‹ Recherches historiques sur les croisades et les TempliersChapitre 25 sur 40 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Origine des Diadèmes, des Titres de Ma- /esté, etc., et origine des Palais.

Selon certains auteurs le diadème était ori- ^nairement une espèce de bandelette , dont les buveurs se serraient la tête pour prévenir l'effet des vapeurs du vin. Devenue par la suite un des insignes de la royauté-, on voulut sans doute signifier que les rois^ qui les portaient^ devaient tâcher de se garantir de l'ivresse et de l'orgueil de la puissance suprême (i). U est plus probable que le diadème adopté par les souverains, tire son origine du bandeau nommé strophium , ornement dont les artistes grecs ceignaient la tête des dieux et des héi*os.

On donnait anciennement aux rois le titre à^ illustrissime , de votre sérénité, votre grâce : l'usage de leur donner celui de majesté ne s'établit entièrement que sous Louis XI , le prince

( i'Si. ) le moins majestueux dans toutes ses actiods , ses manières et dans son extérieur. En eflFet , il n^avait pas honte de paraître aux plus grandes cérémonies avec un pourpoint et une casaque d'une étoffe grossière , une calotte à oreilles et un bonnet ordinairement tres-sale , sur lequel il avait coutume d'attacher des petites Notre" Dame de plomb : c'est ainsi qu'il se présentait aux ambassadeurs^ affectant d'être assis dans un mauvais fauteuil, et ayant presque toujours quelque vilain chien sur ses genoux. On trouve dans les comptes de sa maison un article de quinze sob pour deux manche? neuves qu'on avait mises à un de ses vieux pourpoints.

Les rois ne traitaient de cousins que ceux qui avaient en efiet l'honneur d'appartenir à leur famille; ils écrivaient : très-cher et fidèle ami auk pairs ^ aux grands-officiers de la couronne, et aux cardinaux ; ce n'est que depuis François I^"*, environ l'an i54o, que ce titre s'est étendu aux ducs , aux maréchaux de France et aux évoques (2).

L'empeFeur Auguste se fit bâtir une maison qu'on appela palatiwn ( palais ) , du Mont- Palatin où elle fut construite. Dans la suite on s'accoutuma à donner ce nom à toutes les maisons habitées par des empereurs, des rois et

( i53 ) des princes. Quelques auteurs prétendent que palais yient àepalam^ en public, et apertuSy ouvert, parce que la maison du prince doit être ouverte à tous , et que tout le monde a droit d'y aller demander audience et justice (3).

Bu CHAPITRE XV.

(1) Voy. Sainle-Fol. , Ess. hist. sur Paris , L ^ , p. 345, 1778. ' ^'

(2) r. Je môme auteur , ibid. , p. i88.

(3;f Je même, ibid., p. 266.

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