INTRODUCTION'. XI
mimique son manuscrit à un adversaire qu'il voulait surprendre. La réplique de celui-ci est donc forcément improvisée. Ainsi, Vergniaud parlait d'abondance quand il y avait lieu, et dans les autres cas, il se préparait par un travail écrit auquel venait se joindre l'inspiration de la barre ou de la tribune. (V. lettre C, p. xxxix.)
Vergniaud aimait à enchâsser dans ses discours des allusions empruntées à l'histoire, à la mythologie ou aux grands spectacles de la nature. Plusieurs d'entre elles sont restées célèbres, la comparaison des émigrés de Coblentz à des Pygmées en délire qui veulent singer les Titans; de Louis XVI, au tyran Lysandre ; de la Révolution à Saturne dévorant successivement tous ses enfants, sont tombées dans le domaine de l'érudition facile ; bien des gens parlent de Vergniaud sans le connaître autrement que par ces citations ; plus d'un critique sur la foi de ces banalités, l'a accusé de préférer la rhétorique aux raisonnements, et de sacrifier le langage de la dialectique à l'éloquence des images.
Les notes que nous publions peuvent encore servir à nous éclairer sur ce point.
On voit comment et dans quelle mesure, il intercalait dans sa discussion les passages qui lui paraissaient propres à réveiller l'attention ou à frapper l'imagination des auditeurs; l'idée est indiquée, mais elle n'est pas formulée; le mot est ébauché, il n'est pas fait, fini à l'avance. Ainsi, dans la première partie de sa défense, sous le para-
discours récriniinatoire contre Vergniaud, Brissot, Guadet et Gensonné. Ce discours a fait beaucoup moins d'impression même sur les tribunes que la rëpouse éloquemment improvisée de Vergniaud.
« Après un membre de la Convention, écoutons Feller, un écrivain de la Société de Jésus. Il dira plus tard : <« Vergniaud répondit à Robespierre par un discours improvisé qui fut regardé comme un modèle de la tribune. »