ETAT DES FINANCES A LA MÛKT I)£ LOUIS XIV
augmentations de finances i , des créations de charges aussi iniques que ridicules. Les traitants auxquels on s'adressait achetaient à Yil prix ces valeurs et devenaient plus exigeants, à mesure que FÉtat de venait plus pauvre. Ils prenaient comme remise le sixième du capital ; des offices de trésoriers créés à ^«-50,000 et à 60,000 livres' ne furent négociés qu'au prix de 350,000 et de 50,000 livres, sur lesquelles on faisait encore à TÉtat une retenue de deux sous pour livre ^ C'est pour de pareilles spéculations, qu'en 171i on sacrifiait 33 millions des revenus de 1715, 30 millions de ceux de 1716, et qu'on allait jusqu'à demander à l'année 1722 une avance de 180,000 livres \ Le total des anticipations s'éleva, pendant les sept années du ministère de Desmarets, à 158,3-27,901 livres, et, à la mort de Louis XIV, l'État devait encore sur cette somme, 137^222,259 livres ^ On
» « Finance signifie une somme payée pour un office civil, pour un emploi^, pour une commission militaire. » Enc. met. C'était un cautionnement portant intérêt.
* Forbonnais, t. V, p. 54.
' Mémoires de Desmarets.
* Forbonnais, t. V, p. 57.
^ Voici le total des sommes dépensées par anticipation et dues en 1715 :
En 1708 1,664,683 liv.
1711 12,530,490 ) sur les revenus de 1715.
En 1708 410,700
1711 1,560,480 ^sor les revenus de 1716.
En 1712 1,955,675 1
1713 3,460,620 sur les revenus de 1717.
En 1713 593,500
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\ sur les revenus de 1 7 1 8 .
évaluait^ en 1714, à 58,163,900 livres le chiffre^ des autres affaires exraordinaires, parmi lesquelles on comptait des confirmations de noblesse et des ventes d'offices de marchands d'eaude-vie. Paris était alors peuplé d'une foule d'officiers royaux, que le besoin d'argent avait fait créer de la sorte et dont les noms et les fonctions bizarres excitaient les moqueries du peuple; on voyait des contrôleurs de perruques, des inspecteurs-mesureurs de pierres de taille, des compteurs de foin et des inspecteurs-visiteurs-langueyeurs de porcs et pourceaux; le commerce des vins seul comptait huit cent quatre-vingt-douze employés aussi inutiles, routeurs, chargeurs, inspecteurs, mesureurs, qui tous étaient autant d'entraves à la liberté des affaires, autant d'impôts sur la vente ^. Le capital de toutes les charges et de tous les privilèges créés depuis 1701 jusqu'en 1715, s'élevait au moins à une somme de o'î-2,063,078 livres dont l'État était en réalité débiteur ^.
jsur les reyenus de 1720.
En 1713 280,000
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En 1714 180,833 sur les revenus de 1722.
Total 158,327,901 livres, dont 86,134,022 appartiennent à Tannée 1715. Or, on trouve dans les comptes de Forbonnais qu'il restait à payer sur cette, dernière somme 64,628,980 li^Tes; le royaume devait donc encore sur ses revenus futurs, à la mort de Louis XIV, 137,222,259 livres.
1 Forbonnais, t. V, p. 50.
^ 80 jaugeurs-mesureurs , 120 jurés vendeurs-contrôleurs, 90 courtierscommistlonnaires, 120 rouleurs de tonneaux, 1 40 chargeurs et déchargeurs, 120 inspecteurs-visiteurs, 120 inspecteurs-gourmets, 1 02 courtiers-commissionnaires à la vente et revente des vins [Enc. met. Offices de Paris). — On vendit à Paris pour 17,479,526 livres d'offices à 2,461 personnes (Forb. t. V, p. 252). * Voici le total des sommes qu'ont rapportées les créations de charges et d'offices, les augmentations de gages et de taxations, les concessions de privilèges et les aliénations du domaine depuis le commencement du xvni« siècle jusqu'à la mort de Louis XIV.
En 1701 75,027,606 liv.