M. DE MERCY
M. de Mercy (Marie- Charles -Isidore) naquit à Maubec, le 3 février 1736 (a). Sa famille paternelle, originaire de la Lorraine, où elle occupait un rang fort distingué (6), avait été amenée dans nos contrées par les princes de Guise de la branche d'Harcourt, à l'époque où le mariage de François de Lorraine, comte d'Harcourt,. avec l'héritière du marquisat de Maubec, fit passer cette terre aux mains de cette puissante maison. Les de Mercy représentaient les princes de Guise dans
(a) Sur les registres dès baptêmes, déposés à la Mairie de Maubec, on trouve écrit ce qui suit ;
«Ce 3 février 1736, a été baptisé par moi, soussigné, Marie- I» Charles-Isidore de Mercy, fils naturel et légitime de noble » Jeari-Baptiste-Josçph de Mercy et de Suzanne-Françoise . » Meffray de Césarges, s6s père et mère. Le parrain a été noble » Marie-Joseph, de Gratet, seigneur de la maison forte de la >» Tivolière ; la marraine a été demoiselle Marie -Marguerite . » deN«yrieu de Domarin.En foi de quoi a été signé au registre: » — F. G. Magnin, curé ; — Gratet: — Montquin: — Suzanne » Montquin; — Marianne de Césarges; — de Mercy. »
(b) Le célèbre Mercy, général des Impériaux, adversaire » parfois heureux de Turenne et de Condé, était 4e cette fa- » mille.
la seigneurie de Maubec , et j'ai vu des actes où le titre de capitaines des chaises des comtes d'Harcourt, marquis de Maubec, leur était donné. Ils s'étaient fixés dans ce pays où ils avaient acquis la maison forte de la Salière^ à Ruy, et d'autres propriétés importantes.
A l'époque de la Révolution, le comte de Mercy, frère de celui qui nous occupe ici, émigra, ainsi que tous les siens; les biens de cette famille furent confisqués et vendus au nom de la nation. Le château de la Salière^ qu'il ne faut pas confondre avec le petit château de Ruy, qui a appartenu à la maréchale de Lhospital, avait été rebâti au siècle dernier, par les de Mercy; il a passé successivement dans plusieurs mains; M. Faulcon, propriétaire actuel, y a fait faire des restaurations importantes et a considérablement embelli les jardins (a).
(aj Au mois de juillet 1780, au milieu du soulèvement des eampagnes qui suivit la prise de la Bastille, le château de la ÊaUire échappa à grand'peine au pillage et à rincendie. Veid, en effet, ce qu'on lit à la fin d'un mémoire justifleatif ■drewô à cette époque par la municipalité do Bourguin, à la commission intermédiaire des Etats du Dauphiné :
« Qu'il nous soit permis encore de retracer ici les soins que nous avons pris pour garantir les propriétés de la noblesse... ^ que tous les membres de cet ordre, que nous avons eus
Une fille de ce comte de Mercy, née à Ruy, vivait encore il y a peu d'années.
Elle avait épousé un marquis de la Tourdu-Pin.
M. Marie-Gharles-Isidore de Mercy avait été destiné à l'église. Admis de bonne heure dans le chapitre noble de Saint- Pierre de Vienne, il devint archidiacre et vicaire-général du diocèse de Sens, fut le conclaviste du cardinal de Luynes dans le conclave où fut élu, le 15 février 1775,1e pape Pie VI, et le roi le nomma, la môme année, évêque de Luçon (a).
La Révolution arriva, et, en 1789, le clergé du Poitou l'élut député aux Etats généraux. Il se rangea parmi les défen-
parmi nous, soient appelés en témoignage; nous ne doutons pas qu'ils ne nous rendent justice, car ils nous ont déjà fait las remerciemortsles plus affectueux. M. le comte de Mercy, qui a trouvé un asile chez nous dans ces moments périlleux, nous a témoigné toute sa reconnaissance. M. l'évoque de Luçon , son frôre, dans une lettre adressée à tous nos citoyens, n'a pas donné une preuve moins vive de s i gratitude. Toute cette maison attestera que nous avons préservé son château de Ruy^ de la dévastation et du pillage
(a) La cloche de l'église du village de Ruy nous fournit un document assez curieux sur M. de Mercy. On lit sur cette cloche la légende suivante, que M. Gustave Vallier, de Grenoble, a bien voulu me faire connaître :
ILLVSTRISSIME ET REVERENDISSIME SEIGNEUR MON- SEIGNEUR MARIE CHARLES ISIDORE DE MERCY, EVEQUE ET BARON DE LUCON, CONSEILLER DV ROI EN TOVS SES CONSEILS, CHANOINE, COMTE DE SAINT PIERRE DE VIENNE, Dlle Dlle MARIE ERNESTINE DE MERCY, SA NIECE, -jMESSIRE JOSEPH DVC CVRÉ, 1785.