SUR
\fM. DE MERGY & MILLON.
Nous n'avons pu parler du village de Ruy, à propos de la maréchale de Lhospital, sans nous souvenir que deux hommes de notre pays, nés dans le XVIIP siècle , ont atteint les honneurs les plus élevés de l'épiscopat et que le nom de Tun d'eux a été dernièrement livré à une polémique irritée, qui a eu un assez grand retentissement.
Le souvenir de tous les deux se présente, simultanément à l'esprit; car, in-
dépendamment de ce qu'ils étaient compatriotes et contemporains , ils vécurent longtemps rapprochés dans les relations les plus intimes, l'un déjà évoque, l'autre jeune prêtre encore. Ils traversèrent ensemble, et dans les mêmes sentiments de fidélité à Dieu et à l'Eglise , les temps de persécution, partagèrent les misères de l'exil sur la terre étrangère, et, durant plus de trente années, conservèrent l'un pour l'autre une affection toute paternelle d'un côté et toujours filiale de l'autre.
Le premier, issu d'une famille aristocratique, dut à son nom autant qu'à son mérite les dignités ecclésiastiques auxquelles il parvint,et ses pas dans la carrière ne durent guère rencontrer d'obstacles.
Le second, au contraire, né dans les rangs modestes de la bourgeoisie, ne dut qu'à de brillantes dispositions naturelles, à un savoir étendu , à des travaux persévérants et à un caractère des plus sympathiques, l'avantage de sortir de la foule et de se créer dans rEglise"'et dans le monde un nom et une position qui n'ont pas été sans éclat.
Ces deux personnages sont M. de Mercy,
archevêque de Bourges, et M. Raillon, archevêque d'Aix.