‹ Recherches historiques sur le luxe chez les AthéniensChapitre 7 sur 21 · PREMIÈRE PARTIE · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PARTIE

Dans la recherche des faits de l’antiquité , dans la recherche surtout de ce qui regarde les usages et les mœurs des peuples , il est assez ordinaire de ne pouvoir rapprocher sous les yeux du lecteur que des traits épars et répandus dans rétendue des âges , et de ne former un tout que de choses infiniment éloignées les unes des autres, sans observer cette précision des temps, si nécessaire pour l’exactitude de nos dissertations.

La matière que je traite n’est pas tout-à-fait sujette à cet inconvénient. La source et les progrès du luxe sont les mêmes partout. La

galanterie et la vanité font naître les memes faiblesses , et donnent lieu aux memes recherches : l’amour-propre a des ressources égalés dans tous les pays du monde , du moins dans ceux où le génie des nations est susceptible de politesse. Le goût, dans la façon de se présenter aux hommes pour plaire, est naturel h

toutes les femmes, ut feminis propter viros vitio naturœ ingenita est plcicendi voluntcis (Tertul. , cle Cultu fem.)j et la différence des temps n’y met que le plus ou le moins de perfection.

Les dames romaines passaient le plus souvent du lit dans les bains particuliers (1) : quelques-unes se contentaient de se laver les pieds ; d’autres poussaient plus loin l’usage desbains (2).

Elles se servaient ensuite de pierre de ponce pour polir et adoucir la peau, pumices lœvi ~ gandis corporibus olim mulieribus in usu ; puis succédaient l’onction et les parfums. ccLe

(1) Dans l’ouvrage intitulé : le Palais de Scaurus f on trouve cies recherches Irès-eurieuses sur la disposition des bains des anciens. Fof. p. 23i, 2e éd.

(2) . et una

Binæ singulis quæ datæ nobis ancillæ ,

Eæ nos îavando , eluendo operam dederunt :

Abgerundaque aquâ sunt viri duo det'essi.

Plaut. , pcenalus , act. I, sc. 2.

(Note de V Editeur.)

baume,» dit Martial, «me ravit, entre toutes les odeurs dont les hommes font usage ; c’est aux femmes à ne sentir que les délices de Corne , c’est-à-dire les parfums les plus exquis de l’ Assyrie (1).»

Les Romains portaient dans l’intérieur de leurs maisons une espèce de robe de chambre ,

(j) ( Martial j l. XIV. 5g.) Le commerce des parfums était extrêmement étendu. On ne peut se faire une idée de la richesse et du grand nombre de marchands épiciers établis autrefois à Rome. Dans cette capitale du monde , il se fabriquait une immense quantité de parfums et d’essences que l’on variait à l’infini. Criton , médecin de l’impératrice Plotine, donnait jusqu’à vingt-cinq recettes de parfums différens, dontFabricius nous a conservé les noms {Bibl. Grœc. , t. XII, p. 690.). Plusieurs plantes indigènes de l’Inde entraient dans la composition des plus précieux, entre autres la racine du cos tus et la feuille du spicanardus ( Bœltinger Sabine). Les dames romaines faisaient un usage immodéré de parfums de toute espèce , et dépensaient des sommes incroyables pour cet objet deluxe. Martial, dans une de ses épigraipmes , reproche à Gellia l’odeur des parfums quelle exhale,

Quod , quacumque venis > Cosmum migrare putamus j

Et fluere excusso cinnama fusa vitro :

Nolo peregrinis placeas tibi, Gellia, nugis.

Sic , puto posse raeum, sic beue olere canem.

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