‹ Recherches historiques sur quelques rites nuptiauxChapitre 7 sur 12 · CS · texte numérisé non relu

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à Auxerre au xiv° siècle, à Lyon et à Paris au xv°, les rituels exigent que l’anneau soit en argent; d'après le Manuel des cérémonies de Paris (xv° siècle), il devait être « simple, sans ciselure, sans pierre précieuse, et sans inscription » (1). Dans une partie du diocèse de Limoges, on employait un anneau d’or (2). — La bénédiction de l’anneau, placé sur un livre ou sur un bassin (pelvicula, saïilum), S'accomplissait comme les autres cérémonies du mariage, devant les portes de l’église, où les futurs ne pénétraient que mariés (3). Elle avait lieu, soit avant,

- soit après l'échange des consentements. Dans ce dernier

cas, elle était suivie immédiatement de l'imposition de l'anneau. Elle avait lieu avant l'échange des consentements dans les diocèses de Paris, Lyon, Châlons, Limoges en partie, et Liège (4); elle avait lieu après dans ‘les diocèses d’Évreux, Rouen, Amiens, Limoges en partie, et Milan (5).

La bénédiction de l’anneau nuptial comportait des

À fait exceptionnel, d’anneaux de jonc. Cfr. Du Cange, op. cit., v° Anulus

: de junco; — et J.-B. Thiers, op. cit., p. 462, qui cite une ordonnance de 1217 de Richard Poore, évêque de Salisbury, interdisant l'emploi d'anneaux semblables.

(1) Cfr. Dom Martène, op. cit., col. 365 (Auxerre), 369 nr 214 (Paris) ; — et le Manuel des cérémonies de Paris, dans A. du Saussay, op. cit., p. 208-209 : « Postulabit {sacerdos) a futuro sponso anulum, eumque argenteum, Simplicem, absque coelatura, gemma, aut litteris inscriptis ».

(2) Dom Martène, col. 380 (Limoges) : « Aliqui vero servant aliam formam, ut sequitur : anulum awreum benedicendo.… ». Chez les Grecs, il

‘y avait deux anneaux, l’un d’or pour l'homme, l’autre d'argent pour la femme ‘(zbid., col. 347 et 390).

(3) Cfr. suprà n° 10, en note, l'indication de plusieurs textes à l'appui;

on peut ajouter : Statuts de Plaisance (année 1337), V, 25 : « Et facto

‘sacramento ante ecclesiam de dicto matrimonio fiendo, et posteà impositione - anuli in digito mulieris per ipsum virum seu ejus legitimum proGuratanen subsecuta » (Brandileone, loc. cit., p.337, en note).

(4) Cfr. Dom Martène, col. 360 cl 314( Paris, xu° et xve siècles); 369-370 (Lyon, xv° s.); 311 (Chälons); 380-381 (Limoges, 2° forme); 385 (Liège). (5) Zbid., col. 356-357 (Évreux, xnue siècle); 367 (Rouen) : « Deinde

-benedicatur anulus »; 373 (Amiens) : « Sequitur benedictio anuli » ; 380 - (Limoges) : « Postmodum sacerdos benedicit anulum » ; 388 (Milan).

formules variées, mais le plus souvent une formule double, composée de la bénédiction proprement dite et d'une oraison appropriée, dont l’ordre paraît avoir été indifférent. La plus ancienne, celle d’un missel de Rennes du xr° siècle, est la plus courte; elle est ainsi conçue : « Créateur et conservateur du genre humain, donateur du salut éternel, Dieu tout-puissant, envoie le Saint Esprit sur cet anneau. Par N. S. J. C. — Bénis, Seigneur, cet anneau, afin que les époux gardent la chasteté à son image. Par N.S. J. C. » (1). Au xur° siècle, dans le pontifical d’Évreux, l’oraison est à peu près la même (2), mais la bénédiction est déjà plus longue : « Bénis, Seigneur, cet anneau, que nous bénissons en ton saint nom, afin que l’épouse qui portera ce symbole de fidélité demeure dans ta paix, persévère dans l'intégrité de la foi, vive toujours, croisse et vieillisse dans ton amour, et multiplie pour de longs jours. Par N. S. J. C. » (3). Cette dernière formule se retrouve au xiu® siècle dans un rituel manuscrit de l’abbaye de Saint-Victor de Paris (4). Au xiv° siècle, un pontifical de l'église d'Auxerre en donne une assez différente qui eut un grand succès; car elle fut adoptée ou imitée à Rouen, Lyon, Châlons, Limoges en partie, etc. (5).

(1) Zbid., col. 356 : « Creator et conservator humani generis, dator aeternae salutis, omnipotens Deus, tu permitle Spiritum sanctum Paraclitum super hunc anulum. Per Christum. — Benedic, Domine, anulum istum, ut in ejus figura pudicitiam custodiant. Per Christum ».

(2) Zbid., col. 357 : « Creator et conservator humani generis, dator Pise spiritualis, largitor aeternae salutis, tu, Domine, mitte benedictionem tuam super hunc anulum. Per Christum ».

(3) Ibid. : « Benedic, Domine, hune anulum quem nos in tuo sancto nomine benedicimus, ut quae eum signaculum fidei desponsata portaverit, in lua pace consistat; et in fidei integritate permaneat, et in amore tuo semper vivat, crescat, et senescat, et multiplicetur in longitudinem dierum. Per Christum ».

(4) Cfr. ibid., col. 360 (Paris, xui° siècle); — col. 373 lent

(5) Tbid., col. 365 (Auxerre, xiv° siècle) : « Creator et conservator humani generis, dator gratiae spiritualis, largitor aeternae salutis, tu, Domine, emitte Spiritum sanctum tuum Paraclitum super hunc anulum, ut quae illum gesta-

Après avoir prononcé ces paroles, le prêtre asperge généralement l'anneau d’eau bénite (1), et quelquefois même l’encense, comme à Auxerre au xiv° siècle (2).

45. — L’imposition de l'anneau nuptial, appelée aussi datio, immissio, ou traditio anuli (3), se faisait toujours après l'échange des consentements (4). Partout, l'époux,

qui devait donner l’anneau à l'épouse, le recevait d’abord des mains du prêtre (5); mais ensuite la céré-

verit sit armata virtute coelestis defensionis, et proficiat illi ad aeternam salutem. Per Christum »; — col. 367 (Rouen, xiv° siècle); — col. 369 (Lyon, xv° siècle); — col. 377 (Châlons) ; — col. 380 (Limoges, 2° forme); etc. Cette formule est moins précise que la précédente ; car l’on n’y trouve pas d'allusion au mariage; elle pourrait servir pour un anneau quelconque, et de fait avait cet usage à Bourges (Rituel de 1746, op. cit., 2 part., p. 16). — Dom Martène, op. cit., publie d’autres formules assez divergentes : col. 363 (Arles, xiv° siècle); — col. 380 (Limoges, 1° forme); — col. 383 (Reims), etc.

(1) Cfr. Dom Martène, op. cit., col. 865 (Auxerre), 370 (Lyon), 713 (Châlons), 380 (Limoges, 2° forme): « Tune aspergatur aqua benedicta super anulo », 383 (Lyon), 388 (Milan); — Rituel de Bourges de 1746, op.cit., p- #17 : « Le curé jettera ensuite de l’eau bénite en forme de croix »; — Rituel romain : « Deinde sacerdos aspergat annulum aqua benedicta in

modum crucis ». — Même rite à Salisbury et York (Friedberg, op. cit.,

(2) Dom Martène, op. cit., col. 365 (Auxerre, xive siècle).

(3) Cfr. Statuts de Plaisance (année 1337) : « impositione anuli » (dans Brandileone, loc. cit., p. 337, en note); — Rituels d'Évreux, de Liège, et de Milan, dans Dom Martène, op. cit, col. 357, 385, 388 : «. imponat, imponit »; — Geoffroy de Trani, loc. cit. : « anuli datio, per anuli dationem »; — Statuts de Gaëte : « De anulo immittendo uxori » (dans Brandileone, ibid); — Rituel d'Évreux, dans A. du Saussay,

op. cît., p. 263 : « sponso anulum tradente », etc. (4) À Liège, par exception, elle avait lieu avant (Dom Martène,

op. cit., col. 385, rituel de Liège). De

(5) Dom Martène, op. cit., col. 357 (Lyre, au dioc. d'Évreuæ, xue siècle) : « Hic accipiat sponsus anulum » ; — col. 3865 (Auxerre); — col. 373 (Amiens); — col. 375 (Paris, xv° siècle) : « Tunc sacerdos tradat anulum sponso »; — col. 377 (Châlons) : « Sacerdos det anulum benedictum sponso ad subarrhandum sponsam »; — col. 3881 (Limoges) : « Tune sacerdos

tradat anulum sponso »; — col. 388 (Milan); — col. 346 (rituel de Reims de 1585) : « Tune accipiat sponsus anulum.. » ; — Paroissial de Cologne, de 1592 : « Tune sacerdos..…. anulum ex suo digito extrahens, sponso tradat » (dans Friedberg, op. cit., p. 94); — Rituel Romain : « Et sponsus acceptum annulum de manu sacerdotis.. »,

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