‹ Recherches historiques sur les Girondins, Vergniaud (volume 2)Chapitre 70 sur 106 · LXXVI ICONOGRAPHIE DE VERGWAUD · texte numérisé non relu

LXXVI ICONOGRAPHIE DE VERGWAUD

Vergniaud par Gartellier. Elle avait été commandée et commencée en juillet 1805 et érigée au rez-de-chaussée sur le palier contigu à l'escalier du Sénat, « elle était adossée au mur ouest, dans une grande niche à cul-de-four (expression de Ghalgrin), pratiquée pour la recevoir, » elle faisait face aux Sénateurs lorsqu'ils entraient par le portique latéral, orné de deux colonnes en bossage et précédé d'un perron de huit marches, qui subsiste encore aujourd'hui. Les Sénateurs voyaient au contraire la statue de profil, lorsqu'ils descendaient l'escalier d'honneur et suivaient les trois péristyles que nous avons décrits.

En regard, sous le second vestibule, on avait placé Kléber, rejetant avec une énergique indignation les conditions de l'amiral Keith (1) pour l'évacuation de l'Egypte. Cette statue, due à Ramey, était aussi de grandeur colossale. L'atlas de Grivaud en donne la gravure, pi. xxiv.

« L'exécution de ces deux figures, ajoute Grivaud, les fait distinguer de toutes celles qui décorent le grand escalier. » Cellesci étaient réparties sur des trumeaux placés entre les dix croisées percées au premier étage et séparées par des colonnes ioniques. Elles donnaient sur les galeries (2) régnant de chaque côté de la cage de l'escalier. Elles formaient un ensemble qui sert de cortège et de commentaire à la statue de Vergniaud, c'est à ce titre que nous en présentons ici le tableau, quoiqu'il ne soit pas strictement de notre sujet. (V. Voyage à Paris dans l'été de 1808, par Galetti. — Gotha, 1800, en allemand, Bibl. nat., L. K. 6096.)

(1) Ces conditions, dictées par le gouvernement anglais qui n'avait pas ratifié la capitulation de El-Arisch, étaient que les Français livrassent leurs armes, leurs vaisseaux et se constituassent prisonniers. Kléber fit mettre la lettie de Lord Keith à l'ordre du jour de l'armée, en y ajoutant ces simples paroles : « Soldats ! on ne répond à de telles insolences que par des victoires, préparez -vous à combattre! » C'est ce moment que l'artiste avait choisi. Kléber était représenté tenant un rouleau sur lequel on lisait bataille, probablement la bataille d'Héliopolis, qui suivit de près la rupture des négociations (a).

(a) Chose étrange et significative, tandis qu'on honorait ainsi la mémoire de Kléber, on oubliait ses restes qui avaient été déposes au château d'If et qui ne furent transférés à Strasbourg, la patrie du héros, que sous Louis XVIII.

(2) Elles ne consistaient alors qu'en stylobates prolongés ou supports des colonnes et des stalues; elles sont aujourd'hui munies de rampes dorées.

STATUE DE VERG.MALD PAR CARTELLIER LXXVIl

Cafarelli, par Corbet.

Mirabeau, par Espercieux.

Marceau, par Dumont.

Thouret, par Deseine.

Chapelier, par Lortat.

Du Gommier, par Lesueur.

Coxdorcet, par Petilot.

Desaix, par E. Gois fils.

Au haut des degrés de chaque côté de la porte donnant entrée dans les salles du Sénat :

Beauharnois, par Boischot. | Hoche, par Dupasquier (1).

A l'opposite et flanquant les portes de la galerie Vernet :

Barxave, par Beauvallet. | Joubert, par Stouff.

Deux observations sur ces statues : 1° Elles appartiennent toutes à des hommes de la Révolution, et ce choix ne s'expliquerait pas sous l'Empire; mais pendant la période Consulaire, les noms de Mirabeau, Barnave, Thouret, pouvaient encore se montrer unis à ceux de Hoche, Desaix, Kléber : c'était la Révolution considérée au point de vue delà Constituante et de l'Armée. Condorcet et Vergriiaud seuls représentaient la Convention, et encore ils avaient été l'un et l'autre de l'Assemblée Législative. Napoléon, du reste, a toujours accepté la Gironde, quoique sous bénéfice d'inventaire (V. Charlotte de Corday et les Girondins^ t. m, p. 778). 2° Il y avait entre ces statues un autre trait commun qui est digne de remarque :

Elles avaient été faites de tradition, dit Grivaud, qui ne paraît pas se douter du prix que cette circonstance leur donne pour l'histoire. Il craint que « le costume français ne se prête pas à la grandeur et à la majesté des formes, » et c'était une préoccupation que partageait la critique d'alors. On en voit la preuve dans un article adressé aux rédacteurs du Journal de Paris (26 vendémiaire an XIII), à propos des statues exécutées pour le palais du Sénat, celles mêmes dont nous nous occupons.

(1) Dupasquier et Ramey avaient fait partie du Jury national des Arts, nommé par la Convention sur la proposition de David (28 brumaire an II). Ce choix indique assez quelle était la nuance de leurs opinions. Cartellier était sans doute moins avance et peut-être moins connu à cette époque.

Une lettre de la veuve du général Hoche, relative à la statue de son mari et à la place qifclle devait occuper dans le Luxembourg, existait dans les archives du Sénat. Elle a disparu.

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