‹ Recherches historiques sur les Girondins, Vergniaud (volume 2)Chapitre 12 sur 106 · INTRODUCTION. IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. IX

nieront la broderie du canevas : Ces phrases ne sont qu'à l'état d'indications et d'ébauche... Elles trouveront leur place quand le moment sera venu, et noblement débitées, elles électriseront l'auditoire.

C'est la méthode des grands orateurs : un moyen terme entre l'improvisation et la préparation, entre la réflexion qui élabore et l'inspiration qui jaillit.

Ainsi Vergniaud n'écrivait pas ses discours, il ne les lisait pas à ses auditeurs. Il ne récitait pas avec son cahier ni à l'aide de sa mémoire.

La perfection de la forme aurait pu le faire penser.

Il ne se livrait pas non plus aux hasards du moment, aux écarts de l'imagination.

Il avait un guide, il le suivait, il parlait sur des notes; aussi, on peut remarquer que dans ses discours il règne le plus grand ordre, tout a une case, chaque chose vient en son lieu, en son temps, marqués d'avance.

Nous avons dit que c'était la méthode des orateurs : c'est surtout celle du barreau. Le manuscrit que nous publions participe des deux procédés. Il rappelle, pour nous, ces notes de M. Guizot, publiées dans la Revue rétrospective de 1848 {V. p. 65, 365. et 431), notes admirablement faites, qui contiennent en quelques lignes toute la substance du discours et les pensées destinées à l'illuminer de flammes, soudaines en apparence, préméditées en réalité. Il rappelle aussi les notes de plaidoirie des plus grands avocats (1), notes que nous avons toujours recherchées

(1) Par exemple, celles de Gerbier, que possédait la Bibliothèque des avocats avant l'incendie du palais. Elles ressemblaient au manuscrit de Vergniaud et étaient aussi tracées sur des carrés de papier d'assez petite dimension, sur deux colonnes et d'une écriture fine et serrée (a). Toutes

[a « Je possède, dit M. Delamalle, plusieurs recueils manuscrits des notes de Gerbier, pour l'audience, qui ne contiennent que des exordes, des plans avec les divisions des citations; et les indications de quelques .morceaux de mouvement. » Essai d'Institutions oratoires, tome i, p. 44.

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