‹ Recherches historiques sur les croisades et les TempliersChapitre 6 sur 40 · DU CHAPITRE II · texte numérisé non relu

DU CHAPITRE II

( i) La question de l' origine et de rétablissement de la noblesse a occupé beaucoup d'écrivains , nommément Boulainvllliers , Dubos , Montesquieu et Mabfy. Les Allemands se sont aussi exercés sur ce sujet , particulièrement depuis un petit nombre d'années. Meiners a écrit une Histoire de l'inégalité des ordres , impr. à Gottingue f en 1792. M, Mannert un traité sous ce titre : Liberté des Francs, noblesse, esclavage , impr. à Nuremberg, en 1799; M, Hullemann une lùsL de l'origine des ordres, imprimée en 1806. Il faudrait un ouvrage entier pour exposer leurs résultats et les comparer.

(2) Reges ex nobilitate, duces ex virtute sumunU Tacit. de moribus Germanor. VIL

(3) On attribue communément à Hugues-Capet , le premier des rois de la troisième race, l'institution de la Pairie. C'est une erreur qui n'a aucun fondement dans notre histoire. Le terme de pair est aussi ancien que la monarchie : il vient du mot latin par, qui signifie égal ou confrère. On donnait ce titre aux gentilshommes qui possédaient des fiefs , et qui relevaient immédiatement d'une même seigneurie : non qu ils fuissent égaux à leur seigneur féodal ; mais parce qu'ils étaient pairs entre eux , tenant leurs fiefs de la même personne , de la même manière et avec les mêmes obligations. Tous les pairs ne jouissaient pas d'une égale considération : ceux qui rendaient un l^ommage immédiat à la couronne, étaient d'un rang bien supérieur à ceux qui n'en étaient que les arrière -vassaux. Ces>derniers n'avaient point séance parmi les seigneurs du royaume ; les autres , au contraire , étaient les juges nés de toutes les questions qui intéressaient l'état. Ils composaient anciennement ce qu'on appelait la cour de France , la cour du roi , et par excellence la cour des Pairs (V. Saînte-Foix , Ess. hist. sur Paris , i778,t.ii,p.83).

(4) Lacume de Sainie-Palaye ^ dans ses Mémoires sur l'ancienne chevalerie, a parfaitement décrit l'organisation intérieure de la chevalerie , et nous ne pouvons mieux faire que de renvoyer pour cet objet à son ouvrage ; mais il nous semble que cet estimable écrivain n'a pas assez éclarci la partie historique de son sujet.

(5) La chevalerie , cette institution politique et

iitaire , fut amenée par le cours des ëTénemeiis et par la pente naturelle de» espi4ts et des âmes. Sa véritable époque , suivant M. Thomas , commence an dixième siècle.

(6) F» ce qu'en dit Tacite dans les pages 7 et 8 de son Trcdté sur les mceurs de Germains. La pluralité des femmes n'a jamais été chez eux en usage. Etait-ce l'effet ou la cause de leur vénération pour le sexe ?

(7) Mon Dieu et Madame était le cri du chevalier.

(8) Il y avait plus de personnes libres en Provence, dît Papon , dans son Histoire générale de Provence, (t. 2, p. 208) , que dans aucune province ; et, les révolutions de la monài^chie s'y étant fait beaucoup moii)s sentir , nos ailles durent conserver leur administration municipale.

(g) V, la chronique de Rod, Glaber , dans le recueil de Duchesne (^script, rer. franc, , t. 4 , p. 28), ou^ans celui de Pithou. Il y est'dit de ceux de l'Aquitaine et de l'Autergne : Homines omni le^itàte vanissimi, moribus et veste disiorti.

(10) V. ci-après l'article T&umois y chap. 2.

(il) Les possesseurs des châteaux qu'on avait bâti* de tous côtés pour arrêter les courses des Normands , devinrent dans la suite un fléau presqu'aussi funeste que l'avaient été ces brigands. Du haut de Leurs forte-^ resses ils fondaient sur tout ce qui paraissait dans la

soumit aux lois d'une souveraine, c'était pour elfe qu'il attaquait , qu'il défendait , qu'il forçait des châteaux et des villes. C'était pour l'honorer qu'il verrait son sang. L'Europe devint une lice immense où des guerriers , portant les couleurs et les chiffres de leurs maîtresses , combattaient en champ clos pour mériter de plaire à la beauté. Alors la fidélité se mêlait au courage , l'amour était inséparable de Vhonneur, Les femmes, fières de leur empire et le tenant des mains de la vertu , s'honoraient des belles actions de leurs amans , et partageaient les passions nobles qu'elles inspiraient. Un choix honteipt les eût flétries. Le sentiment ne se présentait qu'avec la gloire , et partout les mœurs respiraient je ne sais quoi de fier , d'héroïque et de tendre. Jamais peut-être la beauté n'exerça un empire si puissant et si doux. De là ces passions si longues que notre légèreté , nos mœurs , nos petites faiblesses , notrç fureur de courir sans cesse après des espérances et des désirs , notre ennui qui nous tourmente et qui se fatigue à chercher de l'agitation sans plaisir , et du mouvement sans but , ont peine à concevoir, et tournent tous les jouFs en ridicule ëur nos théâtres, dans nos conversations et dans nos livres ; mais il n'en est pas moins vrai que ces passions nourries par les années, et irritées par les obstacles^ où le respect éloignait l'espérance , où l'an^our s'entretenant de sacrifiées , s'immolait sans cesse à Vhonneur , renforçaient dans les deux sexes les caractères et les âmes , donnaient plus d'énergie à l'un , plus d'élévation à l'autre, changeaient les hommes en héros , e\ inspiraient aux fem-

mes une fierté qui ne nuit poifità la vertu ( F. TLomas , Essai sur le caracikrty ks mœurs et VesprU des femmu dans les différens siècles y Amsterd., 1772).

(i4) Ceux d^Alcantara en Espagne , faisaient vœu de soutenir à outrance sa conception immaculée. Au reste , Sarpi , dans son HisL du concile de Trente , confirme ce qui est avoué ici. Les prédicateurs , dit-il, les écrivains , et surtout les mystiques , entraînés par le peuple qui peut beaucoup en matière de religion , cessèrent de parler de J.-C. , et inventèrent au contraire de nouvelles louanges , de nouvelles épithètes et de nouvelles dévotions pour honorer sa mère , jusque là que vers Tan io5o, on dressa en l'honneur de la Vierge un office distingué , en sept heures canoniales de la même forme que celui qu'on récitait en Thonneur de Dieu depuis un temps tr A-ancien ; et cette vénération augmenta encore tellement le siècle suivant , qu'on en vint à cet excès que d'attribuer à Marie ce que l'Ecriture dit de la sagesse divine ( F. la traduction de Le Çourayer , Amsterdam. , 1 786 , t, i , p. Saa).

(i5) Nous renverrons ici aux Mémoires de M. de Sainie-Palaye , mais surtout au premier volume de l'excellente Histoire générale de la culture et de la littérature en Europe y par le savent et ingénieux M, Eichhom , volume dont presque toute la première moitié traite en détail de l'influence de la chevalerie sur la civilisation de nos états modernes. Cet ouvrage est écrit en allemand , et il stxdàl à désirer, qu'on s'occupât d'en pu-

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