ lesieiout unis à vous et entre eux.
u Assurés que vous veillez pour la conservation de leurs propriétés, que le repos des objets de leurs affections, des vieillards, des femmes, des enfaus ne peut être troublé, que les citoyens valides s'arment et marchent à l'ennemi , ils reviendront bientôt jouir de leurs succès;
« Que le cri de vwe t Empereur! vive l'Impératrice! vive le roi de Rome! parti de cette enceinte ^ retentisse dans tout le ressort de la cour , échauffe , électrise tous les cœurs , et soit répété partout ; qu'à ce cri de ralliement chacun coure aux armes, et la France sera sauvée ! »
M. le procureur-général a ensuite requis qu'il plaise à la cour ordonner aue les lettres-patentes, qu il vient de présenter^ soient lues, publiées audience tenante, et qu'elles soient transcrites sur les registres de la cour.
La cour donne Vcte à M. le procureur-général de l'apport du Bulletin dee lois » n® 556 ; ordonne que les lettrespatentes j contenues seront à Tinstant lues et publiées.
Icelleb lecture et puhlicnilon faitos, la cour a ordonné que lesdites lettres-pateutes seraient transciiieâ sur ses registres;
Et à l'instant, M. le premier président et tous les ineDibres de la cour ^ par un mouvement spontatië, ont prononcé ce cri si cher aux 1 rançais: P^ive l Empereur ! vive [Impératrice I vii>e le Roi de Rome !
Ce cri a été répété dans toute Tenceiote du palais.
La cour, partageant les senti mens exprimés par M. le procureur-général dans son discours,
Arrête que ce discours sera transcrit sur les registres des délibérations rie la eour, et qu'il en sera envoyé copie a tous les tribunaux de première uistance du lessort.
Tail et donné {)arla cour, 1 audience tenante, en robes ' rouges, toutes les chambres réunies, ie 5 lévrier 1814.
Signé au registre :
Le baron Petit-Lafossb^ président.
Coilationné :
Le greffier en chef, Dsmaght. (7.)
NOlfS DES MEMBRES COMPOSANT LA CODR IMPERIALE | SEANT A ORLEANS LB 5 FÉVRIER i8l4*
Premier président.
M. le baron Petit-Lafosse , rue des Faucliets, i*'.
Presidens de chambre,
MOd. Enoui', rue Bretonnerie 1 11^ 3 ;
Le baron Arthujs de Gharnisay , rue de la Crosse,
Dupont , rue Bretonnerie , n^ 3* CotiseiUers,
MM: Hautefeuille, rue du Bordon-Blanc , n*' i5j l'oucher aîné, cloître Ste-Croix, n** 5 5 Ferrand , cloître St-Aignan , n** 6; BouqueroL-Vohgny , rue de l'Oie, n° lo j Lemolt-Phalary , rue Royale, n** 20; Boidier, rue SL-31aclou , n® 16 ; Magon de St-Eher, rue Bretonn erie , n** 12^ Fougeron aîué , cloître Ste Croix, n** i**";
MM« Taschereau , |>lace de TEtapei i^';
De Thébaudieres , rue desQuatre-Degrës , 4î Gouêt-Montarand , rueBretonnerie, n** 4^ S Loyré , rue Màchecloux , 4^ > Moisand, rue St Euverte , 22 ; Delaplace, rue des Grands-Ciseaux , n** i3 ; Legier , rue d'Escures, n** 16; BaschetpSaint-Aignan, rue de Gourville , i*'; Boclieron-Desportes , rue des Carmélites | Bou 1 langer , rue de la Tour-Neuve, 5; D'Arnaud , rue Bretonnerie , n** 58; Goubeau de ia Madeleine , rue de laLionne, n^ 47*
Conseillers auditeurs,
MM. Mauvif de Montergon, rue de la Lionne, n** i"; Colas de La Noue, rue Màchecloux, n** 89; Ferrière de Loyac , quai de Recouvrance , n° 2 1 ; Durzj , quai de Hecouvrance , 34 ; Ferraud , quai de Recouvrance, n** 34*
Procureur- Général.
M. le baron Sezeur, chevalier de Bois-Mande, place du Martroi^ 19.
j4 uocatS' Généraux.
MM. Le chevalier Russeau , rue des Pensées , 10 ; Bureau du Colombier, rue aux Ours, n? i'^
Pour le service du parquet,
' MM. Leroux, rue Maret , n" 3 ;
Miron de l.espinay , rue Neuve , Sj.
Greffier en chef.
M. Demachy , rue Vieille-Monnaie, n^ x6. (7.)
to février i8i4< — Bataille de Ghampaubert , dans le département de Seine-et-Marne , qui touche À celui du Loiret,
Une division de cosaques de 1 armée russe fondit dans le département du Loiret , et vint même sous les murs d'Orléans quelques jours après» (43-76.)
10 février i8i4* Le général de brigade Cbassereaux , nommé commandant de la subdiviftion militaire du Loiret, en remplacement du baron Scbiner, qui était en. activité aux armées I est envoyé à Orléans par Napoléon , avec or« drê de mettre cette ville en état de.'défense , attendu que les troupes indisciplinées des alli^ avaient fiiit une excursion aans le département du Loiret, et semblaient you«^ loir se porter sur cette place. (4*3 )
Le général Cbassereaux , le jour même de son arrivée à Orléans, commence par feire évacuer sur Poitiers tous les
Srisonniers de guerre anglais gui étaient dans la villci afin e ne pas être embarrassé de ces étrangers,* déjà ils commençaient à prendre un air menaçant, et sortirent même de la place presque en révolte, mais ils furent contenus par la fermeté du général, et la présence de la compagnie des Buttes et celle de plusieurs braves Orléanais , débris de la garde nationale* (4>77')
11 /eWer i8i4« — Le général Cbassereaux, qui était cbargé de conserver Orléans , désigne pour commandant de cette place un officier nommé Léopold Gunietti, cbef de bataillon, commandant depuis quelque temps la compagnie de réserve ou des Buttes d'Orléans. (4-76.)
— Le coniriiandant (le l;i place d'Orléans demande au corps municipal de cette ville, pour travailler aux fortifications, vingt maçons, deux cent cinquante terrassiers , cinq cents tonneaux vides, trente mille sacs à terre, deux cents planches de quatre pouces d*éqnarrîssage , douze cents livres de clous, des pelles^ des brouettes et des hottes, enfin tout ce dont il avait besoin pour mettre la place à îabri d*un coup de main , et la défendre le plus possible.
— Le majre d Orléans s empresse de mettre en réquisition maçons, charpentiers, artificiers, plombiers, ferhlautiers, serruriers, terrassiers, marchands de toile, etc., etc.,
et de tûurnir au commandant de place, Cunietti, planches, madriers, poinçons, clous, fer, etc., sous la responsabilité du sieur Dubois, entrepreneur de bâtimeus et voyer de la ville.
Ces réquisitions occupèieni une grande partie de6 uu-
vriers de la ville qui étaient sans ouvrage , par la sta^^nation des travaux dans la plupart des manuiactures d Orléans. (4-77-)
12 ftvrter i&i4* — Le commandant Gunietti fait fortifier la porte Bourgogne $ tes grands arbres qui étaient à re&térieur sont abattus et placés l'un sur l'autre , avec leurs branches enlacées; il fit creuser ^ en ayant de cet abattis, un fossé circulaire qui venait se terminer, au sud et au nord, dans les fossés de la ville; la grille de fer fut gar^ nie de fortes planches de quatre pouces d'épaisseur, cré* aelées à quatre pieds de terre; deux pièces de canon de quatre furent placées sur les remparts intérieurs, à droite et à gauche de la poite, et dirigées sur la route de Bourgogne. (4-7^0
— Par un ordre du jour, il est enjoint à tous tes proprié> caires de vignes , à une lieue à la ronde des murs de ville^ au levant, au nord et au couchant, de planter des ëchalas^ dans leurs terres, et de les enfoncer à la hauteur de deux pieds, pour empêcher la eavalerie ennemie des'apprixdier de la place.
• ^ Des barrièites de bois très-épaisses- sont établies sur le port, au bas de la manufiM^ure de coton de la porte Bour|[ogne, au levant de la ville et i la porte Barentin ; ce» barrières, crénelées et terrassées, s'avançaient dé plusieurs' toises dans la rivière pour empêcher de les tourner; la terrasse du b&timent de maître de la manufiicture de coton était aussi disposée pour y placardes tirailleurs.
Un courrier passe par Oi Icaiis et. y annonce que les alliés avaient t;Lc battus a Champaubei t le lo de ce mois, et rejetés on Bourgogne; cette nouvelle fut de siute iiiise à l'ordre du jour par le commandant de la place.
13 février — Le commandant de la place fait élever une petite tête de pont du côté du Portereau, vis-à-vis la rue Dauphine ; le pavé en avant de la grille, dans la denii-lune, fut relevé et amoncelé en arrière des fossés pratiques eti avarit sur cette rue. (4-77»)
Toutes les grilles cîes portes de la ville sont flanquées de pièces de bois de cinq pouces d'épaisseur, de neuf pieds de
hauteur, crénelées à quatre pieds de terre, et garnies d un petit parapet intérieur. (4-77-)
1 4 février iSi 4' — Le général Chassereaux, qui commandait la subdivision d'Orléans, fait fortifier la porte St- Vincent avec des chevaux de frise de douze pieds de haut sur une grande longueur et largeur; il fit créneler les premières maisons du faubourg après en avoir fait murerles portes et les croisées qui donnaient issue sur la campagne; puis il ordonna de creuser un fossé sur le chemin à gauche qui conduit à St-Marc, un autre à droite sur le chemin du Champ Carré, derrière lesquels il fut élevé des banquettes paiissadées et terrassées pour y placer des tirailleurs. (4*
— Arrivée à Orléans de plusieurs petits détachemens d'infaalerie et de cavalerie , qui allaient à Tarmée rejoindre leurs corps; le général Cbassereaux les retient dans cette ville pour renforcer sa petite garnison et faciliter la garde de tous ses postes. (4*7^77 •)
^ Tous les pionniers et terrassiers qui travaillaient aux fortifications u Orléans sont réunis dans les fossés depuis la rivière, au bas de la manufieicture de coton, jusqu'à ceux de la porte St-Vincent , pour creuser lesdits fossés, aux« quels on voulait donner assez de profondeur pour que les murs de ville eussent vingt pieds aëlévatîon. (4*77*}
— Le général Ghassereaux donne Tordre au commandant de la place d'Orléans , Cunietti, de faire ranger tous les bateaux qui se trouvaient sur la Loire dans un seul et même endroit, quil désigna entre Tanden couvent de St-CSharles et le pont, de Tautre côté de la ville, avec Tautorisatîon de faire brûler sur-le-cbamp tous ceux qui n'y seraient pas garrés dans la journée.
Il s'en trouva réunis 7 lo de vides et 3a6 chargés. (4*)
i5/em>r 1814. — Ce jour, de bon matin, lebruit ayant couru à Orléans que les ennemis sapprociiaient de la ville, l)()ii iii)ii]l)nj d'habitans se hâtent de passer sur la rive gauche de ia Loire, ou de fuir dans leurs terres avec leurs femmes, leurs enfans , leurs domestiques; ceux qui restent (hm^ la ville cachent leurs effets les plus précieux. Quant au peuple Orléanais, il attendait avec Uanquillité le
résultat des ëvënemens en vivaot du travail de ses mains aux fortifications; les travaux étaient payes très-exactement par le sieur Dubois, Toyer de la ville, qui en avait la conduite f sous l'inspection du commandant de place Gunietti, avec les fonds fournis par la ville. (4*77 •)
— Le commandant de la place d*Oriéans Êiit élever , en avant de ta porte St*Jean , un épaulementavec les terres d'un fossé circulaire qu*il fit creuser pour interrompre le passage à droite et à gauche , le tout embarrassé de plu* sieurs arbres abattus, couches Tun sur Tautre, les branches entrelacées; la porte on hoia fut fermée et barricadée, après avoir été crénelée à la hauteur de quatre pieds*
— Les travaux pour la défense des portes Madelaine et Bannier sont terminés; à la première il fut placé des ma* driers de cinc[ pouces d'épaisseur, hauts de dix, rangés en forme de palissade, à la distance de cinq toises de la grille de fer; cette palissade , crénelée pour la fusillade , était enfoncée en terre et soutenue par celle d*un fossé circu* laire qui interrompait le passage ; les premières maisons du faubourg furent crénelées, les portes et croisées bou* chées, et la rue à gauche qui conduit à 1 église de St*Lau* rent fut fermée par un mur qu'on 7 éleva et dans lequel on fit des créneaux et une banquette pour les tirailleurs.
La seconde , la porte Bannier, fut fortifiée de la même fiiçon; la palissade seulement fut carrée et non circulaire, ainsi que le fossé qui était en avant , afin de faire face à la route de Paris au nord, au chemin qui va à la porte St-Vincent au levant , et à celui de la porte St Jean au sud-ouest; la petite rue à gauche et à celle à droite qui vont dans les vignes , furent fermées par des murs de dix pieds de haut, crénelés et défendus par un fossé en avant ; les premières maisons du faubourg furent fermées, les portes et croisées murées solidement. (77-4-)
— Le commandant de la place fait placer auprès des portes de la ville , dans l'intérieur, à l'entrée des petites rues adjacentes aux rues principales qui y conduisent, des voitures renversées, liées fortement et garnies de fascines
àê Mm €t pavés, afin darréter plus facilement les entiemis s*ils parvenaient à pénétrer dans la ville; les maisonsdé droite et de gauche de ces rues principales des portes, furent disposées pour j placer des tirailleurs par les portes et fenêtres des étages supérieurs, si le cas devenait nécessaire» (4-77O
16 février i8i4« — Le maire trOiléans lait livrer au comniandaiii de place, par le sieur Mcunier-Malhieu , marchand de loile, rue Porie- Bourgogne, les trente mille sacs que ce dernier avait oté requis de fournir à jour nommé; ils avaient été taillés dans ses magasins et cousus par une grande quantité de femmes etd*enians,qui étaient sans ouvrage. Ces sacs de toile, de deux pieds et demie de hauteur , sur huit pouces de laige, c*est*à-dire vingtquatre pouces de diamètre, furent remplis de terre par les. pionniers et sur»le-champ placés sur les parapets, princi* paiement aux environs de toutes les portes de la ville, afin de mettre à couTert les tirailleurs destinés à les défendre.
— Le sénateur, comte Chasseloup, arrive à Oriéaaa vers midi ; il était envoyé dans cette ville par Napoléon, pour foire la visite des moyens de défense employas pour mettre k |^lace en état de souienîr une première attaque, et pour s entendre avec le général Ghassereaux, le commandant Gunietti et les autorités pour conserver Orléans.
— A peine le sénateur, comte Chasseloup, est-il arrivé à Orléans qu'il est averti par un exprés et par plusieurs habitans de Cliàteauneuf, que quinze à dix-huit cents cosaques étaient entres à Chàteauiieut , où ils pillaient ei dévastaient tout, en nieuaçauL de se porter surOilcaiis pour en faire autant, et brûler la ville si t)ii ne leur ouvrait pas les portes à la première sommation. (4-y^*77*)
1 7 février i8i4* — Le préfet du Loiret, Pieyre , quitte Orléans pour se retirer à fieaugency, à six lieues an cou* cliant^le la première ville; il était stûvi des principaux commis de son administration ; il fit établir ses bureaux et
tîéposer les principaux papiers de la préfecture à l'hutel de la commune de anie petite ville, où il prit lui mcme momeiilanément son logement j des courriers furent placés le long de la route d'Ork'ans à Beaugency, à l'effet de donner à ce fonctionnaire des nouvelles d'heure en heure de tout ce qui se passait dans la place d'Orléans* (4'^'770
— Le sieur Salomon DftlKère-Flaîaant, ancien chapelier d'Orléans rae Bannier » maire de la petite commune de Semoj, à une lieu enyiron an levant de cette ville y se di* sant prisonnier sur parole des cosaques , se présente à une heure après midi à la porte Bourgogne , en demandant à parler am généraux et commandant de la place, pour leur remettre un écrit dont il était porteur, lequel lui avait été donné par le chef des troupes étrangères; il est conduit à la mairie par quatre citoyens armés dece poste, dont nous faisions partie; arrivé daus la salle du conseil, où le baron général de brigade Chassereaux , le sénateur comte Ghasseioup , le chef de bataillon Léopold Cunietti , commandant delà place, le maire d'Orléans,Grignou*Désormeaus, PetitrSémonville, secrétaire de la mairie, et quelques membres de la commune, la plus grande partie a^ant quitté la ville, étaient assemblés , il présenta un écrit au crayon portant ces mots : « La ville Orléans est en danger, si on ne la rend pas , alors le corps qui vient soua le commandement du général fera brûler la ville.
« Le 17 février.
« Général SssLARiN. »
Les niemlues du conseil, indignes d'une sommation si fanfaronne et aussi indécente, furent unanimement d'avis de renvoyer le messager des cosaques satis réponse, ce qui fut fait sur-le-champ; ils prirent la résolution de prouver à ces cosaqiK s le peu de crainte qu'ils inspiraient aux Orléanais et à la petite garnison de celte ville, en marchant le lendemain à leur rencontre; tous les membres sortirent pour faire pari de cette décision aux hai>ilans, aux troupes, et pour disposer celte expédition. (4-7^-770
— Le soir même de la sommation fanfisronne du chef de Tartares^ il arriva un accident bien fait pour jeter l'a-
larme dans Orlëaiift : des plombiers qui travaillaient sur ka toits de la cathédrale oe Ste*CroiXy ayant quitté Tou* vrage sans avoir bien éteint le charbon de leurs fourneaux , qu ils n'avaient lait que retourner sens dessus dessous, il s en suivit dans le clocher un commencement d*in* cendie qui obligea de sonner le tocsin*^ et répandit l'épouvante dans la ville ; les habitans les moins résolus crurent que les cosaques s'étaient emparés de la place et donnaient le si^^nal de leur victoire au corps d'armée qui menaçait Orléans; mais les braves ofliciers, soldats et habitans, sans s'inquiéter des Russes , prirent si bien et si promptement leurs mesures» quen peu dinstans le feu fut éteint, le calme revenu dans la place et le bel édifice de Ste^Croix conservé, (76-77.)
— Le général cosaque Seslarin, qui avait si cavalièrement sommé la ville d Orléans de se rendre à lui, ayant vu son envoyé, le sieur Dal li ère-Plaisant, maire de Semoy, revenir sans réponse, avait fait avancer ses troupes sur la place; elles en étaient si près , que depuis huit heures du soir jusqu'à une heure du matin, on entendait et voyait, dans la direction de St-Marc et de St-Loup, les coups de
Sistolets qu'ils tiraient et les feux qu'ils .avaient allumés ans ces deux endroits. A la même heure nous avions concert délèves dans notre maison, et le bruit des armes à feu des cosaques qui se mêlait à notre symphonie n'intimida aucun des exécutons, qui devaient , quelques momens après, aller se mesurer avec eux. (4-76-77.)
— Mort, à St'Jean-le-Blanc,de Alaussion, habile chirurgien, natif de Chartres. (77.)
18 février 181 4* — Le général Ghassereaux , commandant à Orléans, qui avait, pendant toute la nuit du 17 au 18 février, disposé Son expédition contre les cosaques qui menaçaient la ville, rassemble, à quatre heures du matin et en si l en ce, sa petite garnison, qui s'élevait à 498 hommes formée de divers détachemens, composée d'inÊinterte et de quelques cavaliers retenus à leur passage à Orléans; la compagnie de réserve ou des Buttes, de 60 hommes, et environ i6o volontaires Orléanais, se réunirent à ces braves et formèrent une petite armée qui s'éleva à 717 hom-
biyilizûu by GoOglc
mes, ofilciois, sous-officiers et soldats compris, dont 60 dragons pour toute cavalerie , les gendarmes du département ayant été appelés à l'armée active depuis plusieurs niois. (4-76-77.)
A cinq lieures du matin les troupes sortent par la porte Bouigogne, qui resta défendue par le commandant de place Qinietti , ayant sous lui plusieurs centaines de citoyens Orléanais , débris de la garae nationale ; arrÎTée à une lieue environ d*Orléans, entre St-Jean-de-Braje et un endroit appelé Carré, Tarmée rencontra environ i,5oo -cosaques, traînant avec eux deux mauvaises petites pièces de canon dont ils se servaient fort mal ; le général Chassereaux fit prendre position à ses troupes sur la hauteur, en avant la croix de bois de StJean-de-Brayej puis fît passer dans les vignes, à droite et à gauche de la route, une partie de ses soldats en tirailleurs, commandés, ceux de droite par le major Calais, du i55% et ceux de gauche par le major Lagneau, du 1 5 3^$ ensuite il fit barrer le miheu de la route par des planches, des pièces de charpente de pressoirs, des poinçons vides, des ragots, des bourrées, des javelles, qu'il trouva dans les maisons de campagne voisines de sa position : cela fait , il plaça le corps principal de sa troupe derrière ces retranchemens et fit commencer le feu. Les cosaques , qui ne pouvaient entrer dans les vignes à cause des fossés et des haies qui leur en défendaient le passage , ni courir après les tirailleurs, à cause des échalas qui avaient été enfoncés à deux pieds en terre par les propriétaires , d après un ordre du jour du commandant de la place d'Orléans , tentèrent à plusieurs reprises d'enlever la redoute qui était sur la route; mais toujours repoussés avec perte, et ne pouvant enfoncer le centre, ils prirent le parti de battre en retraite: c'est alors que le général fit avancer ses 60 dragons, ^ui chargèrent inopinément les cosaques étonnés et .surpris, lesquels croyant avoir donné dans une embuscade, et avoir un régiment de cavalerie à leurs trousses , s'enfuirent à toute bride, non sans avoir laissé plusieurs des leurs, qui furent sabrés sans miséricorde par les dragons français , qui les poursuivirent presque jusqu'à Chécy,où était le gros de leur troupe.
Cetle petiie expédiiion coûta aux ennemis environ 160 hommes tués , qui restèrent sur la route , dans les vignes et dans les fossés, et beaucoup de blessés dont on ne sut pas le nombre, parce qu'ils les en traînèrent avec eux dans leur fuite; du côté des Français il ne fut heureusement tué personne, parce que les cosaques ne purent les aborder ; mais il y eût plusieurs blesses, parmi lesquels se trouvèrent le major Lagneau du i53* et Calais, major du EÔ5*^. On ne perdit qu'un seul homme parmi les volontairea Orléanais : un artiste comédien fut fuit prisonnier au moment où, seul, il était sorti des rangs pour courir, la baïonnette en avant» après un officier cosaque.
Lé général Chassereaux fit établir un bivouac pour toutes ses troupes sur le champ de bataille même, avec la défense la plus expresse de le quitter , croyant que les en* nemis reviendraient a la charge en plus grand nombre; il fit porter en ville les blessés qu il recommanda aux Orléanais. (4-7^77-)
— Le maire d'Orléans fait porter aux défenseurs de la ville, à leur bivouac de St-Jean-de-Braye, du vin, du pain et des rafraîchissemens; les habitans, de leur côté, leur portèrent de la soupe et des viandes cuites.
— Bataille de Montereau, département de Seine-et- Marne, a quinze lieues S.-E. de Paris, la huitième qui eut lieu sur le sol de ia patrie. (43«)
Le général Chassereaux ayant fait passer à sa petiie armée orléanaise plus de vingt-quaire heures sur la route de Sfe-Jean-de*Braye, pour y attendre les cosaques, c^ui ne revinrent pas à la charge, la ramène vers la ville, et etabht un bivouac sur la hauteur avant St^Loup, près de la maison de campagne du séminaire, dans laquelle il pla^ un corps-de-garde avec un officier de la compagnie de réserve ou des Buttes , nommé Buisson , et 5o nommes, tant de cette compagnie que de la troupe de ligne et des volon* taires Orléanais, et de plus ta dragons et un maréchal-deslogis de ce corps.
— Le général Chassereaux rentre à Orléans après trente-six heures d absence^ il est reçu avec joie et enthou-
siame; plusidurades soldats rapporiaîent en triomphe des casaues, des armes, desTétemeos et plusieurs cnevaux qu'ils avaient pris sur les cosaques | ils vendirent à leur profitions ces objets; des curieux firent Tacquisition des armes offensives et défensives : un casque , une paire de pistolets et une veste de cosaque nous ont appartenu.
Cette petite expédition coûta à la ville, seulement pour .les troupes, pour les munitions de guerre et de bouche, la somme de i,3o5 fr* 5 c. (4*770
février i8i4* — Les ennemis qui étaient entrés dans le département du Loiret , ayant été* avertis du résultat de la bataille de Montereau,où la division dont ils faisaient partie avait été battue , s'enfuirent avec précifNtation , et délivrèrent de leur présence, non*seulement les environs d'Orléans, mais encore tout le dénartement. Le corps municipal d Orléans, en mémoire de cette délivrance, attribuée à la protection de St-Aignan, fonda pour la somme de i5o fr. annuelle, un salut dans l'église oe ce saint évêque. [Compte de ville,)
Jêvrier- 1814. — Publication faite à Orléans, par le clief de bataill(jn Lëopold Cunietti , commandant de la place, d'un ordre du jour dans lequel il félicite la garnison et les volontaires Orléanais du zèle, de la discipline, du sang-froid et de la bravoure qu'ils Ont tous montrés dans l'expédition qu'ils venaient de faire, dont le résultat avait été de chasser les ennemis des environs des niurs de la ville.
21 février 1814. — Arrivée à Orléans du brave artiste comédien nommé Phi lis St-Léger, celui qui avait été pris par les cosaques au combat de St«Jean-de-Braye. Après avoir été traîné et maltraité par eux jusqu'à Cliecy, où ils le firent garder dans la grange d'une aubeîge par quatre cavaliers, ils le laissèrent tout le reste de la journrc du 18, époque où il fut pris, sans boire ni manger, en menaçant à tout moment de le fusiller • enfin , il fut assez heureux pour s'évader, aidé du fds de l'aubergiste chez (|ul il était retenu, et alors que les cosaques, ayant appris le résultat de la bataille de Montereau , s enfuirent avec une teUe peur qu'ils abandonnèrent une partie de leurs ba-
— ija —
Sages, leurs prisonniers et leurs fournitures de bouche et e guerre.
Cet artiste ayant reparu sur le théâtre quelques jour» après, foi reçu par les spectateurs Orléanais avec enthousiasme^ surtout lorsqu'il chanta, dans la Caravane du Caiee^ le rôle de Saint-Phare, et les paroles /a Fictoireest à nous, (76-77.)
aa jévrier 18 14. — Mort de Latour fils, jeune médecin, natif d'Orléans.
Son oraison funèbre lïit prononcée sur sa tombe par le docteur Lanoix père, son intime ami.
— Combat de Méry-sur-Seine.
Ce combat de Méry, donne le jour du mardi gras , fut remarquable par le sang-froid , le courage et la folie des troupes françaises de la division du générni Buyer, qui toutes masquées, se bnttirent comme des lions eL ne quittèrent leurs déguisemeus qu'après avoir fait fuir les ennemis.
« Ces fous sont pleins d'honneur,
« Ainsi qu'au bal, ils courent aux batailles. » {VoUaire^
Ce fait nous a été confirmé par plusieurs Orléanais qui se sont trouvés a cette action tout extraordinaire. (43- 76.77.)
^mars 181 4* — Publication faite à Orléans, par ordre du commandant de place, des décrets impériaux qui suivent :
Aa quartier-impérial à FiMMt, le 5 mars 1814* NAPOLÉON, empereur des Français, roi dltalie,
protecteur de la confédération du Rhin, médiateur de la
confédération suisse, etc., etc., etc. ;
Considérant que les généraux ennemis ont déclaré qu'ils
passeraient par les armes tous les paysans qui prendraient
les armes.
Nous avons décrété et décrétons ce qui suit : Art. 1". Tous les citoyens français sont non-seulement autorisés à courir aux armes , mais requis de le faire ; de sonner le tocsin aussitôt qu'ils entendront le canon de nos troupes s'approcher d'eux, de se rassembler, de fouiller le&
bois, de couper les ponts , cl*întercepter les routes, et de toinber sur les flancs et les derrières de lennenii.
Art* a. Tout citoyen français pris par l'ennemi et qui serait mis à mort, sera sur-le-champ vengé par la mort, en représailles, d*un prisonnier ennemi.
Art. 3. Nos mmistres sont chargés de TeKecution du
λrésent décret, qui sera imprimé, araché et inséré au i^ii /• etin des Lois,
Napoii^on.
Pai l eiiipereur , JLe ministre sécrétai r-e d'Etat ^ Le duc de Bassano.
Au quartier-impérial à Fiimes, le 5 mars i814. NAPOLÉON, empereur des Français, roi d'Italie, protecteur de la confédération du Rhin, médiateur de la con* fédération suisse, etc., etc., etc. ;
Considérant que les peuples des villes et des campagnes^ indignés des horreurs que commettent sur eux les ennemis, et spécialement les Russes et les cosaques, courent aux armes, par un juste sentiment de l'honneur national, pour arrêter des partis de Tennemî, enlever ses convois et fui faire le plus ae mal possible; mais que dans plusieurs lieux ils en ont été détournés par le maire ou par d'autres magistrats.
Nous avons décrété et décrétons ce qui suit : Art. Tous les maires, fonctionnaires publics et habitans qui , au lieu d*exeiter l'élan patriotique du peuple, le refroidissent ou dissuadent les citoyens d'une légitime défense, seront considérés comme traîtres, et traités comme tels.
Art. a. Nos ministres sont chargés de Texécutiondu présent décret, qui sera inséré au Bulletin des Lais,
NAPOLioir.
Par l'empereur ,
Le ministre secrétaired^ Etat f
Le duc de Cà4>sano.
(} mars i8i4« — • Un nommé Gu3rnand-Roma , natif d'Orléans, désigné comme étant uû espion des ennemis^
est arrêté sur la place du Martroi de cette ville et conduit sur-le-champ daus la prison des Ursulines. (4*77*)
iQmars i8x4« — division de cosaques russes qui rôdait sur les confins du département du Loiret, ayant arrêté la voiture de la poste aux lettres ^ qui venait de Nemours à BlontarfpS) les habitans de Pers, commune de cet arrondissement, sonnèrent le tocsin, et leur curé, nommé Pothiery en tête , attaquent les ennemis, les mettent en fuite, reprennent la voiture et délivrent le conductenr et le postillon. Le curé était monté sur un cheval ; il rangea ses paroissiens en bataille el^ leur donna l'exemple de la charge en faisant le premier feu de ses pistolets. (7.)
— Seize pièces de canon de divers calibres , envoyées par le gouvernement, arrivent a Oiléans. Le général Chassereaux les met à la disposition du commandant de place Gunietli , qui les fait de suite mettre en batterie sur les remparts, principaiement de chaque côté des portes de la ville. (4 7^-77-)
Il ma/ s iuj4« — Des citoyens d'Orléans, anciens canonniers dans le i**" corps volontaire de cette ville, en 1789, ou membres de la compagnie des pompiers de la ville, se présenlent au général Chassereaux pour offrir Je faire le service des seize pièces d'artillerie qui étaient arrivées de la veille; leur offre de service estacceptée avec empressement, et le commandant de place Cunietti est cliargé de les distribuer par batterie.
. Voici les noms de ces braves volontaires ;
Alamassé, charpentier,
Allard, raffîneur.
Basseville aîné, couvreur.
Baucherie, commis.
Benoist-Vernin, plfttrier.
Bertrand, plombier.
Blondin, commis.
, Boucher, serrurier.
Boyer, entrepreneur.
Breton-Durauzeau , commis.
, Champoix fils, chaudronnier.
Gbartier père> cordonnier.
Chaumeau, maçon.
Conscience, charpentier.
Cl escendîau , boucher.
Delaume, maçon.
Den an ce, fondeur* Dubois, voyer.
Dufresné le jeune, serrurier.
Dupuis-Fanét, couvreur.
Fédou, teinturier.
Fragni, couvreur.
Grellet, maçon.
Gourgoulin aîaë, couvreur.
Hatton.
Hochard fils.
Machereau, charpentier.
Marchand fils.
Martin-Villette.
Merle, charpentier.
Moreau, couvreur. Pagot-Rougeauy maçon.
Paris, couvreur.
Paterne Gourgoulin, idem, Pécantin-Sallé.
Pinard, charpentier.
Ponceau, idem.
Poulain, chamoiseur.
Renard, maçon.
Roma aîné, charpentier.
Sain loin, confiseur.
Simonin, plâtrier.
Sirou, serrurier.
Vendais, menuisier.
Vernein aîné, plâtrier.
la mars i8i4* — Le duc d'Angouléme arrive à Bor-; deaux avec lavant-garde, des troupes anglo-espagnoles. Cette ville fut la première qui se cféclara pour les Bourbons , et qui proclama Louis XYIII. (4^*)
3o mars 1814. — Combat de Paris sur les hauteurs de Montmartre , douzième bataille donnée sur le sol de la patrie, (43.)
Le même jour, Napoléon qui avait {)orLé son quartier* général à Tioyes le 29, était a Fontainebleau. Il apprend que les Russes et les Prussiens arcouraient à marches forcées sur Paris. Ce prince et son armée partent aussitôt, et volent au secours de la capitale. Arrivé à Troyes, Napoléon, que fatigue la lenteur d'une marche militaire , se jette dans une carriole de poste , et le 3o mars, à dix heures du soir, comme il relayait à Froidmanteau , à cinq lieues de Paris, il apprend que cette ville a capitulé.
Napoléon, en apprenant cette nouvelle , voulut marcher en avant j mais il en fut empêché par le prince de Wagram, le duc de Vicence et le général Bellîard. (43.)
3i mar» i8i4* — A midi , Tempereur de Russie, le roi de Prusse et le généralissime Wellington font leur entrée dans Paris ^ à la téte d'une grande partie de leurs troupes. « Le peuple en foule, dit un écrivain , est attiré par la curiosité à un spectacle tout nouveau pour lui , et qui cesse d^étre humiliant, quand on se riippelle que l'invasion n'est pas le fruit d'une victoire; mais du moins ce peuple reste dans un morne silence, tandis que des rubans, des guirlandes, des couronnes sont jetés auit dévastateurs delà France comme des ti'UKjignages de reconnaissance et d'union. Le Prussien, le Russe, le Tartare sont embrassés, fêtés par des dames françaises, et l'on voit prodiguer aux soldats mercenaires de Tétranger des soins et des secours
refusés quelques heures avant à des héros citoyens
Par respect, jetons un voile sur ces bassesses ; elles mériteraient d'être honorées, si c était pour leur prince légitime ^ mais le nom auguste des Bourbons ne retentissait pas encore dans les airs, » (43>)
Le même jour , la nouvelle de la capitulation de Mar> mont avec les étrangers et leur entrée dans Paris est annoncée à Orléans; dès lors les préparatifs de la défense de cette ville sont arrêtés, et le sénateur comte Ghasseloup, le général de brigade Chassereaux, commandant la suddivision du Loiret, cessent leurs fonctions, ainsi que le commandant de place Gunietli, qui reprit son premier emploi de commandant de la compagnie réserve,
à Orléans, casernée aux Buttes, au levant de l'hôpital général. (76-77.)
avril i8i4* — Le préfet du l^iret, Pieyre, revient de Beaugency à Orléans avec Jes che6 de ses bureaux et les papiers de son administration. (3-77.)
3 at^/v/ i8i4- — Pendant les deux premiers jours de ce mois, l'on vit rentrer à Orléans 1rs braises Orlennnis qui, avec leurs ridiesses, leurs équipages et leurs familles avaient jih^indonné la ville avec précipitation au seul nom de Cosaque. On remarqua avec pilie que ces personnages levaient la tête plus haut que ceux qui avaient payé de leur personne dans la défense de leurs foyers, et faille coup de feu avec les Cosaques; il semblait, à voir ces premiers avec leur air altier, qu'ils étaient les auteurs des
Î;rands evénemens arrivés en t rance et même en Europe. ^ 7677.)
— Une portion du sénat prononce la déchéance de Napoléon Bonaparte. (43*)
— Formation d*un gouTcrnement provisoire , composé de cinq membres et d*un secrétaire-général; savoir: Taîleyrand, prince de Bénévent» leduc d Alberg, Français de Jaucourti Beurnonville , l'abbé de Montesquiou » l)u* pont (de Nemours), secrétaire-général. (43.)
^ avril l8i4- — Mise on vente, à Orléans, de la brochure de M. de Chateaubriant, intitulée i/e Bonaparte et fies Jiourbons, Cet écrit fit beaucoup de sensation dans cette ville.
On a reproché à cet écrivain , si justement célèbre , de
s'être oublié au point de dire que les enfans étaient
places dans des écoles où on leur apprenait, au son du tambour, rirréligion, la débauche el le mépris des vertus domestiques. (7-77O
— Arrêté du gouvernement provisoire, qui ordonne la su[)pression des emblèmes et armoiries du gouvernement de Napoléon Bonaparte, et la reprise de la cocarde blanche. (4*76-)
— Proclamation de Marie - JLouise , impératrice' et
régente, pour rappeler les Français à leurs sermens envers la patrie , à son époux et à la défense de son fils, te roi de Rome. Cette proclamation , datée de Biois , ' où la régente s'était retirée avec sa cour , lors de l'entrée des alliés dans Paris, était contre-signée Montalivet, miuislre de l'intérieur, faisaiit fonction de secrétaire de régence , atfichee et publiée à Orléans; elle n'eut d'autre effet que la distribution d'écrits séditieux. (43-77.)
5 nçril 18 14. — Distribution clandestine d'un écrit séditieux ainsi conçu :
Arrêté du peuple français,
rt Considérant que la ville de Paris a manqué à la fidélité quelle avait vouée à Sa Majesté Napoléon I^*", notre très-auguste et bieu-aimé empereur , en recevant dans ses murs It^s ( iinemis de l'empire , et en voulant placer sur le trône de ce souverain de la nation franraise,un prétendu Louis XVIII, espèce de roitelet a elle présenté par TErostrate de la Russie, le Néron prussien, le Chilpéric ^n^hns etï Ochus autrichien; que non contens de ce, les monstres qui habitent cette cité, si justement appelée, depuis son parjure par les coalisés la gî'ande Cosnquie osent encore répandre dans les villes de l'empire qui soutiennent la bonne cause, celle de Napoléon le Grand, et qui lui sont restés fidèles, des journaux, proclamations , pamphlets , et autres écrits séditieux tendant à corrompre laficiélité des bons citoyens qui les habitent, et à les rendre parjures comme eux;
« Vu ces motifs , le peuple français, levé en masse pour se venger quand il en sera temps,
« Arrête ce qui suit :
« Art, ï". Uinfôme ville de Paris s'étant parjurée, et ayant pris, le 3i murs dernier, le nom de Cosaquie, et ses habitans celui de monstres cosaques, nous déclarons que toute ville qui aur;i quelque relation avec cette cité ennemie , sera considérée comme rebelle à la Patrie, au Grand JNapoleoii , ei punie connue telle.
« Art. 2. Tout citoyen qui recevra les journaux et autres écrits provenant de Ja grande Cosaquie (ci-devant Paris), et s^abonnera pour cet effet avec les libeilistes de
ce mauvais lieu, sera déclaré ennemi de la nation et de son auguste souyerain , et conséquemment effacé du nombre des Français, et puni de mort à l'heure de la vengeance.
« Art. 3. Les citoyens qui s'honorent du nom fran* ^aîs ) et voudront être reconnus pour tels, sont tenus de s'armer, et de se tenir prêts au premier appel qui sera fait par l'empereur Napoléon ; de le suivre partout où besoin sera, et de verser jusqu à la dernière goutte de leur sang pour la défense de son trône; ce n*esl qu'à ce Utre et à ceux de Farticle suivant que nous reconnaîtrons les vrais Français.
* Art. 4« Nous déclarons que nous ne reconnaîtrons pour bons et fidèles Français et sujets de Napoléon V\ notre empereur, que ceux qui prendront la devise suivante :
« ji bas Louit XVIII^ et les traUres qui composent le goupernement provisoire!
« F'ivent à jamais Napoléon et le roi de Remet
« H€Ùne implacable aux Parisiens cosaques et aux autres ennemis de notre belle patrie!
« Guerre à mort, plutôt que de faire une paix honteuse qui nous prtperaH du monarque que nous nous sommes choisi!
« Fmnt de Louis XVÎU ni de droits réunis ! « Vive Napoléon, protecteur de la liberté des cultes!' « Au palab de la vérité , Tan de grâce i8i4 ; scellé d^ notre grand sceau de justice et de fidélité.
« LêC peuple français letfè en masse. (77.)
6 at^ril 1814. — Nouvelle constitullon décrétée par le sénat, par laquelle elle appelait librement au trône de France IiOuis-Stanislas-X.avier de Francci et» après lui les. membres de sa Emilie. (43>)r
Foj a^e de Marie-ljouise de Paris, à Orléans*
Le ap mars, l impératrice Marie-Louise, accompagnée de son fils , le foi de Rome , avait quitté les Tuileries , et était allée coucher à Rambouillet; le 3o, elle coucha. À Chartres; le 3i, à Châteaudun; b i*' avril, à Vendôme^ où elle était arrivée à trois heures de laprès^midi; oÎLavait
commencé récemmeot la route de Vendôme à Blois , et elle D était pas entièrement terminée; les voitures s'embourbèrent dans la fange ; il fallut , pour les en tirer, appliquer la force de tous les cbevaux sur quelques-unes des ▼oitures, et quand on les en eut fait sortir, faire avancer de la même manière celles qui étaient restées derrière : ce fut ainsi que s'opéra la fuite de cette cour naguère si brillante.
Le a ayril , Timpératrice arrive a Blois à cinq heures de Taprès-midi, le préfet, Ghristiant, était allé à une lieue en avant de la ville pour la complimenter, et Tavait conduite à Vhôtel de la préfecture, préparé pour la recevoir.
La reine-mère, le cardinal Fesch, et les frères de lempereur, Joseph, Jérôme et Louis, étaient logés dans la ville.
Les voitures de la cour fugitive furent placées dansl'espaee vide qui se trouve en avant de Thôtel de la préfecture ; le nombre en était considérable, puisque le train seul de Timpéralrice se composait de deux cents chevaux. Ces voitures , ainsi réunies et toutes couvertes de boue amassée pendant le voyage, offraient un aspect singulier: ce fut la pluie qui les nettoya, car dans la situation incer* taine des choses, les domestiques n'avaient pas jugé à propos de s'occuper de ce soin ; les superbes voitures de gala p avaient pas même été mieux traitées.
I-e 3 avril, dimanche, le curé de la paroisse deSt-Denis vint dire la messe à Thôtel de la préfecture^ attendu qu'aucun des ecclésiastiques attachés à la cliapelle impériale n'avait accompagné limpératrice.
Le 4 avril, proclamation de Fimpératrice-régente au peuple français.
Le 8 avril, vers neuf heures du matin, Joseph et Jérôme ayant fait venir deux voitures attelées devant la porte de la préfecture, entrèrent brusquement dans l'appartement de l'impératrice, et l'un deux s écria ; Madame, il faut que vous veniez avec nous. — Je suis très-bien ici, répondit l'impératrice, oùvoulea-vousme conduire P Jérôme répli-» qua : C'est ce que nous ne pouvons pas vous dire. Marie- Louise demanda si c'était par ordre de Tempereur qu'ils voulaient la forcer de parur, et comme leur réponse Ait
négative, elle dit: Dans ce caa je D*irai pas. — Nous tous j forcerons bien, reprit Jérôme* Alors elle se mit à fondre en pleurs, ce qui n'empêcha pas les deux frères de la saisir par le corps et de Tentrainer avec violence vers la porte ; elle cria , et M. d*Hossonville , le général Cal&relli, M. de Bausset, préfet du palais, et quelques autres officiers de sa maison accoururent à sou secours : Caffarelli dit d'un ton sévère à Joseph et à Jérôme de cesser leurs violences. — Savea-vousà qui vous parlez ?dit Jérôme. — Oui, répliqua le général d un ton dédaigneux...
Jérôme et Joseph se retirèrent ; il parait que leur intention était de Temmener à Romorantin ou à Bour|;es, et de là en Auvergne et dans le Limousin | où ils Tauraient cou* servée comme otage. Louis était étranger à ces combinai* sons, ^u*ils tentèrent , quelques jours après, de mettre à exécution à Orléans.
Il avait été décidé que Timpératrice quitterait Blois le jour suivant; mais lorsque le comte duossonville se pré» senta pour prendre ses ordres, elle lui dit qu on ne pouvait pas atteler, attendu que de tous les domestiques qui res« talent il n*y en avait pas un qui voulût lui obéir; une par* tie d*entre eux , en apprenant les événemens , Pavaient abandonnée pour retourner à Paris; Cependant, grâce à Finterventton du comte SchauwalofF, Timpératrice, le roi de Rome, les personnes qui composaient leur cour, et les troupes françaises qui les avaient accompagnés , partirent le samedi 9 avril, entre dix et onze heures du matin pour Orléans. Llmpératrice portait le même vêtement nrun avec lequel elle avait quitté Paris.
Le 9 avril, samedi, quatre heures du soir, rimpéralrice*régente, le roi de Rome, âgé de trois ans , madame de Montebello, sa gouvernante» la reine-mère, le cardinal Fescb, Jé* rôme, Joseph, (Louis se rendit directement de Blois à Lau* sanne), ainsi que toute la cour, le trésor et les équipages arrivent de Blois à Orléans par la porte Madeleine ; Marie- Louise est conduite, sans pompe ni cortège, au palais i^is* copal; une espèce de garde d*honneui' prise au moment parmi les hommes de bonne volonté de la garde urbaine à pied, fit le service à févéché ; l evéque, Jacques Raillon> et Al» Mérault, directeur et fondateur du séminaire, furent lea
. seuls inembresduclei^éorlëanais qui recurentrimpératrice; le préfet, Pieyre, le premier président delà coar impériale, et le maire, Crignon-Désormeaux, furent aussi les seuls de tous les magistrats, administrateurs et fonctionnaires pu« blics , qui rendirent visite à Marie-Louise.
L06SMS1IS DB Jli GOUB LOBS JDB SOB ABBITBB A OBLÉABS,
Maison de Sa Majesté l impératrice.
S. M. rimpératrice , le cardinal Fesch , la duchesse de Montebello, le général CafFarelli , au palais épiscopal ; le comte Montesquiou , chez M. Jacquet fils, rue Hurepois ; le comte Beau harnais, le prince Aldobrandinî , chez M. BoisléTe»Pompon, rue de T£véché;M. de Guerchy, au palais épiscopal; la comtesse Deluçay , chez M. Gheuille, rue du fiourdon«Blanc ; la comtesse Brignole , chez M. GhaTannes, rue du Bourdon*Blanc ; la duchesse de Castiglionne, chez M. Demelleray, place de TEtape; le comte deSégur, chez M. Raguenet St-Alhin, place de l'Etape ; le duc de Gadore, chez M. d*Au^roche de la Porte ; le baron de Bausset, chez M. de Boissj; le baron de Gussi, chez madame veuve Miron-Raguenet, rue des Carmélites; le comte d'Hossonyille , chez M. Duroux , rue Ste^Aone; le comte Gontault, chez M. Develard^ rue des Carniélitès ; le comte Ph. de Ségur, chez M. Raguenet St- Albin, place de l'Etape; le comte de Seyssel, chez M. Deville-Rourgeon, rue des Carmélites ; le baron liabouillerie, chez M. Benoit- Mérat, aux Carmélites ] le baron d'Héricy, chez M. Benoît- Latour, rue St-Martin-du-Mail; le baron de Lamberty, chezM.deGargillès, rue des Carmélites- le baron Monneval, chez 31. GefFrier-tles Tl< s 5 le baron Damieucourt, chez M. Raguenet aînéj M. Devienne, chez M. Jousse-Fon tanière ; M. St-Pereu, chez M. Royer aîné ; le baron Corvisart, chez M, Damaud; M. Bourdier, chez M. Broue de la Salle ; M. Lacornes , chez M. Tribou;M. Roullier,chez M. Hautefeuille ;M. Auger, chez M. Dorsanne ; M. Emery, chez M. Brossarci de lintrye; M. Jonckbloet , M. Etant, chez M- Chenille , rue du Bourdon-Blanc j le capitaine Lambourg, chez M. Geoffroy Mathieu, rue Ste-Catherine; trois pages de service , deux sous-gouvemeurs , dix-huit
pages, au lycée ; quatre secrétaires de la secrétairerie^ deux chez^M. Delahaie, rue de l'Evôché , deux chez M. Lucas* Dubois I rue de Hurepois; deux payeurs du trésor, un chez M. Debordelières, rue du Bourg-Neuf, un chez M. Fraise, rue des Bouteilles; trois premières femmesi chez madame Lebert s deux secondes femmes, chez madame Brécherand ; deux filles de garde-robes , chez madame Delaporte, rue du Bourg-Neuf; le coiffeur , chez M. Dubosc, rue des Bons-Enfans ; deux sous-contrôleurs , un mattre dliôtel , trois tranchans , un chef de cave , au palais ; un chef d office, un chef d'éclairage , chez M. Lemerder, rue de TEvéché; vingt^quatre hommes de livrée, douze billets de soldats» faubourg St- Vincent; six huissiers , trois chez M* Baulu père, trois chez M. Baulu fils; huit cuisiniers, deux chez M. Deloynes , deux chez M* Payen , plâti ier , deux chez M. Petit, boulanger , deux chez M. David, courtier, rue Porte-St- Vincent.
Maison de Sa Majesté le roi de Rome,
S. M. le roi de Rome, madame la gouvernai. te , au palais ; madame la comtesse de Doubert, madame la baronne de Mesgri^iiy , chez mademoiselle Ducoudray, rue du Bourdon-Blanc; le baron Ganisy , chez M. Trion, rue du Bourdon-Blanc, n^ st8$ M. Bourdois, chez M. Berthau; M. Auvity , chez M. Beaumarié ; trois premières femmes, chez M. Pïsseau Laurent ; quatre secondes femmes, deux chez madame Simon , deux chez mads^e Rousse ; deux huissiers, chez M. Royer , avoué , rue du Bourdon Blanc; un maître d'hôtel, chez M. Legendre, rue des Pensées; deux garçons de salle, un billet de logement , chez M. Bertrand, rue des Bons-Enfans.
' MaiMon de Madame mère,
, Madame mère, chez M. Tassin de Montcourt, rue Bretonnerie; le baron de Fontause, le comte de Laville, chez M.Gurault, rue d'Escures ; M. Ornano, chez M.'Geor-
SeoD, rue Ste-Anne; M. Rosier, secrétaire, chezAf. Tassin le Blontcourt, rue Bretonnerie ; M. Georgeon, colonel de la gendarmerie, chez M. d'Autroche des Marais, rue des Carmélites; de;ux femmes de chambre, trois valets de
chambre, à Thètel, rue Bietonnerie; deux valets de chunibre , chez M. Chontou ; un niaître d hôtel, chez M. Tourtière d'Alain e ; un cuisinier, chez M. Venet,ëpicier; deux valtiLs de pictl, un billet de logement, rue Bretonnerie; un piqueur, sept paletieuieiâ, (^uuUe biliet^ dans le voisinage.
Maison de Ha Majesté le roi Joseph,
Le roi Joseph, les deux princesses, madame la baronne DanerVfStx dames de service, chez M. Geffner-Lenormand, rue d*£scures, la; fil. le comte Maihieu, chez M. Por< cherJChrétien | rue des Fauche ta , 6; M. le comte de Meliteau , ches M. Cabart fils; M. le colonel Miot , chez M. Cabart père , rue d*Escures; le général de Slotz , chez Desailly,rae Breton nerie^ le général Ënpert, aide-de-camp, chez M* Louet-Maîuville ; le comte Tascher, aide*de-camp, chez M. Braschet ; M. Désastignac, écujer , chez M. Lou* ▼el-Miron ; M« Mpnval , écuyer , chez M. Guenou , rue de GourYÎIle; M. Depresle , intendant, chez M* Cabart, rue d'£scures ; M. Lallemand , officier d'ordonnance , chez M. Verdîer, notaire « rue des Eperonniers; M* Rippert, officier d ordonnance, chez M. Papillon, propriétaire; ' M. Gudin , sous-chef dëtat-major , chez M. Demadières- Seguy, rue des Basses-Goutières; M. le comte Dannerie, chez M. Savart, cloître Ste-Croiz.
Maison de Sa Majesté la reine Julie,
La reine, chez M. GefTrier-Lenormand, rue d'Escures; M. Bernard , chef d escadron , chez M. de Faryille fils; M. Ocar , capitaine d*état-major, chez M. Btmbenet, avoué; M, Lecordier, capitaine detat-major , chez M. Marchand, avoué , rue de la Petite-Horloge ; treize valets de cham* bre, trois ciiez madame veuveGlavier, rue de la Monnaie; trois chez M. Beaufort-Leblanc,ruedes Basses-Gouttières; trois chez M. DarnauU-Maucant , rue des Basses-Gouttière»; un chez M. Baulu«Ra|u , rue St^BAadou; trois w pa* lais; deux cochers, au palais, rue d'Escures, la.
Maison de Sa Majesté la reine Hortense,
La reine, chez M. Tristan, rue d'Eicures^
Maison deLL* MM, le roi et la reine defVestphalie {Jérôme,)
Le roî et la reine , la comtesse de Brochot , madame de Loptrîœ^ le oajnte de Wiltembei^, chez M. d'Ëmbrun ; le comte de Surtensiein , chez Montaudouin, place du Martroi; le gënénil deZundt , le général comte Maisburg, chez M. de Mesliers, rue de la Levrette ; le comte de Berger, chez M. Gauthier , place du Martroi ; le colonel de PhuI, chez mademoiselle d'Orléans j le baron de Sorsème, chez M. Foucault-Pussy , rue Ste^'Anne ; le médecin de la reine, diez M. Jallon , rue de la Levrette; le médecin du roi} chez madame veuve César Berthel , rue des Carmes ; le capitaine de Mulsburg, chez M. de Moret , rue Sainte* Anne; le major de Gail, chez M. Johanef, rue Croix-de- Malte; le comte de Pickles, chez M. Chéron , rue Sainte» . Anne; le capitaine Hamel , chez M. de la Giraudière, rue VasUn ; le colonel de la gendarmerie, chez M. Amault, in* gënieurrue des Huguenots; quatre gendarmes, à la caserne, rue firelonnene; deux femmes de cliambre, une à rh6tet,une chez M. Maillet; une fille de garde ^robci à Fhôtel; sept valets de chambre > deux chez M. Babet, deux chez M. Sirou , deux chez M. Daguet | un chez M. Delvignes ; deux valets de pied , chez la veuve Maugars ; deux maîtres d*hôtel, chez M. Fourcher , confiseur, place du Martroi; un piqueurjun billet de logement, trente |fMilfreniera, quinze billets de logement, dans le voismage; M. Ghauvet et son épouse, chez M. Guvot, imprimeur, rue des Trois-Maries; plus quatre-vingt-dix chevaux dans les auberges, Êiubourg Bannier.
Maison de MM* les ministres.
Le comte Molé, ministre de la justice, chez M. le premier président, rue des Fauchets , n^ i ; ses bureaux, à la cour d*appel; le comte de Montalivet, ministre de Tinté* rieur, et ses bureaux, chez M. Laverne, rue des Fauchets, 7; le comte Molien, ministre du trésor public, chez M. Doyen; ses bureaux, chez M. Lasneau , rue Breton nerie; le ministre de la marine, chez M. Arihuis, rue de la Crosse, n** i ; ses bureaux, chez M. Leduc, rue des Charretiers; le ministre des relations extérieures et ses bureaux,
chez M. BaguenauU de YiévîUe » rue Bretonnerie, n** 9; le duc de Gaëte, miaistre des finances, et ses bureaui;, chez M. GuiUeYÎUe) rue Bantiier, 6 ; le duc de Feltre , ministre de laeaerreietses bureaux, chez M* Grenouiilet, rue du Colombier , n* îa ; le ministre du commerce, chez M. Hubert-Grîgnon, rue de Gourville, n^ 23 ; ses bureaux, chez M. Lmoeau de Lattingy ; lo ministre des cultes et aes bureaux, le comte Daru, chez M. Crignon-d'Ouzouer, rue de Recou^rance; le ministre de l'administration de la guerre, chez M. Miron-La motte ; ses bureaux, chez M. Gaillard , rue d'Escures; le duc de Rovigo , ministre de la police générale, et ses bureaux , chez M. de Brunville, rue Breton nerie,n** 5; le comte Renaud St Jean d'Angely, chez M. de Rocheplatte; M. le duc et M'^'' la duchesse de Bas- San o , secrétaire d'Etal, chez M. de Grillau; ses bureaux, chez M. Froberville, rue Bretonnerie.
Maison de S, A, M. le prince archi-chancelier.
Le prince, deux valets de chambre , trois valets de pied, huit chevauxi à la préfecture.
' Logement (le MM. les conseillers d'Eta t .
Le coaite Duchâlel, chez M. Davesiès, impasse des BarbacaniK s ; le comte Fiançais de Nantes, chez M. deBussy ; le comte Muraire, chez M. de la Place , rue de la Clouterie, n**i3; le comte de Lavalette, chez M. Demadières père, rue dlliers; le comte Merlin, procureur-général impérial, chez M. Moreau; le comte iiergon, chez M. Longuet j le comte Mare t , chez BI. Deloynes-Fnmichon, rue Bretonnerie; le comte Costa/, direcleiir des ponts-etchanssées, chez M. Balllet , ingénieur en chef, rue des Basses-Gouttières ; le baron de l 'ornereuil, chez M. Laisné- Villevêcjue , rue St-Euvertej le baron Quinette, chez M. Loyré, rue Mâchecloux ; le comte Real, chez M. Landré, rue des Petits-Souliers; M. de Guerchy,chez M. Pajot, me Vieille-Monnaie; M. le chevalier Gault, chez M. de Morogues, rue d'Escures; M. le comte Boulay, chex M. Esnouf, rue Bretonnerie. (4.)
Le 9 avril i8i4 , le trésor de l'impératrice, les belles voitures de la cour, principalement celle où était le ber-
ceau du roi de Rome , qui avait étë , à la naissance de cet enfant, donn^ par la ville de Paris, sont conduits en parde dans la cour del*h6tel de la mairie, dans le clottre de Sainte^ Croix, devant les tours* pour y être en sûreté ; une soiian* taioe d'autres voitures furent placées sous le portait de la laffiaerie de M. de Brouvîlle, lîiufoourg Qannier, ainsi qaeaur la place en avant de cet établissement. ( 77. ]
10 avril 1814 {huit heures du matin), — A cette heure le bruit se répand dans Orléans que les plus riches yoitares qui étaient dans la seconde cour de l'hôtel de la mairie, quoique gardées par plusieurs factionnaires placés à l'extérieur sur la place de TËtape , et la fermeture des portes intérieures, avaient été pillées par des personnes qui s'étaient introduites par une issue qui communiquait du jardin de la mairie à une maison de la rue d'£scures.
Dix heures du matin , four de Péquee. — Messe dians lesappartemens de l'impératrice ^ en présence de madame mère et de quelques dames de la cour; Tévéque Jacques Rai lion officia, et M. Tabbé Hérault fit la quête.
On fit la remarque que les prières pour Tempereur ne lurent point dites. (7.)
Dix heures du soir. — Plusieurs coups de fusils et deScrîs de vive Vempereur se font entendre sur la place du Martroi et dans la rue d Escures. IVÎ. le baron de Morogues, alors membre du conseil municipal, dans 1 intention de connaître les motifs de ce bruit, s'échappe de chez lui, malgré les piières de madame de Morogues, de ses enfans et de ses parens qui l'entouraient , pour aller * avertir M. le maire, Crignon-Désormeaux , et s'entendre avec lui pour arrêter ce commencement démeute; ce dernier, d'abord irrésolu , consent entin à suivre M* le baron (1<; Morogues, et ils sortent ensemble.
Arrivés sur la place de l Ktape , ils virent un jeune homme à cheval suivi de plusieurs centaines de gens du peuple qui prenaient le chemin du cloître ouest de Sainte- Croix, ou stationnaient lesfourgous contenâut le trésor de rimperatrire Marie -Louise.
Ces messieurs s'étant approches entendirent ce chel
sommer les soldats de la garde impériale, qui veillaient sur ce précieux dépôt , de se réunir à lui pour lenlever ; mais ces brateSy loin de trahir leur consigne, s'opposèreni à ses
FrojetSyCty après des refus très-énergiqueraent exprimés, un d'eux tira un coup de fusii, lequel ayant abattu le dieval et renversé le cavalier par terre , mit la déroute parmi les révoltés , qui , en poussant des cris, se salivèrent dans toutes les directions.
Par le plus grand bonheur , M. le baron de Morogues, resté seul sur la place, ne fut point reconnu par les fuyards^ lesquels en se dispersant le renversèrent sur le pavé et lui passèrent même sur le corps.
On sut le lendemain que le jeune chef était Jérôme, un des frères de Napoléon , qui , comptant sur la participation de la garde impériale , avait monté ce coup pour se saisir du trésor, enlever l'impératrice et le roi de Rome, espérant réussir à Orléans plus aisément quà Blois, où il avait échoué dans un semblable projet. (7-77*)
II auril 1814. — Madame mère quitte Orléans pour se rendre à Rome avec son frère le cardinal Fesch.
— La maison de St-Charles , au Porlereau , est convertie LU hôpital militaire pour y recevoir une partie des biessés français qui devaient être évacués sur cette j>Iace.
Pour hâter son établissement, le maire fait un appel à I hunianitéde ses licI mini slrés , auxquels il faut rendre la plus éclatante justice en publiant que napolconistes , royalistes, républicains, ultras ou modères, tous à l'envi oublièieiii leurs opimons particulit res pour ne voir, dans les malheureuses victimes de la guerre, que des Français. Aussi à peine la circulaire imprimée du maire, qui désignait les objets nécessaires , fut-elle connue , que bois de lits, paillasses , matelas, draps , couvertur es , ainsi que les ustensiles et la poterie nécessaires lurent de suite portés à St-Churles avec un zèle et un empressement vraiment admirables. On ne voyait dans toutes les rues et maisons d'Orléans que femmes , vieillards, enfans des deux sexes, faisant de la charpie et des bandes ou coujpresses pour garnir de ces objets la pliarmacie et les magasins de 1 hos-
pico, avant que les blessés fussent ai rives. ( )ti vit plusieurs maîtresses de pensions occuper leurs jeunes élèves, nonseulement pendant les récréations, mais encore pendant les jours de congés ^ à préparer les linges pour les paiisemens. (4-7 7-)
— Plus de cent voitures , attelées de deux et trois chevaux, chargées de pains de munition arrivent à Orléans, et leur chargement est de suite jeté à la rivière, le pain étant moisi au point qoe les chiens les plus affamés n en toulurent point manger.
Ces équipages , qui devaient se rendre à Farmée, où les soldats mouraient de faim , avaient été méchamment et à dessein détournés de leur destination.
— Ordre du gouTemement proTÎsoire qui &it saisir, à Orléans, le trésor de Napoléon , par des commissaires envoyés à cet eilet.
Ce trésor se composait de la somme de vingt-trois millions en or, de quatre millions cinq cent mille francs de présens et de portraits enrichis de diamans, de la vaisselle d'or et d'argent, des effets précieux et ceux même d*un usage journalier à Timpératrice et à son fils : le tout fut emporté à Paris sur les mêmes four|[ons qui les avaient amenés de Blois à Orléans, et sous 1 escorte des mêmes gardes impériaux qui les gardaient.
Un cof&e renfermant pour plus de six cent mille francs de diamans, est resté deux jours en dépôt chez M. Lojré.
12 at^ril 1814. — Le prince Esterhazy arrive à Orléans, et Timpératrice partit avec lui le même jour pour le château de Rambouillet ; elle avait six voitures pour elle et pour son fils, mais point d'escorte. M. le comte de Sé^ur, grand-maître des cérémonies, lui présenta pour la, dernière fois la main pour monter dans sa voiture.
Penrdant le séjour de Marie-Louise à Orléans , son fils, le petit roi de Rome se fit remarquer par sa gentillesse et par ses jeux enfiintins : pour Tamuser , des pages, en présence de sa gouvernante, lui avaient placé, dansla lon-
fueur de la cour de Févêché, des petits bâtons fichés deottt entre les pavés, et le jeune prmce, habillé en matelot couleur bleu tendre, coiffé sur ToreîHe avec une toque de
YeionriDoivi armé d'uD joujou fait en forme de sabre turc, leur commandait comme à des soldats rangés en bataille.
Plusieurs habitans, soit de la garde ou autres, qui , par
curiosité étaient entrés dans la cour, eurent la permission
de le prendre dans leurs bras pour le caresier et jouir des
sourires de cet en&nt malbeureux.
— Arrivée à Orléans d'un commissaire eitraordînùre envoyé par le gouvernement provisoire de France pour &ire prêter aux autorités civiles et administratives le serment de fidélité k leur gouvernement, et fiure disparaître les signes extérieurs du règne de Napoléon,
Dans ta même journée , le maire £ût porter le buste en marbre de l'empereur et le tableau en pied de Napoléon dans un des greniers de la mairie, et6ter du portail principal le drapeau tricolore qui flottait à Vextérieur , et le fiiit remplacer par le drapeau blanc. La vue de ce si|rne fut un coup de massue pour plusieurs habitans d*Orleans , qui furent désignés sous le nom de najpaUo' nîêteê; mais aussi cette couleur fut pour bien d autres personnes le symbole de leur triomphe et l'objet de leur vénération. On cita Tenthousiasme extraonunaire de M. le marquis de *** » chevalier de Si-Louis , lequel ayant voulu voir de ses propres yeux , le drapeau blaiic qui était placé à l'hôtel-de- ville , se rendit sur la pîace de fEtape, où étant arrivé, il se mit à deux genoux sur le pavé, et, dans son extase, dit à haute voix en élevant ses mains jointes vers le ciel : « Je te salue, 6 drapeau de mes pères ! je te salue , ô drapeau de mon maître, de mon roi ! » (76.)
— Il est K { niiclu avec profusion, à Orléans, l'écrit séditieux (^ui âuiL ;