‹ Recherches historiques sur le College des Quatre-Nations d'apres des documents entierement ineditsChapitre 13 sur 62 · Fûlibien, Histoire de la ville de Pans, l. Itf, p · texte numérisé non relu

Fûlibien, Histoire de la ville de Pans, l. Itf, p

l'hôtel fut alors donné (1400) au duc de Charolais, fils ainé du duc de Bourgogne.

Le démembrement commença sous Henri lf.

En 1532, il ordonna que « la maison, place, pourpris et tenue du grand Nesle, ainsi qu'elle se poursuit et comporte n fussent mis hors de son domaine, puis a vendus à la charge de cens et rentes, portant Jods et ventes au profit du roi 1 , o Une autre partie de ces terrains fut aliénée par Charles IX en septembre 1570 a pour cmploier les deniers qui en proviendroient à payer et renvoier les reistres, suisses et autres troupes étrangères. 1 »

Le duc de Nevers acheta ce lot en entier et y fit bâtir un hôtel qui conserva longtemps une réputation méritée d'élégance. Les princesses de la maison de Nevers-Gonzague l'ont rendu célèbre. C'est là que Henriette de Clèves, duchesse de Ne vers, pleura la mort de Coconas, son amant, décapité en 1574, et dont elle conservait près de son lit la tête embaumée 3 . Soixante ans après, Marie de Gonzague, petite-fille de Henriette, pleurait dans la même chambre la mort tragique de son amant Cinq-Mars ; ce qui ne l'empêcha pas, d'ailleurs, d'épouser ensuite successivement deux rois de Pologne. En 1641 , elle fit démolir cet hôtel

1. Piganiol de la Force, Description de Paris, t. VIII, p. 191.

3. Félibien, Histoire de In ville de Paris, p. 11SB. 3. Mémoires de Nevtri, t. I, p, , r i7.

et obtint des lettres patentes qui l'autorisaient à tendre l'emplacement à des particuliers pour y bâtir des maisons et y percer des rues 1 . Henri de Guénégaud fut le principal acquéreur, il fit construire par François Nansart un riche hôtel auquel il donna son nom, ainsi qu'à la rue qui tut ménagée à droite des nouveaux bâtiments. L'hôtel de Guénégaud devint bientôt le séjour le plus brillant de Paris, Boilcau y lut ses premières satires, et Racine ses premières tragédies. Dans les dépendances de cette splendide habitation se trouvait l'hôtel Sillery qui fut habité par Gourville, le célèbre intendant du duc de La Rocbefoucault. En 1670, l'hôtel de Nevers fut acheté par la princesse de Conti, et cette famille le conserva jusqu'en 1750, époque où il fut cédé à l'État moyennant cent soixante mille livres. Après de longues hésitations, il fut démoli en 1708 pour faire place à l'hôtel des Monnaies.

A l'époque qui nous occupe, le domaine de Nesle avait donc perdu déjà beaucoup de son étendue primitive : la partie orientale subsistait presque seule. Callot nous a conservé l'aspect que présentait le reste des bâtiments à la fin du règne de Louis XUIj et aucune modification n'avait eu lieu jusqu'au moment où les exécuteurs testamentaires de Mazurin le choisirent pour y établir le collège

l. Taillot, Rccl.cichts m'd'fjur.s ntr la riïle ds Paris, quflrlier Saiiit-Germain-deB-Pr's. p. 54.

des Qualre-N ations. Le domaine de Nesle se composait alors d'un édifice flanqué de deux tours, entre lesquelles s'ouvrait la porte de la ville ; on y arrivait à travers le pré, très-large à cet endroit, par un pont formé de quatre arches. La tour de Nesle, située à quelques mètres et au nord de cette porte, était ronde, très-élevée et accouplée à une seconde tour plus haute, moins grosse et qui contenait l'escalier à vis.

Ces derniers vestiges du vieil hôtel de Nesle allaient eux-mêmes disparaître ; et nous verrons les exécuteurs testamentaires de Mazarin ordonner encore la démolition de plusieurs maisons élevées sur les portions de terrains qui en avaient été détachés et sur le territoire de l'ancien Pré aux Clercs.

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