CHAPITRE XTIII
Origine des FrancS'Bourgeois, Eljmologie de ce Nom.
Des que les villes allemandes se furent rendues libres et que plusieurs formèrent ce que nous nommons aujourd'hui des communes , elles mirent aussi beaucoup d'intérêt à Tafiranchissement des gens de la campagne de leur banlieue. Du temps de la féodalité y les habitans du plat-pays, qui gémissaient sous le joug du servage , s'enfuyaient très - souvent , et allaient chercher un asile dans les villes. Là ils étaient admis aux droits communs^ et leur travail fournissait à leur subsistance. Les villes osèrent plus encore, et sans qu'un paysan vînt habiter dans leurs murs, elles lui accordèrent la liberté et le droit de bourgeoisie. Cet acte de protection de la part des villes donna naissance à cette classe de bourgeois externes qui
s^ap^laient pjahlbiirger, ce qu*on a quelquefois exprimé en français par le nom àe franc-bowgeois. Le mot pfahl, qui ^reut dire pieu ou poteau, se prononçait suivant les diverses provinces, tantôt pâl et tantôt fâL Trompés par la seconde de ces prononciations, les Français ont fréquemment traduit le mot allemand/7/!x^i/rg^r, par fanx--bom^eois (i), qu'on trouve, même à son tour, traduit dads le latinbarbare des vieux titres parfalsus burgensisy d'où a pu venir aussi le mot àe faubourg. Pfahlhiirger, cependant, signifiait un homme jouissant des droits de bourgeoisie et qui demeurait hoi*s des mm's de ia ville, m^is dans l'enceinte des poteaux qui marquaiejit le ressort de sa juridictiou. Peut-** être aussi, quand le paysan habitait hors de cette; banlieue, marquait-on sa propriété d'un poteau ou d'un pal^qui indiquait la protection et le droit de cité que lui avait accordé la ville. Être sur son palier veut dire se sentir fort ou libre, être en lieu de sûreté. Dam ce cas on au-* rait tort d'écrire pailler et de dériver ce root de paille. Lies poteaux en question s'appelaient diussi friedseule y colonnes de paix (2)*
L'affranchissement de Ta bourgeoisie amena bientôt une amélioratiQn dans les lois et les coutumes judiciaires. La vie et Thonneur des
individus ayant ac<{iiis une plits haute importance^ depuis que de serfs ils étaient devenus libres j les meurtres , les violences et les outrages ne se rachetèrent plus à prix d'arg;ent; Tatrocitédes combats judiciaires, des prétendus Jugemens de Dieu, parut peu à peu dans tout son jour, et une meilleure législation prit la place des usages barbares de la féiidalité.
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