LXXII ICONOGRAPHIE DE VERGNIAUD
terprète ce passage en ce sens que Vergniaud, Buzot et Petion, auraient eu à Toulouse des bustes qui furent compris dans l'autoda-fé du 10 Août 1793. (Un Journaliste girondin, p. 228.) On ne pourrait être fixé à cet égard qu'en compulsant les Archives municipales de Toulouse.
Statue de Vergxiaud par Pierre Cartellier, en pied et en plâtre. Hauteur 2 mètres 85 centimètres.
Nous savions vaguement qu'une statue de Vergniaud avait décoré le palais du Sénat-Conservateur au Luxembourg. (Rapport de l'Institut sur les prix décennaux de 1810. — L'Ermite de la Chaussée d'Anlin, p. 175, lre édition, 18H.)Mais dans quel esprit pouvait-elle y avoir été admise? dans quel endroit était-elle placée? qu'était-elle devenue? Voilà ce que nous avons dû rechercher et déterminer avec précision.
Le palais du Luxembourg, après avoir été successivement la demeure des cinq membres du Directoire, puis celle des trois Consuls, avait été affecté au Sénat qui en prit possession le 1" ventôse, an IX (20 février 1801). Des modifications avaient été nécessaires pour approprier à leur nouvelle destination les appartements de Marie de Médicis et de la duchesse de Berry, transformés en cachots sous la Terreur (1); l'ancien escalier était défectueux en ce qu'il coupait le palais par la moitié. L'architecte Chalgrin (2) fut chargé de le transférer dans l'aile droite (côté du couchant) connue sous le nom de galerie de Rubens. Chalgrin fit table rase des distributions antérieures et il utilisa l'espace vacant de la manière suivante :
(1) Miss Williams avait été enfermée au Luxembourg comme otage. « Notre chambre, dit-elle, et celles qui l'avoisineDt avoient été préparées peu de jours après l'époque du 31 Mai, pour recevoir les députés du côté droit. Les fenêtres, qui avoient une fort belle vue sur le jardin, étoient murées jusqu'aux trois quarts et solidement grillées avec de forts barreaux... Notre logement avoit été occupé par Valazé. Il portoit le nom de Cincinnatus. A côté étoit la chambre de Isrutus et de Socrate, à quelques toises. (Lettres écrites de France, par Héléna-Maria Williams, p. 10-10.) C'est de ces croisées que David, enfermé au Luxembourg après Thermidor, peignit les arbres du jardin, le seul paysage qu'on connaisse de lui. (Delescluze, sous le nom d'Etienne, David et son école. V. aussi le journal de Perlet, du 29 juillet 1793.)
(2) V. sur Chalgrin et sa femme, fille de Joseph Vernet, Charlotte de Cordaij et les Girondins, vol. III, p. 821.