CHAPITRE XII
De la manière dont on pmcédail à la dégradation d'un Gentilhomme.
Au XYi siècle^ on était quelquefois dans Tusage de faire Tenterrcment d'un liomme vivant voué(i)aumépm public. En i523, le capitaine /'rfltt^e^,gouvcrneurdeFontarabie,ayantrendu honteusement cette place aux Espagnols , fut condamné à être dégradé de noblesse. On l'arma de pied en cap ; on le fit monter sur un échafaud où douze prêtres assis, en surplis, commencèrent à chanter les Vigiles des morts (2), après qu'on lui eut lu la sentence qui le déclarait traître, dêlojral, vilain et foi-mentie, A la fin de cha([uc psaume ils faisaient une pause , pendant laquelle le héraut d'armes le dépouillait de quelques pièces de son armure, en criant à haute voix : « Ceci est le casque d'un lâche , » ceci son corcelet, ceci son bouclier ^ etc. (3) »
( io8) Lorsque le dernier psaume fut achevé, on lui renversa sur la tête un bassin d'eau chaude^ on le descendit ensuite de Féchafaud avec une corde qu'on lui passa sous les aisselles^ on le mit sur une claie, on le couvrit d'un drap mortuaire, et on le porta à l'église, où les douze prêtres l'environnèrent, et lui chantëi*ent sur la tète le psaume Deus, laudem meam ne tacueris y dans lequel sont contenues plusieurs imprécations contre les traîtres,- ensuite on le laissa aller et survivre à son infamie (4).
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