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I)i&M<»> dâ la maiaooi Parparoa, de Lonii06Soa (18B<»â|)i; V^khéJàiXG^ ïèA à Saint-Palais 1834, ordoané et' nommé supérieuf en. 18&8, chanoine honoraive ea 187â. Celui-ci s'étant démis d^ses fonctions en 1881, Toeuvre de l-abbé Ségalas faste jusqu'à ce jo\xv délaissée. Espérons que la jolie petite ville de Saint-Palais, agrandie chaque année et proebaiaem.ent servie par une ligne de chemin de fer, s'empressera de la relever, ne fût-co qu'en souvenir de son saint fondateur et du grand bien qu'il a fait à sa ville nataje.
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Les Fondateurs et Supérieurs du collège de Mauléon Couvent des Dominicaines et Hospice de la même ville
Omamentum aureum pruâenti doctrina, et quasi bnichialeinbrachio dea> tro.
La science est à l'homme prudent un ornement, d'or et^ comme un bracelet à son bras droit. (Eccli , 81, 24 )
Arnatid-Prançois de Maytic, évèque d'Oloroa (1660-1681X poursuivant un projet caressé par Arnaud I et Arnaud IF dte Maytie, ses parents et prédécesseurs, voulut doter d'un collège la ville de Mauléon, son pays natal. Le nouvel établissement, dans la pensée du zélé prélat, devait servir d'e maison d'éducation chrétienne pour les familles et de pépinière de vocations sacerdotales pour la partie basque de son diocèse. On n'était pas encore aux temps de Tinstructfon obligatoire et des lois existantes, et le peuple souletin fouissait de la plénitude de sa liberté. Consulté par Tévêque & Fendroit du collège, il préféra renvoyer ce projet à une autre époque par Torgane de ses états et réserver son concours pour un autre projet du même prélat.
En effet, Arnaud-François de Maytie ayant voulu appeler des religieux capucins à Mauléon, les états, appuyés par Arnaud-Jean 111, dit aiôéde Trois-Vilks, gouverneur de Soûle et sénéchal de Navarre, s'associèrent au nouveau projet et contribuèrent largement à la construction du monastère sur la rive droite du Saison du côté du village de Cheraute, vers 1677. Il fut seulement stipulé qu'un des Pères religieux basques icait dans les paroisses de la Soûle, à la requête du curé du lieu, les jours de fêtes locales et de grandes solennités.
Non-seulement le couvent fut fondé, mais encore, h raison du climat et de la salubrité de l'air, il acquit assez de renommée pour que la province d'Aquitaine y envoyât ses religieux infirmes pour s'y refaire des fatigues et austérités d'une vie de pénitence. La communauté subsista sans interruption, et continua à répandre autour d'elle une odeur de vie chrétienne, jusqu'à ce que la Révolution vint disperser ses membres et les jeter au-delà des Pyrénées.
Leut couvent, mis en vente, fut acheté par MM. d'Angois et Neveu, représentants du peuple. Le premier ayant vendu sa part (nord-ouest) à Stanislas d'Arthez, la ville de Mauléon l'acquit de ses mains en même temps que M.«[ Lacroix, évoque de Bayonne, acquérait celle (nord-est) de M. Neveu. Les nouveaux propriétaires s'étant entendus pour établir dans la maison un collège, de leur avis commun, le P. Garicoïts, supérieur de Bétharram, envoya un personnel enseignant avec M. l'abbé Hayet pour directeur. Devenu depuis propriété et maison exclusivement diocésaine, le collège de Mauléon a été restauré aux dernières années de l'épiscopat de M^^"* Lacroix. On nous a assuré que son digne et zélé successeur, M^^*^ Ducellier, se propose d'en faire une maison de missionnaires qui recueillerait d'un côté les vieux prêtres de la Soûle et de l'autre les jeunes élèves destinés au service des autels. Le climat et le site pittoresque d'une charmante petite ville, prenant chaque année un nouveau développement, ne peuvent manquer d'attirer de nombreux élèves dans une maison où, sans parler d'un personnel de choix, on sera sûr de trouver le bienveillant patronage du chef du diocèse. Les descendants de ces Souletins, qui jadis contribuèrent à élever cet édifice à la condition d'avoir du renfort pour le clergé paroissial, ne manqueront pas de faire bon accueil aux missionnaires qui viendraient leur prêcher la foi de leurs pères. Enfin les vétérans du sacerdoce, tout^en
édiSftdl tlé lôû^â ^gëé leçons et de l'eiëm^ë Aè ïétlfs t^eHàë sacerdotales les jeunes élèves du sanctuaire, trouveht'Merit dèins ceStë maison uû Keu sûr et propice poiiv se reposer dès longues fatigtiês d'un double service paroisstal. Où sa'H qne dans là Soiile et ttite partie delà Bà-ssC-Navarre, èatiô cliaqtre paroisse, il y a deux ou trois églises bâties le plus ordinairement h côté des anciennes Biaisons seigneuriales; elles avaient, avant la Révolution, chacune son titulaire. A la réonveiture des églises, rsfutorité diocésaine, d'un côté, préoccupée de^ besoins pressants de lenrs ouailles, d<mt la piété, pttr suite de l'absence de tout culte, avait eu le temps dé se refroidir; forcée, de Tautre, de tenir compte des susceptibilités suscitées par le remaniement des nouvelles paroisses,- autorisa Texercice du culte dans toutes ces chapelles. Depuis, diverseë passions locales se sont opposées à l'unifleatioti des pai'oisses , unification si désirable à divers points de vue. Espérons que cette iMultitode de routes qui, sillonnant les gratieux vallons de ces deux provinces, coflamencfènt à se cotivrif dé nouvelles habitations, rapprocheront xjtti jour les anciens quartiers et les grouperont autour d'une iltmvelle église centrale.
SuipÉRîÈùRs Dû Collège.
1° M. i'abbé Hayet, né à Salies en 1817^ ordonné en 1841, fût nommé premier supérieur en 1850. Après trois années passéèjs dans la maison Larre de Màul^on, ii s'installa avec Éà dommimauté dans le local actuel*
2"* En I8&43 il fut reiâplacé par le P. Bcnurdenne (Romain), né à Bùty en 1828, ordonné en 1863*
8^ A è^ dernier succéda, en 1856^ M. Tabbé Bordacbar, né à Mtfitléoli èrn 1823, ôMonné en 1849, t)rdfesseur au ciollèj^e de Sftifiiï^àilP, chanoine honovaire de BayoBùe en 1870. Il
dirigea cet établissement jusqu'à sa mort, arrivée le 14 octobre 1877.
4' Il fut remplacé par M. l'abbé Pouret, né à Bénéjac en 1834, professeur dans cette même maison depuis son ordination en 1861, chanoine lionoraire de Bayonue en 1881.
Couvent dks Dames DoMiN]e;AiSES de Macléon.
La ville de Mauléon bâtit en lTi2 la résidence du gouverneur de Soûle à côté du couvent des Capucins. A peine la bâtisse terminée, M. de Béia, arrière-petit-tils du commentateur des coutumes de la Soûle, vint k trépasier à Paris le 8 septembre 1775. Le gentiibomme basque ayant laissé im legs important pour la fondation d'un collège dans sa ville natale, la nouvelle conslructiou fut affectée au nouveau collège. Le legs fut contesté par le frère du testateur, le turbulent chevalier de Bêla. De là, un long procès que la Révolution se chargea de clore en confisquant tout.
Veudu à cette époque de néfaste mémoire, notre collège servit de logement ii la gendarmerie de Mauléon jusqu'en 1859, auuée où M"^ Roniélie Lassalle d'Oloroii, religieuse dominicaine h ÎSay, en religion sœnr Marie-Agnès de Jésus, l'acheta des mains de l'administration. Plus ou moins appropriée, cette maison, qui depuis a été restaurée et agrandie, devint le monastère du Très-Saint Eosaire de Mauléou. Ses fondatrices furent les demoiselles Homélie et Eulalie Lassalle d'Oloron. Le 3 octobre 1857, la mère Claverie, prieure des dominicaines de Nay, avec son assistante, suivie de quinze sœurs, vint dans le nouveau couvent. La nouvelle colonie arriva à Mauléou sous la conduite de M. l'abbé Manaudas, de ce saint prêtre qui, avec autant de piété que d'érudition, a dirigé durant trente-huit ans (1838-1877) le grand séminaire de fiayoDue; de ce prêtre infatigable qui, faisant sa classe de
morale, trouvait le temps de diriger plusieurs ecclésiastiques, ses anciens disciples, et la plupart des maisons religieuses du diocèse; de ce prêtre enfin en qui le clergé de notre temps vénère avec amour son père et son parfait modèle dans le sacerdoce.
La sœur Marie-lgnès de Jésus, nommée première supérieure, put en sa qualité de fondatrice rester prieure jusqu'en 1878. — A cette date, elle fut remplacée par M"« Pauline de Menditte, née à Menditte (Soûle), en religion mère de la Nativité. — A cette dernière a succédé, en 1881, M^*^ Rodel, de Montpellier, en religion mère Marie-Thérèse.
Le monastère de Mauléon, Tun des plus beaux du Midi, a depuis sa fondation jusqu'à ce jour pour aumônier M. l'abbé Cotiart, né à Barcus en 1812, prêtre en 1836, successivement vicaire à la Bastide-Clairence, missionnaire à Hasparren.
Hospice db Mauléon.
L'origine de cet établissement de charité remonte jusqu'au commencement du xvr siècle. L'abbé de Béhéty, originaire, croyons-nous, de la ville de Mauléon, doit être considéré comme son premier fondateur. « Ancien agent du clergé de
France, » ce digne ecclésiastique voulut venir au secours des pauvres de cette ville et leur procurer un refuge. Il laissa, à cet effet, une somme de 1500 livres, à laquelle vinrent se joindre d'autres legs particuliers. De là un modeste hospice régi par le curé de la t)aroisse et quatre jurats du lieu. Tout près, à une distance d'une lieue environ, se trouvait l'hôpital de l'antique commanderie d'Ordiarp. Cet établissement voulut, de son côté, assurer ses revenus et son existence ; « afin, dit un ancien mémoire, de procurer au pays de Soûle tout l'avantage qu'il pouvait attendre de l'hôpital
d'Ordîatp, » il avait obtenu le 25 février 1709 un arrêt du conseil d'Etat établissant un bureau d'administration. Soit que les affaires ne tiïatchassent pas mieux qu'auparavant, soit que Fhospice de Mauléon parût mieux situé, ce même bureau, sur sa demande, obtint des lettres patentes du mois de janvier 1715 ordonnant la translation de son hôpital et son union avec celui de Mauléon.
Le local ne tarda pas à devenir insuffisant pour y recevoir les pauvres et les malades de deux hôpitaux : la construction de nouveaux bâtiments fut projetée en 1731. L'œuvre était menée par un homme aussi actif qu'entreprenant. Il s'appelait « François de Meharon Gourdo, avocat au parlement de Pau , trésorier de l'hôpital d'Qrdiaiç, transféré à Mauléon. »
Soutenu par M^^"* de Éévol évêque d'Oloron, et par Arinand- Jean de Moneins (Mont^Réal) [1], comte de Trois-villes, gouverneur du pays de Soûle, il était en cours d'exécution des travaux, quand l'évêché de Bayonne/en vertu de son titre d'échange du 12 février 1712 avec le monastère de Roncevaux, revendiqua ses droits sur l'hôpital d'Ordiàrp et ses dépendances (2). Après un long procès, un arrêté du 11 mai 1742 finit par ordonner la « réunion définitive dés deux hôpitaux et établir un bureau d'administration de l'hôpital général de Mauléon. » Le bureau se composait de l'évêque d'Oloron, président perpétuel, du gouverneur du Pays de Soûle ou du lieutenant de robe longue, des curés de Mauléon et d'Ordiàrp, du procureur du roi, aux quels devaient se joindre, au choix du bureau, six défi) C'est à tort qu'on écrit quelquefois ce nom en un seul mot : il s'écrit Mont'Réal; en deux mots unis par un trait.
(2) Nous donnons ce document, qui ne manque pas d'intérêt pour l'histoire du diocèse de Bayonue, dans notre Aperçu sur l'histoire des Basques*
-amputés administrateurs des dîme3 des paroisse? 4ébit;rices (on les remplaça plus tard par les deux premiers jurats et par deux notables de la ville), et enfin d'un trésorier * charitable » tenu de rendre les comptes chaque année.
Les revenus de Thospice , appelé désormais « Thôpital général de Mauléon », consistaient dans la dîm^ des paroisses d'Ordiarp, de Musculdy, J'Idaux-Mendy et de Qsr rindein; dans les fiefs : un moulin, une prairie, un petit bois dépendant d'une maison noble sise à Ordiarp et revendiquée longtemps par cette commune pour logement de son curé.
Ces revenus s'élevaient, année commune, à la somme de 4,500 livres. L'établissement avait encore une rente annuelle de 250 livres, réduite plus tard à 180 livres, et provenant d'un legs fait en 1722 par Louis d'Etcheverry, ancien capitaine aide-major du régiment de Lille de France et ancien caissier des états de Bretagne. En vertu d'un acte de donation de 1770, il avait recueilli encore un capital de 20,000 livres laissé par le sieur Borda, fermier général à la condition qu'à perpétuité il y aurait dans cet hôpital deux lits pour les pauvres des communes de Barrante et de Lohitzun. Ces revenus, auxquels se joignaient quelques dons particuliers fournis par la charité publique, servaient à l'entretien des bâtiments, au paiement du personnel et obiers (un aumônier, 300 livres; un médecin, 150 livres; un chirurgien, 45 livres), a|[^ paiement de la congrue et réparation des églises des paroisses débitrices des dîmes ;. enfin à l'entretien de? pauvres infirmes et des enfants orphelins ou abandonnés. Les pauvres et les enfants de îifjauléon , d'Ordiarp et des paroisses où on percevait la dîme, devaient être préférés; mais si les ressources le permettaient, çeu^ des autres paroisses de la vicomte et même les étrai^ers hors d'état d'arriver chez eux, n'étaient pas exclus.
Le service fut pendant quelque temps confié h des laïques; mais M»' de Montillet, successeur deM»"* de Révol, voulut leur substituer des sœurs grises de Saint -Lazare. Après d'inutles efforts, il obtint trois sœurs hospitalières de la Sagesse, dont la maison-mère, sous la direction de M. Tabbé René Mulot, était à la Rochelle. Elles furent installées le 23 novembre 1737 par leur supérieur, en présence de révoque d'Oloron et des membres du bureau d'administration. La supérieure , sœur Marthe , entourée de l'estime et de Taffection générales, ayant été remplacée par une autre, le bureau refusa d'admettre celle-ci. L'affaire finit par s'envenimer tellement que René Mulot dut retirer toutes ses religieuses. Depuis le 15 avril 1744, jour de leur départ , le service des malades fut de nouveau confié . à des personnes du pays admises par le bureau , sur la présentation de l'évêque d'Oloron. Après trente-et-un ans, François de Révol, successeur et parent de M*' de Montillet, mit à la tête de l'établissement la sœur Thérèse de Vilada supérieure, et la sœur Placide d'Amas ou d'Elmas, de la congrégation des sœurs de Nevers. Depuis lors, les religieuses de cette congrégation n'ont point quitté la maison, pas même à la Révol tion , où la « citoyenne Placide d'Amas» fit preuve d'autant d'énergie que dedévoûment. Au moment où nous écrivons ces lignes, estait tête de cet hospice la mère Antoinette (M"« Genevière d'Arthez).
La Révolution faisant perdre à l'hôpital de Mauléon les dîmes et les fiefs dus par diverses paroisses et particuliers, le priva d'un revenu annuel de 8,275 livres. B» vertu de la loi du 16 vendémiaire an V, radministrttioB locale essaya de faire indemniser cet établissement sur les biens nationaux, savoir : 1 Sur les rentes foncièT» dont jouissaient les commandeurs de Saint-Jean-deJéra-
salem, dits de Malte, de Berraute, dans la contrée de Mauléon, consistant en 80 conques de froment, etc. ; 2" sur les redevances foncières que le séminaire d'Oloron perce" vait de diflférents particuliers de la Soûle; 3» sur celles que les Barnabites prélevaient à Thôpital Saint-Biaise et h Sainte-Engrace; 4" enfin, sur le loyer de la maison du district, Tafferme des moulins d'Idaux et de Mauléon appartenant au roi. Mais tous les efforts furent inutiles; l'hôpital fut spolié. Après la tourmente révolutionnaire, il eut à se créer de nouvelles ressources. Puisse-t-il toujours trouver des libéralités dignes de celles de son commencement, et continuer à faire dans les temps à venir le bien qu'il ne cesse d'opérer depuis trois siècles au milieu de la charmante ville de Mauléon t
Prosper-Michel-Armaud Hirabourb
évêque d'Aire et de Dax 1857-1859»
OHeudit ilii ngnum Det etdeiit nu 9f iemiiam êm^ciariuin : |boiif9(M4< illmm in laboribus tuig et complevH Uhoré» HUm*.
Elle (ia sffgessel liM « Caii vogr le royaume de Dieu , lui a donné la sciroce des sa*f>K ITapirîchi de ses Ira vaux f et l^i a fait recueillir de grands fruits. (Prov. fO-j
Dans la belle plaine de Cambo (.^ntQn 4'BspeA«t!^ ^ Tombre d'arbres séculaires, s'élève la modeste habitation dite Ojuihandinea (Maison de beau froment). L'héritière, du nom de Marie N., se maria avec N. Celhay, fils de la maison Liçarrajua, de la môme paroisse, et donna le jour & huit enfants. Veuve à l'âge de 36 ans, elle fut heureuse de trouvet un conseiller et un soutien dans son beau-frère M. Tabhé Celhay, économe des missionnaires à Larressore. Sur ses conseils, elle plaça son fils aîné dans cet établissement. La Révolution les en expulsa, oncle et neveu ; bien plus, pour échapper au redoutable arrêté du 13 ventôse an II (3 mars 1794), porté par Pinetet Cavaignac. représentants du comité de salut public, ils durent émigrer en Espagne.
Les deux premiers articles de cet arrêté, qui fit verser tant de larmes et de sang, portaient : « ... Les habitants des communes infâmes deSare, d'Itxassou etd'Ascain, serontenlevés de leurs domiciles et conduits à une distance d« vingt lieues des frontières. — Tous les habitimts des communes d'Espelette, d'Ainhoa et de Souraïde, sur lesquels il sera élevé ou s'élèvera le plus léger soupçon de haine pour la Révolution et
d'amovjr pQurles Espagnols, saront, pvee leurs familles entiers, soumis & la '^oie peine.* Le 6' et le 7' articles portaient: aUnecomiaissioii extraordinaire aéra formée sur-le-champ... Elle iconnaîtra des délits de désertion qui ne sont pas pure- DLent militaires; elle prononcera sur ceux d'émin:ration. Les persopues prévenues d'intelligence avec les prêtres réfractairea et les éuiigrés, celles qui seront parentes, h quelque degré que ce puisse être, des traîtres qui ont passé sur le territoire ennemi et des prêtres réfractaires, seront traduites devant la commiâsion. »
. En exéoutiou de cet infâme arrêté, 640 femmes, enfants, vieillards, infirmes, sans parler de ceux amenés à pied, furent arrachés à leurs familles, jetés sur des charrettes, et conduits saiis autres vêtements que ceux dont ils étaient couverts, pour être enfermés dans les églises basses et Uumides d'Ondres, de Capbreton et de Saint-Vincent-de- Tyrosse (Landes). Après vingt jours d'affreuses misères, ils furent répar is dans le5 communes du district de Dax.
La jeune veuve Gelhay, coupable de n'uvoir pas dénoncé aou propre fils et son beau-frère (1) avant leur évasion, fut condamnée à l'exil avec toute sa famille. Cependant, grâce
(1; L'abbË Cciliay, le niiiisioiiDaire, l'entra en Franci: iiprÉs la Uévi>lulioii; l'étuiliunl rostia i Culahurra , et à sa moi-t. il iliita riohemcni les établiascmeiiis rcligieus tic cette ville, <iiie durant sa. vie il é'Iilia di rexemple de ses voi-lut. — L'iibbé l'ieri-e Cclliav, m- ù Carnli'i 1<; V' ftOÙtl793 et décédé vers 1859, aiimf.niiu- milîtaii-o A ll.iyuntie, éiuri u.'vcl fiiiss ion Bail» cl (lia d'uiie dermiiaello Dublaiic, duCutiiloi: i*l;— e gJoiicux confesseur de la foi atrêtV- cl Ck/v-ui. u p» , p,(iui- avuir caclR' et soustrait iliiii« mi riisMû: Ja-
n proiife fils, vicaire de su j>ai-.jj,«- atit-
''ionnaircs. i'i;;rn> CdJiay fu' a,.^ ^~:
irtag<;a ave; «e» ulvixi d'*^-
•e. M. I'oIjIi* HiU. «u.ioori*. -. - AuiliUe UuUwh:.
h des influences, ou peutrôtre & cause du grand nombre des victimes, les agents révolutionnaires lui firent grâce^ & la condition qu'elle livrerait ses deux filles les plus kgéea; elles avaient à peine 17 et 18 ans. Enfermées d'abord dans l'église de Saint- Vincent-de-Tyrosse, on les promena ensuite dans les dites communes du district de Dax. L'aînée de nos jeunes exilées , appelée Gracieuse , mariée & Jean Harriague , d'Ainhoa, autre victime de la Révolution, fut la grand'mère de M. l'abbé Jaret, aujourd'hui vicaire de Saînt-Pée-sur- Nivelle. La puînée, nommée Gratianne, fut la mère de M«r Hiraboure et la grand'mère de M^"* Pujol, aujourd'hui supérieur de l'église de Saint- Louis -des -Français à Rome (1). Enfin, une de leurs sœurs, nommée Gracieuse, fut la mère du R. P. Etchegaray, aujourd'hui aumônier de Notre-Dame du Refuge à Anglet (2).
(1) Me-- Edouard Puyol, né à Bayonne en 1833, a été successivement secrétaire de son oncle Me*- Hiraboure, supérieur du collège de Dax, curé de Capbrcton, premier aumônier de Sainte-Barbe à Paris, professeur à la Sorbonne; il est auteur de la Vie du P. Cestac. fondateur d^ N.'D. d'Àngbt; de L ,uis XIII et le Bc'arn : d'un traité en latin sur le sacrement de la pénitence, etc.
(2) Le R. P. Mtchegaray, né à Bayonne en 1811, fut professeur à Larressore avant son|ordination en 1836, directeur de la maîtrise et chanoine honoraire de la cathédrale en 1841. Il est entré dans la maison de Bétharram en 1855, à la résidence de Bayonne (maison de Y Espérance), En 1850, il soigna et dirigea plusieurs maisons religieuses de la ville; en 18.57, il fut nommé aumônier des dames Ursulines de Pau. Depuis Tannée 1869, à titre de premier aumônier assisté de trois autres Pères de la môme Congrégation, il dirige la communauté de N.-D. d'Anglet avec cette piété éclairée, ce dévouement rare qui sont le cachet et le caractère particulier du bon P. Etchegaray. Il eut pour père Domi niché (Dominique) Etchegaray, fils de la maison Andressenea, sise au quartier Pegna à Hasparren, et pour mère Gracieuse Celhay.
Voici sa généalogie paternelle :
Du mariage de Pierre Etchegaray, héritier d'Àndreisenea, et de
Après ces détails, qu'on nous pardonnera de donner sur une famille honorée tant de fois de Tauréole des confesseurs de la foi et de la couronne sacerdotale, venons à celui qui sur la terre fut sa principale gloire et continue au ciel à être son meilleur protecteur : M»"" Prosper-Michel-Arnaud Hiraboure, évêque d'Aire et de Dax.
Il naquit à Bayonne le 7 octobre 1805, du mariage de Salvat Hiraboure, fils de la maison Èascoienea, de Bidart, et de Gratianne Celhay, ^q la maison Ogmhandinea. Le mariage eut lieu à Cambo le 25 juin 1803. Né au sein d'une famille où la foi et les mœurs chrétiennes, remplaçant les biens de la fortune, étaient de tradition, le jeune Arnaud se sentit appelé au service des autels. Ses parents l'envoyèrent à Calahorra. près de son oncle, Tex-étudiant de Larressore. C'est là qu'il reçut le^ premières leçons de latinité. Rentré d'Espagne, il fut d'abord chez M. l'abbé Dargaignaratz à Bayonne, puis au petit séminaire d'Aire.
Dans cet établissement, fondé par le pieux abbé Lalanne, affluait l'élite de la jeunesse de la province d'Auch. Notre jeune élève eut pour maîtres les frères Destenabe, l'abbé Claverie, et pour condisciples de Salinis, (jerbet et Laurence, trois futurs évoques, avec lesquels il se lia d'amitié pour toute sa vie. M»' d'Astros, à l'ouverture de la maison de Larressore en 1821, ayant nommé l'abbé Claverie supérieur
Marie Etchegoyen naquit, en 169H, Domingo (Dominique) Etchegaray.
— De l'union de Domingo Etchegaray avec Dominica Blandie, mariés en 1713, naquirent huit enfants : Jean, Marie, Domingo, Marguerite, Saubnt, Jean, Salvador, N
— De celle de Saubat, marié en 1768 avec Catherine Harriague, cadette d*Eliçalrkii, naquirent sept enfants : Dominica, Marie, Dominiché, Jean, Dominica, Domingo, Michel.
— De celle de Dominiché, né en 1774 et marié avec Gracieuse Celhay, naquirent à Bayonne Michel Etchegaray, docteur en médecine, et Salvat, notre pieux et zélé aumônier.
4e eet étabUssem^nt, Hiraboure suivit son professeur et aiQheva ses basses classes avec le plus grand succès sous sa 4irQCtion. Aussi le nouveau supérieur ne tarda-t-il pas à apféleT l'abbé Hiraboure parmi ses professeurs : c'étaient MM. Landerretche, mort victime de son zèle durant le choléra k Mauléon ; Dassance, homme aussi aimable qu'érudit, mort chanoine titulaire de Bayonne ; Haramboure, décédé vicairegénéral du diocèse; Cestac, le futur fondateur de Notre- Dame-d'Anglet; etc.
D'une constitution fortement développée, d'un dévouement h toute épreuve, d'une facilité d'élocution rare, Hirai)oure se voua dans cet établissement à l'éducation de la jeunesse, qu'il aima toute sa vie. Tout en perfectionnant ses propres études, il s'attacha à étudier dans l'enfance toutes les vibrations du cœur humain; aussi en connut-il tous les secrets, qu'il sut mettre à profit dans les diverses positions de sa vie. Nommé vicaire de la paroisse Saint- André de Bayonne, sa ville natale, il y trouva un curé des plus zélés. Sou9 son habile direction, il s'attacha de préférence à l'instruction des enfants, sans néglig'er celle de Vàge mûr, qu'en foule il attirait par sa parole entraînante au pied de la chaire de la vieille église des Capucins. Veillant avant tout au bien général de la paroisse, il savait faire la part des œuvres paroissiales. En un mot, l'homme mûr, le prêtre prudent et pieux s'était révélé.
En 1834, il manque un aumônier au couvent des Ursulines de Pau; l'administration diocésaine y nomme le jeune vicaire de Saint-André. Ni les jeunes pensionnaires en qui il aura à former le type de la femme chrétienne, ni les religieuses qu'il aura à conduire dans les voies difficiles de la spiritualité, n'auront à se plaindre de l'inexpérience de leur aumônier. On en jugera quand on sdura que quatre années après, M^' Lacroix, ayant remplacé M^* d'Arbou sur
le siège épiscopal de Bayonne, lui envoya ses lettres dé vicaire-général du diocèse.
Dans l'exercice de ces hautes fonctions, M. Tàbbé Hita-^ boupe se montra ce qu'il parut toute sa vie, c'est-à-dire sitthpie, modeste, pieux et des plus bienveillants. II éiil pow collègue M. l'abbé Boutoey, hommie d'une finesèe d'ésptît et d'unQ exactitude de correspondance remarquables. Avett son digne confrère, il prêta le cofncours le plus éclairé à Son évoque pour l'administration générale da diocèse; mais en qualité d'archidiacre de Bayonne, chargé du Pays Bôsqtiè, notre vicaire -général veilla d'une manière spéciale au tùâîntiëndes traditions particulières et chrétiennes de" èétte partie, incontesta:blement la plus religieuse, du diocèse. Oh! quMl aimait le Pays Basque, que son eoeùrde prêtre et de patriote tressaillit quand son évêque, à l'exemple de M»' ClëmQeî dé Rùéil, évêque de Bayonne (1622-29) et de M»*" François de Révol, évêque d'Oloron (1705-1735) et autres, a?pprit sa làtïgûe maternelle î Aussi bien que son sttcét^sséùr* rmmèdîàt, M. l'abbé Franchistéguy, de pieuse mémoire , il désirait nous le savons — une chaire de langue basque àû giràûd séminaire diocésain (1). C'est qu'il savait que sa langiiè avait sauvé et sauverait encore son cher Pays Basque. Cependant l'importante cure de Pati vint à vaquer. Le
(Ij II fut question à cette époque d'établir une académie basque. A la tête du projet étaient : MM. Hiraboure; Haramboure, supérieur à Larressore ; Dassancc, alors professeur à la èorbonne ; les abbés Harriet, Lissardy, curé d'Hasparren ; etc. Le but de la société était d'éîimirler de la langue basque cet affreu± alliage de termes fi-ançais et de là maintenir dans sa pureté originale, soit par de bonnes publicatidiis, soit par l'action et Torgane du clergé. — Nous avons été heureux de trouver comme un écho lointain de ce projet dans les vœux de M. l'abbé Franchistéguy, qui désirait aussi une chaire de langue basque dans le séminaire diocésain et une publication bi- mensuelle en langue pure basque.
clief-lieu du département des Basses-Pyréaâea n'avait pas oublié les brillantes qualités d'esprit et de cœur de son ancien aumônier j d'une voix unanime il le réclame pour son pasteur. M<' Lacroix hésite longtemps ; il finit par céder son vicaire-général, maid en lui conservant tous les honneurs de son ancien titre. CVat à lu grande cure de Saint- Martin de Pau que Napoléon III, qui. lors de ses visites dans le pays, avait pu apprécier sus qualités, vint le trouver et le nommer à l'évêché d'Aire par décret dn 22 septembre 1866. Il fut sacré le 8 mars de l'année suivante , dans l'église métropolitaine d'Âuch, par Ms' de Sulinis, assisté de Mb' Laurence, évoque de Tarbes, de Ms' Gerbet, évSque de Perpignan, au milieu d'une foule d'ecclésiastiques accourus du fond du Pays Basque et autres points des diocèses de Bayonne et d'Aire,
Son entrée au milieu de son peuple fut une ovation générale. Aire, l'antique cité des Aturains, la seconde capitale d'Alaric; celle non moins célèbre de Dax (à^iub TaràelUctBJ se 'distinguèrent dans cette réception enthousiaste. Cette dernière cité tenait à témoigner sa gratitude au nouveau prélat, «qui, ayant uni le titre d'évôque de Dax k celui d'Aire, renouvelait la chaire dix-sept fois séculaire de ses pontifes.» Les jours de fête passés, MS' Hiraboure se mit à l'œuvre. L'héritage qu'il avait recueilli était riche eu œuvres, mais quelque.s-unes attendaient encore leur solution. Si rompu que filt notre saint évoque h. toutes les fonctions ecclésiastiques que successivement il avait exercées, il voulut s'entourer des lumières de son chapitre et autres prêtres distingués. C'est que, comme a dit un de ses biographes, M«' Hiraboure, peu soucieux du titre de « bon administrateur », titre assez sec quand il ne réunit pas d'autres qualités, comprenait que la division du travail a des résultats plus prompts. Diverses commissions furent donc chargées, les
unes dea affaires paroissiales , les autres des études classiques et théologiques, de la Propagation de la Foi, etc.
H établit à Aire la conférence de la société de Saint -Vincent-de-Paul, œuvre à laquelle il ajouta la réunion des Dames de la Providence, chargées de visiter et de soulager les malades à domicile. Voulant témoigner sa haute estime et sa bienveillance à cette œuvre éminemment chrétienne, il fit une réception splendide à plus de 600 membres de ces pieuses associations venues le 30 mai 1858, sous la couiluite de Son Eminence M»' Tarchevêque de Bordeaux et de M»' d'Agen, dans le hameau de l'illustre saint Vincent de Paul. Du reste, notre pieux prélat prêchait d'exemple : trouvant toujours suffisants son mobilier et autres objets de son service — qu'en grande partie il devait à la générosité de ses amis — il dépensait la plus grande partie de ses revenus en aumônes secrètes et en œuvres diocésaines. Un trait raconté par les feuilles publiques suffit pour dépeindre son esprit de charité. Un jour, on lui apprend que leur extrême indigence arrête dans leur projet d'union légitime deux personnes de sa ville épiscopale. Aussitôt le charitable prélat loue pour leur compte une petite habitation aux portes de la ville, pourvoit aux frais d'installation, bénit lui-même le mariage, et leur remet une somme d'argent avec les clefs de l'habitation. Plein de commisération pour le besoin de ses ouailles, il ne pouvait oublier ceux de ses confrères dans le sacerdoce : le diocèse n'avait pas de caisse de retraite pour les infirmes et vieux prêtres ; il mit à cet effet plusieurs projets à l'étude , et l'administration qui lui succéda fut heureuse de les trouver préparés.
Dans ses relations, M8' Hiraboure était un vrai modèle de simplicité et de bienveillance; chacun se sentait auprès d'un père. Il n'y avait pas jusqu'aux enfants qui n'abordassent le nouveau saint François de Sales, dès que dans la
rue ils remarquaient sa soutane violette. Touie^îa, la h(Mtt
ineffable du père ne nuisait ni à la fermeté ni k la sévérité (lujtige, quand il fallait y recourir : mais, ne jugeant (lu'après avoir patiemment éuouté, il savait faire baiser la main qui ue frappait que pour guérir.
M»' Hiraboure avait trop vécu de ce contact intime deS aœea pour s'isoler dans les sommités officielles de la hiéfaf- - cilié. Il aimait la vie apostolique, et l'apostolat est soM cachet caractérisque. Il était, comme le recommandé saint Paul, «puissant par son exhortation, par l'enseignement de sa doctrine «; et sa parole, à la fois grave et populaire, avait besoin de s'épandre sur les âmes. Marquée du double sceau de la science et de l'autorité, elle allait droit au cœur et s'imposait h l'esprit. On aimait h la lire dans ses mandemetits; mais c'est surtout du haut de la chaire, dans ses retraites, ses stations de carême, qu'on était ravi de l'entendre. Leâ villes de Saint-Sever, de Tartas et autres localités qui, Itt première année de son épiscopat, entendirent l'évêque-miôsionnaire, se rappellent encore les charmes de sa parolô apostolique.
Pie IX venait d'accorder cette année un jubilé à, l'Eglise universelle. Notre zélé pontife, en compagiiie des missionnaires diocésains, se mit k la disposition de ses prêtres. Levé à quatre heures — selon son usage du reste — , après ses exercices de piété, comme le dernier de ses missionnaires, il confessait, il prêchait soit en langue gasconne, idiome dti pays, soit eu langue française: en un mot 11 partageait avec ses collaborateurs toutes les fatigues de la mission. Dans ses tournées pastorales, il parcourait tous les villages, s'accommodant, pour passer de l'unà l'autre, dupius inode^ véhicule, quand il n'allait pas à pied , le b&ton à la m&in, à travers les sables brûlants des Landes.
Ses actes, aussi bien que ses éminetitâs qualités, mireot
en relief le nouvel évèque d'Aire. Un archevêché îiflpôrtant étaat venu à vaquer, le jg'ouvernencient impérial song-ea à le lui offrir. Dès les premières ouvertures qui lui sont faites : « Je tiens, dit-il, à mourir au milieu des premières ouailles qu'il a plu à Dieu de me donner, et à placer ma tombe sous la protection des saints pontifes d'Aire et de bax. » Hélas ! ses vœux ne devaient pas tarder h être exaucés.
Le jeudi 30 mai 1859, en tournée pastorale, il se rendit de la paroisse de Nousse (canton de Montfort) à celle de Gamarde. On avait confessé jusqu'à une heure avancée de la nuit ; chacun songeait à se livrer au repos, quand notre pieux prélat, vers onze heures, s'engage seul dans ks ténèbreâ d'une allée sans clôture du jardin du presbytère. Une heure après, on le trouvait étendu sans mouTcment sur la voie publique : il venait de tomber d'une hauteur de quatre mètres, et, dans cette terrible chnte, de se fracturer la clavicule droite avec lésion grave du môme côté. Les derniers moments, les funérailles et le panégyrique de Mfi^' Hiraboure ont été imprimés et publiés (1); nous renvoyons le lecteur à ces pages émouvantes : il y verra la résignation admirable de notre saint pontife, celle d'une sœur bien-aimée, les regrets, les larmes d'un vicaire -général ami de trentecinq ans, ceux des milliers de visiteurs, enfin de tout le diocèse. Malgré toutes les prières adressées au Ciel, le pieux prélat rendit sa belle âme le lundi 6 juin. Une de ses dernières paroles fut : « Je ne fais pas de testament, je ne laisse rien; » parole admirable dans la bouche d'un évèque qui avait tout donné.
Coïncidence frappante : le 30 mai 1857, }A«' Hiraboure était installé dans la cathédrale de Dax, dont il avait rétabli le
(1) Dax, typ. et lith. de G. B.
titre; le 30 mai de l'année suivante, il présidait à Buglose la réunion des conférences de Saint -Vincent-de- Paul, et le 30 mai de 1859, il faisait sa chute fatale. Au milieu des larmes et des angoisses de tout le diocèse, le patient, souriant et résigné, ne cessa d'y reconnaître la main de Dieu et celle de la Vierge Immaculée. Le saint prélat avait-il été exaucé dans quelque vœu secret? Ses intimes l'ont pensé.
La paroisse de Gamarde, les villes de Dax, de Tartas, et autres localités, tinrent à honneur de rendre leurs hommages et le tribut de leurs regrets à ses dépouilles mortelles. Les cérémonies des funérailles, présidées par le cardinal Donnet, archevêque de Bordeaux, assisté de M»' de Salinis, archevêque d'Auch, de M.«' Lacroix, évêque de Bayonne, eurent lieu à Aire le 14 juin, au milieu d'un concours considérable d'ecclésiastiques et des principaux personnages des départements des Landes et des Basses-Pyrénées. Son corps, déposé dans un caveau, repose dans une des chapelles de la cathédrale. Puisse ce saint pontife étendre sa protection sur les deux diocèses d'Aire et de Bayonne, et surtout au Pays Basque, dont il aima et sauvegarda le? traditions séculaires! {Fcào religieux des Pyrénées, année 1870; documents particuliers. )
Le R. p. Michel Garicoits
fondateur et premier supérieur de la Congrégation des prêtres du Sacré-Cœur de Jésus de Bétharram (1797-1863)
Note sur les Curés de la Cathédrale de Bayonne
f^ir fidelis mulium taudabiiur...
et qui custos est Domini sui glorificabitur.
L'homme fidèle sera comblé de bénédictions... et celui qui gardera son Soigneur avec fidélité sera élevé en gloire. (Prov., 28, 27.)
A Ibarre (Ostavarrès), paroisse indépendante avant 1789, depuis lors section de la commune de Saint-Just, sur un mamelon, s'élève la maison dite Garayco-Etchea (maison sur la hauteur). Là, vit le jour, le 15 avril 1797, Michel, né de runion d'Arnaud Garicoïts (nom francisé de Garayco-Eichea) et de Gratienne Etcheberry (1). Quoique héritier du modeste domaine de Garayco-Etchea, Arnaud était plus riche en vertus qu'en fortune, et il avait tenu à avoir avant tout une épouse chrétienne. Il la trouva dans la fille des fermiers d'Ordoki, de la môme paroisse. Cette propriété appartenait à M. Borda, notaire, qui avait un frère prêtre. Celui-ci, pendant qu'il fuyait devant les poursuites des révolutionnaires, était devenu l'obligé des fermiers de son frère et de leur gendre,
(1) Grat. Etcheberry était issue du mariage de Jean Etcheberry et de Cath. Etcheverry, fermiers de la maison Ordoki de Juxue, famille où les traditions chrétiennes étaient héréditaires.
Arnaud Garicoïts. C'était la Providence qui préparait ses voies inénarrables. Grâce à leur discrète fidélité, il y avait trouvé un asile sûr et même des guides à toute épreuve pour passer et repasser les Pyrénées durant ces jours de néfaste mémoire. Dans la biographie de U^' Hiraboure, nous avons admiré les bénédictions de Dieu sur les familles des confesseurs de la foi ; nous verrons celles de cette même Providence sur les Etcheberry-Garicoïis, protecteurs de la môme foi(l).
Michel, Taîné des cinq enfants d'Arnaud (2) Garicoïts, ne fut baptisé que six mois après sa naissance. Nous regrettons de ne point connaître le nom du prêtre qui lui donna
(1) Le fermier d'Ordoki eut sept enfants, dont Tun, Jean Etcheberry, né en 1806, ordonné prêtre en 1834, n*est autre que cet ancien et digne collègue de M. Tabbé Garât d'Hasparren, ce zélé et pieux aumônier do couvent des Filles de la Croix d'Ustaritz , qui rend tant de services au pays ]L)ar ses publications basques, y compris ses almanachs « riches en conseils pratiques. Un bon almanach peut être le guide et l'apôtre de la chaumière; pourquoi faut-il que, dans certaines mains» il devienne un instrument de politique?
(2) Michel eut pour frères et sœur : Jean, Paullé (Paul), Marie, les trois décèdes célibataires ou sans postérité, et Joannès, marié avec Cath. Harguindeguy, de la maison Amexague d'Ibarre. Il en eut : 1« Marie (6 novembre 1849) ; 2° autre Marie (14 décembre 1851), mariée à Bayonne, paroisse Saint- André, le 31 octobre 1880, avec Ernest Harismendy, peintre, né à Hasparren le 25 octobre 1853, aujourd'hui domicilié à Castets (Landes) ; 3» autre Marianne (6 janvier 1854). — Cath. Harguindeguy, veuve, s'est remariée avec Jean Lohiteguy.
La maison Amexague était une maison noble. En 1412, Bernard, sci* gneur d*Amexa;^ue, en considération de sa noblesse et de ses services, obtint du roi de Navarre rémission des Àyuadas et imposieiones, — Item Jean de Béarn, seigneur d'Ansa-Salla, chambellan du roi; Juan d'Alhasse, seigneur du palais d'ibarbeity-d'lbarre; Jean d'Elissetche d'Arraute; Garcie- Arnaud, seigneur de Gallos de Sussaute; Bertr. de Sorhaburu, seigneur de Labcts; Bertr. de Béhasque, seigneur de Burguzahar d'Asme.
l^ean baptismale. Mais nous savons qu'il la reçut à Ostabat des mains d'un confesseur de la foi que la persécution révolutionnaire forçait à se tenir caché dans cette ville. On rapporte que, pendant la cérémonie, l'enfant lui déchira une feuille de son rituel. Nul doute que le petit Michel n'apprit de bonne heure sur les genoux de sa mère les prières qu'aujourd'hui encore, dans nos bonnes familles, on récite en commun.
A l'âge de sept ans on l'envoya à l'école. On n'était pas encore aux temps de l'instruction obligatoire et laïque ; mais dès cette époque, il y avait dans nos pays de ces catéchistes volontaires, de ces hommes dévoués, qui à la prière du clergé, toujours le premier à subvenir aux besoins du peuple, se consacraient à l'éducation de l'enfance. Ils apprenaient à lire en basque et en latin pour chanter le dimanche à l'office, h écrire même; en un mot, ils enseignaient le catéchisme et tout ce qui forme le bon chrétien, le citoyen utile. C'est la noble tâche que Nos Seigneurs les évêques, en face de la nouvelle loi sur l'enseignement, s'efforcent de rétablir de nos jours dans leurs diocèses avec cette sainte émulation que commandent les circonstances. Michel fut donc envoyé à l'école à'Frnaut-Càaàarra (Arnaud dit le vieux), le catéchiste de la section d'Ibarre. A onze ans, il avait parcouru tout le cercle des connaissances de son maître et il en savait autant que lui. L'enfant paraissait prêt pour faire sa première communion. Mais l'usage du pays était, paraît-il, de n'admettre que tard les enfants à cet acte si important de la vie. Pour alléger le budget de la maison, il fut donc décidé que notre jeune mais vigoureux garçon irait gagner son pain. On le plaça dans la maison Angmlua, à Oneix (en basque Unhasso\ près de Gai ris.
La cure de cette paroisse était alors occupée par M. Antoine Barbaste, qui ne devait pas tarder d'être promu à celle
de la cathédrale de Bajonne (1). Ainsi que de aos jours encore il est d'usage de te faire, la famille Garicoïts, soit directement, soit par l'intermédiaire de celle d'Anguelu», n'avait pas manqué de recommander son enfant à la vigilance du zélé pasteur. Aussi celui-ci, émerveillé de l'innocence de mœurs, de ce fond de vertus naissantes qu'il trouvait chez le nouveau pâtre de la maison Ân^uelua, n'hésita-t-îl pas d'en faire le compagnon et l'ami d'un de ses neveux, le jeune Ségalas de Saint-Palais. Michel retrouva plus tard son jeune ami dans cette dernière ville, et nous avons vu si Garicoïts, devenu vicaire de Camho, l'oublia dans la suite (2). Uichel reçut le Uieu-Kucharistie des mains de M. fiarbaete. S'il faut en croire au témoignage d'un pieux auteur, dont nous parlerons plus bas, il le reçut avec toute son innocence baptismale. Durant tout aon séjour à Oneîs, Michel ne cessa d'édifier son curé et ses maîtres par sa piété, sa dévotion à Marie, par son obéissance, par la pureté de ses mœurs. A voir un certain air séraphique qui du reste toute sa vie décora ses traits, plus d'un dut se demander quel serait un jour cet eufant.
A quinze ans, il rentra de sa condition au foyer paternel. Pour lors, Michel avait le désir de se consacrer aux autels; mais comment oser aborder le père? comment lui parler de son projet? Un jour, inspiré et encourag-é par laSaiute Vierg'e, qu'au préalable il avait eu soin d'invoquer, il en parle h sa mère. Celle-ci, déjà à moitié gagnée, en informe son mari. Arnaud Garicoïts, qui mieux que personne connaissait l'état de ses finances, fut raide, dit-on, et, pour d'un mot clore tout débat, il répondit h son fils, a N'y pense pas seulement,
(1) Voif à la fin de celte biofri-aphic la lis <ie Bajonne.
(2) Voir la biographie de l'abbé Ségalus.
8 de la calhëilralc
et travaille comme ton père. » Mic&el travaillera, mais n'oubliera pas son projet. Il en parle encore à sa mère et surtput à sa grand'mère. C'était la vieille fermière d!Ordohi, retirée auprès de sa fille. Pourquoi mon petit-fils ne serait-il pas prêtre, si Dieu le veut? s'était-elle écriée d'abord en son cœur, puis, au foyer domestique, dans une de ces veillées de famille où l'on parle d'affaires et de direction d'enfants. Ses paroles sont accueillies en silence, mais avec respect; peut -être que même , après la prière faite en commun , Dieu avait parlé au cœur du père. Notre grand'mère se rappelle que son obligé, M. l'abbé Borda, est curé de Saint-Palais; elle court le trouver et l'intéresser en faveur de son petit-fils. Quelques jours après, Michel était reçu au presbytère de Saint-Palais. Servant de messe, petit domestique de M. le curé, il allait prendre quelques leçons dans une modeste école de la ville.
M. Borda, émerveillé des heureuses dispositions, de la bonne volonté de son jeune homme, croit devoir lui procurer un milieu plus favorable au développement de ses facultés. La cure de la cathédrale de Bayonne était occupée par M. Eyherabide, ancien curé de Saint-Just, et vicaire-général de l'évêque de Dax pour les pays de Mixe et d'Ostavarrès. Victime de la Révolution, à son retour d'Espagne il avait été nommé à cette importante cure. Il connaissait la famille Etcheberry-Garicoïts ; vraisemblablement il avait bénéficié de sa généreuse hospitalité durant les jours néfastes de la Révolution. C'est à lui que M. Borda s'ouvrit de ses projets à l'endroit de son Michel. Et celui-ci, par les soins de M. l'abbé Eyherabide, fut placé à l'évêché de Bayonne auprès de M«^'' Loyson, à peu près dans les mêmes conditions que chez M. Borda.
L'abbé Pascal Dargagnarats, né à Urrugne le 30 novembre 1750, à son retour d'Espagne, où l'avait jeté la Révolu-
SM — tion, avait ouvert un collège à Bayonne : on y fkîsait les (^lasses jusqu'à la philosophie. C'est Ik que Michel ira prendre sa teQon tout en faisant le service du vieil évSque. il dut bénir au fond de son cœur la main de cette divine Providence qui menait si bien son œuvre. Malgré ses occupations, malgré son âge avancé, et surtout cette immense diffleulté que tout Basque éprouve an début de ses études, notre jeune bomme sut se tenir au niveau des meilleurs élèves de sa classe ; mais ce n'était point sans prendre sur le repos de la nuit. M. l'abbé Honnert. secrétaire de l'évôché, témoin de tous ses efforts et aussi tle tous ses Huc«ès, s'attache h Michel; il s'en déclare ouvertement le protecteur, et se charge désormais de tous les frais d'éducation de notre jeune Basque.
Il l'envoya tiaive sa philsopbie au petit sémluaire d'Aire, ouvert en 1818 par l'abbé Lalaime, fondateur et premise supérieur de cet établissement. Michel trouva, parmi les maUres, MM. les abbés Laurence, de Salitiis, Claverie, les frères Destenabe, etc. ; parmi les élèves, Guimon (1), Hirabonre, Harriet (Fabien), Deyheralde, Carteron, noms conuos de notre lecteur. Après sa philosophie, il alla faire sa théologie à Da\, où, toujours semblable b. lui-même, il mérita cet éloge de son supérieur, le vénérable abbé Dupoy : «Ou je me trompa fort, ou ce jeune homme fera parler de lui, » Ses progrés dans les sciences divines l'avaient fait ranger eu tête des jeunes étudiants que le diocèse de Bayonne était
(1; Né & Bu'cua (aeplembi'O 1793). le P. Guiiiton fut succBBaivemcol vicaire 4? sa paroisse oat^c, niisaianiiaii'e à Uasparren, prorosseur au grand séiniiiaire de Bctharram (1S30;, miBBiorinaire de la mt'me niBieOD, Grand prédicateur, puissant cunvcrLisaeur d'àmea (ardtiis cl luctni in Ecdeita DtiJ, i! mourut en odeur de sainteté à Buenos-Ayrea la 22 mai 1861. Son corps, transporté on France, a été inhumé au calvaire de Bétharrun, au eJRIolière ds la Congpâgftlion.
dans rhabitiide d'envoyer achever leur Hiéologie h âaittt- Sulpice; mais ôon protecteur, l'abbé Honnert, s^y opposa: on avait d'autres vues sur lui.
M»*" d' Astrôs venait d'ouvrir en 1821 le petit séminaire de Larressore et de mettre à la tête de cet établissement l'abbé Claverie, professeur d'Aire. Le nouveau supérieur avait connu et apprécié les qualités du jeune Garieoïts ; il votUut l'avoir pour préfet d'étude, pour cette charge si importante d'où dépendent la discipline, le progrès, en un mot, tout le succès d'une maison d'éducation. Le personnel se composait d'hommes comme MM. Boutoey, Haramboure, décédés vicaires-généraux du diocèse; Saint-Guily, Landerretche, décédés: le premier, archiprêtre de Pau; le second, de Mauléon; Hiraboure, évêque d'Aire; etc., etc. Néanmoins l'abbé Gairicoïts sut toujours se faire estimer de ses confrères , aimer et respecter à la fois de ses élèves. Sa physionomie était douce et bienveillante ; la paix de son âme semblait rayonner suir ses traits. Mais dès que l'indiscipline voulait en abuser, cette figure, naturellement sympathique, s'assombrissait et prenait un air si ferme qu'un mot sorti de sa bouche suffisait à faire trembler le plus rebelle, depuis surtout qu'une fois, en pleine récréation, il avait fait un acte d'autorité loiaé et admiré par tous ses confrères. C'est ainsi qu'il sut aUier l'amour et le respect dans le cœur de ses élèves. Après deux années passées dans cette maison, il fut ordonné à la Noël de 1823, à l'âge de 27 ans.
Le ministère paroissial souffrait de la disette de prêtres. Cette année même, Garieoïts fut nommé vicaire de <yjambo« L'abbé Hardoy, curé de cette importante paroisse, voisine de Larressore, était âgé et infirme ; il lui fallait un aide aussi prudent que zélé, capable de porter à lui seul le poids du ministère paroissial ; l'abbé Garieoïts sut justifier le choix de l'autorité diocésaine. Tout à son poste, & sa tftehe, noansen-
lement notre jeune vicaire ramena aux devoirs de chrétien les quelques retardataires de la paroisse, mais encore il raviva, établit mSnie certaines confréries; i! sut cueillir parmi elles les plus belles fleurs, celles destinées k la vie religieuse, car les premières maltresses de novices du couvent des Filles de la Croix d'L'staritz, les sœurs Saint-Ignace et Saint-Timothée, mortes en odeur de sainteté, furent les prémices du sacerdoce de M. l'abbé Garicoïts. Aussi ne l'appela-t^on dans la paroisse que sous le nom de saint vicaire, nom qu'on continua k lui donner longtemps encore après son départ.
L'abbé Garicoïts estimait que tout poste où il y a des âmes & sauver doit amplement satisfaire l'ambition du prêtre. Aussi, ne pensant qu'à celui assigné par la Providence, cherchait-il k j féconder son modeste ministère par la prière, l'édification et l'étude, devoirs qu'il savait parfaitement allier avec la visite des malades et autres sorties commandées par la nécessité ou les convenances. Mais l'administration diocésaine avait l'teil sur lui. Il y avait h cette époque à Bétharram, cet antique et célèbre sanctuaire de Notre-Dame, un grand séminaire où 100 h 130 élèves ecclésiastiques venaient s'initier k la connaissance des lettres sacrées. C'est là que M^' d'Astros, ce restauruteur du diocèse de Bayonne, envoya comme professeur le vicaire de Cambo, àl'àge de vingt-neuf ans. La discipline de la maison, sotts la main affaiblie par les années de M. l'abbé Lassalle, supérieur, s'était considérablement relâchée, et les études s'en ressentaient. L'abbé Garicoïts était trop homme de travail et de caractère pour transiger avec son devoir; dans sa nouvelle position il fut ce qu'il avait été toujours : bienveillant pour les personnes, ferme et inexorable contre les abus d'où qu'ils vinssent. On dit qu'il eut àsouffrir des confrères et des élèves; mais k la fin son inaltérable patience, qui n'avait d'égale que sa fidélité aux règles de la maison, triompha de tous les
obstacles. Il finit par prendre sur les uns et sur les autres un tel ascendant que, de fait, il était supérieur de la maison, quand M»** d'Astros lui adressa la nomination officielle en
Cependant M»' d'Arbou venait de remplacer sur le siège de Bayonne M«^ d'Astros, promu à Tarchevêché de Toulouse.
Un des premiers actes du nouveau prélat fut de transférer le séminaire de Bétharram dans celui bâti par son prédécesseur près de la ville épiscopale. Par suite de cette mesure, la mission de Tabbé Garicoïts semblait terminée. Seul dans son immense corps -de-logis, il était réduit à recevoir les quelques pèlerins de Notre-Dame de Bétharram et à confesser les religieuses d'Igon, dont déjà il était aumônier. Nouveau Moïse, celui qui, d'après le supérieur de Dax, devait faire parler de lui, priait, étudiait, méditait, et se livrait à toute sorte de mortifications. Jamais couché avant dix heures et toujours sur pied à trois heures du matin, il jeûnait, se donnait la discipline ; finalement il attendait que Dieu lui révélât ses desseins.
Soudain il croit entendre sa voix : dans son humilité, le serviteur fidèle va faire une retraite de trente jours à Toulouse, sous la direction du F. Le Blanc, de la compagnie de Jésus. A sa descente de la montagne sainte, il va consulter le saint et illustre pontife qui naguère encore était son évêque et son guide; il lui soumet humblement son projet de fonder à Bétharram une communauté de prêtres qui se consacreraient aux travaux des missions et à l'éducation de la jeunesse. « Allez, lui répond avec assurance le vénérable archevêque, commencez votre œuvre, et, sans devancer l'heure de la Providence, suivez-la dans toutes ses indications avec générosité et persévérance. » C'était tout un plan que le saint prélat venait de lui révéler dans ces paroles prophétiques 5 et l'abbé Garicoïts ne l'oublia jamais.
De retour k Bayonoe, il en réfère à son érdque, et, de son aria, il fait appel aux hommes de tionne volonté. Le premier qui y répondit fut le P. Guiraon. L'iiomme de Dieu n'a pour recevoir le nouveau venu qu'un peu de lard cuit au bout d'une tig-e de fer à remuer le charbon. Cette pauvreté était ce qu'il fallait pour enthousiasmer le nouvel apdtre, pour enflammer son zèle. Les deux sainte missionnaires, dignes l'un de l'autre, prient, prêchent et édifient, La bonue odeur de leurs vertus embaume le pieux sanctuaire de Notre-Dams de lîétharram et les pays d'alentour. Enfin s'annoncent les ouvriers de la seconde heure : ce sont MM- Chirou, Carrerot, Perguilliem, Fondeville, Goaillard, Bellocq. Pour les nourrir, l'abbé Garicoïta va jusqu'à vendre ses livres. Enfin lacummUr nauté paratt organisée. Il mauque seulement un supérieor. L'abbé Garicoïts se refuse k l'être; il lui faut faire violence, et ce ne sera que devant l'ordre formel de son évêque qu'il consentira i en prendre le titre; et encore, selon sa devise chérie qu'il la condition de « gouverner dans la charité s et de se considérer le premier entre frères : primus inler pares. A l'exemple des sainte, l'abbé Garicoïts eûi préféré vivre dan.s la dépendance et l'obéissance toute sa vie, tant était grand son attrait pour l'humilité et les humiliations. Cependant c'est auprès de lui que M. Laurence, vicaire-général de Tarbes, fondateur delaoongrégutioD des missionnaires de Garaison, enverra ses premières recrues pour les initier dans l'art d« convertir les âmes; c'est k lui que MS' Lanneluc, évoque d'Aire, demandera un règlement pour sa nouvelle maison ds missionnaires.
Parti du plus bas de l'échelle sociale, l'abbé Garicoïts, à travers les ditficultés ^e famille, d'âge, de langue, était arrivé k la position que lui réservait la Providence. Le cœut plein d'amour de Dieu, l'œil sur « la volonté An ine » , foulant aux pieds, pour parler son langage, « la volonté propre...
iêît propre... le wotj cet nîdiiim dea œuvres saintes... », il attendra l'heure de Dieu. Fidèle à la recommandation de l'snge de l'égiise de Touloase, i! « suivra les indications de la Providence avec généfosité et persévérance ».
BnHJ37, il joindra k l'œuvre des miasioRDairea celle de l'éducation chrétienne; il établira une pension où quelques élèves recevrontUes leçons de latinité. Le P. Didace Barbé, muni d'un diplôme en règle, mettra un terme h, certaines susceptibilités ou esigencBs universitaires et donnera un nouvel esaor auï études (1841); Cette année même, le pieux fondateur ftra approuver canonique ment les constitutions des pvêtres du Sacrè-Coeur de Jésus par M»' Lacroix, évSque de Bayonne. L'institut comprendra des prêtres, des scolastiqu«B et des coadjuteurs. Son but sera sa propre sanctification et celle du prochain. Ses membres feront les trois vœux de chasteté, d'obéissance et de pauvreté, d'abord pour trois aus, puis per. pétuek. Ses principales œuvres seront les missions, les retraites, le service des pèlerins, l'ensei^emeut chrétien dans les eotlègea et les séminaires.
La société ainsi constituée, « sans devancer l'heure de la Providence, » le zélé fondateur réparera successivement l'antique chapelle de Bétharram, la maison des mlssionnai' res, le Calvaire, dont les seuls bas-reliefs, œuvre savûute d'Alexandre Renoir, jeune et pieux artiste de la capitale, recommandé par MM. Combalot et de vSalinis, absorberont plus de 20,000 fr. (1840-1845). Cinq aus après, il enverra quatre de ses confrères ouvrir dans la ville d'Orthez une école gratuite, qui depuis s'est installée dans la maison de Moucade, acquise par M^' Lacroix. En 1851 , d'autres membres de la congrégation établis ii Pau se chargeront, dans l'ég'liae de Saint-Louis de Gonzague, du service d'une chapelle de aecours. La même année , l'antique abbaye des Prémonfrés de âarraoce, achetée par M«' Lacroix, ouvrira ses portes à quelques pères de Bétharram.
One société diocésaine de prêtres , dans le but de venir en aide aux œuvres des sémiDsires et des paroisses, s'était établie sous la direction de M. l'abbé Menjoulet dans un ancien couvent de Cordeliera de la paroisse de Sainte-Croix d'Oloron ; elle s'unît à la congrég-ation de Bétharram, et sa maison, gnifiquemeut située sur le coteau de Sainte-Croix, deviendra une dépendancn des prêtres du Sacré-Cœur de Jésus. Cette fusion sera suivie de la cession du collège d'Oloron. Cet établissement, élevé en 1708 par M^' de Révol, admirablement reatauré par M. l'abbé Adoue, devenu son acquéreur (1855), passera aux disciples du P. Garicoïts, qui aujourd'hui encore y instruisent avec le plus grand succès la jeunesse d'Oloron et des environs.
L'œuvre du pieux fondateur avait, on le voit, admirablement prospéré ; et cependant ce n'est là encore qu' une partie . Un demi-siècle s'était k peine écoulé depuis que le Pays Basque', dépouillé de son autonomie, de ses antiques prérogatives respectées par tous les gouvernements qui s'étaient succédé en France, essayait de la loi révolutionnaire. Région de montagnes, pauvre et sans aucune industrie, il vivotait sous la loi du morcellement, sous les charges sans cesse croissantes des contributions foncières et autres besoins créés par la civilisation moderne. Les anciens du pays pleuraient le fractionnement forcé de leurs maisons conservées et transmises depuis des siècles de père en fils. Les jeunes voyaient leurs parcelles, malgré leurs efforts, s'épuiser et disparaître sous la surcharge d'un impôt excessif et par l'action destruotive des lois (1). En un mot, à l'honnête aisance, aux joies
(1) A cea cauBes d'émigration, toujours permanentoa, il faut ajonter ces énormea frais de justice qu'il serait pourtant aiaé d'éviter si, A oûtê de la justice ofUcielle, ai lents, ai ruiaeuac, il y avait une justice amiable, un tribunal des arbitres; il faut ajouter entîii cette terrible concurrence des Etat-Unis devant laquelle il est împossibla & nos cultivateun
de famille des anciens temps , avaient succédé la gêne et la misère avec tout leur cortège. La République Argentine, en quête de bras, par des menées plus ou moins dissimulées, vint offrir à nos Basques richesse et liberté sur les rives de la Plata. La jeunesse basque , en présence des maux de son pays, obligée du reste à un service militaire de sept grosses années, se laissa séduire. Plus d'un quitta la maison paternelle à regret et avec Tespoir de la racheter des mains de ses créanciers. Un premier départ en appela un second; ainsi commença Témigration basque. Vers 1856 elle prit des proportions considérables. L'archevêque de Buenos- Aires, alarmé du nombre des nouveaux arrivés, soucieux du salut de leurs âmes, s'adressa à l'évêque de Bayonné pour lui demander des ouvriers aptes à les évangéliser dans leur langue maternelle. Le P. Garicoïts, à qui on fait part de l'œuvre, réclame pour lui l'honneur d'être personnellement à la tête des nouveaux apôtres. Devant l'ordre de son évêque et la volonté des siens , il cède le pas à trois prêtres basques originaires de Barcus, les PP. Guîmon, Harbustan, Sardoy; et à deux autres Pères béarnais, Didace Barbé et Larrouy (1).
Partis sur V Etincelle sous la direction du P. Barbé, nommé supérieur-général de la colonie, ils débarquèrent à Buenos- Aires le 4 novembre 1856. Nous n'avons pas à décrire ici ni leurs privations à leur arrivée dans cette ville, ni leurs excursions jusqu'aux extrêmes limites de la République Argentine; nous dirons seulement qu'établis, vers la fin de l'année suivante, à côté de l'église de Saint-Jean, appartenant aux Clarisses capucines, ils fondèrent le collège de Saint-Joseph
de vendre leurs produits. Aussi connaissons-nous, au pays, des paroisses où l'on compte jusqu'à 15, 20 maisons vides. Non, si nous ne nous faisons pas illusion, la crise sociale s'avance de tous côtés, aussi bien dans les campagnes que dans les villes. (1) L'émigration avait flni par gagner le Béarn et même le Bigorre.
de Bnenos-Airos, établissement devenu un des plus Horissants de l'Amérique du Sud, sous l'iiabile direction du P. Barbé. Vers 1870, la colonie établit une nouvelle résidence à Montavideo, il côté de la cliapelie des Basques, édifice commencé par un ancien curé île Héiette , le zélé et infatigable P. Sarraute, trappiste. Les Pères cjui prirent possession de cette succursale, ouvrirent & leur tour une école k côté de celle tenue par l'abbé Ospital, de Briscous (1).
Cependant le vénéré fondateur tenait l'œi! sur les prog^rèa de la colonie d'outre-mer. H trouvait qu'il y avait des ardeurs k modérer même au milieu dea peuplades où, lui avait-on écrit, « Dieu n'était pas plus connu qu'k Pékin», enfin des susceptibilités légitimes à ménag'er. Informé que M»" Véra, vicaire apostolique de l'Urug-uay, désirait confier iamîssiOD de ce pays aux prêtres du Sacré-Cœur de Jésus, mais sachant que les Jésuites seraient bien aises d'y rentrer, i! écrivit au supérieur de la colonie ; « Si Monseigneui" de Montevideo insiste de nouveau, vous accéderez à ses volontés, et vous lui enverrez aur-le-champ quatre ou cinq de vos prêtres... Mais si les Pères Jésuites y allaient h notre place, il n'en vaudrait que mieux pour l'iîglise et pour les âmes. » C'est que l'homme de Dieu regardait ses prêtres comme des prMrea auxiliaires, comme du reste ils eu prenaient le titra, et qu'il
il) Les premiers ouvriers moiagonnés par la fièvre jaune ou âpuiaéa do ratiguea avant 1S73 furont rcnigilacés par les PP. Magendle, nummâ supérieur- général à la réaideuce de Buonoa-Aires, Dulang, Pouiâs, Sempay, Castainhs, Péri!, Saubatte, Ceucaz, béarnais; par les PP. Irigaray, Sallaber, Lapitz, Mendieil, basques. — Nos comjwtriofisï ont notamment dans la chapelle de Sun Jttan. A, Buenos-Aires, et ceUs dite des Basques, à Montevideo, les offices réguliers aveu une inslruolion en Jangue basque , et autres facilités religieuaes , ayantages inap* préciables aux yeux du vrai Basque. llUc fus est régna resurgere Troji». répù toron a-n DUS à ceux qui, dédaignaut notre foi, notre langue, nos institutions, veulent noua rarir uotre chst Pays Sasque.
vénérait profondément les ordres plus anciens de Saint-Ignace, de Saint-Dominique, de vSaint-François-d'Assise, etc. Ces mômes sentiments de modestie et de vénération le portèrent k saluer avec bonheur le.; événements de Lourdes et h offrir des premiers son offrande h M^»^ Laurence pour le monument que S. G. se proposait d'élever sur les rochers de Massabielle, aussi. Dieu bénissait en retour sa congrégation. Elle prit de tels accroissements, que la maison, agrandie à diverses reprises, devint encore insuflBisante. Il dut faire sortir de son enceiTite les nombreux élèves du pensionnat et les loger dans un bel et vaste établissement bâti h neuf sur la rive gauche du Gave.
Mais il nous tarde d'arriver h une œuvre qui partagea les efforts de notre pieux supérieur : nous vouloas parler de l'œuvre des Filles de la Croix. Cet institut venait h peine de sortir des mains de son fondateur, le vénérable André- Hubert Fournet, quand M*? d'Astros chargea, en 1826, le Père Garicoïts de la communauté encore naissante d'Igon. Tout ce que, depuis cette époque jusqu'à celle de sa mort, le supérieur de Bétharram dépensa de zèle, d'influence, de fatigues, pour l'extension, la prospérité de cette maison, est incroyable. Que de fois ne le vit-on pas, après sa leçon de philosophie ou après des heures passées au confessionnal, s'acheminer h pied, à travers la neige, vers cette communauté, lui portant, surtout les premières années, avec le pain des âmes celui du corps! «Jamais la congrégation, écrivait un des supérieurs de cet Institut, n'a eu d'ami plus intime, plus vrai, plus ar dent; il n'a cessé de faire un seul esprit, un seul cœur avec les fondateurs et avec leurs successeurs. » Et en effet, depuis les temps de la vénérée sœur Elisabeth, une des fondatrices, tous ceux qui se succédèrent dans le gouvernement de la congrégation lui donnèrent ia confiance la plus entière, lui laissèrent sans contrôle la direction de l'importante maison d'Igon. 23
En terminant cette courte biographie du P. Garicoïts, nous inviterons nos lecteurs à lire les lettres que Télégant écrivain de sa vie a eu Theureuse idée de faire imprimer. Ils y verront resplendir les brillantes qualités, les éminentes vertus, en un mot Tesprit de Dieu du vénéré fondateur; et ils ne seront pas étonnés d'apprendre que Nosseigneurs les évoques d'Arbou, de Salinis, fussent dans l'habitude de foire leur retraite à Notre-Dame de Bétharram ; que M»*^ Hiraboure, avant de faire couler sur sa tête l'onction sainte, allât s'y préparer sous la direction de son pieux supérieur, et enfin, que des prélats illustres, comme M*?»^ Plantier, évêque de Pamiers, M^' Pie, évêque et cardinal de Poitiers. M^' Dupanloup, évêque d'Orléans, après avoir visité et admiré Notre-Dame de Bétharram, aient fait le plus grand éloge du P. Garicoïts (1).
Enfin ses austérités, qu'il pratiquajusqu'àsa mort, et ses fatigues finirent par user la robuste constitution de notre vénéré fondateur. En 1863, vers Pâques, il sentit les premiers coups du mal qui devait l'emporter. Après quelques jours de repos, l'austère serviteur de Dieu reprit encore ses travaux. Mais soudain le mal se déclare plus fort que jamais; il frappe sa victime, et la belle âme du P. Garicoïts s'envole vers Dieu : c'était le jour de l'Ascension de Notre-Seigneur, 14 mai de Tannée 1863. Dès que la fatale nouvelle fut connue, ce ne fut qu'une voix d'un bout du diocèse a l'autre : « Un saint est mort... Un saint vient de quitter la terre... » Le vieil évêque et ami du serviteur de Dieu, M^' Lacroix, voulut présider ses funérailles et être son premier panégyriste.
« La foi fut le phare lumineux de toute sa vie, dit le véné-
[!,' Le t. II de la Correspondance de Louis VenilLt, 1683, renferme une belle lettre que le célèbre rédacteur en chef de l'Univers écrivit à sa sœur, de Notre-Dame de Bétharram et sur ce pieux sanctuaire « lapins céUhre maison de la Sainte -Vierge qui soit dans les Pyrénées. » La lettre est datée du 28 juillet 1858.
rable Pontife ; il n'ag-issait que pour plaire h Dieu et procurer sa gloire en sauvant les âmes. A cette foi vive il joignait une grande pureté de mœurs qu'il conserva toute sa vie; il a été vierge, il a vécu vierge, il est mort vierge. Son humilité était profonde ; c'était un-au^re saint François d'Assise, un autre saint Vincent de Paul. Il fut simple, sans fard, craignant Dieu, ne cherchant p>s à plaire aux hommes, mais à faire le bien. L'obéissance, c'était son mot, sa vertu de prédilection dont il faisait dépendre toute vertu. Son zèle ne connaissait pas d'obstacle; avec cette charité qui croit tout possible, il disait : Je puis tout en celui qui me fortifie. Sa vertu ne s'est jamais démentie, il a paru comme un soleil brillant à son aurore et qui monte croissant en splendeur. Dieu l'a honoré par ses travaux et les a couronnés du plus grand succès...»
A ce glorieux témoignage du pieux prélat, il convient de joindre celui de son compatriote et contemporain M. l'abbé Etcheberry, aumônier du couvent d'IIstaritz. Dans une charmante notice en langue basque publiée avec Vioriprimatur de M^^ Ducellier, évêque de Bayonne, il ne craint pas de trop s'avancer en disant que : « Il est à croire que jamais le Père Garicoïts ne s'est rendu coupable d'une faute grave vis-à-vis son Dieu et qu'il aura conservé l'innocence baptismale jusqu'à sa mort. »
Sa congrégation prend chaque jour un nouveau développement. A l'heure où nous écrivons ces lignes, elle comprend quatre-vingt-cinq Pères, sans compter les scolastiques niles coadjuteurs. En 1864, elle a été chargée de l'aumônerie de Notre-Dame d'Anglet; en 1874, l'institution de Saint- Louis-de-Gonzague de Bayonne ; et enfin en 1879, de l'aumônerie des religieuses carmélites établies à Bethléem.
Sur la demande de plusieurs évoques français et américains, elle a été honorée d'abord d'un bref laudatif de Pie IX
(30 juillet 1875); puis, d'un bref approbatif du même pontife en date du 5 septembre 1877. Puissent certains faits sur lesquels — si publics qu'ils soient — la plus jurande réserve nous est commandée par les règles de l'Eglise, être Theureux présage de la glorification solennelle de son vénéré fondateur! Ce jour-là sera un jour de triomphe pour ses dignes disciples, un jour de fête et de nouvelle gloire pour l'Eglise de Bayonne, et surtout pour notre cher Pays Basque.
Est aujourd'hui à la tête de la maison de Bétharram, le T.-R. P. Augustin Btchecopar. Le nouveau supérieur, entièrement digne de continuer l'œuvre do son très vénéré prédécesseur, est né à Saint-Palais en 1830. Ordonné prêtre en 1854, il fait partie de la congrégation depuis 1855.
{Vie du R, P. Michel Garico'USy par le R. P. Basilide Bourdenne ; — item, en langue basque, par l'abbé Etcheberry. — Vie de la sœwr Elisaôeth, par le R. P. Rigaud. Et documents particuliers.)
Noie sur les curés de la cathédrale de Bayonne.
La cure de la cathédrale et celle de Saint-André de Bayonne ont été toujours occupées par des sujets basques (1). Voici la liste des titulaires de la première de ces églises durant les trois derniers siècles. Celle de Saint-Esprit distraite, avec les paroisses de Saint-Etienne et du Boucau, du diocèse d'x^ire, n'appartient au diocèse de Bayonne que depuis 1858.
1° AuNAUD DE Hayet (1616) et Bertrand de Hayet (1653). Ce dernier passa de la cure de Saint-Jean-de-Luz à celle de Bayonne. Il y avait une famille noble de ce nom au Labourd.
(1) On a vu à la page 105 du 1*=' tome qu'anciennement les chapitres de Roncevaux et de Bayonne devaient élire chacun quatre chanoines bas-navarrais.
2* Sylvestre et Pierre Chourio d'Ascain. Parents de Pierre d'Ascain, le célèbre professeur de théologie au collège des jésuites à Bordeaux, ils se succédèrent, comme les deux de Hayet. h la cure de la cathédrale. Pierre vint remplacer Sylvestre le 9 mai 1702, après avoir résigné sa cure de Saint- Jean-de-Luz en faveur de son autre frère Michel, le traducteur en basque de l'Imitation de Jésus-Christ.
3*» Bertrand de Ltssalde. Il était chanoine de Bayonne quand il fut appelé à la cure de la cathédrale, qu'il occupa pendaîit 38 ans. Après avoir suivi son évêque, Me^»" Druillet, dans les voies du jansénisme, il rcivint à de meilleurs sentiments. Cinq évêques lui confièrent successivement les fonctions de vicaire-général, que les curés de la cathédrale^cumulaient souvent avec celles de chanoine et de curé de Notre- Dame. Il mourut le 27 octobre 1745.
4° PiERRK Duh.\ldr. Né à Macaye, successivement curé d'An^let, secrétaire de l'évôché, officiai du diocèse durant 13 ans*; il succéda à Bertrand de Lissalde et mourut en 1755.
5' Martin Dop. Né à Sare, fat successivement vicaire d'Urt, de Bayonne, curé d'Ustaritz (1746), d'où il passa à la cure de Notre-Dame de Bayonne II résigna sa cure et son canonicat en faveur de son vicaire Bernard Hiriart , le P-- juillet 1773.
6' Bernard Hiriart. Né à Macaye, ordonné àSaragosse, ancien vicaire de Hélette, puis de Bayonne, devint curé de la cathédrale h l'âge de 36 ans, et mourut cinq ans après, victime de son dévouement lors d'une épidémie.
7*^ Jean Darralde. Il était curé de Saint-Jean-pied-de-port, quand il fut appelé h succéder à Bernard Hiriart. Il accepta la cure de la cathédrale sur le refus de Jacques Doyharçabal
d'Ithurbide, né à Saint-Martin d'Arberoue et vicaire-général de Me^*- de la Ferronnays. Jean Darralde, confesseur de la foi, émigra durant la Révolution en Espagne. A son retour, il devint curé de Navarrenx.
8° Jean-Baptiste Eyherabide. Né à Ascaratlel9 novembre 1740, futprébendier, vicaire de Bayonne, principal d'un collège dans la même ville, curé de Saint-Just. A ce dernier poste, il réunissait le titre de vicaire-général de Tévêque de Dax pour les pays de Mixe et d'Ostavarrès. Confesseur de la foi, il émigra en Espagne durant la Révolution. A son retour, il venait de reprendre sa modeste cure, quand il fut appelé à celle de la cathédrale, où il décéda le 23 marb 1817.
9' Antoine Barbastr. Né à Saint-Palais, le 27 septembre 1767, devint, après la Révolution, curé de Garris, d'où il passa en 1818 h celle de la cathédrale. Nommé chanoine titulaire en 1837, il y mourut le 9 août 1853.
10'' Jean-Baptiste Sal^berry. Né à Ibarrolle en 1788; il fut vicaire de la cathédrale (1814) ; curé de Lacarre (1824j, de S^-Pcilais (1828); enfin, en 1837, de Bayonne, où il décéda en 1858. L'abhé Salaberry, dont le souvenir est encore en vénération k Bayonne, fut un homme d'un talent naturel remarqurible, d'une mémoire prodigieuse. Nous lui devons quelques renseignements sur les confesseurs de la foi du Pays Basque 'hirant la période révolutionnaire.
IT' J.-B. Haramboure. Né h Guiche en 1806, ordonné en 1833, il fut professeur à Larressore, au grand séminaire de Bayonne, vicaire de la cathédrale (1846), et devint curé de la cathéilrale h la mort du pré^^édent. Il fut nommé chanoine titulaire et pénitencier de la cathédrale en 1869. Ce vénérable et digne ecclésiastique, qui vient ^e célébrer ses noces d'or sacerdotales, est à notre connaissance le premier prêtre non
basque nommé à la cure de la cathédrale, si toutefois on peut appeler non basque un prêtre issu d'origine basque et ayant appris notre langue dans^on enfance passée à Ayherre.
12° Charles Laparade. Les deux cures de la cathédrale et de Saint-André sont aujourd'hui occupées par deux enfants de Bayonne. Tout le reste du clergé paroissial des deux églises est basque. Est curé de Notre-Dame M. l'abbé Laparade. Né en 1825, ordonné en 1849, vicaire de la cathédrale en 1850, il a succédé h M. l'abbé Haramboure. A ce zélé et distingué ecclésiastiqae appartient l'honneur d'avoir le premier inauguré ces immenses pèlerinages en chemin de fer vers Notre-Dame de Lourdes. Au moment où nous écrivons ces lignes (fin 1883), le 'ligne archiprêtre du Labourd, suivi avec amour par ses ouailles et les populations religieuses du Pays Basque, en est à son trente-deuxième pèlerinage vers les roches de Massabielle (1).
La cure de Saint- André est occupée non moins dignement par M. l'abbé Labourt, dont le dévouement n'est égalé que par sa bonté et son affabilité.
(1) Dans ces pèlerinages, dont quelques-uns ont été présidés par Mo' l'évêque, on a compté jusqu'à 8 à 10,000 hommes.
Quelques Contemporains: MM. liARRABURE, Etcheverry,
Daguenet, Renaud, Harispe, Pradet- Balade,
Les trois Frères d'Abbadie, Petit, d'Aphat.
Beatus qui lum judicai scmetipsum in eo quod prob-tt.
WvwTonx celui nuo sa conscience ne i orulamiie pas en ce (ju'il veut fair». (Ep aux Cor. 14.22)
1° Raymond Larraburu. Né à Saint-Jean-pied-de-port le 30 janvier 1797, Raymond Larraburu. après avoir fait ses études au lycée de Pau, chercha dans le commerce une position que ne lui promettait pas la modicité de la fortune paternelle. A trente-trois ans il y toucliait, quand la révolution de Juillet vint renverser un évlifice élevé à force de sacrifices. Pendant dix-sept ans il se consacra à l'industrie et à la direction d'une compagnie financière. Après avoir ainsi réparé une fortune compromise par un jour de revers, il se retira à Pau.
Il venait de fixer sa résidence dans cette ville, quand, à la chute du gouvernement de Louis-Philippe, on lui offrit une candidature à la Constituante, à la condition d'adhérer à la forme républicaine que le gouvernement provisoire venait de proclamer. Il accepta la candidature, mais dans sa profession — c'est son premier écrit politique — il refusa d'accepter un mandat impératif, et déclara ne reconnaître qu'aux représentants légaux du pays le droit de lui donner un gouvernem(»nt. C'était aller au-devant d'un échec : il eut lieu. Mais il est des défaites qui valent des victoires. Larraburu avait révélé la noble indépendance do son caractère; son nom grandit dans l'estime publique.
Une nouvelle Assemblée Législative ayant succédé à la Constituante en 1849, Larraburu y fut envoyé. Dès le début de sa vie politique, il se rangea parmi les hommes modérés qui combattaient pour les doctrines de conservation sociale. Il prit une part assidue aux travaux législatifs, attacha son nom à des rapports très remarqués. Il fut un des secrétaires de la grande commission du budget de 1850. Au coup d'Etat, il vint au château d'Argagnon, en Béarn. C'est là que les électeurs d'Orthez vinrent le chercher pour l'envoyer d'abord au conseil général et puis plus tard au corps législatif.. Dans les deux assemblées, il marqua sa place aux premiers rangs. Les questions financières et agricoles furent ses préoccupations constantes. Contraire aux expéditions lointaines, il fut toujours pour le maintien de la paix. Après avoir exercé son mandat, plusieurs fois renouvelé, il fut envoyé au Sénat, où il ne siégea pas longtemps. Le 4 septembre vint le rendre à la vie privée. De 1866 à 1869 il fut maire de la ville de Pau.
Son premier écrit politique fut une revendication nette et ferme de la liberté de l'Assemblée nationale en face du fait créé par des gouvernants sans mandat. Son dernier, publié en février 1871, fut une protestation énergique contre la dissolution des conseils généraux, la violation du principe de l'inamovibilité des juges, et l'ostracisme dont un décret célèbre venait de frapper toute une catégorie de citoyens. Quelque temps avant sa mort, on lui offrit une candidature * pour le nouveau Sénat : trop affligé des malheurs de lapï^trie, il crut que la grande tâche de relever la France était réservée à de plus jeunes que lui; il la déclina nettement^.et, loin de l'agitation des affaires, il ne songea qu'à se recueillir pour se préparer à la mort.
Aussi aimable dans ses relations privées que grand et noble dans l'aecompli osement des devoirs de la vie publique, il passa ses dernières années au château d'Argagnon, embelli
par ses soins. Partageant son temps entre les devoirs du chrétien et ceux du bon citoyen, il recueillit dans un volume, destiné à sa famille et à ses amis, les travaux de sa vie publique. « De 1849 à 1870, dit-il en tête du livre, j'ai été représentant du peuple, membre du conseil général des Basses- Pyrénées, maire de Pau, sénateur de l'Empire. Dans ces différentes positions, j'ai cherché en honnête homme la vérité et le bien de mon pays. Me snis-je trompé quelquefois? Je ne sais — qui pourrait se flatter de ne s'être jamais trompé? — mais je puis dire que toujours j'ai été inspiré par
ce que j'ai cru.être l'intérêt public Je livre sans crainte
mes actes d'homme public aux hommes de loisir et de justice Ma conscience me dit que j'ai fait le moins de mal
qu'il m'a été possible et le peu de bien qui a dépendu de moi. »
Avant sa mort, arrivée au mois d'avril 1875, il légua <a maison natale à la ville de Saint-Jean-[)ied-de-port pour être convertie en presbytère.
2° L^s Etc:ievrrry de Saint-Etiiînne de Batgorry. Thomas Etcheverry, né à Baïgorry. joua un rôle très honorable lors des guerres de la Révolution, à côté de son cousin Harispe et à la tête d'une portion des chasseurs basques, sur notre frontière. Il siégea à la Chambre pendant les Cent- Jours.
L'aîné de ses fils, Hector, fut comme, lui notaire, et jouit d'une grande influence dans son canton, qu'il représenta à l'Assemblée Nationale de 1848. Réélu une année après à l'Assemblée Législative, il vota toujours avec la droite. Entre autres mesures importantes, il fut pour la grande expédition de Rome. Au coup d'Etat, il se retira de la vie politique. Il fit partie de la commission de délimitation entre la France et l'Espagne, et fui mait*e de sa commune jusqu'au 13 septeni-
bre 1855, époque où il succomba victime d'un noble dévouement pendant l'invasion cholérique. Le conseil général, dont il était membre, paya dans sa session suivante un juste tribut d'hommages et de regrets à sa mémoire. Un de ses six enfants est aujourd'hui percepteur à Saint-Palais.
Le second fils de Thomas, Etcheverry (Jean-Baptiste), né le 5 novembre 1805, après avoir fait ses études au lycée de Pau, alla à la Havane. Après y avoir passé de nombreuses années, il revint au pays, où il remplaça son frère dans la vie publique. Membre du conseil général et du Corps Législatif, il représenta dans cette dernière assemblée les deux arrondissements de Bayonne et de Mauléon de 1853 à 1869. Digne représentant d'un pays éminemment religieux, il vota toujours avec la droite, et rendit les services les plus signalés à la religion et au pays, dont toujours il se montra un champion aussi fidèle qu'inébranlable. Avant son décès, le 2 mars 1874, à Saint-Jean-le- Vieux, pays de sa résidence, il eut la douleur de perdre son fils Maurice, tombé au fort d'Issy pendant le siège de Paris le 12 janvier 1871. Héritier du sang et des nobles sentiments de ses pères, ce vaillant et distingué jeune homme avait devancé l'appel de sa classe pour entrer dans l'artillerie et avait été fait brigadier sur le champ de bataille de Charopigny. Pleuré de ses chefs et de ses camarades, il repose dans le caveau de famille à Saint- Jean-le-Vieux. Son frère Louis habite son château de Sala, dans ce dernier village. Docteur en droit et attaché au pays, ses qualités le rendent digne de continuer les nobles traditions de sa famille.
3» Adolphe Daguenet. Il naquit à Saint-Jean-pied-deport le 7 juin 1801. Son père était un officier supérieur, dont M. Thiers rapporte un fait d'armes avec éloge dans son Histoire du Consulat et de T Empire. Sa mère, née de Borda,
appartenait à une ancienne maison du Pays Basque, dont le» 'propriétés 9 toujours maintenues dans la même famille. s^nt'étoblieB par des chartes de Henri II, roi de Navarre.
Mr Da^uenet fit ses études au collège Stanislas, à Paris, sous la direction de M. l'abbé Liautard, et débuta dans la magistrature par les fonctions de juge auditeur à Saint-Palais en. 1823. Il fut sous la Restauration successivement substiitut àBayonne, procureur du roi et président à Lourdes. Vers 1843 il fit partie du parquet de la cour de Pau. et devint ensuite procureur-général et premier président à la cour royale d'Orléans. A la chute du gouvernement en 1848. il donna sa démission.
Nommé- député de Tarrondisseraent de Mauléon en 1847, il a eu son mandat renouvelé plusieurs fois et h l'unanimité. EoîlSïli il fut envoyé à l'Assemblée Nationale, et cinq années après^a Sénat. Pur conservateur comme son digne collègue et ami M^Larraburu, il a toujours combattu avec énergie pour les principes d'ordre et de vie sociale. Il a attaché son lïomàrjdes commissions très importantes, à des rapports très remarqués. Membre du conseil général des Basses-Pyrénées depuis environ quarante ans, il en est le président depuis plus de douze ans.
On nous permettra de donner ici un trait, qui n> sera pas le mwns lix)norable de la vie de notre ma*>*istrat basque; nous voulons parler de son attitude ferme et noble en face des crocheteurs du couvent des Franciscains de vSaint-Palais.
Cette petite ville possédait depuis 1850 un collège de Franciscains missionnaires de l'ordre des ^lineurs. I.e R. P. Aréso. de sainte mémoire, rappelé d'Alexandrie, avait pris possession à cette date, en vertu des lettres du ministre général, d'une modeste habitation dans la rue des Gagots. Le zélé religieux éfcdt accompagné do deux autres du même ordre, les RR. pp. Jean d'Obieta et Joseph-Laurent Iza^uirre. A eux
étant venus se joindre les RR. PP. RochClaTamont6t Emmanuel Beovide, le P. Aréso fit bâtir une modeste chapelle (1851). Enfin , en vertu des lettres du 5 mai de la môme «aaa* née, il fit faire l'érection du collège de Saint-Palais sous 'le vocable de V Immaculée ConcepUon de Marie (12 juin 1861). Telle fut l'origine'tru couvent des Franciscains de Saint- Palais : pieux essaim qui, édifiant le pays de ses vertus, devait-«e multiplier.
Trop à l'étroit dans la maison choisie par les trois ipremiers fondateurs — tous les trois décédés en odeur de sain'teté — , on venait de jeter les premières assises d'un nouveau et vaste couvent, à la jonction des routes de Sardasse et de Saint-Jean -pied-de-port. Déjà le nouvel édifice, avec cour et préau, s'élevait à la grande joie autant de la population saint-palaisienne que des Pères religieux, quand parurent les décrets de 29 mars 1880. Le commissaire de police de Mauléon fut chargé de leur exécution. A la tête de sept brigades de gendarmerie, il se présenta le 6 novembre à la porte de quelques pauvres moines. Auprès d'eux se tenaient MM. Daguenet, d'Abbadie d'Ithorrots, Diriart maire .de Saint-Palais, Basterreix adjoint, les deux huissiers de da ville, etc. Une foule considérable de tous les rangs '^emplissait la chapelle et la rue des Franciscains. Après les ti^ois sommations, le commissaire, honteux de sa triste besog*iie , ne peut, sur l'ordre de M. Daguenet, que bégayer d'arrêté d'expulsion. La porte du couvent continuant à rester fermée et fortement barricadée, des ouvriers étrangers à la ville (1) — et dont le chef ne tiirda pas à réparer publiquement le scandale — la font voler en éclats. C'est alors que de vénérable sénateur, indigné, adressa ces paroles à Tag^nt de
(1) Tous les ouvriers de Saint- Palais avaient protesté à l'avance qii'il serait inutile de recourir ù eux pour cette infâme besogne.
Ferry et consorts : « Vous entrez ici comme dans un refuge de voleurs, en brisant les portes. C'est un attentat contre rinviolabilité des domiciles. Oui, c'est un attentat, et vous compromettez dans cette ignoble besogne ces braves gens ; ces braves gens qui vous condamnent dans leur conscience. » S'adressant au lieutenant de gendarmerie , il dit : a. Vous dispersez une association religieuse au nom de vos décrets; et nous, de quel droit nous expulsez-vous? Vous connaissez les droits de propriété, puisque partout vous laissez un Père pour garder Timmeuble évacué. Nous sommes ici chez le Père propriétaire que vous laisserez gardien de cette maison. Nous sommes chez un ami, invités par lui. De quel droit nous chasserez-vous? »
Vaines paroles, il faut évacuer le couvent. 11 ne reste aux Pères qu'à recourir à l'hospitalité que leur offre M. l'abbé Duc, le digne supérieur du collège de la ville. La justice de Ferry-Constans les y poursuivra. Par lettre « close par nécessité», Hélie Devais, sous -préfet de Mauléon, qui pendant toutes ces opérations s'était soigneusement tenu enfermé dans ime des salles de l'Hôtel-de-Ville, eut « l'honneur d'informer M. le directeur (du collège) qu'il pouvait donner aux religieux réfugiés au collège Vhos^^itoliié pendant ùnut-quatre hemes, lequel délai expiré, ils seraient l'objet d'une nouvelle expulsion et le collège fermé sils n'avaient pas quitté son établissement. »
M. Daguenet, qui habite son château d'Arbouet, a été remplacé au Sénat par M. Renaud le 8 janvier 1882.
Michel Renaud. Né à Saint-Jean-pied-de-port le 12 avril 1811, Renaud fit ses études au séminaire de Larressore et à Paris. Envoyé à la Constituante eu 1848, il vota avec la gauche modérée. Réélu un an après, il se montra plus radical, et combattit vivement la majorité. Au coup d'Etat il
fut compris dans le premier décret d'expulsion, et il se retira en Espagne. Il fut Tobjet d'une amnistie dont il ne voulut pas profiter.
Dans la guerre de 1870 il refusa les grades supérieurs que voulait lui conférer la délégation de Tours, et préféra suivre comme engagé volontaire la mobile dans le 2" bataillon des Basses-Pyrénées. Ce bataillon, composé de Basques, faisait partie de l'armée des Vosges, et mérita d'être mis à Tordre du jour pour sa bravoure.
Au retour de la campagne, M. Renaud accepta quelque temps l'hospitalité du séminaire de Larressore, converti en partie en ambulance. A la sortie de cette maison diocésaine, témoin de sa première éducation, M. Renaud fut porté sur la liste des républicains modérés et envoyé h la seconde Constituante de 1871, où - VOJiciel l'atteste — il se montra plus radical que jamais. Remplacé en 1876 par Charles Harispe, il a été nommé sénateur le 8 janvier 1882.
Dans le commerce de la vie privée M. Renaud est l'homme le plus affable et le plus agréable possible. Pourquoi faut-il que ses votes l'assimilent à ces hommes qui, dans l'exercice de leurs fonctions publiques, désapprouvent, combattent même des principes de religion et d'ordre qu'ils respectent dans leur pays et leurs foyers sous le manteau de la cheminée? Les vrais catholiques, quelles que soient leurs opinions politiques et môme le gouvernement de droit ou de fait qu'ils veulent servir, n'ont-ils pas un terrain commun où ils peuvent et doivent se donner la main? celui de l'Eglise catholique, qui, de fait s'adaptant à toutes les formes de gouvernement, a des droits inprescriptibles à la fidélité et au dévouement de ses enfants. Il n'y a pas deux morales : l'une pour les fonctions publiques, l'autre pour la vie privée. On ne peut pas plus trahir la cause de Dieu et de sonÉglise devant les assemblées générales, qu'on ne le peut dans le secret de son
cœur ou dans ses foyers. Cela nous paraît encore plus vrai — si on peut le dire — pour les députés basques. Représentants d'un pays fermement et essentiellement catholique, ils ne peuvent, sans forfaire à leur foi de chrétien et même à leur mandat, oublier, beaucoup moins compromettre les irtténôts d'une relig'ion qui a béni leur berceau, leur famille; d'une religion, enfin, qu'aux yeux de leurs compatriotes, ils déclarent respecter et vénérer.
5<> CtïARLES Hartspi!:. Neveu propre de l'illustre maréchal basque de ce nom, Harispe naquit en 1817 à Baigorry , dans la maison Ovonos. qui a donné son nom à une section de cette importante commune. Il fit ses études au lycée de Pau à côté de M. Chesnelong, le célèbre député catholique, avec qui il n'a cessé d'être uni par les liens de l'amitié la plus cordiale. Parti pour TAmérique à l'âge de vingt ans, il passa un quart de siècle à la Havaife et à la Nouvelle Orléans. A son retour, il s'installa dans l'antique château de Leicerasse, à Baïgorry. C'est là que les électeurs de l'arrondissement de Mauléon vinrent le chercher pour l'envoyer en 1876 à l'Assemblée Législative.^Pur conservateur, ses votes furent toujours pour la défense des intérêts religieux et des principes de conservation sociale.
Au second renouvellement de son mandat en 1881, par suite de l'état de sa santé, il eut un moment quelques hésitations. Porté malgré lui par les conservateurs, il finit par accepter un nouveau mandat. Dans une belle profession de foi, il résuma et dévoila, au point de vue religieux, financier, économique, militaire, enfin au point de vue du respect des lois et des libertés publiques, toute la politique de Topportunisme révolutionnaire, et s'en déclara, comme par le passé, radversaire irréconciliable. Quelques voix ayant donné la majorité à M. Pradet-Balade, il fut remplacé par ce dernier. M. Harispe continue à servir le pays au sein du conseU général, dont il est membre depuis plusieurs années.
6° Jacques-Hyaginthe-Théodore Pradet-Balade naquit à Ainhice-Mongelos, canton de Saint-J^an-pied-de-port, le 30 octobre 1827. Son père, Pierre Pradet-Balâde, fut capitaine adjudant-major sous Napoléon ^•^ Mis en disponibilité en 1814, il acheta une étude de notaire h Moïlaas. Sa mère était fille du général baron Schilt, dont un frère fut commissairegénéral remplaçant le préfet à Pau, en 1848.
Attaché comme avocat au tribunal de Saint-Palais, M. Pradet-Balade, autant par ses connaissances juridiques que par son esprit solide et son amour pour le travail, s'y était fait un nom, quand en 1881 il posa sa candidature à la Chambre. Dans sa profession de foi il se présenta comme un républicain de vieille date, et affirma h ses électeurs que « ni la religion qu'ils professent, ni ses ministres, qu'ils ainaent et qu'ils respectent, ne sont pas menacés par la République et les républicains ». De plus, il promit « de ne jamais oublier qu'il représente une population profondément attachée à sa foi, de repousser toute mesure qui serait une atteinte à nos croyances et à leur libre manifestation...; de considérer l'inamovibilité comme une garantie de l'indépendance desmagistrats.
M. Pradet-Balade siège au centre gauche et vote avec les républicains modérés.
7» Antoine-Tompson, Arnaud-Miohel et Charles d'Abbadie. Le père des trois frères d'Abbadie, criginaire de la maison noble de ce nom (1) à Arrast (Soûle), émigra durant la Révolution française en Irlande et y contracta mariage. Il eut trois fils, Antoine, Arnaud, Charles, et une fille aujourd'hui religieuse du Sacré-Coeur. Antoine, le plus célèbre des trois frères, naquit à Dublin en 1810, et Arnaud en 1815.
(1) Voir cette maison t. I, p. 399.
Celui-ci n'avait pas encore trois ans quand leur père rentra en France avec ses enfants. En 1833, M. Antoine partit pour le Brésil, chargé d'une mission de TAcadémie des Sciences. M. Arnaud, qui avait suivi une première fois en Algérie le maréchal Clausel (1833), y retourna en 1836 dans Tintention de faire partie de l'expédition de Constantine. A la suite d'une tempête, il se rendit à Alexandrie, où il retrouva son frère. Ils entreprirent d'explorer ensemble TEtliiopie et séjournèrent dans ce pays de 1836 à 1845. Ils furent encore retenus dans le pays de Gallas par l'hospitalité du souverain jusqu'en 1848. L'année précédente, sur le bruit de leur mort, M. Charles alla à leur recherche. Il les ramena en Europe; mais M. Arnaud retourna en Ethiopie en 1853. et y passa encore une année.
Dans leurs explorations, les frères d'Abbadie recueillirent sur les sources du Nil des renseignements dont l'exactitude a été constatée; ,et toutes leurs observations sous le rapport ethnographique et linguistique présentent beaucoup d'intérêt. Ils envoyèrent leurs relations tle voyage à la Société de Géographie, et l'on cite, parmi les articles insérés sous leur nom dans le Bulletin de cette société, celui imprimé à part sous ce titre : Notes sur le hautjleuve Blauc [1849 (1)].
MM. Antoine et Arnaud ont été nommés chevaliers de la Légion-d'Honneur le 27 septembre 1850. Le dernier a publié en 1859 des Observations sur le tonnerre en Ethiopie et Travaux récents sur la langue basque, M. Antoine fut nommé membre correspondant de l'Académie des Sciences (section de navigation et de géographie) le 20 juillet 1852, et membre titulaire au mois d'avril 1867. La Société de Géographie de Paris l'a choisi pour son vice-président au mois d'avril 1875. Par ^.écret présidentiel du 9 août 1878, il a été nommé membre titulaire
(i) Diclionnaiie des Contemporains, Vapereau.
du Bureau des Long Itvdes (section de géographie). Lîi commission centrale de la Société de Géographie, renouvelant son bureau pour l'année 1881, l'a renommé à la place de vice-président.
Le père des trois frères d'Abbadie, loin de négliger dans rémigration la langue maternelle, la cultiva au contraire. Il composa un petit vocabulaire, lequel, au témoignage de Lecluse, a doublé le recueil de mots basques de ce dernier. Son amour pour notre immortelle langue le porta à faire les frais d'impression du Manuel de la Langue Basque de M. Lecluse.
Son fils Antoine, héritant de l'amour de son père pour notre langue, lui consacra les prémices de son talent. Un de ses premiers ouvrages fut sa brochure mïiivXk^. Prolégomènes, suivis de la Grammaire euskarienne Ae Chaho, imprimés ensemble à Paris (1836) sous le nom à! Etudes grammaticales sur la angue eusharienne. Aujourd'hui encore, malgré ses travaux et voyages scientifiques, il cultive notre belle langue. Chacun, au pays, connaît ces concours de poésies basques, ces joutes littéraires d'improvisateurs basques qu'il a établis et qu'il encourage par ses belles primes, quelquefois même par sa présence. Bien diflPérent de certaines individualités — heureusement très rares — qui semblent vouloir bannir la langue basque de chez eux, au risque de n'en posséder aucune autre pour la remplacer, M. Antoine d'Abbadie aime à parler sa langue paternelle toutes les fois qu'il en a l'occasion. Sous les lambris dorés de son magnifique château d'Urrugne, sous les brillantes inscriptions arabes, éthiopiennes de cette splendide habitation, il sait, avec cette politesse qui le caractérise, relever et au besoin redresser les- fautes contre sa chère langue basque. Puisse-t-il avoir beaucoup d'imitateurs I
Le trop célèbre ministre de la justice, M. Garât, disait à la Chambre en 1792 que « tout ce qu'il y avait de raison, d'éten-
due dans les idées du peuple basque, d'énergique, de délicat dans ses sentiments, il le devait beaucoup à sa langue.» Ces paroles n'ont rien d'étonnant pour qui connaît le génie de notre langue, cette richesse d'images, cette profondeur d'expressions, cette logique dans la formation des mots, cette variété de chutes ou de terminaisons du nom , ce mécanisme admirable du verbe : qualités qui la rendent si propre à réveiller dans notre âme les idées que le Créateur y a infusées et à traduire le discours interne que l'esprit se tient à luimême. Pour peu qu'on étudie notre langue, on est frappé à la fois de sa richesse et de sa simplicité. Tous ses mots suffisant surabondamment à tous les besoins, à tous les artifices du langage humain, peuvent se réduire à deux espèces, le nom et le verbe; ce qui, au témoignage du philosophe Boèce et du grammairien Priscien, constitue la vraie division philosophique d'une langue(l). «La conjugaison basque surtout, nous dit le savant auteur de la Disuriailon sur ta langue dasqœ (2), présente un caractère divin. » A son tour, M. Lecluse a écrit ces lignes : « La conjugaison basque nous offre un Si])pBiVeï\ j^rodipeusement varié... Elle marque les relations directes et indirectes des différentes personnes entre elles avec tant de richesse et de régularité, qu'elle peut à juste titre être considérée comme un c/ie/'d'œuzre philosopliique (3). Un peu plus loin , le même auteur dit : « La langue basque n'eût-elle conservé de son antique splendeur que son système de conjugaison, c'en serait assez pour que cette
il) Grammatici, quia vocum figuras considérant, ideo oclo oratwnis partes speculantur ; philosophi autem quum rem tantùm conlcmplentur, soldnomiiiis et verbi speculatione indigent (Boècc). — Parles oralionis, disait Priscien, nint secundùtn dialecticos duœ : nomen et verbum.
(2) P. 125. Nous renvoyons le lecteur à ce chef-d'œuvre du très regrettable M. Tabbè Darrigol. Bayonne, imprimerie Duhart-Fauvet.
(3j Manuel de la iarigue basque, p. 47.
belle langue méritât ^ê^e conser^BéèÇi). » Cette langue, qui a enthousiasi»é même les étrangers connaisseurs — , est jusqu'à ce jour pure de toutes ces productions de la mauvaise presse, si propres à troubler les esprits, à altérer les mœurs ; elle a été pour le peuple basque la principale sauvegarde de sa foi religieuse et de sa liberté politique. A ces divers titres, elle mérite mille fois d'être étudiée et conservée. Puisse-t-elle toujours trouver des protecteurs ayant l'autorité et l'érudition de notre savant membre de l'Institut; et que nos vénérables frères dans le sacerdoce, à l'exemple des Darrigol , des Inchauspé, etc. , la tiennent en haute estime ! Que ne trouvent-ils dans un de ces établissements où ils passent leurs jeunes années une chaire pour se perfectionner dans la connaissance d'une langue «propre au barreau, à la poésie, h la chaire, à tous les ouvrages de goût » 5 dans une langue qui toute la vie doit leur servir à annoncer les mystères d'un Dieu d'amour? Préposés à la tête de nos paroisses, ils contribueraient puissamment à la conservation de notre langue nationale, pendant que d'autres, à côté, travailleraient à apprendre la langue de la commune patrie. Qu'on nous pardonne cette parenthèse, et revenons à note infatigable compa^triote.
M. Antoine d'Abbadie commença en 1860 la Géodésie sv/r une partie de la Hatite-Etliiopie, revue et rédigée par Radau (1863, 3« fascicule in-4° avec planches). En 1868, le Correspondant publia de lui V Ahyssinie et le roi Théodore^ travail imprimé ensuite à part (Paris, in-8°, 45 pages). En)1880 il publia une notice dans les Annales de la Société scientifqne de Bruxelles sur les Oromo, grande nation africaine désignée souvent sous le nom de Galla. En 1879, chargé par le Bureau des Longitudes de faire l'éloge de François Arago, il pro-
(1; Manv^l de la langue basque, p. 86.
nonça un beau discours qui a été imprimé h Paris. En 1870, il fit paraître dans les Actes de la Société phihlogique de Paris, dont aujourd'hui il est président, une Notice sur les langues de Kam. Enfin il est auteur du Dictionnaire de la langue amariMa (Paris, 1881, in-8, XL VII pages, 1336 colonnes), et d'autres publications importantes.
Les voyages que M. Antoine d'Àbbadie a faits comme astronome en Scandina^ ie et ailleurs ne seraient pas la partie la moins intéressante de sa biographie; mais nous ne pouvons le suivre dans ses courses lointaines. Disons seulement qu'il faisait partie de ces savants que le passage de Vénus sur le disque du soleil fit courir, il y a quelques années, de toutes les nations européennes jusqu'aux extrémités du monde, et que, le même fait s'étant renouvelé en 1882, M. Antoine d'Abbadie fut nommé chef delà mission française
envoyée à Porto-Rico.
La résidence de l'illustre membre de l'Institut au pays est son château Abbadia, à Urrugne, canton de Saint- Jean-de- Luz : magnifique château féodal du style du xiv® siècle, avec chapelle, observatoire, etc., bâti sur un plan donné par M. Viollet-le-Duc. M. Arnaud habite Ciboure, et M. Charles le manoir des vicomtes d'Echaux. à St.-Etienne-de-Baïgorry. A l'entrée principale de ce château, au-dessous du millésime de 1555, date, croyons-nous de sa construction sur l'emplacement de l'ancienne maison seigneuriale, nous avons lu le nom d'Arrast, nom qui rappelle le lieu d'origine du propriétaire actuel.
8° Jean-Charles Petit. Il naquit le 14 mai 1826 à Urrugne, ' canton de Saint-Jean-de-Luz. patrie du célèbre ministre de la marine Dalbarade et du non moins fameux corsaire basque Pellot. Aussi affable que distingué dans ses relations ordinaires. M. Petit est un de ces hommes rares qui
jamais n'ont refusé un service honnête et raisonnable h leurs semblables. Quant aux éminentes qualités du magistrat, nous dirons que dans ses divers emplois il a marqué son nom par la profondeur de sa science, Félégance de sa parole et l'intégrité de son caractère. '
Voici rétat de son service : Substitut du procureur de la république à Bayonne, 5 mars 1851 ; — substitut à Tarbes, 14 avril 1852; — procureur impérial à Bagnères-de-Bigorre,
14 mars 1853 ;— substitut du procureur-général à Pau, 18 octobre 1854; — avocat-général à Orléans, 16 août 1860; — premier avocat-général dans la même ville, 18 avril 1863; — premier avocat-général à Toulouse, 28 janvier 1867; — procureur-général à Caen, 23 décembre 1868; — remplacé le 20 septembre 1870; — directeur des aflfiaires criminelles et des grâces au ministère de la justice, 31 juillet 1871 ; — conseiller à la cour de cassation, 30 juin 1873.
Il représenta quelque temps le canton de Hasparren au conseil général des Basses-Pyrénées. Pendant qu'il siégea dans cette assemblée, il fut une de ses plus brillantes lumières, et prouva que, si l'amour de sa profession ne l'avait pas attaché au barreau, il eût figuré avec avantage dans une de nos hautes Chambres. — Nommé chevalier de la Légiond'Honneur le 11 août 1866. M. Petit est officier depuis le
15 juillet 1878.
9*^ Jean-Baptiste-Jules d'Etchepâre-d'Aphat. Il naquit le 24 juillet 1823 au château d\\phat, à Bussunarits-Sarasquette, canton de Saint-Jean-pied-de-port (1). La maison d'Aphat remonte à une haute antiquité. Jannicot d'Ahaxe, seigneur
1) Le nom d'Aphat vient dMf>/t«/ea nom donné en basque aux abbayes V>asques. On connaît le droit de patronage, de dîmes et autres droits de ces maisons, dont faisait partie la maison d'Aphat.
de la salle d'Aphat de Bassunarits, obtint #n 1413 rémisêton de toute imposition et aide (impoMion y ayiuda) en eonsïdération de «a noblesse et de ses bons services avec armes et cheyai^](. Cette même aBnée, Peyreton d'Amexague? seigneur d'Ëtchepare de Sarasquette, reçut la même faveur du roi de Navarre (1). Ce» deux familles ont été fusionnées ensemble en 1664 par \à mariage de Guillaume fils et héritier de noble Bertrand d'Etcbepare de Sarasquette et de Marie de Saint Martin de Larressore, avec Catherine héritière de la Salle d'Aphat. Cette famille, dont, depuis cette époque, on connaît li^ jSUiation, s'est alliée à celle de la Salle tfUrdos-d'Etcheverry de Sortiouette à Baïgorry, à celles de Bechicqèi Bayonne, de Siccard, etc. Entre autres personnages elle a fourni :
Michel d'Etchepare-d'Aphat, curé deBussunarits en 1720.
Jean-Bonif^ce d'Etchepare-d'Aphat. directeur missionnaire sous M. Daguerre, fondateur de la maison de Larressore.
Pierre-Amhroise, frère du précédent, d'abord missionnaire comme lui, puis curé de Bussunarits en 1738.
Pieçre d'Etchepare-d'Aphat, né en 1744, prêtre, docteur en théologie, successivement directeur à Larressore, vicaire? curé de Saint-Michel-Caro, en 1769.
j^nfin Jean-Baptiste-Thomas-Jules d'Etchepare-d'Aphat. Il naquit le 24 juillet 1823 au château d'Aphat et entra jeune dans la marine. Il prit part à la campagne de Grimée et fut nommé chevalier de la Légion-d'Honneur sur le champ de bataille. En 1865, il se retira dans son château avec le grade de lieutenant de vaisseau. En 1870, il fut à la guerre comme commandant des mobiles de l'arrondissement de Pau. Il était dans l'Est et mérita d'être nommé officier de laLégion-d'Hon-
(1) Bénéficièrent des mornes faveurs et pour les mêmes motifs : Arn.guil seigneur du palais de la Bastidc-Clairencc; Machingo, seigneur delà maison de Miranda en la paroisse de Lacarre, xiecino d'Azasuri; Charles de Sainte-Marie seigneur d'Arberats.
neur à la fin de la guerre. Après la réorganisation de Tarmée, il fut nommé lieutenant-colonel commandant le 142« régiment territorial d'infanterie. Malgré les félicitations réitérées de Tautorité supérieure, il fut brutalement relevé de ses fonctions en 1880. Entouré de l'estime et de l'aflTection de tous ceux qui le connaissent, M. d'Aphat continue à servir son pays soit en qualité de maire de sa commune, soit comme syndic du pays de Cize.