L. XIV
( Note de l’Editeur.)
de Philistion ; évite tout ce qui peut te donner occasion d’ouvrir la bouche. Il ne te sied bien de contempler que les larmes d’une mère affligée ; la douleur d’une femme qui vient de perdre son mari ; celle d’une sœur pleurant les malheurs d’un frère ; enfin le triste spectacle d’une scène ensanglantée : suis mon conseil , ô Maximina, pleure toujours, si tu es sage!»
At tu, jiulicium secuta nostrum,
Plora si sapis, o puella, plora.
Mart. , l II, 4i .
(( Si tu n’as pas de honte , » dit le meme poète à Lelia, «de te parer de dents et de cheveux achetés, comment t’y prendras-tu pour remplacer ton œil? on n’en achète pas. »
Quid faciès oculo , Lælia! non emitur.
Mart., I. XII , 25.
L’art n’allait point au-delà de ces supplémens , mais quelquefois cependant il pouvait réparer les traits du visage. Celles dont les yeux étaient enfoncés , trouvaient moyen de les avoir à fleur de tète. Elles employaient, à cet effet, une poudre noire : Nigrum pulverem quo exo relia oculo rum producuntur (Tertul.); on la fusait brûler ; le parfum ou la vapeur agissait
sur les yeux , ils s’ouvraient, et paraissaient plus fendus , oculos fuligine porrigunt.
Selon l’opinion d’Ovide, c’est justifier les dames romaines que de rassembler quelques traits de la mollesse et du luxe des Romains :
Nec tamen indignum, si vobis cura placendi,
Cum comptos habeaut sæcula nostra viros.
OviD. , de Medic..
cc Celui-ci (1) tient le miroir de l’efféminé Othon , comme une glorieuse dépouille enlevée à son ennemi. Ce prince s’y mirait, tout armé, lorsqu’il donnait l’ordre de lever les drapeaux pour marcher au combat. C’est une chose digne d’être consignée dans les annales , que la toilette
(i) C’est la traduction de quelques vers de Juvenal. L’auteur, en n’indiquant pas la source où il avait puisé, rendait ce passage très-obscur. Voici le texte :
ille tenet spéculum palhîci gestamen Othouis ,
Actoris Aurenci spolium ; quo se ille videbat Armatnm quum jam tolli vexilla jubcret. ‘
Res ruemorenda novis annalibus , atque recenti Hïstoriâ , spéculum civilis sarcina belli !
Ni mirum summi ducis est occidere Galbam ,
Et curare cutem summi constantia civis ;
Bedriaci in campo spolium affectare palatî ,
Et pressum in faciem digitis extendere panem j Quod nec in Assyrio pharetrata Semiramis Moesla nec Actiacâ fccit Cleopatra carinâ.
Juv. II , 99.
( Note de V Editeur. )
ü’un empereur qui fait partie cle son bagage... ô C’est l’exploit d’un grand capitaine .• d’étendre sur son visage de la mie de pain détrempée dans du lait; ce que ne firent jamais, Sémiramis armée d’un carquois , ni Cléopâtre consternée par la perte de la bataille d’Actium ! ! ! »
Sénèque refuse même le nom d’oisiveté à la vaine attention de ces hommes efféminés, pour qui le soin de leur chevelure était une affaire et une occupation sérieuse, « N’appellerezvous , » dit* il , «. qu’oisifs , ces gens qui passent tant d’heures à leur toilette, pour arracher ce qui a crû la nuit d’auparavant ; qui tiennent conseil sur chacun de leurs cheveux; qui, à la moindre négligence de la part du baigneur, s’imaginent être tondus? Quelle colère pour un cheveu arraché , ou un cheveu qui tombe , pour une boucle mal prise , un étage mai formé ! Quel est celui d’entre eux qui n’aimat mieux voir le désordre régner au sein de la république, plutôt que dans sa chevelure ; qui ne soit plus inquiet de l’honneur de sa tête , que du salut même de sa vie ? ))