CHAPITRE IX
Des Livrées.
Les armoiries^ devenues fixes et héréditaires^ introduisirent en même temps les lisfrées ; et de même que chacun s'était fait des armoiries à sa guise, chacun composa et arrauf^^ca ses livrées comme il voulut. J'ai dit qu'on mettait ses armoiries sur sa cotte - d'armes et sur son écu. On portait d'ailleui-s une écharpe dont la couleur aidait à faire connaître de quelle province on était. Les comtes de Flandres avaient pour couleur le vert foncé; les comtes d'Anjou le vert naissant; les ducs dfe Bourgogne le rouge ;les comtes deBloiset de Champagne V aurore et bleu; les ducs de Lorraine le faune; les ducs de Bretagne le noir et blanc. Ainsi les vassaux de ces diflérens princes avaient des écharpes dijBferentes; et ceux de ces vassaux qui leur étaient alliés ou qui possédaient
(88) auprès d'eux quelque charge considéraBle , affectaient de joindre aux couleurs de leurs &i^r^es particulières une pçtite bande ou petit galon, plus ou moins large^ de la livrée de leur seigneur y 'La noblesse des environs de Paris, qui relevait immédiatement du roi, a coonmunément du bleu dans ses liftées, parce qtié te bleu était la couleur de nos rois? On deman^ dei^a sans doute pourquoi il y a aussi du btan^ et du rouge dans la livrée rojale, parce que le blanc était de temps imméiftorial la couleur générale et distinctive de la nation^ à régar4 du rouge, parce que nos rois^^b)rsqu'ih tenaient cour, plénièrç , étaient vêtus d'une grçinde soutane.rouge, sous un long manteau bleu, semé de fleurs de lis d'or {i). On n'était pas obligé d'a^r ces livrées dans un tournoi : o» était le* maître d'jT paraître âyeç ^et livrées de fantaisie , et qu'ordinairement on cqmpo^it sur les couleurs de sa dame. ^^ .,'-.-.
Il arrivait souvent quç des nobles et dl^s bourgeois, pan dévotion à un saint, se faisaient serfs de son *«glise , n'allaient plus yhxm «Jue d'un ]^etÂt pourpoint de la couleur de $a baiinièyT^^.et portaient au pçignatou à hi jambeAMl anneau de fer. I| y a toute apparence ^que, par une profane émit^tion de cet usage, qifelque
(«9) tendre chevalier, pour marquer sa servitude amoureuse, ima{^ina autour des bras ces bracelets ou cercles (9.) de galons de couleiu', qu'on voit à plusieurs liifrées.
Le roi^ deux fois par an, distribuait des manteaux rouges, fourrés d'hermine ou de menU'-^air(3)y aux chevaliers qu'il retenait auprès de sa personne, pour administrer la justice , et Faider de Icurt conseils dans les afihires (l'état. On appelait ces manteaux robes de livrées (4).
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