CHAPITRE Xiy
Funérailles et Tombeaux des anciens Chei^aliers^
Aux pompes funëbres ^ chez les Romains (i), on louait un pantomime à peu prës de la taille et de la figure du mort, et qui contrefaisait quelquefois si bien son air , sa contenance et ses gestes , qu'il semblait que c'était lui-^même qui marchait et assistait à son convoi.
Dans un compte de dépense de la maison -de Polignac , de l'an iSyS , on trouve un article de cinq sols baillés à Biaise pour ai^oirjait le chevalier défunt a V enterrement de Jean yjils de Randonnet Armand, comte de Polignac.
Les chevahers morts dans leur lit étaient représentés sur leurs tombeaux y satis épée , la cotte^'-armes sans ceinture y les yeux fermés et les pieds appuyés sur le dos d'un lévrier ; au lieu: qu'on y représentait les chevaliers tués
( i48 ) dans une bataille , l'épée nue à la main , le bouclier au bras gauche , le casque en tête , là visière abattue/la cotte-d'armes ceinte surrai> mure , avec une écharpe ou une ceinture , et un lion à leurs pieds (2).
On mettait quelquefois des grilles autour des tombeaux pour empêcher de les toucher et de les gâter; mais^ outre cette grille, on en mettait une aut|?e qui couvrait entièrement le tombeau , si c'était celui d'un prince ou d'im chevalier mort prisonnier. Philippe d'Artois , connétable de France , ayant été pris par les Turcs à la bataille de Nicopolis, en 1896 y son tombeau , dans l'église de Notre-Dame d'Eu, est couvert d'une grille et comme enfermé dans une espèce de cage de fer , pour marquer qu'il était mort en prison (3),
Un vieux proverbe disait : Que si le diable jortait de. V enfer pour se battre, il se présente^ rait . aussitôt un Français pour accepter le défi. .
A la mort d'un chevalier qui s'était distingué par son intégrité , son désintéressement et des: actions d'éclat )- les plus grands seigneurs, les rois même anobitionnaient d'avoir 6on lîpée ou son cheval de bataille. Le duc d'Orléans, frère de Qiarles YI , fit demander cellc^ de Jean
( >49 ) de Beaumont y chevalier breton; il offrit, en même temps , de donner à la fille de ce vaillant homme une dot assez considérable : elle se trouvait absolument sans bien; Guillaume de Rosnmncn l'épousa , refusa la dot et g^arda Fépée (4).
SfvDoleà
t)U CHAPITRE XIV.
(i) Sueion.y hist.Yespas.
(2) V, dans Schotpfliny alsat. iJlustr. les fig. pL 87 À 39 , des landgraves d'Alsace^
3) Yoy. Sainte - Foix , Ess. hist. sur Paris , t. 4 » p. i63 , 1778.
(4) V. le même auteur , ib. , t. 4 y p* 180.