‹ Recherches historiques sur le luxe chez les AthéniensChapitre 9 sur 21 · L. III · texte numérisé non relu

L. III

Ce que Juvenal nous dit de ceux qu’il compare aux Baptes d’Athènes, de ces efféminés qu’il admet dans les mystères de la toilette, se doitentendre des dames romaines, sur l’exemple desquelles ils mettaient du rouge, attachaient leurs longs cheveux avec un cordon d’or, et portaient une robe bleue ou verte. Devant eux5 on n’osait jurer que par la divinité de Junon. «Vous les voyez se noircir le sourcil,» dit le poète , « et le tourner en demi-rond avec une aiguille de tête (1).»

(1) Voici le texte de Juvenal que l’auteur a en vue :

Talia secretâ coluerunt orgia lœdà ,

Cecropiam soliti Baptæ lassare Cotytto.

Ille supercilium madidâ fuligine tactum

Obliqua producit acu, piugitque tremenles

( no )

Callymaqne, clans l’hymne intitulée /es Bains de P allas y nous a parlé d’un fard bien plus simple. Junon, Minerve, et Vénus se disputaient le prix de la beauté. Vénus resta long-temps à sa toilette. Elle ne cessait de consulter son miroir : plusieurs fois elle retoucha à ses cheveux; elle régla la vivacité de son teint. Minerve, au contraire, ne se mirant ni dans le métal, ni dans le cristal des eaux , ne trouva d’autre secret, pour colorer ses joues, que de fournir, en courant , une longue carrière , à l’exemple des filles de Lacédémone , accoutumées à s’exercer à la course sur les bords de l’Eurotas. Si le succès alors justifia les précautions de Vénus, est-ce la faute des hommes ou de la nature ?

Les dames romaines avaient un soin tout particulier de leurs dents ; la plupart ne les lavaient qu’avec de l’eau pure ,

Aut quilibet qui puriter lavit déniés. Catul. 4.0.

d’autres, avec une espèce de composition qu’elles faisaient venir d’Espagne , et où il entrait de

Allollens oculos; vilreo bibit ille Priapo ,

Reticulumque comis auratum ingenlibus implet Cœrulea indu lus scutulalâ aut gai ban â rasa;

El per Junonem domini jurante niinistro, JÜV. , s. Il , v. 91.

l’urine (1). cc Affecter de faire voir ses dents, » dit Catulle , cc c’est se vanter d’avoir mis dans sa bouche un étrange gargarisme (2). »

Elles se servaient de petites brosses pour se les nettoyer. Martial en envoie une pour étrennes à une dame , et lui fait dire inci vilement , par le présent même : ((Qu’ai-je de commun avec toi? je ne dois servir qu’à la jeunesse; je n’ai pas l’habitude de polir des dents achetées (3). »

Elles faisaient usage des curedents. Ceux de bois de lentisque (4) étaient les meilleurs; au

(1) Et tiens Ibera defricatus urina. Catiil. 58.

(2) Gatul. 4o.

(5) Yoici le texte de l'épigramme de Martial :

DEJNTIFRICiUM.

Quid mecum est tibi? me puella sumat :

Emptos non soleo polire dentes.

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