STATUE DE VERGMAUI) PAR CARTELLIER. LXX1II
En entrant par le portail surmonté du dôme, qui fait face à la rue de Tournon, et en suivant à droite le bâtiment en terrasse parallèle à la rue de Vaugirard, on trouvait, en retour à gauche, un premier péristyle ayant trois croisées de face sur la cour.
Puis un second vestibule auquel on accédait par cinq marches intérieures.
Enfin un porche (sic), donnant d'un côté dans la grande cour, de l'autre attenant à l'escalier monumental de quarante-huit marches par lequel les quatre-vingts Sénateurs montaient à la salle de leurs séances : Siéyes, Rœderer, Laplace, Cabanis, Volney, Kellermann, Sérurier, Bougainville, Morard de Galles, etc., etc.
L'escalier subsiste encore : les abords seuls ont été changés, mais on peut se rendre compte de l'ancien état des choses à l'aide des plans du Luxembourg, des archives du Sénat et d'un ouvrage contemporain qui a donné une description détaillée de la construction de Chalgrin regardée comme un chef-d'œuvre (1).
On avait cherché à rendre la décoration de ces trois vestibules successifs digne du monument.
Dans le grand péristyle les regards étaient d'abord frappés parla statue en marbre d'un orateur romain et autres figures analogues ; puis, ce tribut payé à l'antiquité, selon la mode régnante, on avait eu la pensée « de réunir les grands hommes de la France, que la mort avait moissonnés depuis la Révolution. » Ils devaient être représentés avec le costume moderne. C'était là une idée hardie aussi bien en politique qu'en matière d'art. La Terreur avait renversé les statues de l'ancien régime, la Ré-
(1) Antiquités gauloises et romaines recueillies dans le jardin du Palais du Sénat pendant les travaux qui ont été exécutés depuis l'an IX, précédées de recherches sur le palais du Sénat, ci-devant du Luxembourg, ses dépendances et ses environs, par M. C. Grivaud, sous-chef de la trésorerie du Sénat, 1 vol. in-4° et 1 vol. de planches, petit in-f". — Paris, Buisson, 1807. — Voy. aussi Quatremère de Quincy, Notices lues à l'Institut, vol. 1, p. 13, et le Magasin pittoresque, 2e année, n° 13, p. 98. Il reproduit la gravure de Grivaud avec les changements survenus depuis 1815.
En 1818 et 1820, Grivaud, se faisant appeler alors de la Yincelle, a publié de nouvelles éditions de son ouvrage, sous le titre de Description de la Chambre des Pairs, seulement il a eu soin d'effacer les noms de Vergniaud et autres dénominations qui eussent été mal sonnantes. (F. Bibl. nat., L. K7, 7307.)