‹ Recherches historiques sur le luxe chez les AthéniensChapitre 18 sur 21 · TOILETTE · texte numérisé non relu

TOILETTE

Deux tableaux dans le genre de Chardin.

Le premier représente une jeune fille à sa toilette.

Tout semble offrir, clans ce tableau , le sanctuaire des grâces et l’image de la volupté.

On voit un appartement orné d’une tapisse rie , qui paraît de toile peinte , semblable a nos indiennes (1). Deux petits tableaux y sont atta*

(i) Pline, Hist. nat. , 1. 55, c. 42. — Athen. Deipnos. 1. 2 , c. 3. tiad. de Maroll.

cliës. L’un représente le trait si connu de Léandre et Héro. On semble lire dans les yeux de l’amant cette prière si touchante : «Dieux ! éparg nez-moi tandis que je vais , et ne me faites périr qu’à mon retour (i) ! » L’autre offre , pour pendant, un jeune homme au milieu des flots, embrassant une urne sur laquelle on lit, en caractères d’or : A Jupiter Conservateur (2). C’est sans doute le jeune Lesbien Enallus, qui , pour sauver son amante , se précipita dans la mer, et fut lui-même sauvé par les Dieux, qui lui procurèrent une urne (5). Au fond de l’appartement , derrière la toilette , est une grande fenêtre , dont un des côtés entr’ouvert (4) laisse apercevoir un vaste jardin avec des treilles (5) ,

(1) On connaît ce vers plein de sensibilité : Parcite du/n propero , mergile dum redeo. Martial, deSpectac. Ep. 25.

(2) Diôs Soteros.

(3) Atlren. Deipnos. I.11. — On voit aussi sur une agate onix du cabinet de Stosch, l’Amour voguant sur une amphore. class. 2 , nQ 767.

(4) Biforesfe/iestras. Ovid. ex Pont. 1. 3, El. 3.

(5) Bacchus sous une treille. Cab. de Stosch , class. 2 , n° i45i. Treilles du portique de Livie, à Rome. Plin. , Ilisl. nat. , 1. i4, c. 1. Sur une fresque du sépulcre des Nasons. Antiquit. expliq . , Dans deux tableaux trouvés à Herculan. Pitt . Antich. t. 2. A la maison de Pline le jeune en Toscane. L. 5 , ep. 6 , etc.

des eaux jaillissantes (1) , et une serre couverte avec des glaces (2). Un grand voile de soie sert de rideau a 1 autre partie , restée fermée , et 1 on en voit en dehors un second qui paraît plus épais, et est destine peut-être à garantir de la pluie (5). En face est la porte de l’appartement , et le voile qui lui sert de portière (4), à moitié tire, laisse voir le seuil couvert de roses et de guirlandes (5).

(1) On en voit dans un des tableaux d’Herculanum , cité ci-dessus. Les lois romaines en font aussi mention très-souvent. L. 12 , § 24 , de Tnsiruclo , etc. , ff. Fistulæ et canales et crateras , etc. , ad aquas salientes. L. 12, § 24. Eod. de ad. empt. et vend. A etc. etc.

(2) C’est Martial qui nous apprend que les Romains avaient l’usage des serres :

Pallida ne Cilicum timeaut pomaria brumam....

Hibernis objecta Notis spccularia puros

Admittunt soles et sine fæce diem. L. 8, Ep. i4.

Condita perspicua vivit vindemia gemma,

Et tegitur felix , nec tamen uva latet. Ib. Ep. 68.

(3) L. 17, ff. de ad. empt. et vend. ; etc. etc.

(4) On voit de ces voiles ou portières dans plusieurs tableaux d’Herculanum , et notamment dans celui que M. Vieil a traduit dans sa Marchande d’Amours , Pittur. Antich. , t. I.

Martial dit aussi ; Abigit testent veloque , seraque. L. 1 , Ep. 2 5.

(5) Les amans semaient de fleurs la porte de leurs maîtresses. — Ovid. , de Art. amand. 1. 2. — Amor. , 1, 6, 67. De Reinedio Amoris, 3i. — Properce, 1, 16, 7. — Tibulle, 1,2, 1 3. — Horace , passim.

Ces fleurs sont l’hommage de P Amour : peignons la beauté qui le reçoit. «C’est la folâtre « Lalagé, dont les épaules brillent comme la « lune pure, réfléchissant, dans une belle nuit, « l’argent de ses rayons sur les flots de la mer. « Elle ressemble à la grappe encore verte, que « l’automne , au teint de pourpre , n’a pas colo- « rée (1). » Sa bouche , qui s’entr’ouvre au plus doux sourire (2) , exhale sans doute l’odeur des roses de Pestum, ou des premiers miels de l’Attique , ou de l’ambre que la main a froissé (5). Ses cheveux noirs sont réunis en un simple nœud, attaché , par un ruban , sur le haut de la tête (4), et orné de quelques fleurs : voilà toute sa coiffure. C’était celle de Diane et des Vierges (5). Ainsi se coiffaLeucippe pour séduire Daphné (6) ; ainsi se coiffèrent et Polixène (7) et Didon (8). Le rouge de la beauté colore ses joues, et un trait légèrement dessiné unit ses deux sourcils

(1) Horat. , Od. 7, 1. 2.

(2) C’est le dulce ridentem d'Horace , ad Fuse. 1. 1.

(3) Martial, 1. 5, ep. 58, fragravit ore quod rosarium Pæsti , etc.

'"4) C’est la coiffure appelée corymbos.

(5) Winckelm. Hist. de l’Art.

(6) Pausan. 1. 8.

(7) Id. 1. 10.

(8) Virg. , Æneid. 1. 4, crines noduntur in aurum.

d’ébene (1). Sa tunique légère est de couleur aigue-marine , couleur des Nymphes (2). Par dessus retombe un long voile de couleur de safran , semblable à celui de P Aurore (5) , et relevé par une écharpe de couleur de fleur d’amandier (4). L’art qui présida à l’arrangement de ces vêtemens , prit soin de découvrir le bras et l’épaule gauche (5) ; le sein paraît aussi dans toute la nudité des Grâces. Il ne fut pas besoin d’employer la pierre de Naxos pour en déterminer la forme ou en diminuer la grosseur (6) : la nature l’a fait comme celui de Vénus (7) , ou si , pour peindre la beauté , vous voulez emprunter de champêtres images , il a la forme des raisins encore verts (8), des pommes naissantes, des dattes ou des fruits de l’arboisier (9). Son col d’albâtre n’est chargé d’aucun ornement; aucune perle n’a déformé son oreille déli-

(1) Ovid. , de ArteamancL ,1. 3 , v. 200 , etc.

(2) Ibid j v. 170, etc.

(3) Ibid.

(4) Ibid.

(5) Ibid. v. 307.

(6) Dioscorid. , 1. 5 , ch. 168.

(7) Winckelm. Hist. de l’art.

(8) Théocr. Idyl. 11, v. 1. — Nonnus Dionys. 1. 1, 1. 4.

(9) Athen. Deipnos 1. 2. , c. 6 , traduct. de Marol.

cate (1); aucun anneau n’embarrasse ses doigts longs et délies (2).

Ainsi parée , Lalagé est assise sur un siège pliant (3), garni de feuilles d’or et d’ivoire (4) , et couvert d’un large tapis (5) , qui retombe sur un pavé diversement coloré de marbres de Sparte (6). On voit , sur sa table , un grand miroir d’or, orné de pierreries (7), quelques aiguilles d’or, des rubans et un vase rempli d’une eau limpide. N’oublions cependant pas ce qui fait une des plus grandes ressources, et le premier ornement de sa toilette ; c est un grand vase chargé de fleurs de toute espèce. Ce bel ouvrage semble fait pour le lieu. On y distingue trois parties. Le bas est ciselé en larges côtes , semblables à celles du melon. De là s’élève le corps du vase, où l’on voit, en relief, Vénus assise sur les flots , et tenant des deux mains son voile enflé par les vents. Des feuillages et

(1) Les jeunes filles 11e portaient ni collier , ni bagues , ni pendants-doreilles. V oy. les Monum.

(2) Et teretes digitos , etc. — Ovid. , de Art amand. , 1. 1.

(3) Herculanum ,passim.

(4) Martial , Pline , etc.

(5) L. 25, (f. de auro , etc. , % î. — L. 5, ff. de supellect. , etc.

(6) Picta Spartani frigora saxi. Martial, 1. i, ep. 56.

(7) Senec. ; quæst. nat. ,1. 1, c. 17.

<lcs fruits entourent cette partie , et vont se terminer à un autre fond renversé , également à cotes, qui compose le coi et soutient la bouche du vase. Deux Léda couchées appuient mollement leur tête contre cette bouche de vermeil ; et les cygnes amoureux, étendus sur elle, forment les anses par les plis de leur beau col (i). Les roses et les jasmins qui tombent en gerbes du haut de ce vase charmant, couvrent une cage d’ivoire , dans laquelle paraît un moineau. Ce n’est pas celui de Lesbie ; mais il est sans doute aussi chéri (2).

L’action de ce tableau répond parfaitement à ses voluptueux accessoires. Lalagé pose une main sur une corbeille de pommes, présent et symbole de l’amour (3) , et de l’autre tient un

(1) Ce beau vase est représenté sur une cornaline du cabinet de Stosch, classe 5, 11 w 1 27. C'est un vase à quatre anses , le Nestoride d’ Athénée.

(2) Winckelm., cabin. de Stosch , classe 3, nu 2Ôi. — - Martial, 1. 1 4 , ep. 77.

(3) Malo me Galathea petit ia.se/. va puella , \ irg., Ecl. 3. La pomme est le prix de la beauté. T'ulcite me floribus , stipate me pomis , dit l’épouse du Cantique , quia amore langueo , c. 2 , v. 5. C’est sous un pommier que son amant l’éveille, sous ce pommier oii sa mère perdit sa virginité. V oy. dans Pollux , 4 , 7, et dans Horace , sat. 2 . 1. 1, un présage d’amour, tiré des pépins de pomme. Y oy . aussi l’explication des pierres gravées du duc d’Orléans.

bâton sur lequel paraît roulée une bande chargée de caractères (1). A sa droite, un jeune enfant porte d’une main un parasol (2) , et de l’autre un éventail de plumes de paon (5). A sa gauche , une belle esclave en vêtement court , semble attacher sous son pied des tablettes , qui vont sans doute porter furtivement la réponse de la bande roulée (4). cc L’amour veut ce du retour. Ecrivez toujours, dit Ovide; ce « qu’elle aura lu dix fois sans y répondre , à la <c fin elle y répondra; elle vous renverra des

(1) C’est ce que l’on appelait la scytale Lacédémonienne. On écrivait de suite, en tournant toujours sur une bande de papier dont on entourait un bâton. Dépliée, cette bande présentait des mots sans liaison, jusqu’à ce qu’on l'eût placée sur un bâton égal au premier.

(2) V oyez notre trad. des Fastes d’Ovide , t. II , p. *70, etc.

(3) Les anciens faisaient un grand usage de l’éventail. Foy. Athen. ,1 6,c. 16. — Nonnus Dionys. ,1. 12. — Greg.Nazia. , orat. 16. — Terent. , Eunuch. , act. III, sc. 1. — Ovid. , de Art. amand.y 1. 1, v. 161 . — Plaut. , Trinumm. , act. II , sc. 1. — Martial , 1. 3, ep. 82. — Propert. , 1. 2 , el. 24. — Claudian in Eutrop., 1, 109.

Ces éventails étaient faits de feuilles d’arbres ( F'oy. Herculan. , tom. I , etc.) , ou de plumes de paon ( Properce et Claudien , ci-dessus; Martial, 1. i4. ep. 67. La représentation du mois d’août dans le calendrier de Lambeccius, Antiq. expliq. supplém. — Nei thesauro A. R., tom. 8, etc.). On voit très-souvent Y éventail et le parasol ou dais , sur les monumens étrusques.

(4) Ovide indique cette ruse, Art d’aimer, 1. 5, v. 624.

cc tablettes chargées d’heureux caractères , et ce vous serez satisfait (1), »

N° Il

Le second tableau représente une vieille également a sa toilette.

C’est sans doute la G alla de Martial. « Sans <c sortir de chez elle , elle s’embellit au milieu cc de la rue Suburre (2). Ses cheveux se tressent cc et se frisent en son absence ; le soir elle ôte cc ses dents comme sa robe. Ses charmes repocc sent alors dans cent boîtes , et jamais il ne cc leur est arrivé de coucher avec elle. Le source cil cju’elle fait jouer, elle le tire au matin de la cc boîte qui le renfermait (5). »

L’appartement où va s’opérer la régénération de Galla, présente des détails relatifs a la scène. A travers les fenêtres, dont il paraît que l’on a ôté les vitres ou spéculaires (4), on aperçoit un

(1) Art d aimer, 1. 1.

(2) Rue de Rome, que l’on ne peut mieux comparer qu’à la rue Saint-Honoré, à Paris. C’était le quartier des bijoutiers, des parfumeurs, des marchandes de modes et des fdles. Perse sal. 5, v. 52. — Martial, 1. 1, ep. 35, 1. 2, ep. 17, 1. 6, ep. 66, etc.

(3) Martial , 1. 9 , ep. 38.

(4) C’est ce que l’on peut induire de la loi 12 , § 24. IF, de. instruct. , etc.

grand vase rempli de terre (i), avec quelques arbustes effeuillés , image de la nature dépouillée de ses agrémens. L’appartement paraît tendu de tapisseries à figures, et d’autres grands tapis sont sous les pieds (2). 11 est orné de deux tableaux assez analogues au sujet. Le premier (5) représente Yénus dans un vaste jardin. Au milieu est un arbre desséché , sans vigueur et sans feuillage ; ses fruits ne sont ni des pommes d’or des Hespérides, ni des grenades à l’écorce d’incarnat , ni des châtaignes qui plaisent à Amaryllis (4). Ils sont plus doux, et souvent, hélas ! plus funestes. Ce sont des Amours qui

(1) C 'étaient des vases de plomb ou de terre , appelés viridiaria. Dolia ficlilia , item plambeci, cjuibus terra adgesta est , et in bis viridiaria posita. 1. 26 , fF. de instruct. , etc.

(2) Nego ullam picturam , neque in tabula, neque texlili luisse , etc. Cicer. in P err. de signis. — Athen. 1. 2 , c. 5.-

(3) Ce tableau est composé de deux monumens antiques. Le premier est une peinture à fresque , trouvée dans une chambre souterraine à Rome , près des bains de Dioclétien, représentant Yénus qui secoue un arbre sec d’où tombent des Amours (Linguet, Annal. , tom. 2, p. i53, 1777 ). L’autre est un médaillon de Lucilia , fille d’Antonin , au revers duquel on voit une femme qui secoue un arbre , et des petits Amours qui sautent et tombent dans l’eau, (Numm. , è Mus. Pisan. pl. 25.)

(4) Castaneasque nuces , mea quas Amaryllis amabat.

Virgil. , Eclog. 2.

tiennent encore aux branches arides , d’où la sève fécondante s’est retirée. La déesse secoue l’arbre avec de grands efforts ; mais ses fruits charmans, jadis entassés autour d’elle, vont tomber au loin et s’enfoncer dans les eaux d’une fontaine. L’autre tableau (1) offre une re* présentation symbolique de la divination par les oiseaux. C’est une vieille qui consulte sur ses amours. La devineresse est assise et tient un oiseau qu’elle a l’air d’interroger. Devant elle est la vieille, appuyée sur un buste de Priape, qui semble indiquer, par sa grimace, que la réponse ne sera pas favorable. Vénus est là aussi ; mais elle répond à la grimace de Priape, et ses pieds sont enlacés d’une guirlande de fleurs : c’est le nœud magique qui enchaîne son pouvoir et sa divine influence (2). Non loin de ce dernier tableau est la porte , où l’on aperçoit le cadenas mobile qui la ferme (5).

(1) Bas-relief trouvé à Herculanum. Saggi , Diss. dellAcad . di Corlon , tom. 4.

(2) C'est le nœud de Vénus, qui fixe aussi l’inconstance des amans ,

Necte, Amarylli, modo, et Veneris die, vincula necto.

ViitGiL. , Eclog. 8.

Voyez aussi Théocri te et Servius.

(3) Il paraît que les serrures des anciens étaient mobiles. Excule poste seram , dit Ovide, Amor. 6,1. 1. On peut con-

Ce cadenas jaloux ne recèle pas ainsi la jeune beauté , lorsqu’elle s’occupe à orner ses charmes. Elle ne peut que gagner à être vue dans le nu et le désordre de la simple nature ; mais les Galla, ou celles dont les appas altérés exigent les ressources de l’art , c’est pour elles sans doute qu’Ovide a dit : cc Craignez que l’amant <x ne surprenne vos boîtes sur la toilette. L’art « que l’on cache aide mieux la figure (1). »

En effet, les Amours seraient effrayés, s’ils surprenaient la vieille avant que sa métamorphose soit achevée , avant que le grand oeuvre du rajeunissement soit accompli. Adieu le charme de l’illusion; adieu cette douce imposture qui peut encore nous offrir, pour quelques heures, la fraîcheur de la jeunesse au milieu des débris de l’àge. Mais le peintre de Galla fut

sulter aussi les dissertations de Saumaise ( exercil . P/in. , p. 649, etc.), de Turnebe (19, ado. 7), de Juste Lipse {de cruce, 3, c. 6), etc. — On peut voir dans Homère un vers intéressant à cet égard, Odyss. <ï>, v. 47. Yarron dit aussi : Nee salis resarrire ab serra diclum, id est aperire. Hinc etiam serœ , guibus remotis fores pandunlur. De 1. 1. 6,6. De là les mots ponere seram (Juvenal , Sat. 6, v. 347), opponere seram (Ovid., de Art. amand. , 2 , v. 243). Elles tenaient avec une chaîne :

Et jaceat tacitâ lapsa caLena sera. Propert., I. 4, el. 12„ (l) De Art. amande, 1. 5, V- 209.

introduit dans le sanctuaire de sa toilette , et il en a révélé tous les mystères. A quelques cheveux qui paraissent encore bruns, parce que sans doute ils sont teints avec les plantes germaniques (1) , l’écorce de noix (2), ou l’écume caustique (5) , une esclave marie avec art un groupe de ces boucles étrangères (4), que l’on vendait auprès du Cirque Fl ami ni en (5) ; une autre tient une longue bandelette chargée de pierreries (6), et se dispose à l’en parer. La céruse s’est unie au rouge pour donner à sa figure la blancheur et l’incarnat de la jeunesse (7) 5 et ses veines desséchées semblent montrer encore , sous le bleu qui les indique (8) , un sang qui circule avec

(1) De Art. amand. , v i63.

(2) Ibid.

(3) Martial , ep. 33 , 1. 8. ep. 26 , 27, 1. i4. — Plin. , Hist. nat.y 1. 28 , c. 12.

(4) Tôt prenait ordinibus , tôt adhuc compagibus altum œdificat caput. — Juven , Sal. 6 , v. 5oo.

Martial dit aussi : Unus de toto peccaverat orbe comarum. — L. 2, ep. 66.

(5) Ovid. ,1. 3 , de Art. amand. , v. 168.

(6) Yittæ Margaritarum ,1. 26 , ff .de auro et agento , etc. § 2.

(7) Athénée deipnosoph. , 1. i3, c. 3. — Martial, 1. 7, ep. 25, 1. 8. ep. 33. — Cerussata Lycoris , 1. 1, ep. 73. — Ovid. , de Art. amand. ,1.3, v. 269.

(8) Cæruleo quædam sua tempora fuco, etc. — Propert. , 1. 2, el. 18. Il 11e s’agit point ici de la chevelure , comme on s’est avisé de le traduire.

abondance. D’autres secours sont employés pour suppléer et corriger la nature. Un coussin est attaché à l’extrémité des reins , pour tenir lieu des charmes que cette partie a perdus , et un corset à baleines redresse et entoure l’étique squelette (1). Galla n’a pas besoin, sans doute , pour soutenir sa gorge , de la peau employée à la toilette des femmes trop grasses (2) ; mais un large fichu de lin en couvre heureusement la maigreur (5). Un énorme collier de pierres de différentes couleurs, taillées en forme de perles (4) , occupe ensuite toute la longueur de son col, et de larges ornemens chargent ses oreilles (5).

La toilette répond dignement aux opérations dont elle est témoin. Un grand miroir, qui a sa couleur verdâtre, paraît être une émeraude , s’élève au milieu (6). Il est entouré d’une bordure de verres de différentes nuances (7). On

(1) Ut pulchris esse natibus exclament qui viderint. Athen. 1. i3 , c. 3.

(2) Mamillare. Martial, 1. i4 , ep. 66.

(3) Amictorium. Mammosas metuo, etc. Martial, I. i4, ep. i4g.

(4) Blas. caryopbil. de Mercat. antiq. , p. 101.

(5) Diss. clyptograpli. Mus. Yictor, c. 8.

(6) Plin. , Hisl. nat. , 1. 37, c. 5 et 7.

(7) Diss. dell. Acad, di Cor ton. , t. 4, diss. 2,

en voit auprès un plus petit, qui semble d’argent poli , et auquel tient un couvercle , comme à nos miroirs de poche (1). On aperçoit ensuite une longue rangée de fioles , qui contiennent sans doute toutes ces compositions que l’art inventa pour réparer des ans l’irréparable outrage y telles que la pommade qui rend à la peau son velouté (2), et celle qui en efface les taches (5). Nous ne parlerons pas d’une autre , destinée à faire disparaître des rides visibles pour le seul amour qu’elles effraient (4). Ça et là sont répandues des aiguilles d’or et d’argent ornées de pierreries.

Mais on ne voit point sur cet autel de la coquetterie, les Heurs odorantes qui embellissent la toilette de Lalagé. La nature est trop simple ; l’art seul doit régner ici. 11 a donc décomposé jusqu’à ces tendres Heurs , et leurs parfums alambiqués s’exhalent d’un grand vase à double fond (5). La base en est ornée d’un masque de

(1) Diss. dell. Acad, di Cor Ion., I. 4, diss. 2. — Ibid , Cab. de Stosch , classe 2 , nos 548 , 549.

(2) Ovid. , de Medicam. faciei. , 5i . etc.

(3) Ibid.

(4) Lomento rugas uteri quod condere tentas , etc. Martial , 1. 5. ep. 42 , 1. 6. ep. 93 ,1. i4. ep. 60.

(5) Ce vase se voit sur une hyacinthe du cabin. de Stosch. , n° 126 , cl. 5. C’est rooschyphium dont parle Athénée , 1. XI.

^vieille Bacchante. Puis le fond supérieur s’élève et présente un Silène ivre, monté sur son âne, et soutenu par un Faune 5 sujet digne des goûts de la vieillesse (1). Le col est orné de lierre, comme la tasse donnée à Tircis (2), ou comme celle de Ménalque (5). Deux serpens étendent leurs souples anneaux, et forment les anses , en se réunissant à la bouche du vase. A côté paraît un perroquet babillard, orné de son collier (4).

Ne croyons pas que Galla soit uniquement occupée du soin de ses charmes rajeunis. Près d’elle est un jeune enfant au teint vif et couleur de feu , aux cheveux crêpés , comme Moschus peint l’Amour (5) ; c’est sans doute un de ces jeunes Grecs qui suppléaient les amans (6) ; elle lui donne une bourse pleine et des tablettes sur lesquels on distingue Batyl. On ne peut douter que cette scène ne soit un effet de cette passion, de ce goût si commun à Rome, et qu’un intervalle de dix-sept siècles n’a peut-être pas encore entièrement éteint. « Dès que le lascif Batyle comc( mence à danser la Léda, » dit Juvénal, ccTuccia

(1) Vinosior ætas. Ovicl., Fcist. , ]. 5.

(2 j Théocrite, Idyl. I.

(5) Virg. , Eclog. 8.

(4) Cornaline du cabin. de Stoscli. , n° 175 , classe 7.

(5) Idyl. 1

(6) Pueris dat. Martial, 1. 2, ep. 4g.

« est en feu, Appula aux abois . L’indigente

cc Ælia désire sa conquête. Les femmes opu- « lentes n’obtiennent qu’à grands frais les face veurs d’un comédien. Elles ont ruiné la voix cc de Chrisogon (l), et un acteur tragique est cc l’amant d’Hispulla. »

Page 1