AIDE DE CAMP DU GÉNÉRAL BELLIARD
Le colonel Benjamin-Louis Robert-Dubreuil, fils de M. Augustin-Louis Robert-Dubreuil, propriétaire, et de dame Marie-Jeanne Bouron, est né aux Sables-d'Olonne; mais sa famille était de Fontenay. Partagée entre le négoce et la magistrature, elle y habitait sous les Porches, aujourd'hui place Belliard (1).
Le général ayant épousé M lle Marie-Angélique Robert, le colonel devait être son neveu.
Il avait dix ans de moins que lui et entra, à vingt ans, le 26 mars 1800, dans les hussards de l'armée de réserve.
Il promettait, par son aptitude, d'être ce qu'il fût : un militaire distingué.
Il eût lestement ses premiers galons ; devint , comme son maître, adjoint d'état-major et, sans tarder, son aide de camp. Il a servi à ses côtés, en Allemagne, en Espagne, alors que le général commandait à Madrid; en Russie, pendant toute la campagne d'aller et retour ; nous avons dit précédemment les soins empressés qu'il lui avait prodigués ; enfin , dans celle de France , avant
(1) Nous avons trouvé un M. Robert, colonel (sic) de la garde nationale de Fontenay, en 1792 ; c'était probablement son oncle, comme nous Talions voir ci-après , à l'article : Vinet.
et pendant les Cent-Jours. Il était déjà colonel de cavalerie. Nous sommes on 1815, continuons.
h' Historique du 2 e régiment de chasseurs à cheval, parle ainsi de lui, page 131, édition de 1865, auteur le baron Gay de Vornon , chef d'escadrons audit :
9 juin 1815. Le colonel baron Mathis, du 2 e régiment de chasseurs à cheval, nommé général de brigade, à la même époque, est remplacé par le colonel baron Robert, ancien aide de camp du général Belliard et ancien colonel du 26 e chasseurs. Cet officier, qui était alors âgé de 36 ans, n'avait point sollicité cette nomination; il servait seulement depuis 1800 et avait 12 campagnes. Il rejoignit, le 22 juillet, à la Palisse, son dépôt commandé par le major Guillaume et le conduisit à Niort.
Il partit immédiatement pour l'armée du Rhin, où les escadrons mobilisés du 2 e chasseurs étaient constamment employés à l'arrière-garde et aux avant-postes.
Il y fit son devoir froidement et solidement, comme toujours; il défendit le sol de la patrie, pied à pied, et se maintint dans le meilleur esprit, sans entraînement ni faiblesse.
Le 27 juin, il est à l'affaire de Suffel, où le capitaine Bouquet est tué ;
Le 28, à Bischeim, en arrière de la division Rottembourg ;
Le 1 er juin, à Ilkirch et Strasbourg avec ses quatre premiers escadrons. Alors survint le licenciement général
de toute l'armée, par ordonnance du 16 juillet 181 Il se retira à Fontenay-le-Comte dans sa famille.
Sa fortune rapide avait été la récompense de noi breux faits d'armes qui lui avaient mérité une brillai réputation. La chute de l'Empire brisa sa carrii militaire ; il refusa les offres que lui fit la Restauratic
Admis à la retraite, il y mourut de chagrin de n'av pu arriver à une union fortement désirée, et fut ente dans le cimetière de cette ville, le 11 juillet 1817.
Tous les officiers en retraite à Fontenay (ils étai alors nombreux) , sur la motion du commandant Vin son collègue, du chef de bataillon Mercier et du c d'escadrons Fillon, du 19 e dragons, lui firent ériger monument encore existant; le sculpteur Drouard de la localité se chargea de sa confection, au prix 1,200 francs.
Ce monument représente :
L'ange des batailles, assis sur un canon, la 1 appuyée sur une urne funéraire, à l'ombre d'un drap» dont les plis viennent gracieusement dessiner le cont de son corps ; sous son aile droite , une cotte de mail un casque romain , un bouclier à tête de méduse , i espingole et un oiseau de nuit.
(i) Le même qui a sculpté le Laocoon, Diane et Hercule qui à la façade du château de M. Pichard du Page, rue Pont-au-Chèi tout près de l'Eglise de Notre-Dame ; son fils a été longte professeur de dessin au Collège de Fontenay.
Sur une plaque de marbre, au côté droit, face au monument, on lit :
le corps de Monsieur
Le Baron ROBERT, Benjamin,
Colonel
de cavalerie, commandeur de la Légion d'honneur,
chevalier de S l -Louis,
commandeur de l'ordre des Deux-Siciles ;
mort à Fontenay-le-Comte, le 11 juillet 1817.
Les deux plaques de face et d'arrière ont été enlevées; leur place est restée vide.
Sur la plaque du côté gauche, face au monument, sont les vers suivants :
Intrépide soldat, à son pays fidelle, Il fut des chevaliers l'honneur et le modèle Colonel à trente ans, il meurt persécuté !
Passant ne le plains pas, ses malheurs ont cessé.
Cette épitaphe a été faite par le commandant Vinet lui-même.
Sous le drapeau du fond du monument, il y a