DU CHAPITRE IX
(i) U esl certain que> ni en pierre, ni en métal , ni sur les médailles , ni sut les /(ceaux , on ne trouve aucun vestige véritable de fleurs de lis avant Louis'le-> Jeune ; c'est souà son règne , c'est-à-dire vers 114.7 , que l'écu de France commença d'en être semé , et que les armoiries que prirent les princes , barons et gentîlsliommes pour la seconde croisade , commencèrent aussi à devenir fixes et héréditaires , comme marques et distinctions particulières à leurs familles. Ce fut sous Charks V que les fleurs de lis , qui étaient sans nombfe dans Técu de France , commencèrent à être réduites à trois , en l'honneur , dit on liistorien , de la Sainte- Trinité. Il y a tout lieu de croire que VAngon ou Francisque » dont nous parlerons dans un des chapitres
suivans > qui était Taniie des rois de la première race » a servi de type aux (leurs de lis, et non pas les abeilles , qo'an pourrait plutôt regarder comme Tembléme de la naliou ( V. le cliap. 1 7^ , arL des armes offensives ).
(a) Ces bracelets ou cercles de galons viennent peutêtre aussi de ce que les chevaliers se mettaient quelquefois des chaînes au tour du bras , et faisaient vœu de ne les point ôter jusqu'à ce qu'ils se fussent signalés dans quelque entreprise.
Dans une Disseriaiion sur l'origine de la chevalerie ^ on dit que les Assyriens porLiient des colliers d'or , et que c'est à leur imitation que les clievaliers français ont porté des chaînes du même métal. Les Gaulois et les Romains ont porté des colliers et des bracelets de métaL II ne résulte point de là que la chevalerie nous venait des Assyriens ; mais si cette nation a autrefois civilisé un canton de la Germanie » si ses mœurs sont encore celles des Assyriens d'aujourd'hui, comme nos voyageurs modernes en conviennent , sera-ce une absurdité de chercher les moeurs des Francs dans celles ^ peuples voisins du Caucase , et des conquérans qui fli sont sortis ? Le bon Jacques de Guyse , dans ses Annales y si curieuses pour notre histoire ancienne , nous dit, livre iv, chap.' m , que cinq nations Germaniques, 1 an 63 avant l'ère chrétienne, s' étant liguées pour faire la conquête de la Gaule , se choisirent des ducs et des chevaliers pour gouverneurs et juger Tarmée et le peuple. Le major Pop assure que le système politique des Lombards, durant le moyen âge , peut être comparé exactement à celui des braves Radjpouts Scy-
fliiqucs , chez qui la féodalité règne encore, quoique beaucoup plus modérée que le système oppressif qui dominait en Europe. Il ajoute que cette féodalité conserve toujours daiis Flnde les traits patriarcaux qui en sont la base primitive. Ces rapprochemens entre TAsie et r Europe doivent être faits avec soin , si nous voulons bien connaître notre histoire ancienne (à).
(3) Le menu-vair était composé de deux peaux, une blanclie et l'autre grise.
(4.) y> Sainie-Foixy Essai histor. sur Paris, t. 4 » p. ii3, édit. de 1778.
(a) V, le discours prononce à la séance <1e la société asiatique le 5 septembre 1827 , par M. le marquis deForlia d'Urban, à qui nous sommes redevables d^ouv rages remarquables par de profondes recherches historiques et par une vaste érudition.
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