DES TEMPLIERS
Des religieux qui s^étaient consacrés au service des blessés , ayant fait vœu de se battre , vers Fan 11 18, il se forma tout d'un coup une milice semblable , sous le nom de Templiers (4), qui prirent ce titre parce qu'ils demeuraient auprès de cette église qui avait, diton , été le temple de Salomon. Ces établissemens ne sont dus qu'à des Français , ou du moins à des habitans d'un pays annexé depuis à la France. Raymond Dupuj y premier grandmaître et instituteur de la milice des Hospitaliers, était de Dauphiné.
Les premiers Templiers avaient fait vœu de vivre à la fois enanachorèteset en soldats, ce qui implique contradiction. Devenus riches et puissans, ils excitèrent l'envie, parce qu'ils vivaient chez leurs compatriotes avec tout l'or-
à Frère Guillaume y cordelier^ inquisiteur dans Paris, en présence de témoins» On ajoute que le grand-maître de l'ordre même et le grand-maîr tre de Chypre, ceux de France, de Poitou , de Vienne, de Normandie, firent les mêmes aveux, à trois cardinaux délégués par le pape.
Ce qui est indubitable, c'est qu'on fit subir les tortures les plus cruelles à plus de cent chevaliers, qu'on en brûla vifs cinquante-neuf en un jour, prës de l'abbaye Saint- Antoine de Paris (en 1 3i 2), que le grand-maître Jac^rwa^ de Molajy et Gui , frfere du dauphin d'Auvergne , deux des principaux seigneurs de l'Europe, l'un par sa dignité , l'autre par sa naissance, furent aussi jetés vifs dans les flammes, à la pointe de la petite île de la Seine, non loin du couvent des Augustins et à l'endroit même où est la statue équestre du roi Henri IV.
, Il est à remarquer que, malgré le nombre de témoins qui déposèrent contre les Templiers, tous protestèrent de leur innocence au moment du supplice , tous, rétractèrent les aveux que les tortures leur avaient arrachés. On prétend qu'on eût accordé la vie au grand-maître et à Gui, frère du dauphin d'Auvergne s'ils avaient voulu se reconnaître coupables publiquement^ mais, appelés en présence du peuple sur un
(lo) éqhafaud pour avouer les crimes de Fprdre, ils j Ulcèrent que Tordre était innocent.*^ Cette déclaration^ disent les historiens, indigna le roi et leur attira leur supplice j ils prirent Dieu à témoin tant qu'ils purent proférer une parole. On prétend qu'ils citèrent au jugement de Dieu le roi et le pape, et en effet ils moururent au temps prédit, le pape dans les quarante jours et le roi dans l'année.
L'ordre des Templiers fut aboli dans le concile général de Vienne, et Clément V décida de donner leurs biens aux Hospitaliers de Saint- Jean de Jérusalem j le roi ayant accédé à cette donation , le Parlement oui n'avait eu aucune
qui
part à ce procès extraordinaire, témoignage éternel de la barbarie où les nations furent plongées jusqu'à nos jours, mit en possession les Hospitaliers par un arrêt rendu en i3i 2(5).
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