‹ Recherches historiques sur les Girondins, Vergniaud (volume 2)Chapitre 74 sur 106 · STATUE DE VERGNTAUD PAR CARTELLIER. LXXXI · texte numérisé non relu

STATUE DE VERGNTAUD PAR CARTELLIER. LXXXI

inspirations. Il n'a donc pas été gêné par les traditions de l'Ecole : au lieu d'étudier la nature à travers les modèles classiques, il la prenait directement sur le fait, ce qui était un très grand avantage dans le cas donné, où il s'agissait de représenter un orateur moderne. Son exécution devait s'en ressentir, être moins compassée, moins froide que celle de ses contemporains : Chaudet, Ramey, quel que soit leur mérite; et, en effet, elle est plus vivante, plus large, à la hauteur du sujet. C'est la justice que lui a rendue un écrivain qui a consacré à la réapparition de la statue de Cartellier un article où l'on reconnaît le goût exercé du critique d'art et la touche de l'historien. Nous en détachons seulement quelques phrases, l'article entier est à lire (1) :

La statue en elle-même est véritablement remarquable :

le bras droit est tendu avec un geste puissant, la têle, renversée en arrière, a tout le caractère que composent les traits un p(u vulgaires de Vei'gniaud. Les draperies sont fort belles. En somme, l'œuvre est digne du modèle, comme le modèle était digne de Versailles.

Et l'auteur ajoute cette heureuse citation qui est neuve et qui définit si bien les destinées de l'orateur de la Gironde :

Una dies illum pro libertate loquentem Vidit, et oppressa pro libertate cadentem.

Ces vers éloquents ne pouvaient recevoir une plus juste application.

ses efforts personnels et persévérants. Sa famille était pauvre; il commença ses études à l'école gratuite de dessin ; il mourut membre de l'Institut, « laissant la réputation d'être l'un des statuaires qui ont le plus contribué à introduire et à maimenir l'amour du vrai et du beau dans notre Ecole. » iEmeric David, Biogr. univ. Michaud.) M. Renouvier dit aussi qu'il est un des sculpteurs « qui ont su le mieux exprimer les beautés et les passions du règne de la Révolution... faire éclater sous son galbe antique cette beauté c<>ntemporaine qui anime ses statues les plus idéales... » (L'art pendant la Révolution, p. 35.} Cartellier est mort le 12 juin 1831.

(1) La statue de Vergniaid au Musée de Versai Iles, par M. de La Sicolière, membre de l'Assemblée législative. (Droit du 6 sept. 1X72.) H. de La Sicotière est le rédacteur principal de l'Orne pittoresque, 1 vol. iu-f°, et l'auteur d'un grand nombre d'ouvrages d'histoire et d'archéologie.

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