‹ Recherches historiques sur les Girondins, Vergniaud (volume 2)Chapitre 71 sur 106 · LXXVIII ICONOGRAPHIE DE VERGNIAUD · texte numérisé non relu

LXXVIII ICONOGRAPHIE DE VERGNIAUD

« Une statue est un panégyrique et non un procès-verbal, » dit l'auteur, et partant de ce principe dogmatique, il n'a pas assez de dédain pour les mesquineries de l'habit français. Une seule chose le désarme : c'est qu'on ait trouvé moyen de donner au manteau moderne de Mirabeau (le petit mantelet du tiers que chacun sait) autant de dignité qu'à un manteau grec (1).

Ceci nous ramène à Vergniaud et à la description de sa statue par l'historiographe du Luxembourg :

Il est représenté chez lui debout et seulement couvert d'un manteau ; le bas des jambes et les pieds sont nus. L'attitude de ce. grand orateur annonce un de ces beaux moments où, se livrant au feu de son imagination et à l'exaltation de son courage, il préparait ces discours éloquents qui firent sa réputation dans l'Assemblée nationale, mais qui ne purent le sauver de la proscription.

Le rapport de l'Institut sur le concours décennal de J8I0 se borne à dire : « Parmi les ouvrages que AJ. Cartellier a exposés dans les dix dernières années, et qui annoncent un artiste aussi laborieux qu'habile, on peut citer la statue de Vergniaud placée sous le vestibule du grand escalier du Sénat; elle porte un caractère imposant qui retrace noblement l'image de cet orateur. (Rapport du jury, etc. Paris, Baudouin, 1810, Bibl. nat., Z., 2284, J. F.) »

L'ouvrage de Filhol, sans s'éloigner de la description de Grivaud, entre dans plus de détails.

« M. Cartellier, dit-il, a représenté Vergniaud occupé à composer une harangue; il est revêtu seulement d'un manteau ; près de lui est un bureau sur lequel sont placées les œuvres de Démosthène ; une lampe et quelques papiers où il a déjà tracé ces deux phrases : « Quand pour la première fois les peuples se proster- « nèrent devant le Soleil, qu'ils appelaient le Père de la Nature, a croyez-vous qu'il s'enveloppât des nuages qui portent la tem-

(1) Tel était l'engouement pour les dénominations empruntées à la Grèce, que l'on avait appelé, le salon où se tenaient les Messagers du Sénat, Salle d'Harpocrate (Dieu du silence); à la même époque, on demandait sérieusement « de substituer au mot ignoble de Barrières de Paris le nom plus harmonieux et plus exact de Propylées (portes d'avant). » {Le Publicisle du 23 vendémiaire an IX.)

Page 1